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(Charlie) ◈ Like Two Mangled Crowns.
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Alan R. Wzyciski
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Jeu 23 Juil - 1:24


Alan & Charlie // Like two mangled crowns.

Ça faisait quatre mois qu’Alan était retourné vivre dans le confort et l’inquiétude de ses parents, loin de tout ce qu’il se passait dans sa vie en temps normal, loin de là où il avait vécu au début de l’année, il était retourné en arrière de plusieurs années. Comme si tout n’avait servi à rien, comme si tout ça n’avait eu aucune importance. Il en avait vécu, des saloperies durant cette seule nouvelle année qui tout d’un coup était devenu le pire de tous les moments de sa vie. Entre la réapparition de Sawyer, l’expulsion de son appartement, la tentative de suicide et l’héroïne ; tout s’était bousculé si vite qu’on aurait cru assister au déroulement par étapes d’une série télévisée au drame constant et éternel, juste pour garder l’intérêt du spectateur. Et dans un sens, c’était assez vrai. Alan avait besoin qu’on garde son intérêt centré sur personne, il fallait qu’on tourne autour de lui, qu’on le voit et qu’on se souvienne de lui, même s’il n’avait pas spécialement demandé tout ça. Pourtant, il y avait eu du mieux tout au long de ces quatre mois. Puisqu’il avait enfin et finalement commencé à lâcher petit à petit cette insupportable drogue qui lui rongeait les tripes depuis le mois de janvier. Ce fut l’une des épreuves les plus difficiles qu’il avait dû traverser, et c’était à dire vrai bien loin d’être terminé, parce qu’il ne se sentait pas prêt à réussir pour le moment, il se savait incapable d’y arriver tout seul et malgré tout il continuait de s’efforcer d’agir contre ce qu’il savait. Il était égoïste dans ses besoins et incapable de s’imaginer avouer qu’il était dans la plus grande de toutes les détresses, et quand bien même il n’avait pas vraiment le choix que de se plier à ce qu’on lui imposait depuis que ses parents avaient enfin réussis à découvrir tout ça, il avait encore beaucoup de mal à s’ouvrir et à laisser les autres comprendre et réaliser toutes les horreurs dans lesquelles il s’était engouffré. C’était pathétique, autant que triste à voir et à vivre. Mais c’était comme ça et ça ne risquait pas de changer avant longtemps. Et comme presque toutes les semaines, il avait obligation de rencontrer un psychologue. Contrairement à beaucoup des gens qui assistaient comme lui aux réunions DAA, lui avait une certaine volonté d’y aller et qu’on l’aide ; même s’il refusait de l’admettre. Mais autant en avait-il envie qu’il ne voulait parfois juste pas y aller. Parce que c’était toujours les mêmes questions, les mêmes phrases prémâchées et écrites à l’avance sur un bout de papier qu’elle tenait en face d’elle. Alan l’avait vue cocher ses petites cases, mais n’avait rien dit, parce qu’il s’en fichait éperdument.

Et ce jour-là, comme un autre, il avait finalement décidé d’y aller après avoir lutté contre le poids de ses pensées qui lui donnaient l’impression de ne pas pouvoir marcher, au bout de presque une heure entière, il avait enfin réussi à se lever et à y aller. Pour passer trente minutes de plus à patienter dans le silence et le malaise des autres personnes autour de lui, parce qu’il devait là aussi se rendre au même hôpital où se déroulaient les réunions, et attendre entre de vrais malades l’agaçait. Il ne se considérait pas souffrant de quoique ce soit, parce qu’il avait pleinement décidé de commencer à consommer, et il ne voyait pas ce qu’on pouvait vouloir lui diagnostiquer au travers de tous ces entretiens sans queue ni tête, et pas moins d’intérêt. Il allait bien, il le savait. Il s’en doutait, ou du moins, il en avait l’impression. Et c’était bien tout ça qui comptait. Il n’y avait rien à découvrir de profondément enfoui en lui, il savait que rien ne viendrait changer la façon dont il était. Aussi loin qu’il pouvait s’en souvenir, il avait toujours été ainsi. Son comportement avait été le même avant, pendant et serait sans doute le même après l’héroïne, il le savait. Il ne voyait aucune différence malgré ce que cette dingue de psy s’efforçait de lui répéter. Elle disait même que ses parents l’avaient prévenue d’une espèce de changement depuis un petit moment, et ça avait eu le don de l’énerver et de le mettre hors de lui. Il n’avait pas changé, il le savait et ne voyait pas de quoi elle voulait parler. La traitant de menteuse et bondissant hors de sa chaise, qu’il avait bousculé en même temps la faisant tomber par terre, il était parti de son bureau en claquant violemment la porte. Raisonnablement en colère, il ne voulait pas retourner immédiatement chez lui, d’autant plus qu’il aurait dû à faire aux interrogations de ses parents qui se seraient doutés que l’entretien ne pouvait pas avoir duré si peu de temps. Il avait l’impression d’être retombé dans son adolescence et de ne plus avoir la moindre once de liberté dans quoique ce soit. Et tout comme sa liberté, sa vie sociale en avait elle aussi été affectée depuis ces quatre mois. Après avoir enfin quitté le domicile de Charlie où il s’était tant plût, Alan et lui avaient commencés à moins se parler, moins se voir, et à tout simplement moins garder contact. Comme s’il s’était agi d’une séparation, comme s’ils avaient décidés que tout était fini. Mais c’était bien loin d’être ça, Alan n’aurait jamais accepté de se séparer de lui et certainement pas de cette façon. Pour lui, c’était juste un retour à la normale, il n’était pas censé vivre chez lui, il n’était pas censé le faire s’inquiéter tous les jours à propos de lui, il n’était pas censé le laisser endurer de le voir dans un tel état. Alan se sentait mal de devoir lui infliger cette vision tous les jours, il aurait adoré partager son toit dans d’autres circonstances, mais il n’eut pas vraiment le choix. Malgré tout, vivre avec lui pendant un mois tout entier se révéla être l’une des choses les plus agréables qu’il ait jamais ressenti. Il s’était senti tellement bien à ces instants-là qu’il aurait voulu qu’ils durent l’éternité.

De son côté, Charlie l’avait prévenu qu’ils se verraient moins pendant les mois qui suivraient, parce qu’il avait réussi à trouver un travail dans une production de cinéma, Alan était content pour lui et l’avait même félicité à plusieurs reprises, acceptant calmement et très simplement la nouvelle. Il allait lui manquer, c’était certain. Mais il ne s’était pas douté qu’il lui manquerait autant, et qu’il ne le verrait et ne lui parlerait que si peu. C’était comme si leurs rôles s’étaient inversés, Charlie avait pris la place de celui qui ignorait les appels et les demandes de l’autre et Alan se retrouvait seul, à espérer dans le vide le moindre signe, le moindre message, le moindre appel. Mais rien. Il ne recevait plus rien. Et ça le blessait plus que jamais. A tel point qu’il en avait atteint des extrêmes et s’était mis à presque le harceler pour essayer de reprendre contact avec, parce qu’il lui manquait, parce qu’il l’aimait, parce qu’il ne supportait pas d’être séparé de lui aussi brusquement. Et même s’il se rendait compte à quel point il pouvait avoir l’air insistant, il n’avait pas l’impression d’exagérer ou d’être trop collant ; dans son esprit, c’était la chose la plus logique et la plus évidente à faire. Il fallait qu’il récupère l’attention de Charlie d’une façon ou d’une autre, c’était important et c’était nécessaire. Il ne pouvait pas vivre sans ça, sans lui. Il s’était trop accroché après ce mois qu’ils partagèrent ensembles, tout autant qu’il s’était déjà accroché à lui depuis qu’il le connaissait, mais cette fois bien plus qu’avant. Il ne savait pas exactement pourquoi seulement maintenant, mais il ne cherchait pas vraiment de raisons derrière ça, quoiqu’il se doutait que l’aide que le jeune homme lui avait apporté pour résister au manque et à l’héroïne elle-même en firent parties intégrantes, il se disait aussi que Charlie était bien l’un des seuls à être aussi proches de lui, à le connaître aussi bien et à se soucier autant de son bien-être et de son bonheur. Leur relation était étrange, complexe et mal-entretenue, mais au final, elle n’était pas si toxique qu’elle aurait pu en avoir l’air au premier abord. Principalement composée d’un amour réciproque mais maladroitement manifesté de la part d’Alan, il fallait vraiment s’y attarder pour voir ce que ressentait le garçon. Il fallait être patient et courageux avec lui, parce qu’il était un aimant, autant qu’un nid, à problèmes.

Les dents et les poings serrés, il marchait difficilement parce que depuis l’héroïne, il avait perdu énormément de poids et avait l’air d’un cadavre ambulant presque la plupart du temps. Avant d’être retourné chez ses parents et ensuite d’avoir vécu chez Charlie, il empestait aussi comme un macchabée, mais ce n’était déjà plus le cas. Un point positif vers la remise en marche vers le droit chemin. Mais squelettique et le visage livide, il souffrait à chaque pas, parce qu’il n’avait plus l’habitude de porter son poids tant il s’était habitué avec le temps à être écrasé par terre pendant des jours entiers. C’était bien depuis de très longs mois qu’il n’avait plus trainé la tête contre le sol, mais le sentiment était toujours là, il était mou, fragile et lent. On le dévisageait quand il avançait, parce qu’il avait une mine inquiétante, mais personne ne semblait s’en intéresser plus que ça. Il était en chemin pour retourner chez ses parents, il n’avait rien d’autre à faire de toute façon. On ne pouvait tout bonnement pas espérer de lui qu’il fasse autre chose de toute façon. Même s’il aurait voulu faire autre chose, lui-même, il n’avait personne à qui en parler, personne avec qui justement partager ces moments de répit, ces moments de sevrage. Il avait voulu profiter du retour de Charlie pour justement le revoir, mais le jeune homme avait dit être trop fatigué, alors Alan n’avait pas vraiment insisté, moins que les autres fois en tout cas, parce qu’il était désormais trop fatigué et trop triste de cette distance entre eux pour essayer de lui forcer la main. Il n’avait pas voulu l’énerver en insistant un peu plus, et il regrettait même ses autres tentatives quelques jours plus tôt pour obtenir son attention. Mais c’était déjà fait, alors il aurait l’air d’un imbécile collant, possessif et obsédé par lui. Et c’était sans doute vrai, parce qu’il n’arrivait pas à se le retirer de la tête. Charlie occupait ses pensées avec beaucoup plus d’importance que le reste, ces temps-ci. En chemin pour retrouver le confort de son lit – parce qu’il ne voulait faire que ça, dormir – Alan se heurta finalement à l’affligeante révélation qu’on lui avait menti. Pas n’importe qui, Charlie, celui qui parmi tous ceux que connaissait Alan n’aurait jamais pu imaginer faire ça. Il était surpris, choqué, et incroyablement énervé. Tant énervé qu’il aurait voulu se jeter sur lui et le frapper à plusieurs reprises pour avoir osé lui cacher la vérité, si furieux que son visage avait blanchi à toute vitesse et qu’il s’était figé sur place. Le fixant de loin, sans rien faire d’autre, les sourcils affreusement froncés et la bouche entrouverte de stupéfaction. Et sans s’en rendre compte, en quelques secondes à peine, il avait repris sa marche mais cette fois-ci d’un pas déterminé vers lui, les poings serrés et le visage plein de haine, jusqu’à finalement s’arrêter à quelques pas de lui et de son entourage. D’abord silencieux, il éleva finalement la voix dans un « Tu te fous de ma gueule ? » violent et enragé, ses mains tremblantes et son regard fixé plein de colère sur lui.




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Charlie B.-Taylor
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Sam 25 Juil - 3:27


J'ai pratiquement passé toute ma vie en Californie. D’abord à Anaheim dont je conserve peu de souvenirs en dehors de cet étrange sentiment d’appartenance vis-à-vis de l’équipe locale de hockey du glace. Il m’a toujours semblé assez étrange de garder comme plus net souvenir de mon père biologique les quelques fois où nous sommes allés voir l’équipe jouer à l’aréna. Je le revois aisément dans ma tête, avec son jersey et ses émotions intenses tout à fait relatifs à l’issue des rencontres auxquels nous assistions. À l’époque, je ne pouvais pas prétendre être un véritable fan de sport, c’était seulement le plaisir de passer un moment avec lui éloigné des tensions du domicile familial. J'ai bel et bien eu le luxe de plusieurs séjours dans d'autres villes américaines ou à l’étranger, mais ce n'était jamais pour de très longues périodes. Mes parents se déplacent beaucoup pour leur boulot et j'aimais les suivre lorsque j'étais plus jeune et que je ne me sentais pas vraiment de grandes obligations dans ma propre vie. J'aime le sentiment de dépaysement que cela procure de se retrouver ailleurs où les gens ont des habitudes différentes et des façons de faire différentes des nôtres. Il ne m’en a jamais fallu beaucoup pour m’émerveiller et enfant, j’avais l’habitude de m’enticher d’au moins une, si ce n’est pas plusieurs, choses que je découvrais en voyage. Je me souviens avoir fait une fascination grave sur la statut de la liberté quand ma mère m’avait amené à New York pour un weekend. Je n’ai jamais eu un très grand don en dessin, mais je m’étais mis à la reproduire partout et à me renseigner sur la sculpture et l’architecture, affirmant que c’est ce que je deviendrais plus tard. Par la suite, un séjour au Texas m’avait mis en tête de posséder un tigre, ce que mes parents ont dû mettre des semaines à me retirer de l’idée. Ils ont dû m’assurer que c’était assez peu respectueux pour la vie animale même si les lois là-bas n’en tenaient pas rigueur. En Europe, j’ai aimé découvrir la culture. Il n'en faut souvent pas beaucoup pour changer de chez soi, car il y autant de coutumes qu'il y a d'endroits dans le monde. Malgré tout ceci, je n’avais jamais eu l’occasion de vivre en un autre endroit pour une longue durée. Un mois, ça semble passer vite à première vue, mais ça vous rappelle inévitablement tout ce que vous prenez pour acquis dans le quotidien. Ce contrat sur ce plateau de tournage à Chicago m'avait d'abord semblé être une bénédiction des dieux. Jusqu'à ce que je me souvienne combien dormir à l'hôtel peut être embêtant à la longue. On a beau avoir une chambre, celle-ci a beau être payée par la production et être d'un standard assez élevé, il y aura toujours un truc pour vous énerver. Dans mon cas, ce sont souvent les oreillers qui posent le plus grand problème. Il n'y en a aucun qui m'offre le même confort que les miens dans mon lit. C'est tout bête, mais ces affreux bouts de tissus peuvent vous pourrir le sommeil comme pas permis. Puis, la chambre à l'hôtel a beau vous offrir l’impression de vous trouver chez vous après une longue et dure journée de labeur, ce qu’il y a à y faire reste toujours limité. Tout a rapidement fini par m’embêter jusqu’au jet de la douche en passant par le bruit de l’air climatisé, la moquette un peu poussiéreuse malgré les soins de la femme de ménage et le wifi instable. Vers la fin une pensée plutôt désagréable s’est manifestée à moi. Si je me montrais si peu tolérant aux différences existantes entre la chambre d’hôtel luxueuse qu’on m’offrait gratuitement en plus du salaire plus que convenable que je faisais en ayant un job de rêve, ça avait au final très peu à voir avec les défauts réels de la chambre. C’était tout autre chose qui me préoccupait le soir venu, lorsque je n’avais plus tous mes collègues avec qui parler de cinéma et angoisser pour le prochain plan à tourner.

Il est vrai que le contact a été rompu plutôt brusquement après avoir passé autant de temps sous le même toit. Je m’étais habitué à sa présence et à ce qu’il dorme avec moi, même si nos nuits étaient chastes par nécessité. Je suppose que j’aurais pu avoir davantage, mais le cœur y manquait. Ça avait trop fait de mal la première fois de réaliser qu’il n’en gardait aucun souvenir et que nous avions été si… déconnectés tout compte fait. Tout au long de sa présence chez moi, je m’étais accroché à l’espoir de le voir aller mieux. C’était son combat, mais c’était en quelque sorte devenu le mien. Il n’y avait pas une journée où je réfléchissais pas à ce que je pouvais faire pour y contribuer un peu plus. Un petit déjeuner servi au lit ? Des bonbons rapportés à l’improviste après les cours ! Des idées débiles d’activités à faire, même les plus simples, juste histoire qu’il ne patauge pas dans sa tristesse. Je crois avoir été un ami efficace. J’étais présent pour les bonnes raisons et avec les bonnes motivations. Je n’ai jamais laissé remonter à la surface mes envies à moi, mes déceptions si profondes. En me sentant utile, j’avais au moins une chance de faire dominer le positif dans notre relation. Et s’il allait mieux enfin, nous aurions peut-être une chance de considérer toutes ces choses qui étaient sorties de la boite de Pandore ce fameux soir passé, et dont nous n’avions pas vraiment reparlé à la suite d’un accord implicite au nom de notre précieuse amitié. Alan est quelqu’un que je refuse catégoriquement de perdre, je suis allé jusqu’à me tordre le cœur pour que ça puisse fonctionner entre nous. Jusqu’à me rendre compte, après son départ et son retour chez ses parents, que j’étais tout bonnement épuisé de cette histoire et tristement, de lui. Mes sentiments pour Alan étaient d’une toxicité sans nom et sa présence, subitement moindre, insupportable. Je n’avais plus le luxe de penser à un après bien qu’il restait encore beaucoup de chemin avant sa rédemption. En son absence, je réalisais que j’avais cruellement besoin d’air et encore plus de cesser de penser à lui nuit et jour. Nous ne faisons pas une seule personne, nous n’étions pas même un couple ! C’est dans cet ordre d’esprit que s’était présenté à moi l’opportunité du boulot d’un mois à Chicago. Comme une bénédiction, je vous disais. Mais même les kilomètres entre nous n’avaient réussi parfaitement à me l’ôter de la tête. Seulement, j’éprouvais comme un malaise grandissant à chacun de ses appels ou de ses messages. Je ne voulais pas les attendre. Je ne voulais pas espérer chaque soir qu’il m’ait contacté. Je voulais en profiter et me vider la tête. J’oscillais donc longtemps entre l’envie de me précipiter lui répondre et celle de le faire mariner un peu. Non pas par sadisme, mais par nécessité. Si Alan savait la façon dont je me sens perpétuellement vis-à-vis de lui, je suis persuadé qu’il serait le premier à me suggérer de prendre mes distances. Malheureusement, les choses ne fonctionnent pas ainsi. Il ne peut pas savoir, jamais il ne comprendra véritablement et moi, je reviens toujours vers lui peu importe à quel point je peux en avoir marre de cette dynamique malsaine.

Reste qu’il était plus aisé de ne pas me sentir trop coupable d’échanger quelques mots avec lui au téléphone ou par courriel lorsque j’étais certain que je ne le verrais pas en chair et en os. Que je n’aurais aucune chance de céder à quoi que ce soit. Même si Los Angeles m’a manqué cet été, y revenir me laisse sur une note amère. Je suis heureux. Je suis aussi inquiet. Cette bouillie émotive se transforme en lassitude apparente pour les gens autour de moi, même mes parents signifient s’inquiéter de mon humeur alors que j’aurais dû être enthousiaste de raconter mon temps passé dans la ville des vents. Une chose est bien certaine, je n’étais pas prêt à lui faire face. Il me manque mais cela m’effraie justement beaucoup trop. D’un autre côté, je ne peux pas rester seul chez mes parents sans provoquer leur inquiétude justifiée ni chez moi. Mon coloc passe son temps à me questionner ou à me proposer des sorties. Après tout, nous ne nous étions pas vus pendant plus d’un mois ! J’ai ainsi fini par accepter de sortir avec lui et d’autres amis, de vagues connaissances pour moi. En quelque sorte, c’est plus facile de ne pas se sentir trop obligé à quoi que ce soit avec des gens qui n’ont pas vraiment d’attentes précises à mon encontre. Je peux profiter du fait de les écouter déblatérer sur un paquet de trucs puisqu’ils se connaissent tous très bien et moi, bien moins. Mon coloc a certes envie que je participe avec une attitude qui me ressemble plus que cette drôle de tête d’enterrement indécise, mais il a assez de classe pour ne pas me mettre trop de pression. L’idée, c’était d’aller déjeuner en ville et de trainer dans quelques boutiques parce que ses amies au féminin avaient besoin de certains trucs. L’activité ne me faisait pas sauter de joie, mais c’est léger, et c’est ce dont j’ai besoin. Je suis donc en train de discuter avec une d’entre elle, avec qui je veux bien faire un peu plus connaissance. Une gentille brune aux yeux clairs, charmante et marrante. Je ne lui ai pas demandé son avis, mais elle ne doit pas trouver que je suis la meilleure compagnie qu’elle ait eu ces derniers temps. Elle a elle aussi la classe de ne pas me le faire sentir, je lui en suis reconnaissant. Je la laisse me parler de ses études et de ce qu’elle compte faire dans la vie, si pas des couleurs qui lui plaisent ou pas lorsque nous sommes dans les boutiques. Elle me parle de son célibat d’ailleurs et je me fais évasif sur la question, n’ayant aucunement envie d’aborder cette facette de ma vie avec une fille qui demeure tout de même plus qu’autre chose une étrangère. Je me sens loin de moi-même, moi qui aime tant sociabiliser de coutume. Une petite voix m’indique que je n’avais peut-être pas tant que ça envie de sortir, mais j’arrive à suffisamment sourire pour que cette petite voix ne me contraigne pas à le dire tout haut aux gens avec qui je passe l’après-midi. Je crois même que ça aurait pu continuer dans cette lancée vaguement joyeuse si le hasard n’en avait pas décidé tout autrement pour moi. Je suis une personne honnête et directe, je n’ai jamais aimé les cachoteries. C’est bien ma chance de me faire pincer la seule et unique fois que je lui ai raconté un bobard.

« Alan ! » Comme dans euh, ouais, salut. Je m’attendais pas du tout à te croiser ici comme ça. J’ai assez de mal à sourire aussi, je ne vais pas pousser la connerie de l’instant jusqu’à continuer de lui mentir ouvertement. En vérité, je me sens extrêmement stupide et honteux. Surtout qu’il a l’air sur le bord de péter un câble. Je me dis un instant que je ferais pareil si j’étais à sa place. Dois-je vraiment me sentir mal pour ça ? Sait-il seulement combien j’ai souvent envie de me taper la tête sur les mûrs quand il est là et que tout va mal ? Parce que tout va toujours mal. Je suis déchiré entre cette envie de reproches et la joie de le voir. Je suis sous le choc, mais il y a quelque chose en moi qui ne peut s’empêcher de sautiller de joie rien qu’à le voir. C’est par la faute de cette partie que j’ai voulu créer de la distance entre nous. Salut ! Je suis heureux de te voir ! ne semble pas une réponse appropriée non plus, malgré le fait qu’il me faut absolument formuler quelque chose et que je commence à avoir la pression avec mon coloc et ses amis qui scènent le tout en plus. « Calme toi. » Suis-je en droit de lui demander ça ? Je suis mal à l’aise ! « Viens, on va aller… prendre un café. » je conclus en apercevant justement le bâtiment à côté de nous. Tout pour quitter les gens avec qui j’aurais dû finir l’après-midi. Je m’excuse brièvement à mon coloc et ses amis et entraine un Alan complètement furax avec moi sans un mot de plus. Je ne sais véritablement pas quoi lui dire. Je voulais m'autoriser à l'éviter encore un peu, mais maintenant que l'absurdité du hasard l'a fait venir à moi malgré mes efforts pour le tenir à distance, ce serait encore pire de lutter. Je sens que je vais en baver. Encore.


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Alan R. Wzyciski
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Mer 29 Juil - 1:51


Alan & Charlie // Like two mangled crowns.

Il y avait eu beaucoup de colère et de frustration dans le ton d’Alan, mais il n’avait pas voulu sonner de cette façon, il s’était même étonné intérieurement d’être si soudain, si sanguin et si furieux contre Charlie. Contre n’importe qui d’autre – et même Sawyer – ça ne l’aurait surpris à aucun moment, mais contre lui, contre ce garçon en particulier c’était nouveau. C’était indécent, presque, tant il n’en avait pas l’habitude et avait eu l’impression d’injustement se mettre en colère, si bien que son visage avait rapidement perdu de son aspect froid et enfermé à mesure que les mots s’étaient enchainés dans son souffle et qu’il avait enfin reposé le regard sur lui après tant de mois qui les avaient séparés. Il ne savait pas exactement ce qu’il se passait dans sa tête, mais les émotions se bousculaient à toute vitesse. Comme toujours, aurait-on pu penser, mais cette fois ce n’était pas pareil. Il y avait une étrange impression de déjà-vu mais tout à fait absente autant qu’elle était présente autour de lui. Il ne savait pas quoi penser, pas quoi se dire de tout ça, et l’entendre répondre par son prénom d’une manière hasardeuse fit s’arracher Alan très difficilement à ses impressions virevoltantes de confusion autour de lui. Il n’était pas sûr de vraiment comprendre ce qu’il se passait, ni de vraiment mettre la main sur ce qui pouvait bien le troubler dans ses pensées, mais quoiqu’il eut voulu faire, ça ne changeait rien. L’impression de malaise, de revivre quelque chose, et de découvrir une nouvelle facette de Charlie se bousculaient unes à unes devant lui, et il était rapidement perdu. Son visage cerné et ses paupières lourdes faisaient ressortir avec violence le bleu de ses yeux qu’il plantait dans le visage lisse et fin du jeune homme. Il y avait des sortes de minces tremblements dans ses prunelles, comme s’il était sur le point de perdre son sang-froid ou d’éprouver un chagrin interminable, mais à part ces mouvements-là, il avait l’air parfaitement calme, malgré son état misérable. C’était étrange et inquiétant à la fois, pourtant il n’avait  pas l’air en si mal état que ça, et il avait même l’air d’aller mieux que lorsque Charlie l’avait invité à rester chez lui dans les mois qui suivirent leur première coucherie. – Il avait d’ailleurs été temps qu’ils s’y dévouent –

Et au travers de toutes ces impressions qui traversaient ses pensées, il avait extérieurement l’air de ne rien comprendre à ce qu’il se passait autour de lui, ses sourcils froncés malgré tout laissaient cependant paraître un regard distant, vagabond et confus. Des yeux qui ne comprenaient presque rien à ce qu’il se passait autour d’eux et un visage finalement assez vide d’intentions et d’émotions, il avait l’air vide et absent. Pas désintéressé ou ailleurs, simplement vide. Comme s’il n’était plus grand-chose de bien concret, comme s’il avait perdu de ses sentiments entre-temps, comme s’il ne restait plus grand-chose de lui et de toute façon l’héroïne avait déjà ravagé la quasi-totalité de ce qu’il était autrefois, alors un détail de plus ou de moins au tableau de chasse de ce ravage, ça n’était pas bien grand-chose. Alan, malgré tout, avait l’air bien là, bien présent à l’opposé de ses sensations et de ses émotions, c’était compliqué à déceler ; il avait l’air bizarre. Comme s’il n’était plus lui-même, comme s’il s’était simplement agit de quelqu’un qui lui ressemblait étrangement, qui avait tout de lui, mais pas son comportement et sa façon d’être, encore moins à proximité de Charlie. Alan n’était clairement pas dans un état normal, et ça, personne n’aurait cependant pu le remarquer à part ceux qui comme Charlie le connaissait aussi bien que s’il s’était agi d’eux-mêmes. Il y avait quelque chose en lui qui n’allait pas comme les autres fois, quelque chose qui l’avait changé ou qui avait changé. Et ne détachant jamais son regard du jeune homme, Alan semblait immobile, fixé dans son apparence aux sourcils froncés et à la voix colérique de plus tôt, de quoi glacer le sang et faire froid dans le dos. Presque d’un air déterminé à se battre, alors qu’il n’aurait jamais osé lever la main sur Charlie. Et puis, tout d’un coup sans que rien n’eut l’air de le prévoir, son visage commença finalement à s’apaiser, quelque secondes à peine avant que Charlie ne lui demande de se calmer, c’était si rapide et si soudain que ça ne présageait rien de bon, mais c’était rassurant de le voir retrouver un état plus serein et vraisemblablement moins dangereux pour qui que ce soit. En l’entendant, Alan s’était encore plus éclaircit, et presque comme si son corps tout entier, autant que son esprit s’étaient redressés il eut l’air plus grand, plus accueillant et plus vivant tout d’un coup malgré l’allure de cadavre qui lui collait au teint depuis ces derniers-jours.

Presque dans un bond, à ceci près que la seule chose qui eut l’air de se dresser fut sa colonne vertébrale, un sourire vint se glisser sur son visage pâle et blanchâtre, déformant son allure de chagrin permanent qui le caractérisait quand il n’affichait rien.  Là, tout d’un coup et plus vite que jamais son visage s’était fendu et il avait eu l’air de découvrir Charlie et le bonheur pour la toute première fois de son existence entière. Presque comme si son regard s’était mis à briller, Alan avait retrouvé des couleurs en même temps, et ne répondant pas au départ il se jeta contre lui et l’enlaça avec toutes les forces qu’il pouvait manifester, et c’était visiblement bien plus qu’on aurait pu imaginer venant de son corps frêle et fin à cause des ravages de la drogue. Plus fort qu’il en avait l’air, Alan ne lui avait pas laissé l’occasion de s’éloigner à temps ou d’éviter la longue étreinte, mais pas de s’en dégager, parce qu’il ne pensait pas à ce moment que Charlie voudrait se séparer de lui. Il était si heureux de le revoir si vite que tout s’était effacé et qu’il avait tout pardonné. Mais ça ne semblait pas naturel, reculant la tête pour le regarder sans avoir à se tordre le cou, il ajouta sur un ton si heureux et jovial que ce devait bien être la première fois qu’on l’entendait ainsi « Maintenant que t’es là je peux être que calme ! Tu m’as tell’ment manqué ! Ca fait tellement plaisir de te revoir, oh t’imagines pas ! » Son comportement était anormal et rien ne semblait présager quelque chose de bon avec lui en général, alors le voir si heureux si rapidement n’avait que le don d’être de mauvais augure. Une fois séparé de son étreinte avec Charlie, il s’était mis à regarder les autres personnes avec qui il était sorti, l’air fier de connaître le jeune homme mieux qu’eux, souriant et sans jamais s’arrêter de lui lancer des regards pleins d’un bonheur sale tant il était étrange et anormal venant de lui. Il y avait quelque chose d’éternellement malsain derrière ce retournement de situation, et Alan ne semblait même pas s’en rendre compte tant il n’avait pas l’air étonné. Reposant rapidement ses yeux, qui continuaient de suinter de ce bonheur trop vif et trop soudain, sur Charlie et laissant naître une espèce de surprise sur son visage, Alan ajouta toujours sur le même ton ; « Ils ont l’air géniaux tes potes ! Tu sais toujours bien t’entourer, pas vrai ? Ça doit te changer de moi et mes conneries ! » il avait conclu en se mettant à rire bêtement, mais sincèrement. Comme si toutes ces histoires-là n’étaient plus qu’un vestige du passé, comme s’il n’avait pas manqué de rechuter quelques jours plus tôt à peine, comme s’il n’avait pas passé les heures qui précédaient leur rencontre dans le bureau d’une psychologue pour justement discuter de ces choses-là.

Tout allait bien trop vite pour être sain, et pourtant, Alan ne s’en rendait ni compte ni ne semblait en avoir quelque chose à faire s’il aurait éventuellement pu deviner que quelque chose clochait avec lui. Son rire cessa lentement, alors qu’il soufflait pour atténuer son hilarité, « T’imagines si j’étais encore là-dedans ? Ce serait tellement la meeeerde ! » continuait-il en ignorant la demande de prendre un café, à croire que les idioties qu’il avait à dire étaient plus importantes — ce qui n’était évidemment pas le cas — « Et toi tu vas bien ? Moi j’suis on fire aujourd’hui ! Je sais pas c’que j’ai, c’est génial ! J’me suis jamais senti aussi bien. » Avait-il continué en faisant ce qui avait eu l’air d’un petit bond sur place. Et puis, il s’immobilisa un court instant sur place, avant de secouer la tête et de reprendre, comme s’il venait de percuter les derniers mots lâchés par Charlie. « Oh ! Un café ? Mais carrément ! J’adôôôôôre les cafés ! Tu savais qu’y’avait des cafés qu’étaient fait après fermentation dans d’la merde de civette ? J’ai lu ça hier sur wikipédia, j’étais dégoûté. Mais c’était aussi bizarrement un truc que j’aimerai trop tenter. Tu crois qu’ils en ont ? Quoique j’pense pas… C’est cher comme machin, il paraît. » Surexcité comme il était, Alan aurait presque tourné et sautillé autour de Charlie à mesure qu’il s’exprimait et qu’ils marchaient pour aller le prendre ce café, s’il ne s’était pas contenté de simplement parler dans de grandes gesticulations des bras et des mains. Et dans tout ça, il avait visiblement l’air prêt à ne pas retrouver le calme et surtout le détachement qui le caractérisaient tant en temps normal, non, cet Alan était différent en bien des points que celui d’avant le départ de Charlie et leur soi-disant séparation. Il y avait quelque chose d’indécent dans ces effusions d’émotions qui ne lui étaient ni communes ni habituelles. Il n’y avait rien de naturel derrière tout ça, ça n’avait rien de clair ni de définissable, mais c’était là, comme l’impression que quelque chose n’allait pas. Mais quoiqu’on aurait pu en dire, que ce soit naturel ou non, que ça plaise ou non, Alan était incroyablement agréable, de cette façon. Même s’il ne s’en rendait pas compte, il était différent de l’habituel piège à problème qu’il était d’ordinaire, il avait l’air plus léger, plus simple et plus facile à comprendre.

Il s’était tût l’espace de quelques instants, son sourire béat toujours gravé sur le visage, et avait finalement décidé de reprendre et de probablement agacer Charlie avec toutes ces idioties qu’il déblatérait sans vraiment s’en rendre compte. « Oh j’t’ai pas raconté ! – évidemment, j’ai pas pu. – j’ai décidé d’arrêter de fumer et de boire. J’ai tout jeté à la poubelle hier soir. Tout. Mes briquets, mes paquets, les bouteilles, y a plus rien. Nada. Pareil pour le briquet que j’ai gardé d’Alex. Poubelle. Bye-bye les saloperies. Je suis un homme clean maintenant. » Se vantait-il en terminant sa phrase. Et c’était bien là qu’on voyait que quelque chose clochait. Alan n’aurait jamais été capable de se débarrasser d’un bien si précieux, qu’il portait le souvenir du premier garçon de sa vie, il n’en aurait jamais trouvé la force. Peut-être qu’il aurait pu faire son deuil de lui un jour, mais les souvenirs avaient trop d’importance à ses yeux, il ne pouvait pas se permettre de faire ça, il n’aurait jamais pu ni osé. Il attachait bien trop d’importance au peu de choses qui lui rappelaient de bons moments. Et ce briquet en particulier, parce qu’il avait été le premier cadeau qu’Alex lui avait fait, le premier objet qu’il lui avait transmis, celui qui était encore imprégné de tout leur jeune amour, celui qui avait porté toutes les choses de leur relation, celui qu’Alan avait chéri bien plus que toutes ses autres affaires. Ce briquet, Alan en avait tant parlé à Charlie lorsqu’il se confiait sur le suicide du jeune homme, il lui avait tant dit à quel point il s’en voudrait si jamais il venait à le perdre, parce que ça aurait signifié tant de choses, et ça lui aurait fait comprendre que son amour pour Alex n’avait pas été si important que ça au final. Et quand bien même Alan ne s’en était jamais servi pour autre chose que pour le regarder en silence et avec beaucoup de nostalgie dans les yeux, l’objet inutile avait toute une utilité bien à lui. Alan n’aurait jamais pu le jeter, jamais.




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Lun 3 Aoû - 2:28


Ce n’est pas seulement la tête d’Alan qui m’inquiète. Il y a bien sûr son teint qui me parait aussi pâle que celui d’un fantôme, et les cernes sous ses yeux, et ses expressions qui n’ont rien de normales… Mais c’est autre chose. Je me souvenais de l’avoir laissé dans un état qui, certes présageait quelque chose de mieux que ce que je lui avais connu pendant quelques mois à cause de la drogue, mais auquel je n’étais pas certain de croire sur le long terme. Je m’étais senti mal de partir et j’avais même hésité un peu avant d’accepter l’offre qu’on m’avait faite, même si cela représentait aussi un certain soulagement pour moi qui n’en pouvais plus. Car s’il y a bien un truc que j’ai appris ces derniers temps, c’est qu’il y a comme une force mystique quelque part dans l’univers qui associe inlassablement Alan aux ennuis de toutes sortes. Moi, je ne suis que les dommages collatéraux parce que j’ai eu la jolie idée de m’intéresser à lui. Pour ma défense, les choses étaient loin d’être ainsi lorsque je l’ai rencontré. Il y a toujours eu cet aura de mystère autour de lui et ces histoires d’horreur à propos de son passé qui lui conférait quelque chose de bien plus sombre qu’à n’importe qui, mais pendant longtemps j’ai eu l’impression de pouvoir le comprendre. En raison de mon propre passé, une connexion s’instaurait tout à fait naturellement avec le jeune homme et nous n’avions pas besoin de nous perdre dans une curiosité mal placée quant à ce que l’autre avait vécu : nous pouvions comprendre l’autre et ça faisait toute la différence. C’est ironiquement ce qui m’a séduit en premier, le fait qu’avec Alan, tout était toujours marrant peu importe l’humeur que vous aviez à la base. Nous avions passé des mois ainsi au tout début de notre amitié, à ne s’en faire pour rien et à simplement profiter. Je me demandais quelquefois comment j’avais pu finir par me retrouver à ce point accroché à lui maintenant que tout avait pris une direction diamétralement opposée. C’est vrai que ça fait longtemps que je ne l’ai pas vu, je n’ai pas compté les jours, mais j’ai ressenti partout en mon être le manque de sa présence à laquelle je m’étais tant habitué et attaché. J’oscille entre plusieurs émotions, je suis vraiment confus. Quand il m’annonce qu’il peut enfin être calme, parce que je suis là, j’éprouve une vive culpabilité. Je n’ai jamais cru être en mesure de faire une si grande différence pour lui, car ses problèmes ont fini par m’apparaitre vraiment trop énormes pour que je sois capable de les gérer d’une façon ou d’une autre. Mais ses mots me laissent perplexes, à savoir si je n’ai pas empiré les choses en l’abandonnant. C’est exactement ce que j’ai l’impression d’avoir fait et soyons honnêtes : c’est en quelque part ce que j’ai voulu faire, parce que j’avais besoin de m’éloigner. Je suis une personne honnête et une grande part de moi voudrais lui dire cela, lui expliquer pour cesser d’être plongé tête première dans le mensonge et de me sentir mal.

Dans d’autres circonstances, j’aurais peut-être senti le besoin de m’expliquer rapidement sur ce qui s’est passé. Je n’aurais pas pu enchainer deux mots de plus sans m’en sentir obligé, mais j’en reviens à sa tête. Ce qui attire le plus mon attention, ce sont ses pupilles qui changent sans arrêt, ses traits qui se tirent dans tous les sens au gré de toutes ces émotions. Au début, ma culpabilité m’a presque fait croire qu’autant de raz-de-marée émotifs pouvaient être justifiés par ses retrouvailles imprévues lui mettant sous le nez une raison de m’en vouloir pour ce que j’ai vraiment fait au cours de ces derniers mois loin de lui : être lâche. Je ne sais pas si Alan le sait, mais il y a une tonne de plateaux de tournage sur lesquels j’aurais pu être engagé à Los Angeles, c’est même ce que je fais de coutume plutôt que d’aller à l’étranger. Somme toute, je suis contraint à me taire parce que j’ai besoin d’observer son attitude qui sonne de plus en plus faux à mesure qu’il parle… et qu’il ne peut pas se la boucler. Le soulagement de ne pas me faire engueulé ou traité de tous les noms pour mon pieux mensonge ne dure qu’une seconde, car aussitôt après, je suis fouetté sur place. Nouveau raz-de-marée, cette fois de mots. J’ai du mal à le suivre, je ne suis pas certain qu’il se suive lui-même. Nous marchons vers le café tous les deux, et je jette successivement des regards inquiets dans sa direction. Il y a être en feu et être en feu, je songe. Si bien qu’Alan ne me laisse pas le temps de lui répondre quand il me demande si je vais bien. Je ne m’arrête même pas pour y penser, tellement tout ce que j’ai cru avoir à lui dire ne semble plus avoir la moindre importance. Je suis loin d’être un spécialiste, mais la première question qui me viens à l’esprit est : a-t-il commencé à consommer autre chose ? Et cet autre chose, je n’ai pas la moindre foutue idée de ce que ça peut être. À nouveau le sentiment d’être impuissant et inutile, je détourne la tête pour regarder instinctivement où on va, ainsi que pour lui tenir la porte. Je ne suis pas certain qu’il ne pas foncer dans celle-ci tant il est agité et ne semble pas porter attention à rien de ce qui l’entoure. Honnêtement, pas même à moi… Et cela m’enlise dans les certitudes que j’avais déjà acquises selon lesquelles je ne suis d’aucune aide concrète. Voyez, il est déjà suffisamment difficile d’avoir des sentiments pour quelqu’un avec qui ça ne peut pas fonctionner. Avec le temps j’ai compris le caractère impossible de la relation que j’aurais voulu voir se développer entre nous, mais je n’en ai pas pour autant fait complètement le deuil. J’éprouve toujours une infinie tristesse à l’idée que tout ceci, ces sentiments de la plus haute importance dans mon historique amoureux, sont voués à l’échec. Au nom de notre amitié à laquelle je tiens, j’ai tenté de m’accrocher. Et j’ai tenté de m’accrocher en partant le plus loin possible, espérant que la distance me révèle d’autres alternatives possibles entre nous. Je ne crois pas que ce soit très positif.

Je ne peux pas le trouver ni agréable ni rassurant, je suis rongé par l’inquiétude et je suis encore plus mal à l’aise lorsque nous entrons dans le café. Pour peu, je lui demanderais de baisser le ton et de ne pas alerter tous les occupants du commerce, les gens n’ont sans doute pas envie de connaitre sa vie. Il a été un temps où nous étions comme ça, deux types à l’esprit libres se pavanant dans les différents bars en ville pour crier notre envie de vivre. J’ai aimé ce temps passé avec lui de tout mon cœur, ce temps où rien ne comptait, où nous nous fichions de tout avec vigueur. Mais comme ce temps me semble révolu aujourd’hui ! Comme j’ai l’impression d’avoir pris un coup de vieux à force de continuellement m’inquiéter pour sa peau… Je nous conduis à une table avant même de passer au comptoir commander quoi que ce soit, pas du tout certain de vouloir le laisser consommer la moindre caféine. Je doute qu’il n’explose, il a déjà beaucoup trop d’énergie pour son propre bien. Mon attention toute entière s’attarde sur lui et n’en bouge plus lorsque je réalise que ce qu’il vient de dire cloche de toutes les façons possibles et imaginables. « Tu plaisantes ? » Pourquoi ai-je donc l’impression de parler à un robot… ou du moins, à un chat ? Quelque chose de vivant, mais qui n’en a rien à foutre de ce que je pourrais lui dire. « Tu l’as ramassé, non ? Le briquet… » Je n’ai de cesse de le regarder et de chercher ses yeux. Ceux-ci se dérobent, trouvant les miens rien que pour mieux les fuir. Je ne comprends pas cette agitation. À défaut de savoir que ça a tout d’anormal, je suis à nouveau pris de court. Je soupire profondément, fermant les yeux et appuyant une main contre mon visage et me grattant le front durant de longues secondes. C’est le moment qu’il a choisi pour se taire plus de trente secondes, mais je doute que ce soit par réelle conscience de mon état avancé de découragement. « Alan, qu’est-ce que t’as pris ? T’es… » Bizarre ? Épuisant ? Irritant ? Toutes ces réponses. Je suis si exaspéré que je voudrais lui déballer à mon tour tout un flot de paroles et d’accusations. Il y a comme une rage qui me monte au ventre, toutes ces choses accumulées… Mais j’ai conscience que je parlerais dans le vide, ce qui ne me dit rien.  « Tu m’épuises. » Ces mots réunissent en eux-mêmes le fondement de tout ce que je devrais lui dire. « Tu me disais que tu allais mieux… » Il l’a non seulement dit maintenant, mais c’est aussi ce qu’il m’a dit à de nombreuses reprises durant nos brèves conversations au téléphone ou via Skype. C’est bien la nouvelle qui me rendait heureux et qui me permettait de conserver un brin d’espoir.


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Alan R. Wzyciski
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Ven 7 Aoû - 21:09


Alan & Charlie // Like two mangled crowns.

Alan bondissait bien  plus qu’il ne marchait, d’une façon si répétée qu’elle était tout à fait contraire à son caractère et qu’elle n’était pas sans rappeler d’ailleurs l’attitude d’un enfant de cinq ans devant une montagne de cadeaux le jour de Noël – ou pendant Hanukkah, dans ce cas-là – ; à ceci près que cette fois, et pour lui seulement, la montagne n’avait rien d’inanimé et de matériel, cette montagne c’était un être humain, un garçon plus grand que lui de quelques centimètres de plus, plus jeune de moins d’un an et avec un visage d’ange, cette montagne, elle s’appelait Charlie, et même s’il n’avait pas vraiment l’apparence d’une montagne à proprement parlé, il en était une aux yeux d’Alan. Et s’il y avait bien des choses qui étaient restées constantes malgré tout, c’était bien que Charlie soit resté unique et rare aux yeux du jeune homme. Peu importe l’état dans lequel Alan se retrouvait, Charlie était toujours l’une des plus belles choses qui pouvait croiser son regard, et c’était cette rareté et cette authenticité qui le rendaient encore plus beaux aux yeux du garçon. Et ces attributs surélevés l’étaient encore plus chaque fois que le garçon était au plus mal, chaque fois qu’il manquait de rechuter et de tout gâcher à nouveau, chaque fois un peu plus, il y avait l’image dorée par son esprit de Charlie qui le maintenait et l’aidait sans doute à tenir, avec bien d’autres choses. Alan n’avait plus retouché à l’héroïne depuis des semaines, il allait mieux ; hypothétiquement mieux. Il ne fallait pas se voiler la face, avec Alan, aller bien c’était relatif. Mais pour l’heure, il semblait être de la meilleure de toutes les humeurs. Et c’était sans doute bon de le voir sourire et s’agiter plutôt que passer ses journées à se haïr et à se réprimander pour sa propre existence. Excessif et excentrique dans ses effusions de bonheur et d’amour, Alan est possessif, tenant maladivement la conversation et refusant de lâcher la parole, comme s’il avait besoin de s’exprimer et de ne plus se taire ; comme s’il n’avait rien dit depuis des mois. Comme s’il n’avait même pas eu l’occasion de parler depuis des mois. C’en est même à se demander comment il fait pour ne pas manquer d’air tant les mots s’enchaîne si vite, beaucoup trop vite, comme s’il n’avait pas besoin de respirer, presque comme s’il n’était pas celui qui parlait. Alors que c’était pourtant bien le cas.

Alan n’avait même pas remarqué qu’ils étaient arrivés à destination tant ses yeux étaient rivés plus sur Charlie que sur autre chose ; quand il ne parlait pas, il le regardait avec beaucoup d’intensité, presque au point d’en devenir gênant, mais il ne pouvait pas s’en empêcher, parce qu’il l’admirait tellement, ça faisait si longtemps qu’il ne l’avait pas revu qu’il ne pouvait se retenir de le trouver plus beau que dans ses souvenirs. Et aussi ridicule pouvait-il sans doute avoir l’air, il souriait en le regardant. Parce qu’il y avait quelque chose qu’Alan, celui de cet instant présent, trouvait absolument adorable à regarder dans ce pauvre garçon qui ne comprenait sans doute rien à ce qu’il se passait. Et Alan lui-même, de toute façon, ne devait pas comprendre grand-chose de ce qu’il se passait. Autant autour de lui, qu’avec lui, ou qu’auprès de lui. Il était à vrai dire, tout autant perdu que devait l’être Charlie en face de cette réplique bien trop enjouée et trop avenante du garçon qu’ils connaissaient tous les deux. Il était étrange, c’était évident. Mais pourquoi et comment ? Ça, on ne pouvait ni le deviner, ni le comprendre ou le supposer. Il était juste bizarre. Au goût d’Alan, ils avaient été à l’écart l’un de l’autre depuis trop longtemps que c’était devenu injuste, alors peut-être était-ce ça qui le poussait à être tout d’un coup si entreprenant, parce qu’il était nostalgique d’avant le départ de Charlie, parce qu’il était tant émotionnellement dévoué à lui, même si ça ne paraissait que rarement et généralement aux mauvais moments, ou toujours trop tard. Alan n’était pas doué avec ces choses-là, plus depuis longtemps. Mais à force, il avait enfin commencé à mieux s’y prendre, même si c’était difficile, et long à entreprendre. Point positif, il y arrivait et était presque devenu agréable et facile à vivre au bout de leur colocation improvisée. Mais ça s’était arrêté là, parce que ni l’un ni l’autre ne semblèrent oser faire s’avancer les choses, du moins pas à ce moment-là, parce qu’il y avait encore bien trop de sombres ombres qui planaient au-dessus de tout. Et maintenant qu’ils s’étaient retrouvés, peut-être que les choses allaient mieux se passer, surtout parce qu’Alan semblait décider à s’améliorer, il avait l’air d’aller mieux après tout.

Si absorbé dans ses admirations et ses propres idioties, Alan n’avait rien remarqué, il avait suivi sans vraiment s’en rendre compte ou sans vraiment y prêter attention, il avait fait les mêmes pas que Charlie et s’était même assis sans s’en rendre compte, ou du moins sans en avoir l’air. Il y avait autour d’eux deux une étrange impression de déjà-vu qu’Alan devait sans doute être le seul à expérimenter, il avait le sentiment que tout ce qui se passait était familier, ça lui rappelait leurs idioties d’avant toutes ces histoires, d’avant le retour de l’autre, d’avant qu’ils ne soient tous réunis pour le pire. Et tout fier de ce qu’il lui racontait, Alan lui avait avoué des choses qui n’avaient rien de naturelles venant de lui, pourtant, il semblait même en être fier et presque arrogant de bonheur tant ça le rendait heureux. Reprenant rapidement un air plus sérieux, quand Charlie put enfin en placer une, Alan avait perdu de son excitation mais ne semblait pour autant moins parti pour exploser de bonheur et d’excitation. « Evidemment que je plaisante pas ! » S’était-il exclamé, l’air un peu troublé et choqué que Charlie mette en doute sa parole – alors qu’il en avait évidemment parfaitement le droit – « Non, non. J’dois arrêter d’me bloquer là-dessus, c’est nocif, c’pas bien. C’toi qui me l’a dit non ? Faut que je tourne la page et que j’accepte. Et bah j’le fais dès maintenant ! C’est fini ! P’is de toute façon, je suis sûr que c’était pas si beau que ça notre relation, j’avais seize ans, on est tous des abrutis quand on a seize ans. Je suis sûr que c’est juste mes souvenirs qui se foutent de ma gueule. Ça pouvait pas être aussi mignon et parfait que j’me souviens. » Avait-il terminé dans un haussement des épaules, comme si ce n’était rien, comme si rien de tout ça n’avait eu autant d’importance pour lui pendant tout ce temps. Comme une anecdote dans sa vie, alors que quasiment toute sa vie tournait autour de ces évènements-là depuis ses dix-sept ans. Et depuis qu’il lui a répondu, Alan n’a de cesse de détourner le regard chaque fois que les leurs se croisent, chaque fois comme s’il y avait très profondément et intérieurement une partie de lui qui criait de rage parce qu’elle refusait d’admettre ce qu’il s’était passé ; parce que peut-être que finalement, quelque part en lui, il aurait voulu le récupérer et le garder. Mais ce qui était fait était fait.

Il haussa un sourcil et eu rapidement l’air énervé que Charlie sous-entende qu’il ait pris quelque chose de nouveau, mais ça ne dura pas longtemps, parce qu’il n’y avait pas grand-chose à lui reprocher finalement, Alan lui avait infligé depuis tant de temps ses idioties à cause de l’héroïne, qu’au final, ce n’était pas si étonnant venant de lui. Se mettant à rire frénétiquement au commentaire et à l’inquiétude de Charlie, Alan répondit très vite, « T’inquiètes pas, je suis clean ! La seule chose que j’ai pris c’était c’matin, c’était mes antidépresseurs, j’suis totalement clean ! Et c’est grâce à toiiii. » Il s’était mis à lui sourire d’un air niais, la bouche fermée et ses yeux bleus plantés sur lui. Comme un gamin fier de lui, parce qu’il avait résisté à une tentation ridicule alors qu’il s’agissait de bien plus grave, de quelque chose qui aurait pu le tuer s’il continuait. Et gloussant quand Charlie avoua enfin qu’Alan l’épuisait, ce-dernier se mis à gigoter sur son siège, son sourire d’enfant toujours sur le visage, « Ouais, j’t’épuise. roulant des yeux, Alan s’était penché vers l’avant, histoire de s’approcher un peu plus de lui, par-dessus la table, et murmurant ensuite, comme s’il ne voulait pas que le reste du monde les entende, Mais tu m’aiiiimes quand même. Et moi aussi je t’aime. » Penché contre la table, Alan ne détachait plus ses yeux de lui, presque comme s’il attendait de faire quelque chose, ou que Charlie fasse quelque chose. Ses mains contre ses joues et s’accoudant contre la table, il était presque étalé dessus, et fixait le garçon avec le plus doux de tous les regards. « Je vais mieux ! » s’était-il finalement mis à réagir quelques secondes plus tard, en se redressant et en reprenant une position plus confortable et moins affriolante, « Tu peux me croire, je vais mieux. J’ai pas touché d’puis des s’maines. Tout va bien ! J’suis juste content qu’tu sois d’retour, j’ai l’droit, non ? » Il n’y avait ni reproches, ni agacement dans sa voix, simplement de la joie et du bonheur, rien de plus.




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Mer 19 Aoû - 1:43


Est-ce qu’Alan ressent la même chose que moi ? Je veux, quand il fait mention de son histoire avec Alex qui n’a probablement pas été aussi bien que le suggèrent ses souvenirs… Un frisson désagréable ma parcoure, parce que c’est exactement ce que je me suis mis à penser ces derniers temps de nous deux. Je m’en veux toujours autant de constamment ramener tout à mes sentiments pour lui, ça me fait sentir comme le dernier des égoïstes qui se trouve à être incapable d’être simplement là pour son ami. Car malgré tout ce que j’ai toujours pu m’imaginer, c’est tout ce que nous sommes, des amis. C’est facile de prétendre à une connexion plus intense entre nous, je n’ai pas envie de la nier d’ailleurs, mais rien n’a vraiment été plus loin. Ce n’est certainement pas d’avoir couché ensemble qui a améliorer notre cas. Depuis, tout a semblé devenir pire, à l’exception faite de ces semaines qu’il a passé chez moi où j’ai eu l’impression qu’il y aurait peut-être un après plus lumineux. La rechute vers la réalité n’a pas été facile, et mon absence m’a fait réaliser combien je suis allergique aux drames de tout genre. Je ne les aime que lorsqu’ils sont couchés par écrit et capturés sur une pellicule de film. En quelque sorte, c’est comme si tout ce qui s’est passé dans mon enfance et dont je ne garde que des souvenirs sommaires, m’a fait atteindre mon seuil de tolérance pour les conneries de tout genre. Il y a des gens qui sont nocifs, ce n’est pas qu’ils soient forcément méchants, mais leur présence vous cause plus de mal que de bien. Alan est devenu une de ces personnes et à quel point j’ai pu l’aimer ne change pas la donne. Je songe que ce n’est pas qu’à seize ans qu’on est abruti. Combien de temps j’ai passé à l’être dans cette histoire, au moins un an ? Je me sens hypocrite d’avoir toutes ces pensées qui me traversent assez brutalement l’esprit sans être capable de les lui partager. C’est que malgré tout ça, une partie de moi aurait voulu le retrouver différent de ce que j’ai sous les yeux. J’aurais aimé sentir la différence dont il parle et même si je veux bien croire que certaines choses ont changé, je flaire à des kilomètres que je n’ai pas fini d’en baver si je reste à proximité. Les options qui s’offrent à moi ne sont pas multitude, je n’ai aucune envie de quitter Los Angeles et ce même si les tournages à l’étranger me plaisent. J’aime cette ville, c’est chez moi. J’aime la chaleur, la plage, la bonne humeur et les voitures toujours bien propres dû à la température clémente. Je ne me vois pas ailleurs et je ne me vois pas comme quelqu’un qui fuit non plus.

Je relève les yeux sur lui, toujours mal à l’aise. Où est-il ce temps où nous ne faisons que rigoler de tout et de rien, où je m’accrochais à lui et l’inverse, et nous n’avions besoin que d’un rien pour passer un bon moment. Je cherche à retrouver en moi ce plaisir simple de sa présence et… rien. Je ne suis que blasé. Pourtant, à ancrer doucement mon regard dans le sien, je me sens chavirer. La différence est que tout en mon cœur est plus lourd, c’est même un peu douloureux. Je voudrais tout d’un coup le serrer contre moi et lui murmurer à l’oreille que tout ira, en le berçant. Parce qui est là pour Alan ? Et surtout, qui sera là pour lui si je ne le suis pas ? Je ne prétends pas qu’il n’y ait strictement personne d’autre dans sa vie, d’ailleurs je sais très bien qu’il y a tout à fait d’autres personnes, mais qu’est-ce que cela vaut ? Ce Sawyer arrivera-t-il à l’aider à s’en sortir ? En est-il seulement capable, le veut-il vraiment ? S’en soucie-il assez pour ça, a-t-il assez de courage ? Pour la première fois, je pense à Sawyer en ayant un regard nouveau sur son attitude. Je ne peux pas le blâmer de disparaître, alors que c’est ce que je me suis appliqué de faire tout au long de l’été pour… par lâcheté. Je n’ai pas le courage de dire en face la vérité à Alan, celle qui veut que j’en aie marre de l’aimer… Parce que je n’en peux plus, cela me fait trop mal. Un mince sourire trouve place sur mon visage quand il dit que je l’aime et que lui aussi m’aime. Peux-tu seulement comprendre, Alan ? je songe, avec cette fois plus de tendresse que d’exaspération. Si j’avais plus de courage, je lui dirais qu’il devient presque mon Alex à moi, ce fantôme qui ne vous lâche plus et qui vous tue à petit feu. Même si je suis souvent frustré d’avoir l’impression qu’il ne comprend pas vraiment ce que je lui dis, je sais que jamais je ne pourrais lui dire une chose pareille. Ça lui ferait trop mal et je ne le supporterais pas.

Je suis de retour et il est content. Je soupire. « Ouais, t’as le droit. » Je lève les yeux vers le comptoir, songeant que si on est vraiment pour rester ici, il va nous falloir commander quelque chose en bout de ligne. J’ai beau avoir un million d’appréhensions à l’idée d’engager une conversation à peu près normale avec Alan, je ne vais pas filer en douce du café maintenant que nous y sommes. « Je vais nous chercher quelque chose… Tu veux quoi ? » Je me mets à fouiller dans mon portefeuille pour y extirper un billet. J’attends sa réponse, puis lu fait signe de m’attendre. Je m’éloigne vers le comptoir et y passe notre commande, m’appuyant sur celui-ci et me laissant me perdre dans mes pensées. Après quelques secondes, mon regard se porte naturellement sur Alan à notre table plus loin… qui est occupé à jouer avec le petit contenant qui, le soir venu, sert à mettre des bougies pour éclairer les tables. J’avais déjà le sentiment que quelque chose allait de travers, mais de loin, je remarque combien son corps est anormalement agité. Ce sentiment que j’ai qu’il ne peut jamais pleinement m’écouter ou me comprendre… trouve peut-être sa justification dans autre chose. Des doutes commencent à surgir à mon esprit, je ne peux pas m’empêcher de me souvenir de ma mère. Je n’en parle pas beaucoup, voire jamais, mais ma mère (adoptive, mais qui reste celle que j’appelle ainsi) m’a souvent dit qu’elle était malade. Qu’en quelque sorte, et sans l’excuser, ce qu’elle a fait n’était peut-être pas totalement de sa faute. Je reste interdit à considérer la possibilité qu’Alan soit peut-être malade lui aussi, et pas seulement en dépression. S’il me dit qu’il va mieux de ce côté, il le sait sans doute mieux que moi qui aie été absent tout l’été. On m’apporte rapidement nos deux tasses et je reviens à lui avec un regard malgré moi un peu suspicieux. Ça ne se demande pas, et si ça se trouve, il n’en sait peut-être rien. « Est-ce que tu as passé un bel été ? » je demande, tentant d’avoir l’air normal et naturel. J’ai aussi envie de le savoir, qu’il me partage un peu plus ce qu’il a fait, mais surtout… Je me dis que le faire parler m’aidera à analyser tout ça sous un autre angle et pas seulement avec ma maudite et éternelle déception.


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Lun 24 Aoû - 1:05


Alan & Charlie // Like two mangled crowns.

Plus on s’y attardait, plus les écarts entre ce nouvel Alan et le précédent, l’ancien, étaient étranges et d’autant plus déroutants ; mais peut-être pas pour autant inquiétants, puisqu’il avait après tout l’air, et semblait véritablement, heureux. Bien sûr, c’était déstabilisant, mais avec lui tout le devenait à un moment ou à un autre. Cependant, dans sa joie et son bonheur exacerbé, Alan était devenu tout aussi excité et animé qu’un gamin le jour de noël, ou qu’un chiot avec lequel on s’amusait. Si bien que ce pauvre Charlie se retrouvait dans une situation pour le moins gênante et sans aucun doute assez embarrassante, il allait devoir baby-sitter un gamin de 23 ans. Mais au moins, si on regardait les choses d’un œil plus positif, pour une fois il ne se retrouvait pas à devoir endurer et supporter les tristesses et les chagrins d’Alan, ainsi que les siens. Non, cette fois-ci c’était différent, il y avait comme une sorte de nuage invisible de bonne humeur qui flottait et semblait influencer l’état du garçon. Il était vif, surexcité et beaucoup trop enjoué, beaucoup plus que d’habitude. Dans un sens, si on y réfléchissait bien, ce n’était pas si étrange et anormal venant de lui, Alan avait souvent été comme ça au début, bien avant que Sawyer vienne refaire surface et chambouler tout leur petit univers. Alan était un garçon très souvent dans cet état de bonheur exagéré et souvent faux avec les personnes avec lesquelles il était le plus proche. Mais tout ça, c’était avant Sawyer, c’était il y a presque deux ans, il avait changé depuis. Beaucoup trop changé. Peut-être que revenir ainsi à ce qu’il était autrefois ne pouvait être qu’un bon signe, mais ce genre de choses, avec lui, n’étaient que très rarement aussi simples. Il y avait quelque chose de mystérieusement facile avec lui quand il s’agissait d’ajouter un peu plus de problèmes dans la vie des autres et dans la sienne. C’était comme ça, c’était Alan. Et le pire, dans tout ça, c’était bien qu’à force, on finissait à s’y habituer, à toutes ces histoires et à tous ces drames qui rendaient des choses si simples si difficiles à supporter et même à vivre. Maintenant qu’il avait retrouvé une position assises bien plus ordinaire, ses jambes s’étaient mises à remuer à toute vitesse, comme s’il était stressé et anxieux, mais il ne l’était pas le moins du monde. Et tandis que Charlie se redressait et se relevait, lui demandant ce qu’il voulait, Alan répondit presque immédiatement – voire même avant même qu’il eut le temps de terminer sa question – « Mh. J’en ai aucune idée, fais comme tu veux, ça m’conviendra. » puis il lui avait souri avec la plus grande des sincérités, ce genre de sourire rares et si peu souvent vus sur son visage, ceux-là qui n’arrivent que très rarement, que même pendant les jours passés avec lui il n’avait que très rarement produits.

Le regardant s’éloigner sans rien dire, quoiqu’il mourrait d’envie de lui dire des tas de choses toutes, sans doute, plus idiotes les unes des autres. Son regard d’imbécile heureux dériva rapidement de sa silhouette pour se diriger plus bas, il le regardait marcher et sans honte et sans gêne, ses yeux s’étaient fixés sur son cul. S’il avait été un peu plus stupide et un peu moins respectueux envers lui, il aurait rapidement pris une photo. Mais il n’était pas comme ça, il était trop gentil, trop amoureux. Un demi-sourire sur le visage, il avait détourné la tête à toute vitesse en apercevant le présentoir à bougies, vide, qui décorait le centre de leur table. Un si simple récipient en verre qui n’avait, visiblement, rien de bien intéressant attira toute l’attention du jeune homme qui s’empressa de le tirer du bout des doigts vers lui et d’y faire glisser son index pour le faire tournoyer contre la table dans d’inutiles, quoiqu’insistants, mouvements du poignet. S’y reprenant à plusieurs reprises, parce qu’il en perdait toujours le contrôle à un moment, il s’amusait cependant et n’avait pas l’air du tout d’être gêné par le bruit du verre contre la table, qui grinçait, frottait et sifflait, presque trop forts pour les autres, mais pas assez pour lui. Sans doute décidé à emmerder le monde, il n’était pas prêt de s’arrêter malgré les soupirs incessants du peu de personne à proximité. Mais ça, Alan s’en foutait, il était dans sa petite bulle d’idioties, dans son petit monde fermé où Charlie était le seul invité. Ses jambes continuant de remuer à toute vitesse, il avait aussi l’air de légèrement trembler de la tête, comme s’il avait bu beaucoup trop de café, dans de minuscules spasmes du visage. Finalement, après quelques longues secondes, presque deux minutes tout de même, Alan fut enfin désintéressé par le contenant en verre. Le reposant à sa place, il s’écrasa la joue d’une main et poussa un long soupir bruyant, sans se soucier de rien, pas même du bruit qu’il avait laissé échapper dans son soupir bien plus proche d’un soufflement bruyant. Et malgré son air tout à coup blasé, ses jambes n’avaient pas cessées de remuer, tout comme les minuscules spasmes de son visage ne s’arrêtaient pas. Tordant le côté de son visage dans un sourire en coin qui ne restait que quelques secondes avant de disparaître à nouveau sur son visage tâché par ces cernes et sa fatigue et par la pâleur de sa peau. Regardant autour de lui, Alan semblait désintéressé par les gens, et bien étrangement pour lui, totalement désintéressé par les autres jeunes hommes qu’il apercevait. En d’autres circonstances il avait toujours eu le regard très baladeur, mais pas aujourd’hui, et sans doute pas plus les jours précédents. Plus depuis son séjour aux côtés de Charlie, comme s’il se serait senti mal de regarder d’autres personnes après tout ce temps qu’ils avaient passés ensembles, et l’intimité qu’ils avaient partagé si brièvement.

Et tout aussi soudainement qu’il l’avait perdu, Alan retrouva son air trop heureux et niais dès qu’il vit Charlie revenir vers lui. Son sourire de nouveau permanent sur son visage, rendait les spasmes presque invisibles. Et ses grands yeux bleus, fixés sur Charlie ne s’en détachèrent plus à nouveau, il l’avait regardé approcher, l’avait regardé se rasseoir et n’avait pas tourné la tête un seul moment. Et tandis qu’il lui demandait s’il avait apprécié son été, son regard s’était enfin détaché de Charlie et il avait repris le bidule en verre et s’était mis à le tripoter dans ses mains, sans vraiment savoir quoi faire avec, il aimait juste le contact du verre contre ses doigts et ses paumes ; prenant du temps à répondre, Alan ne semblait pas penser, ou réfléchir à ce qu’il allait dire. Il avait juste l’air ailleurs, comme s’il s’en fichait, comme si ce que l’on pouvait lui dire ne l’intéressait pas, si bien que son sourire si permanent n’avait pas tenu quand il l’avait quitté des yeux, rendant de nouveau visibles les tremblements de ses joues et de son visage. Redressant la tête après une attente qui eut l’air trop longue, sans doute, Alan répondit finalement, sur un ton enjoué et détendu, « Nan, c’était l’horreur. Le pire de tous les étés de toute ma vie. il s’était mis à rire, et remettant encore une fois le pot en verre à sa place, il redressa la tête une nouvelle fois vers Charlie, C’est d’la merde quand t’es pas là. J’me suis fait chier, et p’is j’ai pleuré aussi. J’sais pas comment j’ai fait, parce qu’avec tout c’que je pleure depuis le début de l’année j’devrai être vide, nan ? » et en même temps qu’il s’amusait de sa détresse, il s’était mis à se tenir moins confortablement une nouvelle fois, la tête et les bras avachis sur la table, son menton comme seul support, « T’es chiant à m’manquer tu sais. avait-il soufflé, sur le même ton plein de bonheur et de joie, quoiqu’un peu plus épris de nostalgie tout à coup. Dis, tu penses que c’est foutu la fac pour moi ? Ce s’rait con que j’réessaie pour m’replanter encore. Et p’is ça coûte cher ces conneries. M’enfin… B’ezrat Hashem. » avait-il terminé en imitant le ton exagéré d’une maman juive, celle de la sienne, et en agitant une main vers le haut pour ensuite se mettre à bruyamment souffler du nez parce qu’il se trouvait hilarant.
Il était ridicule.





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Sam 29 Aoû - 2:21


Nos deux tasses de chocolat posées devant nous, car j’avais vraiment pris la décision de favoriser le sucre plutôt que la caféine, je porte toujours une attention chirurgicale au moindre geste du jeune homme. Plus qu’à ses paroles en fait, car les mots sortent de sa bouche avec une telle facilité que j’ai déjà compris qu’ils étaient peu fiables. Je me demande à quel point je peux avoir l’air suspicieux en fait… mais Alan ne semble pas s’y arrêter d’une quelconque manière, alors tout va bien. Je ne cache pas tout de même que sa révélation me choque un peu. Je déteste l’idée qu’il ait été malheureux, je crois à la limite que j’aurais préféré la frustration et la jalousie qui m’auraient tenaillé s’il m’avait annoncé avoir rencontré quelqu’un durant l’été et être tombé amoureux. Je crois même que j’aurais préféré apprendre qu’il avait passé l’été avec cet idiot de Sawyer plutôt que seul, parce que cela me ramenait à ma culpabilité de ne pas avoir su être là. Pire, d’avoir été absent, mais de ne pas avoir été honnête avec lui sur les motifs de cette absence prolongée. Ça avait été si facile de lui mentir puisque qu’un si bon prétexte s’était offert à moi avec ce tournage sur lequel j’ai travaillé loin de Los Angeles. Malgré toute cette culpabilité, malgré que j’aurais voulu pouvoir changer ces longs mois à ne rien faire de positif pour lui, je ne peux m’empêcher de remarquer le contraste entre ce qu’il dit et son agitation, toujours. Celle-ci ne s’apaise pas même lorsque nous parlons, que nous sommes si près l’un de l’autre qu’il est bien inutile de faire preuve qu’autant d’enthousiasme. Ça n’a rien de naturel, j’en suis absolument certain à présent. Au lieu d’en être mal à l’aise, j’active mon cerveau à une vitesse folle dans l’espoir de penser à quelque chose que je peux faire pour l’aider. Je doute qu’il se montre aussi ouvert et chaleureux si je commence à aborder le sujet directement ou si je lui propose d’aller voir un médecin. Je sais qu’il les a en horreur depuis ses réunions visant à l’aider à cesser sa consommation de drogue. Qui peut le blâmer ? Je ne suis pas certain qu’il me plairait d’être suivi pour une multitude de raisons et d’entendre tous ces gens me dire comment vivre ma vie, comme s’ils savent tout mieux que moi. Ça me rendrait fou. Est-ce donc cela qu’ils ont fait à Alan, qu’ils font à tous ceux qui ont plus de mal ? Je me mets à douter de l’efficacité de toutes ces mesures supposées les sortir du pétrin. Et je m’en veux, une fois de plus, de ne pas être plus fort et de ne pas savoir le porter avec moi.

Je prends ma tasse pour en prendre une gorgée, également en espérant qu’Alan ne fasse pas un mouvement brusque faisant se déverser tout le contenu de cette dernière sur la table ou sur l’un d’entre nous. Le fait qu’il aborde le sujet de la fac me laisse perplexe… C’est une grande partie de nos vies, de la mienne en tout cas, mais je ne suis pas certain que ce soit très utile qu’il se pose cette question dans les circonstances. Il a bien d’autres soucis à prendre en compte, il a encore tout le temps devant lui de reprendre les cours quand ça ira mieux. Mon cœur se serre à cette pensée, car je commence à trouver que cela fait très longtemps que j’attends ce moment où les choses iront mieux justement. Égoïste de voir cela de mon point de vue plutôt que du sien, lui qui est constamment emmêlés dans tous ces tracas. « Te prends pas la tête avec les cours, tu iras quand tu pourras. » je me contente de lui répondre, lui servant par la même occasion le premier sourire sincère depuis longtemps. Je le pense vraiment, qui se soucie à ce point de l’université ? Nous savons de toute façon trop bien ce que valent nos diplômes dans les domaines comme les autres, pas grand chose puisque tout dépend des contacts et des efforts fournis ensuite pour se trouver un job. Je n’ose pas le formuler tout haut, mais même s’il parvenait à passer tous ces cours et à obtenir le papier, il n’est pas du tout prêt à être engagé pour des trucs sérieux. Il ne peut pas prendre sur ses épaules de grandes responsabilités alors qu’il a du mal à s’occuper de sa propre personne. Je dois avoir un esprit un peu paternaliste pour penser de la sorte, ou alors c’est l’expérience d’avoir vécu avec lui pendant un mois et de me retrouver, encore une fois, à devoir le surveiller pour qu’il ne brise pas quelque chose à cette table. La posture de son corps me décourage un peu, il a l’air d’un gamin. Je commence à en avoir assez de le ménager de toutes les façons possibles, la volonté d’engager une conversation avec plus d’implication de ma part commence à monter en moi. Tant pis si je ne trouve pas les bons mots, j’ai passé tous ces mois d’été à réfléchir à la façon dont je pourrais l’aborder en rentrant et cela ne m’a pas donné de conclusions très satisfaisantes.

« À présent, je suis là. » je murmure doucement, avec une certaine tendresse dans la voix. Il me faut bien de la douceur pour dire ce que je compte formuler tout haut. « Je crois… que quelque chose ne va pas, Alan, je ne pourrais pas dire ce que c’est, c’est peut-être juste…  » La dépression ? Je ne vais certainement pas oser dire une aussi grande connerie, même dans cet état, je doute qu’il avale mes paroles sans s’offusquer. Je laisse donc ces mots en suspens, songeant que si je ne termine pas mes phrases, ce n’est pas si grave. Il ne dit pas que des choses cohérentes de son côté ! « Tu irais, si je t’accompagne, voir un nouveau médecin ? Juste pour être certain que tout va bien. Tu sais je te crois, mais je ne peux pas m’empêcher d’être inquiet à ton sujet, je suis comme ça… » Petit haussement d’épaules, air innocent sur le visage. Inutile de dire que je n’ai pas la moindre envie de mettre les pieds dans une clinique ou dans un hôpital, mais dans tous les cas, je ne peux pas fermer les yeux sur ce que je vois en ce moment. Car apparemment, personne d’autre ne l’a encore remarqué. J’ai bien du mal à croire que les parents d’Alan n’ont pas aperçu de changements dans son attitude, à moins qu’il ne soit pas toujours ainsi. « Juste pour me rassurer, en fait, et pt’être bien qu’une fois qu’on sera bien certain que tout va bien, on pourra réfléchir à des stratégies pour passer ces fichus cours ? Quand tu voudras y retourner. » J’essaie de m’inclure, de lui montrer que je serai là. J’avoue que je ne sais pas à quel point je ne suis pas seulement en train de lui balancer un tas de conneries, tout ce qui m’importe est qu’il accepte de voir un médecin pour vérifier si mes doutes sont fondés.



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Sam 5 Sep - 0:10


Alan & Charlie // Like two mangled crowns.

Ses yeux s’étaient détachés un très court instant, parce que les mouvements de Charlie eurent l’air de ralentir quand il glissa la tasse d’Alan vers lui, il avait brièvement regardé le contenu, sans vraiment trop savoir pourquoi, sûrement pour savoir ce qu’il allait boire, même s’il s’en fichait éperdument parce qu’il était heureux d’être avec lui et sa compagnie était bien plus importante que tout le reste. Et pendant qu’il savourait la présence du jeune homme à ses côtés, Alan restait silencieux, jouant avec le présentoir à bougies avant de le reposer et de confesser qu’il avait passé l’été à répéter ses souvenirs et son chagrin en boucle, parce qu’il n’y avait eu personne avec lui, personne à ses côtés, personne avec qui se confier ou parler. Si bien qu’il n’avait parlé qu’à très peu de gens, voire presque personne pendant tout l’été. Mais ça, il ne le lui dit pas, il préféra ne pas trop l’inquiéter – même si avouer qu’il avait passé une grande partie de l’été en larmes ne semblait pas lui paraître comme quelque chose qui pourrait inquiéter Charlie. – pour ensuite s’étaler contre la table, et parler de choses qui le rendait nostalgique en même temps qu’il les mentionnait. Charlie lui avait manqué, et ça avait agacé Alan, parce qu’il n’aimait pas se sentir faible et incapable de faire quoi que ce soit pour garder le contrôle des évènements, et rétrospectivement, c’était bien tout ce qu’il s’était passé depuis le début de l’année. Mais sa nostalgie était vie partie en fumée, quand Charlie lui répondit de ne pas s’inquiéter avec les cours. « Ouais. T’as raison. Faut pas qu’j’m’en fasse pour ça, ça r’viendra quand ça r’viendra… » avait-il commenté en se redressant, et en s’étalant contre le dossier de son siège. Le sourire de Charlie vint lui réchauffer le cœur avec tant de hâte qu’il s’était mis à rougir bêtement, sans s’en rendre compte, et il le lui avait rendu presque aussitôt, là aussi sans s’en rendre compte. Son visage avait enfin commencé à reprendre des traits plus naturels, moins tirés par une grimace de faux bonheur permanent ou par les tremblements de ses joues causés par les médicaments, tout allait de mieux en mieux, visiblement. Du moins physiquement. Le reste de sa vie, un peu moins. Mais qu’il se mette à penser, enfin, à retourner à l’université ne pouvait être que le signe d’une certaine amélioration, il n’y avait pas remis les pieds depuis la fin du mois de décembre, de quoi tout faire foirer au final. Et il ne s’en était jamais soucié ou inquiété des conséquences de cet abandon soudain. Même si techniquement il n’avait pas vraiment abandonné, il n’avait juste pas pensé à vivre. L’héroïne avait occupé la quasi-totalité de ses jours, le reste était rempli soit par de l’alcool, soit par du sexe médiocre, soit par des pertes de connaissance et des heures, voire presque des journées entières, de sommeil dans sa propre bave et sa propre saleté. Oh, il avait été dans la pire de toutes les situations, plus bas que terre pendant des semaines, et c’était enfin le moment pour lui de s’en sortir. Mais ça n’était pas si simple, malgré ce qu’il prétendait maintenant.

Charlie se voulait rassurant, dans son murmure tendre, et ça l’était. Il l’était. Alan se mit à esquisser un autre sourire, et vint se rapprocher, moins à l’écart de lui et de la table, plus penché vers l’avant, mais pas étalé comme un imbécile comme plus tôt. Il était juste là, proche et présent, rassuré et moins éloigné, Alan était tout à coup beaucoup plus à l’aise. Même s’il n’avait pas spécialement eu l’air d’être gêné du tout plus tôt. « Et t’as pas intérêt à te casser une nouvelle fois, hein. disait-il sur un ton léger, clairement celui de la plaisanterie, Ou de faire comme Sawyer et d’disparaître sans donner d’nouvelles. Il m’énerve vraiment ce co– » il avait arrêté de parler soudainement, la bouche encore entrouverte, les yeux fixés sur Charlie, parce qu’il se souvenait qu’il ne l’aimait pas, mais vraiment pas du tout. Hésitant quelques temps avant de masquer la gêne en prenant sa première gorgée de chocolat, pour ensuite s’excuser. « Désolé. Tu l’aimes pas, faut pas qu’j’en parle, j’ai pas envie qu’tu sois d’mauvaise humeur. Surtout pas pour lui, tu vaux mieux franchement. P’is t’es beaucoup plus cool, c’est mieux. » avait-il continué en se remettant lentement à sourire maladroitement, parce qu’il voulait faire oublier ce léger passage embarrassant entre eux. Evidemment, ça, plus la joie exacerbée, loin d’être naturelle et toutes ces gestuelles bizarres et anormales avec lui commencèrent à titiller l’esprit de Charlie, qui, inquiet vint finalement l’assurer qu’il était sûr que quelque chose clochait, qu’il y avait vraiment quelque chose qui n’allait pas. Et il avait sans doute raison, mais Alan ne le comprenait pas. « Ah bon ? qu’il demanda rapidement, un sourcil se haussant. T’es sûr ? C’est pas juste parce que t’es pas habitué à m’voir de bonne humeur ? J’veux dire… ça se comprend en même temps, j’étais une loque pendant des mois donc forcément. » Il s’était mis à rire, mais ça ne dura pas longtemps quand il distingua l’inquiétude sur le visage du jeune homme, c’était là, c’était fort, ça brillait presque comme un halo autour de lui, il n’y avait que ça. Et c’était assez effrayant. Alan cessa donc de rire et garda un visage un peu plus sérieux, les sourcils très légèrement froncés parce qu’il s’inquiétait de le voir si inquiet. Approchant lentement et subtilement sa main droite, sur la table, vers celle de Charlie, il voulait la prendre dans la sienne mais s’arrêta dès qu’il reprit la parole, lui demandant quelque chose qui était tout sauf ordinaire. Alan resta silencieux un long moment, parce qu’il trouvait la demande totalement surprenante – et ça se lisait sur son visage – et après avoir visiblement réfléchit, ses sourcils cessèrent de se froncer et il s’écria ; « Oh… Mais pas d’problème ! il prit sa main dans la sienne et continua d’un ton clair et confiant, plein d’une volonté sincère Si ça peut te rassurer, je veux bien oui. et il avait soudainement entrepris de lui faire des avances du pied sous la table, comme si de rien était. Je ferai tout et n’importe quoi pour toi, tu l’sais bien. J’espère. » Et aussi distrayant qu’il avait l’air de se montrer maintenant, c’était sans doute le minimum avant bien d’autres choses, parce qu’on ne pouvait pas deviner ce qu’il y avait dans sa tête, tant il était imprévisible dans cet état.

« Fais gaffe, j’oublierai pas pour c’t’histoire de stratégie de cours. J’vais t’attacher s’il faut, mais on y réfléchira vraiment. J’veux y retourner, il faut que j’y retourne un jour. » il avait rapidement ajouté, en arrêtant finalement son jeu idiot du pied pour se redresser, et appuyant sa tête sur une de ses mains, il le regardait d’un air presque rêveur, véritablement heureux de voir qu’il était là, et qu’il était bien là pour lui. Ça le rassurait énormément, et l’apaisait un peu dans ses explosions d’émotions récentes. Il était tout à coup plus calme, plus serein et plus droit dans son comportement. «Charlie ? » il commença, l’air beaucoup moins sur le point de se mettre à faire quelque chose d’idiot, de trop exagéré ou bien d’un peu trop intime, « J’crois pas m’souvenir de t’avoir assez remercié pour tout c’que tu fais. T’es génial, tu l’sais ? Franchement, si t’étais pas là pour m’aider j’crois bien qu’j’aurai pas tenu. J’aurai sûrement fait une autre énorme connerie si t’étais pas là. Donc merci. Merci, beaucoup. » Visiblement, son exultation de bonheur s’était enfin calmée, du moins c’était ce dont ça avait l’air pour l’instant. Et cette fois, il ne s’y manqua pas et parvint à prendre la main de Charlie dans la sienne dans un geste lent, sensible et plein d’amour. Parce qu’au final, c’était bien ça qui caractérisait ce qu’il ressentait vraiment et sincèrement, malgré les changements d’humeur, malgré l’héroïne, l’addiction, le manque le chagrin et la dépression ; malgré tout, il aimait Charlie plus que tout. Sans doute plus que Sawyer, commençait-il à réaliser en le regardant.





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Ven 11 Sep - 3:46


La distance m'a fait un bien fou, bien proportionnel toutefois à la jalousie qui s'est emparée de moi à plusieurs reprises en voyant les trucs qu'il s'est amusé à publier sur les réseaux sociaux tout l'été. Non pas que je ne le crois pas quand il dit qu'il s'est ennuyé ou qu'il a été seul - je suis bien placé pour savoir que la solitude est bien davantage un sentiment que le fait de l'être vraiment physiquement - mais j'ai douté. Tout compte fait, je doute encore à présent que le sujet de Sawyer revient sur le tapis. En d'autres circonstances, je lui aurais sans doute été reconnaissant de se donner la peine de me dire qu'il ne s'agit que d'un connard... Je reste silencieux en le regardant me déblatérer ses justifications sur le sujet, sachant pourtant que ce connard lui a tout de même fait tourné la tête pendant des mois. Vrai, il n'est plus dans les parages - je suis en fait assez ravi de l'apprendre -, mais je ne peux pas m'empêcher de me questionner sur ce que ce serait s'il l'était toujours. Pire ? S'il décide de revenir tôt ou tard et de jouer à nouveau dans la tête du jeune homme. Je retiens un soupire, essayant de me rappeler que je ne suis que son ami, pas son père, pas son frère et surtout pas son petit ami. Je n'ai aucun droit de me prononcer sur ses fréquentations même si elles me mettent hors de moi. Je ne sais pas si je suis à ce point plus cool, mais une chose est certaine, je suis menteur. La culpabilité s'empare à nouveau de moi en songeant que je ne lui ai pas dit quoi que ce soit s'approchant de la vérité. La vérité..., c'est aussi que je n'ai pas été vraiment mieux cet été. Être loin et avoir tous les jours comme compagnie les mêmes personnes avec lesquelles il est inévitable de développer des liens importants, je me suis aussi laissé aller à quelques aventures ici et là. Rien de sérieux, rien même de tellement notable, mais de quoi me rappeler sans relâche que je ne faisais qu'essayer de l'oublier, lui. Je me sens mal, et je déteste ça. Après tout, j'ai toujours été honnête avec Alan, du mieux que je l'ai pu. C'était tout simplement impossible pour moi de rester là à l'attendre, et qui plus est à le regarder tourner autour d'autres mecs sans considération pour mes sentiments. J'ai toujours eu la sensation qu'il ne les comprenait pas tout à fait ou alors, qu'après Alex, il n'a plus jamais été en mesure de savoir ce qu'implique vraiment le mot "aimer". Pendant très longtemps, notre relation étrange balancée entre l’amitié et l’amour m’a convenu, mais cette époque est révolue depuis déjà un bon moment. J’ai l’impression que nous ne savons même plus tellement comment être les amis que nous avons été. En le regardant parler d’avenir et apprécier les semblants de promesses que je lui jette pour qu’il accepte de voir un médecin, je me demande si ce n’est pas que moi qui ais oublié. Lui, il semble se complaire dans tout cela, puis est-ce si mal que ce que je me convaincs ? Je commence à être un peu confus sur toutes ces questions.

Heureusement pour moi, il semble reprendre une attitude à peu près normale. Ça me rassure, même si les doutes qui se sont éveillés dans mon esprit ne sont pas près de s’apaiser. Il a au moins dit qu’il allait y aller, je pourrai avoir la tête tranquille sous peu. Je crois même que je lui souris un peu plus sincèrement après qu’il ne m’accorde cela en paroles. « Je me souviens de toi, de bonne humeur… Tu dis n’importe quoi, Alan ! … » je lui dis pour protester contre ses réserves au sujet de mes inquiétudes. En fait, c’est la pure vérité. Si ces moments de légèreté passés ensemble à se moquer de tout et à avoir seulement du plaisir me semblent lointains, je ne les ai pas oubliés. Comment le pourrai-je, alors que ce sont eux qui ravivent constamment la flamme de ce que j’éprouve pour lui. Le sourire toujours affiché bêtement sur mes lèvres, j’ai envie de renouer avec tout cela. Je veux en faire autre chose que des souvenirs justement, briser les barrières qui se sont posées au fil du temps entre nous. Je voudrais cesser de me sentir continuellement maussade à penser à tout ça, réinventer notre relation. Je me perds momentanément dans ces espoirs que j’ai l’impression de voir reprendre un peu de vigueur, alors que tout va presque pour le mieux… Mais lorsqu’il prononce mon prénom, que j’acquiesce doucement, et qu’il se lance dans les remerciements… J’ai du mal à rester aussi léger et joyeux. Je sais que je ne mérite pas ces bonnes paroles, surtout pas maintenant. Je suis là, mais je n’ai pas voulu l’être durant ces longs mois et je l’ai abandonné en connaissance de cause. Je savais qu’il n’allait pas bien et je suis tout de même parti parce que j’en avais besoin. Je suis balancé entre l’envie de me justifier dans une longue plaidoirie sur mes motifs et celle de m’excuser tout simplement. Je baisse les yeux sur ma tasse, prenant une gorgée de celle-ci pour masquer le malaise qui s’empare de moi. Je n’ai jamais été très doué pour mentir, en tout cas pas avec Alan. Je suis trop expressif, et les émotions me gagnent trop intensément quand il est près de moi. Pour ne rien arranger, il y a ces piètres tentatives de jouer du pied sous la table. Oh Alan… J’avoue que j’ai tellement de mal à le comprendre la grande majorité du temps, sentiment qui s’oppose assez brutalement à cette communication si facile que nous avions auparavant.

C’est sans doute cette nostalgie du avant qui me force à vouloir lui dire ceci. « Alan… » Je ne sais pas pourquoi, mais je sens que je dois cesser de camoufler la vérité derrière tous ces faux-semblants. Je ne peux pas traiter Alan comme un gosse et tenter de le préserver de tout rien que parce qu’il ne va pas bien. Il va mieux… Jamais nous ne pourrons retrouver une sorte d’équilibre dans notre relation si je n’arrive pas à accepter cette possibilité et à en tenir compte. « J’ai voulu partir, tu sais, j’aurais probablement accepté n’importe quel contrat pour passer l’été loin de Los Angeles. » Je lève les yeux vers lui, visiblement incommodé par l’obligation que je me donne à moi-même de lui fournir quelques explications. « Sawyer, tout ce qui s’est passé, quand t’es parti de chez moi, et… » Vais-je oser lui reprocher ses publications débiles sur les internets ? En réalité, elles m’ont fait du mal alors je devrais les assumer, mais je n’ai pas envie de lui faire sentir que je lui fais des reproches. « Ça m’a fait du bien d’être loin et de voir d’autres gens… » Je baisse les yeux instinctivement, songeant que ce n’est pas forcément très brillant de ma part d’avoir voulu consoler ma frustration de l’état de notre relation (ou non-relation) en allant moi-même voir ailleurs… Mais c’est ainsi, il ne me doit rien et je ne lui dois rien non plus. Inutile de se faire de fausses idées sur tout ça. « Mais je suis là maintenant… Je voulais juste te dire la vérité, je déteste te mentir. » Quoi de plus légitime que de tenter de se protéger, surtout lorsque vous avez l’impression d’être sur le point d’imploser ? C’est bien ainsi que je me suis senti ces mois avant de partir auprès d’Alan. C’est bien ainsi que j’ai modifié la réalité chaque fois que nous avons eu quelques discussions via Skype ou au téléphone. Je soupire, cette fois sans me retenir. Je viens de créer cette ambiance un peu bizarre et un peu lourde avec ces révélations. « Est-ce que tu voudrais sortir avec moi ? » je demande, assez soudainement, juste avant de ne préciser ma pensée. « Je veux dire, une sortie, une soirée ensemble. » Je tente un mince sourire. L’idée est spontanée, peut-être un peu détraquée vu ce que je viens de lui avouer, mais tant pis. Je ne veux pas me noyer dans toutes ces complications. Aujourd’hui et maintenant, pourquoi ne pas tenter de passer un bon moment enfin ? Et si ce doit être strictement amical, ce le sera. Pour être honnête, j’ai besoin de lui moi aussi.


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Lun 14 Sep - 2:18


Alan & Charlie // Like two mangled crowns.

Ça pour être surprenant, Alan l’était. Il l’avait salué dans un début de colère pour finalement s’apaiser et devenir aussi énergique et joyeux qu’un gamin dont c’était la fête, et ça avait duré son petit moment jusqu’à ce qu’il ne retrouve enfin son calme, et Charlie l’avait grandement mérité, ça commençait sûrement à devenir insupportable et difficile à suivre. Dans son calme, Alan avait dit des tas de choses, notamment que Charlie ne devait sans doute pas se souvenir de ce qu’il avait l’air quand il était de bonne humeur, quand il était heureux en général. Parce que lui ne s’en souvenait pas en tout cas, avec toutes les choses terribles qui s’étaient enchaînés depuis le début de l’année. « T’as bien de la chance alors. J’crois que l’héro m’a un peu cassé l’crâne, j’ai des trous de mémoires maintenant. J’oublies plein de trucs, c’est super chiant. s’il n’y avait que ça comme restes et comme marques laissées par la drogue Alan aurait pu être considéré comme chanceux, mais ça, plus son état misérable et sa terrifiante perte de poids quand il était au plus bas l’avaient définitivement marqué. Tout comme les cicatrices maintenant gravées à jamais dans son dos et son torse, blanchies par le temps mais éternellement là. Quand il était encore complètement enfoncé là-dedans, Alan se battait souvent, et à plusieurs reprises il avait frôlé un grave incident qui avait été évité par la plus grande de toutes les chances. Passant parfois des journées entières à comater dans son vomi, sa salive et ses déchets, ne se réveillant que pour prendre une autre dose et creuser un peu plus l’horrible fossé dans son être et à chercher à oublier l’horrible souvenir qui continuait de refaire surface depuis le retour de Sawyer. Il avait presque réussi à faire un début de deuil et tout s’était écroulé parce que Sawyer avait refait surface. Tout était à cause de lui, se disait-il. « Ça craint grave. » soupira-t-il en prenant une autre gorgée du chocolat que Charlie avait commandé pour lui.

Il y eut ensuite sa confusion en excuse et sa stupide envie de lui faire du pied sous la table, qui n’avait pas le moindre sens pas plus qu’elle n’était approprié dans un moment comme celui-ci, il le remerciait d’être le meilleur ami idéal et acceptait de faire quelque chose pour lui qu’il n’aurait jamais voulu faire en temps normal, parce qu’il était trop têtu et trop borné pour ce genre de choses. Et là, comme ça, parce que les antidépresseurs qu’il prenait s’amuser à lui altérer le comportement, il acceptait sans même remettre en question la décision ou l’interrogation même du jeune homme. C’était avantageux pour Charlie, parce qu’il allait enfin pouvoir savourer cette victoire sur l’égo d’Alan, et ce n’était pas tous les jours qu’il avait le dessus sur lui. Alan était souvent imprévisible, et c’était bien compliqué de le comprendre, mais réussir à le convaincre à faire quelque chose c’était tout aussi difficile, et Charlie venait d’y arriver avec la plus grande des facilités. Il pouvait s’en réjouir. Et après qu’il eut enfin fini de le remercier infiniment pour tout ce qu’il avait fait pour lui, pour avoir été ce que tout meilleur ami aurait dû être au final, Charlie lui avoua difficilement quelque chose. Alan resta silencieux tout du long de son aveu, sans rien dire, sans rien faire et visiblement sans réagir. Sans jamais le quitter du regard il l’avait laissé tout lui raconter, qu’il avait très clairement voulu s’éloigner de lui, et se mettre à l’écart de toutes les histoires qui rythmaient leur vie devenue presque commune à tous les deux – et presque trois si on incluait Sawyer dans ces histoires-là – Charlie avait baissé les yeux et Alan n’avait pas cessé pour autant de le regarder, faisant durer ce silence qui s’installait entre eux maintenant qu’il avait avoué tout ça, et brisant finalement le silence en se penchant en avant, il redressa le visage de Charlie et l’embrassa avec douceur et amour sur les lèvres. Reculant lentement, il lui adressa un sourire et ajouta, « T’es totalement, pour toujours, et à jamais, pardonné pour absolument tout. T’avais parfaitement le droit de te sentir trop mal à l’aise à cause de tout ça. J’aurai fait pareil à ta place, et sûrement beaucoup plus vite que toi. Merci d’être resté si longtemps, et merci de continuer à être là. Je peux pas t’en vouloir et je t’en voudrais jamais. C’est qu’un minuscule mensonge en comparaison à toutes les merdes que je t’ai infligé depuis le début de l’année. Crois-moi, il en faudrait bien plus pour que je t’en veuille. » Après sa longue tirade, Alan se rapprocha pour l’embrasser une seconde fois, moins longuement, et vint se rasseoir normalement ensuite.

La question de Charlie fit s’écarquiller les yeux d’Alan très rapidement, jusqu’à ce que Charlie ne précise ce qu’il voulait dire. Le cœur d’Alan avait fait un bond dans sa poitrine lorsqu’il l’avait entendu, et s’il n’était pas resté, yeux grands ouverts et totalement fixé sur lui, il n’aurait pas entendu le reste. Trop emporté par les quelques mots. Se mettant tout à coup à rougir de manière incontrôlable, Alan eut bien du mal à articuler quelques mots « Oh. Je. Euh, oh, mh. Ouais ! Bien sûr ! » C’était devenu bien difficile de réfléchir et de mettre ses idées en ordre alors qu’il avait entendu la phrase idéale entre les lèvres de Charlie, peinant à avoir l’air calme et détendu par rapport à tout ça, il était devenu très maladroit et n’osait plus le regarder dans les yeux. « J’adorerai ! » s’écria-t-il en tournant la tête pour ne pas croiser son regard, parce que la brûlante sensation de ses joues qui rougissaient continuaient de le gêner. Une main appuyée contre sa bouche et son visage, pour masquer la teinte qu’avait pris son visage, Alan s’était mis à le regarder du coin de l’œil, sans oser tourner la tête et lui faire vraiment face. C’était devenu bien trop gênant tout à coup. « Ça fera comme avant, quand tout était calme. » repris-t-il en tournant brièvement la tête vers lui, ses joues toujours écarlates et brûlantes. Les yeux baissés et son corps recroquevillé contre lui-même, Alan était bien moins à l’aise qu’il n’en avait eu l’air plus tôt. Et dans ses mots, on décelait beaucoup de regret et de honte, parce qu’il était infiniment triste d’avoir tout gâché si rapidement et si violemment avec tout et tout le monde. Alan s’en voulait plus que tout et savait qu’on aurait bien du mal à le lui pardonner. Et puis, finalement, parce que ça lui venait surtout en tête aussi soudainement qu’il allait le mentionner, Alan se souvint de ces récentes publications sur les réseaux sociaux, où il semblait plus heureux que quand il était auprès de lui, où il avait l’air de s’amuser et de ne pas avoir le moindre problème ; sa grande mascarade de garçon populaire. « Dis… J’espère que tu m’en veux pas pour toutes ces conneries sur internet, hein. C’est juste que quand t’étais pas là, il fallait bien que j’essaie de me détendre et de trouver quelque chose à faire… Vu que j’ai plus beaucoup de potes de toute façon, j’ai dû me débrouiller avec ceux qui restaient. Ils savent que ça va pas, mais pas autant que toi tu le sais, donc leur remède c’est de faire la fête. Mais je t’assure qu’il s’est rien passé avec qui que ce soit. T’es le seul qui compte vraiment, au final. » Tout en parlant, Alan avait finalement arrêté de rougir, parce qu’il reprenait un peu plus confiance en lui, et en son amour passionnel pour Charlie, ainsi que dans la réciproque de celui-ci. Se faisant, il avait lentement tourné la tête pour de nouveau se retrouver en face de lui et le regarder, après quelques hésitations, une nouvelle fois dans les yeux.




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Mar 29 Sep - 2:40


Ce baiser me chavirait. Parce que malgré tout, je n’avais plus concrètement espéré ce genre de contact avec Alan. Je savais que nous étions irrémédiablement liés par une sorte d’amour difficile à définir et impossible à effacer ou à remplacer, mais j’avais fini par en arriver à la conclusion que ce n’était peut-être pas cet amour romantique et passionné dont j’avais eu envie si longtemps. C’était peut-être autre chose, une amitié amoureuse comme personne ne peut la comprendre si ce n’est que les principaux intéressés. Et encore, j’avais du mal à comprendre les sentiments qui m’habitaient toujours et qui s’animaient en moi au contact de ses lèvres. C’est pourquoi je me contente de fermer les yeux et d’apprécier la douceur du moment sans en quémander davantage. Je suis heureux, en un sens, de cette vague de tendresse qu’il m’offre. J’en oublie momentanément mon inquiétude à son sujet parce que dans l’instant, il me semble aller vraiment mieux et je peux presque y croire complètement. Je l’écoute, buvant une à une ses paroles, et je finis par me perdre un peu dans l’apaisement temporaire qu’elles m’offrent. Au dessus de la table, j’attrape doucement sa main sur laquelle la mienne se pose en une délicate caresse. Un nouveau baiser, une nouvelle vague et des frissons tout le long de l’échine. Ce ne devrait pas être légal de laisser quelqu’un vous faire ce genre d’effet, surtout quand on pense qu’Alan n’est toujours que mon meilleur ami. Je ne devrais pas embrasser mon meilleur ami ou le laisser m’embrasser, même si cela fait trop de bien. Je suis un peu confus, et un peu trop heureux à la fois de ce petit répit dans le tourbillon des émotions négatives et des doutes. Je suis reconnaissant de cette douceur. C’est inévitablement cette béatitude qui me pousse à lui faire l’invitation et à me plonger malgré moi à nouveau dans quelques espoirs de mieux. La réaction d’Alan me fait sourire, surtout que sa réponse est positive, mais je sens une ombre assombrir légèrement mon bonheur quand il parle de faire comme avant. Je me réprimande mentalement de penser à une sortie romantique alors qu’il semble comprendre la chose dans le sens de comme avant et donc, de comme nous le faisions quand nous étions amis. C’est aussi ce qui est le plus sage, alors c’est probablement mieux ainsi. Je suis totalement balancé entre mes rêves les plus fous au sujet de nous deux, lesquels Alan ne cesse jamais de nourrir sans pour autant me donner quoi que ce soit de tangible me permettant de croire que nous pourrions former un couple d’amoureux, et l’envie de me résigner enfin et pour de bon. Je ne veux pas tomber dans cette infernale attente, alors que je ne peux même pas profiter de notre amitié.

Je secoue la tête quand il parle d’internet. Je fais non, et pourtant je devrais lui dire que oui je lui en ai voulu. Je sais simplement que c’est tellement irrationnel que ça ne mérite pas vraiment d’être mentionné aussi directement. Je m’explique tout de même, parce que je sais qu’Alan sait lire en moi beaucoup plus facilement que la plupart des gens. Je n’ai jamais été très bon menteur ni n’aie cherché à le devenir au fond. Je m’en voudrais si j’étais ainsi, encore plus avec les gens auxquels je tiens le plus. « Je sais que ce que c’est, les jeux d’apparences… » je dis doucement, me voulant rassurant sur le sujet. Je ne peux pas prétendre tout savoir de la façon dont Alan a vécu ces mois d’été en mon absence, mais je me fais une idée assez claire de l’ambiance dans laquelle ces publications ont été faites. Je lui signifie donc que je comprends. « Ça m’a fait mal, c’est vrai... Mais j’ai eu quelques aventures aussi là-bas, c’est juste que je ne publie pas des photos... » Un petit rire, à la fois ironique et mal à l’aise.  Ce n’est pas vraiment un sujet pour faire de l’humour, c’est pourquoi même si le ton que j’emploie ne démontre pas clairement si je suis sérieux ou pas, je ne fais que lui dire la vérité un peu plus encore. Je ne sais pas pourquoi je pousse les aveux aussi loin que de lui dire ça, alors qu’il vient lui-même de me dire qu’il n’a pas eu ce genre d’aventures. Le fait est que moi, j’en ai eu. Pas une tonne, mais quelques-unes, pour passer le temps, pour me sentir mieux. Je suis assez facile à séduire quand on y pense, il suffit d’avoir les bons mots, le bon regard ou alors la bonne bouteille. Une part de moi, toute petite et dont j’ai honte, a envie que ça lui fasse mal autant que j’ai pu me sentir frustré de le voir picoler via ses photos sur réseaux sociaux. Sauf que je n’ai pas fait ça spécialement pour lui faire mal non plus. Je me sens un peu stupide pour le coup, de ne plus savoir pourquoi je lui dis ce que je lui dis. J’ai initié quelque chose en quittant Los Angeles et en créant un peu de distance entre nous. En allant même tenter de retrouver le plaisir de partager mes draps avec quelqu’un, pour éviter que le souvenir de notre unique nuit ensemble -laquelle il a oublié- ne soit ma dernière fois, une sorte de barrière à la possibilité de continuer à avancer et à espérer mieux.

Je le regarde doucement alors, songeant que je ne pourrai pas faire ça éternellement. Espérer, y croire, être déçu, en colère, m’éloigner, me sentir coupable, revenir, tourner le dos à nouveau… « Tu sais, Alan… Je ne pourrai pas. Je ne sais même plus si j’ai encore envie qu’on soit plus que des amis et j’ai travaillé fort pour me convaincre que je pourrais n’être que ton ami, mais je sais une chose. Cet entre-deux, je n’pourrai pas. » Sincère. Aussi bien l’être, mais je ne suis pas sec. Je lui souris même un peu, juste un peu tristement. J'ai tout, sauf envie de lui mettre une pression supplémentaire sur les épaules, mais je sais aussi que je ne vais pas faire semblant de pouvoir supporter son indécision sur la question. Je ne veux pas avoir cette sensation d'être aimé à moitié, à temps partiel ou alors quand quelqu'un d'autre, de mieux, n'est pas dans les parages. « Ça veut juste dire… Que si tu veux que je sois ton pote, il faut que tu cesses de m’embrasser. » Et je prends conscience de ma main sur la sienne, qui ne l’a pas quittée une seconde depuis cet instant plus tôt où je l’ai trouvée. Je la retire doucement, non pas comme une menace de m’éloigner ou ce genre de choses, mais parce qu’il me faut bien être cohérent avec ce que je lui dis. Je suis calme, loin de la catastrophe émotive que j’ai pu être il y a quelques semaines en ce qui le concerne, mais je suis toujours aussi… confus au travers de tous ces sentiments.


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Mar 29 Sep - 22:53


Alan & Charlie // Like two mangled crowns.


Le contact avec ses lèvres lui parut durer une éternité et Alan s’y sentait si bien. Il y avait comme l’étrange sensation que plus rien d’autre n’avait d’importance autour d’eux alors qu’il l’embrassait et l’embrassait une seconde fois ensuite, après quelques mots, un sourire et un silence léger. Il n’y avait plus aucun embarras tenu secret qui les encerclait, du moins, c’est ce qu’Alan ressentait, il se sentait mieux, plus calme, plus détendu. Serein et apaisé. L’avoir contre lui, ça lui avait manqué. Après tant de temps passer sans lui, et ces quelques moments partagés qui n’étaient plus comme au départ, qui étaient moins proches, moins rassurants. Plus anxieux et difficile à supporter, comme s’il fallait survivre la présence pleine de noirceur d’Alan. Comme s’il y avait un terrible spectre qui planait au-dessus d’eux et n’attendait que le moment opportun pour tout ruiner ; et dans un sens, c’était loin d’être faux. Après tout, Alan avait bien tout ruiné de son amitié avec Charlie depuis un long moment, mais le coup de grâce avait été de tomber amoureux de lui et de ne jamais vouloir se l’admettre, alors, il s’était complût dans leur relation de proximité si étrange et si unique. Relation qu’il aurait tant voulu raviver pendant l’été, pour peut-être, espérer en gagner quelque chose, un sentiment de satisfaction peut-être, sans doute de la reconnaissance, pour se sentir apprécié à n’en point douter ; quelque chose en tout cas. Il tenait à lui, tant qu’il s’était haït d’avoir oublié leur nuit partagée, et qu’il s’était répété des heures durant que c’était à ce moment-là que tout était tombé en ruines, que le peu qu’il y avait encore entre eux n’existait déjà plus. À cause de lui, à cause de l’héroïne, à cause de ses idioties et de son égoïsme. Il s’était haït pendant des heures, et des jours entiers, à se répéter qu’il avait tout gâché, à s’étrangler pour ne plus pleurer, à se recroqueviller contre lui-même pour chercher le silence et la sérénité. Et finalement, c’était venu tout à coup. De soi-même. Sans qu’il ne recherche quoi que ce soit. Il s’était souvenu du premier regard qu’il avait posé sur lui, des années plus tôt maintenant – en 2012. Et la première chose qu’il avait ressentie en le regardant avait été une attirance infinie, aussi intense qu’elle l’avait été lorsque ses yeux s’étaient posés la première fois dans ceux d’Alex. Et parce qu’il n’avait jamais voulu l’admettre, il avait enterré ça dans ses pensées et ne l’avait jamais réfléchit plus que ça. Du moins pas consciemment, parce que leur amitié fut construite autour de ça, sans qu’il ne s’en rende compte, mais tout de même.

Ses yeux glissant jusque sa main prise dans celle de Charlie, Alan rougissait, parce qu’il avait tant oublié la douceur de sa peau contre la sienne, elle lui avait tant manquée qu’il ne se souvenait plus de ce que ça faisait de lui tenir la main, alors qu’ils n’avaient presque jamais arrêtés depuis qu’ils s’étaient liés, un sourire se dessinant lentement et tendrement sur son visage quand il aperçoit son visage remuer et lui affirmer qu’il ne lui en veut pas pour ces vaines idioties d’internet, de garçon soit disant populaire. Son regard bleu se redressant sur Charlie qui lui parle doucement et dit comprendre, et il a raison, les apparences sont importantes. Même si Alan était assez détaché de sa propre vie depuis un moment, il avait recommencé à y prendre part en tant qu’acteur et plus en tant que spectateur grâce à ses nouvelles amies qu’il avait rencontré pendant l’été, et avec lesquelles il se sentait tout aussi proche et tout aussi fortement attaché à Charlie après toutes ces années qu’il ne l’était avec elles. Et grâce à elles, il avait tenu l’été à l’attendre, à espérer sans arrêt son retour, à le revoir, le reprendre dans ses bras et sentir sa présence à côté de lui. Et maintenant qu’il était là, Alan pouvait savourer et apprécier de le regarder, de sentir sa main dans la sienne et de presque frissonner en sentant sa tendresse contre celle-ci. Charlie avait repris la parole, achevant sa phrase dans un rire plein de sarcasme ; Alan aurait pu mal le prendre, mais il savait qu’il le méritait. Il savait qu’il avait raison d’en avoir eu assez d’être bloqué dans cette position inconfortable, et il était même heureux de savoir qu’il s’était amusé de son côté. Se mettant à sourire et à rire timidement après son pic sarcastique, Alan baissa un instant les yeux, hochant la tête dans une petite moue de sa bouche, d’un air de dire « T’as bien fait » ou « J’le mérite, bravo. » tout à fait sincère, il redressa la tête pour le regarder et ajouter « Tant mieux pour toi. T’as bien fait. » Il n’y avait aucune rancune et aucune frustration dans son ton, il était sincèrement et véritablement content de savoir qu’il avait pu trouver son bonheur et un peu plus oublier toutes ces saloperies qui tournaient autour d’eux depuis si longtemps. Et sans doute aussi pour se nettoyer la tête des souvenirs de la nuit qu’il avait passé avec lui, que le malheureux avait oublié en se réveillant à cause de la drogue et de l’alcool. Alan, lui, s’était accroché au peu de choses dont il se souvenait. Ces caresses vagabondes, ces gestes diffus et incompréhensibles, la chaleur et la sueur. Il se souvenait d’images, mais pas suffisamment pour revivre la scène dans son entier. Pourtant, suffisamment pour vouloir y croire, croire qu’il l’aimait vraiment, et que l’amour de Charlie était tout aussi intense et concret que le sien l’avait été pour Alex, et l’était encore pour Charlie malgré tout ce qu’il essayait de masquer.

Mais il le réalisait enfin, il l’aimait. Il l’aimait vraiment. Bien plus que Sawyer, bien plus qu’Alex peut-être même ; c’était là depuis le début, et il ne s’en était jamais aperçu. Mais c’était là. Toutes les éloges de lui qu’il faisait quand il parlait de lui à Chloe et Astrid, toutes les choses qu’il ressentait lorsqu’ils étaient là, en face l’un de l’autre, à ne rien faire d’autre que discuter et se tenir la main ; toutes les effusions de sensations qui lui brûlaient la gorge et remuait son estomac quand il l’avait embrassé, tant animé qu’il avait voulu l’embrasser une seconde fois. Toutes les fois où il avait rêvé d’un peu plus, toutes les fois où lui et Charlie s’étaient serrés l’un contre l’autre pour simplement profiter de leur présence l’un à l’autre, pour se réchauffer, se réconforter, ou simplement parce qu’ils en avaient eu envie. Tout était là et tout se mettait en forme devant lui, maintenant. Comme si tout le reste de son environnement s’effaçait, il ne voyait plus que Charlie, qui le regardait et reprit la parole. Son sourire illuminant son visage malgré les choses qu’il vient de lui dire, malgré le doute qui semble s’immiscer dans le cœur d’Alan en l’entendant dire qu’il ne pourrait pas, qu’il n’était plus sûr de vouloir être plus qu’un ami avec lui. «… Si tu veux que je sois ton pote, il faut que tu cesses de m’embrasser. » les sons se répètent dans son crâne, sa voix flotte autour de lui, comme un écho distant, comme s’il n’y avait plus rien d’autre qu’eux dans l’univers, et les yeux d’Alan fixés dans son regard se baissent sur leurs mains qui se séparent lentement. Comme un adieu, mais il ne veut pas qu’il s’en aille, il ne veut pas le perdre. Approchant doucement sa main de celle qui s’en va, il lui prend le poignet et enlace ses doigts autour, redressant la tête, le visage rougi et les sourcils baissés, comme s’il allait l’implorer. Son autre main rejoint la sienne et celle de Charlie, ses doigts caressent avec timidité, inquiétude et terreur sa peau douce. Il hésite, bégaie quelques mots, baisse les yeux. Puis lui lâche le poignet. Se relevant pour l’approcher, il s’assied sur le tabouret à sa droite, ses mains glissent sur la cuisse de Charlie, et baissant la tête à nouveau, il regarde ses mains et sa jambe. Son visage se redresse enfin après un silence insoutenable, il a les yeux humides mais ne pleure pourtant pas, on distingue un sourire, et osant enfin parler, il répond d’un ton terriblement amoureux, « Alors ne sois pas mon pote, s’il te plaît… ses mains quittèrent sa cuisse et l’une d’elle se posa sur la joue de Charlie, son pouce lui caressant tendrement le visage, S’il te plaît. Ne soyons plus amis… Il se mit à sourire difficilement, son visage illuminé par les émotions, ses cernes avaient presque l’air d’avoir disparues autant que son teint blanchâtre, et Alan semblait reprendre vie. Je t’aime, Charlie. »




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Jeu 8 Oct - 2:35


C’est un soulagement qu’il me pardonne. Je sais aussi que j’avais tous les droits de faire ce qui me plaisait, mais je suis le mieux placé pour savoir les motifs qui m’y ont poussé. Je n’ai pas voulu me venger d’Alan, mais j’ai voulu si fort m’imprégner d’autres que lui pour tenter d’oublier.  Il n’y a pas une nuit passée avec un autre que lui qui ne m’a pas arraché des pensées à son égard, et de là vient ma culpabilité. Ses paroles me soulagent donc d’un poids, d’une colère que je porte à mon propre encontre. Je ne peux m’empêcher de lui sourire légèrement, c’est sans doute un peu puéril. Je réalise que son jugement m’importe tellement. Beaucoup de gens diraient de moi que je me fous du regard du monde entier, mais le sien compte. Il comptera toujours.  Je n’aurais pas voulu qu’il me regarde avec mépris ou qu’il m’accuse d’avoir voulu le blesser. J’ai déjà suffisamment de mal à me pardonner à moi-même ce qui s’est passé entre nous et ce qu’il a oublié. Malgré tout ce qu’il a pu me dire à ce sujet, je m’en veux de ne pas avoir été assez mature et bienveillant pour simplement le laisser dormir dans mon lit. Je chasse cette pensée de ma tête avec force, mais il y a ça avec les émotions… Elles ont tendance à toujours revenir à la charge. J’arrive à contrôler ma tête, mais ça ne m’empêche pas de me sentir mal. D’ailleurs d’une autre part, j’aurais peut-être même préféré qu’il soit en colère contre moi. Ça aurait fait mal, mais cela m’aurait aussi fait du bien de savoir que l’idée que je couche avec d’autres lui est intolérable. J’ai beau lui témoigner la meilleure volonté du monde, je n’arrive pas à être l’ami désintéressé de ces choses. Je me tape des petites crises de jalousie seul derrière mon écran quand il poste des photos avec d’autres mecs sur son compte instagram, c’est pour dire. La seule évocation du nom de Sawyer est suffisante pour me faire bouillir. Le sourire que j’arbore est donc un peu figé tandis que je me perds dans mes pensées malgré la discipline que j’essaie très fort d’instaurer parmi celles-ci. Quand il y a un tel tourbillon dans ma tête, je ne peux plus en vouloir à Alan d’agir parfois de façon un peu confuse lui-même. Je sais combien la vie est une pute avec lui, particulièrement ces derniers mois, voire toutes ces dernières année.

Je suis plutôt fier de moi d’être arrivé à lui exposer mon point sans que cela ne tourne au vinaigre. Je suis satisfait de ne pas lui avoir fait de menaces, de ne pas m’être montré trop acide. Je lui dis seulement la vérité, parce que je n’ai pas le choix de me protéger pour continuer à être à ses côtés. Je ne le pourrais pas s’il fallait que j’en souffre à tous les coups, comme ça a été le cas ces derniers temps, avant que je ne parte pour l’été me changer les idées comme je l’ai pu. J’essaie de me montrer paisible et rassurant, car je crois que c’est mon rôle. Cela adoucira les paroles et les gestes. Je suis pourtant le premier surpris lorsque sa main rattrape la mienne, et cela me force à un silence interdit. J’ai envie de protester d’abord, de lui dire qu’il ne doit pas rendre les choses plus difficiles qu’elles ne le sont même si je sais combien c’est difficile, oui. Je ne dis rien pourtant, l’écoutant même si je ne saisis pas les premiers mots qui franchissent le cap de ses lèvres. Je me fais patient, et j’évite d’être brusque c’est pourquoi je ne le force pas à relâcher l’étreinte de sa main sur mon poignet. Je me contente de baisser les yeux, de lui laisser le temps. Je ne mets pas en doute sa sincérité, je sais qu’il est difficile de rompre cette facilité dans le contact que nous avons entretenu tout ce temps tous les deux. Tout est tellement naturel entre nous… Je le regarde se lever, venir s’installer à mes côtés. Même si j’ai tendance à éviter de le regarder plus de quelques secondes dans les yeux ces derniers temps, je ne peux m’empêcher de le fixer tendrement. Je n’oppose pas de résistance quand sa main glisse sur moi doucement, j’ai même un vague sourire triste. Reflet du sien, je suppose. Les mots me fouettent toutefois. Je ne suis pas certain de bien comprendre ce qu’il veut dire, alors je fronce un peu les sourcils. Les phrases sortent comme des coups de poings. Comprenez bien, des coups de poings agréables, mais tellement inattendus que j’ai l’impression de perdre mes moyens. Je ne suis pas sur d’avoir bien compris, mais son expression appuie incontestablement ce que j’ai entendu. J’ai passé tellement de temps à espérer ces mots qu’ils me sont surréels, comme toute cette situation.

Je veux dire quelque chose, mais je ne peux pas. Il me faut de longues secondes pour reprendre mes esprits, mais ma main glisse dans la sienne à nouveau. Je ne veux pas m’emballer, je dicte fortement à ma tête de m’aider à me contrôler. « Tu en es… certain ? » Je réalise après coup que la question est stupide, surtout que je n’ai aucune envie que la réponse soit autre chose que oui. Imaginez la catastrophe si j’amenais Alan à douter de ce qu’il vient de me dire. Je n’attends donc pas vraiment sa réponse, de toute façon la question est plutôt rhétorique. Je le regarde, comme ébloui. Peut-être que je devrais lui répondre à cet instant, lui rappeler quels sont mes sentiments à son égard depuis si longtemps. Je n’en fais pourtant rien, il le sait. Mon sourire le traduit sans mal, l’étincelle qui s’illumine aussitôt dans mes yeux, mon cœur qui s’affole. Le temps qui s’arrête à chaque seconde puis cavale pour rattraper un retard inexistant. Je me sens déboussolé et plus bêtement que jamais heureux. « Je ne partagerai pas… » Une condition. Un ordre, une demande, une supplique peut-être. Je l’attire à moi sans pouvoir me contenir, caressant son visage du bout des doigts. Me voilà à nouveau fasciné par lui, conquis. « … avec personne. » Je fais ses lèvres miennes, dans un mouvement qui se veut peut-être un peu trop possessifs. Je ne sais même pas si j’en ai vraiment le droit. Mais voilà que j’ai à portée ce que j’ai toujours espéré.


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