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ft Zoey ɤ I miss you. I miss us...
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Ven 24 Juil - 16:15

   
Zoey & Saoirse
   
   
Nous ne sommes que les acteurs de nos vies, faisant face a un réalisateur tyrannique.
   
Elle n'était pas rentrée... Zoey ne rentrait jamais après moi. Du moins quasiment jamais et quand elle le faisait, elle prévenait toujours... Même maintenant, même alors que notre couple battait sérieusement de l'aile, elle prévenait toujours. Un simple message disant qu'elle restait à l'hôpital pour la nuit, parfois même pour dire juste qu'elle y était encore et ne savait pas si elle rentrerait... mais elle ne disparaissait jamais comme ça, sans prévenir. Surtout pas deux soirs de suite. Ça c'était moi. Parce que c'était moi qui avais quitté le lit conjugal et moi qui fuyais la maison et cette « famille » dans laquelle j'avais de plus en plus le sentiment d'être une étrangère. Étrangère pour ma femme... Pour mon fils ? Les mots prononcés par Zoey dans un moment de colère m'avait fait mal, le fait que ce soit une de nos premières disputes faisaient mal aussi. Les circonstances ne se prêtaient vraiment pas à ce genre de première. Ou peut-être qu'elle s'y prêtait, justement... Plus de 50% des ménages tombaient en miettes après un tel événement, disaient les statistiques. J'avais juste espéré qu'on soit dans l'autre tranche. Celles où le couple est plus fort que jamais, soudé dans l'adversité. Cette dispute présageait malheureusement tout l'inverse.

Oh tout n'était pas toujours rose, bien sûr. On se chamaillait parfois, comme tous les couples. Mais c'était pour des broutilles. Parce que je n'avais pas sorti la poubelle ou parce que je me moquais avec Matty du fait qu'à son âge, elle soit toujours aussi adepte des films Disney qu'une enfant de cinq ans. Ça n'était jamais sur l'éducation de notre fils, ni sur le fait de savoir si j'étais ou non sa mère. J'avais définitivement intégré la vie de Matthew alors qu'il n'avait même pas cinq ans. Il m'avait toujours considéré comme sa mère au même titre que Zoey, sans jamais que cela ne lui semble pas une évidence. Les couples lesbiens ne faisaient pas l'unanimité, ni dans notre quartier, ni dans nos boulots respectifs. L'homoparentalité coulait encore moins de source, même parmi les gens acceptant l'homosexualité. L'école n'était pas non plus l'endroit le plus tranquille au monde pour un enfant ayant deux mamans. Mais tout avait toujours fini par couler parce qu'envers et contre tout, nous étions deux. Nous étions deux à chaque étape de nos vies. Nous avions été ensemble pour trouver notre maison, ensemble pour inscrire Matthew à l'école, pour les réunions, pour les convocations. Nous avions toujours fait front de tout ensemble, main dans la main, comme un couple hétéro. Peut-être même plus encore que comme un couple hétéro. Parce que même si pour nous notre histoire coulait de source, ça n'était clairement pas une évidence pour tout le monde et qu'il nous avait toujours fallu prouver que nous étions dignes de notre place. Que nous formions un couple soudé, que nous étions deux mères à part entière.

Que ce soit Zoey elle-même qui mette en doute cet état de fait avait été d'une violence rare. Une violence dont je ne la pensais même pas capable. Elle, ma petite femme aux robes à fleurs, bottines de moto et potager dans le jardin. Ma petite hippie en herbe...

Et le fait qu'elle ne rentre pas deux soirs de suite m'agaçait prodigieusement. M'inquiétait, même... Elle n'était pas portée disparue, je l'avais aperçu dans la journée à l'hôpital. Mais elle ne rentrait pas et je me retrouvais à être la femme attendant plus ou moins sagement à la maison en se demandant où elle avait bien pu passer. D'un côté, si j'étais honnête, je pouvais dire que c'était bien fait pour moi. N'était-ce pas, après tout, ce que j'avais moi-même fait depuis des semaines ? N'était-ce pas qu'un juste retour des choses que je me retrouve à la place de ma femme pour comprendre combien elle avait pu s'inquiéter toutes ces nuits où j'avais découché sans prévenir ? Sauf que je n'avais aucunement l'habitude de tenir cette place et que je la détestais définitivement plus que tout au monde. Parce que j'étais celle des deux qui supportait le moins l'inconnue et la perte de contrôle. J'avais vécu une bonne partie sans avoir le contrôle de rien, de mon corps et de ma mémoire en tout premier lieu. Depuis que j'étais clean et sobre, perdre le contrôle m'effrayait plus que tout. Parce que perdre le contrôle signifiait ne plus être capable de se retrouver devant ce foutu verre et ne pas craquer pour l'avaler. Parce que perdre le contrôle m'avait conduit dans le lit d'un homme et dans le conflit plus ou moins ouvert avec la femme de ma vie.

Alors, assise-là, dans le canapé du salon, je zappais inlassablement, sans même me préoccuper des images et des sons qui me parvenaient, sans savoir quoi regarder pour m'occuper, quoi faire pour ne pas penser avec inquiétude au fait que ma femme n'était pas rentrée et qu'il était pratiquement trois heures du matin... Ou peut-être plus, je ne savais même plus.

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Dim 26 Juil - 14:33
Hurt & love



Les heures passent sans que tu ne ressentes cet apaisement que tu convoites, cet ailleurs inaccessible. Tu l'avais cherché, toi aussi et pour une fois sans en avertir ta femme. T'en aller, ne pas prévenir, ne pas rentrer. Disparaître, le temps d'une nuit ou deux. Devenir invisible et espérer rencontrer le destin au coin d'une rue ... Qu'il te trouve là, avec ta mine déconfite et tes yeux gonflés d'avoir trop pleuré. Qu'il te prenne en pitié et qu'enfin il t'accorde à toi, Saoirse et Matty, un peu de clémence ... Tu avais espéré, bêtement, comme il t'arrivait encore souvent de le faire. Une vieille habitude de gamine optimiste qui te collait à la peau mais qui n'avait de cesse de te décevoir depuis bientôt 6 mois. Peut-être même plus ... mais avant il y avait Saoirse. Et maintenant ... maintenant tout te semblait brisé.

Dans cette chambre d'hôtel, allongée sur le lit, tu regardes et fixes le plafond fraîchement repeint. Tu te laisses bercer par le trottinement des aiguilles de l'horloge sans pour autant que cela ne t'aide à trouver le sommeil. Non, rien n'y fait. Tu aurais finalement peut-être du te rendre chez Gabrielle comme tu avais hésité à le faire. Après tout, elle avait toujours représenté pour toi, cette figure maternelle ici à LA et ce depuis ta décision de rester vivre aux USA à tes 17 ans ... Gabrielle portait bien son nom : ton ange gardien. A toi et ta petite famille d'ailleurs. Matty l'appelait Granny Gaby et Saoirse se tournait finalement souvent vers votre aînée pour sa sagesse de vie et ces conseils qu'elle pouvait avoir te concernant. Seulement voilà, Gabrielle était trop impliquée, elle aussi, et tu avais besoin de détachement. Une impossible requête, un but inaccessible et cela tu t'en rendais rudement compte. Tu avais tenté la longue balade sur la plage mais le monde t'avais dérangé. Tu avais été boire quelques verres au petit bar de l'hotel mais tu t'étais faite accostée par un lourd dragueur; et enfin, tu avais même allumé et tiré quelques coups sur un joint pour tenter de mettre ton cerveau en veille. Voilà bien quelque chose que tu n'avais plus fait depuis une éternité, l'adolescence peut-être même; ou du moins pas depuis que tu étais avec Saoirse ... Et les raisons te semblaient évidentes. Ce geste peu réfléchit et stupide ne t'avais de toute façon rien apporté.

Tu te redresses alors prenant conscience de ta pauvre condition. Il n'y a rien à aller chercher ailleurs. Rien à fuir qui ne ferait, de toute façon, que te suivre. Alors tu attrapes tes clés et ton téléphone, les seuls objets personnels amenés avec toi et tu quittes les lieux. La nuit bat son plein. Près de trois heures, peut-être même presque quatre. Alors que tu le presses de t'encaisser pour ces deux nuits, le concierge de l'accueil s'enquit aussitôt : Tout va bien Madame ? Votre séjour laisse-t-il à désirer d'une manière ou d'une autre. Votre check-out n'était pas attendu avant 11h30 ce matin, Puis-je peut-être vous ... Tu secoues la tête par la négative, lui tend ta carte de crédit et le coupe tout aussi sec : " Je n'ai rien à vous reprocher, rassurez-vous. Je ... je dois juste rentrer chez moi. Oui ... chez moi. " Une étrange évidence dont tu savais l'issue incertaine. Mais il n'y avait nul part d'autre où aller. Tu te refusais de jouer ce petit jeu auquel Saoirse s'adonnait. Refusais de laisser une chose de plus t'échapper.

Ton véhicule gronde dans la nuit. Tu dépasses clairement les limitations de vitesse. Tu as toujours eu ce soucis, mais de nuit plus encore. Tu ne lâches l'accélérateur qu'à l'entrée de ton quartier. Le gravier crisse légèrement sous tes pneus dans l'allée de garage. Tu fermes ta portière avec délicatesse et pénètres dans ta maison comme si tu t'apprêtais à retrouver Matty à moitié endormi dans sa chambre avec son ordinateur portable encore allumé près de son lit, et Saoirse faisant semblant de ne pas t'attendre alors que tu savais qu'elle ne pouvait fermer l'oeil les jours où tu rentrais tard ... Une vieille habitude de femme et maman concernée. Ne pas les réveiller, ne pas les déranger ... Faire tout doucement, tout simplement. Et ce, même si aujourd'hui, tu as plus l'habitude de te confronter à la solitude d'une maison vide.

Ainsi, qu'elle ne fut pas ta surprise d'entrer dans un salon illuminé et surtout, un salon plein de la présence de Saoirse. Tu ne t'y attendais pas vraiment et un certain étonnement de ta personne doit probablement se lire sur ton visage. La voir là, dans le sofa, devant la télévision dont elle n'a de cesse de changer les chaînes est autant de douceur que de peine à ton coeur. Ton premier instinct et ta première envie n'est autre que de foncer sur elle, la prendre dans tes bras et venir caller ton visage dans le creux de son cou. Parce que tu en avais terriblement besoin, que vous en aviez terriblement besoin et qu'elle te manquait affreusement. Pourtant, tu ne bouges pas. Comme immobilisée par le soudain souvenir de votre dernière discution. Cette dispute horrible et ces mots que tu avais osé prononcer. Tu sens ton ventre se retourner. Tu devais rompre le silence, vous deviez parler.

Tu finis par enfin avancer. Tu déposes tes clés et ton portable sur la table basse. Tu te penches juste assez pour attraper doucement la main de Saoirse et lui retirer la télécommande des doigts. Tu éteins la télévision et de dos prononce simplement : " Tu vas te bousiller les yeux si tu continues ... "

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Mer 29 Juil - 21:34

   
Zoey & Saoirse
   
   
Nous ne sommes que les acteurs de nos vies, faisant face a un réalisateur tyrannique.
   
Elle rentra enfin, si tard qu'il était presque le matin et ça faisait mal de savoir que je ne pouvais même pas le lui reprocher. Pas après le nombre de fois où j'avais découché sans un mot, sans une excuse et sans revenir de la journée, voir de deux ou trois jours. A peine une rencontre fortuite ou deux à l'hôpital, à l'orée de la chambre de Matthy. Ça aussi, ça faisait mal. Imposer à Matthew de voir ses mères perdre le contrôle de leur vie, le fil de leur amour, parce que leur fils sombrait peu à peu dans un coma que les médecins craignaient de plus en plus sans retour. En avait-il conscience ? Les médecins disaient qu'ils n'en savaient rien, que personne ne pouvait le dire. Pourtant, les infirmières avaient l'air convaincu des effets des présences et des mots. Elles n'affirmaient jamais rien, mais parlait de leurs propres croyances, de leurs convictions, de la nécessité d'y croire pour qu'au pire, les mots dits et les attitudes ne traumatisent pas le patient. Je détestais les entendre parler de mon fils comme d'un patient. Au moins autant que je détestais celles qui parlaient de Matthy avec un peu trop de compassion, de maternage. Matthew avait déjà deux mères. C'était à Zoey et moi d'avoir ce rôle, pas à une fille ou une autre, payée pour lui faire des soins. En vouloir à la Terre entière tout en sachant que c'était une colère injuste envers le monde, autant qu'envers les gens. Ça aussi ça faisait mal.

Je m'obligeais à ne pas bondir sur mes pieds lorsque j'entendis les pneus de la voiture de Zoey crisser sur l'asphalte. Quand elle ouvrit la porte. Les yeux rivés sur la télévision, je continuais mon zapping intempestif et inutile, prétextant que cela n'avait pas d'importance, que je n'avais pas réussi à trouver le sommeil pour une toute autre raison que son absence trop sensible dans cette maison qui avait toujours plus sentit comme elle, que comme moi. J'avais aimé cette maison à la seconde où nous l'avions visité parce qu'elle était exactement elle. Avec son petit jardin, ses murs jamais vraiment droits, jamais vraiment égaux. Tout dans cette maison était unique et avait ce goût d'elle, la femme qui avait complètement chamboulé ma vie et m'avait donné une raison de vivre et de me battre pour survivre, malgré mon rein foutu et mes addictions toujours trop tentatrices. Je n'avais plus ressentit le besoin de me piquer ou de sniffer en douze ans parce qu'elle avait été une drogue bien plus attrayante, je n'avais plus touché une goutte d'alcool parce qu'elle était la seule chose dont je voulais m'enivrer. Et je découvrais aujourd'hui que le pire des manques n'était ni celui de la drogue, ni celui de l'alcool, mais bel et bien le manque d'elle, de son corps, de ses courbes sous mes doigts, de sa peau chauffée contre la mienne, de ses baisers... Que n'aurais-je pas donné pour lui sauter dessus, pour la serrer dans mes bras, l'emmener dans notre chambre et lui faire l'amour jusqu'à l'oublie. Que n'aurais-je pas donné pour me sentir en droit de mes mains et ma bouche sur ses petits seins crémeux... Ça aussi, ça faisait mal : ne même plus se sentir le droit de faire l'amour à sa propre femme...

Elle frôla ma main, juste assez pour pouvoir m'arracher la télécommande des mains, éteignit la télévision et me tourna ostensiblement le dos en me disant que j'allais me bousiller les yeux à trop regarder cet écran. Je haussais les épaules, ne bougeant pas vraiment pour l'instant, me contentant de garder une certaine contenance alors que j'avais juste envie de m'écrouler, de supplier l'univers de me rendre ma vie et ma famille et de me jeter dans les bras de ma femme... « Il paraît que les lunettes c'est assez sexy. »

Je poussais un soupir avant de me lever finalement, m'approchant assez d'elle pour pouvoir attraper sa main. « Zoey... », soupirais-je, sentant tout mon corps se chauffer de ce simple contact, de ma paume à la pointe de mes orteils. N'était-ce pas là un comble, de sentir la chaleur de la paume de sa femme dans la sienne et de voir son corps réagir comme si c'était un contact extraordinaire, qui ne tenait pas du quotidien ? « Il est grand temps qu'on parle, non ? », demandais-je, n'ayant que trop conscience qu'en vérité, il n'y avait aucune demande à avoir. Il fallait qu'on parle. Nous n'avions pas le choix. Il fallait qu'on règle ça maintenant. Je découchais, elle découchait, notre fils était dans une chambre d'hôpital et pas dans sa chambre... Sois nous nous sauvions et nous sauvions notre famille soit... On ne pouvait pas continuer à n'être que deux étrangères partageant une douche et une armoire. Je m'y refusais. Au moins autant que je refusais à l'idée même d'envisager une potentielle séparation si rien ne se réglait. Non, nous allions régler ça et nous allions trouver une solution. S'il y avait bien une chose que je refusais, c'était de la perdre elle aussi. Je l'aimais trop pour accepter ça.

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Sam 15 Aoû - 16:48
Hurt & love



« Il paraît que les lunettes c'est assez sexy. » Sa voix résonne dans ton dos. Tu aimerais sourire car tu sais que tu l'aurais fait en n'importe quelle autre circonstance. Tu l'imagines prononcer la phrase avec son petit air taquin et charmeur. Le même que pouvait avoir un enfant qui fait des bêtises et tente de s'en sortir par le charme ... D'ailleurs tu avais bien été gâtée de ce côté là avec Matthew et Saoirses. Ils avaient toujours eu le don de te faire craquer. Alors oui, tu aimerais vraiment sourire ... mais ça ne vient pas. A vrai dire, tu ne sais pas quoi répondre ni comment réagir. Tu as peur de ce que ta bouche pourrait encore lâcher de déplacé, de douloureux. Tu as peur de récupérer cette communication qui vous échappe, effrayée d'entendre ce que Saoirse aurait à te dire, à te reprocher. Peur qu'elle craque, qu'elle te laisse, seule, officiellement. Peur des répercussions.

Tu restes de dos, ôte ta veste, tes bottines et libère tes longs cheveux de leur emprise élastique. Tu perçois également un léger soupire de Saoirse et prends alors toute conscience de ton silence et de cette impolitesse dont tu pourrais donner l'image. Tu déglutis, difficilement, lorsque soudain Saoirse elle là, toute proche, décidant de combler le fossé entre vous. Elle attrape ta main. Son geste est lent, d'une infinie délicatesse comme teinté d'angoisse à l'idée que cela ne provoque une catastrophe. Tu peux le sentir. « Zoey... » Un murmure à peine, une intonation. Et puis cette main qui tient la tienne; tu n'as pu te résoudre à te défaire de son étreinte. Ton corps entier semble frémir à ce simple contact traduisant l'immensité du manque d'elle et du manque de toucher que tu pouvais éprouver. Tu te laisses alors guider, prudente et finis par te retourner pour faire face à Saoirse dont le regard intense traverse le tien non sans émotion. « Il est grand temps qu'on parle, non ? ». Silence, à nouveau. Quelques secondes à peine mais qui te semblent une éternité. Tu finis par inspirer profondément cherchant dans une bouffée d'oxygène, tout le courage qu'il te faudrait pour affronter le reste de la nuit. Ok ... Ta tête hoche légèrement positivement alors que ton regard déjà a fuit pour ne pas subir le poids de celui de ta femme dans lequel il te semble pouvoir lire peine et reproches.

Tu sais qu'en toute logique, tu devrais être la première à parler. La première à briser la glace et ce parce que tu avais des excuses à présenter. Mais l'idée de prononcer ces mots te renvoyait au fait même et à la dure réalité de ce que tu avais craché au visage de Saoirse à l'hopital, rendant la mission presque impossible. Tu paniques, fait marche arrière. Quelques pas te permettant, à regret, d'échapper à la main de Saoirse sur la tienne. Tu feins le besoin de te procurer quelconque aliments dans la cuisine. Tu ouvres et refermes les armoires à tour de rôle presque comme si tu ne savais plus ce qu'elles contenaient. Tu t'attardes alors sur le frigo que tu n'as jamais trouvé aussi vide en qu'en cette nuit. Et bien que tu saches l'impossibilité de telle idée, tu te trouves étrangement à souhaiter trouver une bouteille de vin non existante. Jamais l'alcool ne t'avait vraiment manqué dans cette maison. Tu savais faire sans et le bien-être de Saoirse était le seul breuvage digne d'apaiser ta soif au quotidien. Alors non, il n'y avait pas de vin. Tu refermes le frigo, secoues la tête. Parce que tu te trouves ridicule et pathétique. Alors tu reviens auprès de Saoirse qui n'a pas bougé d'un pouce. Elle t'attend, comme si elle-même savait que de toute façon tu allais revenir. C'était même certain, elle te connaissait par coeur ...

Tu viens t'asseoir du bout des fesses sur le sofa, te passes une main dans les cheveux nerveusement et te mordille la lèvre inférieure sans même t'en rendre compte. Je t'écoute Ton regard balaye le sol. Non, décidément, tu n'arrives pas à t'excuser ... pas encore.

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Mar 25 Aoû - 20:33

   
Zoey & Saoirse
   
   
Nous ne sommes que les acteurs de nos vies, faisant face a un réalisateur tyrannique.
   
Je détestais cette situation. Nos silences, nos non-dits, nos absences. Je détestais n'être qu'une étrangère dans la vie de ma propre femme, n'avoir qu'une étrangère dans ma vie. J'avais trop subi, trop traversé en son nom pour accepter ce statut quo d'immobilité. J'avais trop lutté contre mes démons avec son sourire, son regard et son amour pour m'accompagner, pour accepter que notre histoire se meurt sans rien y faire.

Sauf que je ne savais pas comment avancer vers elle. J'avais peur de dire les mauvais mots, de faire les mauvais gestes, de déclencher sa fureur ou ses reproches plus ou moins fondés. J'avais même terriblement peur de lui demander ce qu'elle avait choisi de faire pour Matthew, comme si elle pouvait prendre ma question comme une accusation d'avoir choisi sans moi ou comme un abandon de ma part. Je ne voulais pas abandonner. Je ne voulais pas rejeter mon fils, au même titre que je ne voulais pas rejeter ma femme. Mais les derniers mots qu'elle m'avait dis étaient de nature à dire que je n'avais aucun droit sur son enfant, que je n'étais pas sa mère.

Mes pensées furent brouillées par les mouvements silencieux qu'elle fit, ôtant veste et chaussures, avant de libérer ses cheveux de leur emprise. J'adorais ses cheveux. J'avais toujours eu un faible plus particulier pour les blondinettes aux longs cheveux et j'étais tombée sous le charme de cette blondinette là en particulier très vite et très tôt dans ma vie. J'aimais jouer avec ses cheveux, sentir leur parfum totalement induit par les lotions dont elle adorait se couvrir et qui lui donnait une odeur et une saveur sucrées été comme hiver. Je pouvais passer des heures à la tenir dans mes bras, à jouer avec ses cheveux, à passer ma main dedans encore et encore jusqu'à ce que le besoin de l'embrasser soit plus fort que le besoin de sentir mes doigts glisser sur ses mèches dorées. Leur contact me manquait autant que nos câlins et nos baisers. Je m'étais pourtant forcée à oublier tout ça et à m'approcher pour attraper sa main et la pousser à me regarder. Nous devions parler, crever l'abcès, c'était tout ce qui comptait pour l'heure. C'était tout ce que je voulais, quand je réalisais que la seule chose qui m'avait contrainte à ne pas appeler la police pour signaler la disparition de ma femme était que je l'avais entraperçu aujourd'hui dans la chambre de notre fils et que je l'avais donc vu au cours des dernières vingt-quatre heures.

Je lui demandais donc si elle ne pensait pas qu'il était temps qu'on parle sérieusement, qu'on cesse de fuir et elle finit par concéder à cette nécessité. Le silence s'installa néanmoins à nouveau entre nous, aucune de nous ne sachant exactement comment faire pour prendre les choses à bras le corps et prononcer des mots potentiellement douloureux. Elle s'échappa de ma proximité, alors, faisant mine d'aller chercher quelque-chose à manger, s'occupant les mains pour se donner une contenance, cherchant même dans le réfrigérateur quelque-chose qu'elle savait déjà ne s'y trouvant pas. L'alcool. La solution miracle de tous les couples qui s'effondrent. La potion magique pour le cœur et pour l'arme, le sérum de vérité nécessaire à ce genre de situation. Pourtant pour nous, il était un poison, un interdit dont nous savions nous accommoder lorsque ça allait, mais qui ne nous manquait jamais autant qu'en cet instant. Elle pour oublier ne serait-ce qu'une nuit la douleur de notre vie en lambeau, moi pour m'intoxiquer jusqu'à cesser même de penser. L'ironie du sort voulait que même avec les pires intentions du monde et même pour les plus mauvaises raisons du monde, Zoey et une bouteille ne serait jamais aussi malsain qu'une bouteille et moi. Parce qu'elle saurait s'arrêter ou au pire ne ferait que regretter le lendemain. Moi... Rien n'indiquait que je serais capable d'arrêter le lendemain, ni même le surlendemain, ni même après, si les choses s'arrangeaient, si Matthew sortait miraculeusement indemne de son accident et si la vie reprenait son court en laissant tout le malheur derrière. Si j'y goûtais à nouveau, même une seule fois, rien n'indiquait que notre bonheur retrouvé suffirait à me sauver de replonger définitivement. J'avais lutté trop fort pour prendre ce risque.

Zoey revint vers moi finalement, les mains vides et le cœur pas forcément plus léger, m'annonçant qu'elle m'écoutait. C'était donc à moi de prendre mon courage à deux mains pour commencer. Bien. Mais pour dire quoi ? Tant de mots voulaient sortir, mais pas un seul ne parvenaient à franchir la barrière de mes lèvres. Je croisais finalement les bras, protection dérisoire face à la douleur et aux fautes que je ne pouvais pas dire et ne voulait pas penser. Pourtant, je devais bien commencer, lui montrer combien la situation m'affectait et combien il fallait qu'on l'affronte, pour la surmonter ou la mettre derrière nous. J'avais peur de ce qu'elle pourrait dire ensuite, mais elle devait comprendre que cela ne pouvait pas durer, parce que moi je l'avais réalisé d'une manière bien trop douloureuse. « Je veux boire », dis-je finalement en resserrant mes bras autour de mon corps. « Je me lève le matin et je veux un verre. Je veux une bouteille. Et je n'arrive pas à m'endormir le soir parce que tout ce que je veux, c'est boire. » J'avais l'habitude de lutter contre l'envie de boire, contre ce besoin de m'empoisonner. Je me réveillais chaque matin en ayant plus soif des lèvres de la femme dans mon lit que d'une boisson en solitaire et je me couchais le soir en caressant la poitrine désirée, n'ayant aucun mal à repousser l'envie des caresses brûlantes du whisky. Sauf que depuis des semaines, je me réveillais seule avec l'envie de boire et je me couchais, l'âme en peine et la soif me tiraillant comme jamais. J'avais rêvé dernièrement que je craquais et je m'étais confrontée de plus en plus douloureusement à des verres que j'avais toujours réussis à laisser pleins sur le comptoir en partant, mais ça faisait mal et c'était insupportable.

« Mais je suis entrée en douce dans la chambre de Matthew il y a deux nuits. J'ai attendu que l'infirmière quitte le couloir et je suis entrée, je me suis allongée à côté de lui et... et j'ai pensé. J'ai réfléchi longtemps et je pouvais presque entendre sa voix me disant que j'étais forte et qu'il voulait être aussi fort que moi quand il serait grand, comme il le disait tout le temps quand il était petit », précisais-je inutilement, les larmes aux yeux. Il avait toujours été si fan de ce que j'étais dans mon métier, toujours rêveur - si inconscient des horreurs que je pouvais voir tous les jours. Il avait fini par se tourner vers des aspirations plus pacifistes, tout comme sa maman, mais il n'avait jamais cessé de me regarder avec admiration, convaincu que j'étais la personne la plus forte qui soit. Il avait fallu qu'on parle de mon passé, de mes problèmes avec la drogue et l'alcool, bien sûr. Comme tous les adolescents, il avait cherché à tester les limites à un moment donné, s'était plaint de ne même pas avoir le droit d'apporter une bière à la maison et il était vite devenu évident que nous devions lui parler de mes anciennes addictions et des interdictions érigées pour mon bien, pour assurer ma sobriété. J'avais toujours été admirative de la compréhension qui avait été la sienne, du calme et du respect dont il avait su faire preuve. Après ça, il avait toujours pris soin de ne jamais me montrer quand il avait bu, même un seul verre et il avait serré ma main sur le canapé, chaque fois que je me tendais devant un personnage de fiction buvant un verre. Nous n'avions pas eu besoin d'en reparler, il avait toujours su instinctivement quoi faire et comment pour vivre sa vie et s'amuser sans jamais m'imposer les conséquences. « Je tenais sa main et je nous imaginais devant la télévision et tout ce que je voulais, c'est qu'il ouvre les yeux pour me dire que je suis forte et me demander si je voulais qu'on change de chaîne. Il me manque Zoey... » Les larmes coulaient librement maintenant. Je ne me pensais même plus capable de pleurer. Je ne pleurais jamais devant personne, pas même devant ma femme, avant ce stupide accident... « Il me manque » C'était sorti tout seul, pure vérité qui ne pouvait être qu'accompagnée d'une autre vérité étouffante et douloureuse. « ... et tu me manques... »

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