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[SKYPE] Dekla - London Calling
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Isla L. Hamilton
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Mer 19 Nov - 4:12

deklan&isla ❧ london calling


Quatre jours déjà. C’était raisonnable, dans la mesure où on s’était presque pas envoyé de textos, si ce n’est quelques selfies à la dérobée pendant que Parker monopolisait la salle de bain, ou que je cumulais les clichés à l’anglaise. Buckingham Palace, Hyde Park, Piccadilly Circus… en quelques heures, j’avais traîné mon futur ex-mari dans la grande majorité des attractions que Jaime m’avait listées, cumulant ses râles pour la caméra, pour prouver au passage à la thérapeute qu’on était tout sauf faits l’un pour l’autre. Ouais, il me faisait rire comme une conne avec son air blasé et son humour noir au possible, mais au final, si Deklan avait été là avec moi pour vivre le voyage, pour retoucher ce côté-ci du globe à mes côtés, ç’aurait été encore plus parfait. Je souris, voyant son icône s’allumer à l’écran, signe qu’il était bel et bien connecté. Une vraie conne à fixer la fenêtre, à faire voyager mon regard un peu partout sauf sur son nom, espérant qu’il m’écrive en premier, qu’il abrège le supplice de la overly attached girlfriend que je personnifiais pendant que le Bernstein m’hurlait que si je réglais pas mon appel dans les 15 prochaines minutes j’allais manquer la demi-finale de Britain’s Got Talent à la télé. On avait de grosses soirées de débauche entre le shooting, fallait dire.

« Sup’! » que la photo de Deklan finit par faire illuminer, devant moi.
Je m’empressai de lui répondre d’un « Suuuuuuuuup’! » avant qu’il ne prenne l’initiative de me téléphoner. Toute guillerette, je décrochai le combiné virtuel, en activant la caméra au passage.

« J’t’avertis tout de suite, tu risques d’entendre Parker hurler que Simon Cowell a trop de tact! » que je rigolai, tirant la langue à l’autrichien qui faisait déjà l’étoile dans le lit, le volume de la télé au maximum. Nos journées de boulot étaient tellement, tellement épuisantes à le voir. « Comment tu vas? »

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« Strike a pose. »
When all else fails and you long to be, something better than you are today. I know a place where you can get away. It's called a dance floor, and here's what it's for. Ladies with an attitude. Fellows that were in the mood. Don't just stand there, let's get to it. Strike a pose, there's nothing to it. ©️ .bizzle
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Jeu 20 Nov - 18:20

deklan&isla ❧ london calling


J'étais complètement paumé. Depuis quelques jours je me terrais chez moi, entouré de cartons, mais j'étais incapable de faire quoi que ce soit, parfaitement amorphe, totalement déconnecté de la réalité. Je passais mon temps sur mon canapé, scotché devant la télévision sans vraiment faire attention à ce qui défilait sous mes yeux. L'appartement était horriblement vide, silencieux, d'où la télé allumée en permanence. J'étais pourtant habitué à être seul, depuis un bon moment, mais là c'était différent, car je savais qu'elle ne reviendrait pas, jamais. Ashleigh était venue en renfort, sans que je ne lui demande quoi que ce soit. Ouais, elle s'était imposée, quoi, sans un mot. Elle était juste entrée, avait posé son sac et n'était pas repartie. J'étais à la fois reconnaissant et agacé. Une putain de baby-sitter. Qui me donnait des ordres, me poussait au cul pour ranger et me forçait à manger ses foutues lasagnes. « Tu comptes faire quoi ? » Ah, et qui posait toujours la même question. Je savais où elle voulait en venir, car elle me connaissait, car elle savait que je ne pourrai pas rester ici, continuer à vivre dans cet appart. Mais je refusais de prendre une décision, pas encore, c'était trop tôt. Parfois, heureusement, elle me foutait la paix. Elle se contentait de rester dans son coin, à lire un bouquin ou à se peindre les ongles des pieds. Comme là, alors que j'allumai mon ordinateur. « J'vais prendre des nouvelles d'Isla. » Aucune réaction. On aurait pu penser que la mort d'Indie l'aurait calmée, qu'elle aurait relativiser la chose, qu'elle aurait arrêté de faire la gueule. Mais non. Je haussai les épaules et me connectai à Skype. Mon visage s'illumina dès que je la vis connectée, elle aussi. « Tu veux qu'on transmette un message à ton Bernstein ? » J'obtins un grognement comme seule réponse. « Tu vas finir vieille fille et sans amis à ce rythme, blondasse. » J'évitai de justesse un flacon de vernis et c'est un brin hilare que je lançai la conversation.

Évidemment, le premier nom qu'elle évoqua fut celui de l'autrichien et mon sourire s'évanouit. « Il préférait peut-être David Hasselhoff ? » L’idole de toute une génération d'ado boutonneux qui fréquentait des bimbos en maillot de bain rouge... qui avait sombré dans la dope, l'alcool et autre truc, pour ne devenir qu'un guignol mais qui restait bankable. « On fait aller, et toi ? T'as pu tester les pubs, ou vous passez votre temps devant la télé ? T'es allée chez Madame Tussauds ? » Je ne lui laissai pas vraiment le temps d'en placer une, mais hé, j'avais l'impression que ça faisait une éternité que je ne lui avais pas parlé. « J'y serai un jour, j'y crois, j'aurai ma statue ! »

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Jeu 20 Nov - 20:12

deklan&isla ❧ london calling

Londres était belle. Londres respirait la culture, la littérature, les classiques, la pluie, la pluie d’automne à l’année, l’air embrumé, la bière. Les pubs bruyants de tôt en après-midi à tard la nuit, les bus qui se succèdent au même rythme, les fish and chips qu’on vous lance presque à la gueule à chaque coin de rue, les touristes qui s’immobilisent pour laisser passer une énième Aston Martin, ou juste le cortège équin de la reine. J’y étais depuis un long week-end déjà, et même si j’avais passé la grande majorité de mon temps à farfouiller de boutique en boutique pour accumuler les derniers vêtements, les quelques accessoires nécessaires pour le shooting du Bernstein, j’avais quand même quelques souvenirs 100% british d’accumulés. En photo, ouais, mais en images mentales aussi. Bien gravées, aussi clichées soient-elles. Je me souvenais dès que je mettais le pied sur un nouveau continent, à même une nouvelle culture, à quel point j’adorais voyager. À quel point j’étais incapable de tenir en place à petite et à grande échelle. La dépression qui suivait la réalisation que mon passeport venait à échéance, l’enthousiasme un peu trop intense malgré mes hauts standards lorsque je passais la porte d’embarquement et que j’entrais dans l’avion. Ces sentiments-là, que j’avais développés en même temps que Leo y’avait bien longtemps déjà, refaisaient surface du moment où un voyage se profilait  et là, de suite, ça me pesait un brin de ne pas pouvoir vivre ça avec Deklan. Un brin, comme dans beaucoup.  « Il préférait peut-être David Hasselhoff ? » Deklan. Deklan le marrant, Deklan le joueur, Deklan, bien là, devant moi. À quelques milliers de kilomètres, mais quand même. Sa voix me sembla distante, lointaine, mais la mention de David H. me fit éclater de rire et chasser au passage le mal du pays que la simple impression de ne pas pouvoir déposer ma tête au creux de son cou ce soir me foutait. Classy. « Qui pourrait le blâmer? » Je riais de plus belle en chantonnant la suite « Jump in my car, it's too far walk on your own! »

Alerte à Malibu derrière nous, j’entourai la couverture que j’avais piqué de sur mon lit un peu plus autour de mes épaules. Ouais, la pluie, belle pluie, frigorifiante pluie. « On fait aller, et toi ? T'as pu tester les pubs, ou vous passez votre temps devant la télé ? T'es allée chez Madame Tussauds ? J'y serai un jour, j'y crois, j'aurai ma statue ! » Ah, le Monaghan avait un penchant pour les statues de cire? Je gardai l’idée en mémoire avant de secouer vivement la tête, amusée. La télé, c’était rien que parce qu’on s’était découvert un côté bitchy bien commun quand on en venait à fermer un œil et à juger à demie-voix des vocalises des descendants de Shakespeare. « La première journée, j’ai quasi snobbé les pubs rien que pour aller prendre le thé dans trois musées différents au bord de la Thames. J’ai goûté à tout ce qui se fait côté scones & earl grey je crois bien... les pubs par contre, on commence à peine à les découvrir! » Nouveau sourire, nouveau regard détaillant son visage, sensation d’avoir les yeux qui brillent. « On reviendra un jour, rien que pour que je puisse voir ta mine quand ils vont poser une assiette remplie de desserts sous tes yeux après que t’aies commandé un thé à 4 pounds. » Oui, on reviendrait. J’étais pas devin, mais avec tout ce qui s’était passé avant notre départ pour Londres, je pouvais parier qu’il aurait bien besoin un jour de se changer les idées face à tout ça. Un jour, maintenant. Arf. La gorge nouée, le rappel de notre dernière nuit, le silence pesant… « Et toi, tes journées elles ressemblent à quoi? » Qui sait, peut-être qu’avec Leo, Jaime et HPATD, ils en étaient à parler musique encore plus sérieusement. Et ça, ça l'occuperait, ça le rendrait heureux. Ouais, la musique. On aime.  

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Mer 3 Déc - 19:17

deklan&isla ❧ london calling


Wuuuut ?! Préférer les salons de thés à des pubs, c'était bien un truc de fille, ça. Déjà que c'était un peu la guerre ces derniers temps au réveil avec Ash et son thé au détriment de mon café noir. Elle approchait à grands pas de la trentaine mais persistait à bouder le moindre petit kawa ! « Le houblon devrait toujours passer avant de l'eau chaude ! » D'autant plus que j'associais cette boisson aux vieilles femmes poudrées et puant la violette. Je frissonnais encore au souvenir de la clic de ma grand-mère et du Tea Time quotidien. Mes joues me semblaient encore douloureuses après tous les pincements auxquels elles avaient eu droit. Cependant, il me suffit de me focaliser sur le ''on commence à peine à découvrir'' pour les oublier. Comptait-elle me rappeler à chaque secondes que si nous étions réduits à communiquer par écrans interposés c'était à cause de l'autre, là ? « Jamais tu ne me feras commander du thé. Uhuh. Pas même en me faisant miroiter des pâtisseries. » Encore moins s'il était question de scones. Merde, il y avait bien mieux à faire à Londres. Je n'y étais pas souvent allé, grand-mère n'aimait pas traverser le Severn Bridge – et pas seulement à cause du péage, alors gamin je n'y avais jamais mis les pieds. Ado, on avait eu des excursions scolaires, donc ça restait barbant. Et puis, avec mes amis, on s'était fait des virées, on s'était glissé dans les bars, on avait découvert la grande ville à notre manière, mais certainement pas avec les musées. « Évidemment qu'on y retournera, mais je ferai le guide touristique, hein. » Pour lui faire voir la ville par les yeux de l'ado gallois que j'avais été.

Mes journées. Est-ce que je lui disais la vérité avec le risque de plomber l'ambiance ? De la faire culpabiliser ? Tandis qu'elle découvrait Londres, je jouais les ermites. C'était à peine si je mettais le nez hors de l'appartement. Wait, à bien y réfléchir, j'avais réussi à ne pas le faire depuis son départ. Les courses ? Ashleigh s'en chargeait, ou alors on se faisait livrer. Je trouvais toujours une excuse pour ne pas me bouger d'ici. Et puis, bon, les gens venaient à moi, pourquoi me faire chier ? Je n'avais jamais eu autant de visite de la part des gars. « Oh, rien de spécial. Je travaille sur quelques chansons. » Ouais, enfin, je donnais le change, je faisais semblant. A vrai dire, je n'avais pas la tête à ça, c'était à peine si je touchais les cordes de Jolene. Jolene... Cela me faisait encore bizarre de l'avoir. C'était la guitare de Sean, presque une relique à mes yeux. Ash l'avait eu à sa mort bien que je sois le guitariste des deux, mais ça m'allait à l'époque, j'avais eu ma part de souvenirs, d'objets lui ayant appartenu. Et puis il m'avait offert ma Betty à l'époque, ma première partenaire, celle sur qui j'avais appris mes premiers morceaux, que j'avais composé. Sauf que Betty n'était plus. A la mort d'Indie j'avais perdu mon self control et l'avait détruite et lorsqu'Ash l'avait découvert, elle était revenue avec Jolene, me balançant au passage que ça lui éviterait de me chercher un cadeau pour Noël. Elle s'était voulue désinvolte, mais je savais que ce n'était pas un geste anodin, que ce n'était pas qu'un cadeau de Noël. Elle savait ce que Jolene représentait à mes yeux. C'était plus qu'une guitare, c'était Sean et les chansons qu'il aimait nous jouer à l'occasion. Bref, c'était SA guitare, je me faisais l'effet d'un intrus dans l'équation, je n'osais pas y aller franchement, je me la jouais timide avec Jolene. Il fallait une approche en douceur, comme pour la charmer, l'amadouer. Et jusqu'à présent je m'étais contenté de jouer des morceaux existants, même pas les miens.

« Oh, d'ailleurs... » Je me saisis du manche qui n'était jamais loin de moi et l'installait sur mes genoux. « Naaaan, pitié ! » J'adressai un doigt à la frangine qui levait déjà les yeux au ciel en supplique. Elle me faisait tout le temps le coup depuis des jours, alors que je savais pertinemment qu'elle aimait cette chanson et ma version pour l'avoir surprise à la chantonner à plusieurs reprises ! Saleté.« Ne fais pas attention à l'autre. » Que je dis à Isla, faisant de mon mieux, de mon côté, pour l'ignorer également. « Je me suis amusé à faire une reprise de Katy Perry. J'vais révolutionner Teenage Dream ! » De la pop revisitée à la sauce HPATD, hé ! Bon, ce n'était pas les covers à la guitare qui manquaient, mais je restais persuadé que je tenais quelque chose. Ça ne pouvait être que mieux que celui de Kaile Goh et son triturage de cheveux permanent. ''Ouh, regardez comme j'ai une belle tignasse et comme je cache mon absence de réel talent derrière mon physique, ouuuh''. Bitch. Je commençai, grattant les cordes et entonnai les paroles devant la caméra. « You make me feel like I'm living in aaa teenage dream. The way you turn me ooon, I can't sleep. Let's run away and dooon't ever look back, dooon't ever look back. » Ash grogna avant de me lancer un autre flacon de verni que je n'évitai pas à temps cette fois et qui me percuta dans la tronche. « 'TAIN ! » Je reposai la guitare et me frottai le visage. « 'Fin bref, voilà... J'aimerais travailler plus ma musique mais y'a l'autre peau de vache qui m'en empêche, t'es témoin ! »

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Mar 9 Déc - 3:48

deklan&isla ❧ london calling

Deux semaines, ça allait vite quand même. C’était le double de temps de survie d’une ration de cupcakes cachés au fond du frigo. C’était le nombre de jours exact que ça me prenait pour mémoriser toutes les chansons de mon nouveau CD favori. C’était deux week-ends à lever des pintes avec des étrangers. C’était 14 jours à envoyer des selfies à Deklan, me mettant en action dans des conneries qui me faisaient éclater de rire sur l’instant, soupirer l’autre autrichien l’autre, et finir par envoyer tout de même parce que mon humour était plutôt discutable, autant à L.A., qu’à l’international. C’était deux fois 7 jours à me demander comment Ash me recevrait, lorsqu’on reviendrait. Si le quelque contact qu’on avait pu partager avant mon départ avait servi à quelque chose, avait réparé les choses, avait relancé le moindrement mes excuses, ma volonté de lui montrer qu’encore une fois, c’était tout sauf la blesser que j’avais eu en tête lorsque Deklan et moi, on s’était trouvés. On s’était retrouvés.  « Le houblon devrait toujours passer avant de l'eau chaude ! » Il me faisait sourire avec son aberration à chaque fois que je lançais la bouilloire. De me voir apprécier des feuilles de thé à plusieurs reprises par jour – j’abusais parfois côté infusions et traînait la même tasse partout à travers l’appart durant de longues heures – lui tirait soupir par-dessus soupir et même si je partageais son amour pour une bonne bière, j’assumais mes habitudes de grand-mère plus qu’autre chose. « Tu savais que le thé c’est excellent pour le cerveau? Je bosse ici, j’ai besoin de tous mes neurones! » Argument de merde, lancé avec mon air le plus moqueur. « Jamais tu ne me feras commander du thé. Uhuh. Pas même en me faisant miroiter des pâtisseries. » J’haussai le sourcil, aguicheuse. Jamais? Défi, alerte défi. « Ouais, on verra bien. Mon père disait toujours de ne jamais dire jamais… » Je m’imaginais déjà jouer les plateaux de desserts vivants rien que pour le faire changer d’avis complètement. Oups, c’était dit. En même temps, fallait user de ruses hen, autrement on allait retomber dans la routine. Déjà qu’on était replongés direct dans les cachoteries envers Ashleigh même pas quelques jours après s’être reparlés pour vrai… Certains – Leo – auraient dit que j’étais conne, mais voilà, depuis nos retrouvailles, je jouais de toutes les possibilités pour mettre un brin de piquant dans notre quotidien et lui montrer que voilà, malgré tout ce qui nous tombait sur la gueule, nous deux, ça valait quelque chose. Que c’était pas juste une connerie. Jusqu’à maintenant je prenais toute l’inspiration qui passait. Et là, ça s’ajoutait à ma liste.

Londres revint bien vite sur le sujet, et mon envie de remettre les pieds ici à ses côtés. Deklan connaissant le coin pour y avoir tout de même grandi à proximité, je m’assurai d’improviser une petite danse de la victoire lorsqu’il me confirma qu’il voulait bien évidemment jouer les guides durant une prochaine escapade dans le coin. Je pris même la note mentale d’ajouter cette aventure à notre to-do list. Jusqu’à maintenant on gardait ça molo côté projets mais hey, mine de rien, depuis mon divorce c’était le plus près d’une discussion sur l’avenir qu’on avait été. « J’ai le droit d’avoir un ou deux spoilers pour m’assurer de ne pas trop faire augmenter le marché de l’eau chaude durant mon séjour? » Les suggestions de vrais locaux étaient toujours bien meilleures que tout ce que le Lonely Planet pouvait vendre aux touristes. Rien qu’à voir les bars et autres boutiques louches mais tellement cools où Jaime nous avait fait promettre de passer… Il ne me laissa même pas le temps de prendre un calepin pour noter qu’il attrapait délicatement sa guitare – la nouvelle, Jolene, pleines de souvenirs déjà – pour l’attirer près de lui. Une chanson? Un grattement de cordes discret? « Quelques chansons… comme celle que tu m’as promis y’a des années et qui n’est toujours pas venue?! » Blague entre nous deux, remontant à loin, loin, très loin, mais qu’on s’amusait à se tirer à la gueule comme un running gag qui n’aurait jamais de chute.

« Naaaan, pitié ! » la voix me fit me redresser direct. Ashleigh. Elle était là? Depuis quand? Une vague de chaleur me traversa, contente d’entendre sa voix après des semaines de silence forcé mais déjà, je me sentais plus qu’inconfortable qu’elle ait assisté à la conversation sans avoir levé la main, ou juste filé une salutation entre deux paroles. Oh Ash… qu’est-ce que je devrais faire pour te montrer à quel point tu me manquais, à quel point j’avais été stupide de croire que tout s’arrangerait tout seul… « Ne fais pas attention à l'autre. » Sourire triste, hochement de tête résigné, soupir refoulé. Mes yeux pétillants venaient de se ternir au quart de seconde et je profitai de la coupe de vin que je m’étais servie pour en prendre une bonne gorgée, off camera, question d’endurcir un peu plus mon petit cœur qui reprenait un coup supplémentaire. Les mots Katy Perry me ramenèrent direct à l’ordre et je secouai la tête, résignée, me concentrant à ce que Deklan avait préparé, tout goguenard, s’éclaircissant la voix avant de se lancer dans une version de Teenage Dream que je me voyais déjà fredonner dans la douche le lendemain matin. Ahhhhh, il savait exactement comment remonter la groupie que j’étais fondamentalement depuis si longtemps. Mes applaudissements suivirent son solo final, et je sursautai à sa suite quand un flacon s’éclata direct sur sa tronche. Je reconnus le violet MAC que j’avais prêté à Ash way back et lâchai, sans même m’en rendre compte un maigre « Oh lui tu peux l’éclater contre le mur, c’est la pire tenue de vernis que j’ai connu depuis l’Essie perle qu’on mettait à répétition au lycée. » Deklan ajouta une couche et me voilà qui retenait mon souffle, ayant parlé à Ash directement pour la première fois depuis l’enterrement. « Elle est belle Jolene. Je l’aime déjà. Surtout quand elle jamme sur du Katy Perry! T’en as d’autres, des covers en banque? » que je trouvai à ajouter, chassant de mon mieux la pression un peu trop lourde qui s'affaissait sur mes petites épaules.

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Ven 2 Jan - 2:08

deklan&isla ❧ london calling


Je restais sceptique. J'étais borné, têtu au possible, il était difficile voir impossible de me faire changer d'avis une fois que je m'en étais fait un. « Ouais, mais là je peux répondre que y'a que les cons qui ne changent pas d'avis. Et j'sais être un bon gros con quand j'veux. » Que j'argumentai à mon tour, tout sourire. Pour une fois que ça pouvait jouer en ma faveur, d'une certaine manière, je n'allais pas m'en priver. « A la limite, d'ici quelques années, lorsque la caféine me sera interdite, pour ma tension ou j'sais pas quoi, on en reparlera. » Ou peut-être à la limite quand je serai sénile, quand je baverai comme un mioche, que je serai incapable d'aligner deux mots, de faire une phrase sensée. Quand on devra changer mes couches avant de me poser devant la télé, comme un bon légume... Ouais, là je ne serai plus en état de protester, ni même de savoir ce que thé veut dire. « Et puis quoi encore ? Non, tu ne sauras rien, je te laisse être la parfaite touriste, suivre le parcours de base. Comme ça je pourrai t'offrir de l'inédit la prochaine fois. » Il était hors de question que je leur mâche leur séjour. Ça m'emmerdait assez comme ça d'être coincé ici tandis qu'elle était bercée au son de Big Ben, en compagnie de Parker, d'autant plus que je devais supporter la Ash grincheuse car probablement frustrée. Non, je ne lâcherai rien, ils n'avaient qu'à se démerder. « Puis comme ça, tu pourras me montrer certains endroits que t'auras aimé. » Et probablement me sortir les anecdotes qui iront avec, qui risqueront de me faire tirer la gueule mais qui pourront me motiver à me surpasser.

« J'reste persuadé que j'l'ai sortie à un moment ou à un autre. T'étais probablement trop occupée à papoter pour l'entendre. » Moue dubitative de mon côté, moue feinte. Depuis le temps, je n'arrivai même plus à savoir si j'avais raison ou non, j'étais même incapable de dire à quel moment je lui avais soit disant promis cette chanson. De l'eau avait coulé sous les ponts, les années s'étaient enchaînées et les chansons également. Après tout, elle avait eu le droit à plusieurs de ma part depuis le temps, que ce soit à demi-mot aux yeux et à la barbe de la blonde, ou même dans son dos pendant son absence. Alors j'en venais à croire que cette fameuse chanson n'avait jamais eu lieu d'être, que ce n'était qu'une blague de sa part, blague que je ne parvenais jamais à saisir mais que je faisais mine de, quand même, pour sauver la face, d'ailleurs je persistais vu que ça semblait lui convenir, j'étais dans le vrai d'une certaine façon, même si je n'en comprenais toujours pas les raisons. Cette réflexion provoqua un froncement de sourcils, toutefois. Peut-être qu'il me faudrait un jour mettre ça au clair, discrètement, entre deux conversations prenantes qui permettrait à ma question de passer inaperçue... Ash me tira de mes pensées et je me mis à l’œuvre jusqu'à ce qu'elle s'en prenne à mon intégrité physique à coup de vernis à ongles.

Je m'étais attendu à une réaction inquiète en face, ou un minimum préoccuper par mon état, mais non, NON putain, elle s'adressa même à la coupable, à la cinglée jeteuse de flacon ! « C'est ça, vas-y. Surtout encourage-la bien alors qu'elle s'en prend à ma belle gueule ! » Mais on m'ignorait superbement de tous côtés, Ash s'était même redressée, hésitante, d'entendre Isla lui parler, je la voyais grimacer de ma place avant de se détendre et de rire. « Ça restait moins chiant que de se cranter les cheveux. » Vernis, cheveux... Ok, la conversation m'échappait totalement. D'accord, c'était fantastique qu'elles échangent enfin quelques mots, ça me faciliterait grandement la vie, mais, merde, pas maintenant ! « Dîtes-moi si je dérange, hein. » Que je grommelai avant qu'enfin on s'adresse à moi. Jolene... Je récupérai le manche et passai rêveusement mes doigts sur la caisse. Elle n'était pas spécialement belle, pas à mes yeux du moins, elle avait surtout une valeur sentimentale. Logiquement, celle-là, je ne l'exploserai jamais contre un mur. « J'en ai d'autres, oui. Mais Ash a aussi d'autres munitions et j'tiens à la vie, donc ce sera pour une autre fois. » Il n'y avait pas écrit maso sur mon front, merde.

« Bon, et sinon, vous êtes sages ? Vous évitez de boire du rhum ? » Comme apparemment c'était la raison de leur mariage à la con... Je croisais désormais les doigts pour qu'elle en limite sa consommation en présence de Parker, histoire d'éviter d'autres soucis du genre. Finalement ce n'était peut-être pas si mal qu'elle se contente de thé. Il ne manquerait plus qu'ils reviennent avec un p'tit orphelin sur les bras. Je vis Ash tendre l'oreille. Elle tentait de faire comme si de rien n'était, comme si la réponse ne l'intéressait pas elle-aussi, mais on était dans le même bateau cette fois. Elle comme moi devions attendre en simples spectateurs qu'une erreur d'ivrognes soit réparée pour que nos vies s'avèrent moins compliquées. Qui aurait pu deviner que les personnes qu'on fréquentait se retrouveraient liées par les liens sacrés du mariage ? C'était franchement dérangeant, pour nous, mais eux ne semblaient pas le comprendre.

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Jeu 5 Fév - 14:51

deklan&isla ❧ london calling


J’aurais voulu prendre ça relax, vraiment. J’aurais voulu sourire, envoyer un signe du menton, faire un thumbs up même et passer à un autre appel, mais je pouvais pas. Ashleigh, c’était du passé maintenant. Le truc avec Skype rendait la chose encore plus terrible, comme si on ne pouvait pas être plus loin l’une de l’autre, comme si maintenant les kilomètres, et internet et les écrans et le manque de proximité et les quelques échanges superficielles allaient devenir chose courante. Et ça, c’était si j’avais un minimum de chance. Elle allait bien aujourd’hui, mon intervention passait. Demain, Deklan me mentionnerait à travers la conversation et elle soupirerait. Ou pire, elle ignorerait. Ma présence, mon nom, mon visage, mes conneries, tout. Et ça, ça faisait mal. Presqu’autant que le crâne du copain qui venait de se faire mutiler un brin. Malgré mon instinct d’amoureuse transie et mes pulsions de lui envoyer un baiser soufflé en espérant que les pixels fassent le reste du boulot, la réalité était là. Ash et moi, c’était plus rien qu’une blague molasse, un rire jaune, et une finale lourde de sens. Ou en manque de signification complètement. À vous de voir ce qui vous fait le plus mal. On en était loin, loin, si loin des après-midis au lycée à crasher le cours de cinéma en option de Leo et Deklan, à s’installer au fond de la classe avec les gars et à imaginer des interactions entre les acteurs, mimant leurs réactions, doublant leurs voix en chuchotant ou en pouffant de rire, jusqu’à ce que le prof se tourne dans notre direction et qu’on se planque le moins subtilement du monde derrière nos alibis, prétextant qu’on venait leur emprunter un livre ou leur annoncer que la troisième voisine en diagonal venait de décéder. Alors que Deklan et moi c’était même pas du concret, que j’avais un crush sur lui, en béton, mais que jamais je n’aurais pu penser qu’il s’attarderait à le remarquer. Alors qu’Ashleigh et Leo commençaient à peine à se parler autrement que de musique. Alors qu’Ash et moi, on était des sœurs, et rien d’autre.

Je m’étais ressaisie par contre. Un peu parce que le Monaghan s’insurgeait sarcastiquement ou pas que je n’ai pas pris la défense de son minois, surtout parce que c’était un aller direct qui se faisait avec Ash, et qu’elle glissait un autre souvenir et un, à savoir nos frasques capillaires. J’avais souri, ri même si je me souviens bien, parce que seigneur que je lui avais fait vivre un enfer quand j’avais eu mon tout premier fer à coiffer et qu’elle avait fait l’erreur de passer me voir ce jour-là. « On a quand même passé par-dessus l’eyeliner fluo, y’a au moins ça. » que je trouvai à ajouter, me souvenant de Margaret et sa bande qui avaient tellement abusé de la chose qu’on s’était simplement juré de la leur laisser. Meilleure idée d’adolescentes en crise d’hormones qui finissent par retomber sur des photos d’elles 10, 15 ans plus tard. On s’était félicité, au cas où vous vous demandiez. Deklan fait signe qu’on l’emmerde et déjà, je changeais de sujet en lui proposant de me parler de Jolene, la nouvelle guitare, me changeant par le fait même les idées de cette sensation bizarre. Celle de m’être cachée quasi toute ma vie et de maintenant parler lui parler comme si de rien n’était, comme si on était un couple on ne peut plus normal, comme si toutes ces années à l’embrasser en secret, toujours, n’avaient pas vraiment existé. Avec Ashleigh en background, toutefois. Ash qui disparaissait aussi de ma vue, qui quittait le cadre de la vidéo pour retourner à ses propres trucs, se fichant probablement du reste. Bon… Autant arrêter de jouer les martyres, hen.

« Le rhum a été prohibé par la thérapeute. On a des tests sanguins à faire à notre retour, juste pour s’assurer qu’aucune trace n’a été laissée dans notre sang. » Je blaguais, quoique ç’aurait tout de même pu être très logique. Damn, si on avait pas trouvé cette bouteille-là, puis une autre, et une autre ce soir-là, y’aurait des tas de trucs qui seraient différents. Des tas, je vous le dis de suite. Déjà, je n’aurais pas l’impression de briser un peu plus le cœur de Deklan à chaque fois que le mariage ou le divorce ou n’importe quoi entre les deux venait se glisser dans la conversation, hen. Et si on parlait de boulot, tiens? Ça, ça fait détaché, plus distancé aussi de la raison première de notre venue au UK du moins. « Les préparatifs pour le shooting vont super bien aussi. Le studio est trouvé, les fringues pareil, reste juste un dernier casting pour dénicher la troisième mannequin et ça sera tout prêt! » Bosser en mode depuis des années m’avait donné un œil de feu pour tout ce qui touchait au stylisme et autre maquillage artifice. Parker était beaucoup trop doué en photo pour que j’ose me faufiler, appareil en main, à ses côtés, alors je m’étais improvisée assistante artistique et ouais, j’adorais l’aspect que prenait la chose depuis le début. Bon, le côté superficiel et les demandes tellement chiantes du studio qui l’engageait avaient presque fini par avoir ma peau à un moment – à quel point pouvons-nous modifier une femme avant de dire qu’elle n’est plus humaine, mais juste en plastique griffé?! – mais dans l’ensemble, j’était bel et bien à ma place. Aucun doute là-dessus, du moins, pas tant que le shooting ne serait pas lancé pour vrai.  « Oh, je t’ai pas dit! J’ai aussi commencé à faire une tournée de souvenirs! » Parker soupire au loin, et je parierais que c’est à cause de la dernière tournée de sacs que je lui ai fait porter en échange du choix du restaurant qui nous livrerait ce soir. Les hommes, hen. « Jaime, Leo, mes tantes… presque tout le monde a quelque chose déjà! » Mon sourire s’illumina encore plus lorsque mes yeux se posèrent sur l’objet que j’avais réussi à dénicher pour Deklan, aussi. « Ton souvenir à toi risque de te faire pleurer, crier, danser, et crier encore. Je dis ça, je dis rien. » J’adorais déjà le suspense que je créerais, gamine naïve que j’étais. Parker en profita même pour lâcher un « Tu sais que tu peux pas traîner l’essentiel du parfait BDSM avec toi dans l’avion, si? » que j’accompagnai d’un roulement d’yeux.

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Sam 21 Fév - 1:09

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Cette histoire de thérapie me sort par le nez, franchement. C'est quoi ces juges qui refusent de divorcer des gens ? Cela aurait facilité les chose que ce soit le putain de curé qui refuse des les marier, mais non. Et en plus on les colle chez une psychothérapeute qui n'a sûrement pas réussi à être une vraie psy ? Elle doit passer sa frustration dans des conseils à la con, comme cette sorte de retraite à deux à l'autre bout de l'océan. Et puis, comment ça se fait que cette bonne femme n'ait pas demandé à me voir, moi, le boyfriend ? J'aurais pu être un appuis, une preuve de plus à ce mariage sans queue ni tête. Je vous le dis, elle bâcle son boulot et on en paye tous le prix. Ah. Mannequin. Là, ouais, la conversation m'intéresse déjà plus, je peux supporter de parler de fringues,de maquillage, car j'ai en tête des top-modèles qui, elles, ne me balancent rien à la tronche. D'autant plus que, si tout se passe aussi bien qu'elle le dit, ils reviendront comme prévu, il n'y aura aucun retard à rattraper, aucun jour supplémentaire à patienter seul à L.A. . « Si j'peux être utile dans le choix de la fille, hein, tu sais où me trouver. » Je lui montre toutes mes dents dans un sourire exagéré. A cette distance, elle ne peut rien me faire, in-tou-cha-ble. Ash grogne vaguement, mais elle a reporté son attention sur ses pieds. « C'est pour qui, déjà, votre shooting ? » J'hésite sur le terme, c'est encore nouveau pour moi, voire surréaliste. Sans parler que je ne connaîtrais certainement pas le truc qu'elle répondra. Leo a déjà blagué comme quoi on devrait y passer un jour, nous aussi, pour le band. Une partie de moi proteste à l'idée de me retrouver avec du fond de teint sur la tronche et appréhende les flashs. Les projecteurs de la scène ne me gênent plus depuis le temps, les quelques clichés pris avec des fans non plus, c'est même marrant. Mais là, c'est un autre monde, un autre niveau. Qu'au fond je ne pensais jamais atteindre. Un groupe de garage, c'est sympa, ça a ses avantage, mais je ne vais certainement pas cracher sur le pognon qui va avec un brin de notoriété. Surtout pas si je peux arrêter d'aider la morveuse et donc me faire crier dessus plus d'une fois par jour.

Après le top-modèle, les cadeaux. Est-ce qu'elle n'essayerait pas de rattraper cet aparté avec Ash ? Si oui, ça fonctionne à merveille. Bien que je fronce les sourcils. A-t-elle seulement pigé qu'en tant que mec je n'ai pas spécialement envie de chialer en public ? Surtout que j'associe les larmes à la tristesse, à la douleur... Les cris confortent l'idée de douleur. Et la danse, non, danser n'est pas mon truc, sauf quand je suis bourré où là je n'ai pas la présence d'esprit de ne pas le faire. A moins que son cadeau soit une manière de m'obliger à danser, ce qui peut expliquer les cris et les pleurs. Parker semble en être arrivé à la même conclusion, ce qui m'inquiète. Ou alors il sait ce qu'elle va m'offrir et est probablement allé avec elle dans un sex-shop, ce qui m'inquiète encore plus. « Il me semblait qu'on était d'accord, Isla. Fifty Shades c'est le mal et je ne serai jamais ton Gray. » Que j'articule lentement comme si je m'adressais à une enfant. Je ne dois pas être le seul à voir ces bouquins d'un mauvais œil. A peine que ça sortait qu'une bonne partie de la population féminine l'avait dans sa bibliothèque. Mais ça, il ne faut pas le dire, non, surtout pas dans ce pays rempli de conservateurs à la con qui hurlent au scandale au moindre téton dévoilé à la télévision – poor Janet. Sans parler du film, qui va bientôt sortir, qui fait déjà beaucoup parler et qui fait glousser les troupeaux de bimbos autour d'un café. S'il y a un bon côté à ça dans le sens où les nanas veulent se lâcher et retirer le balais qu'elles ont dans le cul et la croix qui orne leur cou et où les sex-shop s'offrent une nouvelle clientèle, de l'autre, elles rêvent désormais toutes d'un Gray. Un gros con imbu de lui-même, plein aux as et sadique. Gars qui se faisait rayer sa bagnole avant ça, voire exploser le pare-brise, hé. Mais non, maintenant c'est in d'être un gros connard car elles y trouvent – ou pense trouver – de la profondeur. BREF, j'espère que c'est autre chose son cadeau, car elle ne compte pas sur moi pour porter une cravate. « Et sinon... » OUAIS, changeons de sujet, et vite ! Je me racle la gorge et lance un regard en coin à la blonde avant de reposer mes prunelles sur l'écran et de baisser un brin la voix. « L'aigle profite de ce que Londres a à offrir ? » Je me sens con, j'avoue. On dirait les soirées talkie walkie avec mes potes à Pwllheli. Sauf que j'ai grandi et que je deviens bien naze pour parler en langage codé. J'ai fait un peu de recherche pour la bestiole, quand même. Et comme on en a parlé avec Isla, avant qu'ils ne foutent le camp, j'ose espérer qu'elle voit où je veux en venir. « Il mange à sa faim ? » Et qu'on n'aille pas dire que j'suis un mauvais frangin ! J'en viens à parasiter ma conversation skype pour elle, merde. Encore que, c'est drôle. « Parce que le dragon, lui, est à la diète et tire sérieusement la tronche. »

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Mar 10 Mar - 21:51

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Le shooting était à la base un contrat du Bernstein. Pour ma part, j’avais depuis plusieurs mois évité les studios photo, pour la simple et unique raison que je n’avais plus le temps. Mais j’adorais y jouer les stylistes, et même parfois les photographes lorsqu’un client entendait parler de mon blogue et de ce que j’y faisais déjà. Le simple fait que Parker ait pensé m’y inviter – bon, à la base, il l’avait fait strictement pour calmer les pulsions de notre thérapeute commune, rien que pour qu’elle arrête de nous envoyer des propositions de retraites en amoureux sous le soleil paradisiaque des Caraïbes – avait rendu la chose encore plus intéressante et stimulante, d’autant pus que j’avais déjà été son étudiante et que voilà quoi, quand le maître demande à l’élève de suivre, l’élève suit. J’accompagnais donc celui que j’appelais le moins affectueusement du monde mon mentor, ouais, je calme ici les ardeurs de quiconque croirait que notre mariage était lié à autre chose qu’à une profonde attirance… pour le rhum, sur un shooting qui m’avait déjà épuisé plus encore que les autres, mais qui m’empêchait quasi de dormir la nuit tellement j’avais hâte d’y être. « Un projet commun d’Elie Saab, Vera Wang & Dior. » J’évitai d’ajouter qu’il s’agissait d’un projet commun mettant en vedette une collection de robes de mariée que les trois maisons avaient créée ensemble, pour des raisons évidentes. Non, la prochaine fois qu’une telle tenue se retrouverait sur moi, elle précèderait de près un autre type d’union, basé sur l’amour et non sur un goût commun pour la fiesta sur les plages du Brésil. No harm, no harm.

Je m’étais promis de rester muette sur l’achat des cadeaux, mais la vue du sac recélant de présents me fit vite oublier mes résolutions le temps d’en glisser un mot à Deklan. Si en plus il réalisait que je pensais bien à lui de l’autre côté du globe et que je faisais tout en mon pouvoir pour le lui montrer, je gagnerais des points supplémentaires. Ça, et quand il finirait par déballer l’édition limitée et signée d’un vinyle de Dark Side of the Moon que je lui avais dénichée dans un thrift shop à Camden, y’avait fort à parier que notre faux-voyage de réunion amoureuse passerait comme dans du beurre. C’était beau de rêver.

« De toute façon, tu n’as même pas de cravate… » J’éclatai de rire lorsqu’il refusa de postuler au titre de Christian Grey, taisant le fait que j’avais bel et bien acheté une copie du premier bouquin une soirée où il était avec ses potes, rien que parce que je me disais que ça comblerait mes envies charnelles un brin… raté. Mes paupières n’avaient pas particulièrement apprécié la lecture, succombant à la fatigue à la place de s’agrandir à la suite des péripéties sexuelles de deux autres. M’enfin, je devrais passer mes envies d’ajouter une touche piquante de plus à nos ébats par un autre canal. J’aurais peut-être même glissé une autre remarque grivoise, si Parker n’était pas passé en coup de vent pour filer faire un appel ou si j’avais oublié la présence d’Ash à l’autre bout du fil – impossible… – avant que le Monaghan ne s’occupe de rajuster le tir. Ohhhhh, on lançait les codes, c’est ça? « L’aigle survole... » que je débutai, m’étirant un brin pour valider que Bernstein n’était pas à portée d’ouïe. « L’aigle survole, mais je te dirais qu’il se la joue végétarien ces temps-ci. » Bah ouais, Parker était tellement absorbé par tout ce qui se passait devant et derrière sa lentille qu’il était l'exemple parfait d'un petit copain bien sage quand on allait célébrer une autre journée à courir dans tous les sens dans l’un de bars de la ville. « Je soupçonne même qu’il pense à se transformer en fidèle petite perruche si ça continue comme ça. »

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Mer 11 Mar - 17:07

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Mais pourquoi, POURQUOI, est-ce que j'ai posé la question ? Bon, j'acquiesce de la tête, mais franchement, à part le dernier avec le ''j'adore, Dior'' de Charlize Theron, je ne connais pas. Saab, à la limite, pour moi, c'est des bagnoles, mais je ne vois pas trop ce que ça ferait avec Theron. Je pourrais googler, mais à quoi bon, donc ouais, je me contente d'acquiescer. Elle fait bien l'effort de s'intéresser à ma passion, elle supporte lorsque je débats avec moi-même de l'ampli que je dois prochainement acheter, si je dois rester fidèle à Marshall ou bien tenter une autre marque. Si ça se trouve, elle utilise la même technique que moi et fait comme si elle comprenait tout ce que je lui raconte. Cela ne m'étonnerait pas, car depuis toujours elle fait en sorte d'être à l'écoute, même quand je raconte de la merde – ce qui arrive souvent, avouons-le. Puis je fronce les sourcils quand on aborde le mauvais bouquin et qu'elle ajoute une remarque sur mes habitudes vestimentaires. Je vais mettre ça sur Londres, sur le possible jetlag qu'elle subit, car si, j'ai une cravate, même qu'elle l'a vu avant son départ. J'admets qu'on avait autre chose à foutre que d'admirer les tenues des uns et des autres durant la cérémonie, mais merde, j'avais quand même fait un effort considérable pour mon amie et je m'étais passé cette saloperie autour du cou. « C'est surtout que je refuse de les utiliser comme ça. » Et tout simplement d'être associé à cette... chose. C'était aussi gênant que d'évoquer la présence de mouchoirs sur ma table de nuit devant elle. Il y a des choses qui se font et d'autres non, point. Et la conversation suivante est elle aussi un brin désagréable.

Je dois avouer que je ne m'attendais pas à cette réponse. Je ne sais pas réellement ce que j'espérais au fond, encore que s'il allait voir à droite et à gauche, ça faciliterait les choses. Ash abandonnerait cette liaison et je n'aurais plus de sueur froide lorsqu'on causerait nanas entre potes. Ouais, bon, si on parvient à mettre définitivement de côté l'abus de rhum et le mariage qui va avec. Ça aussi ça file la nausée. « Végétarien, hein. » Je lance un rapide coup d’œil à ma sœur qui est absorbée dans la peinture de ses orteils. « Ça ne risque pas de perturber son organisme de changer de régime alimentaire comme ça ? » Surtout dans un autre pays, c'est un coup à choper le syndrome du voyageur. Moche. Le coup de la fidèle perruche me fait tiquer. Je fronce une nouvelle fois les sourcils et pas seulement à cause de l'image qui se colle à mon esprit – surtout qu'une perruche face à un dragon, c'est pas trop trop ça. Là, ce serait une sacrée étape, la fidélité c'est... plutôt sérieux, non ? Qu'Ash n'aille pas voir ailleurs, ouais, je veux bien, elle a toujours fonctionné comme ça, même avec l'autre abruti à l'université. Elle se bornait à une monogamie même quand il n'y avait rien de sérieux. Les femmes et leur logique parfois, meh. Mais l'autre, là, c'était vraiment surprenant. « Je demande à voir, quand même... » Et en parlant de la perruche, on en voit les plumes. Parker revient à l'image. « Faut qu'on bouge. Il y a un problème au studio. » Mais... mais non ! Non ! Leur journée est terminée et je peux enfin discuter avec Isla, alors non ! Je commence à en avoir ras le cul de guetter sa présence en ligne, comme si la savoir loin n'était pas suffisant. On est dépendant d'un ordinateur, putain ! « Et ça ne peut pas attendre demain votre truc ? » Ils ont là-bas pour encore quelques jours, ça m'étonnerait que ce soit aux pièces. Et évidemment il m'ignore. « Maintenant. » Je serre la mâchoire et pousse un long soupir. Isla va lui dire que ça peut attendre, j'y crois. Elle doit être tout autant frustrée que moi par cette distance, par cette situation, pas vrai ? Mais je vois à son regard que ça ne va pas me plaire. Parce qu'elle reste silencieuse quelques secondes, hésitante. « Isla ? Dis-lui que ça peut attendre. » J'insiste, je deviens probablement lourd, mais merde.

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Lun 16 Mar - 0:48

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Jouer les espionnes me faisait rire. Bon, dans les faits, y’avait pas grand espionnage là-dedans non plus. Deklan et moi, on avait simplement pensé que ce serait bien se donner des nouvelles des deux autres, une fois qu’ils seraient séparés par un océan. C’était con, c’était probablement inutile, mais au fond j’étais toujours aux aguets pour tout ce qui touchait la vie d’Ash, malgré ce qui s’était passé entre nous, malgré les conneries que j’avais faites, malgré tout ce qui avait pu nous éloigner. Et si c’était Parker qu’elle voulait, je serais au taquet pour tenter de connaître la situation sous tous ses détails. Comme maintenant, avec mon rapport des actions du Bernstein. S’il avait eu la moindre idée que je le traitais allègrement de perruche, je risquais probablement de voir sa colère de pseudo-furher trop viril pour être comparé à un volatile déferler sur moi, alors ouais, j’avais pas assumé en m’assurant qu’il était hors de la pièce, et surtout que mon ton était au plus bas. On n’était jamais trop prudente.

Monaghan en rajoute en pensant que le nouveau régime risque de peut-être laisser des séquelles et je prends vraiment quelques secondes pour imaginer ce que ça donnerait, un Parker en couple. Faut dire que je l’avais vu dans les pires situations possible pour l’imaginer… amoureux. L’idée me laisse perplexe, et pas parce que je le crois incapable, simplement parce qu’à mon sens, Parker n’est pas ce genre-là. Ça ne lui enlève rien, mais être le copain fixe de quelqu’un, ça me semblait bien loin de sa définition du bonheur. En même temps, je ne connaissais absolument rien de sa relation avec Ash, allez savoir. L’important, c’était que ouais, depuis qu’on était arrivés ici, il se donnait corps et âme pour son boulot, m’entraînant à faire pareil, tellement que j’en oubliais parfois que j’avais une vie, à côté. Ça faisait du bien, de créer quelque chose de tangible de mes mains, avec lui. Ça me donnait des idées, ça m’envoyait des tas d’inspirations en plein visage et surtout, ça occupait mon esprit quand je me rendais encore plus compte que j’étais ridiculement amoureuse de Deklan et que de ne pas l’avoir vu, de ne pas l’avoir senti près de moi durant les derniers jours commençaient à me peser franchement. Allions-nous pouvoir un jour avoir une vie normale, mhm? C’était peut-être trop demandé, en fait.

« Je ferai une belle vidéo d’une de ses envolées si tu y tiens… » que je rigole, promettant au blond des preuves du comportement de l’autrichien avant que celui-là même réapparaisse dans la chambre, pressé. Apparemment, rien n’allait au studio. Oh… « Il se passe quoi exactement? » Je veux désamorcer, je veux plaire à tous, je veux rester et parler encore des heures avec Deklan, mais je veux surtout savoir ce qui rend Parker aussi troublé, là, tout d’un coup. « La livraison qu’on attendait pour demain vient d’arriver, là. Le livreur veut qu’on aille lui ouvrir, sinon il peut juste repasser dans 3 jours. » Mince. Et si on le fait revenir, c’est une semaine de boulot supplémentaire pour sûr, aux vues des mannequins qu’il faut rameuter de nouveau, de toute l’équipe qu’on doit replanifier, de l’endroit qui sera à louer de nouveau… « Je ferai pas le tri de tout ça seul, c’pas vrai. » Je… merde. Deklan qui tire d’un côté, qui veut bien logiquement que je repousse. Parker qui passe déjà sa veste sur ses épaules et qui me lance la mienne du revers de la main, me signifiant qu’il descend chercher notre voiture et que je dois le rejoindre dans les 5 prochaines minutes sinon, sinon… je n’écoute même plus. « J’ai pas vraiment le choix, autrement on reste collés ici encore plusieurs jours… Ce sont les robes, elles viennent d’arriver, et c'était pas prévu et je… je peux pas le lâcher. » Je sens qu’il n’aimera pas ça. Je sens qu’il sera pincé que je fasse aller le boulot avant tout, que malgré toutes mes promesses, et les quelques réorganisations où j’ai dû repousser notre appel Skype depuis qu’on était arrivés à Londres, il ne verra pas que je suis vraiment, sincèrement désolée. Que je ne le fais pas passer après quoique ce soit, que c’est juste la situation qui veut cela et… « Tu es fâché?» que je laisse glisser du bout des lèvres, ne voulant pas entendre la suite.

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Sam 21 Mar - 2:48

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J'en ai marre d'être compréhensif, marre de rester cool face à cette situation. Je trouve que j'ai déjà assez ramé pour ce couple dont je ne peux pas profiter. A l'époque du lycée j'ai dû m'effacer face à son amitié avec ma frangine. On était jeunes à l'époque donc l'amitié passant avant les crushs, ok. Puis, quand on s'est finalement retrouvés, on a de nouveau dû jouer à cache cache avec la blonde, pour ne pas la froisser, pour au final être pris sur le fait. J'ai affronté Ashleigh, m'en suis pris plein la gueule, j'ai même accepté d'être son esclave à son bureau et là les choses s'arrangent enfin. Elle ne fait plus sa conne, elle échange même quelques mots avec Isla, là. Donc ce problème n'était plus, Ash nous lâchait la grappe. Quant à ce putain de mariage oublié, c'est pas loin d'être réglé ça aussi et heureusement. Sauf que, quand il n'y en a plus, il y en a encore. Maintenant c'est le boulot. Déjà qu'Isla cumulait les jobs – chose que j'avais du mal à concevoir, moi l'éternel glandeur – il a fallu qu'elle se lance dans la photo. Bon, c'est cool, surtout que ça l'avait amenée à nous suivre avec le band, mais là c'est pour bosser avec Parker. Son mari. A l'autre bout de la terre, ou presque. Alors si je peux comprendre que le boulot est important, j'en ai franchement ras le cul d'être au second plan. Je ris donc jaune quand elle dit ne pas pouvoir le lâcher. « Non, 'videmment. » Je sens que je suis au bord de l'explosion.

« Pourquoi j'le serais, hein ? » Ouais, pourquoi ? Ce serait égoïste de ma part, mesquin et tout le tralala. « Tu m'dis que tu dois aller bosser, ok... j'espère juste que cette fois j'aurais pas la surprise de voir des vidéos de vous deux en train de faire les cons sur youtube. » Ouais, le mauvais côté de m'apprendre à utiliser la technologie qui s'offre à moi, celle qui doit nous permettre de nous rapprocher malgré la distance. La dernière fois qu'elle a annulé une conversation skype pour cause de journée chargée, de boulot monstre et donc l'impossibilité de se libérer ne serait-ce que dix minutes, j'ai pu admirer comme tout le monde leur partie de baby-foot dans un pub... Parfois je me demande si je n'attends pas trop de cette relation. Si je ne retombe pas dans mes mauvaises manies de grand rêveur, si je n'y crois pas un peu trop. Il y a toujours cette épée de Damoclès au dessus de ma tête, menaçante. Un rappel constant qu'elle m'a déjà largué une fois, me brisant le cœur, me laissant comme un pauvre con. Que rien ne m'assurait qu'elle ne le referait pas, qu'elle ne flancherait pas une nouvelle fois. C'est surtout pour ça que je n'ai pas répondu de suite à son ''je t'aime'' au Brennan. Parce qu'on repartait comme au bon vieux temps, à se planquer comme des gosses, qu'on suivait le même chemin. Que rien ne m'assurait que c'était pour de bon. Et puis j'ai baissé ma garde, j'ai commencé à y croire pour vrai, à faire des plans sur la comète. Et ce malgré ce vieux relan de rhum.

Ouais, l'explosion est proche, ça pue la connerie. Il vaut mieux que je prenne du recul, que je noie cette angoisse. « T'façon j'vais décoller moi aussi. » Mon visage se ferme, ma voix est sèche. Plus que je ne le voudrais. Mais là, tout de suite, je suis à saturation. « See ya. » Et je coupe la conversation avant de me montrer encore plus con. Je ferme mon ordinateur puis me prends le visage dans les mains, restant silencieux pendant une bonne minute avant de relever les yeux vers le regard inquiet que me lance Ashleigh. « J'espère que tes ongles sont secs car ce soir je paye notre gueule de bois. » Elle ne pose pas de question et elle n'en posera pas. Parce qu'elle sait que si j'ai envie de lui dire ce qui me bouffe je le ferai d'une façon ou d'une autre. Et ce n'est pas dans nos habitudes de toute manière. Donc, ouais, on va aller boire jusqu'à plus soif, jusqu'à ce que cette histoire soit recouverte par la brume alcoolisée, jusqu'à ce que je sois incapable de prononcer la moindre phrase sans balbutier.

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Ven 27 Mar - 21:22

deklan&isla ❧ london calling

Ouais, je travaillais trop. Ouais, j’étais en plein milieu d’une situation qui me demandait de gérer plus que je ne le pouvais – un divorce, un mariage oublié, une amitié d’une vie qui éclate, un amour de jeunesse qui devient sérieux, enfin – et je devais avouer que je n’étais pas particulièrement fière de la façon dont je me comportais. Mais je faisais de mon mieux. Vraiment. Je tentais de donner à Deklan tout ce que je pouvais, tout ce que je voulais. Je tentais de lui montrer comment je l’aimais, comment j’étais heureuse, comblée, accomplie dans ses bras. Je tentais de laisser Ash respirer, de lui donner tout le temps et l’espace nécessaire dont elle aurait besoin pour peut-être un jour, me pardonner. Je tentais aussi de me surpasser, de prouver à Parker qu’il ne m’avait pas choisi pour rien, que ce modèle-là, ce mentor-là avait eu raison, une fraction de seconde, de voir que j’avais peut-être une toute petite, une micro once de talent. Je tentais aussi de faire plaisir à mon éditeur, de lui produire du contenu intéressant et coloré, me lâchant là-dedans quand ma tête voulait trop réfléchir. Je tentais de démentir les aspirations de cupidon de la thérapeute en lui prouvant de toutes les façons du monde que non, le rhum n’avait pas eu raison cette nuit-là. Et je tenais bon, du moins je naviguais, à travers tout ça, en donnant tout ce que j’avais, en essayant vraiment, en snobbant le sommeil souvent, en jouant le rôle de la parfaite brunette aux yeux de biche qui encaisse tout, des remarques sous-entendues aux regards noirs, des soupirs aux questions, des accusations aussi. Et malgré tout ce que je tentais, malgré mes efforts parfois malhabiles mais toujours autant bien intentionnés, ce n’était pas assez. Ça ne le serait probablement pas de sitôt, non plus.

Et pourquoi je m’étais embarquée là-dedans, à la base? C’est ce que je me demandai direct, en voyant comment Deklan réagissait à la suite des choses. Oui, je l’aimais, mais j’étais aussi raide dingue de mon boulot. Le comprendrait-il un jour? Je pris une pause, ravalant comme toujours, hochant doucement de la tête alors qu’il jouait du sarcasme et des deuxièmes sens comme il savait si bien le faire. Pourquoi je m’étais embarquée là-dedans, à la base? Pour lui. Pour moi. Pour nous. Je n’étais pas seulement amoureuse de Deklan au premier degré, comme je l’avais été de mes autres amourettes avant, ou après. J’étais persuadée qu’il était le bon, celui qu’il me fallait, celui que j’avais cherché à travers le monde avant de réaliser ce que je savais déjà : que dès les premières secondes où il m’avait regardée, où il était arrivé là, direct, dans ma vie comme il n’aurait pas fallu, que c’était lui et personne d’autre. Alors pourquoi est-ce que c’était aussi difficile? Pourquoi est-ce que c’était aussi compliqué, toujours? Est-ce que ça ne devrait pas être simple, du moment où on déniche the one? C’était ce qu’on nous vendait à la télé et dans les livres en tout cas. Et même si tout sonnait trop dur, trop loin, trop coriace, je sentais qu’il y avait autre chose, que ça valait la peine, que ça vaudrait toujours la peine de se battre.

« Je suis désolée… » que je soufflai, alors qu’il marmonne un au revoir. Il a filé et pourtant je reste là, à fixer l’écran, alors qu’il n’y est plus, en me répétant encore que oui, un jour, tout ça sera derrière nous, et que ce sera plus simple. Mais bizarrement là, j’ai un pincement qui commence à élancer dans mon ventre. Aussi minime soit-il, je le sens, tacite, piquant. Et ça m’inquiète.

©clever love.

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« Strike a pose. »
When all else fails and you long to be, something better than you are today. I know a place where you can get away. It's called a dance floor, and here's what it's for. Ladies with an attitude. Fellows that were in the mood. Don't just stand there, let's get to it. Strike a pose, there's nothing to it. ©️ .bizzle
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