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(alan) ☆ we can burn brighter than the sun.
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Dim 7 Déc - 17:56

we can burn brighter than the sun.
alan & sawyer

L’alcool descend le long de ton œsophage et te brûle la gorge de façon délicieuse. Il chauffe ton sang, fait bouillir ton cerveau, embrume ton esprit. C’est comme si la vague brûlante annihilait tout à l’intérieur de toi. Et c’est plaisant, c’est apaisant. Il n’y a plus cette tempête qui fait rage, il n’y a plus toutes ces pulsions, toute cette violence. Plus rien qu’un grand silence dans le hurlement quotidien de ta vie. Tu as l’impression de devenir fou. De perdre la tête. Tu perds la tête pour un type qui ne devrait pas avoir tant d’importance, pour un type qui n’en vaut pas la peine. Ou peut-être vaut-il la peine que tu lâches prise ? Tu ne sais pas. Tu ne veux pas savoir, en vérité. Trop compliqué, trop dangereux. Tu veux rester enfermé dans ton cocon protecteur et ne plus jamais avoir à faire à Alan. Jamais. Et pourtant, c’est comme si tout ton épiderme réagissait à la moindre de tes pensées à son égard. Frissons, tremblements, crispations. Ton corps tout entier est en émoi à la seule mention de son prénom – ce prénom tant honni, tant détesté. Tant répété aussi. C’est comme une litanie sans fin qui se répète à l’intérieur de ton crâne. Son image se plaque sur ta rétine et son sourire te hante depuis que tu as eu le malheur de le croiser dans les couloirs de l’université. Son parfum est comme incrusté dans ta peau, dans tes narines. Et ton cœur n’en finit pas de s’écraser violemment contre tes côtes à chaque fois que tes pensées s’égarent vers lui. Dans un grognement presque inaudible, tu fixes le liquide ambré restant au fond de ton verre comme s’il était le responsable de tous tes malheurs. Tu aurais pu en rire si tu n’étais pas aussi tourmenté depuis tes retrouvailles avec le brun. C’est comme si tu ne faisais que penser à lui. Tu as même rêvé de lui ! Et un rêve qui t’a paru tellement réel que tu t’es éveillé en sursaut, les reins en feu, le corps broyé par le désir. Et tu t’es obligé à laisser l’eau glacée dévaler ta peau jusqu’à en avoir mal jusqu’aux os. Comme pour te punir, comme pour te sortir ce démon de ton crâne. Comme pour oublier la sensation de ses mains sur ta chair, de ses lèvres dans ton cou. Tu avais eu envie de hurler, de frapper. Encore toute cette violence qui gonflait à l’intérieur de ton ventre, comme une bête féroce et sauvage t’agrippant les entrailles, y plantant ses griffes pour ne plus jamais te lâcher. Dépliant lentement tes doigts devant toi, tu fixes les cicatrices blanches qui parcourent ta main. Tes lèvres se tordent dans une légère grimace, te rappelant de la douleur qui avait brûlé jusque dans ta cage thoracique. Tu te souviens des éclairs de feu qui avaient parcouru ton corps à chaque fois que tes poings s’enfonçaient dans l’écorce. Et après, du bien-être qui t’avait apaisé, du calme qui t’avait envahi quand tu avais vu ton sang en train de couler. « Un autre, tu lâches d’un ton peu amène en tendant ton verre, sans même un regard pour la serveuse. » Tu sens sa moue suspicieuse, le commentaire acerbe qu’elle ravale pourtant et elle remplit ton verre à nouveau – verre que tu empoignes et vides d’un trait, laissant le liquide brûler un peu plus ta trachée. C’est une sensation agréable, elle te purifie. Tu aimerais te perdre dans ce feu et t’y laisser te consumer pour de bon. Tu aimerais te laisser aller et ne plus avoir à te sentir déchiré, torturé de la sorte. Tout ça pour un gamin au regard trop bleu, trop translucide, trop franc. Trop, mais alors vraiment trop hypnotique.
Soudain, c’est comme si la chaleur du bar te prenait à la gorge et t’étouffait, comme si le bruit devenait trop assourdissant. Les conversations ici et là t’agressent les oreilles, font vibrer tes tympans. Tu lâches alors un billet sur le comptoir et tu sors rapidement, la démarche pourtant incertaine. L’air moite est presque lourd, il s’abat sur tes épaules comme une chape de plomb. Tu inspires à grandes bouffées, comme pour calmer le tumulte qui rugit en toi. Il faut que tu te débarrasses de cette passion dévorante ; il faut que tu te défasses de cette attraction néfaste qui te hante. Il le faut sinon tu vas devenir complètement dingue. Et tu ne vois alors qu’un seul moyen de retrouver la paix – aller voir Allan et céder enfin à cette pulsion animale qui te dévore les entrailles pour enfin te décharger de toutes ces tensions qui font ployer ton corps. Peut-être que tu le regretteras ensuite, peut-être existe-t-il un autre moyen mais tu n’as pas envie de plus réfléchir. Ta décision est prise. Tu as besoin de t’accorder cet écart pour retrouver une vie normale. Pour te retrouver et arrêter de souffrir. Quand, enfin, ton corps se trouvera satisfait, tu pourras être en paix. La honte te tenaillera le cœur et l’estomac mais tu survivras. Tu y arriveras. Fort de cette décision, tu te mets en marche vers le domicile d’Alan sans plus attendre. Si tu avais l’esprit clair, tu y aurais pensé à deux fois avant de prendre le chemin du loft sur Playa del Rey où il vit en colocation ; si tu avais toute ta tête, tu aurais remarqué qu’il est complètement ahurissant que tu sois allé jusqu’à le suivre chez lui, rien que pour savoir où il habitait. Si tu étais en possession de tous tes moyens, tu comprendrais que cette décision allait sûrement causer ta perte. Mais tu ne penses pas, tu ne réfléchis pas à tout ça. Tu es seulement conduit par cette boule incandescente au creux de ton estomac et qui te brûle et te brûle encore à mesure que tu avances dans les rues de Los Angeles. Le chemin te paraît long, une longue attente agonisante et quand tu arrives à sa porte, tu frappes sans ménagement. Comme si cette simple barrière était le dernier obstacle entre Alan et toi. Tu ne sais pas quelle heure il peut bien être, tu ne sais pas si ses colocataires seront présents ou non, tu ne sais même pas si le brun sera chez lui. Tu ne sais rien. Rien à part que tu as envie de lui, à part que tu veux laisser exploser tout ce désir pour sa personne. Et il n’y a plus que ça qui compte. Alors quand tu vois se dessiner sa silhouette fine tandis qu’il t’ouvre sa porte, tu ne lui laisses même pas le temps de parler, de respirer ou même de penser. Tu encadres son visage entre tes deux mains brûlantes et tu colles tes lèvres aux siennes comme un véritable drogué en manque. Et quelque part, si tu es honnête, tu l’es. En manque. Ce goût acidulé sur ta bouche t’a manqué ; la sensation de sa chaleur qui te frappe de plein fouet t’a manqué ; sa peau douce et fraîche sous tes doigts t’a manqué. Il t’a manqué. Son visage, son regard, son sourire, son corps. Son être tout entier. Parce qu’il est comme une obsession infâme qui te bouleverse, amenant tant et tant de sentiments contradictoires à l’intérieur de toi. Parce qu’il est Alan, et qu’Alan a toujours su te faire réagir malgré toi.
Rentrant presque de force, sans lâcher sa bouche même pour respirer, tu le plaques contre la porte – la refermant par la même occasion dans un bruit sonore – et laisses ton corps rejoindre le sien. Comme lors de votre première rencontre, comme lors de vos retrouvailles. Ton être tout entier brûle et tu lâches un gémissement rauque lorsque ta langue vient taquiner la sienne. Son baiser est comme une coulée de lave qui glisse à l’intérieur de ton corps. Tout en toi est en train de brûler et rien n’a jamais été aussi bon, aussi plaisant. Tes mains s’accrochent à ses hanches comme si tu avais peur de t’effondrer – tes jambes tremblent tellement que tu as la sensation que le sol va bientôt se dérober sous tes pieds. Ce n’est que lorsque tes poumons te brûlent et que le souffle te manque que tu te décides à te séparer de sa bouche gonflée de ta passion. Ton front accolé au sien, tu presses les paupières comme pour mettre en sourdine le rugissement à l’intérieur de ta tête. Les poings serrés, la respiration désordonnée, tu t’obliges à calmer la vague de haine qui s’empare de toi cependant que tu poses ton index sur ses lèvres. « Ne dis rien, s’il te plaît, tu souffles doucement. Ne dis rien. » Tu as trop peur de ses mots, de son regard posé sur toi. Tu as trop peur de tes propres réactions. Tu as peur que tout  ne s’effondre autour de toi, tu as peur de perdre le contrôle. Tu regretterais presque d’être venu ici, tu ne sais même plus pourquoi tu as pris cette décision. Ton cerveau s’est éteint, laissant parler ton cœur et tes hormones rendues folles par la seule présence du brun contre toi. Encore une fois, tout a disparu. Il ne reste plus que lui et toi. « Juste… ta chambre, tu reprends après un silence alors que tu plonges ton regard dans le sien. » Et la vague t’emporte loin de la berge. Tu te noies dans son océan, laissant la mer azur de ses yeux t’envahir lentement. Violemment. Tu refoules tes principes, ton éducation loin, très loin derrière. Tu oublies qui tu es, tu oublies votre passé commun. Ne compte que le présent, cet instant. Cet instant précis où tu décides de tomber les barrières et de prendre des risques. Quitte à en subir les conséquences. Mais quelle importance ? Plus rien n’a d’importance quand il te regarde de cette façon-là. Plus rien ne compte. Oublié ton père et ses idées datant de la Préhistoire ; oubliée ta honte gluante. Oubliés les ressentiments. Tu ne sais pas si c’est un effet de l’alcool ou non, mais tu es prêt à être toi. Pour la première fois.

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Alan R. Wzyciski
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Lun 8 Déc - 0:52

we can burn brighter than the sun.
sawyer & alan

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« Reviens ici, sale petite garce ! » Se met-il à rire en attrapant la petite boule de poils entre ses larges mains. L’approchant de son visage, il grimace quelques instants, la regarde d’un air abruti et lui embrasse le bout du front tandis qu’elle miaule faiblement, la relâchant d’entre ses mains pour la laisser gambader maladroitement sur ses jambes croisées. Clairement, Alan s’ennuie. Ses vêtements servent de griffoir aux petites pattes de la créature, tandis qu’il reste assit par terre, le dos appuyé contre la surface de son lit. Il faisait déjà bien sombre quand il avait pris l’animal en otage dans sa chambre, et le peu de lumière qui traversait sa fenêtre rendait l’éclairage artificiel nécessaire, quand bien même ce n’était pas la chose qu’Alan supportait le plus au monde, toujours l’impression d’être aveuglé par les ampoules, sa vue était sensible à ces choses-là, si bien qu’il arrivait parfois qu’il se demande s’il n’était pas épileptique ou quelque chose comme ça. Plus tôt dans la journée, il s’était amusé à récupérer les cannettes de bière qu’il avait souvent vidée ou que Skyler et Isaac vidaient à sa place, se sentant d’une âme très artistique, il avait fabriqué son propre petit sapin de noël, quand bien même il était juif, et l’avait assemblé dans sa chambre ; le cerclant de très fines guirlandes pour y donner un air plus solennel avant d’en publier la photo sur les réseaux sociaux. Oui, il s’ennuyait beaucoup parfois. Et quand bien même son ennui était très, peut-être trop, souvent créatif, ça ne l’occupait jamais pendant bien longtemps. Alors, il avait capturé le félin de Skyler et s’était décidé à faire connaissance avec. Pas franchement à l’aise de nature avec les animaux, il était cependant plus apte à s’amuser avec elle qu’elle était très jeune, s’il s’était agi d’un chat adulte, c’aurait été différent, il en aurait peut-être même eu peur. Rétrospectivement, il aurait regretté. Les animaux, comme les enfants, ce n’est pas le fort d’Alan. Quoiqu’il apprécie les animaux bien plus qu’il ne pourrait apprécier les enfants, ce devait sans doute être dans le fait que les animaux ne parlent pas.

Détendu, le jeune homme n’est pas mis en déroute par les petites griffes indolores que l’animal plante et replante à tout va dans son pantalon, trop petite pour lui faire grand mal, au pire il ne ressent que de très rapide fin picotements, rien de désagréable ou douloureux. Du bout des doigts, tout en la laissant s’amuser, il lui caresse le dos. Levant finalement la tête vers l’horloge digitale posée sur son bureau, à côté de son ordinateur portable éteint. Il était tard, tellement tard. Mais il n’avait pas envie de dormir, il ne savait pourtant pas non plus quoi faire. Son ennui terrible et cette solitude d’une soirée. Personne avec qui faire les quatre cents coups cette fois, malheureusement. Ses pensées étaient ailleurs depuis quelques jours, particulièrement depuis qu’il avait recroisé ce fichu Sawyer et toutes ces histoires qu’il trimballait avec lui. Tout ce bagage émotionnel vachement compliqué à gérer pour lui ou pour Alan. Soupirant et reposant ses yeux sur la petite Gandalf, il laissa ses pensées se détendre autour de l’animal, elle s’amusait d’un rien, avec les plis de son pantalon. Il la regarda faire quelques instants avant de la soulever de ses jambes et de se redresser avec elle dans les bras. Se dirigeant vers sa fenêtre fermée, regardant l’extérieur et prenant une voix de cartoon, il marmonna au chat « Et bah alors, Cortex ? Qu’est-ce qu’on fait ce soir ? » Pour lui agiter une patte délicatement du bout de deux doigts « C’est très simple, Minus ! On va tenter de conquérir le moooonde ! » S’exclamait-il dans une autre voix avant de marmonner des choses sans aucun sens tout en caressant la gorge de l’animal de son index. Mais l’animal s’amuse moins, elle veut redescendre de cette hauteur qu’est Alan pour elle, et remuant entre ses bras elle manque de lui mordre la main, s’agenouillant alors, il la laisse retoucher le sol de ses petites pattes blanches.

« Doux Jésus, je suis pathétique. » Se remarque-t-il à lui-même en regardant le félin quitter sa chambre en se glissant entre l’ouverture de la porte. Avant de passer une main contre son visage, pour accentuer sa réalisation. Il se sentait stupide et même s’il était seul il ne put s’empêcher de rougir bêtement, seul dans sa chambre, les mains contre les hanches. Dépité. Soufflant un coup, il quitta sa chambre et se mit à tourner en ronds quelques instants dans les pièces vides de l’appartement, sans trop savoir quoi faire. Et puis il entendit frapper à la porte d’entrée. Pas d’une manière très amicale, ni très ordinaire. Presque violemment, presque comme s’il s’agissait d’une barrière à faire péter. Haussant un sourcil, Alan descendit avec précaution ; comme s’il était inquiet que ce soit une sorte de menace. En face de la porte, il regarda au travers de ce très fin interstice, le judas, et reconnut le visage de Sawyer. Étonné, chamboulé et passablement choqué, il ouvrit cependant la porte et fut coupé dans sa question par un jeune homme qui lui sauta au visage, noyant ses lèvres contre les siennes. Ses deux brûlantes mains contre son visage, Alan manque de s’étouffer dans son souffle quand il sent la pression de Sawyer contre lui. Balancé en arrière, poussé contre la porte qui se referme sous leurs poids unis, il n’est pas tant détendu qu’il l’était la fois précédente. Ce soir-là, c’est violent, trop soudain. Son dos frappe contre la porte, Alan pousse – du moins il essaie – une plainte de déconfort mais est incapable de se dégager de la violente étreinte de Sawyer, qui se presse contre lui un peu plus fort à chaque fois, plus longtemps, plus fort, plus bestialement. Prisonnier, enfermé même, dans l’étreinte brûlante de Sawyer, sa peau plus enflammée que celle du Diable en personne ; Le jeune homme se sent écrasé par les effluves bestiales du garçon. Tout va si vite, si fort. Beaucoup trop de choses s’emmêlent dans son esprit. Les mains faiblement appuyées contre le torse de Sawyer, Alan veut qu’il se calme – pas qu’il arrête, oh non, il attendait tout cela depuis si longtemps – Mais le goût de ces baisers est beaucoup trop amer et acide sur la langue malmenée du jeune homme.

Ses mains accrochées aux hanches d’Alan, il grimace de déplaisir, la situation devient trop physique, trop proche de la chose, il faut que cela cesse. Trop de pensées s’emmêlent et s’entrechoquent dans l’esprit d’Alan qui ne veut pas être ou devenir ce genre de type, ceux qui profitent. Le parfum alcoolisé de la salive de Sawyer est trop évident, comme un coup de poing dans le nez, qui le ferait grincer des dents s’il n’était pas occupé à autre chose. La respiration devenue lourde, Alan s’efforce comme il peut de pousser Sawyer en arrière, mais plaqué contre la porte et même s’il ne l’était pas, il n’est pas assez fort pour le déplacer. Trop lourd, trop fort. Mais lui aussi a besoin d’air et se détache finalement de ses lèvres martyrisées par tant de passion désinvolte. Cherchant à parler, il se fait stopper net par l’index sulfureux de Sawyer, qui lui demande de se taire. Mais Alan veut parler, il veut faire cesser tout cela avant que ça dérape, il aurait voulu n’en avoir rien à faire, ne pas se sentir mal. Mais l’insistance de Sawyer le soumet discrètement, et il continuera de se taire tandis qu’il garde son front appuyé contre le sien. Les yeux apeurés d’Alan fixés contre les siens. Comme s’il était menacé d’une arme et non d’un index. Ses mains posées contre le torse de Sawyer, il ne force plus, il ne bouge plus. Immobile et tremblants du bout des paumes, il ne sait pas quoi faire. Prisonnier d’une étreinte qu’il aurait souhaité entamer. Les yeux fixés dans le vide puant d’alcool de Sawyer, Alan reste fragile, petit et faible contre lui. Comme si son regard criait quelque chose d’indécelable ; comme s’il voulait le frapper, le pousser, et partir loin de lui. Le mettre dehors, lui fermer la porte au nez. Mais ça ne marche pas. Il finit par perdre ce regard malsain et ses yeux se teintent de compassion, pas d’envie ni de perversité. Juste d’une très grande compassion, comme s’il comprenait toutes les douleurs et comme s’il pardonnait toutes les erreurs et toutes les passions.

Sawyer calmé, Alan parvint à le décaler, à les décaler. S’éloigner de la porte, surtout, son dos siffle dans ses oreilles rougies par tous ces évènements, et tandis qu’il hoche la tête en regardant Sawyer, il lui offre un très fin sourire gêné. « D’accord… Mais calme-toi. » Explique-t-il le souffle difficile, presque éreinté d’une centaine de kilomètres courus. « Tu m’as fait incroyablement peur, vraiment, la prochaine fois attend un peu avant de foncer… » S’efforce-t-il de dire en tentant de ne pas le blesser ou de l’énerver. Alan est un homme chez qui l’alcool fait bien des ravages, il se sait tout aussi bestial et vif en besogne que Sawyer vient de le montrer, peut-être même plus, et ce qu’il a goûté entre les furieux baisers, c’était bien la preuve que le jeune homme était ivre. L’être brûlant, Alan fait néanmoins l’effort de se montrer coopératif avec lui. Attrapant sa main dans la sienne, il l’emmène et l’aide à grimper l’escalier difficile lorsqu’on est ivre, traversant les pièces, pour le mener jusque sa chambre. « Tu es sûr que ça va ? » Avait-il demandé d’une voix inquiète en s’asseyant calmement sur son lit, les yeux posés sur Sawyer. La respiration bien plus calme, Alan le regardait et devinait bien son état, un sale état sans aucun doute. Il ne voulait pas le brusquer ou le faire s’étaler dans des choses pires que juste quelques baisers sauvages. Et posant une main sur la joue de Sawyer, le jeune homme croisa son regard et marmonna « Il ne faut pas que tu te forces comme ça, Sawyer. Si ça doit prendre son temps, ça le prendra. Il ne faut pas que tu fasses tout s’accélérer, il faut que tu sois prudent. Il faut vraiment que tu fasses attention. Tu imagines si c’était allé plus loin ? » Retirant sa main, il laissa un sourire en coin, là encore plein de compassion se former sur son visage avant de terminer « J’ai peur pour toi, t’es pas prudent. »


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Sam 13 Déc - 13:58

we can burn brighter than the sun.
alan & sawyer

Tu trembles. Ton corps tout entier tremble. Pourquoi es-tu venu ici ? Tu ne sais pas. Pourquoi avoir pensé à Alan ? Tu as oublié. Ton cerveau ne fonctionne plus, ton cœur s’est décroché de ta poitrine pour aller battre un peu partout à l’intérieur de toi. Tes reins te brûlent à te faire mal. Le souffle éraillé, tu accroches ton regard au sien comme s’il était ta bouée de sauvetage, comme s’il était la main tendue devant toi. Tu as la sensation de te perdre, de partir à la dérive et tu ne sais pas comment regagner le large sinon en le laissant te guider à travers la tempête. Tu sens tes mains moites en crispant les poings, tu te mords la lèvre inférieure. Qu’est-ce que tu es en train de faire, bon sang ? Tu ne sais pas. Tu ne sais plus. Tu as perdu la tête, tu as perdu ta raison. Tout est parti en fumée. Il y a juste ton ventre qui se noue, ton cœur qui bat. Ta bouche qui quémande la sienne. Tu réclames sa chaleur, il y a comme un hurlement à l’intérieur de toi. Cette passion qui a brûlé en toi autrefois est revenue, plus puissante, plus violente encore. Elle a calciné les restes de ton bon sens et tu as lâché prise. L’alcool aidant, tu t’es libéré de tes dernières inhibitions et voilà que tu te perdais. En lui. Avec lui. Tu ne sais pas vraiment ce qu’il en ressortira – que du mauvais, peut-être. Tu ne veux pas réfléchir aux conséquences que tout cela entraînera. Tu as peur de ce qui arrivera. Tu veux juste ressentir, tu veux juste vivre. Vivre ce qui est là, caché tout au fond de toi. Tu te poseras les questions plus tard, tu feras avec la peur et le dégoût. Tu encaisseras la douleur. La haine. En cet instant, il n’y a que lui. Lui et toi. Le reste n’a plus d’importance, le reste ne compte pas. Parce que si tu y réfléchissais une seconde, alors tu repartirais loin de ce loft, loin de lui. Loin de tout ça. Mais ta tête est en plein brouillard, et Alan est tout ce que tu peux voir devant toi. Alan est tout ce que tu veux voir. Une fois, juste une fois. Pour te défaire de toute cette attirance néfaste et déplacée, gluante et collante comme du miel. Te sortir de ce tourbillon en cédant à cet appel qui est comme un péché. Qui fera de toi un damné. Mais quelle importance ? Personne ne le saura. Personne ne le saura à part toi. Tu peux vivre avec poids-là, pas vrai ? Tu peux vivre avec la sensation de sa bouche sur ta peau, de son corps contre ton corps, de sa chaleur mélangée à la tienne. Tu peux vivre avec ces souvenirs de vos êtres unis, enlacés, enfiévrés dans une étreinte qui calcinera jusqu’à la moindre parcelle de ton âme. Et ensuite, il ne restera plus rien. Plus rien que des cendres rougeoyantes, plus rien que des images. Plus rien que ton corps qui vibrera à sa seule présence. Tu es perdu. Tu t’es perdu. Et Alan est celui qui t’a retrouvé, seul dans l’obscurité.
L’espace, même infime, que le brun instaure entre vous laisse comme un froid au creux de ton estomac. Tu passes une main tremblante sur ta nuque, un faible soupir se dégageant de tes lèvres. « Mh, désolé, tu t’excuses en murmurant, le regard baissé. J’ai pas contrôlé. L’impulsion, tout ça… » C’est juste une excuse pitoyable. Une excuse qui n’a pas de sens. Tu n’as pas voulu dire que tu avais pensé à ce baiser depuis vos retrouvailles ; tu n’as pas voulu dire que tout ton corps le désirait violemment. Tu ne veux pas avouer son image t’a hanté tous ces jours. Tu aurais l’air pitoyable, pathétique. Mais la vérité, c’est que tu ne sais pas comment tu dois te comporter, ce que tu dois faire ou dire. tu es complètement perdu, partagé entre tous ces sentiments et ton cerveau embrumé d’alcool ne t’aide pas à réfléchir. Au fond, tu ne veux pas réfléchir puisque c’est trop difficile de voir la vérité en face. Tu te dis que, demain, tu seras capable d’affronter tout ça. Oui, demain. Sa main attrape la tienne et un long frisson dévale ta colonne. C’est chaud, c’est comme la foudre. Qu’est-ce que ce sera quand ses doigts se poseront sur ta peau nue ? Avalant ta salive, tu rejettes cette question un peu plus loin pour le suivre jusqu’à sa chambre. L’ascension des escaliers te semble plus compliquée que prévue, tu les vois presque bouger sous tes pieds. Jusqu’à maintenant, tu ne t’étais pas rendu compte que tu étais aussi ivre. L’air frais avait comme aidé à te rendre un peu de tes moyens mais c’est comme si la seule présence d’Alan proche de toi t’intoxiquait et te rendait faible à nouveau. La démarche peu assurée, tu te soutiens au brun pour venir à bout des marches qui ne te rendent décidément pas la tâche facile. Tu manques même de soupirer de soulagement quand vous arrivez à l’étage mais c’est plutôt l’angoisse qui te prend à la gorge alors que vous marchez dans le couloir qui vous mène à sa chambre. Déglutissant, tu serres un peu plus fort ses doigts. Ton cœur remonte jusqu’à ta gorge. Il bat à tes tempes avec tant de force que ça fait mal. C’est pire encore quand tu te retrouves enfermé avec lui entre ces quatre murs. C’est comme si tu devenais tout d’un coup claustrophobe. Comme si l’air te manquait. Une suée coule le long de ton dos et tu respires un peu trop fort. Sa question te prend au dépourvu, tu te masses la nuque sans oser le regarder alors que tu te laisses un temps pour réfléchir à ta réponse. Est-ce que tu vas bien ? Oui. Non. Peut-être. Sûrement. « Je, tu hésites avant de froncer les sourcils comme si tu te concentrais très fort. Ça va, oui. J’ai juste bu quelques verres, c’est tout. » Tu as encore quelques fragments de ta raison qui persistent à sonner l’alerte mais le reste est comme noyé sous l’alcool – et tant mieux. Tu ne veux pas entendre tous ces hurlements stridents. Tu veux juste profiter. Être libre. Alan pose une main sur ta joue et elle te chauffe comme si le contact te brûlait. Mais ça n’est pas douloureux, bien au contraire. Tu as juste l’envie de fermer les yeux et de t’appuyer un peu plus contre cette paume pleine de douceur, comme les chats. Un violent frisson te parcourt et ta respiration s’accélère un peu. Un petit sourire vient flotter sur ta bouche encore rouge de vos baisers. « Je suis venu te voir, toi, tu lâches avec un haussement d’épaules. Ce n’est pas comme si j’étais allé chez un inconnu. J’ai bu, oui, mais je sais ce que je fais. Alors pas la peine de t’en faire. »
Tu ne sais pas vraiment comment réagir face à sa douceur, à ses gestes qui te retournent le ventre. Tu as été beaucoup plus habitué à la violence, à la dureté. Les coups, les insultes étaient ton quotidien – pas les mots doux et les câlins. C’est difficile pour toi de te laisser aller à ce genre de sensations alors qu’elles t’effraient. Parce que ce sera plus douloureux s’il est tendre avec toi. Tu préférerais te brûler, avoir mal. Tu préférerais souffrir pour ne plus jamais y revenir. Et pourtant, il est là avec ses grands yeux dans lesquels tu te noies encore une fois ; il est là avec son sourire qui te fait palpiter ton cœur comme un oiseau en cage dans ta poitrine, il est là avec ses paroles affectueuses. Pourquoi est-ce qu’il fait ça ? Pourquoi est-il aussi gentil ? Tu ne le mérites pas. Tu ne mérites pas son attention, sa compassion. « Tu sais pour quoi je suis venu ce soir, tu reprends après un silence. Je sais que tu le sais. Et je sais aussi que tu en as envie. Tu en as envie et j’en ai envie aussi. » Depuis le tout début, ça n’avait été que cette passion dévorante entre vous. Ce feu qui brûle, qui vous brûle. Ce feu qui te consume depuis tant d’années et qui a soudain calciné les dernières barrières mentales que tu avais forgées autour de toi quand tu as retrouvé ce démon de ton passé. Quand tu as retrouvé Allan. « Alors pourquoi s’en empêcher ? demandes-tu de façon rhétorique avant de poser tes mains sur sa nuque pour le rapprocher de toi. » Ta bouche happe à nouveau la sienne, et tu presses les paupières pour ne pas voir le monde tanguer autour de toi. Tes doigts fourrageant dans les mèches brunes, tu lâches un petit grognement indistinct tandis que tu laisses ton corps se coller au sien. Tu veux le sentir, le ressentir. Malgré la peur, malgré la douleur. Malgré ce lourd passé entre vous et le souvenir de ton père qui te hante, tu veux te laisser aller à lui. Encore une fois. Un dernière fois ? Tu veux te défaire de ton attraction, de ta passion. Elle finira par te détruire, te rendre fou si tu ne l’apaises pas. Elle te consumera jusqu’à la fin, elle brûlera la moindre parcelle d’humanité en toi. Et tu seras à jamais perdu, damné. « Je ne te demande pas de me protéger, ne t’en fais pas pour moi, tu marmottes entre deux baisers. Je sais ce que je fais, je sais ce que je veux. » Tout ce que tu veux, c’est tomber. Avec lui. Te faire mal. Et te purger de tout ce péché. Tu lâches les cheveux pour faire glisser tes mains jusqu’à son pantalon dont tu défais le bouton dans un geste précipité avant de laisser tes doigts passer la barrière du vêtement et se poser sur les fesses fermes du brun. Rapprochant vos deux bassins qui se cognent, tu grognes, les oreilles sifflantes. Enfin, tu ressens. Tu ressens vraiment.

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sawyer & alan

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La chaleur brûlante mêlée de sauvagerie aux mouvements de Sawyer s’était emparée de l’esprit d’Alan quelques instants, ses yeux s’étaient étouffés dans les siens et il l’avait un peu trop laissé faire. Le jeune homme ressentait une sorte de culpabilité tandis qu’il le laissait faire contre lui, il le laissait l’embrasser, remuer, quémander même. Comme s’il assouvissait un désir enfoui, mais c’était trop. La culpabilité de l’état de Sawyer sonnait le terrible glas de l’abus, et Alan ne voulait pas abuser du jeune homme ivre, il ne voulait pas se salir à de telles choses. Ses paumes tremblaient contre le torse enflammé du garçon, mais c’était tout. La pression de Sawyer contre lui avait comme un mauvais goût, quand bien même il n’aurait pas été gêné en d’autres termes. Cette fois-ci c’était différent. Ils s’étaient finalement décalés quand l’un comme l’autre ils parvinrent à retrouver leur calme. Même s’il essayait de se contrôler, Alan ne pouvait pas nier ce qu’il désirait, mais sa conscience lui criait bien trop de choses pour qu’il l’ignore. Il s’était inquiété pour Sawyer et avait laissé cette douce et innocente inquiétude parler à sa place, lui demandant de se calmer, lui demandant s’il allait bien. S’il était sûr d’aller bien, d’être dans son état normal. Se séparant, Alan ne l’avait pas poussé, il n’aurait pas osé. Il n’avait pas envie non plus. Il s’était contenté d’avancer et de faire reculer Sawyer ; instaurant une très courte distance entre eux. De quoi l’aider à mieux respirer, à ne plus être écrasé ni contre la porte ni contre le corps chaud et fort de Sawyer. Même s’il n’avait voulu à aucun moment le blessé ou le faire se sentir mal, Alan ne put s’empêcher de ressentir une certaine gêne dans l’excuse du garçon, prétextant être contrôlé par ses impulsions. Et quand bien même, Alan s’efforça de ne pas le juger ou d’avoir l’air mécontent, se contentant de hocher timidement la tête, pardonnant à peu près tout ce que Sawyer pouvait faire.

Alan l’avait guidé calmement jusque sa chambre, lui tenant la main d’un air innocent, sans penser à mal ou à quoi que ce soit de particulier. Il voulait juste aider Sawyer à marcher convenablement et à l’aider à s’asseoir tout aussi doucement. Une fois assis sur son lit, il l’avait simplement regardé et lui avait demandé s’il allait bien. Ses pensées n’étaient pas animées par une quelconque envie charnelle, il était véritablement inquiet. Et le temps que mis Sawyer avant de répondre n’eut pas le don de rassurer les inquiétudes d’Alan, qui se contenta de baisser un instant les yeux, les sourcils froncés dans une éternelle préoccupation. Quelques secondes à peine, il avait redressé son regard sur le visage de Sawyer, fixant un peu trop ses lèvres avant de retourner sur ses yeux en se forçant à ne pas penser à nouveau à ses baisers contre la porte. Il hésita quelques instants avant de finalement admettre qu’il avait bu, mais qu’il allait tout de même bien. Et comme geste de pardon, d’amour si protecteur, Alan avait levé la main pour la poser contre la joue de Sawyer, sans attendre quoi que ce soit en retour. Simplement pour essayer de lui transmettre sa compassion, mais aussi son indifférence à son ivresse. Pour lui dire ce pour quoi il ne trouvait pas les mots. Il était ivre, mais Alan le lui pardonnait évidemment, il s’en fichait qu’il ait trop bu, il s’en fichait qu’il fasse quoi que ce soit d’idiot ou de trop sauvage. Marmonnant ses inquiétudes, il avait trouvé les mots au travers du contact avec Sawyer et en baissant sa main, qu’il laissa tendrement se reposer sur son propre genoux, Alan avait délaissé ses yeux dans les profondeurs des pupilles sombres de Sawyer, souriant de compassion, il avait admis une seconde fois qu’il avait peur pour lui, et cette peur l’inquiétait énormément. Il ne savait même pas pourquoi il était effrayé pour lui, Sawyer n’était pas exactement son ami ni quoi que ce soit de plus. Sawyer, au départ, c’était un coup rapide dans les toilettes du lycée, rien de plus. Il n’avait jamais eu autant de valeur auparavant, c’était juste un type. Mais ce type était devenu quelqu’un de sensiblement bien plus important à l’esprit d’Alan depuis qu’ils s’étaient retrouvés à l’université. Depuis qu’ils avaient partagés d’autres effluves sauvages de plaisir, de rapides baisers et de tendres étreintes masquées dans une violence qui les unissait.

Souriant, Sawyer s’était mis à admettre nonchalamment qu’il était venu pour voir Alan. Assurant qu’il savait ce qu’il faisait, qu’il était venu voir Alan et personne d’autre ; oh bien sûr il aurait pu trouver quelqu’un d’autre pour consommer cette ivresse qui lui coulait dans les veines, Alan n’avait pas son mot à dire sur ce qu’il faisait de toute façon. Mais savoir de ses propres mots à lui qu’il était venu pour personne d’autre qu’Alan semblait rassurer celui-ci. Pas techniquement jaloux, il était cependant assez possessif, même si Sawyer ne lui appartenait pas et ne lui appartiendrait sans doute jamais, Alan n’aurait pas apprécié que quelqu’un d’autre que lui ait droit de profiter de cette tendresse profondément cachée dans le cœur couvert de pierre de Sawyer. Et même s’il voulait ne pas se montrer rassurer, pour ne pas laisser Sawyer croire quoi que ce soit, Alan ne pouvait s’empêcher de sourire pleinement, heureux de savoir qu’il restait l’ancre aux pensées de Sawyer ; heureux de savoir que c’était à lui qu’il pensait, même ivre. La tendresse s’était étouffée dans les paroles de Sawyer, qui brisant le silence avoua les raisons de sa venue, toutes aussi simples que leur première rencontre. Alan eut un court instant de surprise, même s’il s’y attendait, les sourcils haussés. Le regardant prétendre si ouvertement qu’il était là pour ça et pas autre chose, qu’il en avait envie et qu’il savait qu’Alan en avait tout aussi envie — et il n’avait pas tort. Mais Alan ne voulait pas, pas dans ces conditions. Ç’aurait été de l’abus, un mensonge. Ç’aurait été profité de la faiblesse temporaire de Sawyer. Et il ne voulait pas s’abandonner dans quelque chose de la sorte, il ne voulait pas risquer de réduire leur nouvelle relation, presque amicale, à une nouvelle série de regrets et de fulminantes colères. Le cœur d’Alan résonnait dans sa poitrine, il battait si fort, il lui serrait les entrailles, ses mains avaient rougies par les émotions et la volonté de Sawyer. Ses joues s’étaient finement, mais très peu, teintées de rouge. Il était gêné, mais gardait son calme. Beaucoup plus capable de garder son sang-froid dans ces conditions que lorsqu’on lui disait qu’il comptait.

Pourquoi s’en empêcher ? Sawyer avait raison, pensa Alan quelques instants avant d’être giflé par sa conscience. Il fallait s’en empêcher, c’était mal de profiter de lui ainsi. Mais sans rien dire, Alan l’avait laissé prendre sa nuque entre ses mains et le rapprocher de lui, il s’était laissé faire tandis que leurs fougueux baisers reprenaient sauvagement. Le parfum alcoolisé de son haleine rendait la chose sale, mais si agréable à la fois. Les mains tremblantes, Alan avait redressé le dos un instant et l’avait laissé continuer, en posant ses mains contre ses épaules. Le mouvement des doigts de Sawyer contre ses cheveux l’avait détendu et lui avait fait perdre un instant la raison, et tandis qu’ils continuaient, Alan s’était allongé contre Sawyer, par-dessus celui-ci et continuait les longs baisers qui les unissaient dans cette soirée malhonnête. Une main contre le torse de celui-ci et l’autre lui caressant du bout des doigts le visage. La chaleur était toujours si intense entre eux, qu’Alan perdait à chaque fois la raison quand Sawyer se montrait si insistant. Collé contre lui, il l’entendit marmonner entre quelques longs baisers qu’il ne voulait pas être protégé, qu’il n’avait pas besoin d’un ange gardien. Et il n’avait pas tellement tort, Alan s’était investi lui-même dans cette profession ; ce n’était pas son genre d’aider les autres. Mais Sawyer était différent, il ne savait pas en quoi, mais quelque chose le rendait différent. Trop important. Laissant les lèvres de Sawyer quelques instants, Alan s’immobilisa quelques instants, à regarder le jeune homme. Un sourire aux lèvres presque sur le point de lui avouer quelques choses avant de s’en abstenir pour l’embrasser dans le cou et profiter de leur union instable. Les mains d’Alan avaient elles aussi abandonnés le visage du jeune homme pour s’abandonner contre son torse, qu’elles exploraient comme pour la première fois, glissés sous ses vêtements, relevés presque jusqu’à son cou. A moitié à genoux contre lui, Alan s’était redressé par l’arrière et avait courbé le dos en sentant les mains du jeune homme s’approchant de son pantalon, soufflant un râle envieux, il l’avait laissé défaire le bouton de son jean. Il l’avait laissé faire, jusqu’à ce qu’il sente la pression de ses mains brûlantes de passion contre son séant.

Dans un presque sursaut, tout avait cessé. Alan s’était retiré de la gorge de Sawyer, l’esprit chargé de sentiments troubles. Son cœur lui criant d’arrêter autant que sa cervelle, il éprouvait tant de culpabilité. S’éloignant de Sawyer, il s’était relevé de son lit et s’était maladroitement reculé vers la porte fermée de sa chambre, les yeux humides et le visage rouge. « Non. J’peux pas. » Avait-il marmonné d’une voix tremblante, en redressant son pantalon et en y refermant le bouton. Son corps criait et montrait l’inverse, mais lui s’efforçait de maintenir qu’il ne voulait pas. « T’es pas dans ton état normal, je peux pas… C’est-c’est mal… » Soupirait-il une seconde fois en l’observant de loin, sans oser poser son regard dans ses yeux ; se sentant beaucoup trop coupable pour oser l’affronter. S’il n’avait pas eu de conscience, Alan aurait cédé. Il aurait laissé s’oublier ses pensées et aurait engendré la suite de leur acte, il n’aurait pas eu peur. Il était du genre à faire cela en principe, mais Sawyer comptait trop. Il n’aurait pas été le premier avec qui Alan aurait consommé dans l’ivresse, il n’aurait certainement pas été le dernier ; mais les sentiments d’Alan était trop animé par d’infinies passions qu’il se sentait mal de le faire à Sawyer, il ne voulait pas qu’il se réveille avec lui et que tout désir disparaisse dans un nuage de furie, il ne voulait pas se retrouver auprès du Sawyer colérique qu’il avait tant connu auparavant. Il ne voulait pas le faire souffrir. Et lui-même ne voulait pas souffrir. Ç’aurait été trop douloureux de perdre Sawyer comme il avait perdu le reste.


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Sam 20 Déc - 1:39

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alan & sawyer

Dire que tu étais confiant serait mentir ; dire que tu n’avais pas peur serait encore mentir. En vérité, tu es mort de trouille. Paralysé à la simple pensée de cette envie qui grandit, grandit encore à l’intérieur de ton estomac. Tu as peur de ce que tu veux de lui, tu as peur de l’acte en lui-même ; tu as peur de ton cœur qui bat trop fort, trop vite dans ta poitrine, tu as peur de ton corps qui cherche le sien avec tant d’avidité que tu te fais l’effet d’un drogué en manque de sa dose d’héroïne. Tu as peur de lui, de toi. Surtout de toi. Parce que tu ne contrôles plus rien de tes gestes, de tes paroles. Parce que tu oublies tout, dès qu’il est trop près de toi. Tu aimerais pouvoir garder toute ta raison, avoir cette clarté d’esprit que tu possèdes en temps normal. Mais il n’y a plus rien. Plus rien que l’envie, la passion. Le feu. Le feu dans tes veines, dans tes reins. Le feu, partout. Et lui. Alan. C’est comme si ton univers venait de se réduire à sa seule identité, effaçant tout le reste à côté. Ça fait du bien, ça fait mal. C’est agréable comme c’est douloureux. Tu ne sais pas quoi à faire à part presser les paupières et espérer que la tempête ravage tout sur son passage pour ne rien laisser après. C’est comme si tu désirais la destruction à travers cette passion qui te dévore de l’intérieur. Et en même temps, la douceur du brun fait fondre quelque chose que tu avais oublié depuis longtemps déjà – ton cœur. Mais c’est trop dangereux et tu en es conscient, pourtant il est comme un aimant qui t’attire irrémédiablement. Il est comme cette flamme vers laquelle le papillon de nuit vole pour finir par s’y brûler les ailes. Tu sais le danger, tu connais le risque mais tu fonces quand même. Tu ne peux pas t’arrêter, tu ne veux pas t’arrêter. Pas maintenant que tu es là, chez lui, si près du but. Pas alors que ses lèvres se pressent contre les tiennes, pas alors que son corps semble quémander le tien. Il y a tant de tension entre vous que c’en est insoutenable. Tu veux qu’il éteigne cet incendie qui te calcine les entrailles, par n’importe quel moyen. Sa bouche quitte la tienne et tu grognes comme de mécontentement, de frustration. Tu voudrais que jamais n’arrête ce grand manège de passion. Son regard se fixe sur toi, te laissant pantelant, tremblant. Sans voix. Tu n’as pas l’habitude que ses pupilles te regardent comme ça, comme s’il fouillait jusque dans les tréfonds de ton âme. Tu te sens nu, exposé. Tu sens un nœud désagréable se former dans ton estomac et tu te forces à ne pas détourner la tête, comme si tu étais gêné. Cette lueur indéfinissable dans ses yeux te laisse une drôle de sensation dans la bouche, dans la poitrine. Jamais on ne t’avait regardé comme ça, avant. La gorge asséchée, tu déglutis cependant que les mains bouillantes du brun se pose sur ta peau. Comme un choc électrique, tu cabres le dos, t’enfonçant un peu plus dans le lit où Alan vous a fait vous allonger. Un grondement sourd t’arrache la gorge et tu fermes les paupières. Le monde autour de toi a recommencé à tanguer.
Il est au-dessus de toi, tes vêtements te sont à moitié enlevés. Tout brûle, tout te brûle. Et ça n’a jamais été aussi bon. Tu en veux encore, tu en veux plus – toujours plus. Tu as perdu le contrôle de ton corps, ta raison ne t’appartient plus et tu fais descendre tes mains jusqu’à son jean, défaisant agilement le bouton puis la braguette. Et tout s’arrête. Aussi soudainement que tout avait commencé, tout prend fin. Tu sens ce corps qui s’éloigne, ce froid qui te glace le sang. Ce vide qui te frappe, partout à la fois. Sans comprendre, tu redresses le buste et fixes Alan, éloigné jusqu’à la porte de sa chambre, d’un œil torve. La respiration encore en désordre, tu sens la frustration qui te serre l’estomac. Il y a toujours ce feu à l’intérieur de toi et Alan ne semble pas décidé à l’éteindre. Tu manques de gémir de dépit. Pourquoi est-ce qu’il se retient comme ça ? Alors que tu sais pertinemment qu’il en a autant envie que toi ! « Alan ? tu lâches d’une voix rendue rauque par l’excitation qui court à travers ton corps. » Tu vois son regard brillant, ses joues rouges. Son air plein de confusion. Tu vois ce tiraillement dans ses pupilles. C’est comme s’il combattait son propre désir pour ne pas te blesser. Dans un coin de ta tête, tu te dis que c’est une attention touchante ; ton corps en feu te donne juste l’envie de lui hurler de te baiser sur le champ. Secouant légèrement la tête pour t’ôter l’image de sa nudité contre la tienne, tu te relèves et marches doucement jusqu’à lui. « Pourquoi ce ne serait pas bien ? tu souffles doucement, tes doigts passant dans ses mèches foncées. Nous le voulons tous les deux, nous sommes des adultes consentants alors je ne vois pas où est le problème. » Jamais tu n’aurais pensé qu’il refuse comme ça, alors que tu étais celui à la sexualité si compliquée. « C’est vraiment parce que j’ai bu, que tu dis que tu ne peux pas ? lâches-tu tandis que tu penches légèrement la tête sur le côté. Tu as peur que, demain, je ne me souvienne pas que c’est moi qui t’ai sauté dessus et que je te reproche d’avoir couché avec moi ? Si tu veux, je peux écrire un mot qui dira : “Moi, Sawyer Peterson, sain de corps et d’esprit (surtout de corps), ai été celui qui a violé la bouche de ci-présent Alan”… Ton nom de famille, déjà ? Ah oui, Wzyciski. “Donc, violé la bouche de ci-présent Alan Wzyciski, le conduisant irrémédiablement à me faire subir les derniers outrages – avec mon entière approbation (et satisfaction). Bien affectueusement, Sawyer. PS : c’est toi qui l’as voulu, connard, alors maintenant tu l’as dans le cul ! » Tu t’arrêtes un instant avant de pouffer de rire, sans pouvoir le contrôler. « Dans le cul, enfin… Ahah, rigoles-tu de façon presque enfantine. » Et c’est presque bon de rire comme ça. Tu avais presque oublié ce que ça faisait, de rire sans aucune arrière pensée. Sans te forcer. Tu retrouves cette sorte d’innocence que tu pensais perdue depuis bien des années. Tu sais bien que l’alcool y est pour quelque chose, mais tu aimes aussi à penser que la présence d’Alan dans cette nouvelle vie pourra t’aider à te sentir mieux. Mieux avec le monde autour, et mieux avec toi-même.
Rapidement, tu calmes cette euphorie passagère et reprends ton sérieux tant bien que mal. Tu ne sais pas vraiment quoi lui dire, comment lui faire comprendre que peu t’importe demain. Ce qui compte est cette soirée, vous deux. Ici et maintenant. Tu te fiches des conséquences, tu ne veux pas y penser. Tu ne veux plus reculer. Tu es décidé. Et tu sais que, demain, tu n’auras pas oublié. Tu sais que tu le veux, que tu le voudras encore tant que ton envie ne sera pas étanchée. Lui en vouloir ? Tu en es incapable. Tu n’en voudras qu’à toi-même, jusqu’à en être dégoûté. Mais qu’importe, puisqu’il n’est pas question que tu fasses machine arrière. Tu as attendu trop longtemps. Tu sais que ce n’est pas normal, tu sais que ce n’est pas bien. Tu sais aussi que la honte te collera à la peau comme une coulée de lave te brûlant la chair. Mais tu arrives encore à ne pas t’en préoccuper. Inconscience ou irresponsabilité, tu ne sais pas. Tu ne veux pas savoir ça non plus. Tu veux juste goûter ses lèvres à nouveau, sa peau à nouveau. Ce désir à nouveau. Tu veux te plonger dans ce plaisir des sens, empli de concupiscence et tout oublier. Oublier tout ce qui n’est pas lui. Lui et toi. « Je ne serai pas en colère contre toi demain matin, tu promets dans un filet de voix, glissant ton regard trouble dans le sien. Je me rappellerai de tout. Et je ne t’en voudrai pas. Je te le jure. » Avec un petit sourire mutin, tu lèves ta main droite comme si tu te trouvais à la cour, devant le juge et ses jurés. Mais, au fond, tu n’as jamais été plus sérieux. « Alors, arrête de te retenir Alan, souffles-tu en penchant la tête pour aller picorer la peau blanche de son cou de tes lèvres avides. Je te veux, tu me veux, alors ne résiste pas. » Sans lui laisser le temps de te répondre, tu fais passer ton propre haut par-dessus ta tête avant de t’emparer de sa bouche une nouvelle fois. C’est un peu ta façon de le persuader, un peu ta manière de le faire taire aussi. Comme pour ne pas entendre ses excuses à nouveau, comme pour t’enlever ses mots de la tête – ce n’est pas bien. Parce que tu ne le sais que trop bien – c’est une mauvaise chose. Une très mauvaise chose. Mais tu n’y peux rien. L’envie semble ancrée en toi, telle une marque au fer rouge. Tu as beau frotter, rien ne parvient à l’effacer. Sauf peut-être le toucher d’Alan. Sauf peut-être la trace comme une cicatrice de ses baisers, de ses caresses sur ta peau mise à nu. Tes lèvres se font plus caressantes, plus douces sur les siennes et le contact te fait frissonner. Tes doigts fourragent dans ses cheveux, c’est comme un tic. Une sale manie que tu te surprends à ne pas détester. « Et laisse-toi aller, murmures-tu contre ses lèvres, ton souffle mélangé au sien. Laisse-toi aller. » Qu’il s’abandonne pour que tu lâches prise toi aussi.

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Alan R. Wzyciski
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Sam 20 Déc - 4:37

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sawyer & alan

something something — kaskade


L’impossible souffrance d’un évènement si soudain n’était que la surprise qu’il n’attendait pas et qu’il ne voulait pas ressentir percer son cœur et lui nouer les tripes. La voix rauque de Sawyer appelant son prénom tandis qu’il le fuyait comme un lâche. Tremblant de tout son être, à la fois de culpabilité et d’envie passionnelle, il restait en retrait, n’osant même plus poser ses yeux noyés par d’innombrables effluves de sensations sur lui. D’un bond trop soudain, Alan avait fui. Il avait fui comme le plus lâche de tous les hommes et n’avait plus osé s’approcher. Presque recroquevillé contre lui-même comme un enfant trop effrayé de prendre ses responsabilités. En l’occurrence, il le voulait ; mais sa conscience le lui interdisait d’un index trop furieux. Sifflant entre ses oreilles la terrible menace du lendemain regretté. Les pensées volatiles et l’allure fragile, il s’efforçait de perdre ses images et ses pensées trop chaudes qui lui caressaient la nuque et lui faisaient frissonner le bas du dos. Une main serrée contre sa ceinture, comme pour l’empêcher de le fuir, comme s’il avait peur qu’elle allait le quitter et le forcer à reprendre les brûlantes étreintes avec Sawyer. Comme un bambin terrorisé, il est frappé d’un mouvement de recul vain, puisqu’il est contre la porte déjà, lorsque Sawyer l’approche doucement et lui marmonne d’une voix si douce, trop douce, ses mains flirtant dans ses mèches du bout des doigts ; il n’osait même pas répondre, ses yeux tournant autour de lui, sans jamais se poser plus de quelques secondes contre le regard du jeune homme. Il énonçait des évidences qui effrayaient Alan, avec beaucoup trop de compassion. Tellement de douceur qu’elle rendait les peurs d’Alan beaucoup plus fortes. Son regard tremblant et sa gorge tendue par une crainte éternelle d’être coupable dans quelque chose de très mauvais, il eut un bref instant de doute et d’acceptation quand Sawyer vint lui énoncer l’évidence qu’ils le désiraient tous les deux.

D’un très faible hochement de la tête, Alan acquiesça quand le garçon lui demanda si c’était à cause de l’alcool qu’il avait consommé, osant finalement relever ses yeux bleus vers lui, effrayé et renfermé sur lui comme un gamin craintif et peu confiant ; mais Alan avait confiance en Sawyer. Il lui aurait tout révélé, ses manies les plus agaçantes jusqu’à ses plus honteux secrets. Il avait la plus grande de toutes les fois en ce jeune homme. Et pourtant, le simple fait de savoir qu’il avait bu réduisait à néant les espoirs d’Alan, comme les aspirations charnelles de Sawyer. Alan refusait de céder, il avait failli quelques instants plus tôt, mais le toucher de la raison était venu se jeter contre lui avec la même implication que les mains brûlantes de chaleur de Sawyer contre son corps. Qui comme une décharge, l’avaient sorti de sa torpeur d’envie et de désir naïf et bestial. Il avait presque sauté en arrière pour tout arrêter, il avait fui. Il n’avait jamais cessé de fuir devant Sawyer. Sa présence était si intimidante qu’il n’osait même pas répondre, il n’osait même pas lui présenter la moindre once d’arguments pour justifier ses craintes. Mais le garçon savait bien, Alan n’avait pas besoin d’en parler pour que ce soit une évidence aux yeux de Sawyer. Qui, là encore, dans la plus grande des convictions vint lui révéler à voix haute ses craintes. Oui, il avait peur qu’au lendemain Sawyer lui reporte toutes les fautes. Il avait peur de se réveiller et de se faire insulter, il avait peur de se faire à nouveau détester. Il était terrifié. Mais la pointe d’humour suffisait à détendre Alan, qui se mit à sourire timidement, mais aussi nerveusement.

Souriant, il avait commencé à sentir en ses entrailles l’extinction de ce feu de prudence ; tâtonnant à l’aveuglette au fin fond de ses pensées il faisait face à de moins insistantes objections. Son cœur se desserrait et la tendresse de Sawyer s’y creusait finalement un chemin. Comme de longs gestes qui n’attendaient plus que d’être acceptés et reçus. Lâchant finalement la boucle serrée de ses vêtements réenfilés par le choc ; il laissa ses bras tomber contre ses hanches. Baissant un instant la tête, comme s’il était désolé d’avoir refusé, et la redressant ensuite lorsque Sawyer vint lui promettre qu’il ne serait pas furieux contre lui. Ses sourcils inclinés d’inquiétude, mais apaisés par le réconfort qu’apportait cette promesse, Alan se noya dans les yeux de Sawyer. N’osant plus détacher ses pupilles de celles du garçon, il l’écouta et se mit à sourire en le voyant lever la main comme pour jurer devant un tribunal. Et dans un souffle, il fit se taire les voix dans le crâne d’Alan. Ses paupières se refermèrent et sa tête bascula vers l’arrière dans un souffle étouffé tandis que Sawyer était venu y déposer ses douces lèvres. Les bras d’Alan s’étaient couverts d’un large frisson tandis qu’il se laissait embrasser dans le cou, et serrant la mâchoire pour ne pas gémir il laissa ses doigts s’approcher du bassin du jeune homme et lui effleurer la peau. Ouvrant de nouveau les yeux tandis que Sawyer détachait sa bouche de sa nuque, Alan posa ses yeux apaisés sur lui et se mordant faiblement la lèvre inférieure l’écouta l’inciter à ne plus se retenir. Cherchant à s’essayer à la parole, Alan eut du mal à prononcer quoique ce soit si bien qu’il fut rapidement interrompu par l’avide mouvement du jeune homme qui avait retiré son propre haut et l’avait fait taire d’un baiser grisant. Encore une fois, Alan se laissa faire. Ses passions s’étaient alignées, et sa conscience s’était tut. Sa sueur était devenue le parfum de l’envie, et Sawyer le noyait dans ses effluves de plaisir et de besoin. L’inquiétude d’Alan s’était métamorphosée en une violente volonté.

Il avait délaissé ses peurs contre la porte, et tandis qu’il parcourait le torse libéré de Sawyer de ses mains brûlantes, il le laissait continuer dans ses nombreux baisers, le parfum terrible et sournois d’alcool, dans l’haleine et la salive, de Sawyer était devenu un vestige du passé. Alan l’avait oublié et s’en était accommodé ; l’odeur agréable du garçon se noyait dans ses narines et il prolongeait désormais lui-même leurs longs baisers. Caressant avec fougue ses lèvres d’avec les siennes ; retirant ses bras du torse de Sawyer pour venir lui serrer le visage d’une poigne presque trop autoritaire, prenant contrôle sur la longueur insoutenable de leurs souffles unis. Partageant ses sensations avec lui, collant son bassin contre le sien et le faisant reculer d’un pas vers l’arrière. Les mains de Sawyer glissées dans les cheveux bruns d’Alan semblent ne pas le gêner, puisqu’à son tour il lâcha le visage du garçon et lui serra du bout des doigts l’arrière de la nuque et du crâne dans un autre long baiser. Avant de finalement s’arrêter pour respirer, le front contre le sien, les yeux plongés dans les siens. Un souffle euphorique le traversant quelques secondes après qu’il lui murmure de se laisser aller, qu’il insiste. Le souffle bruyant et la respiration haletante de bonheur, Alan recula de leur étreinte pour retirer à son tour le haut de sa tenue, jetant sèchement son t-shirt derrière lui. Son torse de nouveau collé contre celui de Sawyer, muscle contre muscle, il lui prit les mains et joignant ses doigts entre les siens continua de l’embrasser à nouveau, le faisant reculer une fois de plus, jusqu’à ce qu’ils ne s’heurtent à la surface molle et confortable du lit. Contre laquelle Alan le fit s’allonger. Grimpant à son tour, de nouveau dans la même position que plus tôt, lui par-dessus, Sawyer par-dessous. Il resta droit quelques très faibles instants, un sourire planté sur son visage, l’air avide. Et se laissa succomber à nouveau, plongeant son visage contre la gorge du garçon, l’embrassant plusieurs fois, leurs bras tendus et leurs doigts entrelacés. Alan vint reposer ses lèvres contre celles de Sawyer, le souffle haletant de désir. « Je n’oublierai pas… » Avait-il commencé à siffler dans son souffle coupé, entre leurs lèvres avides les unes des autres, « Je dirai rien… À personne… » Avait-il continué avant d’abaisser ses baisers une nouvelle fois contre le cou et la gorge du garçon.

Son bassin remuant et ses mains se séparant de celles de Sawyer, il s’était redressé dans un dernier baiser plus long, presque sur sa pomme d’Adam et vint lui caresser du bout des doigts, presque en les faisant sautiller contre sa peau, le torse. L’allure finement bâtie de Sawyer donnait bien plus envie à Alan que les simples mots et baisers qu’il lui avait partagé plus tôt. Ils avaient tous les deux biens changés depuis le lycée, et l’un comme l’autre avait su entretenir son physique ; ni l’un ni l’autre n’était aussi fin qu’autrefois. Et leurs torses mutuels avaient grandis et s’étaient développés en des silhouettes plus ou moins agréables à regarder. Laissant ses mains se guider jusqu’au pantalon de Sawyer, Alan vint en défaire la boucle entre quelques baisers dont il ne pouvait plus se passer. La chaleur de Sawyer contre lui était beaucoup trop agréable pour qu’il puisse ne plus vouloir goûter à quoique ce soit. Et continuant du bout des doigts, il s’était presque allongé contre lui, ses jambes comme seul support qui le maintenaient presque debout, leurs corps engloutis l’un sur l’autre. Sifflant un souffle rauque et désireux, il se mordit le bas des lèvres et lui retira son pantalon, qu’il fit glisser jusqu’au sol. Retirant le sien par la suite. Leurs sous-vêtements comme seule dernière barrière. Se repositionnant ensuite, il lui attrapa les poignets et plaqua ses bras contre la surface du lit, pour prolonger leurs longs baisers. Le front couvert de sueur et d’envie. Il oublia bien rapidement la moindre culpabilité et consuma une nouvelle fois la chair brûlante et délicieuse de Sawyer avec la sienne. Perdant la notion du temps et achevant cette longue étreinte charnelle de plusieurs murmures et de nombreuses choses avant d’en atteindre la conclusion d’un râle grave et rauque soufflé contre le dos de Sawyer, dans lequel son visage s’était finalement écrasé d’un dernier souffle.

« Je ne peux pas me passer de toi… » Avait-il fini par murmurer contre lui, bien longtemps après qu’ils aient fini tout ça.


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Sam 20 Déc - 10:13

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Tu pourrais sûrement trouver des milliers de raisons pour tout arrêter avant que ça n’aille trop loin ; tu pourrais trouver mille et un prétextes pour partir loin d’ici, fuir cette tentation qui te dévore le bas-ventre. Et tu sais que tu pourrais trouver tout autant d’excuses pour rester ici. Dans sa chaleur. Dans son monde – un monde où, pour la première fois, tu te sens bien. Tu ne sais pas ce que te réserve l’avenir, tu ne sais pas de quoi demain sera fait – tu imagines juste la colère et le regret, la honte. Mais tu n’y penses pas, tu ne veux pas y penser. Pas maintenant, pas tout de suite. Tu veux juste profiter. Être en pleine harmonie avec le brun et toi-même et ne plus être assailli par toutes ces questions, toutes ces craintes. Toute cette violence qui d’ordinaire te consume. Et tu sais que si tu n’y arrives pas ce soir, jamais tu ne retrouveras le courage et la force nécessaires pour venir à lui une nouvelle fois. Ce premier pas t’avait coûté, preuve en est l’alcool qui coule encore dans ton sang comme un poison déposant une brume épaisse sur ton cerveau et ta raison. Alors tu veux qu’il cède. Tu veux qu’il te cède pour t’enlever la culpabilité de te laisser aller toi aussi. Tu ne veux pas te sentir comme étant le seul fautif. Tu veux partager ce poids sur ta poitrine. Et, ta bouche dans son cou, tu te délectes de cette saveur sur sa peau – un mélange léger de parfum et de sueur, laissant comme un goût de sel sur ta langue. Des images de vos jeunes années te reviennent en mémoire, attisant le feu dans tes reins et tu grognes un peu, complètement submergé par le désir. Quand le brun s’écarte pour retirer son haut à son tour, tu ne peux t’empêcher de laisser dériver tes yeux sur la musculature fine et bien dessinée de celui que tu te rappelais comme étant un gamin en pleine croissance. Alan a changé depuis le lycée – comme toi, comme tout le monde en vérité. Sa peau garde cette même texture crémeuse mais son corps est tellement plus développé que dans ton souvenir. Ce n’est plus un gosse que tu as devant toi, mais bien un homme. La gorge sèche, tu sens le frisson chaud qui dégringole ta colonne vertébrale et tu déglutis avec peine. Tout ça te donne tellement envie. Avec tant de force, que tu t’effraies toi-même de le vouloir si fort. Si puissamment. Tu ne savais pas qu’il était possible de désirer quelqu’un aussi fort. Jamais ça ne t’était arrivé de désirer une fille comme tu désires Alan en cet instant. Ton estomac se tord, il te brûle. Et ton corps tout entier vibre. C’est comme sentir la vie affluer par vagues géantes à l’intérieur de toi ; c’est comme sentir ton cœur battre violemment contre tes côtes à t’en briser la cage thoracique. C’est comme sentir ton âme s’élever, sortir de ton corps et rejoindre la sienne. Est-ce qu’il était seulement possible de se sentir aussi proche de quelqu’un alors que vos deux êtres avaient toujours été si diamétralement opposés ? Tu ne l’aurais jamais cru ; tu n’y aurais jamais pensé. Et pourtant tu es là, son corps épousant à nouveau le tien, sa bouche couvrant encore une fois la tienne. À retrouver le moelleux du matelas sous toi, sans même ressentir une once de peur – ou si tu es angoissé, la passion est si puissante que rien d’autre n’existe à part elle.
Alors que l’être tout entier d’Alan te surplombe, tu te laisses enfin tomber dans toute cette déchéance des sens. Tu as arrêté de réfléchir voilà longtemps, tu as mis ton cerveau sur pause juste pour plonger dans l’instant présent. Les baisers brûlants qu’il dépose au creux de ta nuque te font cabrer le dos dans un râle plaintif, ton corps pulsant contre le sien. Tu brûles, tu as si chaud. C’est insoutenable. Tes mains se resserrent de façon naturelle sur les siennes, comme si tu espérais que jamais elles ne se détachent. Comme si tu t’accrochais à lui pour ne pas sombrer tout seul, comme si tu voulais qu’il t’accompagne dans ta chute. Tu as besoin qu’il tombe avec toi. Tu as besoin qu’il soit là, même si cette pensée te renverse l’estomac. Il faut qu’il soit avec toi. Son souffle t’électrise et ses mots te parviennent comme à travers un voile, de loin. Leur sens arrive pourtant à glacer ton sang d’effroi et tu restes un court instant à le fixer dans les yeux, complètement immobile. Incapable de répondre quoique ce soit, tu acquiesces seulement d’un faible mouvement de tête parce que tu te rends compte que tu le crois. Que tu as confiance en lui et que tu ne t’étais même pas dit qu’il aurait pu se servir de cette soirée pour te nuire. L’idée ne t’avait même pas effleuré l’esprit, pas une seconde. Et cette constatation te pétrifie un moment. Elle tourne et retourne à l’intérieur de ton crâne jusqu’à ce que tout s’évanouisse à la sensation de son bassin heurtant le tien. Et puis tout s’évanouit. Le reste se perd dans un brouillard épais, fait de sensations brûlantes et de gémissements rauques. Comme lors de votre première, ton corps lui appartient le temps de cette danse sensuelle qui t’exalte et te fait tout oublier. Tu n’es plus que frissons et tremblements. Tu n’es plus Sawyer, tu n’es plus toi. Tu n’es rien que ce feu qui te parcourt à la sensation de votre communion. Et c’est encore plus brûlant que la première fois, c’est encore plus puissant que dans ton souvenir. Le monde a disparu autour de vous, tu t’es noyé dans la mer azur de son regard et il ne reste que ce bleu si intense tout autour de toi. Tu te demandes même comment tu as fait pour attendre aussi longtemps avant de recommencer, ce qui te retenait de ne plus le faire. Tu ne te souviens plus de toutes ces raisons qui te bloquaient, qui t’empêchaient d’être simplement toi et de profiter de cette passion bouillonnante à l’intérieur de ton être. Tu as tout oublié de ce qui n’était pas ce corps ondulant en rythme avec les battements effrénés de ton cœur dans ta poitrine. Vos souffles se mélangent, tu ne fais plus qu’un avec lui. Et tu as l’envie de te perdre un peu plus dans cette tempête ravageuse. Tu aimerais qu’il te brise, qu’il te fasse ployer jusqu’à te casser comme un vulgaire jouet. Et dans un coup de reins plus puissant, tout s’arrête. Ta respiration se bloque. Les couleurs de l’arc-en-ciel semblent danser sur ta rétine, la Terre tangue à t’en filer la nausée. Tu presses les paupières, un long cri silencieux est coincé dans ta gorge. La digue a cédé et tu t’es enfin noyé. Noyé sous la vague d’une félicité toute nouvelle à laquelle tu n’avais encore jamais goûté. Et c’est doux, c’est presque rassurant. C’est apaisant. Il n’y a plus rien qu’un silence qui s’éternise et tes oreilles sifflantes de ton cœur qui se décroche de ta cage thoracique pour pulser partout à l’intérieur de ton corps. Yeux fixés au plafond, tu restes un long moment à essayer de retrouver une respiration normale.
Le silence s’éternise et tu remercies intérieurement Alan de ne pas parler. Tu as besoin de ce silence pour remettre tes idées en place, pour repousser tous tes démons qui resurgissent comme des diablotins sortant de leur boîte. Ton corps est encore tout chaud, tout vibrant de ses caresses, de ses baisers. De ses attouchements. Tu sens encore le mélange de vos deux êtres et tu dois faire un effort conséquent pour ne pas céder à la panique. Encore plus quand tu entends la petite voix du brun qui te chatouille les oreilles. Tu aimerais te dire que c’est ton imagination, que tout ça c’est dans ta tête, mais quand tu tournes ton regard vers lui et que tu aperçois la lueur sincère dans ses iris encore illuminés, ta gorge s’assèche instantanément. Tu n’es pas encore prêt à ça. Tu n’es pas le genre de personne à faire ça. Les mots d’après l’amour, les confidences sur l’oreiller. Le sentimentalisme. La douceur. Ce n’est pas quelque chose de naturel, d’inné chez toi. Trop habitué à la dureté, à la violence, tu ne sais pas faire dans le tendre. Tu déglutis, mal à l’aise, sans savoir quoi faire. Qu’es-tu censé lui répondre ? Qu’es-tu censé répondre à ça ? Tu ne sais pas. Tout s’embrouille. Quelque part, cette simple petite phrase amène comme un vent de chaleur à l’intérieur de ta poitrine mais l’image de ton meilleur ami décédé se plaque sur l’écran de tes paupières et tu frisonnes d’inconfort. Tout ça n’a pas de sens. Tout ça n’est pas réel. Tu lui rappelles Alex, tu n’es qu’une réminiscence de cette relation qui n’a pas pu s’épanouir. Tu n’es pas prêt à te laisser aller à plus que la passion du corps. C’est déjà trop lourd à porter pour toi. Beaucoup trop. Toujours sans rien dire, tu te penches vers lui pour poser ta bouche sur la sienne. C’est un simple attouchement, doux et sans brutalité aucune. Juste une caresse emplie d’autant de tendresse dont tu es capable mais elle te retourne le ventre aussi puissamment que la plus appuyée des étreintes. « Je ne peux rien te promettre Alan, tu souffles doucement comme si tu étais effrayé à l’idée de parler trop fort. Je suis désolé. J’en suis incapable. » Et à défaut de trouver des mots d’amour à lui murmurer à l’oreille avec douceur, tu préfères te montrer honnête. Tu ne peux pas. Pas pour l’instant. Peut-être jamais. C’est encore trop tôt pour toi, bien trop tôt. Il te faut du temps. Il te faut de l’espace. Il te faut accepter cette part de toi-même que tu retenais dissimulée dans un coin sombre de ton être. Mais c’est difficile. C’est difficile parce que, déjà, retentit la voix sourde de ton père à l’intérieur de ton crâne. L’accalmie est finie et la vague de haine t’envahit, aussi puissante qu’un coup de poing en plein estomac. Tes mains s’agitent sur les draps. Tu couvres ton corps comme si tu étais soudain transi de froid, le sang glacé d’effroi dans tes veines. « Est-ce que… est-ce que je peux rester dormir ici cette nuit ? » Le moment où tu le quitteras t’angoisse plus qu’il ne faudrait. Tu redoutes l’instant où la solitude s’emparera de ton être pour te broyer de l’intérieur. Parce que tu sais que la crise est imminente – et tant que tu restes avec lui, tu es en sécurité. Sain et sauf de toi-même. Tu te tournes sur le flanc, dos à Alan, cependant que tu attrapes sa main, y mêlant tes doigts à nouveau et forçant son corps à venir contre le tien. Gardant sa paume contre la tienne, tu presses les paupières. « Reste comme ça, s’il te plaît, murmures-tu. Contre moi. » Tu es encore nu, tu te sens sale. Sa chaleur te brûle comme un acide te déchiquetant la chair. Mais il est le remède à ce mal qui te ronge – à la fois bourreau et sauveteur. À la fois le poison et l’antidote.

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Sam 20 Déc - 11:53

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Reposé contre lui, lové contre sa peau nue et brûlante, Alan était détendu. Bien plus tranquille que plus tôt. Cet instant d’intense partage l’avait apaisé et lui avait ouvert les yeux. Il venait de comprendre ce qu’il éprouvait. Tandis qu’il s’unissait dans leurs souffles et leurs mouvements, il avait compris ce que Sawyer signifiait pour lui. Et même s’il ne voulait pas l’admettre, il était heureux de savoir qu’il ressentait cela et pas autre chose. Il était exalté de bonheur, même après tout ça. Détendu et presque souriant, content que tout ait eu lieu. Si joyeux de l’avoir rencontré, si heureux que leurs vies se soient croisées. Il était comme Alex. Un pilier contre lequel Alan pourrait se tenir, contre lequel il pourrait se sentir sain et sauf. Un monument contre lequel il oublierait tous ces problèmes, grâce auquel il était heureux. Quand bien même il ne l’admettrait jamais, trop orgueilleux pour oser. La tête presque posée sur le dos de Sawyer, il avait marmonné quelque chose, quelque chose qu’il avait tant de fois dit à Alex, quelque chose qu’il voulait tant répéter à Sawyer, le reformuler, l’améliorer, et le lui transmettre à chaque fois un peu plus. Les yeux pleins d’espoir et un sourire presque naissant entre ses lèvres, tandis que son index se frottait tendrement contre la peau de Sawyer. Et quand il se tourna vers lui, Alan le regarda dans les yeux, l’air sincère et rassuré. Il se sentait bien, il se sentait protégé. Il était heureux d’être là avec lui, comme ça. La situation n’avait pas d’importance et les circonstances encore moins. Alan ne lui en voulait pas d’avoir bu, il ne s’en voulait même pas d’avoir cédé à la trop grande tentation ; il n’était pas non plus essentiellement fier de lui, mais il était content. Content d’avoir passé cet instant avec Sawyer et pas un autre, content que ce soit Sawyer qui ait voulu le passer avec lui et non l’inverse. Il était rassuré de savoir qu’il comptait tout de même.

Ils échangèrent un autre baiser, beaucoup plus tendre et sans intention aucune derrière celui-ci, lequel fut maintenu par un simple toucher d’Alan sur la joue du garçon, les yeux clos et le temps allongé autour de lui ; comme pour en préserver le moment, pour élargir et ralentir cette tendresse, la rendre plus présente et ne jamais l’oublier, retirant sa main de la joue du garçon, aussitôt que le baiser prit fin, il rouvrit les yeux et le contempla avec beaucoup d’admiration, beaucoup de ressenti intense. Beaucoup de volonté, surtout. Dans un souffle très léger, Sawyer vint cependant faire redescendre Alan de son nuage utopique, assurant qu’il ne pouvait rien promettre à ce sujet, à propos de ce qu’il lui avait dit plus tôt, mais Alan n’était pas furieux, ni blessé. Il se contenta de hocher la tête et alors qu’il s’approfondissait en excuses. Alan le fit taire d’un sourire plein de compassion et lui murmura d’une voix toujours aussi douce qu’avant « C’est pas grave. Je comprends. C’est moi qui vais trop vite. T’inquiètes pas, tout va bien… » Et l’observant quelques instants, il aurait juré voir la même beauté qui l’avait charmé chez Alex, cette présence pleine de charisme et de bienveillance, cette allure protectrice et solide. Alan restait silencieux, les yeux perdus dans son admiration béate de Sawyer. Toujours nus l’un comme l’autre, Sawyer commença à trembler et vint se couvrir des draps. Alan le rejoignit aussitôt, parce qu’il commençait à frissonner à son tour aussi.

« Bien sûr que tu peux… Commença à répondre Alan le ton rassurant Tu es toujours le bienvenu. Que ce soit pour passer dire bonjour, ou venir cuver de tes quelques verres. » Répondit-il finalement, lorsque Sawyer lui demanda s’il pouvait rester dormir, en souriant à la fin de sa propre phrase, plaisantant évidemment sur les circonstances de cette soirée forte en rebondissements, sans pour autant chercher à être blessant. Alan ne voulait pas qu’il parte, il voulait le garder auprès de lui bien plus longtemps. Il voulait rester blottit contre lui, même sans qu’il ne se passe rien, et ne plus le laisser partir. Ces évènements avaient éveillés des intentions qu’il ne se pensait pas capable d’éprouver pour qui que ce soit ; il voulait garder Sawyer contre lui et l’enlacer indéfiniment sous ses épais draps chauds. Il ne désirait plus son corps, l’envie était passée à la suite de leur étreinte, il voulait la personne qu’il était. Il voulait savourer sa présence plutôt que son être. Et quand il vint lui tourner le dos Alan eut peur qu’il ne le quitte déjà et aille se coucher ailleurs, mais son cœur fut rassuré lorsqu’il sentit la main de Sawyer prendre la sienne et le faire venir contre lui. Entremêlant ses doigts dans ceux d’Alan, celui-ci passa son bras autour de la taille de Sawyer et resta contre lui, comme il lui demandait. « Aussi longtemps que tu voudras. » Lui souffla-t-il à voix basse, en passant son autre bras par-dessus sa tête, où le bout de ses doigts flirterait tendrement avec ses cheveux, sans attendre quoique ce soit en retour, simplement pour le faire se sentir bien. Leur chaleur unifiée, silencieux et reposé, Alan préserva ce silence aussi longtemps que possible.

Serré contre lui, reposé et tranquille, sa main dans la sienne ; sans rien dire et sans rien faire d’autres pendant de longues minutes de tranquillité et de silence adorable et réconfortant. Troublant la tendresse de ce silence en laissant ses lèvres frôler le brûlant contact de son dos, les jambes entremêlées avec les siennes, rassuré. Caressant du pouce l’extrémité de la main de Sawyer, Alan approcha la tête un instant mais la recula ensuite, reprenant sa position initiale dans cette longue étreinte. Hésitant à parler, par peur de briser le silence si réconfortant, ou de dire quelque chose qu’il ne fallait pas, beaucoup trop tôt. Il se contenta de chuchoter « Je suis content que tu sois venu me voir. » Et de déposer un tendre baiser dans sa nuque, qu’il s’efforça de ne pas faire durer, pour ne pas le mettre mal à l’aise et ne pas lui faire croire qu’il attendait à ce qu’il change d’avis, à ce qu’il revienne sur ce qu’il ne pouvait pas lui promettre. Au final, tout cela lui importait peu, ils étaient très bien comme ça, il n’y avait aucune complication, aucune sorte de règles à suivre, s’ils voulaient se voir ils se verraient, s’ils ne voulaient pas ils ne se verraient pas. Cette situation convenait parfaitement à Alan. Et l’observant sans rien dire, il savourait cette autre étreinte, d’un genre qu’il n’avait jamais connu avec Sawyer ; c’était si apaisant, si relaxant. Si différent. Cette tendresse sans limite dont il s’étonnait de pouvoir faire preuve avec ce garçon l’étonnait chaque fois un peu plus. La chaleur reposante du corps de Sawyer contre le sien l’assurait dans cette impression de protection, dans cette impression d’être au-delà de tout ; distant de l’univers et recroquevillé contre la seule chose qui avait la moindre valeur à ses yeux en ce seul instant.

Il se dégageait d’Alan un sentiment de béatitude, un bonheur unique qu’il n’avait pas ressenti auparavant, quelque chose qu’il n’avait jamais ressenti pour qui que ce soit, quelque chose qui le fit frissonner un instant et se resserrer contre la brûlante silhouette de Sawyer, qu’il enlaçait. Avant de s’en rendre compte et de marmonner un « Désolé... » En reculant un instant ; sa main toujours dans la sienne. Retirant son bras libre pour le laisser glisser plus bas et déambuler le long de la silhouette de Sawyer, caressant du bout de l’index et du majeur sa peau chaude et réconfortante. Comme pour se détendre et en même temps prolonger la tendresse de leur longue embrassade. Avant de finalement s’arrêter, fatigué. Ses yeux se perdant dans la noirceur de l’appartement, se perdant dans le dos et les cheveux de Sawyer, fatiguant un peu plus chaque secondes, les paupières lourdes et engourdies par l’épuisement de cette nuit presque blanche qu’ils venaient de passer. Il se redressa un instant, mais n’eut pas bien le temps de quoi que ce soit, que sa tête vint se poser contre l’épaule de Sawyer et qu’il ferma les yeux. Ne s’endormant pas, mais se délectant de sa présence contre lui.


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Dim 21 Déc - 11:26

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Tu aurais presque préféré qu’il te hurle dessus, qu’il te dise de dégager. Ça aurait été plus simple, plus facile. Tu aurais pu alors le détester de tout ton être et tout aurait été fini. Enfin fini. Tu aurais pu oublier cette passion dévorante, ton cœur qui bat trop vite, trop douloureusement. Tu aurais pu l’oublier, lui et ses grands yeux d’azur qui sont comme des morceaux de ciel et d’espoir, lui et son sourire trop tendre et trop adorable. Lui et son être tout entier qui te fait vibrer malgré toi. Tu serais alors parti, sans un regard en arrière ; tu te serais promis d’oublier jusqu’à la saveur de sa langue contre ta langue et ta vie aurait repris son cours. Comme avant. Normalement. Ça aurait été si simple s’il avait été juste furieux, blessé et s’il t’avait tout bonnement demandé de partir. Mais non, Alan n’est pas comme ça. Alan n’est pas méchant. Alan est le gentil de l’histoire et tu es le vilain monstre qui lui brisera le cœur, même involontairement. C’est comme si tout était déjà écrit d’avance et que tu ne pouvais rien contre la marche du destin. Tu ne peux que subir, impuissant, la douceur et les attentions du brun. Subir son sourire qui te fait battre le cœur. Tu aurais presque préféré que tout éclate dans la violence et les cris mais Alan fait se resserrer la petite bulle chaude qui vous entoure et te compresse la poitrine. Tu te sens bien, pourtant. Tu aimes la sensation de chaleur qui te couvre le corps et le cœur. C’est agréable. La sensation de vide s’estompe petit à petit et tu te sens comme à ta place. Au bon endroit, au bon moment. C’est comme si la simple présence de cet être à tes côtés arrivait à calmer le tumulte qui fait rage à l’intérieur de toi. Tu sais pourtant que la tempête gronde, tu la sens qui souffle son vent de rage partout sur ton âme. Mais si tu fermes les yeux et que tu te concentres sur l’odeur masculine d’Alan, tout semble se calmer instantanément. C’est à la fois rassurant et effrayant. Tu aimerais pouvoir rester comme ça pendant encore longtemps parce que tu as peur de ce moment où tu seras obligé de le quitter ; tu aimerais que tout se stoppe soudainement pour que la douleur soit moins violente, pour que tout ça ait une fin rapide – un peu comme quand on arrache un pansement en une seule fois. Tu aimerais lui demander d’arrêter d’être si gentil, tu aimerais lui demander de te frapper jusqu’à ce que ta peau craque et que le sang coule comme pour te laver de tout ça. De toute cette horreur qui vient d’arriver. Comme si tu voulais que ton corps oublie, que ta tête oublie. Que ton cœur repousse chaque image ancrée sur ta rétine comme un film en noir et blanc. Est-ce que, comme votre première fois, ces images te hanteront encore pendant des années ? Quelque part, tu espères pouvoir garder ces souvenirs dans un coin de ta mémoire, les ressortir quand ton cœur sera trop lourd. Te rappeler de sa peau, de son odeur. Te rappeler de sa douceur. C’est important pour toi. Au moins, tu pourras te souvenir que le bonheur était à portée de mains – et que tu l’as laissé filer sans bouger, trop apeuré de ta propre nature violente et incontrôlable.
Tu lâches un petit rire enfantin quand Alan fait un trait d’humour, te rappelant à ton début de soirée plongé dans l’alcool comme pour y noyer ces pensées qui te coupaient la respiration. « Arrête de croire que je suis complètement ivre, tu grognes à la manière d’un enfant de cinq ans, sans pour autant te départir de ce sourire ridicule sur tes lèvres. D’accord, je n’ai pas réussi à monter les escaliers sans ton aide mais, pour ma défense, les marches sont hautes. » Une excuse un peu merdique qui ne trompera personne, pas même toi, mais tu te surprends à apprécier la légèreté de l’instant. À sentir cette sorte d’intimité qui s’installe entre Alan et toi. Comme si, doucement, vous vous rapprochiez. Demain, tu prendras peur ; demain, tu décideras de t’éloigner. Demain. Ce soir, tu voudrais juste en profiter. Profiter pendant que tu le peux encore de cette douceur, de cet instant de paix intérieure. Parce que tu te sens bien. Et que cette sensation ne t’a pas été familière depuis très longtemps déjà. Dos au brun, sa main dans la tienne et son corps chaud pressé contre le tien, tu restes un moment sans bouger, sans même avoir l’impression de respirer. Tu ressens chaque centimètre carré de sa peau avec tant d’acuité que tu en frissonnes violemment. Et sa main dans tes cheveux te berce, encore mieux que n’importe quelle chanson pour enfant à la nuit tombée. C’est agréable. Tu n’aurais jamais cru te retrouver dans une telle position un jour mais tu arrives à ne pas t’en préoccuper. Tout est calme. Et tu es calme. Il embrasse le bas de ta nuque et ses lèvres sur cette partie de ton corps te donnent la chair de poule. Tu ne te savais pas si sensible à cet endroit précis. « Je suis content d’être venu aussi, tu réponds dans un murmure. » Et tu n’en prends conscience qu’à l’instant même où les mots passent le rempart de tes lèvres – oui, tu ne regrettes pas de l’avoir rejoint, lui, pour cette nuit. Ça a été comme une évidence pour toi. Tu n’as pas hésité. C’était Alan, personne d’autre. Comme s’il avait été la seule personne que tu voulais voir, la seule personne dont tu voulais sentir la présence à tes côtés. Comme si le brun était le seul à pouvoir te comprendre, t’accepter malgré tous tes défauts. Malgré ta dureté, ta lâcheté. Comme si, avec lui, tu pouvais enfin être juste toi. Sans artifice ni mensonge ; sans façade. Sans aucun sourire qui sonne faux. Parce qu’il t’accepterait. Tu restes muré dans un silence léger, agréable, uniquement troublé par vos respirations lentes et égales. Tu sens ses doigts qui effleurent ta peau, la sensation te traversant comme de petits courants électriques. Pendant un instant, tu te demandes ce que ça te ferait d’avoir ça chaque jour de ta vie, régulièrement. Est-ce que tu apprécierais toujours autant ? Est-ce que tu t’en lasserais ? Tu te demandes si tu accepterais une telle proximité avec une autre personne qu’Alan. La réponse ne t’étonne même pas lorsque la seule pensée de quelqu’un d’autre à sa place te laisse un goût métallique de malaise à l’intérieur de la bouche. Mais tu te demandes alors si tu pourrais vivre avec cette impression d’être sale à chaque fois qu’il te touche, même si tu aimes ça. Si ça ne te rendrait pas fou, ivre de rage avec le temps. Comme soudain de nouveau agité, tu te tortilles légèrement.
« Alan ? » Tu te sens comme un petit enfant qui aurait besoin d’être rassuré, de sentir les bras réconfortants d’un parent autour de lui et la voix tendre lui disant que tout irait bien. Les questions reviennent, l’angoisse aussi. Tu presses les paupières, espérant calmer la vague soudaine qui te frappe sans prévenir. « Comment… comment est-ce que tu as su que… que… tu tentes avant de mordiller ta lèvre inférieure. » Les mots eux-mêmes t’effraient au point qu’ils restent coincés dans ta gorge, t’étouffant. « Comment est-ce que tu as su que tu étais… gay ? » Tout ça semblait si évident, si facile pour lui. Comme si c’était naturel, inné. Alan avait cette facilité à se montrer comme il était et tu l’envies pour ça. Tu l’envies parce que tu as beaucoup de mal à accepter ce changement, cette déviance comme tu l’appelles. Éduqué dans la rudesse de l’homophobie, tu as du mal à te défaire de cet endoctrinement qui t’a poussé, pendant des années, à détester, à haïr des gens comme lui. Des gens comme toi, au fond. Et tout ça te mène à te détester toi-même, à éprouver cette sorte de dégoût que, autrefois, tu éprouvais pour tous ces gens qui aimaient une personne de leur sexe. Tu n’as pourtant jamais compris, tu ne t’es jamais intéressé aux fondements de cette haine qu’éprouvait ton père pour les homosexuels, pour ceux qui étaient ‘différents’ de vous. Tu avais été élevé comme ça et c’était tout. Tu n’avais jamais cherché plus loin. Mais quand tu as commencé à sentir cette attraction à l’intérieur de toi, ces pulsions qui, à ton esprit, n’avaient rien de normal, tu avais commencé à te poser des questions. En secret, d’abord. Et puis à voix haute. Mais ça n’avait jamais eu d’autre résultat qu’un peu plus de violence et de haine de la part de ton paternel. Alors tu avais refoulé tout ça, loin, très loin dans un coin sombre de ton être et tu avais attendu. Tu avais espéré que ces envies s’évanouissent avec le temps. Que la honte finisse par partir si tu te forçais à aimer les filles. « Et tu… tu n’as jamais eu de difficulté à t’accepter… comme ça ? tu reprends difficilement. » Et tu te félicites intérieurement de lui avoir tourné le dos parce que tu aurais tout simplement été incapable de lui poser ces questions si ses grands yeux azur t’avaient fixé. Comment est-ce que tu pouvais t’accepter, toi aussi ? Comment est-ce que tout cela fonctionnait ? Est-ce que ça faisait de toi quelqu’un de monstrueux, d’anormal ? Est-ce que tu allais finir par brûler en Enfer, y avait-il une rédemption possible pour les gens comme Alan, comme toi ? Tu entends encore ton père et ses discours, tu entends sa voix comme une sentence. Tu ne veux pas être condamné, damné. « Tu arrives à te sentir normal, malgré ça ? Je veux dire… essayes-tu, la voix devenue un peu rauque tandis que tu t’agites nerveusement sur le matelas. Ça ne te pose pas de problème de ne pas être comme tout le monde ? » D’être regardé comme un monstre, de vivre en marge de la société. Tu connais l’intolérance et la violence du monde – cette même intolérance, cette même violence que ton père infiltrait en toi à mesure que tu grandissais. Tu connais les difficultés. Et pourtant, Alan n’a jamais semblé être affecté par tout ça, comme s’il continuait d’avancer sans même le remarquer. Sans même s’arrêter.

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Dim 21 Déc - 19:29

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4am — kaskade


Ses vagabondes caresses sur le dos d’albâtre de Sawyer le rassurait, ces si simples effleurements de sa peau du bout des doigts rassuraient Alan, et tandis qu’il avait cessé et restait calmement blottit contre lui, l’enlaçant d’un bras, il était heureux. Il était rassuré, protégé. Il se sentait bien, tout était plus calme et moins ardent. Tout était si tendre et discret. Ils respiraient dans le silence et rien n’était venu briser leur calme tranquillité. Il aimait la sensation de quiétude qui les entourait tandis qu’ils restaient l’un contre l’autre, à se réchauffer mutuellement par leurs simples présences. Sans pensées mal-placées, tout était tendre et endormi. Ils ne dormaient pas, ni l’un comme l’autre, mais gardaient tout de même un calme entre eux. Comme pour se souvenir de l’instant précédent, comme pour rallonger la période de bonheur et de plaisir muet. Mais même si les choses étaient idylliques, Alan ne pouvait s’empêcher de se répéter à l’esprit que c’était trop beau pour être vrai, c’était ça se poser ? C’était ça s’arrêter pour quelqu’un ? C’était ça, aimer ? Même avec Alex il ne s’était jamais arrêté pour savourer la tendresse. Ils étaient plus jeunes, donc nécessairement, ils avaient été plus passionnels ; mais en ce moment, avec Sawyer il était au calme, noyé dans le silence complet parfois estompé par leurs souffles, mais rien de plus. C’était étrange, et ça le déstabilisa quelques instants. S’en remettant en savourant la chaleur de Sawyer dans laquelle il se noyait, faisant lentement remuer son pouce contre sa main ; pour s’assurer qu’il était toujours là et qu’il ne rêvait pas.

« Elles sont hautes, elles sont hautes… Moi j’dis que t’as juste abusé de la bibine écoute ; y a rien de mal à ça. » Avait-il protesté dans un sourire à la prétendue excuse de Sawyer qui vint se défendre à sa plaisanterie. « Et si tu veux mon avis, y a pas que ça que t’aurais eu du mal à monter sans mon aide ! » Avait-il surenchéri dans l’humour, à voix plus basse. Presque marmonné contre son oreille, comme pour empêcher qui que ce soit d’autre de l’entendre. C’était rassurant de savoir qu’ils pouvaient être si proches, alors qu’à peine quelques jours auparavant ils en étaient venus aux mains. Alors qu’il y a quelques jours, ils se détestaient avec tant de violence qu’on n’aurait jamais pu penser d’eux qu’ils pouvaient ne serait-ce qu’apprécier la présence de l’autre, alors cette soirée, personne n’aurait pu la voir venir ; pas même Alan qui restait toujours surpris. S’assurant de la réalité de la chose, tout autant que pour se détendre et assurer à Sawyer qu’il était là et qu’il ne bougerait pas, il laissait aller ses doigts dans ses cheveux, d’un geste tendre et répété comme de douces caresses sur le pelage d’un animal ; comme une si simple méthode de lui dire qu’il comptait à ses yeux, sans avoir à articuler le moindre mot. Renforçant son argument silencieux par un tendre baiser déposé contre sa nuque, il resta un très faible moment le visage presque posé sur lui, avant de reculer la tête et d’entendre Sawyer lui marmonner qu’il était tout aussi content d’être venu. Le visage d’Alan se tordit d’un sourire incontrôlé, si fier de l’entendre dire ça, si heureux et tellement rassuré. Il ne cacha pas son souffle tremblotant en l’entendant, comme s’il expulsait ses peurs de ne pas avoir d’importance à ses yeux, comme s’il venait d’expulser tout ce qui lui faisait peur hors de lui.

Se resserrant contre lui presque aussitôt qu’il l’entendit dire cela, juste le temps de lui faire comprendre sa reconnaissance, avant de s’éloigner de lui dans une excuse marmonnée, comme s’il avait honte, comme s’il avait peur d’être trop entreprenant ou trop pressé. Les yeux clos par la suite, savourant le silence, il avait presque commencé à s’endormir contre lui quand la vibration de ses paroles vint rouvrir les yeux du jeune homme, qui presque dans un sursaut avait très faiblement resserré la main de Sawyer contre la sienne, avant de marmonner un « Mh ? » en entendant son prénom. Et en même temps, il se redressait, pour être sûr de ne pas chuter dans le sommeil pendant qu’il lui parlait, la voix inquiète du garçon fit légèrement peur à Alan, qui n’aimait pas toute cette hésitation dans le ton de Sawyer, jusqu’à ce que ce verbe vint chatouiller les oreilles d’Alan, savoir, il avait compris de quoi il voulait parler. Mais ne voulait pas l’interrompre dans son combat contre son éducation. Trop heureux de constater ce changement en personne. Il aurait aimé connaître un Sawyer fier de ce qu’il était, mais ce n’était pas aussi simple, il fallait apprendre à marcher avant de pouvoir courir. Alan s’était redressé et s’appuyait sur son bras libre, regardant Sawyer avec calme et beaucoup de compassion, la main toujours noyée dans la sienne.

Il était mignon, se disait Alan, tellement mignon à ne pas oser prononcer ce mot, tellement. C’était bien sûr un problème, moralement, mais dans cette situation, Alan trouvait cela drôle et très mignon à voir. « Tu veux la véritable version ou la version romantique ? » Avait-il dit d’un ton tendre et relaxant, pour ne pas inquiéter Sawyer. Pour le rassurer dans ces interrogations et ne pas trop le brusquer. Il pencha la tête vers lui et lui embrassa la joue, tendrement et gentiment. « Quand j’ai découvert que je préférai les joues d’un garçon plutôt que celles d’une fille. » avant d’approcher ses lèvres de l’oreille de Sawyer pour y chuchoter d’un ton plus amusé « Quand j’me suis mis à bander devant un type torse-nu, au collège. » Lui déposant un autre baiser dans le cou, avant de se redresser pour reprendre la parole. « Mais y a aucune bonne façon de le savoir. Y a aucun moment qui est le meilleur pour découvrir qui tu aimes. » Disait-il d’un ton plus sage, presque comme un professeur impliqué dans l’éducation d’un élève. Sawyer repris ensuite, avec toujours autant de mal à trouver les bons mots, Alan se mit à sourire en l’entendant parler de difficulté à s’accepter, mais il ravala son sourire pour répondre d’un ton détendu « Non, je me suis toujours accepté. Je suis comme je suis, un juif natif-américain fils d’émigrée polonaise et pédé. Le cauchemar du Parti Républicain. Commençait-il sur un ton plaisantin. Ce sont les autres chez qui ça pose problème, je ne demande rien à personne, moi. Je vais pas non plus chercher à faire changer les autres, tu deviens pas homo, tu l’es ou tu l’es pas. » Il avait un peu incliné la tête sur le côté, pour le regarder, Sawyer restait de dos, mais redressé sur le lit, Alan pouvait voir la difficulté qu’il avait à en parler, à lui poser ces questions. Et c’était tout à fait compréhensible de toute façon, il avait été élevé pour ne jamais oser en parler, et s’il devait en parler c’aurait été pour en dire du mal, énormément de mal.

D’une voix plus grinçante et plus mal-à-l’aise, comme ses mouvements sur le matelas, il vint à parler de normalité ; les restes des mots de son père, sans doute. Alan se vexa quelques courts moments, avant de répondre, retrouvant son calme et le pardonnant pour l’emploi de ce terme, le laissant terminer sa question, il répondit d’abord en silence, en lui faisant une autre caresse dans les cheveux. « Je trouve ça normal, pas toi ? Disait-il en passant ses doigts dans les cheveux du garçon, Et ça aussi, c’est normal Continuait-il en venant l’embrasser dans la nuque. » Redressant la tête, mais gardant sa main de nouveau dans ses cheveux, Alan vint continuer sur ce même ton plein de compassion et de pardon « C’est normal. Même si ça ne plaît pas à d’autres, il n’y a rien de mal à aimer quelqu’un, pourquoi est-ce que ce serait anormal ? » Il ne précisait pas qui il aimait, il ne le ferait jamais, ses mots se voulaient général, mais la situation portait bien à confusion, la main toujours serrée contre celle de Sawyer, il ne voulait pas le lâcher, il voulait rester contre lui. Réfléchissant à ce qu’il voulait dire ensuite, il continua une fois les mots trouvés. Et ses souvenirs de haine effacés de son visage. « Au début, c’est évident que ça gêne. Je voulais pas me l’admettre quand j’ai commencé à ressentir de l’attirance pour les garçons au lieu de femmes. » Il retira un instant sa main des cheveux de Sawyer, se souvenant des insultes et des railleries qu’il avait encaissé depuis qu’il s’était accepté, à peu près à l’époque du collège. « Mais tu sais quoi ? Au final, je me suis dit que ça servait à rien d’essayer de changer les cons. S’ils sont vraiment cons, alors ils resteront dans leur ignorance et leur haine ridicule. Quand me traite de tapette, je réponds que c’est vrai. Je suis une tapette, je suis un monstre. Je suis un suceur de queues. C’est vrai. Et alors ? Il fit une pause et retrouva son calme dans cette petite colère qui naissait en reprenant ses doux gestes dans les cheveux de Sawyer qu’il faisait plus tôt. Au final, ça m’a forgé le caractère. Personne peut me faire du mal en me traitant comme ça. J’suis fier de moi. Je suis solide, il en faudrait beaucoup plus que ça pour me faire honte ou me faire pleurer. »

Il se tut et baissa son regard vers lui, le regarda quelques instants et se rendit compte que c’était la première fois de toute sa vie qu’il avait parlé aussi franchement de lui-même. C’était agréable, ça faisait énormément de bien de pouvoir finalement lâcher ce qu’il avait sur le cœur. Depuis le collège, les insultes, les vannes et même parfois les coups étaient devenus une sorte de routine associée à sa sexualité plus qu’ils ne l’avaient autrefois été à propos de sa religion, dans un sens malsain, c’était une sorte de progrès. Il n’était plus traité de ‘‘sal feuj’’, mais de ‘‘sale pédé’’. Il se fit presque rire en pensant au contraste des deux insultes. « De toute façon, ça changera probablement jamais. Et j’ai aucune raison de me forcer à faire comme tout le monde, puisqu’on va tous crever un jour. Alors autant que je profite de moi-même et que je sois heureux. » Il était content de lui, il ne se mentait pas et ça lui plaisait d’être lui-même l’espace de quelques instants, il jouait trop souvent cette image de garçon nonchalant et superficiel, se retrouver avec son véritable lui était une bonne chose. Reposant les yeux sur Sawyer, « Mais il faut pas que tu te forces à assumer quoique ce soit, rien ne prouve que tu sois gay. S’était-il senti obligé de dire. « Tu pourrais tout autre chose, si ça se trouve. Bisexuel, Pan-sexuel, Alan-sexuel… C’est toi qui décide. Et personne d’autre. » Concluait-il en riant.


electric bird.

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Face stained in the ceiling. Why does it keep saying : "I don't have to see you right now" ? Digging like you can bury something that cannot die, or we could wash the dirt off our hands now ; keep it from living underground. Lazy summer goddess, you can tell our whole empire : "I don't have to see you right now"
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Lun 22 Déc - 11:29

we can burn brighter than the sun.
alan & sawyer

Tout semblait si simple avec Alan. Et pourtant tout était finalement si compliqué. Tu ne sais pas quoi faire, pas quoi dire ; tu ne sais pas comment te comporter. Parce qu’il y a toujours toute cette ambivalence à l’égard du brun. Du positif et du négatif, du bon et du mauvais. Un jour, vous vous détestiez ; le suivant, vous couchiez ensemble. Tout ça n’a rien de normal pour toi. Tu aimerais faire comme si ça ne te touchait pas mais ça n’est pas le cas. Ça n’est pas le cas parce que tu le sens jusque dans tes tripes, ce sentiment si chaud et si effrayant à la fois. Cette attraction qui te pousse à rechercher sa présence à chaque instant, qui te laisse pantelant, essoufflé. Et tu ne peux rien contre ça, rien contre ce que tu ressens. Alors, après ce long moment de félicité, le calme disparaît et la peur s’infiltre de nouveau dans tes veines comme un poison. Tu sens son acide qui te brûle. Tu avais espéré que cette parenthèse ne se ferme jamais ; tu avais espéré que sa chaleur te berce et que tu fermes les yeux sans penser au lendemain, à l’après. Mais c’était trop demander. C’était trop demander parce que les démons reviennent te mordre de l’intérieur, s’accrocher à toi avec leurs griffes acérées. Comme un enfant, tu resserres tes doigts sur ceux d’Alan, comme pour essayer de reprendre contact avec sa douceur, avec votre intimité toute nouvelle. Comme pour replonger dans votre bulle qui a, bien trop vite, éclaté. Les mots sont difficiles à prononcer, ta gorge est comme nouée. Nouée à t’étouffer. Mettre des mots sur tes peurs, tes questions donnent une nouvelle dimension à toute cette tempête intérieure. Une dimension plus palpable, plus réelle. C’est comme si elle prenait soudainement forme, là, devant toi. Elle se matérialise, comme un monstre sortant du placard. Tu sens Alan qui bouge, se redresse derrière toi. Tu presses les paupières, comme pour éviter de le voir. Tu veux juste te rouler en boule, te cacher sous la couverture. Faire comme si tout ça n’existait pas – n’existait plus. Le brun est doux, attentif. Il est tendre et tu sens toute sa compassion à travers le son de sa voix. Ça t’apaise comme ça te dégoûte. Tu as envie de te serrer contre lui autant que de le frapper. De te frapper aussi. Tout se mélange, ne reste que la bouche d’Alan qui se pose furtivement sur ta joue, qui se glisse à ton oreille. Ses paroles t’écorchent un grognement, un sourire. Tu aimerais te détendre mais reste une sorte de poigne de fer t’enserrant la poitrine, t’empêchant de respirer convenablement. Peut-être finiras-tu par t’étouffer, par manquer d’air et mourir ? Des images indécentes du brun défilent devant tes yeux. Tu connais son corps nu, tu sais le désir ancré dans ses reins. Et même si tu ne devrais pas, tu le vois devant toi, le regard sauvage et flamboyant, plus attirant que jamais. Gigotant, un frisson descend le long de ta colonne. Ta respiration devient plus courte et tu ne sais pas si c’est dû à l’angoisse ou à un reste de désir brûlant au fond de ton ventre. Ton corps tout entier te fait mal, comme tordu de douleur. Et même si tu te bouchais les oreilles, est-ce que tu continuerais de l’entendre ? Tu n’arrives pas à répondre. Tu ne peux pas répondre, tu ne veux pas répondre. Tu voudrais ne jamais avoir posé ces questions et pourtant, ça te fait du bien d’écouter sa voix comme une caresse sur ta peau nue.
La normalité avait toujours été le credo de ton paternel. Comme s’il n’avait jamais eu que ce mot-là à la bouche. Un refrain qui se répète, une rengaine incessante. Une leçon que tu as apprise depuis ton plus jeune âge et qui a été ancrée en toi comme une marque indélébile. Comme une cicatrice – comme ces cicatrices sur tes mains. « Ça a l’air si simple quand tu en parles, tu souffles, entre admiration et désespoir, sans savoir de quel côté faire pencher la balance. Comme si c’était naturel. Comme si c’était normal. » Normal. Un mot qui te paraît à la fois si merveilleux et si moche en même temps. Une excuse, une insulte. Il y a tant dans ce mot, ce simple mot. Deux syllabes effrayantes qui ont rythmé toute ton enfance. Tu entends encore ton père et ses discours à répétition, tu te sens encore acquiescer à ses dires sans même réfléchir à ce que tu en penses réellement. Est-ce que, ça, c’était normal ? D’être comme endoctriné par son propre père sans jamais avoir eu l’occasion de penser par soi-même. Probablement pas, mais tu n’as connu que ça durant toute ta vie, toute ton adolescence. Aujourd’hui, à vingt-trois ans à peine, il est désormais difficile de laisser derrière toi toute une part de ta personnalité, de ton caractère – cette part appartenant entièrement à ton père. La sensation des doigts fins d’Alan dans tes cheveux arrive à apaiser les débuts d’une colère puissante et tu fermes un instant les yeux. Sa bouche se pose au creux de ta nuque et tu frissonnes encore une fois. Une part de toi lui hurle d’arrêter ; l’autre le supplie de continuer, encore et encore, jusqu’à ce que tout s’efface à nouveau. Jusqu’à tout recommencer. « Je ne sais pas, réponds-tu avec beaucoup d’honnêteté car tu n’as jamais appris à réfléchir par toi-même à ce sujet. » Tu n’as pas d’opinion propre concernant cette question. Tes pensées sont toujours celles que ton père t’a inculquées, ce sont les mots de ton père qui défilent à l’intérieur de ton crâne. Toi, tu ne sais pas ce que tu en penses réellement. Tu n’y avais jamais songé avant. Ton éducation te dit que, non, ce n’est pas normal, que ce n’est pas censé fonctionner ainsi entre les êtres humains ; ton cœur qui bat la chamade, comme il n’a jamais battu auparavant, te prouve qu’il y a quelque chose de plus fort derrière tout ça, derrière cette haine sans fondement aucun. Mais tu ne sais pas encore quoi. « Tu es en train de dire que mon père est un con ? tu lâches, sans pouvoir te départir d’un léger sourire. Et que moi aussi, par extension ? » Tu laisses un petit silence se poser entre vous, cependant que les mots tournent et retournent à l’intérieur de ton crâne. « Parce que je suppose que tu aurais raison, en fin de compte, tu reprends un peu plus doucement, baissant les yeux sur ta main toujours enlacée à la sienne. » Tu te rends bien compte que tout ça n’a aucun sens. Toute cette haine gratuite envers des gens que vous ne connaissiez pas, à qui vous n’aviez jamais parlé. Des gens qu’il suffirait tout simplement d’ignorer si vous ne les compreniez pas. Mais ton père te poussait à cette violence physique dans laquelle tu plongeais à chaque fois. Juste parce que cette différence n’était pas acceptable selon lui.
Entendre Alan parler aussi ouvertement a quelque chose de rassurant. D’apaisant. Tu restes encore avec tout ce dégoût de toi-même au fond du ventre mais tu te sens plus calme. Tu comprends un peu mieux. Tu vois qu’il est toujours difficile d’accepter les autres, de s’accepter soi-même. Être homosexuel, être hétérosexuel, ça ne reste qu’un détail parmi tant d’autres. Quand tu regardes Alan, ce n’est pas sa sexualité qui te vient en premier. Ce n’est pas le fait qu’il aime les garçons qui te frappe. Tu remarques d’abord la douceur de ses traits presque juvéniles, ses grands yeux qui sont comme un océan paisible. Tu vois son sourire qui laisse une petite fossette sur sa joue gauche. Sa sexualité ne le définit pas, tout comme la tienne ne le devrait pas non plus. Mais si c’est simple pour le brun, ça l’est bien moins pour toi. Parce que tu te traînes un passé lourd et dont tu n’arrives pas encore à te détacher entièrement. Tu aimerais pourtant, mais ça reste difficile pour l’instant. Dans un mouvement lent, tu te tournes face au brun pour accrocher ton regard au sien. Comme à son habitude, la houle de ses grands yeux t’emporte et tu te laisses dériver. Tu ne sais pas vraiment ce que tu es, ni qui tu es. Pendant des années, tu n’as été que la pâle copie en noir et blanc de ton père. Tu ne sais pas quelle est ta véritable identité. Si on te posait la question, tu répondrais que tu es Sawyer et tu ne saurais pas quoi dire de plus. Quelque part, c’est presque pathétique et d’un autre côté, tu te dis qu’il te reste encore beaucoup à construire et que c’est l’occasion pour toi d’être vraiment la personne que tu désires être. Le réel problème dans tout ça est que tu es profondément lâche et que tu manques cruellement de courage lorsqu’il s’agit de te montrer tel que tu es. Avec Alan, ça paraît simple ; avec le reste du monde, ça l’est un peu moins. « Merci, souffles-tu dans un sourire maladroit. D’avoir partagé tout ça avec moi. » Tu te redresses doucement, poses un rapide baiser juste au coin de sa bouche avant d’enfouir ton visage au creux de son cou. Son odeur envahit tes narines, t’enveloppe comme un cocon. Fermant les yeux, tu gardes le silence et te laisses juste envahir par sa chaleur, sa présence. Tu aurais presque la sensation de pouvoir tout affronter comme ça, mis tu sais que rien n’est vraiment aussi simple. Que tu es capable de faire un pas en avant pour trois en arrière. « Je le déteste. Je le déteste tellement, tu murmures, la voix presque étrangle. J’ai pensé qu’en partant loin de tout ça, j’allais pouvoir être libre mais je n’y suis pas arrivé. Il est là, il est encore là. Parfois, je l’entends dans ma tête. Il hurle. Il hurle tellement fort que ça me rend complètement dingue. Et j’ai envie de hurler aussi, de frapper. C’est horrible… » Ton père est comme un fantôme qui te poursuit. Tu es comme enchaîné à lui, à ce passé que tu as voulu fuir. Ça te paraissait si simple, en y pensant. Tu croyais pouvoir défaire tes chaînes juste en changeant de ville, juste en traversant le pays. Mais c’est comme s’il t’avait suivi jusqu’ici. Comme s’il était là, en ce moment-même. Comme si son regard pesait sur toi, sur ta poitrine. « Au lycée, juste après notre… hum, première fois, j’ai eu comme une crise de démence, tu continues alors que ton corps s’écarte légèrement du sien, se glaçant de l’intérieur de devoir quitter sa chaleur. Sa voix a commencé à hurler dans ma tête. Je l’entendais qui disait que j’étais la disgrâce de notre famille, que je n’étais plus son fils. Qu’il avait honte de moi et que je le dégoûtais. Il criait. Il criait si fort. Et j’avais beau lui demander d’arrêter, il ne se taisait pas. Il continuait, encore et encore. » Ta voix tremble, tu serres le poing par intermittences comme pour essayer de ne pas te laisser emporter par la douleur de tes souvenirs. « Alors j’ai couru. J’ai couru jusqu’à ce que mes poumons me brûlent, jusqu’à ce que mes jambes flanchent, tu avoues sans même le regarder, fixant ta main qui se tend et se détend. Il y avait cet arbre juste là et j’étais tellement en colère. Il y avait tellement de haine en moi que j’avais l’impression d’étouffer. Haine contre mon père, contre moi-même et ce que nous venions de faire. Puis j’ai frappé. J’ai frappé l’arbre jusqu’à m’en déchirer la peau, jusqu’à ce que le sang me lave de toute ma honte. J’ai frappé jusqu’à ce que la douleur soit si grande que j’ai manqué de m’évanouir. Juste pour expier ma faute. » Tu pinces les lèvres, il y a une nausée qui remonte jusqu’à ta gorge au seul souvenir de tes mains ensanglantées. « C’est comme ça que je me suis fait ces cicatrices sur les mains. Parce que j’ai voulu me punir d’avoir couché avec toi ce jour-là. À cause de lui. » Ou bien, à cause de toi. Toi qui ne t’acceptes pas.

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Alan R. Wzyciski
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Lun 22 Déc - 14:36

we can burn brighter than the sun.
sawyer & alan

friends make garbage (good friends take it out) — low roar

« Parce que c’est simple. Ce sont les autres qui cherchent à tout compliquer. » Lui répondit-il avec affection, tandis qu’il continuait de noyer ses yeux dans sa silhouette agréable, il continuait d’employer ce mot, normal, comme s’il était porteur d’un véritable sens dans tout cela, et Alan ne comptait pas le corriger ni s’en offusquer au final, ça ne servirait à rien et ça rendrait leur discussion vaine et vide. Ce qu’il lui disait, il n’avait pas l’intention de le lui faire répéter ou croire, il ne cherchait pas à le convaincre de quoique ce soit et se contentait de lui répondre avec le plus d’honnêteté possible, dans cette étreinte éternelle qu’ils partageaient. L’embrassant ensuite dans la nuque, il était venu lui murmurer que c’était tout aussi normal, que tout ce qu’ils faisaient et qu’ils avaient fait l’était. Et finalement, Sawyer vint relever la remarque d’Alan, qui eut un rapide instant de frayeur, craignant qu’il s’énerve… Mais il fut rassuré quand reprit la parole après un court silence embarrassant. « Les vrais cons, j’ai dit. Ton père peut-être, parce qu’il est trop colérique. Mais pas toi ; non pas toi. avait-il commencé en levant les yeux, comme pour fuir son éventuel regard, Les vrais cons ils ne changent pas. Toi, je sais que t’es quelqu’un de bien. Avait-il continué en reposant son regard sur lui, pour le laisser dériver vers leurs mains jointes. Et puis si t’étais vraiment un con, tu serais déjà parti. Mais même si t’as peut-être envie de partir et de m’éviter – ce que je pourrais parfaitement comprendre, ne t’inquiètes pas – je sais que t’es encore là, et ça me prouve que t’es pas un con. T’es quelqu’un de bien. » Terminait-il en laissant échapper un demi-sourire.

Il se sentait bien, reposé et détendu auprès de lui. Tout était calme et la tranquillité de leur conversation l’avait beaucoup détendu. Il ne s’était jamais imaginé qu’il finirait par discuter de tout cela un jour avec quelqu’un, et encore moins avec Sawyer. Cette conversation était encore plus surprenante que le début de cette soirée. Alan ne s’y était certainement pas attendu. Mais quelque chose en lui le rassurait de savoir que ça avait bien eu lieu. Qu’ils étaient vraiment là, à partager bien des choses. Nombreuses de ces choses qu’il n’aurait jamais voulu partager avec un autre. Quelqu’un d’autre n’aurait pas pu le comprendre, ni ressentir les mêmes choses qu’il disait. Puisqu’au final, lui et Sawyer n’étaient pas tant différents l’un de l’autre, ils avaient beaucoup de points communs si ce n’est d’autre similitudes aussi. Ils se ressemblaient en bien des points, mais les quelques petites différences qu’ils partageaient semblaient tout de même se relier ; c’était en tout cas ce dont Alan était fermement convaincu, surtout depuis cette étreinte. Sa main serrée dans celle de Sawyer, nouée entre ses doigts, ils partageaient et prolongeaient un contact au goût sain de bonheur et de paix. La chaleur de leurs deux corps rapprochaient rendait l’étreinte agréable, rassurante et tellement confortable. Pour rien au monde il n’aurait voulu le lâcher. Non, il ne voulait pas qu’il parte. Et tandis qu’il le remerciait, avant de se retourner vers lui et de l’embrasser. Alan se mit à sourire, trop longtemps. Si longtemps qu’il ne parvint plus à l’effacer tandis que Sawyer se blottissait contre lui, la tête contre son cou. D’abord incapable de réagir, trop accaparé par ce sourire niais qui ne veut pas s’en aller, Alan reste silencieux.

Mais rapidement, la voix de Sawyer vint lui siffler dans les oreilles, comme une plainte, comme une sorte de pleur qui ne veut pas prendre forme. Et d’un simple geste, il vint l’enlacer de ses deux bras sveltes. L’un par-dessus son torse jusqu’à son dos, l’autre l’effleurant du bout des doigts dans les cheveux. L’écoutant avouer sa haine de son père. N’osant pas répondre, ne sachant pas quoi dire de toute façon. Il ne pouvait pas lui dire qu’il le comprenait, Alan n’avait jamais détesté ses parents, ils avaient toujours été là pour lui et n’avaient jamais été aussi bornés et mauvais que l’étaient ceux de Sawyer. Il avait eu la chance de grandir dans un environnement stable et plein d’amour, alors que Sawyer était né et avait grandi dans la colère. Il avait beau essayer de trouver les mots, les seuls qui lui venaient étaient de très faibles « Je suis désolé... » Qu’il murmurait presque sans aucune force, comme s’il était écrasé par la présence du père de Sawyer, comme s’il cherchait à l’éviter, à ne pas provoquer son courroux mystique comme s’il était là, au-dessus d’eux, à les regarder d’un œil vengeur et furieux. Il aurait voulu le garder contre lui plus longtemps, pour continuer de faire en sorte qu’il soit plus rassuré – pour essayer en tout cas, mais Sawyer vint se détacher de son étreinte supplémentaire, lorsqu’il commença à mentionner leur première rencontre. Les yeux d’Alan se fermèrent quelques instants, lorsqu’il l’entendit parler d’une sorte de crise, il avait honte. C’était à cause de lui, au final. S’il n’avait pas écouté ses stupides hormones, rien de tout cela n’aurait eu lieu ; rouvrant les yeux, le regard triste et posé sur Sawyer, il l’écoutait raconter la suite. Et n’osa plus croiser son regard ensuite. Ses yeux s’étaient détachés de lui, observant le vide, pour ne pas faire face à l’horrible réalité.

Mécaniquement, et sans vraiment s’en rendre compte, Alan s’éloigna un peu de lui. Il était blessé, violemment frappé dans son égo. Cette dernière phrase résonnait dans son crâne et le faisait souffrir, me punir d’avoir couché avec toi, il aurait pu comprendre tout cela, s’il avait voulu entendre la fin de sa phrase. S’il avait eu le courage de l’écouter plus longtemps, mais ces mots-là l’avaient poignardés. Il aurait voulu faire mine de ne pas être affecté, mais l’entendre siffler ces mots était suffisant pour qu’on puisse lire la déception dans le regard meurtri d’Alan, il avait lâché son visage des yeux, il l’avait complètement quitté des yeux, il n’osait même plus le regarder. On aurait presque eut raison d’attendre et de rester suspendu à ses pupilles pour percevoir quelques larmes couler, mais elles se contentèrent juste d’humidifier son regard bleu. Il resta silencieux, et ne croisa plus son regard quelques instants, pour encaisser la violence de ces derniers mots. C’était ça, la chose qui pouvait le faire pleurer si facilement, le rejet. Par n’importe lequel, mais celui-ci en particulier. Celui de Sawyer. Alan s’était retrouvé à trop l’apprécier, à trop l’aimer. Si fort que ces simples mots vinrent lui brûler la peau et lui tordre le cou, il pleurait silencieusement, sans rien dire sans rien montrer. Il ne voulait plus le toucher, il ne voulait plus sentir sa terrifiante chaleur contre lui, ils s’étaient écartés l’un de l’autre ; il ne voulait plus sentir sa main dans la sienne, et sans rien dire, il resta plus à l’écart. Le regard vagabond et les pensées troubles. L’âme débordante de ressentiment, il ne voulait plus le voir. Il voulait lui hurler de dégager, il voulait le frapper, se briser la voix à lui hurler de partir et d’emporter ces mauvais et horribles souvenirs avec lui. Il ne voulait pas souffrir, au final. Il aurait voulu qu’il se taise et qu’il ne dise rien, qu’il ne se mette pas à poser de questions, s’il ne s’était pas interrogé, ils auraient pu profiter plus longtemps de cette étreinte silencieuse, dans laquelle ils étaient heureux et rapprochés, mais maintenant c’était trop tard. Il venait d’assassiner le cœur d’Alan avec quelques mots. Il venait de le forcer à vivre ses souvenirs.

Il s’était noyé dans une colère aveuglée par le chagrin, il se mit à sangloter en silence, le visage rougi par l’émotion de ces quelques mots. Me punir. Alan n’était pas un supplice ! Alan n’était pas une monstruosité, bordel ! C’était quelqu’un, quelqu’un qui éprouvait tant de choses et tellement de contradictions. Il redressa la tête un instant, et osa le croiser dans son regard. Les yeux posés sur lui. Et l’observant en silence, il baissa les yeux sur ses mains. Ses douces mains pleines de violentes cicatrices, pleines de mauvais souvenirs. Pleine de la haine de son père, pleine de sa haine à lui. Il étouffa un sourire dans son chagrin naissant, et s’approcha pour les lui attraper. Les joignant dans les siennes. Baissant les yeux, il les contempla en silence et ne fit rien d’autre pendant quelques instants, sans jamais relever les yeux sur lui, il ne voulait pas lui montrer le chagrin qui était né à cause de ses mots. Il voulait lui faire garder l’illusion de cette paix et de cette tranquillité. Marmonnant, il vint les lui embrasser du bout des lèvres, « Il n’est plus là... » Mais les larmes avaient rendues ses joues humides. Et même s’il s’efforçait de ne pas relever la tête, Sawyer ne pouvait pas ignorer le contact de ses larmes avec sa peau. « Ton père n’est plus là. T’es loin de lui, pour toujours. » Avait-il dit dans un autre murmure, les yeux baissés. Avant de finalement relever la tête et d’enlacer Sawyer avec tant de force et de volonté qu’on lisait l’amour au travers. Il ne voulait plus le lâcher, il ne voulait pas le quitter. Il voulait rester contre lui, ses bras autour de lui, la tête contre son cou. Il était silencieux mais sa respiration bruyante indiquait bien qu’il pleurait contre lui, les bras serrés contre le dos de Sawyer. Il ne voulait pas qu’il parte, il ne voulait pas partir lui-même. Il voulait rester là, et faire tout durer. Il fallait qu’il se calme, il ne voulait pas parler de sa souffrance, ou de celle de Sawyer à son tour. « S’il y a une personne à punir, c’est lui. Et personne d’autre… » Avait-il soufflé en trouvant finalement le courage de parler à nouveau, toujours serré contre lui. Ne voulant pas le lâcher.


electric bird.

_________________

Face stained in the ceiling. Why does it keep saying : "I don't have to see you right now" ? Digging like you can bury something that cannot die, or we could wash the dirt off our hands now ; keep it from living underground. Lazy summer goddess, you can tell our whole empire : "I don't have to see you right now"
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Invité

Sam 27 Déc - 13:43

we can burn brighter than the sun.
alan & sawyer

Revoir tous ces souvenirs flasher devant ta rétine est comme un supplice. C’est comme si les sensations d’alors te revenaient en pleine poitrine et te broyaient la cage thoracique, sans ménagement. Tout se mélange dans ta tête et le monde tangue autour de toi. T’appuyant contre Alan, tu espères faire passer la nausée qui envahit ta bouche mais son parfum semble accentuer ton trouble. Ses bras autour de toi t’apaisent doucement. Tu te laisses bercer par sa chaleur rassurante. C’est incroyable comme sa simple présence arrive à tout changer. Silencieusement, tu le remercies pour sa douceur et sa patience. Sa compréhension. Sans t’interrompre, il te laisse déverser toute cette haine, tout ce ressentiment enfoui. Ta tristesse éclate comme une vulgaire bulle de savon et tu sens un poids s’enlever de tes épaules. De ta poitrine. Comme si le fait de mettre des mots sur toute cette souffrance d’antan arrivait à l’atténuer. À la rendre moins désagréable, moins pesante. Ces années passées dans la douleur et les cris, dans la violence ne te semblent plus si effrayantes tout à coup. Comme loin derrière toi. Ce n’est peut-être qu’une impression, qu’une sale illusion mais elle te fait du bien. Tu te sens bien, peu à peu. Parce que tout se remet petit à petit en place et tu n’as besoin de rien d’autre que de le sentir contre toi. Ses paroles sont comme un baume cicatrisant tes plaies. Tu veux le croire, tu veux croire à tout ce que tu entends même si, au fond de toi, tu sais que ce n’est pas vrai. Non, tu n’es pas quelqu’un de bien et tu ne l’as jamais été. Tu ne le seras jamais. Tu sais que ton père a comme empoisonné ton sang depuis ton plus jeune âge et tu gardes en toi cette marque comme au fer rouge. Tu es marqué à vie, comme le bétail. Et rien de ce que tu pourras dire ou faire ne changera ce fait. Alan aura beau dire tout le bien qu’il peut penser de toi, ça ne changera rien à ce que tu es réellement. Mais, ce soir, tu veux le croire. Tu veux y croire. Tu veux te bercer d’illusions et t’enfermer à double tour dans ce mensonge. Juste pour e soir, juste pour aujourd’hui. Avant que, demain, tout ce rêve sucré ne s’effondre à jamais. Parce que la réalité reprendra ses droits, parce que tu te réfugieras derrière tes remparts faits de haine et de colère. Parce que tu auras peur de toi. De lui, de vous. De ce que tu ressens réellement sans même oser te l’avouer. Sans même oser y penser. Tu es comme ça – idiot et lâche. Mais pour l’instant, tu es juste là, contre le brun à profiter égoïstement de sa chaleur et de sa tendresse qui te font du bien. Sans jamais rien lui donner en retour, ou si peu en comparaison. Mais c’est comme s’il s’en fichait, comme s’il ne le remarquait même pas. Comme s’il n’attendait vraiment rien de toi – et quelque part, ça t’arrange bien parce que tu ne sais pas ce que tu serais prêt à lui donner de toi. Tu veux juste te perdre dans ce nuage cotonneux pendant qu’il est encore à portée de ta main, avant qu’il ne se dissipe. Avant que la nuit ne se finisse. Tu oublies tout, ne restent que lui et toi. Ne restent que vous. Un ‘vous’ qui n’en est même pas un, qui n’en sera peut-être jamais un. Mais dans ta tête, tu parles de ‘vous’ avec ce courant électrique dans la colonne, avec ce coup au cœur.
Quand le brun s’écarte, c’est comme une coulée de neige sur ta peau. Un grand vent froid. Bien sûr, tu peux comprendre sa réaction, tes mots ont été violents. Plus violents que tes mains, pour une fois. Mais tu t’es montré honnête. Jamais encore tu n’avais été aussi sincère avec Alan, aussi ouvert. Tu as abaissé tes barrières, malgré tes réticences. Tu le regretteras sûrement, tu le sais, mais c’est un mal pour un bien. Son regard te fuit, tu te mords la lèvre. Tu sais que tu devrais dire quelque chose, t’excuser même mais tu n’en as pas encore la force. Ta gorge s’est nouée, ta respiration devient sifflante. C’est désagréable, cette main qui enserre ton cœur. Mais tu restes là, sans bouger, à simplement frissonner quand ses mains touchent à nouveau les tiennes. Il y a un frisson glacé qui te tord l’estomac. Tu sens presque ses grands iris bleutés qui brûlent ta peau, là où se trouvent les cicatrices de la honte et de la haine. C’est une sensation violente qui amène comme un goût acide sur ta langue mais tu ne bouges pas. Tu veux le laisser voir. Tu veux le laisser te voir. Te voir tel que tu es, tel que tu as été. Tu ne sais peut-être pas qui est véritablement Sawyer mais tu acceptes de lui montrer tout ce que tu peux. Comme un don de toi-même, comme un pas vers lui. Il ne le remarquera probablement pas, ça n’aura sûrement pas d’importance à ses yeux mais tu voulais au moins faire ça ce soir. Pour pouvoir te libérer un peu plus de l’emprise de ton paternel. Un pas de plus vers ta liberté. Ta nouvelle destinée. Sa bouche vient se poser sur ta chair et tu serres les mâchoires pour ne pas laisser échapper un seul son. Un éclair te traverse le corps et ton souffle se bloque entre tes poumons et ta bouche. Dans ta poitrine, ton cœur s’est décroché et vient taper contre tes côtes avec tant de violence que c’en devient douloureux. « Je sais… tu arrives tout de même à murmurer, la voix oscillant entre émotion et trouble. » Oui, tu sais. Tu sais que ton père n’est plus là ; tu sais que tu es désormais loin de lui, assez loin pour ne plus le laisser te dicter ta conduite. Tu sais tout ça. Mais c’est si difficile de le mettre en pratique. Tu n’as jamais eu à penser, à vivre par toi-même. Tu avais une voie toute tracée devant toi, tu n’avais qu’à la suivre sans poser de question. Aujourd’hui, tu te retrouvais sans rien et tu devais apprendre à faire tes propres choix. Tu avais décidé tout seul de venir jusqu’à Alan, tu avais décidé tout seul de céder à cette passion dévorante. Tu avais décidé de rester pour la nuit. Et c’étaient des décisions que tu allais regretter demain, quand tu te réveillerais. Tu laisses de côté ces pensées lorsque l’humidité des joues du brun effleure ta peau et tu fronces les sourcils. Tu n’as pas le temps de lui demander quoi que ce soit qu’il relève son visage vers le tien et qu’il revient t’enlacer. Il revient t’enlacer avec tant de force que tu te reçois sont étreinte comme un coup de poing en plein estomac. C’est si violent que ça te coupe la respiration. C’est comme empli de détresse et de souffrance et tu es obligé de fermer les yeux un instant parce que la Terre tourne soudainement bien trop vite pur toi. C’était comme si ta propre douleur venait de se matérialiser à travers lui, à travers son corps pressé tout contre le tien. « Alan ? »
Pendant un instant, tu restes sans rien dire à seulement profiter de ses bras autour de toi. Tu es choqué. « Pourquoi tu pleures ? tu demandes finalement dans un léger souffle tandis que tes propres bras entourent son torse fin. C’est à cause de moi ? » L’image de ce visage harassé de peine est comme une lame enfoncée loin dans ton corps. La seule idée de l’avoir blessé te révulse et tu te mords la lèvre. Coupable. Tu te sens coupable de lui avoir fait penser que tu lui en voulais pour ce qu’il s’était passé. Est-ce qu’il croit que tu regrettes ? Est-ce que tu le regrettes ? Peut-être un peu. Sans doute pas. C’est si confus lorsqu’il est là, trop près de toi avec son parfum qui t’envahit les narines comme un élixir empoisonné. Tu n’as jamais su réfléchir correctement en sa présence. « Je ne voulais pas te blesser, tu reprends en t’écartant pour le regarder. Je ne disais pas ça pour que tu te sentes mal, je… » Tu prends son visage entre tes mains, ancres ton regard dans le sien. Tes pouces essuient doucement les traces humides sur ses joues rougies, comme dans un geste empli d’habitude. « Ce n’est pas toi le responsable, j’étais jeune et con, sous l’influence de mon père, tu assures avec un sourire un peu tordu. J’avais peur de ce que je ressentais. De ce que j’avais fait. Tout était si soudain, si nouveau. Je n’ai pas su comment réagir. J’étais perdu. Et mon éducation m’interdisait ce genre de comportement, ce genre de déviances comme mon père les appelait. » À l’époque, tu n’étais qu’un gamin. Un gamin paumé et qui se cherchait. Tu te cherches encore. Tu as eu la folle impression de t’être trouvé dans les yeux d’Alan mais tu sais que ça ne peut pas fonctionner. Que tu n’y arriveras pas – pas tout de suite tout du moins, et même peut-être jamais. Il reste encore ces peurs, ces questions. Un reste de honte et de violence qui t’engloutira comme la vague d’un raz-de-marée à la seconde où tu quitteras le cocon protecteur de cette chambre. Tout reste diffus, incertain. Tu ne sais pas sur quel pied danser. Et pourtant, tu restes là sans aucune envie que ce moment de quiétude s’arrête. Parce que tu sais que ce qui t’attend ensuite est bien pire encore. « Mais ce n’est pas ta faute. Ce n’est la faute de personne, c’est juste la vie qui est faite comme ça, lâches-tu dans un haussement d’épaules, avant de te rallonger sur le lit, entraînant Alan contre toi. Oublie tout ça maintenant, c’est du passé. » C’était ta cicatrice, ta plaie béante et saignante. Le brun n’avait pas à porter cette croix, ce fardeau sur ses épaules. Il était le tien. Et tu avais accepté, depuis longtemps déjà, de crouler sous ce poids. Tu refuses cependant qu’il endosse des responsabilités qui ne sont pas les siennes. Tu embrasses doucement le haut de son crâne, l’odeur de son shampoing étant comme une caresse. Ce moment d’intimité toute nouvelle est étrange et agréable à la fois. Ambivalent. Tu ne te serais jamais cru capable de te sentir aussi à l’aise en la compagnie d’Alan, celui que tu détestais voilà seulement quelques temps. Mais peut-être que toute cette haine n’était qu’un moyen de te protéger, de masquer d’autres sentiments que tu ne voulais pas encore t’avouer. Dont tu ne voulais pas prendre conscience. Cette pensée est comme une épine qui t’égratigne le cœur, qui affole ta raison. Un nœud désagréable te serre le ventre et tu presses les paupières comme pour tout faire disparaître, ne te concentrer que sur la chaleur de vos deux corps serrés l’un contre l’autre. « Alors maintenant ne pense plus à tout ça et endors-toi, tu souffles avec douceur. Il est tard. »

© electric bird.

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