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Game Over | Olivia
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Owen O'Ceallaigh
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Lun 29 Déc - 1:24
Game Over


Un an. Cela aurait fait un an la semaine prochaine qu’Olivia et moi sommes mariés. Un an que j’avais fait ma demande, folle et surprenante, en mariage à mon assistante personnelle. On en avait vécu des choses durant toute cette année. Des moments pénibles, des tromperies à droite à gauche, des catastrophes, un accident stupide qui aurait pu me couter la vie, des moments de doute, des instants de pur bonheur. L’année qui venait de s’écouler n’avait pas été de tout repos. C’est le moins que l’on puisse dire. J’ai même pu découvrir une autre facette de ma personnalité. Une facette que jamais je n’aurais pu imaginer. L’homme que j’étais à présent n’avait rien à voir avec le Owen coureur de jupons, dragueur et monstrueux que j’étais un an auparavant. J’avais changé, et dans le bon sens du terme. Je m’étais découvert une nature jalouse et possessive. Terminées les coucheries à droite à gauche. Aussi étonnant que cela puisse paraitre, il n’y avait plus qu’une femme qui comptait dans ma vie. Une seule et unique femme. Choquant venant d’un homme comme moi n’est-ce pas ? Et pourtant… Cette femme s’appelle Olivia O’Ceallaigh. C’est ma femme depuis presque un an. Celle qui a accepté de m’épouser malgré sa haine envers moi et tout ce que je représentais. Le début de notre vie commune a été particulièrement difficile. Surtout qu’elle m’avait trainé dans sa famille à Los Angeles. L’une des clauses de ce contrat consistait à jouer le couple amoureux devant sa famille. On était plutôt bons pour ça. Sa famille n’y a vu que du feu. Au fil des mois, on devenait de plus en plus convainquants. Limite j’y croyais moi-même, et pour cause… je me souviens qu’un jour, j’ai littéralement pété un câble. Pourquoi ? Oh, simple crise de jalousie. Je n’ai pas supporté qu’un autre type la drague ouvertement alors que je n’étais pas loin. Durant cette période, je me suis posé énormément de questions, mon comportement avait changé avec elle sans que je ne m’en rende compte. A chaque fois qu’un homme l’approchait, je sentais comme une rage monter en moi et je devenais agressif. Il m’a fallut un certain temps pour me rendre à l’évidence… Je ne considérais plus Olivia comme une simple assistante, ni comme une simple passerelle qui me permettrait d’atteindre mes papiers américains. Non, elle était réellement devenue ma femme. Celle avec qui j’avais réellement envie de passer le reste de ma vie. Celle qui malgré tout, me faisait sourire et me sentir bien chaque jour qui passait. J’étais littéralement tombé amoureux d’elle. Je la trouvais juste parfaite et ensemble nous vivions à présent sereinement. Tout allait bien dans le meilleur des mondes.

Oui, mais voilà, la réalité nous a explosé en plein visage et le mensonge du départ nous a rattrapés. Nous avions décidé de ne pas divorcer, puisque nous n’en voyions plus l’utilité à présent. Mais le service de l’immigration a découvert le pot aux roses. Ces enfoirés avaient étudié toutes les pistes, vraiment toutes. Jusqu’à interroger Madison. Mon ex. Cette garce avait fait le voyage jusqu’à New York, puis Los Angeles pour me retrouver. Je l’avais envoyée sur les roses, plus d’une fois. Elle revenait sans cesse à la charge, cherchant la petite bête pour me récupérer et évincer Olivia. On peut dire qu’elle a réussi son coup. Je ne sais pas comment elle a su pour mon mariage blanc, mais elle s’est empressée de le balancer aux services de l’immigration qui a ensuite mené son enquête en interrogeant des anciennes conquêtes… Je pensais pourtant avoir été assez discret à l’époque. Mais c’était sans compter sur mon ex qui déterrerait la moindre faute pour la retourner contre moi. Leur décision fut sans appel, je devais faire mes valises sur le champ et rentrer à Dublin. Je n’avais absolument pas le choix. J’avais appelé mes parents pour les prévenir quand même, histoire que mon père vienne me chercher à l’aéroport. En revanche, je n’avais rien dit à Ellen et Killian. Inutile, ma mère s’en chargerait pour moi, et je ne voulais pas les voir débarquer à l’aéroport.

En parlant d’aéroport, c’est là que je me trouve actuellement. Une simple valise posée à côté de moi. Des agents de l’immigration qui me surveillent. Et comme j’ai été emmené à part, Olivia n’est pas avec moi. Elle doit déjà être sur le chemin pour me rejoindre et pour me dire au revoir, à moins qu’elle n’ait pas le courage de venir, ce que je comprendrais. Oui, simplement me dire au revoir, ou adieu en fait. Elle n’a pas le droit de m’accompagner. Les deux gorilles vont veiller personnellement à ce que je monte seul… De toute manière, elle ne pourrait quitter sa famille pour moi. Elle est beaucoup trop proche d’eux. Dans un sens, j’espérais fortement qu’elle n’arrive pas, ou qu’elle arrive trop tard. Je n’aime pas les adieux. Si elle ne me voit pas avant que je ne quitte définitivement le pays, ce sera plus facile à supporter non ? C’est ce que j’espère. Mais, d’un autre côté, j’ai envie de la revoir une dernière fois. Pouvoir la serrer dans mes bras une dernière fois. Sentir sa chaleur contre moi une ultime fois. Revoir son magnifique visage juste une fois… Un an plus tôt, je ne pensais qu’à mon travail. Je pensais que ce serait la chose qui me manquerait le plus. Je me trompais. La perspective de vivre sans elle est juste abominable. Malheureusement il faudra bien. Je soupirais fortement, repensant à l’année qui venait de s’écouler, assis dans un siège de l’aéroport, j’attendais mon avion pour un aller simple, sans aucune possibilité de retour. Plus jamais je ne refoulerai le sol américain. Plus jamais je ne me réveillerai dans ma maison à New York, ni même dans celle de Los Angeles que j’ai fini par apprécier. Plus jamais je ne pourrais voir son magnifique sourire. Tout s’arrête pour moi. J’ai perdu. Game Over.


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Lun 29 Déc - 13:44



GAME OVER.

And I will stumble and fall. I’m still learning to love. Just starting to crawl. Anywhere, I would’ve followed you. And I am feeling so small. It was over my head. I know nothing at all. And I will swallow my pride. You’re the one that I love. And I’m saying goodbye.


Non, non, non, non, non !!!, répétais-je inlassablement dans ma tête en tambourinant furieusement contre le dossier avant côté passager du taxi dans lequel je m'étais enfourné dès que j'avais appris la nouvelle. Ma soeur, ma merveilleuse et intelligente petite soeur s'était cachée quand elle avait vu la police sur le pas de la demeure familiale, demandant à ma mère si elle savait où je me trouvais. « Service d'immigration... », « ... mariage blanc... », « ... rapatriement... », « ... incarcération de votre fille... » Il n'avait pas fallu plus à Carlie pour qu'elle s'échappe dans le jardin et ne me téléphone avant qu'un policier ne la repère, pour tout me raconter. Owen... Ils avaient Owen. Ils pensaient que notre mariage était bidon. Oui, bon, d'accord, à l'origine il l'était, mais plus maintenant... Plus pour moi.

« Accélérez, s'il vous plait », suppliais-je presque le chauffeur. A peine avais-je raccroché que je m'étais jetée dans la rue, hélant un taxi pour prendre la route de l'aéroport, une seule idée tournant frénétiquement dans mon esprit : Ils ont Owen... Ils le renvoient là-bas... Ce qui allait m'arriver après, je m'en fichais totalement. Je voulais juste le voir. Juste réaliser que je ne le reverrais plus. Réaliser que c'était terminé, que le jeu s'arrêtait là, que la belle histoire qui avait pris naissance entre nous allait s'achever sur une note d'échec. NON ! Non, non, non... J'allais me battre. J'allais faire valoir mon point de vue sur la situation actuelle. Je n'allais pas le perdre. Pas lui. Pas maintenant. J'étais sa femme, merde. Ils ne pouvaient pas annuler notre mariage comme ça. Pas sur des présomptions... Pas sur les ordres de Madison. Cette pouffiasse... J'étais certaine qu'elle était derrière tout ça. C'est elle qui avait pourri notre histoire depuis le début. Elle avait débarqué comme une rose en fleur un jour, sans prévenir, tapant à la porte et se jetant dans les bras d'Owen comme si elle était la femme la plus heureuse du monde et j'avais vu rouge. Il était avec moi, ce matin-là. On prenait notre petit-déjeuner ensemble, fait de plus en plus fréquent depuis quelques temps. J'avais troqué quelques jours plus tôt mes vieux pyjamas couvrant pour de la lingerie de nuit bien plus aguicheuse, désireuse d'entretenir le drôle de jeu de séduction que nous avions entamé bien malgré nous et bien sûr, pour la première fois de beaucoup d'autres, elle avait interrompu un moment important de notre jeu et après ça, elle n'avait plus cessé, essayant inlassablement de le récupérer et d'éclipser ma présence comme si je n'étais rien de plus qu'une vulgaire pierre sur son chemin sans défaut.

Mais qu'importe l'ombre au tableau, le jeu était déjà perdu pour nous deux. Nous étions tombés amoureux sans vraiment nous en rendre compte et le jeu de séduction n'avait été qu'un jeu de dupe de plus pour prétendre que nous maîtrisions la situation, quand il était déjà évident que nous étions totalement fous l'un de l'autre. On dormait ensemble, on s'embrassait quand personne ne regardait, on faisait l'amour, même, avec plaisir... avec envie, pas pour se défier. On était ensemble, le divorce n'ayant même pas effleuré notre esprit le jour où son visa était arrivé à la maison. Il nous avait juste fallu l'admettre à voix haute, arrêter de nous voiler la face, se mettre face à une évidence qui nous semblait même trop logique pour être exprimé. Madison avait eu moins servi à cela. On avait arrêté de se cacher derrière le mariage, on s'était avoué nos sentiments et on avait décidé d'être mari et femme pour de vrai... Mais elle n'avait pas lâché l'affaire. Elle avait déterré nos salles histoires d'avant, nos coucheries respectives sous la houlette de monsieur et madame O'Ceallaigh et elle avait finalement obtenu ce qu'elle voulait... Ils le renvoyaient en Irlande... Loin de moi...

« Owen ! », criais-je quand j'arrivais à proximité, contournant les bancs pour m'approcher de lui et me jeter dans ses bras. Je repris mon souffle quand son parfum me frappa, quand je sentis enfin sa chaleur dans les bras, quand je fus certaine d'être arrivée à temps pour lui dire au revoir. Les larmes dévoraient mes yeux, menaçants de déborder à tout instant, mais je m'y refusais, refusant que ma vue ne se brouille alors que je le voyais pour la toute dernière fois avant très, très longtemps. « Je suis désolée... », murmurais-je contre son cou, me contrefichant des ordres des deux gars de l'immigration qui me disait que je n'avais rien à faire là. « Je suis tellement désolée... Je... Il fallait que je te vois... Il fallait que je te vois une dernière fois... » Qu'importe les conséquences. Qu'importe qu'on me trouve plus facilement, qu'on m'enferme plus facilement, j'avais besoin de le sentir contre moi une dernière fois. J'avais besoin de mon baiser d'adieu, de lui promettre que je ne laisserais pas tomber, qu'il reviendrait... qu'il me reviendrait...


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Mar 30 Déc - 0:27
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Assis dans mon fauteuil, le regard vide, je voyais toute cette dernière année défiler. Je ne préférais pas penser à ma vie à Dublin. Je devrais retourner vivre chez mes parents, puisque je n’aurais pas le courage de vivre seul. De toute façon, connaissant ma mère elle s’y opposerait. Et une fois chez moi ? Qu’est-ce que je vais faire ? Toute ma vie est ici, mon travail, mes amis, Olivia … A part ma famille, je n’ai plus rien là-bas. Ah si… il y aura Madison… Qu’elle ne s’avise surtout pas de se présenter devant moi. Si elle ose…Je ne répondrais plus de rien. Je vais simplement dépérir. Quoi d’autre ? Sans Olivia à mes côtés, ma vie sera d’un ennui mortel, sans saveur, sans joie, sans rien. J’ai toujours cru que j’arriverais toujours à vivre par moi-même, à mener ma vie d’une main de maître en contrôlant absolument tout et surtout en ne dépendant de personne. Je me suis trompé sur le dernier point. Je n’avais plus qu’elle en tête. Rien d’autre. Je pensais tellement à elle que j’entendais encore sa voix dans ma tête m’appeler. Je ne sais pas réellement pourquoi, mais j’adore sa façon de prononcer mon prénom, avec l’accent américain. Personnellement, j’avais beau faire tous les efforts du monde, l’accent irlandais ne me quittait pas. Et en fonction de son humeur, sa prononciation change. Ça m’a toujours amusé. Mais alors que je repensais aux différentes façons qu’elle avait de le prononcer, je l’entendis vraiment. Je me redressais alors, mon imagination me jouerait-elle des tours ? Je me tournais dans la direction de sa voix et je la vis. Elle était là. Elle avait réussi à venir. Je me levais immédiatement pour m’avancer dans sa direction.

« Olivia ! »

J’étais à la fois heureux et triste de la voir. Heureux parce que je pouvais encore profiter de sa présence, de sa chaleur, de son parfum, d’elle encore quelques minutes pour la dernière fois. Et triste, parce que justement, je ne la verrais plus jamais après ça. Les adieux vont être atroces… Mais sur le coup, c’est le bonheur de la voir qui prenait le pas sur l’autre sentiment. Elle se jeta rapidement dans mes bras et je la serrai contre moi. Fort. Très fort. Ma gorge se serra, mon ventre se noua et je sentais une vague de profonde tristesse me submerger. Je posais ma tête contre la sienne, mes bras autour d’elle et une main derrière sa tête. Je n’avais plus envie de la lâcher. Je fermais les yeux alors que je l’entendis s’excuser. Désolée de quoi ? Elle n’était absolument pas fautive dans cette histoire, c’est moi dès le début qui l’ai entrainé dans mes problèmes. Elle méritait beaucoup mieux que de finir en prison à cause de moi… Je lui ai gâché sa vie. Mais je ne dis rien pour le moment, me contentant de l’écouter, de ravaler ma peine et de la serrer contre moi. Ce n’est que lorsqu’elle prononça ces deux horribles mots… dernière fois que je me décidais de réagir. Ces mots, je ne veux pas les entendre… J’avalais ma salive difficilement, prenant une grande inspiration avant de la lâcher et de m’écarter légèrement, très légèrement d’elle pour la regarder et prendre son visage entre mes mains. La voir dans cet état me fendait littéralement le cœur et l’expression de mon visage reflétait parfaitement ce sentiment.

« Tu n’aurais pas dû venir… »

Ces mots étaient restés bloqués quelques secondes dans ma gorge, et les prononcer ne fit qu’aggraver cette tristesse profonde que je ressentais. Mais je n’avais pas fini ma phrase.

« … ils vont te mettre la main dessus dès que je serai parti… »

Je baissais la tête un instant, je me sentais rongé par la culpabilité. Mais je ne pouvais pas détacher mon regard trop longtemps de son merveilleux visage.

« Tout ça c’est ma faute. Si je n’avais pas été si ambitieux, si obsédé par le boulot, tu n’en serais pas là. Je n’aurais jamais dû te demander un tel sacrifice, j’ai gâché ta vie. »

Je passais une main dans ses cheveux, me pinçant les lèvres.

« Je suis vraiment, vraiment désolé. »

Je ne m’excuse jamais, je crois bien que c’est une grande première. Mais plus aucun moyen de me faire pardonner à présent. C’est trop tard, depuis longtemps. Il n’y a aucun moyen de me racheter, ni auprès d’elle, ni auprès de sa famille… Encore moins. Ils doivent tous me haïr maintenant. Je ne peux rien faire. Rien. Mais même avec les yeux rouges et l’expression de son visage anéanti par la peine, je la trouvais sublime…

« Tu es magnifique… »


Un léger – très léger – sourire triste apparut sur mon visage alors que je l’attirais vers moi pour lui déposer un bisou sur le front et la prendre dans mes bras.

« …Tu mérites mieux. »

Je ne pouvais certainement pas la regarder pour lui dire ça. Impossible… C’était inconcevable que je l’imagine dans les bras d’un autre… Et pourtant, ça m’arrachait le cœur de dire ça…


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Olivia R. O'Ceallaigh
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Mar 30 Déc - 3:00



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Je respirais pleinement son parfum, m'imprégnant de la chaleur de son corps comme si ma survie prochaine en dépendait. Et c'était plus ou moins le cas, en vérité, car il me fallait quelque-chose à quoi me raccrocher. J'avais besoin de garder l'espoir et mon seul espoir était le souvenir de lui et de tout ce que je traverserais pour nous. C'était peut-être cheesy, exactement comme dans ses foutus films que je regardais une fois par mois dans le noir pour pleurer comme une larve, mais je n'avais jamais mieux compris la force de ses stupides histoires romantiques que depuis qu'Owen O'Ceallaigh avait transformé mon enfer personnel en vrai paradis. En un an, il avait littéralement transformé mon univers, m'offrant pour la première fois depuis longtemps la croyance profonde et sans tâche que j'étais aimée et désirée par quelqu'un. Un homme merveilleux, qui plus est.

Je m'étais trompée sur toute la ligne avec lui. J'avais eu tort de ne pas le penser, quand j'avais dit à mes parents, un an plus tôt, qu'il ne fallait pas se fier à la première impression qu'il donnait et croire au potentiel de cet homme merveilleux. Il m'avait prouvé par la suite que mes mots étaient vrais. Quand il avait enfin fait tomber le masque, quand il avait arrêté de ne penser qu'au travail pour se montrer vraiment, il s'était révélé plus charmeur qu'avant encore et surtout plus charmant, plus attentionné, plus doux et surtout très romantique. Un Owen impressionnant, mais qui m'avait semblé familier par le comportement. J'avais caché mon cœur fragile derrière une armure, éloignant tout sentiment comme la peste, il avait caché le sien en se montrant repoussant pour tout le monde et en enchaînant les coups d'un soir sans plus s'arrêter... et j'étais finalement tombée amoureuse de lui, pour de vraie. Pleinement.

Après m'avoir fortement serré contre lui, il m'éloigna un peu, juste assez pour pouvoir me regarder, mais toujours dans son espace vital... Toujours trop intime, songeais-je le cœur battant. Au moins, même dans les pires moments, cette règle d'or pour lui ne changeait pas. Mon espace personnel était le sien et réciproquement. Je posais à peine mes mains sur les siennes, tenant mon visage en coupe, sentant mon cœur se briser à la seconde où il assura que je n'aurais pas dû venir. Pourquoi ? Pourquoi disait-il ça ? Ne voulait-il pas me voir ? Non, il me tenait trop fermement pour que ça soit ça. Il devait y avoir autre chose. Autre chose qu'il précisa vite en disant que ma présence allait leur faciliter la tâche pour m'attraper. Oooh Owen... « Je m'en fiche... », soufflais-je entre mes larmes, posant mes mains sur ses hanches pour m'accrocher à lui. « Je devais te voir, qu'importe les risques. »

Puis il s'excusa à son tour. De m'avoir sacrifié, d'avoir gâché ma vie et je secouais vigoureusement la tête. Jamais. Il n'avait pas le droit de dire ça. Pas après tout ce qu'il avait fait pour moi. Son compliment ne changeait rien, je ne méritais pas mieux, je le méritais, lui. Lui et rien que lui. Je ne voulais personne d'autre de toute manière. « Mais je suis à toi... », soufflais-je en caressant sa joue du bout des doigts, glissant mes lèvres contre les siennes. « Ce que je mérite ? », répétais-je de ses mots. « Owen, tu m'as redonné goût à cette vie, à ce lien entre un homme et une femme. Avant toi, je traversais juste mon existence sans me lier à personne. Tu m'as aidé à retrouver ma famille. Tu m'as donné envie d'aimer à nouveau. D'être la femme de quelqu'un. Tu m'as fait t'aimer, toi et tu m'as rappelé combien ça faisait du bien d'être aimé en retour. Ce que je mérite... Qu'est-ce que je mérite de plus que ça ? » Doucement, je l'embrassais, mettant tout mon amour, toute ma tendresse et ma passion pour lui dans notre étreinte. Gouttant mes larmes sur sa bouche. J'avais tellement peur que ça soit le dernier. « Qu'importe ce que je mérite... Ce que je veux, c'est mon mari. C'est toi que je veux, Owen. Rien que toi. »
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Mar 27 Jan - 21:55
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Chez les O’Ceallaigh, on fait toujours tout ensemble. Quand j’étais jeune et que je vivais encore chez mes parents, on avait l’habitude de passer notre temps ensemble, dans le salon principalement. Ma mère n’aimait pas trop qu’on reste chacun dans nos chambres, elle préférait tous nous avoir sous les yeux pendant qu’elle s’occupait des plus petits. Alors, Ellen, Killian et moi avions l’habitude de passer notre temps dans le salon, à lire, jouer ou simplement regarder la télé en famille. Je me souviens que ma mère adorait regarder des films à l’eau de rose que je trouvais affreusement niais à cette époque. Ellen et elle étaient carrément à fond dedans, nous demandant constamment de nous taire à Killian et moi qui ne supportions pas ces films débiles. Ça faisait rire mon père d’ailleurs. Parce qu’avec mon frère, on n’en pouvait plus de voir ça. Je ne pouvais pas comprendre à cet âge. Je pensais vraiment que des gens en train de chialer alors qu’ils se quittaient ne correspondait pas à la réalité. C’est vrai quoi, quand on est ado, on est un peu stupide. Aujourd’hui, je me rends compte à quel point ces films pour filles sont proches de la réalité. Je me revoyais, là tout de suite, à la place de cet acteur au sourire impeccable et pleurant toutes les larmes de son corps pour une femme. A quinze ans, si on m’avait dit qu’un jour, je vivrai la même chose que dans ce genre de film cucul, je lui aurais ri au nez.

Et pourtant, je me retrouve aujourd’hui dans un aéroport, à serrer fort la femme que j’aime dans mes bras avant de la quitter définitivement. Ça pourrait faire une superbe scène pour un téléfilm à petit budget. Ma mère en serait fan, si ce n’était pas moi l’acteur principal. Je ne voulais pas la quitter. Je ne voulais pas quitter ses bras, sa chaleur, son odeur, son parfum, sa douceur. Quitte à quitter le pays, j’aurais au moins aimé la prendre avec moi. Mais même cela m’était impossible. Ils allaient l’attraper, la condamner à la prison. Tout ça par ma faute. Ma culpabilité atteignait des sommets. Je ne pouvais m’empêcher de penser que je lui avais gâché la vie. Je savais qu’à la seconde où j’allais partir dans la salle d’embarquement, ils se jetteraient sur elle pour l’enfermer. S’ils étaient là à m’attendre et qu’elle était arrivée également, ils n’allaient pas la laisser repartir en sachant qu’ils doivent surement la rechercher. C’est pourquoi je lui avais dit que je regrettais qu’elle soit là, même si le dire me brisait le cœur. J’étais heureux de la voir, une dernière fois, évidemment, mais savoir ce qui l’attendait m’anéantissait. Puis, voir son visage rouge, sous les larmes qui affluaient sans cesse m’arrachait le cœur. Je ne supportais pas de la voir triste. Elle posa ses mains sur mes hanches, affirmant qu’elle se fichait qu’on l’attrape et qu’elle devait absolument me voir… Je caressais ses joues avec mes pouces, essuyant quelques larmes au passage. Ma pauvre…

Après m’être excusé d’avoir ruiné sa vie, elle secoua vivement la tête, me faisant lâcher son visage pour poser mes mains sur ses bras. Elle est à moi… Je l’ai tellement pensé… Au début de notre mariage, lorsqu’elle a revu son ex, lorsque je la voyais sortir, j’y pensais souvent. Je n’avais qu’une chose en tête à ce moment-là, mes papiers. Nous étions liés par contrat alors je considérais qu’elle m’appartenait, pendant un an. Elle était à moi et personne n’avait le droit de me la prendre tant que je n’aurais pas la nationalité américaine. Et gare aux personnes qui se mettaient en travers de mon chemin. Quelques mois après notre arrangement, je me souviens qu’on se promenait dans la rue, je m’étais arrêté pour discuter avec je ne sais plus qui. Et quand je suis revenu vers Olivia, je la voyais se faire draguer. A ce moment-là, ce mec était une menace parce que je voyais mes papiers s’éloigner de moi. Alors, à chaque fois dans ce genre de situation, je me montrais désagréable, voire agressif ou carrément sournois, tout dépendait de mon état d’esprit à ce moment-là. Au départ, je venais simplement l’embrasser devant l’intrus, ou je venais me présenter en insistant bien sur le fait que j’étais son mari. Au fil du temps, je devenais plus agressif… Ben quoi ? A chaque fois que je la voyais sourire à un mec, je m’imaginais aussitôt qu’elle allait vouloir divorcer plus tôt que prévu, me laisser me démerder et m’abandonner dans ma quête de ma nationalité américaine pour un pauvre crétin rencontré au détour d’une rue. Cependant, je pense que je me voilais la face, à chaque fois j’utilisais le prétexte de mon passeport, mais en y réfléchissant… J’étais simplement jaloux. Alors oui, elle m’a toujours appartenu et ce sera toujours le cas. Elle est à moi, même si à présent, je suis obligé de lui rendre sa liberté, en quelques sortes… Parce que finir en prison ne correspond pas vraiment à l’idée que je me fais de la liberté. Enfin…

Elle m’énuméra par la suite tout ce que je lui avais apporté, ce qui me serra l’estomac. Je lui avais redonné gout à la vie, aux relations, l’avais aidée à retrouver sa famille – que j’avais longtemps eu du mal à supporter. Je lui avais permis d’aimer à nouveau depuis l’enfoiré qui a osé l’abandonner enceinte, au pied de l’autel. Ce qu’elle méritait de plus que ça ? Aucune idée, mais certainement pas de finir en prison. Je lui adressais un sourire triste, fier de lui avoir redonné gout à la vie malgré tout. Je dois dire, que c’est un peu pareil de mon côté. Du moins, je ne pensais pas tomber amoureux un jour. Je pensais que c’était pour les faibles et que ça n’apportait rien. Encore une fois, je me trompais lourdement. Le fait d’aimer quelqu’un et de se sentir aimé en retour est la plus belle chose qu’on puisse ressentir. Même si le fait de devoir mettre un terme à tout ça vous anéanti littéralement et vous faire souffrir le martyr.

Elle s’approcha encore plus près de mon visage pour venir m’embrasser. Je fis de même, sans hésitation, l’embrassant avec passion comme si c’était le dernier. D’ailleurs, ce serait forcément l’un des derniers. La dernière fois que j’aurais l’occasion de sentir ses lèvres si douces, son souffle chaud sur ma peau… Et elle ne voulait que moi… Jamais je n’aurais pensé dire ça un jour, mais moi non plus je ne voulais personne d’autre. Elle, et elle seule. Je posais mon front contre le sien et l’une de mes mains derrière sa nuque.

« Jamais je n’aurais pensé aimer véritablement quelqu’un un jour. Et pourtant. Tu m’as littéralement changé, tu m’as ouvert les yeux, me montrant qu’il n’y a pas que le travail dans la vie. Tu es une femme formidable Olivia et ne laisse jamais personne te dire le contraire. »

Je déposais un baiser sur son front avant de la serrer de nouveau contre moi. Une larme perla au coin de mon œil et vint rouler le long de ma joue. Je ne suis pas un sentimental dans le sens où je ne pleure jamais, mais là… C’était plus fort que moi.

« Je t’aime… je t’aime tellement. »

En l’ayant ainsi dans mes bras, j’avais les deux gorilles dans mon champ de vision. L’un d’eux me fit signe qu’il était temps d’y aller. Non pas déjà… Je soupirais un grand coup. Je la serrais fort une dernière fois avant de m’écarter de quelques centimètres pour pouvoir la regarder en jetant quelques coups d’oeils aux deux vigiles, flics ou je ne sais pas ce qu’ils sont.

« Tu cours dès que je suis parti. Même avant si tu le peux. »

Je glissais une main sur sa joue, me retenant de la kidnapper pour l’emmener avec moi. Mais au final, je fondis sur ses lèvres pour l’embrasser une ultime fois. Un baiser passionné. Fougueux. Comme si ma vie en dépendait. J’étais tellement absorbé par Olivia que je n’entendais que vaguement la voix du type un peu plus loin…

« Monsieur O’Ceallaigh, il est temps. »

Plus que quelques secondes, les dernières secondes… Les plus terribles.

« Je t’aimerais toujours. Il ne se passera pas un jour sans que je ne pense à toi. »



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Dim 1 Fév - 22:23



GAME OVER.

And I will stumble and fall. I’m still learning to love. Just starting to crawl. Anywhere, I would’ve followed you. And I am feeling so small. It was over my head. I know nothing at all. And I will swallow my pride. You’re the one that I love. And I’m saying goodbye.


Il m'arrivait parfois de prendre une seconde pour réaliser le chemin parcourut, mais la plupart du temps, j'étais juste embarquée dans la tornade O'Ceallaigh sans prendre le temps de souffler, appréciant juste la sensation de voler par-delà toute une folie induite par notre deal pour obtenir ma meilleure chance. Il était ma meilleure chance d'accès au bonheur, j'en étais convaincue et rien que pour cela, j'avais fait le choix de me moquer de tout le reste, de ne pas trop regarder en arrière et de me contenter simplement du bonheur d'être réellement dans ses bras, sous ses baisers tendres, à affirmer encore et encore à ma famille que mon homme était exactement cet homme merveilleux que je leur décrivais depuis le début de notre mariage. Oh bien sûr, tout n'étais pas toujours simple, même maintenant. Owen et moi apprenions encore à nous apprivoiser et à travailler ensemble de manière plus civilisée, maintenant qu'on se retrouvait dans le même lit le soir et que j'étais, évidemment, plus réticente à lui faire des petits plaisirs intimes quand je m'étais pris une engueulade injustifiée quelques heures auparavant, juste parce que monsieur était stressé et que j'étais un bon souffre douleur en tant qu'assistante. Mais j'aimais cette vie. J'aimais apprendre à le découvrir, tout en pouvant le serrer dans mes bras en public et repousser tout le monde en disant que j'étais sa femme. J'aimais cette situation et l'espoir qu'elle apportait, le temps que nous prenions pour nous découvrir, pour tomber chaque jour un peu plus amoureux, pour nous aimer comme si notre mariage avait, à l'origine, été un mariage d'amour... Et pourtant, tout ça était terminé, parce qu'une pétasse au décolleté putassié avait décidé de ruiner ma vie et celle de son ancien amant ayant eu le malheur de ne plus vouloir d'elle.

Pourtant, malgré tout, je ne pouvais pas regretter. Je ne pouvais regretter d'avoir cédé au deal illégal du connard fini qui me servait de patron. Je ne pouvais regretter d'avoir pris le risque, d'avoir osé lui faire des avances et de répondre aux siennes. Je ne pouvais regretter d'avoir pris le risque de le laisser entrer dans mon cœur, de m'avoir fait l'aimer et d'avoir cru en notre amour... De croire encore qu'on pouvait s'aimer. Qu'importe qu'ils l'emportent loin de moi, qu'ils me punissent pour ce que j'avais fait, qu'ils me privent de ma liberté et m'empêchent de le revoir pour des semaines... des mois... J'allais le retrouver. J'allais me sortir de là et j'allais le retrouver. J'allais le reprendre, le garder pour moi et le ramener à la maison. J'allais obtenir ma vraie maison, avec lui, là où se trouvaient nos maisons à l'origine. J'allais le sortir de là et le ramener à New York. C'était l'unique promesse que je pouvais nous faire. Madison ne gagnerait pas. Cet homme là... Il était à moi et rien qu'à moi et elle pouvait penser à me mettre hors d'état de nuire autant qu'elle le voulait, j'allais me battre, revenir dans le tableau et lui prouver que lorsque je voulais quelque-chose, je l'obtenais toujours. Manque de chance pour elle, aujourd'hui, je ne voulais qu'Owen, ma vie de femme comblée et mon travail de secrétaire que j'avais si souvent détesté et rêver de quitter. Personne ne pourrait me retirer ça définitivement.

Ils étaient fous. Quiconque croyait que nous ne nous aimions pas réellement était fou. Oui, notre mariage n'était au départ qu'un engagement factice, un engagement professionnel avec avantage promotionnel et professionnel pour chacun. Et alors ? Au final, nous étions amoureux. Au final, nous ne voulions pas divorcé. Au final, ce mariage était plus vrai que la plupart des mariages. En quoi deux américains se mariant pour le sexe et avec en tête l'idée d'un divorce alléchant pour le porte-feuille était plus valable et plus tolérable que le nôtre ? Tous les jours, des gens se mariaient parce qu'ils envisageaient les avantages futurs ou parce qu'ils étaient trop saouls pour réfléchir clairement. Vegas était le territoire des mariages sans amour et des annulations précipitées. Les plus grandes stars se mariaient pour trente-six heures, le temps que leurs avocats parviennent à les faire annuler. Pourquoi c'était le nôtre qui devait être réprimandé, alors même que l'idée de nous quitter maintenant nous tuaient l'un et l'autre ? Ça n'était pas juste et c'était stupide. Je l'aimais bon sang. Pourquoi me le retirer parce qu'il avait fallu que je l'épouse avant de le découvrir et de tomber sous son charme ?

Les larmes ne cessèrent de couler sur mes joues quand Owen me fit la plus belle de ses déclarations, m'assurant qu'il n'aurait jamais pensé pouvoir aimer ou trouver une relation amoureuse plus importante que son travail. Il m'assura que c'était moi qui lui avait fait voir les choses différemment et que je ne devais jamais douter de la femme merveilleuse qu'il voyait en moi. Et quand il posa un tendre baiser sur mon front, je me serrais fort contre son torse en luttant vainement contre les larmes qui ne cessaient de brouiller mes yeux, maudissant mon âme sensible de brouiller ma dernière vision de lui avant très longtemps. Il souffla combien il m'aimait et j'inspirais profondément, ancrant le souvenir de son odeur chaleureuse dans mon esprit avant de répondre. « Je t'aime plus que je n'aurais jamais cru cela possible », soufflais-je la voix tremblante, alors qu'il me desserrait assez de son étreinte pour pouvoir me regarder de nouveau. Doucement, pour ne pas que ses geôliers l'entende, il m'ordonna de m'enfuir dès que je le pourrais, quitte à le faire avant qu'il ne soit dans l'avion et je me mordis la lèvre. Je ne pouvais pas. Je ne pouvais pas gâcher les précieuses secondes qu'il me restait à même l'apercevoir, même pour une fuite. De toute façon, j'allais devoir faire affaire à la justice à un moment ou un autre, surtout si je voulais pouvoir le retrouver ensuite. Je devais accepter mon sort et espérer que coopérer de bout en bout aiderait à ma plaidoirie déjà bien nette dans ma tête. J'avais beau avoir dérogé à la règle familiale et avoir intégré le monde de l'édition, je n'en restais pas moins une fille d'avocat, avec une bonne moitié de ma fratrie dans le monde du droit et un meilleur ami avocat, alors ce monde, je le connaissais parfaitement et je savais même quel juge il me fallait espérer avoir pour le procès pour avoir une chance et lesquels seraient totalement imperméables à toute ma plaidoirie. Mais je n'allais pas entrer dans ce genre de détails maintenant avec Owen. Pas alors qu'il ne nous restait que quelques minutes ensemble. Pas alors que les gorilles qui s'occupaient de lui étaient en train de lui dire qu'il était temps d'y aller.

Je pleurais littéralement contre ses lèvres quand les mots sortirent de la bouche compatissante de l'un d'entre eux et cessait toute lutte avec mon chagrin quand Owen réitéra combien il m'aimait et me jura que pas un jour ne passerait sans qu'il ne pense à moi. Je m'accrochais encore une fois désespérément à lui, fondant mon buste contre le sien, collant mon front au sien. « Je te retrouverais, je te le jure. Peu importe combien de temps cela prendra, mais je te ramènerais à la maison, mon amour. Je refuse de te dire adieu. » Du bout des doigts, je frôlais la peau de sa joue mal rasé, de son cou, m'imprégnant de son parfum, de la sensation de ses mains sur mon corps. Les gardiens réitérèrent leur ordre d'y aller, l'un d'eux se plaçant derrière moi, comme pour m'empêcher de fuir. « Non, attendez... Encore un peu... Juste encore un peu, je vous en prie... » L'homme s'approcha, posant une main sur mon épaule. « S'il vous plait, mademoiselle... Ne nous obligez pas à vous séparer par la force. » Je lui lançais un regard furibond. Comment osait-il m'appeler mademoiselle. N'avait-il rien suivi à la scène romanesque qui se tenait devant lui ? « C'est madame O'Ceallaigh », grognais-je en reposant mon regard sur Owen, achevant mon affirmation en ne me concentrant que sur lui. « Je me lie à toi, dans la joie, comme dans les difficultés », réitérais-je les mots dis un an plus tôt sans aucune conviction, avec tout mon cœur et toute ma détermination désormais. « Jusqu'à mon dernier souffle... »

Consciente qu'ils ne resteraient pas aussi tolérant longtemps, je m'écartais de lui, écartant quelques mèches de cheveux de mon visage et profitant de l'occasion pour essuyer mes yeux et retrouver de ma vision. Juste un dernier regard avant le grand combat, juste une dernière œillade pleine de promesses, qu'il sache que je me battrais jusqu'au bout pour le rejoindre et le retrouver, pour le ramener chez nous, à New York. « Regarde-moi », quémandais-je en serrant les poings. « Regarde-moi jusqu'au dernier moment, d'accord ? »


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Ça me fait vraiment flipper parce que tu as pris un morceau de moi. Et je t'ai laissé faire... @ ALASKA.
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Ven 27 Fév - 15:16
Game Over


C’est incroyable la tournure que peuvent prendre les choses au fil du temps. Jamais je n’aurais cru tomber amoureux dans ma vie. Je m’étais toujours dit que c’était pour les filles ou pour les mecs un peu trop sensibles. Ça ne me correspondait pas du tout, ce n’était pas fait pour moi. J’avais le contrôle de ma vie, je gérais tout d’une main de maître. Mon travail était minutieux et rien n’échappait à mon contrôle. Dans ma vie privée, c’était la même chose, les femmes, je les prenais et le jetais quand je m’en étais lassé. Personne ne pouvait aller contre ma volonté, j’étais maître de ma vie. Mes assistantes, quand elles ne me convenaient plus, je les renvoyais. Les auteurs qui ne m’envoyaient pas leurs écrits dans les temps, je m’en débarrassais. Mais Olivia a toujours été différente, dans son travail pour commencer. Je n’aurais jamais cru l’avouer mais elle était parfaite. Jamais en retard, toujours un coup d’avance, jamais un mot plus haut que l’autre… Par la suite, dans notre mariage c’était un peu différent, mais j’ai toujours senti qu’elle avait quelque chose à part. Evidemment, au début, j’étais beaucoup trop focalisé sur mon objectif et trop borné pour me rendre compte de quoi que ce soit. Mais je m’en rends compte à présent. Elle a réussi, je ne sais comment, à me dompter, m’hypnotiser. Notre mariage blanc se transformait en véritable mariage au fil du temps. Fait assez étonnant, j’en perdais même de vue mes papiers, ce pour quoi j’avais contracté cette union.

Enfin, tout ça, c’est fini maintenant, à cause de mon ex totalement barge. Déjà quand je l’ai quittée avant de prendre mes valises pour les Etats-Unis, elle m’avait dit qu’elle m’attendrait si jamais je changeais d’avis, parce qu’elle en était persuadé. Elle était réellement obsédée par moi… C’était carrément flippant, j’étais si jeune. C’est même sans doute de sa faute, qu’inconsciemment, je fuyais les relations, l’engagement avec une femme. Pour mon mariage, je n’avais pas le choix, mais jamais je n’aurais envisagé de me caser avec quelqu’un délibérément. Cette folle furieuse m’avait carrément traumatisé. La promesse qu’elle m’a faite la dernière fois que je l’ai vue en Irlande m’a hanté les premières années de ma vie sur le continent américain. Elle m’avait affirmé qu’elle me retrouverait où que j’aille et qu’un jour, elle me rejoindrait… Ce qu’elle a fait. Pour ruiner ma vie. Une fois de plus. Et rien que de savoir qu’elle m’attendait là-bas en Irlande, me rendait malade. Je n’ai pas eu l’occasion de lui reparler depuis qu’elle a causé notre perte, mais les retrouvailles risquent d’être explosives. Si je m’étais retenu le jour de notre rupture, ce ne sera pas le cas cette fois-ci, je risque de me montrer extrêmement virulent.

Mais là n’était pas ma préoccupation principale. Je savais qu’il ne me restait plus beaucoup de temps à passer avec elle, ma femme, la seule et unique femme que j’aimerai pour le reste de ma vie. Elle était là, dans mes bras, pleurant toutes les larmes de son corps pour cet adieu déchirant. La voir dans cet état me brisait littéralement le cœur, j’en avais presque la nausée tellement j’avais l’estomac noué. La laisser seule avec la justice m’était insupportable. Heureusement que sa famille est là, mais je ne peux pas m’empêcher de me sentir coupable. Tout est de ma faute, elle aura beau dire le contraire, rien ne me fera changer d’état d’esprit. Et ça me rend malade. Sous l’émotion, je lui déballais tout ce que j’avais sur le cœur, affirmant qu’elle était merveilleuse et que je l’aimais plus que tout. Ce qu’elle me dit à son tour.

Les deux bodybuilders s’étaient avancés vers nous pour me prévenir qu’il était l’heure d’y aller, sous-entendu agissez calmement M. O’Ceallaigh et tout se passera bien. Mouais. Olivia s’accrocha à moi aussi fort qu’elle le put. Je ne pouvais pas résister face à son immense désespoir et je la serrais à mon tour dans mes bras. Elle me promit alors de me retrouver, de me ramener à la maison peu importe le temps que cela prendra. Seigneur Livia… Elle refusait de me dire adieu, pourtant elle n’avait pas le choix. Il m’était impossible de remettre un pied aux Etats-Unis, j’étais interdit de séjour sur le sol américain à vie. Je n’avais plus le droit de revenir. Cet instant marquait les derniers moments de ma vie ici, sur ce continent. Qu’elle le veuille ou non. Jamais je ne pourrais reprendre un vol pour ce pays. Jamais. A cette pensée, mon cœur se serra davantage. Je fermais les yeux un instant en soupirant. Son objectif est impossible à réaliser. Je posais une main sur sa joue, mon pouce allant se poser sur sa lèvre inférieure, et mon regard fixait le sien.

« Liv’… »

J’aurais voulu lui dire que c’était impossible, pourtant les mots restaient coincés dans ma gorge, incapable de lui briser ses espoirs. Je n’avais pas le droit de faire ça, pas après avoir ruiné sa vie. Alors je me tus. Le bref silence fut brisé par la vois d’un des deux costards cravates qui réitérait son ordre précédent. Oui, je sais qu’il est temps d’y aller ! Deux minutes merde ! Olivia les supplia de nous laisser encore un peu de temps. Ce désespoir me faisait tellement de peine… Bordel ces deux enfoirés n’ont donc pas de cœur ?! Je reculais légèrement ma tête de la sienne pour pouvoir me détacher tout doucement et ne pas devoir partir brutalement en rompant le contact trop vite.

Mais ce qui se passa ensuite ne me plut pas du tout. Déjà que ces deux connards nous pressaient mais alors là… L’un des deux osait poser sa salle patte sur MA femme ! Je n’étais déjà pas de bonne humeur, les nerfs à fleur de peau mais alors là, je vis rouge immédiatement. De quel droit la touche-t-il ? D’un geste agressif, je dégageais sa main sans la moindre douceur et le foudroyais du regard, avant de lui lancer en serrant les dents.

« Ne la touchez pas. »

Olivia réagit très vite également en précisant qu’elle était Madame O’Ceallaigh, alors que ce crétin avait osé l’appeler Mademoiselle… Il recula d’un pas et regarda son collègue d’un air exaspéré. Mais les paroles de Livia me permirent de me reconcentrer sur elle, rien qu’elle. Je me souvenais parfaitement de ces paroles… Celles que nous avons prononcées tous les deux un an plus tôt… Mais cette fois avec beaucoup plus de conviction. Sur mon visage se dessina alors un sourire triste et mes yeux commençaient à briller.

« Jusqu’à ce que la mort nous sépare… »

Une dernière fois, je posais mes deux mains sur ses joues pour l’embrasser tendrement. Une ultime fois. Elle s’écartait une dernière fois alors que j’entendais les deux gardes du corps se racler bruyamment la gorge pour nous ordonner de nous dépêcher un peu. Je ne la quittais pas des yeux alors que je me baissais pour récupérer mon sac à mes pieds. C’est le moment… je soupirais et jetais un coup d’œil à la grosse horloge pour regarder l’heure. Mon vol part bientôt… Ce serait vraiment dommage que je le rate hein ? Mais je suis sûr que les deux poteaux postés derrière Olivia s’assureraient que je sois bien à bord, quitte à m’y emmener de force à coups de pied au cul. Elle me demanda de la regarder jusqu’au bout. Mais pourquoi ne fuit-elle pas maintenant tant qu’elle le peut encore ? Une partie de moi voudrait vraiment qu’elle se sauve. Mais la seconde voulait qu’elle reste, que je vois son joli visage jusqu’au dernier moment.

« I love you. »


Ce seront mes derniers mots. Les derniers mots qu’elle entendra sortir de ma bouche. L’un des hommes s’avançait déjà vers moi pour m’accompagner pour être certain que j’embarque… Comme elle me l’avait demandé, je ne la quittais pas des yeux et marchais lentement à reculons jusqu’à ma destination. Sur le chemin, l’homme qui m’accompagnait me faisait des remarques du genre « Regardez devant vous M. O’Ceallaigh », « cessez votre comédie », mais je n’en avais strictement rien à faire et me contentais de l’ignorer royalement en dégageant ses mains lorsqu’il tentait de me remettre dans le bon sens de la marche. Mais occupe-toi de ton cul bon sang ! Arrivé devant le comptoir d’embarquement, le vigile donna mon billet à l’hôtesse et me poussa à l’intérieur de l’espèce de tunnel pour rejoindre l’avion. Evidemment et comme si j’allais me cacher dans les toilettes, il s’assura que je m’assois sur mon siège. Ça y est, je ne la reverrai plus. Ma vie américaine est bel et bien terminée. A jamais. A cette pensée, les larmes que j’étais parvenu à retenir tout le temps de nos au revoir se mirent à couler le long de mes joues. C’est fini, tout est fini. Retour à la case départ.


fait par .cranberry

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Olivia R. O'Ceallaigh
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Dim 1 Mar - 23:28



GAME OVER.

You're the light, you're the night. You're the cure, you're the pain. You're the only thing I wanna touch. Never knew that it could mean so much. Follow me to the dark, you can see the world you brought to life, to life. So love me like you do. Only you can set my heart on fire...


« Liv'... »

Ça avait été la dernière fois qu'il avait prononcé mon nom. La dernière fois que je l'avais entendu, en tout cas. Et ce simple surnom, soufflé entre deux baisers d'adieux, avait été tout ce qui m'avait fait tenir durant les presque deux dernières années. Ça et les mots qui avaient suivi.

« Jusqu'à ce que la mort nous sépare... »

Il m'avait fallu le prouver, mais qui pouvait décemment en douter. Qui pouvait réellement croire que je n'aimais pas cet homme et qu'il ne m'aimait pas. J'avais passé l'année à réunir des preuves, à demander à des inconnus de témoigner parce qu'ils nous avaient vu dîner en tête à tête ou passer du temps ensemble à la patinoire. J'avais passé une année à me battre pour prouver mon point de vue, juste pour obtenir la clémence et le droit de le retrouver. Parce que nous nous l'étions promis ce jour-là, plus sincèrement que la première fois, certes, mais qu'est-ce cela importait ? Oui, nous l'avions contracté pour des papiers, oui nous y tirions un avantage pécuniaire et territorial, mais merde, un vrai mariage était un mariage consommé et Owen et moi l'avions consommé. Bien largement. Au-delà de ce que les statistiques sur les couples attendaient et cela même s'il avait fallu plusieurs mois avant que cela n'arrive. Nous partagions la même maison, le même lit, les joies et les peines, les difficultés et les bons moments, nous avions tout du vrai couple, nous étions un vrai couple. Jusqu'à ce que la mort nous sépare. Devoir faire témoigner des gens pour qu'on me croit me rendait malade. Presque aussi malade que son absence me tuait.

« Bien joué, vous êtes vraiment de bons acteurs »

J'avais tellement entendu ces mots au cours du temps écoulé depuis nos adieux à l'aéroport. Comme si je pouvais réellement simuler mon teint blafard, mon manque de goût pour la vie, ma liaison intime retrouvée avec Tequila, la douloureuse. Comme si j'avais vraiment eu la force de simuler le mal et le manque pendant tout ce temps. Juste pour éviter une année ou deux de prison. S'ils savaient comme je m'en foutais d'aller au taule. S'ils savaient comme je m'en fichais de payer pour tout ça. Tout ce que je voulais, c'était payer vite et pouvoir le retrouver, tout aussi vite. Je voulais juste le ramener à la maison... Il s'était avéré, cependant, que pouvoir le faire rentrer chez nous était la partie la plus difficile de mon combat de cette dernière année.

Tout avait commencé lorsqu'Owen avait embarqué de force à bord de l'avion. Comme il l'avait craint, il avait à peine disparu de mon champ de vision que les renforts avaient débarqués pour me passer les menottes et me conduire en détention. Je n'avais pas cherché à m'enfuir, ni même à leur rentre la tâche plus difficile. J'avais donné mes bras pour qu'on me menotte et j'étais montée sans broncher dans la voiture, acceptant qu'on me conduise où ils voulaient m'emmener. Durant toute ma détention, je n'avais demandé qu'un verre d'eau et le droit de passer un coup de fil. J'avais répondu en toute honnêteté à leurs questions - même s'ils avaient prétendu plus tard que je n'avais fait que mentir pour continuer à jouer la femme amoureuse pour sauver ma peau - et j'avais demandé à mon avocat de père de calmer le jeu et de plaider coupable pour tous les chefs d'accusations. Il avait été furieux contre cette idée, voulant plaider l'amour, le vrai et la sincérité de nos sentiments à Owen et moi, mais j'avais tenue bon. J'avais menti au début, à tout le monde, même à ma famille. Surtout à ma famille. Et j'en acceptais les conséquences. Je l'avouais pleinement. Je voulais être sincère maintenant, pour tout dire et tout faire comprendre. Parce que plus que tout, je voulais juste conserver mon droit d'être Madame O'Ceallaigh et qu'on reconnaisse que j'étais désormais follement amoureuse de mon mari.

Ce simple constat avait été la première lourde bataille que j'avais mené avec mon père, mes frères et Chris, qui s'étaient tous alliés pour me sauver de mon sort. Ils étaient furieux contre moi, se sentaient trahis par mes mensonges, mais ils savaient que j'étais sincère, désormais. Ils voyaient le mal dans mes yeux, la douleur physique que me procurait l'absence de mon amoureux et ils savaient que je ne mentais plus, que j'aimais mon homme et que j'étais prête à tout braver pourvu qu'on me le rende. J'avais gagné quelques petites batailles, mais j'avais tout de même perdue la guerre.

« Olivia Penrose, votre mariage est dès à présent dissout. Vous aurez droit d'aller dans votre maison avec un huissier pour récupérer vos affaires personnelles et renvoyer en Irlande les affaires de Monsieur O'Ceallaigh. Pour les biens mis en commun lors de votre union, ils seront mis aux enchères et contribuerons au paiement de votre amende. La demande de votre avocat d'une assignation à domicile est acceptée jusqu'à révision lors de votre procès et vous aurez une liberté de mouvement de cent mètres autour de la demeure de vos parents. Enfin, vous n'avez aucun droit d'entrer en contact de quelque manière que ce soit avec Monsieur Owen O'Ceallaigh ou sa famille. Cette interdiction s'applique également à vos proches. Tout comme vous n'avez aucun droit de lui faire passer un message par les moyens détournés que sont les réseaux sociaux ou les médias. S'il s'avérait que vous avez manqué à cette interdiction, votre assignation à domicile serait immédiatement révoquée et une détention préventive mise en route... »

J'avais hoché la tête à chaque nouvelle information, accepté sans broncher chaque restriction, malgré mon coeur en lambeau. Interdiction formelle de contacter Owen jusqu'à nouvel ordre. Interdiction formelle à ma famille ne serait-ce que de contacter Ellen ou n'importe lequel des membres de sa famille. Je n'avais même pas le droit de demander à quelqu'un le connaissant comment il allait. J'avais cru mourir à l'idée de passer la (les ?) prochaines années, sans même savoir s'il avait pu retrouver un travail et une stabilité en Irlande... Maman disait que ma mine était devenue encore plus affreuse à partir de ce jour-là, quand il m'avait été interdit par la loi de me dire femme mariée et d'entendre une nouvelle, même infime, de mon amour perdu. Elle avait tant pleuré pour moi, à me voir roulée en boule dans le lit que nous avions partagé lorsque nous vivions chez mes parents, à attendre simplement. Attendre que le temps passe, attendre que la fatigue m'assomme trop pour voir le jour se lever, le soleil se coucher, les saisons défiler. Attendre que mon sort en soit jeté, simplement...

Et puis un matin, j'avais enfin émergé de ma léthargie. Ca n'avait pas été facile, à bien des égards, ça n'est toujours pas simple de me lever le matin, mais j'avais retrouvé l'envie de me battre, le besoin de me battre, parce que chaque nuit sans lui était plus difficile que les précédentes et qu'aucune personne au monde ne méritait cela. J'avais accepté mon sort sans jamais m'en plaindre. J'avais mis ce bracelet à mon pied qui me retenait tel un animal dans ma cage et j'avais accepté de payer, de perdre mon nom, de perdre ma vie. J'avais au moins le droit d'être entendu. Qu'importe le prix à négocier, je voulais juste le rejoindre. Je voulais prendre un avion et retrouver la chaleur de ses bras, la douceur de ses baisers. Qu'importe le chemin, je voulais le parcourir avec lui et prouver qu'il méritait son titre de séjour, qu'il méritait la nationalité américaine et que nous méritions le droit de nous marier à nouveau. Je voulais son nom, je voulais ma vie avec lui et s'il fallait le faire selon leur désir, alors soit. J'allais le faire.

J'avais alors demandé à mon père d'obtenir une nouvelle audience et avait demandé le droit de le contacter ou mieux, de le rejoindre. J'avais bataillé pour pouvoir obtenir le droit de l'épouser à nouveau. J'avais rencontré des soutiens on ne peut plus inattendu et j'avais commencé une nouvelle guerre difficile contre le service d'immigration. Au nom des véritables sentiments qui nous liaient, mon amour et moi... Je ne pouvais même pas parler d'ex-mari, le mariage ayant été tout simplement dissout, effacé comme s'il n'avait jamais eu lieu. Et s'il n'avait jamais eu lieu, n'avions-nous pas tout à fait le droit d'être prétendant au mariage ? Oh comme mon père et mes frères avaient été bon avec cette plaidoirie. Notre histoire était sans précédent, après tout et tout était à écrire. Cela avait rendu la chose plus difficile, mais aussi bien plus simple, parce qu'aucun texte ne reniait cette logique imparable.

Il avait fallu six mois supplémentaires pour obtenir une réponse, après sept mois à payer les pots cassés. Et il en fallut trois autres pour obtenir la première audience. J'avais fini par perdre le fil du temps, par ne plus savoir depuis combien de temps il avait disparu de ma vie. Pas parce que j'avais oublié ce jour funeste où je lui avais dit adieu, mais parce que j'avais fini par oublier quel jour nous étions. Combien de temps passaient entre nos appels et les réponses de la justice ? J'avais fini par perdre le fil, jusqu'au jour où mon père avait raccroché, alors que je broyais littéralement la main de Chris dans l'appréhension.

« Vendredi... », souffla mon père, avant que les larmes ne montent à ses yeux, le soulagement peignant de belles couleurs sur son visage. « Le juge a décidé de te donner sa décision vendredi à onze heures. » Je n'avais pas compris pourquoi il semblait soulagé et pourquoi il ne cessait de sourire comme un idiot, avant qu'il n'ajoute. « Et ils t'enlèveront le bracelet à cette occasion... » J'avais fondu en larmes alors que ma mère laissait s'exprimer son soulagement et m'était jeté dans les bras de mon père, le remerciant mille et une fois. J'ignorais encore si ma demande allait être accepté, mais le retrait du bracelet donnait un espoir supplémentaire et au moins une certaine liberté retrouver, une petite victoire...

Et quelle victoire ce ne fut pas, quand enfin, les mots furent prononcés.

« Vous devrez prouver que vous avez une vraie relation. Owen O'Ceallaigh n'aura pas le droit de venir sur le sol américain tant que votre mariage n'aura pas été approuvé et par les autorités américaines et par les autorités irlandaises. Vos familles seront interrogées, vos collègues également, toutes les femmes que Monsieur O'Ceallaigh pourrait avoir fréquenté pendant les deux années qui viennent de s'écouler. Et avant que tout cela ne soit mis en route, il devra faire une demande officielle... Je faxerais à votre avocat tous les détails des points que vous et votre compagnon devrez remplir pour pouvoir prétendre au visa américain. »

J'avais été incapable de retenir ma joie et mon enthousiasme et n'avait même pas eu la patience d'attendre d'être rentré à la maison pour acheter le premier vol en direction de l'Irlande. Ma valise était à peine prête quand j'embrassais tout le monde avant que papa ne me conduise à l'aéroport, me demandant encore et encore si j'étais absolument certaine de ce que je faisais. « Je l'aime papa », soufflais-je en serrant mon paternel dans mes bras. « Je l'aime plus que tout et je dois le faire. Je dois le rejoindre. Je dois savoir si lui aussi veut toujours de moi... »

Je n'arrivais pas à en douter, quand bien même je connaissais le Owen que j'avais épousé, quand bien même les mots du juge tournaient encore et encore dans ma tête pendant toute la durée du vol. « Et mademoiselle Penrose ? Votre combat est des plus louables et votre courage est exemplaire. J'espère vraiment que l'homme que vous aimez éprouve la même chose pour vous et que votre combat n'est pas vain », avais soufflé l'homme avant de nous congédier et si je n'avais rien répondu au fait qu'il sous-entendait qu'Owen avait pu tourner la page, voir même ne jamais m'avoir réellement aimé, je n'en pensais pas moins. L'homme qui m'avait dit adieu il y a presque deux ans avait fini par m'aimer plus qu'il n'avait jamais aimé personne et j'espérais juste qu'il n'aurait pas facilement tourné la page. S'il l'avait fait, et bien... Je serais effondré, certes, mais je n'arrivais pas à me l'imaginer. Owen n'était pas homme à tomber facilement amoureux et il était tombé amoureux de moi. Il ne pouvait pas m'avoir trompé là-dessus et être passé à autre chose en si peu de temps. Pas lui.

Moi qui avais pensé que la bataille jusqu'à l'obtention de mon droit de le rejoindre serait le plus dur à vivre, découvrait alors qu'il y avait bien plus insupportable. Les quinze heures d'attente entre ma montée dans le premier avion à Los Angeles et mon doigt appuyant enfin sur la sonnette de la porte d'entrée de chez ses parents. Pendant tout le trajet, je restais fébrile, tapant frénétiquement des pieds en regardant ma montre toutes les trois minutes, au grand désespoir de mes trois voisins de sièges. Et que dire du pauvre chauffeur de taxi qui due subir mes nombreux soupirs et mes regards vagues et inintéressés portés sur les beaux paysages qu'il tentait de me présenter avec une passion débordante à laquelle je restais totalement imperméable. Je ne voulais pas regarder un film dans l'avion, je ne voulais pas regarder les beaux paysages d'Irlande pendant une interminable traversée, je voulais être dans les bras d'Owen, rattraper les deux années de solitude, le sentir glisser sa main dans mes cheveux et poser ses lèvres sur ma peau, frileuse sous son contact. Je voulais mon amoureux, mon mari - qu'importe ce que l'administration pouvait en dire -. Je voulais leur prouver à tous qu'ils avaient tort de ne pas croire en nous et qu'il m'aimait réellement et que j'arrivais enfin après une trop longue séparation.

« Encore deux minutes, mademoiselle », soupira l'homme, abandonnant enfin devant mon impatience. Et malgré moi, je me mis à sourire. Consciente que ça n'était pas très gentil je cachais mon sourire dans le col du sweat que je portais, maudissant l'odeur de lessive et de propre qu'il possédait. Il y a longtemps,... si longtemps, lorsque j'avais trouvé le sweat sur une chaise de notre chambre, le vêtement portait encore l'odeur sauvage et réconfortante d'Owen. Il ne le portait pas très souvent, surtout pas les jours de travail, mais c'était un vêtement qu'il affectionnait, particulièrement quand il allait faire un peu de sport le matin. Je l'avais récupéré en qualité « d'affaire personnelle » lorsque j'avais eu le droit d'aller récupérer mes vêtements et faisait partie de ses choses que je n'avais pu mettre dans le carton que nous avions ensuite renvoyé en Irlande. Le sweat sentait trop lui, sa présence, cette part de lui que peu de gens connaissaient, dont j'avais été la spectatrice privilégiée dans nos moments d'intimités, de partage de cette part de lui qu'il cachait au travail. Me séparer de ses chemises, de ses chaussures hors de prix, de son attirail du parfait éditeur avait été plutôt simple... même si tout restait relatif... Mais les T-shirt, les affaires de toilettes, le sweat... Cela avait été douloureux. Cela avait été beaucoup plus difficile et j'avais finalement laissé mes mains chiper un T-shirt (ou deux...) et ce sweat, que j'avais porté presque tous les jours depuis. Maman disait qu'il allait finir par ne plus ressembler à rien, qu'il avait déjà commencé à perdre toute forme convenable à force d'être porté et lavé encore et encore au-delà du raisonnable, mais que pouvais-je y faire ?  Les deux laborieux hivers que j'avais affronté, coincé dans la maison de mes parents, n'avaient été supportable que parce que j'étais recroquevillé sur le canapé, vêtue de mon sweat et d'un leggings confortable, de grosses chaussettes pour sauver mes orteils du froid, un chocolat chaud dans les mains pour le réconfort et un monticule de mouchoirs abandonné aux pieds du canapé d'avoir trop pleuré devant les téléfilms romantiques de l'après-midi. Mes nuits n'avaient trouvé un semblant d'utilité que lorsque j'avais réussi à oublier le manque de son bras autour de ma taille et à me concentrer sur la douce enveloppe de son T-shirt sur mon corps nue et que j'avais fini par me convaincre que c'était assez proche de lui pour me permettre de trouver le repos. Alors, une fois de plus, pour patienter jusqu'à nos retrouvailles, je n'avais pu qu'enfiler un leggings confortable pour la route, une chemise tunique pour ne pas avoir les fesses en vue et m'était caché dans le sweat qui m'avait fait tenir pratiquement deux ans, regardant ma montre toutes les trois minutes et triturant l'alliance à mon cou le reste du temps. « Et voilà, mademoiselle », s'exclama le chauffeur de taxi avant de s'arrêter devant la maison dont je lui avais donné l'adresse, se retournant comme pour me parler. « Merci beaucoup, monsieur. Merci », soufflais-je en sortant mon porte-feuille de mon sac, cherchant avec fébrilité où j'avais bien pu ranger les euros que j'avais extrait de la machine à billet de l'aéroport lorsque je m'étais rendu compte que je n'avais que des dollars en poche. Heureusement que ma carte bancaire était une internationale et que j'avais pu retirer. Il m'annonça le prix et je ne pris même pas la peine de réfléchir à la valeur réelle de la somme, alors que je lui tendais une somme toute ronde en lui disant de garder la monnaie. Qu'en avais-je à foutre de l'argent. Dans quelques minutes, j'allais revoir mon Owen. J'allais avoir ma première victoire sur le sort - Et sur cette salope de Maddison - et retrouver mon amoureux, pour le meilleur et pour le pire.

En moins de temps que jamais, je sortis de la voiture, récupérais ma valise dans le coffre et remerciait encore le chauffeur avant de me diriger vers la porte de la demeure, le coeur battant. A l'excitation et l'impatience se mélangèrent alors l'appréhension et le doute. Et s'il avait réellement tiré un trait sur moi... S'il ne m'avait pas attendu... Et si sa famille me détestait pour avoir accepté ce marché et avoir ruiné la réputation de leur fils ? Tant de « et si » et tant de doutes. Tant de souvenirs difficiles, douloureux, joyeux et heureux. Tant de « peut-être » dont je n'aimais pas l'aveuglant vide. Et s'il est passé à autre chose ? Une fille plus belle ? Plus intelligente ? Et s'il avait trouvé une fille plus méritante ? Lâchant ma valise une fois devant la porte, je posais une main sur mon ventre douloureusement tordu par la peur et amenait l'autre, tremblante, vers la sonnette. Un peu hésitante, je sonnais une première fois, si brièvement que le petit « dring » me sembla venu d'un autre monde, comme dans un rêve, alors après avoir inspiré un grand coup, je sonnais à nouveau un peu plus longtemps, cette fois-ci, juste pour dire que c'était bien quelqu'un devant la porte qui avait appuyé sur le bouton. Attendant alors que des pas et des éclats de voix raisonnait derrière le pan de bois, je vis glisser une mèche blonde derrière mon oreille, mordillant jusqu'à l'excès ma lèvre inférieure. Peut-être que sauter dans le premier avion n'était pas une bonne idée. Peut-être que j'aurais dû appeler d'abord. Juste pour être certaine qu'il veuille me voir après deux années d'un silence absolu qui m'ont été insupportable...

« Bon... Bonjour », soufflais-je devant la personne qui me fit face lorsque la porte s'ouvrit, me demandant comment il fallait que je me présente. Pour le coup, je devais avouer que je n'avais rien prévu une fois devant la porte de la demeure O'Ceallaigh. Je ne savais même pas quel type de réaction mon nom allait bien pouvoir déclencher. Je devais tenter, malgré tout, j'étais là pour ça, après tout, non ? « Je m'appelle Olivia et je suis... Et bien je suis... » Qu'étais-je au juste ? L'américaine amoureuse d'Owen...
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Ça me fait vraiment flipper parce que tu as pris un morceau de moi. Et je t'ai laissé faire... @ ALASKA.
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Lun 2 Mar - 16:58
Game Over

Ce jour d’adieu à l’aéroport restera ancré dans mon esprit. Ce fut la dernière fois que nos regards se sont croisés. La dernière fois que j’ai pu sentir sa chaleur, entendre sa voix et lui parler. Ces adieux étaient déchirants. J’ai perdu une part de moi ce jour-là. Une part qui est restée aux Etats-Unis. Une part que je ne retrouverai sans doute jamais. J’ai tout perdu ce jour-là. Tout. Sauf ma famille qui me soutient quoiqu’il arrive. Je les ai pourtant très souvent mis de côté, mais ils n’ont jamais baissé les bras et ont toujours accepté mes choix, même si cela leur coutait. Je regrette à présent de les avoir laissés de côté. Je me souviens même qu’à mon arrivée à l’aéroport, mes parents étaient là pour m’accueillir. Ma mère s’est jetée dans mes bras, en larmes. Contente de revoir son fils aîné sain et sauf, mais également bouleversée par ma situation. Je ne leur avais pourtant rien raconté. Ellen avait dû s’en charger pour moi. Qu’importe, serrer ma mère dans mes bras m’avait fait un bien fou, depuis le temps que je ne l’avais pas vue, ni elle ni mon père d’ailleurs, qui me prit également dans ses bras. Mes parents ont toujours eu ce côté chaleureux, sans retenue. Chez nous, les embrassades et les câlins sont monnaie courante. Je leur avais exposé la situation, de mon point de vue, par la suite. Mes parents n’avaient fait aucun commentaire. En voyant mon état, je pense qu’ils voulaient s’abstenir de l’empirer ou je ne sais pas. Ou alors, peut-être qu’ils n’en pensaient tout simplement rien ? Dans tous les cas, ils ne m’ont jamais fait de commentaire négatif à propos de mon mariage blanc ou de toute cette histoire. Est-ce qu’ils l’approuvaient ? Je n’en ai aucune idée.

A la maison, ça m’avait fait drôle de revoir tous mes frères et sœurs. Certains, je ne les ai connus que très brièvement, ils étaient tous petits quand je suis parti. Je suis limite un inconnu pour eux. Colleen devait avoir à peine un an la dernière fois que je l’ai vue. Elle doit avoir quoi, dix-sept ou dix-huit ans à présent…Qu’est-ce que le temps passe vite… Je me souviens que malgré tout, tous mes frères et sœurs, sans exception m’ont sauté dans les bras. Ça m’avait fait chaud au cœur, même si je sentais qu’il me manquait quelqu’un, elle. La vie à la maison n’avait pas vraiment changé par rapport à mes souvenirs, ça braillait toujours dans tous les coins, mais plus de pleurs d’enfant à présent, juste des adultes qui communiquent ou qui souhaitent se faire entendre. Ça a toujours été bruyant chez moi, à croire que les O’Ceallaigh n’aiment pas le silence. C’est vrai que je n’aime pas vraiment ça. Aux Etats-Unis, ça ne me dérangeait pas plus que ça, mais maintenant que j’étais de retour en Irlande, chez moi, je constatais bien vite que ce bruit ambiant m’avait manqué…

Pourtant, c'est elle qui me manquait terriblement. Je n’arrivais pas à combler ce manque, même si ma mère mettait un point d’honneur à ne pas me laisser seul pour que je m’enfonce dans une déprime potentielle. Mais au bout d’un moment, je n’en pouvais plus. Je voulais être seul. Alors, après une mise au point, elle a accepté de me laisser tranquille, veillant tout de même à être aux petits soins pour moi. Je ne pouvais pas lui reprocher de s’inquiéter pour son fils, c’est une mère, c’est normal. Je passais mes journées allongé dans mon lit, volets fermés pour rester dans le noir, à broyer du noir et en repensant à cette année qui s’était écoulée, aux bons moments passés avec Livia, à ma vie perdue. Je me suis même découvert une nouveau meilleur ami, l’alcool. J’avais même envisagé de me prendre un appart, de vivre seul à nouveau, mais mes parents s’y sont fortement opposés. Ma mère ne voulait pas concevoir que je vive seul dans mon état. Elle voulait bien me laisser tranquille, dans mon intimité dans ma chambre, mais elle refusait catégoriquement que je vive seul. Selon elle, j’avais besoin de ma famille, de les entendre vivre autour de moi pour ainsi prendre conscience que la vie continue malgré tout.

Je me souviens même qu’un jour, Maddison a osé se pointer à la maison. C’est Colleen qui avait ouvert. Ma sœur est jeune, on ne lui racontait pas tout, alors elle l’a laissée entrer et m’a appelé pour que je descende, m’affirmant que j’avais de la visite. Je n’attendais personne, alors ça m’avait plutôt surpris. J’étais descendu uniquement vêtu d’un pantalon de survêtement. Je n’avais plus besoin de m’habiller correctement vu que je ne sortais plus de chez moi. Bref, en la voyant, la colère m’a submergé en une fraction de seconde. Elle osait revenir chez moi. Elle osait se pointer devant moi après avoir foutu ma vie en l’air pour la seconde fois… J’ai pété un câble ce jour-là. Je m’étais avancé vers elle d’un pas vif en descendant les dernières marches pour rejoindre le hall d’entrée. Elle m’avait salué avec un grand sourire et commençait à s’avancer vers moi pour me prendre dans ses bras. Je l’avais stoppée dans son élan en la giflant violemment. Depuis le temps que je rêvais de faire ça. Elle en était restée bouche bée, une main sur sa joue endolorie. Je l’avais foudroyée du regard et jamais elle n’avait dû voir un regard aussi froid, aussi dur à son égard. Elle était tellement surprise de mon geste que je voyais ses yeux devenir humides. Peu importe, je n’allais pas me démonter. Alors je l’avais plaquée violemment contre la porte en maintenant fortement ses épaules. Je ne me souviens plus exactement de ce que je lui avais dit, mais je lui avais littéralement hurlé dessus, en balançant certainement qu’elle m’avait pourri la vie depuis le début et que je ne voulais plus la voir. Ma sœur à côté, ne savait pas quoi faire et soudainement mon père, Aidan et Killian sont arrivés pour me faire lâcher Maddison et m’immobiliser. Mon père demanda poliment mais fermement à cette garce de quitter la maison sur le champ. Je ne l’ai plus revue depuis ce jour.

Plus le temps passait, moins je souriais, moins je parlais, moins je sortais de ma chambre, moins je mangeais. C’était comme si je me consumais à petit feu. D’autant plus que je n’avais aucunes nouvelles d’Olivia. Aucune information de la part de qui que ce soit. Ellen ne pouvait pas m’aider. J’avais reçu un mail des autorités m’interdisant le moindre contact avec les Penrose. Ma sœur avait reçu le même message. Je ne pouvais donc pas savoir ce qu’il était advenu de ma femme. Enfin… elle ne l’était plus aux yeux de la loi, mais elle l’était toujours pour moi, pour ma famille également. A chaque fois que je l’évoquais je la mentionnais comme tel. Bref, je ne savais pas comment elle allait. Je supposais d’ailleurs qu’elle devait croupir en prison et cette pensée me rendait malade. Les mois passaient et je me refermais de plus en plus sur moi-même.

Un jour, ma mère me proposa d’aller voir un psy. J’étais réticent au début. En quoi allait-il m’aider ? Il ne pouvait rien pour moi. Tout ce que je voulais m’était inaccessible. Mais à force de la voir persévérer et s’inquiéter, j’ai finalement accepté. Je ne sais pas si les séances m’ont été bénéfiques ou non. Au départ, j’y allais vraiment par dépit, pour faire plaisir à ma mère. J’ai commencé à m’ouvrir un peu, à raconter mon histoire, ma détresse. En dehors de ça, je lui ai également raconté ce que j’aimais faire autrefois. C’est là qu’il m’a conseillé d’écrire. J’ai toujours aimé ça, et je me souviens que plus jeune, c’était un bon moyen de m’échapper de la réalité. Alors, j’ai tenté le coup. J’écrivais tout d’abord quelques petites histoires débiles et sans intérêt, puis sans m’en rendre compte, c’est d’elle que je parlais dans mes récits. Et finalement, j’ai retracé sur papier toute notre vie à deux depuis notre première rencontre jusqu’à la fin. Son arrivée dans la maison d’édition, quand on m’a présenté mon énième assistante, notre collaboration pendant quatre ans, sa perfection dans son travail, son obsession – comme moi – pour le travail bien fait, ma demande en mariage, notre comédie devant sa famille, les disputes, les différents évènements qu’on a connus pendant notre année de mariage, comme la fois où une coupure de courant a duré plusieurs jours pendant la St-Valentin, ma jalousie naissante envers son ex, sa propre jalousie envers toutes les filles que je ramenais à la maison, la visite des services de l’immigration, la naissance de nos sentiments respectifs alors que ni l’un ni l’autre ne s’en rendait compte, les crises de jalousie, les moments où l’on a réellement commencé à se tourner autour, l’arrivée de Maddison, nos secrets dévoilés, le bonheur de vivre à deux et finalement, la séparation forcée. Tout était noté dans mon manuscrit. Tout. Je n’avais omis aucun détail tant cette année m’avait marqué. C’était une sorte d’échappatoire de coucher tout ça sur papier, une sorte de journal pour me permettre de ne jamais rien oublier. J’avais passé énormément de temps à l’écrire, un an voire un an et demi. Après tout, je n’avais plus aucune notion du temps qui passait.

Mais une fois que j’eus terminé, qu’est-ce que je pouvais faire ? J’avais pensé à elle constamment pendant de nombreux mois – voire depuis notre séparation – alors je me retrouvais démuni. J’avais recommencé à broyer du noir, de temps en temps, je relisais mes écrits. Puis un jour, je ne sais pour quelle raison, il m’est soudain pris l’envie de relire mes anciens mails, ceux que je recevais quand je bossais encore. En ouvrant ma boite, des milliers de mails étaient en attente d’être lus. Des messages de soutien pour la plupart que je lisais en diagonal. En arrivant dans les très très vieux mails, ceux que je recevais encore quand j’étais marié et potentiellement américain, je tombai sur un mail d’Olivia. Ce mail était extrêmement vieux et il contenait ses manuscrits… A la fin de notre mariage blanc, je devais les lire et lui donner mon soutien pour qu’ils soient publiés… Je ne l’avais jamais fait, d’une part parce que le divorce n’était plus d’actualité et d’autre part, parce que nous avions été dépassés par les évènements. Je les ai alors tous imprimés. Et il ne se passe pas un jour sans que je ne les lise. Je les connais par cœur à présent. Mais je continue de les lire, constamment. C’est la seule chose qu’il me reste d’elle, alors je m’y accroche. Désespérément.

Je n’avais pas cherché de nouveau travail. A quoi bon ? Je n’avais plus gout à rien. J’aidais quand même mes parents financièrement parce que je le pouvais, mais je ne travaillais plus. Je ne m’achetais plus rien non plus. Moi qui adorais pourtant m’acheter toute sorte de connerie. C’était fini. Tout était fini. Je n’étais plus que l’ombre de moi-même. Je ne faisais plus d’effort pour m’habiller, je ne me coiffais plus – heureusement que j’avais une coiffeuse à domicile, ma sœur Siobhan, pour me couper les cheveux de temps en temps – je ne me rasais plus qu’une fois par semaine, et encore. J’étais devenu une véritable loque. Moi qui aimais pourtant prendre soin de mon apparence autrefois. C’est dingue comme les choses essentielles d’autrefois peuvent devenir tellement superflues. Ellen passait des coups de fil à la maison de temps à autre – au moins une fois par semaine en fait – pour savoir comment j’allais. Il était inutile de m’appeler sur mon téléphone, je ne répondais plus. Killian était revenu des Etats-Unis, peu de temps après moi. Il ne restait plus qu’Ellen là-bas, et Olivia…

**

On sonne à la porte. Comme d’habitude, c’est le bazar chez moi. Killian et Aidan sont assis sur le canapé, jouant à un jeu vidéo stupide, excités comme des puces et gueulant et frappant l’autre lorsque l’un des deux gagne la partie, tels deux mauvais joueurs. Mon père est assis dans le fauteuil juste à côté, en train – d’essayer – de lire son journal et jetant des coups d’oeils agacés à ses fils de temps en temps, en leur demandant de baisser d’un ton et de jouer calmement. Ma mère est dans la cuisine avec Colleen, elles préparent des gâteaux pour le quatre heures. Ma petite sœur adore cuisiner avec ma mère. C’est mon plus jeune frère, Shawn, qui ouvre la porte. L’air un peu dans la lune, il regarde l’inconnue balbutier un bonjour fébrile.

« Ouais, c’est pour quoi ? »

Elle se présente ensuite, Olivia. Shawn ne réagit pas à ce nom. Il a dû déjà l’entendre pourtant, mais ça ne fait pas tilt dans son esprit. Un autre de mes frères passe alors derrière lui à ce moment et lui file une claque derrière la tête au passage, se dirigeant ensuite vers le salon. C’est Kellagh qui malmène une fois de plus son petit frère.

« On dit bonjour crétin. »

Aussitôt, Shawn le foudroie du regard et se lance à sa poursuite, lui lançant une réplique tout aussi sympathique et laissant la porte grande ouverte. On entend d’ailleurs mon père râler après ses deux jeunes fils qui se battent comme des gamins dans le salon. Les jumelles, Sidney et Siobhan sont au fond du couloir en train de mettre leurs manteaux. Siobhan, ayant assisté à la scène, se dirige à son tour vers la porte d’entrée. Tout en enfilant son manteau, elle s’adresse à Olivia.

« Bonjour, excusez mon frère. Entrez, je vous en prie. »

Elle semble plutôt pressée, d’ailleurs Sidney arrive rapidement à leur niveau pour presser sa sœur.

« Vite Sio’, on va être en retard ! Bonjour. »

Sans rien dire de plus, Sidney sort de la maison, alors que sa jumelle se prépare à crier vers la cuisine.

« Maman ! On a frappé à la porte, je l’ai faite entrer ! Avec Sid’ on y va ! A ce soir ! »

Elle se retourne vers Olivia pour la saluer et elle quitte à son tour la maison en fermant la porte derrière elle. Quand je vous dis que c’est le bordel chez moi. Plus personne dans le couloir. A part Olivia. Dans le salon, mes deux excités de frères sont toujours sur leur jeu. Shawn et Kellagh ont cessé de se battre et regardent à présent une vidéo sur leur téléphone. Ma mère fait alors irruption de la cuisine, tout sourire. Elle porte toujours son tablier, la farine ça tâche.

« Bonjour, excusez mes enfants, je ne sais pas quelle mouche les a piqués aujourd’hui. Je suis Cathleen O’Ceallaigh, je peux vous aider Mademoiselle ? »

Ma mère déborde de joie de vivre en toute circonstance. Je l’ai toujours admirée pour ça, parce que je ne sais pas comment elle fait. Toujours très agréable avec les inconnus, avenante, chaleureuse, un vrai rayon de soleil. Kellagh et Shawn quittent le salon et repassent dans le couloir pour retourner dans leurs chambres. Cette fois, Shawn salue Olivia, en passant. Apparemment il a retenu la leçon.

« Bonjour Olivia. »

Ma mère se fige un instant, remettant ses pensées en ordre. S’agit-il de la fameuse Olivia ? La femme de son fils ? Celle qui ne quitte pas sa bouche depuis presque deux ans ? Elle fronce un instant les sourcils le temps de réfléchir. Puis, elle jette un œil à la valise. Elle ressemble trait pour trait à la description que je leur ai faite d’elle. Il n’y a plus de doute.

« Olivia… ? Vous êtes la Olivia d’Owen ? L’américaine qu’il a épousée ? »

Tout à coup, son visage s’illumine. Un sourire éclatant apparait sur son visage. Elle semble folle de joie. Et tradition familiale oblige, elle la prend dans ses bras pour la serrer contre elle d’un air maternel. Quand elle s’écarte d’elle, elle pose ses mains sur ses épaules en souriant.

« Je comprends Owen, vous êtes ravissante. Je suis très heureuse de vous rencontrer Olivia. Bienvenue chez nous ! Il sera content de vous revoir. Mon pauvre chéri ne sort plus de sa chambre, ou juste pour manger, vous imaginez ? Ça me fend le cœur de le voir comme ça. Ça n’a pas dû être facile pour vous non plus, ma pauvre enfant. Enfin, si vous êtes là, c’est que vous voulez le voir je suppose ? »

C’est un énorme défaut de ma mère. Quand elle parle, elle ne s’arrête plus. C’est très difficile d’en placer une avec elle quand elle est lancée. Elle lâche tout de même ses épaules, et ses réflexes de parfaite hôte reprennent le dessus.

« Vous avez faim ? Vous voulez boire quelque chose ? Faites comme chez vous surtout. »

« Putain Killian tu fais chier ! »

Voilà un cri qui vient du cœur, et surtout du salon. Ma mère ferme les yeux une seconde, exaspérée. Mais elle ne perd pas son sourire à l’égard de Livia.

« Excusez-moi une seconde. »

Elle se dirige vers le salon, mains sur les hanches et lance un regard noir à ses fils.

« Aidan, tu baisses d’un ton immédiatement ! Nous avons une invitée qui vient de très loin. »

Sans rien dire de plus, elle s’avance sur la console et la débranche. Ça c’est fait. Evidemment, mes deux frères commencent à râler, mais ils sont vite calmés par mon père.

« Allez prendre l’air ça vous fera du bien plutôt que de vous abrutir devant la télé. »

Le téléphone du salon sonne. Ma mère n’a pas le temps de répondre et elle le fait savoir.

« Walter tu peux répondre s’il te plait ? »


Mon père s’exécute alors que ma mère revient vers Olivia.

« Je suis désolée pour tout ça. C’est souvent comme ça ici. Une famille nombreuse ce n’est pas de tout repos. »

« Maman ! Je crois que les gâteaux sont en train de cramer ! »

Colleen est sortie de la cuisine, toute paniquée, pour demander de l’aide à ma mère. Maman lève les yeux au ciel. Non, ce n’est vraiment pas de tout repos chez les O’Ceallaigh, le pire c’est que c’est comme ça tous les jours. Bienvenue chez nous.

« J’arrive ma puce, éteins le four. Olivia, vous devriez aller voir Owen. Vous montez les escaliers et sa chambre est la dernière porte sur la droite tout au fond du couloir. Ne prenez pas la peine de frapper avant d’entrer, ça ne sert à rien. Entrez directement, ça lui fera une bonne surprise. Allez-y ma chérie, je pose votre valise dans un coin. »


Après un clin d’œil et un sourire encourageant, elle attrape sa valise pour aller la poser près du placard sous l’escalier. Moi ? Je suis allongé sur mon lit, dans ma chambre, dans le noir. Il n’y a que ma lampe de chevet qui est allumée pour me permettre de lire, encore et encore, les manuscrits de Livia. Je suis habillé comme un sac, avec un vieux t-shirt blanc et un pantalon de pyjama noir. Les cheveux en bataille et une barbe d’au moins une bonne semaine. En gros, je ne ressemble à rien. J’ai également un casque audio autour du cou, d’où s’échappe de la musique déprimante.


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Mar 3 Mar - 1:45



GAME OVER.

You're the light, you're the night. You're the cure, you're the pain. You're the only thing I wanna touch. Never knew that it could mean so much. Follow me to the dark, you can see the world you brought to life, to life. So love me like you do. Only you can set my heart on fire...


J'avais toujours pensé que ma famille était plus barge que la majorité des gens sur terre et si au début Owen ne faisait qu'acquiescer, il avait fini par rire, chaque fois que je me plaignais des miens, me disant que je n'avais pas encore vu sa famille, qu'à côté, la mienne aurait presque pu passer pour une famille normale. J'en doutais fortement, mais il n'avait jamais cessé de le dire, avant de m'embrasser et de me serrer dans ses bras en me disant combien ça n'était pas important pour nous de savoir qui avait la famille la plus barge tant qu'on évitait soigneusement la réunion de famille. C'était une sorte de blague récurrente entre nous, à partir du moment où nous nous étions réellement mis ensemble et qu'il s'était plus ouvert sur sa famille, qu'il avait écouté mes propres histoires. Je n'aurais jamais imaginé découvrir qui de lui ou moi avait raison de manière aussi brutale et impromptue... et pourtant...

Plantée devant la porte, je vis un garçon ouvrir la porte et balbutiait stupidement une présentation vaseuse sur ma personne. Un autre garçon passa rapidement derrière le premier pour le réprimander de son accueil jugé impoli et j'aurais probablement sourit, si je n'avais pas tant la gorge et l'estomac noué par l'appréhension. Le plus jeune des deux ne sembla même pas réagir à mon prénom, le second ne l'avait pas entendu et je me voyais mal demander si le nom d'Olivia Penrose (ou O'Ceallaigh) avait une quelconque connotation dans la famille, alors que personne ne semblait même réaliser combien je devais être affreuse après plus de quinze heures d'aéroports, avions et taxi.

Aussi rapidement que les deux hommes étaient entrés dans mon champ de vision, ils s'en enfuirent en se chamaillant de plus belle, bientôt remplacé par deux filles. Je me maudis un instant de ne pas avoir été plus attentive aux noms qu'Owen avait pu prononcer au cours de notre année de vie commune et compris pour la première fois l'évidence de la difficulté à reconnaître d'un simple regard une personne par rapport à une autre dans une famille nombreuse. J'avais beau avoir beaucoup de frères et soeurs, j'étais complètement perdue devant tant de visages, alors même que tous m'avaient été évoqués ou cités plusieurs fois, il y a deux ans de cela. L'une des deux, des jumelles à n'en pas douter, vint s'excuser pour son frère et m'invita à entrer. Toujours un peu perdue, j'entrais donc dans l'entrée, mettant ma valise dans un coin pour ne pas gêner les deux tornades qui sortaient déjà en trombe, la première appelant leur mère pour lui signaler ma présence. Sio et Sid... Les surnoms me revinrent soudain. Shioban et Sidney. Oui, les jumelles.

Seule dans le couloir, je me permis de souffler, réalisant que j'avais retenue ma respiration pendant tout le temps où j'avais été en contact avec des membres de la fratrie d'Owen. Le repos fut de courte durée, cependant et rapidement, c'est la matriarche qui prit le relais, les garçons braillant toujours en rythme en fond sonore. Elle s'excusa, à son tour, pour les enfants, évoquant leur surexcitation inhabituelle du jour et se présentant, demandant si elle pouvait m'aider en quoi que ce soit. « Oh ce n'est rien, vraiment », soufflais-je remettant une mèche rebelle derrière mon oreille, maudissant mon chignon totalement défait par les heures de vols et ne ressemblant plus qu'à un amas de cheveux, réunis aléatoirement par un élastique. « Je... » N'eus pas le temps de rajouter quoi que ce soit de plus, puisque le premier garçon passa dans le couloir, me saluant au passage et donnant par la même mon identité à la mère d'Owen. Celle-ci sembla réagir au quart de tour elle et questionna mon rapport à Owen, me demandant si j'étais « La Olivia d'Owen », « l'américaine ». J'en eus le souffle coupé. Il leur avait parlé de moi. Devais-je m'en inquiéter ? Devais-je craindre que son frère n'ait pas réagi à mon nom ? Bordel et s'il m'avait oublié ? Et si je n'avais été que l'américaine qui aurait pu lui offrir son visa ? Non... Non, pas Owen...

Puis le visage de Mme O'Ceallaigh s'illumina soudain d'une excitation que je ne su trop définir, alors qu'elle me prenait dans ses bras, signant incontestablement son lien avec tous les O'Ceallaigh que j'avais rencontré jusque là et qui avait cette fichue habitude de prendre de parfaits inconnus dans leurs bras. Puis elle parla pour ne plus s'arrêter, prononçant des mots que mon cerveau ne semblait pas vouloir associer ensemble pour former des phrases, ne me laissant que les idées. 'Comprends Owen', 'ravissante', 'heureuse de vous rencontrer', 'content de vous revoir', 'pas facile pour vous non plus', 'voulez le voir',... Dieu, il l'avait aussi mal vécu que moi ? Il voulait vraiment me revoir ? Moi ? Bien sûr que je voulais le voir. Je ne voulais que cela. Je ne voulais que sa peau, que ses baisers, que sa présence. Je voulais retrouver cette part de moi, mon cœur, mon organe vital, qu'il avait emporté avec lui... Grand dieu, je le voulais tellement...

Mais croire que s'en était fini avec la dame était une erreur et celle-ci continua de me bombarder d'informations et surtout de questions, me demandant si je voulais boire quelque-chose ou manger, avant de me dire de faire comme chez moi. Heureusement, une nouvelle bagarre éclata dans le salon, obligeant la mère de famille à réviser ses priorités. S'éclipsant pour aller calmer les ardeurs des garçons, avant qu'une voix masculine plus profonde ordonne la séparation des deux parties pour la prise d'un grand bol d'air. Cette fois-ci, je ne pus retenir un sourire, pensant à mon propre père et au nombre de fois où, avec quelques bonnes réparties d'avocat, il avait ordonné la séparation des parties pour ce qu'il appelait un « ajournement de procès et une remise de peine ». Le téléphone se mêla alors au débat, éloignant le père et me laissant pantoise. Était-ce toujours comme ça ? Grand dieu, cela semblait réellement plus animé et bordélique encore que chez moi et pourtant, entre mes frères et sœurs, les enfants, les voisins et les amis des voisins, la maison était toujours surpeuplée et bruyante au possible. Peut-être que c'était seulement mon appréhension et mon impatience à retrouver Owen qui me rendait aussi sensible au bruit...

Une affaire de gâteau plus tard et j'étais de nouveau seule dans le couloir, le bruit de fond toujours présent, ma valise posée près d'un placard au niveau de l'escalier et une indication tout à fait clair de l'endroit où se trouvait l'homme que je désirais plus que tout retrouver. Pourtant, je restais immobile encore une seconde, tremblante de tous mes membres, me demandant si j'avais réellement le droit d'entrer ainsi dans la maison et d'y faire mon chemin sans que personne n'en dise rien. L'appréhension et le doute ne permirent pas longtemps à mon esprit d'être raisonnable, cependant et malgré les castagnettes que jouaient mes genoux l'un contre l'autre, je gravis les marches de l'escalier assez rapidement, malgré ma tentative d'aller doucement, au moins pour respecter les lieux et la famille qui vivait là. J'arrivais bientôt devant la porte indiquée par la mère de famille et me retrouvait à nouveau pantoise, tremblante et fébrile, me demandant pour la millionième fois ce que je ferais s'il ne voulait pas de moi. Sa mère avait pourtant bien laissé sous-entendre que notre séparation ne lui avait pas été plus bénéfique qu'à moi, mais j'avais combattu le doute de tous pendant si longtemps... Et si je m'étais fourvoyée ? Non, pas Owen..., songeais-je en me mordant la langue pour de telles pensées. Il m'aime... Autant que je l'aime.

Sa mère m'avait dit d'entrer dans la chambre sans frapper, mais cinq années à travailler pour Owen m'avait formaté pour frapper, même lorsque nous étions à l'extérieur du travail. Encore une fois, c'était une chose dont il riait volontiers pendant notre union, soulignant que lorsque nous étions à la maison, mari et femme, je n'avais aucunement à frapper pour entrer dans une pièce où il se trouvait, que chaque endroit de la maison m'appartenait autant qu'à lui. Difficile de défaire les mauvaises habitudes cependant et même si j'ouvris la porte dans la foulée, ma conscience et mon schéma de vie m'avait poussé à toquer avant de tourner la poignée.

Et je le vis, enfin, allongé là sur son lit. Dieu qu'il est beau, songeais-je contre toute logique, les larmes montant à mes yeux à la seconde où sa silhouette se dessina sur mes rétines. Il était allongé sans aucune grâce, à moitié dans le noir, à peine éclairé par une lampe de chevet qui servait d'unique source de lumière avant que je n'ouvre la porte et ne fasse entrée la lumière du couloir, les cheveux dans un désordre digne de nos ébats les plus fous, une barbe si délaissé en friche qu'à une autre époque, dans notre autre vie, il aurait été de mauvaise humeur toute la journée pour être obligé de porter une telle pilosité négligée. Ses vêtements avaient l'air aussi usés et anciens que le sweat que je portais et la musique de fond ne faisait que rajouter au pathétisme de la scène, mais je ne l'avais pourtant jamais trouvé aussi beau que maintenant. Inspirant un grand coup, m'accrochant à la poignée de porte comme si ma vie - ou plutôt mon équilibre - en dépendait, je ne pus émettre le moindre son, le nœud dans ma gorge douloureux au possible.

Deux ans. Il m'avait fallu presque deux ans pour me retrouver là. J'avais l'impression de rêver. Je fis un pas ou deux, chancelants, dans la pièce, alors que les larmes à mes yeux devenaient si lourdes qu'elles s'en échappèrent pour rouler sur mes joues. Il était là et je respirais enfin librement. Lourdement, mais librement. « Owen... », soufflais-je d'une voix aussi tremblante que mon corps, craignant stupidement qu'il ne disparaisse si je parlais trop fort ou si je faisais un pas de plus pour le toucher.

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Mar 3 Mar - 14:57
Game Over

Allongé sur mon lit, à moitié dans le noir, lisant son manuscrit avec tant d’intérêt, j’étais dans un autre monde littéralement. Depuis quelques mois, c’était devenu une habitude quotidienne. Fermer les volets, m’installer sur mon lit, un faible faisceau de lumière pour me permettre de lire et mon esprit s’éloignait de cette maison bruyante. J’étais dans mon monde, ou du moins, dans celui qu’Olivia avait décrit. C’était devenu mon échappatoire, mon refuge en fait. Et quand j’étais pris dans ce que je lisais, plus rien ne comptait autour de moi. Je ne sais pas si c’est parce que j’aime cette femme plus que tout au monde, mais sa plume, sa façon d’écrire est juste merveilleuse. Durant les années qui ont passé, lire les manuscrits de jeunes auteurs était mon quotidien, je repérais immédiatement les personnes talentueuses. C’était mon métier. J’ai toujours eu cette faculté à déceler les perles rares en matière de littérature. Et je dois dire qu’Olivia m’avait caché ce talent. Ou alors, c’est moi qui n’ai pas voulu le voir ? Ce serait plutôt ça. J’étais tellement obsédé dans le fait de la garder pour moi, en tant qu’assistante, que j’aurais facilement pu dire que ses écrits étaient nuls, juste pour qu’elle reste mon assistante. J’étais tellement égoïste à cette époque. Je ne voyais que mes intérêts. Et mon intérêt, c’était de garder Livia près de moi, parce qu’elle était parfaite dans son rôle. Dans tous les rôles que je lui avais attribués en fait… A n’en pas douter.

J’étais tellement plongé dans ma lecture, allongé ou plutôt affalé sur mon lit, un genou replié pour me servir de soutien pour poser mes feuilles, que je n’entendis pas ma porte s’ouvrir. Le son de la musique qui s’échappait du casque masquait également ce faible bruit. Je remarquais pourtant qu’il y avait un peu plus de lumière dans la pièce. Mais inutile de réagir pour si peu. Ça devait être ma mère qui venait voir si j’étais toujours vivant, ou Sio qui venait encore me harceler pour me coiffer, ou encore Shawn qui venait me supplier pour que je lui prête mon téléphone pour jouer à ses jeux débiles, parce que le sien était trop vieux pour se connecter à internet. Bref, je ne réagissais pas parce que je savais que ça n’en valait pas la peine. Pourtant, aucun autre bruit ne se fit entendre. Personne n’apparaissait dans mon champ de vision périphérique. Peu importe.

Et une voix se fit entendre. Tremblante, faible, presque inaudible. Malgré la musique qui se jouait près de mes oreilles, je l’avais entendue. Elle m’avait sorti de mes rêveries. Elle m’avait coupé de ma lecture. Je reconnaitrais cette voix entre mille. Mais, ce n’était pas possible. Mon imagination me jouait des tours, encore une fois ? Je ne compte même plus le nombre de fois où j’ai entendu sa voix. Mais elle paraissait tellement réelle cette fois-ci. Alors lentement, je tournais la tête vers la droite, dans sa direction. Et je la vis. Elle était là. Dans ma chambre. Debout. Il faisait sombre, mais j’arrivais à distinguer son visage dans la pénombre. Je restais à la fixer quelques secondes, luttant avec moi-même pour savoir si elle était bien là, ou si mon imagination me jouait des tours. Je n’ai pourtant jamais halluciné. Ma bouche s’entrouvrit sous le surprise, le choc de la voir là. Je me redressais doucement, sans geste brusque, de peur de la voir disparaitre, pour m’asseoir au bord de mon lit. Je ne la quittais pas des yeux et lentement, je posais mes feuilles sur mon lit et j’enlevais le casque autour de mon cou pour le laisser sur mon lit. Depuis que mes yeux s’étaient posés sur elle, j’avais arrêté de respirer.

« Liv’… »

Presque un murmure pour moi-même. Ma gorge était tellement nouée qu’il m’était impossible de parler à haute voix. La surprise laissa place au bonheur de la revoir. Je me sentais revivre pour la première fois en presque deux ans. Je me sentais vivant, je me sentais renaître. Sans attendre plus longtemps et cessant de penser à quoi que ce soit, je me levais d’un coup pour marcher rapidement dans sa direction. Arrivé devant elle, je la pris instinctivement dans mes bras. Je la serrais fort contre moi comme si ma vie en dépendait. Comme si elle allait s’évaporer si je relâchais mon étreinte. Voilà deux ans que j’attends ce moment qui me semblait pourtant impossible. Tellement de questions se bousculent dans ma tête, mais avant de la harceler, je voulais profiter de sa présence, de sa chaleur au creux de mes bras, de sa douceur, de son odeur, d’elle.

« Tu m’as tellement manquée… »

Je ne sais pas combien de temps dura cette étreinte, mais je finis par m’écarter très légèrement, juste suffisamment pour pouvoir regarder son visage et le prendre entre mes mains. J’essuyais ses larmes avec mes pouces alors qu’un immense sourire illumina mon visage. Je n’avais plus souri depuis plus de deux ans. Et pourtant, c’était revenu si naturellement. Rien qu’en la voyant. Elle était si belle, même avec les yeux rouges, même avec sa coupe de cheveux en vrac. Elle était parfaite, encore plus que d’habitude. En une fraction de seconde, mes lèvres avaient rejoint les siennes. Le baiser chaste des retrouvailles se transforma bien vite en baiser un peu plus passionné, plus langoureux. J’en arrivais même à la plaquer contre mon armoire derrière elle. Il va falloir que je calme mes ardeurs. Je finis par quitter ses lèvres, à contre cœur.

« Mais qu’est-ce que tu fais là ? Enfin… Comment… ? Comment c’est possible ? »

J’étais fou de joie qu’elle soit là, évidemment mais je ne comprenais pas comment elle pouvait se retrouver là. Elle n’était donc pas en prison ? Je croyais qu’on n’avait plus le droit de rentrer en contact ? J’ai passé trop de temps sans consulter mes mails, j’ai peut-être raté un épisode ? J’étais un peu paumé en fait, sans réellement comprendre. Elle était là, c’était le principal, certes, mais je tenais à comprendre la situation. Je n’aime pas quand une situation m’échappe.

Je fis quelques pas en arrière, glissant mes mains le long de ses bras pour mêler mes doigts aux siens. Je profitais de cette distance pour la regarder de la tête aux pieds. C’est bien elle, on est d’accord hein ? Me souvenant également où nous étions, je donnais un coup de pied dans la porte pour la fermer. Je suis dans une famille de curieux, ça ne m’étonnerait même pas qu’on écoute à la porte. Mais connaissant ma mère, elle a dû donner l’ordre de nous laisser tranquille. Je la regardais, malgré la pénombre et j’eus un petit sourire lorsque je reconnus mon sweat. Je me doutais qu’elle l’avait gardé. Je ne l’avais jamais retrouvé dans mes affaires.

« C’est à moi ça, il me semble. »

Je la trouvais vraiment magnifique. J’adorais quand elle portait mes vêtements. Je trouve que ça lui donne un air sexy irrésistible. Je l’ai toujours pensé. A la maison, elle prenait un malin plaisir à porter mes chemises – et rien d’autre – juste pour me tenter et m’allumer. Elle savait parfaitement que ça marchait à tous les coups. J’avais envie d’allumer la lumière pour la voir mieux. Mais, je ne pouvais pas m’y résoudre. Pour quelle raison ? Oh… Je lâchais ses mains, je passais une main dans les cheveux pour tenter de les remettre un minimum en ordre, je passais mes doigts dans cette horrible barbe qui ne fait que s’enlaidir un peu plus chaque jour. Je baissais les yeux vers ma tenue plus que déplorable. J’ai vraiment l’air d’un plouc. En plus, j’avais perdu du poids…

« J’ai franchement honte que tu me vois comme ça. »

Et encore, c’est un doux euphémisme. Je n’ai jamais été aussi pitoyable devant quelqu’un, en dehors de ma famille.


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Mar 3 Mar - 21:24



GAME OVER.

And I will stumble and fall. I’m still learning to love. Just starting to crawl. Anywhere, I would’ve followed you. And I am feeling so small. It was over my head. I know nothing at all. And I will swallow my pride. You’re the one that I love. And I’m saying goodbye.


Je restais là quelques secondes, immobile, avant qu'il ne tourne lentement le regard dans ma direction et ne me voit enfin. Doucement, il se redressa, venant s'asseoir sur le bord de son lit avec précaution, comme s'il tentait d'amadouer un animal sauvage prêt à prendre la fuite à tout instant. Il n'avait pas à avoir peur. Je n'allais pas disparaître. Pas maintenant que j'étais là, enfin. Pas maintenant que je respirais de nouveau le même air que lui. Mon coeur s'emballa furieusement lorsque mon nom franchit la barrière de ses lèvres et ma respiration devint plus saccadée.

Puis d'un coup, il se leva et m'enserra dans l'étau de ses bras avec toute la force qu'il possédait. Je la lui rendis à même valeur, bien moins forte, sans doute, cependant, que la force que lui pouvait mettre, plus fort qu'il était. Fermant les yeux à son contact, les larmes se mirent à rouler librement sur mes joues. Tant pis. J'étais trop heureuse d'être enfin à ma place pour m'en inquiéter. Et puis, après tout, c'était des larmes de joies. Parce que sentir enfin Owen contre moi était le plus grand des bonheurs... Enfin. Enfouissant mon visage dans son cou, je respirais à fond pour la première fois depuis deux ans, profitant pleinement de l'effet que son odeur avait sur mes sens, glissant mes mains sous son T-shirt, dans le bas de son dos, pour sentir sa peau douce et chaude contre la pulpe de mes doigts. Il m'avait tellement manqué aussi. Si fort. Si désespérément. Tout ce temps loin de lui avait été une véritable torture.

Puis il s'écarta finalement de moi, après un moment à profiter simplement du nos corps à nouveau moulés l'un contre l'autre, juste assez pour pouvoir prendre mon visage en coupe et chasser les larmes rebelles aux coins de mes yeux. Il m'offrit un magnifique sourire, auquel je répondis sans mal, sans avoir à me forcer. Le premier sourire sincère et naturel en deux années. Le premier qui s'était glissé sur mes lèvres sans que je n'eux à le réfléchir ou à le commander pour faire plaisir. C'était son sourire à lui, le seul moteur au mien et cela faisait un bien fou. Tout autant que ses lèvres contres les miennes lorsqu'il les captura pour un doux baiser de bienvenue. Rapidement, la chaleur se propagea dans tout mon corps, alors que mes doigts s'accrochaient plus fortement à ses hanches et que je me sentais partir en arrière sous l'assaut plus intense de son baiser. Mon dos percuta un meuble qui frémit sous l'impact et mes doigts saisirent son pantalon pour le coller complètement à mon corps... Il mit fin au baiser, cependant et c'était sans doute mieux ainsi, parce que je n'étais pas certaine de pouvoir rester totalement maîtresse de moi-même si notre étreinte se prolongeait. Deux ans, c'était bien trop long... Il me demanda alors ce que je faisais là, comment c'était possible et je ne pus retenir le sourire précédent de revenir illuminer mon visage, caressant sa mâchoire du bout des doigts. « Je me suis battue pour nous. Je n'ai pas arrêté, Owen... », soufflais-je contre son visage.

Il s'écarta encore un peu de moi, attrapant les mains pour entrelacer nos doigts et m'observer. Un petit rictus amusé se dessina sur mes lèvres alors qu'il fermait la porte pour nous offrir un peu d'intimité pour nos retrouvailles. Je ne connaissais pas encore sa famille, mais je connaissais la mienne et je devinais sans mal qu'une belle brochette de petit curieux allait inéluctablement approcher pour entendre, sinon voir comment se passait notre première réunion après tant de temps séparés. Je me mis à rire lorsqu'il souligna que le sweat que j'avais sur le dos lui appartenait, hochant la tête pour confirmer, avant de serrer ses doigts dans les miens, posant un baiser furtif sur sa bouche. « Je n'ai pas réussi à m'en séparer », avouais-je en rougissant, caressant le dos de sa main avec mon pouce. « J'avais besoin de te sentir près de moi. D'une façon ou d'une autre... »

Je savais l'effet qu'avait toujours procuré sur lui le fait que je porte ses vêtements. Combien de fois l'avais-je rendu fou en portant ses chemises ou ses T-shirt. J'avais commencé avant que nous ne nous mettions réellement ensemble, au début juste pour l'agacer, avec des sous-vêtements pour cacher mes parties les plus intimes. Puis nous avions commencé à jouer un jeu de séduction qui ne se voulait pas dans la victoire du coeur, mais dans la victoire de cette guerre des nerfs qui nous animait depuis presque le début de notre mariage. Peu à peu, les sous-vêtements s'étaient faits plus sexy, puis avaient disparu, ne laissant plus que sa chemise ou son sweat, pour unique barrière entre son regard et mon corps... Puis c'était devenu une routine. Un jeu de séduction qui le rendait fou et le conduisait souvent à remettre quelques travaux ennuyeux à plus tard pour un câlin passionné. Une habitude réconfortante, qui me rendait heureuse, parce que j'adorais sentir le tissu de son vêtement sur ma peau, son parfum flottant dans mon espace vital. J'aurais sans doute pu vivre nue chez nous si je n'avais pas autant aimé porter ses chemises.

Perdue dans mes réflexions, je mis une seconde à comprendre qu'il avait lâché mes mains, en passant une dans ses cheveux, puis le long de sa barbe, avant de s'observer lui-même. Il m'avouait qu'il avait honte de se montrer ainsi devant moi et je secouais vivement la tête, me mordant la lèvre inférieure en me glissant dans ses bras, posant une main dans sa nuque et caressant sa mâchoire de l'autre. « Tu m'as bien regardé... », soufflais-je en posant mon front contre le sien, souriant tendrement, n'arrêtant plus de dessiner les traits de son visage du bout de ses doigts. « Je ne suis pas plus présentable... » Non, je ne l'étais pas. La seule chose qui m'avait obligé à prendre un tant soit peu soin de moi ses deux dernières années étaient les rendez-vous avec le juge. Sans cela, jamais je n'aurais pris même la peine de sortir de son sweat pour porter un vêtement plus présentable. Intérieurement, en tout cas, je me sentais horrible et je ne parlais même pas des ravages de mes nuits d'insomnies et de mon manque d'appétit sur mes formes. Ma poitrine était absolument affreuse, mes fesses désormais totalement inexistantes et mes côtes commençaient à sérieusement pointer sous ma peau. La fatigue et les cernes n'étaient dissimulées que par le maquillage que je pouvais, en tant que femme, me permettre de porter et mes cheveux... Dieu, je ne me rappelais même pas de la dernière fois où ma mère m'avait obligé à aller chez le coiffeur pour au moins rester présentable devant le juge. « Tu es beau... », ajoutais-je en l'embrassant doucement, sentant ma peau s'embraser au contact de la sienne. Je ris un peu avant d'ajouter tout en jouant avec sa pilosité : « Même avec cette barbe d'ours mal léché. »

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Mar 3 Mar - 23:54
Game Over

Son sourire. Son sourire est tellement magnifique. Hypnotisant. Il illumine son visage, même dans la pénombre. Elle a un sourire à tomber. A rendre jaloux n’importe qui. Il est également tellement communicatif. Son sourire si sincère, si innocent, m’avait toujours perturbé. Moi qui avais toujours pensé que mon assistante était en fait un robot, la voir sourire de cette manière si enjouée pour la première fois m’avait choqué. Dans le bon sens du terme. Elle a un sourire qui remonte immédiatement le moral. Ce n’est pas donné à tout le monde. Je n’avais pas souri de cette manière depuis des mois, des années même. Elle seule en était capable. Personne d’autre. Je n’avais pas non plus pu résister à l’appel de ses lèvres. Depuis tout ce temps. Rapidement, mon corps s’embrasa. Je ne l’avais pas vue longtemps mais cela suffisait pour réveiller mes instincts si longtemps endormis. J’avais réellement envie d’elle et si je m’écoutais je lui ferais l’amour dans la seconde. Mais ne précipitons pas les choses.

Je voulais comprendre la situation, alors je lui avais demandé pourquoi elle se trouvait là, chez moi, en Irlande, dans ma chambre. A cette interrogation, son visage s’illumina une seconde fois et je fondais de nouveau sous ce sourire. Elle s’est battue pour nous ? Et moi qu’est-ce que j’ai fait pour nous ? A part me lamenter ? Mais qu’est-ce que j’aurais pu faire ? Pas grand-chose, le gros du problème était là-bas, aux Etats-Unis. Mais j’étais fier qu’elle se soit battue pour nous. Tellement fier d’elle. Un sourire se dessina de nouveau sur mon visage, des étoiles plein les yeux.

« Tu es la meilleure, tu l’as toujours été. Mais du coup, comment ça va se passer maintenant ? »

Comment elle avait fait ? Qu’est-ce qu’on fait maintenant ? Notre mariage est annulé je suppose, non ? Mais, elle devra retourner chez elle à un moment ou à un autre non ? J’avais tellement de questions à lui poser, mais je ne voulais pas prendre le risque de tout gâcher et d’amener de potentielles mauvaises nouvelles sur le tapis. Je préférais profiter du moment en toute insouciance. On verra les détails plus tard. Pour le moment, je viens de retrouver ma femme après presque deux ans de séparation. Je ne veux pas que ce moment magique soit entaché.

J’avais toujours porté un certain intérêt à ses tenues. Quelles qu’elles soient. Pour moi, une assistante d’un grand éditeur se devait d’être toujours impeccable, irréprochable. Alors, j’avais pris l’habitude de juger intérieurement ses tenues lorsque nous devions aller en réunion, en conférence, et je ne me gênais jamais pour lui faire remarquer que quelque chose ne me plaisait pas. Au fil du temps, mon regard sur ses tenues a changé. Je ne portais plus vraiment un regard professionnel – bon ce n’était pas toujours le cas, même au début. Même après des années d’absence, j’avais toujours ce réflexe et je remarquais très vite qu’elle portait un vêtement m’appartenant. Elle sait pertinemment l’effet que ça me fait. Elle se mit à rire d’ailleurs quand je soulignais ce point. Un son si merveilleux qui m’avait manqué lui aussi. Son rire est un son dont je ne me lasserais jamais. Je ne la quittais pas des yeux lorsqu’elle s’approcha de moi pour m’embrasser rapidement. Elle m’avoua même qu’elle n’avait pas pu s’en séparer et que ce bout de tissu lui rappelait ma présence. Un petit sourire s’afficha sur mon visage, heureux de l’entendre prononcer ce genre de parole. Moi en revanche, je n’avais pas d’affaire à elle. Rien qui lui appartenait ou qui aurait pu me faire sentir sa présence. Juste ses manuscrits, qui trainaient sur mon lit à présent.

« Tu as eu raison, si ça t’a aidée, alors ça me fait plaisir. »

Une seule chose me dérangeait actuellement. Mon look misérable. Digne d’un ado en pleine crise d’adolescence. Digne d’un dépressif qui a perdu gout à la vie. Digne d’un clodo. J’avais toujours été bien sapé en sa présence. Même si j’avais pu paraitre négligé, c’était fait exprès. J’ai toujours maitrisé mon style et jamais je ne suis sorti en public si ma tenue ne me plaisait pas. Là, j’ai été pris au dépourvu dans ma léthargie. J’avais tellement honte qu’elle me voit aussi minable. Moi qui avais toujours mis un point d’honneur à être présentable. J’avais envie de me changer tout de suite. De balancer mon vieux t-shirt dans un coin et d’enfiler un jean convenable. Mais suite à ma réflexion, elle secoua frénétiquement la tête en se mordant la lèvre. Seigneur Livia ne fais pas ça avec ta bouche… ça me rend fou. Je pinçais les lèvres pour retenir un potentiel geste incontrôlé alors qu’elle se jeta dans mes bras. Elle osa me dire qu’elle n’était pas présentable… Elle l’est beaucoup plus que moi. C’est certain.

« Tu es toujours magnifique, quoi que tu fasses. »

Elle était toujours aussi belle à mes yeux, peu importe sa tenue, sa coupe de cheveux, même sans maquillage je la trouvais parfaite. Elle n’avait besoin d’aucun artifice pour être belle à mes yeux. Même nue, elle l’était. Encore plus d’ailleurs. Elle me trouvait beau… L’amour rend aveugle, surtout en ce moment. Je répondais à son doux baiser lorsqu’elle amena ses lèvres sur les miennes, passant mes mains sur ses hanches. Ce contact m’électrisait, me brûlait. Entièrement. Puis, elle se mit à rire en se moquant gentiment de ma barbe. Je me mis à rire également. Ouais, il faudrait vraiment que je rase tout ça… Je ne supporte pas quand elle est trop longue, ça me donne un air de clodo, ou de sauvage.

« C’est parce que j’ai hiberné pendant très longtemps. Je me réveille seulement. »

Petite plaisanterie pour rebondir sur sa taquinerie. Mais dans un sens, ce n’est pas complètement faux. Maintenant qu’elle est là, je vais pouvoir revivre et me reprendre en main. Enfin, reste à savoir pendant combien de temps elle va rester là et comment ça va se passer par la suite. Espérons qu’elle ne doive pas repartir bientôt… Autant s’en assurer.

« Tu restes combien de temps ? »

D’ailleurs, si elle reste, elle a des affaires de rechange ?

« Tu as ramené des affaires ? Sinon, je peux t’en prêter à moi, ou alors, il doit rester des vêtements d’Ellen quelque part, ou alors ceux de Sid et Sio. Mais évite les vêtements de ma mère… »

Je préférais qu’elle porte mes vêtements plutôt que ceux de mes sœurs, mais je ne concevais pas qu’elle rentre dans les vêtements de ma mère… Non, j’aurais du mal à supporter, ceux de mes sœurs c’est limite, mais alors ma mère… Non. Voir la femme qu’on aime, porter les fringues de sa propre mère, ça refroidit. Bouh ! Il faut que je chasse cette vision de mon esprit ! Même avec sa coupe de cheveux bizarre, je la trouve attirante. Mais, je la préfère avec les cheveux détachés, ça lui donne un air plus sauvage. Alors, je glissais mes doigts dans son élastique autour de son chignon approximatif pour lui enlever doucement, sans lui faire mal. Une fois ses cheveux blonds libérés, je les regardais tomber en cascade sur ses épaules, dans son dos. Sans m’en rendre compte, un sourire était apparu sur mon visage et je balançais l’élastique au hasard derrière moi.

« Cette crinière est d’une beauté renversante, tout comme la femme à qui elle appartient. »

Certes, mais je continue de me dire que je fais pâle impression à côté d’elle. Il faut que je me remue, que je me reprenne en main. Je me sentais vraiment mal dans mes vêtements à présent. Alors j’enlevais d’abord mon t-shirt.

« Il faut que je me change. Je ne peux pas rester comme ça. »

Il faut aussi que je me rase par la même occasion… Je jetais mon t-shirt dans la pièce, sans réellement me soucier de l’endroit où il atterrissait et je me dirigeais vers l’armoire précédemment titillée. J’ouvrais les deux portes en grand et je récupérais un t-shirt noir avec une bien meilleure tenue avant de la refermer. Je pense que ce sera mieux. Cependant, je ne l’enfilais pas tout de suite. Une question venait de me traverser l’esprit, il fallait que je lui pose tout de suite. Alors, je me retournais, avec mon t-shirt dans les mains un sourire espiègle sur le visage.

« Au fait, ma famille ne t’a pas traumatisée ? Qui a la famille la plus barge maintenant ? En sachant que tu n’as pas dû les voir très longtemps. »

Elle m’assurait toujours que c’était la sienne. Pourtant, je lui demandais de ne pas se prononcer tant qu’elle n’avait pas rencontré la mienne. Mais à présent que c’est fait, quel est le verdict ?


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Olivia R. O'Ceallaigh
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Jeu 5 Mar - 20:03



GAME OVER.

And I will stumble and fall. I’m still learning to love. Just starting to crawl. Anywhere, I would’ve followed you. And I am feeling so small. It was over my head. I know nothing at all. And I will swallow my pride. You’re the one that I love. And I’m saying goodbye.


Il devait se poser mille questions. Je ne pouvais pas l'en blâmer. Comment ne pas avoir de questions, quand votre seul savoir au cours des deux dernières années était une interdiction formelle d'entrer en contact ? J'avais moi-même hurlé et lutter contre cela, même si ça avait été en vain, même si j'avais su dès le départ que nous n'avions aucune chance de faire annuler cet ordre. C'était une obligation légal. Afin d'être certains que nous ne puissions pas monter une histoire ensemble pour expliquer les choses qui me seraient demandés ensuite par le juge. Tous les procès étaient ainsi. J'avais été contrainte au silence et à l'ignorance, tout autant que lui. Sauf que moi, j'avais su quand il m'était possible de le voir. Je venais d'avoir plus d'heures que nécessaire pour m'y préparer. Pas lui. Il n'y a même pas vingt minutes, il ignorait juste tout ce qu'il se passait pour moi - pour nous - aux Etats-Unis. Alors bien sûr qu'il avait mille et une question et qu'elles devaient prendre le pas sur son envie de profiter de mon corps contre le sien...

Quoique non, cela ne semblait pas trop perturber son plaisir de me retrouver dans ses bras, puisqu'il me serrait fort contre lui et prenait plaisir à m'embrasser. Il me complimenta même, m'assurant que j'avais toujours été « la meilleure ». Je souris, des larmes de joie et des étoiles pleins les yeux, souriant d'autant plus quand il me demanda comment cela allait se passer maintenant. « C'est à toi de voir... », dis-je doucement en réponse, avant d'expliciter le propos. « J'ai réussi à convaincre le juge du droit à une nouvelle chance puisque que... » Je m'arrêtais de parler, consciente que si je commençais, j'allais raconter la longue bataille que nous avions mené, l'armée d'avocats Penrose et moi. Me mordant la lèvre, je secouais la tête avant de reprendre. « On s'en fiche pour l'instant. J'aurais le temps de tout te raconter. Disons juste que notre mariage a été effacé et qu'en conséquence, j'ai exactement les mêmes droits que toute citoyenne américaine follement amoureux d'un irlandais... avec quelques demandes de garanties supplémentaires si nous devions aller plus loin... Le juge m'a dit qu'il t'enverrait une copie de la décision prise et de nos droits et devoirs. En attendant, cela peut se passer exactement comme tu le veux... »

Nos vêtements et notre allure générale devint vite le sujet principal de notre conversation. Pas que nous soyons, l'un comme l'autre, des personnes vénales pour qui l'apparence comptait plus que tout le reste, mais nous avions toujours évolué dans un monde où, malheureusement, la première impression faisait tout. Nos années à travailler ensemble avait donc été grandement rythmé par le soucis du détail d'une tenue, la longueur de mes jupes, la droitesse de sa cravate, la tenue de nos coiffures... Il devait être propre sur lui et séduisant en costume pour gagner des contrats, je devais être parfaite sur tous les plans, physique y compris, pour ne pas salir son aura et - d'après ses dires parfois - aider certains auteurs masculins un peu frileux à se décider. J'avais détesté pendant des années qu'il sous-entende m'exploiter ainsi comme un objet, un atout à mettre dans le panier pour convaincre le côté primaire de ses collaborateurs masculins. Puis nous étions tombés amoureux et les rôles avaient été complètement inversés. Plus heureuse, plus ouverte et plus consciente que jamais de mon pouvoir de séduction, une fois dans ses bras possessifs, j'avais trouvé un réel plaisir à lui proposer le service de mes charmes pour appâter les auteurs, mais monsieur avait semblé bien plus réticent dès lors, arguant que lui et lui seul avait le droit de poser des yeux avides de désir sur mes formes et mes charmes. J'avais tellement aimé cela. J'avais fini par oublier ce que cela faisait de se sentir belle et désirable dans les yeux d'un homme amoureux. J'avais appris à le redécouvrir et à y prendre plaisir dans les yeux d'Owen.

J'étais consciente, tout du moins à mes yeux, de ne pas être si belle et désirable maintenant, mon corps camouflé dans ce sweat qui portait sa présence, mon visage fatigué et mes cheveux défaits, mais il avait la même idée sur lui et moi, je le trouvais magnifique, trop heureuse d'être enfin de nouveau avec lui. Je n'allais donc pas nier son avis et contredire le fait qu'il me trouvait magnifique quoi que je fasse, puisque j'avais le même regard sur lui. Je caressais sans plus m'arrêter sa joue et son cou, savourant la sensation de sa barbe sous mes doigts, consciente qu'il devait la détester plus que tout dans son apparence. Je n'y pouvais rien, cependant, j'étais sous le charme. Peut-être simplement parce que le voir ainsi me prouvait que je ne rêvais pas. Si j'avais due halluciner, je l'aurais vu comme avant, parfaitement impeccable et habillé de son costume fétiche. Je ne l'aurais certainement pas imaginé vêtue d'un vieux T-shirt blanc qui n'avait plus de réellement blanc que le nom et d'une barbe d'ours qu'il n'aurait jamais toléré avant. Alors non, cette barbe, comme tout le reste, me prouvait que je ne rêvais pas et que son souffle sur mon visage n'était pas la réminiscence d'un désir, mais une réalité.

Il me demanda soudainement combien de temps je devais rester, un peu inquiet en réalisant que je n'avais aucune valise en entrant dans sa chambre et me proposant immédiatement plusieurs solutions pour me changer. Il me demanda juste d'éviter les vêtements de sa mère, acceptant de me prêter quelques affaires de ses sœurs, mais assurément pas de sa mère. Je me mis à rire, posant un petit bisous sur le bout de son menton. « Même si j'adore l'idée de pouvoir piquer à volonté dans ton armoire, j'ai tout ce qu'il me faut, ne t'en fais pas. Ta maman a mis ma valise à l'abri dans un coin en bas. Je voulais venir vite, dès qu'on me l'a autorisé. Je n'ai pas encore prévu mon retour... Je suppose que je resterais dans le coin aussi longtemps que tu le veux... »

J'avais à peine terminé ma phrase que je me tus, alors qu'il glissait une main dans mes cheveux, ôtant avec précaution l'élastique qui les retenait pour les laisser tomber dans mon dos. Je n'osais même pas imaginé à quoi je devais ressembler, probablement une folle furieuse échappée de l'asile, mais encore une fois, Owen m'assura que j'étais belle. J'avais l'impression de ne plus être capable d'arrêter de sourire comme une idiote, surtout lorsqu'il s'écarta de moi en enlevant son T-shirt, se plaignant qu'il ne pouvait rester ainsi et qu'il devait se montrer plus présentable. Je le regardais faire, alors qu'il allait chercher de quoi se changer, constatant qu'il avait fondu depuis la dernière fois que je l'avais vu torse nu. De retour chez maman, je me doutais qu'il devait avoir de bons petits plats tous les jours - ma propre mère avait passé ses deux dernières années à faire des plats que j'aimais pour être certaine que je m'alimente, même contre mon gré - et je n'aimais pas l'idée de la cause de cette perte de poids là. Je ne dis rien, cependant, me contentant de profiter du reste - le plaisir d'avoir de nouveau sa peau sous les yeux, le grain de sa peau, la chaleur de son corps que je devinais sans mal -. J'étais là, maintenant et j'allais m'assurer qu'il mange tout ce que sa mère cuisinait pour lui.

Restant encore torse nu, le brun se retourna pour me demander ce que j'en pensais, maintenant que j'avais rencontré sa famille. Qui 'avait la plus folle des familles' était un jeu entamé depuis un moment entre nous maintenant et il voulait sans doute savoir si je m'avouais vaincu, maintenant que j'avais rencontré la sienne et que je pouvais juger en toute connaissance de cause. Je me mordis la lèvre en baissant les yeux, m'approchant doucement de lui, posant une main sur la sienne tenant son T-shirt et l'autre sur sa hanche. « La tienne a beaucoup de potentiel aussi, je suis d'accord, mais je dois t'avouer que tout ce à quoi je pensais, quand j'étais en bas, c'était à te retrouver. Il n'y avait que toi dans ma tête et je n'ai pas été très attentive, alors... Je demande le droit de différer ma réponse. »

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Jeu 12 Mar - 22:30
Game Over

Il y a encore quelques minutes, j’étais seul dans ma chambre, lisant les écrits de ma femme que je pensais ne jamais revoir. Hier encore, je me lamentais sur mon sort, ne voyant plus d’avenir joyeux pour moi. Il y a trois jours, je me revois encore à table avec tout le monde – parce que ma mère insiste pour qu’on soit tous ensemble – à jouer avec ce que j’avais dans l’assiette, incapable d’avaler quoi que ce soit. Je sais à quel point ces dernières années ont été éprouvantes, pas seulement pour moi. Ma mère, mon père, ma famille a également supporté ça. Ma mère qui s’inquiète de jour en jour parce que son fils ne se nourrit que du strict minimum, mon père qui s’inquiète que son fils ne sorte plus de sa chambre pour venir profiter de moments simples en famille, Siobhan qui constate, impuissante, que je ne prends plus soin de moi, ni de mes cheveux, surtout de mes cheveux, Ellen, qui n’est pourtant pas là, qui s’inquiète de là-bas aux Etats-Unis et Livia… Je ne suis pas le seul à souffrir dans cette histoire, j’emmène tout le monde avec moi malgré moi. Mais voilà que l’horizon s’éclaircit soudainement, parce qu’elle est là, dans ma chambre. Evidemment que j’ai des millions de questions. Je ne suis au courant du rien. On ne m’appelle pas, et je ne consulte que rarement mes mails.

L’important était de savoir ce qui allait se passer maintenant qu’elle était là. Est-ce que son séjour n’est que passager ? Est-ce qu’elle a une durée limitée ? Est-ce qu’elle n’est venue que pour aujourd’hui… ? J’espérais qu’elle reste un peu plus longtemps quand même. Et puis, qu’est-ce qu’on va faire maintenant ? Si elle est là, et qu’elle a pu prendre l’avion, c’est que la justice l’y a autorisée n’est-ce pas ? Elle n’aurait pas pu prendre l’avion clandestinement… Mais pendant que je me faisais des films dignes de Spielberg, elle reprit la parole. Je l’écoutais attentivement, buvant limite ses paroles, sans l’interrompre. A moi de voir ? Elle m’expliqua que le juge nous avait accordés une nouvelle chance. Ah bien ! Mais pourquoi elle s’arrête ? Je restais suspendu à ses lèvres, attendant qu’elle continue. Elle secoua la tête et se mordit la lèvre… Oh God Olivia, tu sais l’effet que ça me fait, et ça fait très longtemps que je ne t’ai pas vue… Instinctivement, je me mordais la lèvre inférieure également. Mais elle continua finalement sur sa lancée pour me dire qu’en fait, ce n’était pas important pour le moment. Mouais, mais j’aimerais quand même savoir si on va pouvoir se voir juste cinq minutes ou pour les prochaines années. Notre mariage a donc été effacé, par conséquent, elle est redevenue une citoyenne lambda si je puis dire. Des demandes de garanties supplémentaires ? Oh, apparemment, je vais recevoir des papiers explicatifs. Bien, parce que là, je suis perdu. Mais en attendant on fait comme je veux ? C'est-à-dire ? Je fronçais les sourcils, perplexe.

« D’accord. Je vais attendre les papiers alors, pour mieux comprendre et pour savoir à quoi m’attendre. »

Parce qu’en attendant je patauge dans la semoule. Ça ira mieux quand j’aurai une explication claire et détaillée. Je suppose. Après ma honte de ma tenue vestimentaire, la question de savoir combien de temps elle allait restée me revenait en tête. Je ne pouvais pas concevoir qu’elle ne reste que quelques heures. Elle n’aurait pas fait tout ce long voyage juste pour venir me faire un coucou et repartir quand même. Surtout que je ne voyais pas de valise. Alors, j’avais préféré lui poser la question. Juste pour me rassurer. Mais elle se mit à rire quand j’évoquais les vêtements de mes sœurs ou les miens. A mesure qu’elle me répondait, mon sourire grandissait sur mon visage. Super ! Non seulement elle a bien une valise mais la bonne nouvelle, c’est qu’elle n’a pas prévu de date de retour ! Un grand sourire illumina mon visage alors que je retirais l’élastique de ses cheveux.

« Reste autant que tu voudras. Eternellement même. L’Irlande est un super pays malgré tout. »

Malgré le fait que je l’ai quitté il y a plus de dix ans. J’ai quand même de bons souvenirs ici. Mais la vie dans mon pays natal sera meilleure avec ma femme pour partager ma vie, ça ne fait aucun doute. Je ne sais pas encore si j’ai envie de vivre ici ou en Amérique, tout dépendra de son avis aussi. Tout ce que je sais, c’est que c’est avec elle que je veux vivre, peu importe l’endroit choisi parce que ça n’aura pas d’importance.

Mais alors que j’avais jeté mon vieux t-shirt dans la pièce pour me changer, une question me venait en tête. Celle sur ma famille. C’était un sujet fréquent avant, quand elle se plaignait de sa famille. Je lui disais sans cesse que la mienne était pire. Elle va vite s’en rendre compte. Ils ne sont pas désagréables non. Mais extrêmement bruyants notamment. Là on n’entend rien, mais c’est parce que ma mère a dû leur demander de rester calme pour faire bonne impression devant Olivia. J’en suis sûr. D’habitude, on entend toujours Killian et Aidan râler sur leur jeu, ou Shawn et Kellagh se battre. Ou encore les jumelles piquer des crises parce qu’elles ne trouvent plus je ne sais quel accessoire. C’est très calme aujourd’hui par rapport à d’habitude. Mais ils ne pourront pas se tenir tranquilles éternellement. Le naturel va vite revenir, malgré les remontrances de mes parents et malgré la présence de Livia. On ne change pas les gens comme ça. Je m’étais retourné face à elle pour lui poser la question, gardant mon t-shirt propre dans les mains. Et là, encore une fois, je la vis se mordre la lèvre… J’avais fixé sa bouche jusqu’à ce qu’elle s’approche de moi et pose une main sur la mienne. Bon sang Olivia …

Ma famille a du potentiel ? Ah oui ? Et finalement elle avoua qu’elle n’avait pas vraiment fait attention à ce qui l’entourait quand elle était en bas. Il semblerait que je hantais ses pensées. Je souris en entendant sa requête. Oui, vu qu’elle va rester, elle aura le temps de se faire une idée d’ici les jours à venir. Je posai ma main libre sur sa hanche tout en souriant.

« Requête acceptée. Mais tu verras que j’ai raison. Peut-être pas aujourd’hui, parce qu’ils vont tous tenter de bien se tenir pour ne pas t’effrayer, mais dans les jours à venir, tu verras leur vrai visage. J’ai même l’un de mes frères qui est limite allergique aux vêtements et qui aime se balader avec le strict minimum. Mais je pense que Maman O’Ceallaigh veillera à ce que son fils soit toujours bien habillé. »

Connaissant ma mère, et sachant qu’on a une invitée de choix, elle ne laisserait pas mon frère se balader à moitié à poil. C’est surtout le matin en fait. Il dort comme moi en boxer et il ne prend pas la peine de s’habiller quand il vient pour prendre son petit-déj. Et comme c’est une feignasse, il peut passer la journée comme ça… Sacré Shawn, tous des fainéants ces jeunes. A son âge, j’avais quitté le pays.

« Colleen est somnambule aussi. Ça lui arrive de rentrer dans la chambre des autres en pleine nuit et de repartir comme ça, comme si de rien n’était. Elle m’a fait le coup il y a quelques jours. Colleen c’est la plus jeune de la famille, histoire que tu resitues. Je suis sûr que tu as oublié tous leurs prénoms malgré mon obstination à te les faire apprendre. »

Je me mis à rire à la fin de ma phrase. Je me souviens que je passais un temps fou à lui apprendre qui était qui dans ma famille, leurs prénoms, leurs âges, l’ordre dans lequel ils étaient nés. Mais est-ce qu’elle avait retenu maintenant ? Après tout ce temps ? Je pouvais toujours lui rafraichir la mémoire. Ou continuer à énumérer les défauts de ma chère fratrie pour lui prouver que ma famille est pire que la sienne.

« Siobhan, l’une des jumelles est coiffeuse. Je suis sûr et certain qu’elle va vouloir te coiffer, toi qui a les cheveux longs. Moi, elle me harcèle tous les jours pour me les couper. Tu n’y échapperas pas non plus. Je continue ?

Est-ce qu’elle veut que je continue à lui prouver que ma famille est chiante et spéciale ?

« Oh et ça, tu le remarqueras très très vite. Ici pour communiquer, on ne parle pas. On crie. »

Vu que tout le monde veut se faire entendre en même temps, si personne ne crie, on ne s’entend pas. Il faut avoir une bonne résistance aux maux de tête dans cette famille. Mais on s’y fait. Et comme je lui ai dit, ils vont tenter de bien se tenir, au moins aujourd’hui. Je posais mon t-shirt sur mon épaule pour me libérer l’autre main que je posais sur sa joue.

« Mais ne t’inquiète pas, je te les présenterais tous un par un. On a tous des prénoms qui vont te sembler un peu bizarre c’est parce qu’ils sont tous d’origine irlandaise. Et si tu ne retiens pas qui est qui, je te soufflerais la réponse à l’oreille si l’un d’eux s’adresse à toi. Mais il vaut mieux que tu retiennes au moins les prénoms de mes parents. Cathleen et Walter. Ne les appelle pas M. ou Mme O’Ceallaigh. C’est trop formel, ici on prône plus la familiarité. »

Tu m’étonnes. Ici pour se dire bonjour, on se prend dans les bras.


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Ven 13 Mar - 21:56



GAME OVER.

And I will stumble and fall. I’m still learning to love. Just starting to crawl. Anywhere, I would’ve followed you. And I am feeling so small. It was over my head. I know nothing at all. And I will swallow my pride. You’re the one that I love. And I’m saying goodbye.


Il m'avait tant manqué. Pendant ses deux années de cauchemar, il m'avait manqué à un point inimaginable. Lui l'homme qui avait rendu ma vie infernale pendant quatre années, avant de me proposer un deal qui avait complètement bouleversé mon existence. Il n'avait été que mon infâme patron pendant des années, se jouant de moi, ruinant mes espoirs de progression et me couvrant toujours plus de travail qu'il n'était humainement possible d'accomplir sans cesser de vivre autrement que par lui. Heureusement, je n'avais déjà plus rien à perdre à l'époque et mon travail était déjà la seule chose qui comptait dans ma vie, la seule chose à qui je donnais tout mon temps. Puis il m'avait demandé en mariage, pour obtenir ses précieux papiers et j'avais pensé qu'enfin je tenais mon passeport pour la liberté. Un an de mariage et il disait bonjour à son visa et moi au revoir à mon rôle d'assistante, pour aller - grâce à lui - embrasser une ma carrière d'éditrice. Sauf que j'avais flanché. A son contact, j'avais appris à connaître l'homme sous le costume et j'étais tombée éperdument amoureuse et avec cet amour grandissant, j'avais épousé les cadavres de son placard, autant qu'il avait accueilli les miens. Sauf que s'il avait pu gérer avec mon avortement et ses séquelles irréversibles sur mon esprit, j'avais été incapable de gérer Maddison et nous avions perdus la partie. Cette garce m'avait privé de lui et moi qui avait toujours pensé que mon plus grand bonheur serait de ne plus jamais avoir affaire à lui, je m'étais prise à manquer de lui chaque jour, à chaque minute. Owen O'Ceallaigh m'avait manqué à un point tel que l'absence avait laissé une douleur physique qui m'achevait régulièrement, me faisant passer des jours entiers roulé en boule sur le canapé à pleurer devant un truc ou un autre à la télévision.

Un rien suffisait à me le rappeler et à déclencher mes larmes. Un regard bleu azur et un sourire qui lui ressemblait dans une publicité pour dentifrice, un accent irlandais dans les infos du soir, un téléfilm portant sur une secrétaire et son patron sadique, un couple effectuant un mariage blanc ou n'importe quoi d'autre me rappelant notre histoire et je fondais en larme. Maman était désespérée, papa me prenait de longues heures dans ses bras en me murmurant que ça allait finir par passer, avant d'ajouter qu'il l'espérait en tout cas,... Même Dan avait abandonné cette perpétuelle lueur de reproche dans son regard pour me montrer toute sa compassion et sa compréhension. J'étais amoureuse d'Owen O'Ceallaigh. Irrévocablement. Ils ne pouvaient plus en douter, maintenant. Pas quand ils voyaient combien cela me détruisait de l'avoir perdu. Il ne leur avait pas fallu longtemps pour arriver à un consensus lors de la « ronde familiale de crise ».

Owen m'intima de rester autant de temps que je le voulais, éternellement même, ajoutant que l'Irlande restait un magnifique endroit où vivre et je ne pus m'empêcher de sourire. Même une ville paumé d'un pays reculé serait l'endroit le plus merveilleux de la Terre pour moi, tant que je l'avais lui et une montagne de livre pour compagnie. Mais il me fallait répondre à sa question sur sa famille avant toute chose, parce qu'il était plus intrigué par ce sujet-là que par l'endroit où nous allions vivre. Qu'importe. Nous avions le temps pour ça. Tout le temps du monde, désormais, pour formuler cette vie qui nous attendait.

Je lui annonçais donc d'abord que si sa famille avait du potentiel, j'avais été trop concentré sur l'idée de le revoir pour réellement me concentrer sur eux et évaluer qui se sa famille ou de la mienne était la plus folle. Il posa doucement une main sur ma hanche, me faisant frissonner, alors qu'il concédait à ma requête de reporter ma réponse officielle à plus tard. Il ne put néanmoins s'empêcher de spécifier que s'ils allaient bien se comporter en ma présence, j'allais finir par devoir me rendre à l'évidence. Il s'empressa, alors, d'évoquer certains détails en sa faveur et je l'écoutais parler avec vivacité, empressement, mais surtout affection des petites choses qui faisaient que sa famille était la plus improbable des deux. Je l'écoutais attentivement, essayant de saisir un maximum d'information sans me perdre dans la contemplation de son visage, si animé par cet amour pour sa famille qui était un si grand tabou au début de notre mariage.

Il évoqua ''l'allergie'' de l'un de ses frères aux vêtements, m'arrachant un sourire amusé, avant de me faire rire en ajoutant que sa mère allait s'assurer qu'il se promène dans une tenue décente. Il parla ensuite de Coleen, une de ses sœurs, expliquant qu'elle était somnambule et entrait fréquemment dans la chambre des autres en pleine nuit, sans prévenir. « Pas plus d'intimité chez toi que chez moi, alors », dis-je d'un air malicieux en enlevant ma main de dessus celle qui tenait encore son T-shirt, la glissant dans sa nuque, me rapprochant au passage en caressant sa peau de mon pouce posé sur sa hanche. La plus jeune de la famille marche en dormant. Le jeune se promène en caleçon. Okay, noté, songeais-je en reprenant cette bonne vieille habitude des post-it mentaux, avec un certain plaisir que je ne pensais jamais pouvoir y trouver. Il m'avait parlé de toute sa famille, bien sûr, décortiquant avec minutie les liens entre chacun, les dépeignant physiquement et mentalement, avec tant de détails que j'avais presque eu l'impression, à l'époque, de pouvoir les retrouver dans une foule sans jamais les avoir vu auparavant. Mais deux années étaient passées depuis et pendant tout ce temps, je n'avais pensé qu'à lui et à toutes mes options pour rapidement revenir dans ses bras. J'étais donc un peu rouillé au niveau de la connaissance de sa famille, même si tous les noms me semblaient familiers et que la place de chacun me semblait l'évidence même dès lors qu'il précisait qui était qui.

Il poursuivit ensuite avec les jumelles, enfin une plus précisément, Siobhan, la coiffeuse. Il n'avait jamais cessé de me dire combien elle serait folle de joie de pouvoir jouer avec mes cheveux. Chaque fois qu'il jouait avec une mèche, caressait mon cuir chevelu ou défaisait minutieusement les coiffures que j'avais pu me faire dans la journée. Presque chaque fois, il soupirait, se perdant dans ses pensées, disant combien sa soeur adorerait pouvoir me faire mille et une coiffure en tout genre. Ma main dans sa nuque glissa dans ses cheveux, jouant avec des mèches longues comme je n'en avais jamais vu chez Owen O'Ceallaigh auparavant, souriant tout en redescendant vers sa joue et sa maudite barbe si longue qu'elle m'en donnait des frissons. Il me demanda si je voulais qu'il continue et en d'autres occasions, j'aurais dit non. J'aurais voulu découvrir par moi-même ou ne simplement pas être enquiquiné par ses histoires alors que j'étais certaine d'avoir raison, mais non. Je hochais la tête vivement pour l'inciter à continuer, me délectant du timbre de sa voix à mes oreilles, vibrante de l'entendre enfin à nouveau, profitant de chaque son mélodieux sortant de sa gorge. Il aurait pu me lire le dictionnaire que je lui aurais dit de continuer, juste pour le plaisir d'entendre le son de sa voix.

Il poursuivit donc, précisant que le dialogue dans la famille se composait essentiellement de cris et je souris. Ça, oui, je l'avais constaté pendant mon bref passage en bas, avant de me dire de ne pas m'inquiéter, qu'il me les présenterait tous et me soufflerait les prénoms en cas de trou devant eux. Il ajouta de simplement retenir les prénoms de ses parents, que ses derniers ne supporteraient pas que je les appelle M. et Mme O'Ceallaigh et je ris à nouveau, encerclant son cou de mes bras. « Combien de temps au juste as-tu mis pour appeler mes parents par leurs prénoms alors qu'ils te tannaient encore et encore de cesser de les appeler monsieur et madame ? », lui demandais-je pour rappel. « Bon d'accord, tu le faisais essentiellement pour défier et m'énerver, mais quand même. Moi je veux juste faire bonne impression aux parents de l'homme que j'aime. » Réalisant mes derniers mots, je baissais les yeux en rougissant, me cachant dans son torse.

« Tu sais, chez moi ils se sont tous réunis autour de la table pour savoir qui allait me représenter devant le juge. Et quand j'ai été assigné à résidence, j'ai assisté à plus de ronde familiale de crise à mon sujet que j'en avais vu de toute ma vie à la maison », relatais-je en relevant les yeux vers lui. « Il a été voté à l'unanimité que je n'étais finalement pas une menteuse quand je disais que notre mariage avait fini par être réel et la majorité a convenu qu'il fallait tout faire pour m'aider à te rejoindre. Tout le monde a travaillé à la maison dans ce sens, Chris a passé tout son temps libre à la maison pour aider papa, Daniel et Christopher à monter les plaidoiries et Carlie a passé tellement de temps à les aider que la moitié de ses travaux d'étude portaient sur notre cas tant elle n'avait le temps de se concentrer sur aucune autre affaire. Et peine perdue de lui faire entendre raison sur la priorisation de ses études. Et bien sûr, la plus longue et éprouvante table ronde a été pour déterminer si les hommes de la famille allaient enfin accepter nos sentiments ou s'ils allaient te poursuivre pour te casser la figure. » Ça avait été tellement tendu. Maman soulignant combien j'étais affectée par la situation et combien lui devait l'être aussi, en Irlande. June plaidant pour mon bonheur et donc mon droit de retrouver celui que je savais désormais être l'amour de ma vie. Papa et Dan voulant faire payer tous mes pleurs à Owen, avant de comprendre - enfin - que ça n'était pas sa faute si sa saloperie d'ex avait décidé de pourrir notre bonheur. Mon tout premier combat avait été face aux hommes de la famille. Les convaincre que j'aimais Owen et qu'il m'aimait aussi et que la chose qui l'avait le plus obnubilé lors de nos adieux avait été qu'il était convaincu d'être entièrement fautif de la situation dans laquelle je me trouvais avec la justice. Mais j'avais tenue bon, comme chaque fois après ce jour là. Parce que je l'aimais tellement que j'étais prête à affronter même ma famille pour lui. « June m'a dit de te dire qu'elle n'avait jamais douté de tes sentiments pour moi et qu'elle les avait vus avant même que tu ne t'en rende compte. Maman m'a aussi dit d'ajouter que tu serais toujours le bienvenue à la maison quand tu aurais de nouveau le droit de fouler le sol américain, je te le rends tel qu'elle me l'a dit. Evan veut savoir si t'as acheté une nouvelle moto ou tout autre truc qu'il jugerait cool. Ah et Anthea compte toujours te tester. Juste pour être certaine, elle a précisé. Je crois qu'elle cherchait surtout à me voir m'énerver... Elle aime bien me voir réagir au quart de tour dès que cela te concerne. » Et je me perdis dans son regard, une nouvelle fois. Il devait complètement s'en moquer de ma famille, non ? Mais je voulais tellement lui montrer qu'il faisait partie de ma famille maintenant. Que tous l'avaient acceptés, malgré les réticences paternelles et fraternelles de départ. Tous avaient pensés à lui et à un petit mot à lui dire quand je le retrouverais...

« Je suis réellement là, hein ? », demandais-je après un moment de contemplation silencieuse de cet homme, plus pour réaliser moi-même ce qui se cachait derrière cette première réalisation plutôt que comme une réelle question. « Owen est-ce qu'ils... » Je relevais la tête, le regardant, les joues rouges. « Qu'est-ce qu'ils pensent de moi ? Qu'est-ce qu'ils pensent de la fille qui a épousé leur fils pour qu'il l'aide à obtenir une promotion avant de tomber amoureuse ? », demandais-je, consciente que si ça n'était pas la vraie version de l'histoire et encore moins celle que ma famille voyait, c'était très certainement celle que sa famille à lui devait avoir en tête lorsque mon nom était évoqué. Et c'était ma plus grande peur. Qu'ils m'en veuillent d'avoir ruiné la vie de leur fils... Même si pour la morale, c'était Owen qui avait proposé le deal premier.

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Mer 18 Mar - 0:47
Game Over

Je me souviens qu’au départ, le sujet de ma famille, et de ma vie en Irlande en fait, puisque ça comprenait Maddison aussi, était un sujet tabou entre nous, que je ne voulais pas aborder. Parler de ma famille n’était pas réellement un problème en soi. Mais disons que parler d’eux était assez douloureux. J’avais beau contrôler mon image en ne laissant jamais passer aucune faiblesse, j’avais beau me montrer fort en toute circonstance, ma famille était une faiblesse, car ils me manquaient, tous. Je ne regrettais pas d’être parti pour réussir aux Etats-Unis. Mais partir de chez soi, du jour au lendemain alors qu’on est tous proches n’est pas chose facile et je m’étais préparé psychologiquement plusieurs jours avant de leur annoncer, avant mon départ. Ma famille n’était pas un sujet tabou, mais un sujet douloureux. Je ne voulais pas en parler parce que le simple fait de penser à eux me rendait triste. J’étais dégouté d’avoir raté l’enfance de mes plus jeunes frères et sœurs, dégouté d’avoir raté le passage à l’âge adulte des plus âgés, dégouté de ne pas avoir pu aider mes parents davantage. Tout ça à cause de Maddison. Depuis toujours elle m’avait pourri la vie.

Mais à partir du moment où je me suis sentis bien avec Livia, en confiance et quand j’ai commencé à éprouver, sans m’en rendre compte, de réels sentiments à son égard, le sujet était tout de suite plus facile à aborder. J’avais réussi à en parler malgré la douleur que je pouvais ressentir, mais elle avait été là pour me soutenir. Elle m’avait toujours soutenu en fait, consciemment ou non. J’ai toujours pu compter sur elle, en toute circonstance. Au fil du temps, j’avais pu laisser tomber le masque et elle a pu découvrir mon vrai visage. Celui d’un homme blessé qui se donnait en fait corps et âme dans son travail et qui s’envoyait en l’air à tout va pour ne pas penser aux choses qui fâchent et aux sujets douloureux. Alors maintenant, debout dans ma chambre avec la plus merveilleuse femme du monde dans mes bras, je parlais de ma famille avec une facilité déconcertante, énumérant les différents défauts des uns et des autres. Au fur et à mesure de mon récit, je la voyais sourire, amusée, elle se mit à rire également et ce fut le plus joli son que j’avais entendu en deux ans.

Il n’y avait pas plus d’intimité chez moi que chez elle en effet. C’est le défaut des familles nombreuses curieuses je suppose. On ne choisit pas sa famille. Mais je suis fier de faire partie de la mienne. Pour rien au monde je n’aurais préféré être fils unique. Ça doit être d’un ennui mortel. Au moins chez les O’Ceallaigh on ne s’ennuie jamais. Je lui adressais un sourire en hochant la tête pour toute réponse, continuant mon petit monologue sur ma chère fratrie. Encore et encore. Elle semblait intéressée par ce que je lui racontais, alors je continuais. Je sais que mes parents ne sont pas très formels alors ils voudraient qu’elle les appelle par leurs prénoms, j’en étais certain. Je connaissais trop bien mes parents et leur façon d’être. Lorsque je précisais ce détail à Livia, elle se mit à rire avant de passer ses bras autour de mon cou. J’en profitais alors pour me rapprocher d’elle jusqu’à sentir son corps contre le mien et j’encerclais sa taille avec mes bras. Elle évoqua alors le fait que j’avais mis énormément de temps avant d’appeler ses parents par leurs prénoms alors qu’ils insistaient à chaque fois et me reprenaient constamment lorsque je les appelais Monsieur et Madame. Je me mis à rire à mon tour lorsqu’elle précisa que je le faisais exprès pour l’agacer et la défier. Oui en effet, c’était principalement pour cette raison. Devant sa famille, je ne pouvais pas agir comme je le voulais alors quand c’était possible, je prenais un malin plaisir à n’en faire qu’à ma tête prétextant un simple oubli de ma part. Ce n’était pas bien méchant, mais je savais à quel point ça la faisait râler. C’était amusant et si facile de la faire s’énerver. Mais elle rajouta qu’elle voulait faire bonne impression devant mes parents, devant l’homme qu’elle aime. Je ne pus m’empêcher de retenir un sourire satisfait et heureux en entendant ses dernières paroles mais elle enfouissait immédiatement son visage dans mon torse. Ah Olivia toujours aussi pudique face à ses sentiments. Je remontais mes bras le long de son dos et posais une main derrière sa tête. Et je posais ma tête contre la sienne.

« N’aies pas honte de ce que tu ressens ma chérie. Je te l’ai déjà dit. Moi aussi je t’aime, plus que tout. Et pour en revenir à tes parents, oui, je le faisais exprès. Ça me faisait rire au début de t’énerver. C’était une petite distraction. »

J’avais un sourire malicieux sur les lèvres en repensant à tout ce que j’avais bien pu faire juste pour l’agacer. J’aimais tellement jouer avec ses émotions et sa jalousie qu’elle tentait vainement de cacher. Combien de fois j’ai ramené des blondes aux yeux verts à la maison en les lui faisant bien passer sous le nez pour qu’elle les voit. A chaque fois, je les laissais prendre le petit-déj à la maison le lendemain matin exprès pour qu’elles se croisent. J’aimais tellement voir sa réaction frustrée. Au début de notre mariage, pendant toute la période entre nos deux premiers rapports intimes, je prenais un malin plaisir à la coller à la moindre occasion, quand un de ses proches nous rendait visite par exemple parce que je savais qu’elle cherchait à m’éviter depuis qu’on avait couché ensemble chez ses parents. Il y a plein de petites choses comme ça que j’adorais faire pour la rendre dingue. Mais je me suis calmé avec le temps et c’est limite devenu l’inverse. Je me suis mis à détester son Miccah et tous hommes qu’elle avait pu approcher de près ou de loin. Même Dimitri, je l’ai haï fortement pour le mal qu’il lui avait fait. J’ai vraiment hésité à aller le voir, mais ça n’aurait servi à rien. Ce qui est fait est fait. Enfin, à présent elle est à moi et je ne laisserai jamais personne lui faire du mal.

J’étais vraiment parti loin dans mes pensées mais la voix d’Olivia me ramena à la réalité. Elle me raconta ce qu’il s’était passé chez elle, pendant les périodes où elle devait passer au tribunal. Je regrette tellement de l’avoir embarquée dans tout ça. C’est moi qui aurais dû répondre de mes actes devant un juge. J’aurais dû être à sa place. Elle releva les yeux vers moi et je ne pouvais plus détacher mon regard du sien. Je l’écoutais, attentivement, enregistrant le moindre de ses mots, m’imprégnant de sa jolie voix. Je ne me lasserais jamais de l’écouter parler. Sa famille avait finalement cru à son amour pour moi. La solidarité dont sa famille a fait preuve me faisait chaud au cœur. Même Chris s’y est mis apparemment, ce géant avec sa fille. Une petite tornade que je retrouvais à la maison des fois. Mais que je trouvais adorable parce qu’elle me rappelait tellement Ellen petite. Tout le monde a travaillé d’arrache-pied, même Carlie qui pourtant était encore dans ses études. Ah, la petite Candy, la fouine. J’eus un petit sourire lorsqu’elle affirma que les hommes Penrose avaient hésité à venir ici pour me botter les fesses. J’imagine sans mal à quel point ils ont dû m’en vouloir, tous autant qu’ils sont. J’avais ruiné la vie de leur fille, de leur soeur. A leur place, j’aurais pris le premier avion pour venir parler avec mes poings avec l’homme qui aurait anéanti l’une de mes sœurs. Leur réaction était légitime. Et je m’en voulais énormément. Je passais une main dans ses cheveux avant de la glisser jusque sur sa nuque pour lui caresser la base de ses cheveux.

« Je m’en veux tellement pour ça. J’aurais dû être à ta place, tu n’aurais pas dû subir tout ça avec la justice. Mais je suis content d’apprendre que tu n’étais pas seule malgré tout. »

J’affichais une expression plutôt triste, coupable et désolée. Le fait qu’elle endure tout ça alors que c’était moi le vrai fautif de l’histoire m’avait toujours anéanti. C’est moi qui avais proposé ce mariage, c’était mon idée. Elle n’aurait jamais dû subir ça. Moi tout ce que j’avais eu c’était une amende et l’interdiction de communiquer avec l’un d’entre eux, avec elle. Et l’interdiction formelle de reposer un pied sur le sol américain bien sûr. Mais je considérais que je m’en étais trop bien tiré par rapport à elle. Ce n’était pas juste.

Elle recommença à me parler de sa famille, mais cette fois elle me passait des messages de leur part. June n’avait jamais douté de mes sentiments à l’égard de sa sœur et apparemment elle les avait détectés bien avant moi. Oh, vraiment ? Ça ne m’étonne qu’à moitié, je m’en suis rendu compte que tardivement. Même Ellen l’avait remarqué avant moi. Ce sont toujours les premiers concernés qui ne voient rien. Pour sa mère j’étais toujours le bienvenu dans leur maison, lorsque je pourrais de nouveau retourner là-bas. Evan était curieux de savoir si j’avais acheté un nouveau joujou. Et Anthea voulait toujours me tester… Ah celle-là… Depuis le début, j’avais l’impression qu’elle m’avait mis le grappin dessus. Je me souviens à quel point c’était frustrant. A chaque fois que je la voyais arriver, j’essayais de fuir. Au départ, je ne comprenais pas son comportement. C’est vrai quoi, quel est l’intérêt de draguer le mari de sa sœur ? Puis, au final, j’ai compris qu’elle cherchait juste à rendre Olivia jalouse. Ce qui fonctionnait plutôt bien. J’étais vraiment ému de constater que malgré le mal que j’ai pu leur causer, à tous, ils m’apprécient encore. Mieux, ils m’acceptent. Ça fait chaud au cœur vraiment. A tel point que j’en avais les yeux brillants. Si j’étais une fille sensible, j’aurais pleuré. Vraiment.

« Je pensais que ta famille me détesterait après tout ça… Mais ça me fait vraiment plaisir de constater que ce n’est pas le cas. Et tu pourras dire à Evan que malheureusement, non, pas de nouvel achat cool depuis deux ans. A moins que des paquets de mouchoirs rentrent dans ses critères. »


Un petit sourire était apparu sur mon visage pour appuyer ma dernière phrase. Non pas d’achat ces deux dernières années. Je n’avais pas trop la tête à ça. En tout cas, je n’arrivais pas à détacher mon regard du sien. Et finalement, elle me demanda si elle était bien là. Je posais ma main sur sa joue pour caresser sa peau avec mon pouce et je déposais un baiser sur ses lèvres.

« Oui, tu es là. Avec moi. Dans ma chambre. »

Mais elle semblait perturbée, troublée peut-être ? Elle commença une phrase qu’elle ne termina pas, alors je fronçais les sourcils, comme si ça allait m’aider à comprendre ou même à lire dans ses pensées. Sait-on jamais. Mais elle reprit. Ce qu’ils pensent d’elle ? Qui ? Mais je comprenais rapidement qu’elle parlait de mes parents. Elle s’inquiétait de savoir ce que mes parents pouvaient penser d’une fille qui m’avait épousé pour une promotion, en reprenant ses termes. J’avais beaucoup pensé à ce que sa famille pensait de moi. Mais il est vrai que je ne me suis jamais posé la question du point de vue de Livia. Cependant, elle n’avait pas à s’inquiéter sur ce point. Je lâchais un petit soupir avant de me détacher d’elle et de lui prendre la main pour l’emmener sur mon lit. Je la laissais s’asseoir et je m’installais à côté d’elle, prenant son visage entre mes mains.

« Tu n’as aucun souci à te faire avec ma famille. D’accord ? Est-ce que ma mère t’a paru hostile ? Est-ce que l’un d’entre eux t’a regardée de travers ? As-tu senti de l’animosité à ton encontre ? Non. Parce qu’il n’y en a pas. Ils sont tous au courant de notre histoire. Ma mère trouve ton courage remarquable. Ce que tu as fait pour moi ça n’a pas de prix. Tu m’as littéralement sauvé la mise quand je t’ai demandé de m’épouser. Est-ce que tu te souviens de la réaction d’Ellen ? Elle n’a jamais exprimé le moindre sentiment négatif à ton égard, jamais. Elle était plutôt admirative. Ils ont tous été étonnés de constater à quel point tu étais généreuse. Il y avait certes des intérêts à la clé pour nous deux, mais je ne t’ai jamais mis le couteau sous la gorge, tu aurais pu tout simplement refuser. Mais tu ne l’as pas fait. Tout ce que ma famille retient, c’est que tu as accepté de m’aider alors que j’étais dans un tournant décisif de ma vie. Et forcément, maintenant ma mère est folle de joie à l’idée de te rencontrer, toi l’américaine qui a sauvé son fils. Celle qui a réussi à faire fondre son cœur de glace. Celle qui a su faire chavirer son cœur. La fameuse seconde Madame O’Ceallaigh. Tu es sa première belle-fille officielle. Et elle en est très fière. Je t’assure. »

Pendant deux ans, je n’ai fait que parler d’elle. Elle était le seul sujet de conversation que je pouvais tenir. Plus rien d’autre ne m’intéressait. Mes parents sont compréhensifs, ils ont bien vu à quel point je tenais à elle et selon tout ce que je leur racontais, ils ont vite compris qu’elle éprouvait la même chose. Ils n’en ont jamais douté. En tout cas, ils ne m’ont jamais rien dit de négatif sur elle. Il n’y a pas de raison qu’ils pensent du mal d’elle. Connaissant ma mère elle me l’aurait dit.

« Tu fais partie de la famille. Tu es une O’Ceallaigh au même titre que tous ceux qui vivent sous ce toit. »

D’ailleurs, en parlant de ça. Vu que notre mariage est annulé… Je lâchais son visage et la regardais quelques secondes. Puis je quittais mon lit pour poser un genou à terre devant elle. J’attrapais ses deux mains que je plaçais entre les miennes sur ses genoux. Enfin, je portais mon regard sur le sien.

« Olivia, acceptes-tu de me faire l’honneur de devenir ma femme ? Encore. »

Une demande en mariage en bonne et due forme. Sans bague. Certes. Mais une demande en mariage quand même, même si on est fringué comme des sacs, même si on est coiffés comme si on venait de se réveiller et même si j’ai l’air de sortir d’une hibernation.


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Sam 21 Mar - 22:14



GAME OVER.

And I will stumble and fall. I’m still learning to love. Just starting to crawl. Anywhere, I would’ve followed you. And I am feeling so small. It was over my head. I know nothing at all. And I will swallow my pride. You’re the one that I love. And I’m saying goodbye.


Owen adorait me voir lutter avec mes sentiments. Avant tout cela, il pensait que j'étais un robot incapable de ressentir quoi que ce soit, puis il avait découvert l'être humain sous l'assistante ultra professionnelle et combien je luttais quotidiennement pour éprouver des choses et pour ne pas en avoir peur. J'avais tant de honte pour ce que j'avais fait pour le passé, tellement peur de laisser le premier venu entrer dans ma vie et dans mon cœur et tout ruiner... Des sentiments, j'en éprouvais des tonnes. J'avais juste bien trop de mal à les assumer et à les exprimer. Owen avait fini par comprendre pourquoi, quand j'avais eu assez de confiance en lui pour lui raconter mon passé, lui parler de Dimitri, de cet enfant que j'avais empêché de vivre, de cette barrière que j'avais mis entre les gens et moi pour ne jamais souffrir comme cela à nouveau et pour ne jamais avoir à penser à commettre de tels actes à nouveau. La compréhension ne l'avait pas empêché de toujours autant aimer me voir me débattre avec mes sentiments, cependant. Il avait juste été capable d'être plus patient et avait juste compris combien il avait une position privilégiée dans mon existence, chaque fois que je lui avouais une chose importante comme l'amour que j'éprouvais pour lui ou le besoin que j'avais de l'avoir dans ma vie. Il aimait toujours autant se moquer de moi quand j'avais du mal à avouer quelque-chose d'important, cependant et cela ne loupa pas, une fois de plus, quand il me sourit malicieusement en me promettant que je n'avais pas à avoir honte de l'aimer, que lui aussi m'aimait et que m'énerver avec l'appellation de mes parents avait été sa petite distraction. Je souris doucement en fermant les yeux, mon front contre le sien, profitant du plaisir de sentir son souffle sur mes lèvres.

Alors que je lui expliquais ce qu'avais été ma vie durant l'année écoulée et que je lui parlais de ce que tous avaient fait pour nous, il glissa une main dans mes cheveux, caressant ma nuque avec une douceur infini qui me fit fermer les yeux pour profiter. Son absence avait été le plus insupportable dans toute cette histoire. Les suspicions des gens, les batailles que j'avais menées pour faire accepter notre histoire,... ça avait été si facile à supporter, à affronter. Le plus dur, c'était le manque de lui. L'absence de ses caresses, le manque de ses baisers. J'avais besoin de sa chaleur, j'avais besoin de lui, tout simplement. Je dormais mal si je n'étais pas dans ses bras, son bras autour de ma taille, son souffle dans mon cou. J'étais ingérable et insupportable de mauvaise humeur quand il n'était pas là pour calmer mes ardeurs et pour glisser une main dans mes cheveux pour jouer avec, m'apaisant par la même. Cela m'avait toujours surpris, cette passion qu'il avait pour mes mèches blondes, combien il pouvait se perdre des heures dans ses pensées, en caressant ma tête et en entortillant encore et encore une de mes mèches entre ses doigts. J'avais passé des moments difficiles devant la télé à cause de ça, essayant de me concentrer sur le film alors que j'étais allongée sur lui, sur le canapé et qu'il jouait d'une manière si douce avec mes cheveux que le sommeil menaçait de m'emmener à tout moment. J'avais tant besoin de son contact pour aller bien. Alors là, tout de suite, j'avais le sentiment que jamais je le pourrais le lâcher ou le laisser s'éloigner...

Plus sincère que jamais, Owen m'avoua qu'il s'en voulait pour ce que j'avais subi avec la justice, que ça aurait dû être lui et qu'il était heureux, malgré tout, que je n'ai pas été seule. Je secouais vivement la tête alors qu'il parlait, me hissant sur la pointe des pieds. « Je savais exactement ce que je risquais Owen. A la seconde où j'ai dit oui pour notre deal, je savais exactement ce que je risquais et ce que ça me coûterait si on se faisait prendre. Je connaissais les conséquences, pour toi comme pour moi et j'ai signé en dépit de cela. En dépit de ce qu'il pourrait m'arriver, alors ne t'en veux pas pour quelque-chose que je savais possible et même très probable », assurais-je en posant un baiser sur ses lèvres, puis un autre, souriant doucement en me pressant contre lui. « La seule chose que je n'avais pas prévu, c'était de trouver l'amour. C'était de trouver quelqu'un en qui je pouvais avoir assez confiance pour ouvrir mon cœur. C'était la seule chose imprévisible et la dernière chose pour laquelle je veux t'entendre t'excuser. »

Je changeais de sujet en parlant de ma famille, des messages qu'ils voulaient lui faire passer, du sentiment d'affection et d'estime que j'avais ressenti de leur part, envers lui. Ils l'appréciaient énormément, j'en étais certaines. Bien sûr les hommes de la famille avaient joué les mâles dominants, voulant le frapper pour lui montrer qu'on ne faisait pas impunément pleurer une Penrose, mais cela leur était vite passé et ils avaient vite compris que continuer de vouloir lui faire du mal m'affectait énormément, parce que je l'aimais trop. Ils avaient alors réfléchi et revu leur position. Oh tout n'était pas pardonné et pour mon père et Dan m'avaient déjà prévenu qu'ils ne croiraient pas en la sincérité d'Owen tant qu'ils ne l'auraient pas vu de leurs propres yeux, mais ils avaient accepté de lui donner une chance. Ils avaient compris que je l'aimais vraiment, ce qui ne m'était pas arrivé depuis Dimitri et rien que pour ça - parce que lui et aucun autre avant lui avait réussi à accéder à mon cœur meurtri - ils s'étaient rendus à l'évidence qu'il devait avoir quelque-chose de tout à fait particulier.

Il répondit que cela lui faisait plaisir de savoir que ma famille ne le détestait pas et que malheureusement pour Evan, ses seuls achats de ses deux dernières années avaient été des paquets de mouchoirs et je souris, l'embrassant une nouvelle fois, consciente d'à quel point je devais lui sembler collante. Mais j'avais été seule pendant deux ans. Je n'avais pas eu un seul baiser depuis deux ans et je ne voulais plus de cela. Je voulais l'avoir contre moi. Je voulais l'embrasser jusqu'à plus soif. Je voulais m'assurer que j'étais là, dans ses bras, contre lui et que ça n'était pas un rêve. C'est pour cela que je lui posais la question, ce à quoi il répondit en caressant ma bouche, en m'embrassant, avant de parler pour dire que oui, j'étais bien là, avec lui, dans sa chambre. Cette chambre en Irlande, chez ses parents, où il vivait depuis que notre histoire d'amour atypique était redevenue le délit que notre mariage était à l'origine. Des parents qui devaient me détester, j'en étais certaine.

Il nous fit nous asseoir sur son lit et m'assura que je n'avais pas de soucis à me faire sur ce sujet-là, me demandant si j'avais ressenti de l'hostilité de la part des siens à un quelconque moment. Je secouais la tête en pinçant les lèvres. Non, bien sûr que non. Mais n'avaient-ils aucun reproche à me faire pour autant ? Owen assura que c'était tout l'inverse, qu'ils étaient étonnés du risque que j'avais pris pour leur fils et m'en était reconnaissants. Que je l'avais sauvé et que j'avais réussi à toucher son cœur et que rien que pour ça, sa mère était folle de joie de me voir ici, qu'elle était fière que je sois sa belle-fille. Mon cœur s'emballa. Il semblait si sincère dans ses assurances, si confiant. Comme si c'était une évidence. Comme si ma place avait toujours été ici. Et pas comme si je revenais dans sa vie après deux ans d'un silence radio imposé par mon gouvernement. J'avais les larmes aux yeux, rien qu'à la profondeur de sa croyance, rien qu'à l'entente de ses promesses. Il m'aimait. Et il m'aimait tellement qu'il était capable de mettre sa main au feu que sa famille m'aimait aussi pour tout ce que j'avais fait pour lui. Il en était absolument convaincu, j'étais une O'Ceallaigh, ne vraie. Pas une O'Ceallaigh pour le deal, pour un visa ou une promotion. J'étais de la famille. Pour lui comme pour les autres, j'appartenais à cette famille. J'aurais fondu dans ses bras sur-le-champ s'il ne s'était pas levé du lit pour venir poser un genou à terre.

Les larmes montèrent immédiatement à mes yeux alors que je commençais à imaginer ce qui allait suivre. C'était, après tout, la troisième fois que la question m'allait être posée. Le premier, Dimitri, l'avait fait par obligation, mais j'étais réellement amoureuse et j'y avais cru, comme une idiote. J'avais dit oui avec joie, parce que je l'aimais et envisageais sans mal de passer toute ma vie avec lui. Le second avait été Owen lui-même, mais cela n'avait rien de romantique et mon oui n'avait rien eu de joyeux ou d'amoureux, c'était plus un « marché conclu », qu'un « Oui, mon amour ». Un deal qui ne laissait aucune importance au cœur. Mais cette fois... Cette fois pouvait être complètement différente et je le savais. Alors, quand il me demanda si j'acceptais de lui faire l'honneur d'être sa femme, je ne pus contenir mes larmes de joies. Cela n'avait certainement rien de glamour. Nous étions deux épaves mal vêtues, coiffées comme au sortir du lit, aux yeux rouges des larmes - de joies certes, mais des larmes tout de même - contenues ou versées. Il n'y avait même pas de bague et pour être totalement honnête, je m'en fichais complètement. J'avais donné dans les demandes en grandes pompes devant la famille et soigneusement préparées et ça avait été la partie de ma vie la plus douloureuse. J'avais déjà donné dans la bague choisie par ses soins et il n'y avait pas eu de sincérité, ni dans la demande, ni dans la réponse. Cette demande là, aussi anarchique et non traditionnelle soit-elle était spontanée et sincère comme aucune autre.

Je descendis du lit à mon tour, me mettant à genou devant lui, pour être à sa hauteur et ne jamais avoir à quitter son regard. Je posais mes mains sur ses joues, souriant tendrement, l'observant, débordante d'amour. « Une demande en mariage, comme ça, Monsieur O'Ceallaigh ? Sans même prendre la peine de me courtiser avant ? », soufflais-je avant de jeter mes bras autour de son cou pour l'embrasser fougueusement. Je voulais faire montre d'un peu de fierté, d'un peu d'humour et de ce sarcasme auquel je l'avais habitué depuis que nous nous connaissions, mais tout mon effet était totalement ruiné par les larmes de joie striant mes joues et mon corps pressé contre le sien, comme si ma vie en dépendait. « Oui, je le veux, mon amour. Je veux redevenir ta femme... Et pour toujours cette fois. Je t'aime tellement, Owen. Je t'aime tellement... »

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Owen O'Ceallaigh
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Ven 27 Mar - 19:19
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Pendant de longs mois, la savoir seule à devoir affronter la justice alors que moi "je me la coulais douce" chez moi, m’avait profondément anéanti. Je n’aimais pas qu’elle ait à se sortir de ses problèmes alors que c’était entièrement ma faute. J’en ai passé des nuits blanches à m’imaginer toutes sortes de scénarios, à la voir en prison, se faire violenter ou pire encore. Et je m’en voulais. Terriblement. Jamais dans ma vie je ne pourrais me sortir de cette culpabilité qui me ronge. Qu’est-ce qu’elle a réellement enduré ? Je n’en sais rien, tout ce que je sais c’est que je n’ai rien pu faire, que je n’étais pas là alors qu’elle devait tout gérer seule pour s’en sortir. J’avais l’espoir qu’avec sa famille soudée ça se passait un peu mieux que ce que je pouvais imaginer mais je ne pouvais m’empêcher de penser aux pires scénarios possibles. C’est humain après tout, on imagine toujours les pires choses quand une personne à qui on tient beaucoup a des ennuis. Par ma faute qui plus est. Jamais je ne pourrais me le pardonner. Jamais.

Savoir que sa famille avait été là pour elle me rassura un peu, au moins elle n’a pas dû affronter tout ça toute seule. C’est déjà une bonne chose en soi. Mais quoiqu’elle dise, quoiqu’elle fasse, je me sentirais éternellement coupable. Elle secouait pourtant vivement la tête pour contrer mes paroles et se hissa sur la pointe des pieds pour se tenir à ma hauteur. Elle m’assura qu’elle connaissait les risques lorsqu’elle a accepté cet arrangement ainsi que ses conséquences si la supercherie était découverte. Mais elle a quand même signé. Elle avait beau me dire de ne pas culpabiliser, c’était plus fort que moi et elle ne pourrait jamais me faire changer d’avis là-dessus, peu importe ses arguments. Je suis borné, ce n’est pas nouveau. Alors je n’en démordrais pas. Elle m’embrassa rapidement plusieurs fois avant de reprendre. En revanche, en signant, elle n’aurait jamais pensé trouver l’amour. Oh Olivia. Elle est tellement adorable. La seule chose pour laquelle elle veut m’entendre m’excuser c’est de lui avoir pris son cœur ? Ça n’arrivera pas. Je ne m’excuserai jamais pour ça. Je lui souris tendrement alors que je caressais sa joue.

« Alors tu ne m’entendras jamais m’excuser. Parce que c’est l’une des seules choses pour laquelle je suis vraiment fier. »

Elle m’embrassait beaucoup, presque à chaque fois que j’arrêtais de parler, mais ça me faisait un bien fou. Sa chaleur, ses bras autour de moi, son corps contre le mien, tout m’avait manqué. Alors ça ne me dérangeait absolument pas qu’on reste si proche l’un de l’autre pendant un long moment. J’avais dû vivre sans elle pendant près de deux ans, sa présence m’avait trop manqué pour que je la repousse pour avoir de l’air, je voulais la sentir près de moi, aussi proche que possible. Je ne voulais plus la lâcher, elle pourrait disparaitre, on ne sait jamais. Mieux vaut ne pas prendre de risques inutiles. Et puis, je me devais de la rassurer par rapport à ce que ma famille pouvait penser d’elle, ça avait vraiment l’air de l’inquiéter. Cependant, elle n’avait aucun souci à se faire, mes parents étaient plutôt reconnaissants. Elle avait pris des risques pour moi, pour leur fils ainé, et ça, ce n’est pas rien. Peu importe ce qu’il s’est passé par la suite, c’est ça qui compte. Ma mère me l’avait déjà dit, la seule chose qu’elle regrettait c’était de ne pas l’avoir connue. Aucun de mes frères et sœurs n’était casé, j’étais le premier, elle aurait tellement voulu connaitre sa belle-fille. Ce sera bientôt chose faite. Je suis sûr que bientôt, elle va même commencer à me harceler pour me demander quand est-ce qu’elle sera grand-mère, je l’entends déjà. Je me suis toujours dit que je n’étais pas fait pour être père. Mais maintenant la donne a changé. Avec Olivia je serai prêt à tout.

Même à la demander en mariage une nouvelle fois. Sincèrement cette fois-ci. Ce n’était pas une simple demande comme on propose un contrat comme la dernière fois. Non, cette fois, j’y avais mis les formes. Je n’avais pas de bague, on n’était pas dans un super restaurant et je n’avais pas une apparence physique irréprochable mais qu’importe. J’étais seulement dans ma chambre, vêtu uniquement d’un pantalon de pyjama, mon t-shirt sur l’épaule, mal rasé, pas coiffé, les mains vides mais peu importe. Cette fois, j’en avais réellement envie, pas parce que j’étais obligé. Cette fois-ci, ça n’avait strictement rien à voir avec la première fois. Je voyais les yeux brillants d’Olivia et à peine avais-je terminé de prononcer ma demande qu’elle se mit à pleurer. Il n’y avait pas de doute, c’était des larmes de joie, il n’y avait qu’à voir l’expression de son visage.

Elle se mit à genoux devant moi et je ne pouvais détacher mon regard du sien tellement je la trouvais belle, même larmoyante. Elle récupéra ses mains pour les poser sur mes joues – enfin sur ma barbe plutôt, parce que ma peau on ne la voit plus – en souriant. Son sourire était communicatif et je ne pouvais pas retenir le mien. Elle osa plaisanter dans ce genre de moment et je la reconnaissais bien là.

« Te courtiser ? Pour quoi faire ? C’est inutile quand la partie est déjà gagnée. »

Et puis, je l’ai déjà courtisée à ma façon. Une façon un peu spéciale pendant un an. Pendant notre année de faux mariage. Sans m’en rendre compte. Mais quand même. Rapidement elle se jeta à mon cou pour m’embrasser avec fougue, je n’étais pas en reste et l’embrassais à mon tour. C’est un oui ? Ah, là c’est un oui, un vrai qui sort de sa bouche. Il n’avait rien à voir avec la première fois. Celui-là était carrément plus sincère. Elle ajouta qu’elle voulait redevenir ma femme et cette fois pour toujours. Compte là-dessus. Plus personne ne l’arrachera à moi. Je ne le permettrai pas. Un immense sourire illumina mon visage suite à ses paroles et j’attrapais son visage pour revenir encore et encore capturer ses lèvres tant j’étais heureux de sa réponse. Je me redressais pour me lever et l’aidais à se mettre debout également en attrapant ses mains. Dans un sourire rempli de sous-entendus, je nous fis basculer sur mon lit pour m’allonger sur elle. J’avais perdu mon t-shirt dans la bataille mais tant pis. Tant que je ne sors pas de ma chambre – et encore – je n’en ai pas besoin.

« Moi aussi je t’aime tellement mon cœur. Tellement. Plus que je ne l’aurais imaginé. Plus que tu ne l’imagines également. »

Je n’avais jamais ressenti quelque chose d’aussi fort, pour personne. C’était vraiment tout nouveau pour moi et même si j’en avais énormément souffert pendant deux ans, c’était la meilleure chose que je pouvais ressentir à l’heure actuelle. Je lui souris tendrement alors que je lui caressais sa joue doucement. Mes yeux détaillaient chaque millimètre de son visage sans m’en lasser. Je connais chaque parcelle de son corps, pourtant je ne pourrais jamais me lasser de l’admirer. Jamais. Je finis par revenir l’embrasser avec un peu plus de hargne, de désir que précédemment. Ça fait près de deux ans que je n’ai pas touché à une femme. Alors là que j’ai celle qui est la plus importante pour moi sous la main… Mes instincts primaires reprennent le dessus. Ma respiration commençait déjà à s’emballer. Je quittais à peine ses lèvres pour lui murmurer.

« Si je m’écoutais, je te ferai l’amour sur le champ. »

On pouvait sentir tout le désir qui grimpait en flèche dans le ton de ma voix. Je quittais sa bouche pour laisser mes lèvres et ma langue glisser le long de sa mâchoire, puis dans son cou. J’ai tellement envie d’elle depuis tout ce temps, c’est comme si je me sentais revivre. Le Owen si longtemps enfoui est de retour. Fini l’épave. Je remontais l’une de mes mains sur mon lit et je tombais sur une matière qui n’avait rien à voir avec ma couverture. Mes feuilles. Je relevais la tête et me redressais pour me tenir sur les coudes. Elle avait l’une des feuilles sous sa tête. J’attrapais la feuille que je remettais dans le tas pour les éloigner un peu de nous.

« Attention à tes manuscrits, trésor. »

Oui, ses manuscrits. Ceux que je lis non stop depuis quelques mois. Ses écrits qui m’ont permis de m’évader un peu. La seule chose qui me restait d’elle et qui m’a permis de tenir. Alors, oui, ils sont précieux. Ce sont peut-être des copies, mais je me dois d’en prendre soin. D’ailleurs je m’asseyais sur mon lit pour récupérer le tas de feuilles et les poser sur ma table de chevet. Au moins, ils seront en sécurité ici.


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Sam 4 Avr - 19:19



GAME OVER.

And I will stumble and fall. I’m still learning to love. Just starting to crawl. Anywhere, I would’ve followed you. And I am feeling so small. It was over my head. I know nothing at all. And I will swallow my pride. You’re the one that I love. And I’m saying goodbye.


Mon cœur battait la chamade. J'avais chaud comme je n'avais plus ressentit de chaleur depuis deux ans, depuis notre dernier baiser à l'aéroport, avant qu'on ne le force à retourner dans son pays. J'étais tellement bien, tellement heureuse. Et pour parfaire mon bonheur, Owen me demandait de l'épouser, encore une fois, sincèrement cette fois. Il voulait que je devienne sa femme. Pas pour les papiers pas pour fuir son pays - il était près à m'en montrer tous les coins et recoins si je voulais rester ici, avec lui - mais parce qu'il voulait vraiment de moi. Parce qu'il voulait réellement me montrer aux autres en me présentant comme sa femme. Comme Madame O'Ceallaigh. Une ''Madame'' dont je pourrais être fière, cette fois. Une que je voudrais pour moi, par amour et pas pour une promotion ou n'importe quoi du genre. Parce qu'il était tout aussi fier d'avoir réussi à voler mon cœur que j'étais heureuse d'avoir conquis le sien. Parce que, comme je l'avais crié pendant deux années : cela nous était complètement tombé dessus et nous étions réellement et irrévocablement fou amoureux l'un de l'autre.

Je m'étais moqué de sa demande, m'exclamant qu'il ne prenait même pas la peine de me courtiser avant de me demander en mariage et il me répondit sur le même ton, demandant quel en serait l'intérêt, étant donné qu'il m'avait déjà gagné et je souris, dévorant ses lèvres une fois de plus, n'arrivant pas à me retenir de l'embrasser chaque fois qu'aucun de nous ne parlait. Il avait raison. Il m'avait déjà conquise toute entière et n'avait nul besoin de m'inviter où que ce soit pour me conduire dans ses bras ou dans son lit. Deux années de manque suffisaient amplement à me convaincre de ne plus jamais quitter ses étreintes, qu'elles soient sages ou plus érotiques.

Une étreinte à double sens ne tarda pas à venir, d'ailleurs, alors qu'il m'embrassait, heureux de ma réponse favorable à un remariage, heureux de m'avoir de nouveau près de lui. Expert et amusé, Owen m'aida à me lever, pour ensuite me faire basculer sur le lit et se retrouver au-dessus de moi, me faisant rire. Je caressais doucement son torse, alors qu'il m'avouait m'aimer aussi, plus qu'il n'aurait pu l'imaginer. De nouveaux baisers affamés suivirent son aveux, avant qu'il ne me murmure qu'il me ferait l'amour immédiatement s'il laissait ses instincts le guider. Je ris à nouveau doucement, mon corps se couvrant de mille frissons de plaisir alors qu'il guidait ses baisers le long de ma mâchoire jusqu'à mon cou. Je ramenais mes jambes le long de ses cuisses, de ses hanches, voulant emprisonner son corps contre le mien, ne plus jamais le perdre. « Ne me dis pas que tu as peur que tes parents nous entendent, mon cœur », soufflais-je en riant, me rappelant toutes ses fois où il m'avait incité à me laisser aller, dans les gestes tendres, comme dans les cris lors de notre première étreinte, au nom d'une situation qui ferait ''plus vraie'' ainsi.

Puis il se redressa, attrapant une feuille sous ma tête pour la poser sur un tas d'autres, qu'il attrapa précautionneusement, m'intimant d'y faire attention, qu'elles étaient mes écrits. Il se releva encore, s'asseyant sur le lit, pour poser les feuilles sur la table de chevet et je fronçais les sourcils, le regardant faire en me dressant sur mes coudes. « Mes.. » QUOI ? « Mes manuscrits ? », interrogeais-je, surprise, roulant pour me retrouver sur le ventre et attraper quelques feuilles pour les regarder. Je mis quelques secondes à reconnaître les lignes, mais bien moins longtemps à reconnaître l'histoire. Une histoire que j'avais moi-même écrite, pendant des années, avant de trouver assez l'inspiration pendant notre année de mariage pour en faire un véritable récit. J'avais toujours plus ou moins écrit, des courtes scènes ou de longues histoires sans paroles. Toute ma vie durant, j'avais écrit, comme une catharsis pour mon cœur et mon esprit, comme une thérapie personnelle, sans jamais croire qu'il pourrait réellement en sortir quelque-chose. J'écrivais depuis l'adolescence, sans jamais n'avoir ni un début, ni une fin. J'avais toujours voulu devenir éditrice, mais n'avait jamais envisagé pouvoir devenir un auteur. Puis Owen était tombé sur des brouillons, quelques semaines avant que Maddison ne détruise notre bonheur. Il m'avait convaincu de la qualité de mes récits, avait quémandé le droit à un manuscrit entier pour juger et je n'avais même pas mis deux mois pour lui en fournir deux. Le premier n'était qu'un amas de scènes rédigées depuis l'adolescence, mises ensembles et assemblées par quelques modifications pour donner un vrai récit avec début, milieu et fin. Le second était une histoire originale, écrite dans les deux mois, largement inspiré de ma vie, de mon drame personnel et de tout ce que lui m'avait apporté en me demandant de conclure cet accord illégal.

J'ignorais qu'il les avait eu. Je n'avais pas osé les lui donner en main propre, alors je les avais envoyés par mail, à un moment où je savais que nous serions trop occupés pour qu'il découvre de suite que les écrits l'attendaient dans sa boite. Quelques jours après seulement, notre monde s'était écroulé. Maddison avait appelé les services d'immigration et il avait été embarqué. Je n'avais jamais eu le courage d'aller vérifier s'il avait ouvert le mail ou pas... « Tu les as eu... », conclus-je en remettant les feuilles ensemble, mes yeux se gonflant peu à peu de larmes de joies. Il les avait eu. Il avait eu mes mots d'amour. Des mots qu'il pouvait lire tous les soirs avant d'aller se coucher. Réalisait-il seulement que tous les ''Je t'aime'' lui étaient adressés à lui, caché derrière les grandes lignes de l'histoire romanesque ? « Tu les as... Tu les as lus ? », demandais-je bêtement en tournant la tête pour le regarder, mes yeux tombant inévitablement sur ce torse dont j'avais tant rêvé.

Je me mis à rougir. Par parce que je l'avais reluqué, lui mon amoureux, mon... fiancé. Mais parce qu'il les avait assurément lu et qu'aussi surement qu'à l'époque, je n'avais aucune raison de croire que je pouvais avoir écrit quelque-chose digne d'une publication. J'avais demandé la publication de trois manuscrits lors de la formulation de notre contrat et l'aide pour devenir éditrice, sans jamais préciser que je tenais à lui présenter de futurs auteurs très prometteurs qui n'étaient certainement pas moi. Et quand le moment avait été venu pour lui d'honorer sa part du contrat - pas que l'un de nous y tenait spécialement, en fait, mais il avait voulu m'aider de son propre chef et je n'avais pas eu le cœur à le lui refuser alors qu'il ne manquait qu'une promotion à mon bonheur sans tâches - il avait trouvé le moyen de me convaincre d'en sacrifier deux pour mes propres écrits. Je m'en voulais. J'aurais probablement due lui présenter de vrais auteurs, comme j'en avais eu l'idée au début. Pas rêver devenir sa nouvelle auteur fétiche.

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Dim 5 Avr - 17:29
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Deux ans. Deux ans sans avoir touché une femme. La dernière en date, c’était elle, Olivia. Pour moi qui suis du genre addict au sexe, c’est un exploit, réellement. Je n’aurais jamais tenu si j’étais toujours le même Owen qu’il y a cinq ans. C’était plus fort que moi à l'époque, il fallait que je couche avec une femme minimum trois fois par semaine. Je me rends compte que j’étais réellement dépendant de ça avant. J’en avais réellement besoin, c’était comme une drogue en fait. Si je n’avais pas ma dose, je devenais invivable. La moindre chose m’énervait, je pétais un câble pour rien. Mais depuis que je me suis rendu compte que j’aimais réellement Livia, cet aspect de mon caractère a changé. Si autrefois, j’avais les yeux sur toutes les femmes que je croisais, ce n’était plus le cas par la suite. Il n’y en avait qu’une qui m’intéressait. Une seule avec qui j’avais envie de m’envoyer en l’air. Les autres étaient devenues bien fades et sans intérêt à mes yeux. Alors pendant ses deux ans d’absence, je n’ai eu ni l’envie ni la force d’aller voir ailleurs. Une sorte de sevrage plutôt efficace.

Mais la revoir devant moi, sentir sa peau et son odeur avaient réveillé mes instincts longtemps enfouis. C’était comme si je sortais d’hibernation. Comme si le Owen accro au sexe refaisait surface. Bon, je n’allais pas lui sauter dessus à peine arrivée, mais ce n’était pas l’envie qui me manquait. Deux ans c’est long. Très long. Alors après son accord pour nous marier de nouveau, je m’étais littéralement jeté sur elle, et je n’avais pas hésité à lui faire savoir le fond de ma pensée. Ça l’avait fait rire. Mais j’avais réellement envie d’elle, là maintenant. Ses jambes se resserraient autour de ma taille et elle commença à me taquiner en me demandant si c’était la peur que mes parents nous entendent qui m’empêchait de céder à mes pulsions. Je me mis à rire à mon tour, quittant son cou pour la regarder tendrement. « Non ma chérie, ce n’est pas ça qui me dérange. C’est juste que je ne suis pas présentable et ça me pose problème. Je voudrais vraiment me raser au moins avant. Et peut-être même prendre une douche. » Ce n’est pas que je suis sale. Mais j’ai envie de faire les choses bien, pas dans la précipitation. Là actuellement, je ne ressemble à rien. Je ne suis pas attirant – oui j’ose le reconnaitre. « Alors je préfère attendre ce soir. Et puis, on sera plus tranquille. » Au moins personne ne risque de se pointer dans ma chambre. Et comme ça, en programmant ça pour ce soir, ça ne fera que faire monter le désir encore plus. La faire languir, encore et toujours, c’était devenu l’une de mes spécialités. Je m’approchais de son oreille, de nouveau, pour lui murmurer. « J’espère que tu n’es pas trop fatiguée par ton voyage, parce qu’on a deux ans à rattraper. Je peux déjà t’assurer que tu ne dormiras pas beaucoup cette nuit, trésor. » Ça c’est certain.

Mais bon, fini de l’allumer pour le moment. Je m’étais redressé après avoir récupéré mes précieuses feuilles sur mon lit pour les déposer sur ma table de nuit. Ses manuscrits m’avaient aidé à tenir le coup. C’était la seule chose qu’il me restait d’elle alors j’en avais pris le plus grand soin pendant des mois, à partir du moment où je les avais trouvés. Quand j’avais mentionné le fait que ces écrits lui appartenaient, elle semblait surprise. Je la regardais alors en souriant. « Oui, tes manuscrits. A toi. » Pourquoi est-ce que ça la surprenait autant ? C’était le deal à la base, je devais l’aider à se lancer dans l’écriture. Même si ses plans de carrière avaient un peu changé au fil du temps. Elle semblait avoir du mal à y croire parce qu’elle s’allongeait sur le ventre et récupéra quelques feuilles pour en lire le contenu et s’assurer qu’ils venaient bien d’elle. Je ne suis pas un menteur. Mais pendant qu’elle lisait et qu’elle se concentrait, je m’allongeais à moitié sur elle, dégageant ses cheveux de son cou. Ah, c’était plus fort que moi, dès que je la voyais j’avais ce besoin de contact. Je posais mes bras de chaque côté de ses épaules et je venais lui embrasser la nuque, le cou. Elle est occupée à lire, alors je m’occupe aussi.

Elle semblait les avoir reconnus puisqu’elle réalisa que je les avais. Oui, puisque tu les as dans les mains. Je me mis à rire légèrement alors que je retournais sur le lit pour m’allonger à coté d’elle. J’étais allongé sur le côté, un bras sous ma tête. Ma main libre caressait son dos. Je ne pouvais m’empêcher de sourire en la voyant dans cet état, en écoutant sa question. Si je les avais lus ? Oh oui, un nombre incalculable de fois. Elle se mit même à rougir, mais je n’y prêtais pas attention. « Oui je les ai lus. Je les ai trouvés dans ma boite mail il y a six ou sept mois. Depuis ce jour, je les lis tous les jours sans exception. Je connais tes chefs-d’œuvre par cœur. C’était la seule chose que j’avais de toi, alors j’en ai pris le plus grand soin. » Ça m’a beaucoup aidé même. C’est ce qui m’a permis de m’accrocher à elle. Et puis, j’avais fini par comprendre ses messages cachés à l’intérieur, et ça m'avait fait un bien fou. « Tu es mon auteur préféré depuis ces derniers mois. » Si j’avais encore mon boulot et que j’étais objectif, je les aurais fait publier sans problème, parce qu’elle écrit très bien. Mais je voulais les garder pour moi. C’était mes petits trésors à moi. C’était peut-être un peu égoïste, mais je ne voulais pas que les autres en profitent. Ils étaient à moi et rien qu’à moi.

Je repensais à ce que je lui avais dit plus tôt, à savoir que fatiguée ou non, elle n’allait pas beaucoup dormir cette nuit. Je repensais alors au long voyage qu’elle avait effectué et je m’inquiétais soudainement de son bien-être. Est-ce qu’elle a faim ? Est-ce qu’elle a soif ? Parce que depuis tout à l’heure, on parle, on parle, mais peut-être qu’elle a envie de quelque chose. « Au fait, tu as besoin de quelque chose ? Tu as faim ? Tu as soif ? Tu veux peut-être te reposer un peu ? » Un peu de repos avant une nuit qui s’annonce blanche.


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Dim 5 Avr - 23:15



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Deux ans c'était long, trop long, même pour moi alors je n'imaginais même pas pour Owen. Je n'étais pas une idiote... ou plutôt, je ne le connaissais que trop bien. J'avais toutes les peines du monde à imaginer qu'il n'avait connu aucune femme pendant ses deux années, lui qui ne parvenait pas, auparavant, à passer deux nuits de suites sans finir dans un lit avec une femme. Il est vrai qu'il m'avait été fidèle par la suite. Quand nous nous étions enfin mis face à la réalité, quand nous avions cessés de fermer les yeux et que nous nous étions avoués nos sentiments, il n'avait plus jamais touché à une autre femme, ni même regardé ailleurs, mais il n'avait pas ralenti le rythme pour autant. Owen O'Ceallaigh était un insatiable, un véritable accroc et tomber amoureuse de lui avait demandé à accepter ce besoin compulsif qu'il avait et à le satisfaire pleinement, le plus souvent possible... Ça n'était pas vraiment difficile, en fait. Parce qu'Owen était un allumeur de première et qu'il savait toujours comment faire pour me donner envie. Les premiers temps de notre histoire - notre véritable histoire - nous avions à peine quitté le lit. Juste pour aller manger, pour aller nous laver... juste parce que nous n'avions pas eu le temps ou l'envie de perdre du temps à retourner au lit pour faire l'amour encore. Nous avions été pire que tout, pire que des jeunes mariées. June s'était moqué en parlant d'une lune de miel à retardement. Maman avait sincèrement cru à un nouveau jeu très efficace pour attiser le désir dans notre couple et nous avait félicité, disant que nous ne devions jamais perdre de vu cette nécessité de toujours attiser le désir entre nous pour vivre heureux le plus longtemps possible.

Je ne pourrais jamais lui en vouloir, même s'il avait eu d'autres histoires. Deux ans sans savoir s'il y aura un après c'est long. C'était assurément trop long pour lui. J'aurais dû être jalouse. J'aurais sans doute due ne pas aimer l'idée, ne pas vouloir savoir, ne pas vouloir l'entendre, mais la vérité, c'était que je m'en fichais totalement. J'étais là, maintenant et c'était tout ce qui comptait. J'étais là et c'est sur moi qu'il était à moitié allongé. C'est moi qu'il désirait, m'assurant que la présence de sa famille ne lui posait aucun problème, mais qu'il ne voulait pas me faire l'amour comme ça, avec cette barbe sauvage que je ne cessais de caresser, après un temps probablement trop indécent sans être passé sous une douche. Je souris, caressant la pilosité de son visage du bout des doigts, alors qu'il disait préférer attendre ce soir, quand nous serions tranquille, quand nous aurions tout le temps nécessaire pour rattraper deux ans de séparation et de câlins perdus. Oh oui, il savait exactement comment m'allumer le salopard et j'adorais ça. J'adorais ça, autant que je l'adorais lui. Foutu irlandais si sexy, même avec sa barbe indomptable digne d'un ermite au sortir de l'hiver.

Puis il me parla de mes manuscrits, les écartas du lit et me laissa le soin de les regarder, embrassant ma nuque et mon cou pour s'occuper pendant que je constatais qu'effectivement, c'était mes textes qu'il avait entre ses mains. Il vint se rallonger à côté de moi, caressant mon dos tendrement, alors que je lui demandais s'il les avait vraiment lu. Il m'assura que oui, qu'il les lisait tous les jours, qu'il en avait pris soin parce que c'était tout ce qu'il lui restait de moi. Mes yeux s'embuèrent malgré moi devant cette nouvelle preuve flagrante de son amour et de sa dévotion à mon égard, souriant doucement lorsqu'il avoua que j'étais son auteur préférée depuis des mois. Je me jetais presque vers l'avant, posant une main de chaque côté de ses épaules, m'allongeant complètement sur lui, ma bouche de retour sur la sienne en un quart de seconde. Qui aurait pu croire, six ans plus tôt, que cet homme serait à mes yeux l'homme parfait ?

Car c'était ce qu'il était, finalement, malgré tout ce que j'avais pu penser par le passé. Oh bien sûr, il n'était pas parfait dans le sens prince charmant se présentant bien, parlant bien et n'aimant qu'une femme dès le premier regard pour ne plus jamais vivre autrement qu'avec, par et pour elle, avec un happy-ending à la « ils se marièrent et eurent beaucoup d'enfants », mais Owen était MON homme parfait. Mon amour à moi, mon homme capable de voir quand je n'allais pas bien ou quand le moment était venu de me distraire de mes soucis du jour en m'allumant. Mon homme irascible, impulsif, possessif, qui me demandait toute la patience et la compréhension du monde pour le détourner de son but quand il avait un mauvais objectif en tête. Mon homme d'affaire avertit et expert, qui avait malgré tout tant besoin de moi, même si ça le tuait de l'admettre. Owen O'Ceallaigh était loin d'être parfait, mais pour moi il l'était, parce que malgré tous ses défauts et ses problèmes, il restait l'homme le plus honnête et le plus fiable que je n'avais jamais eu dans ma vie en dehors des hommes de ma famille. Le seul qui n'avait pas jugé - ou en tout cas m'avait préservé de ses pensées - quand je lui avais finalement avoué pour mon avortement. Le seul qui n'avait rien dit quand j'avais enfin craqué pour la dernière fois, si violemment que ma famille avait craint le pire, alors que lui m'avait pris dans ses bras, me laissant simplement pleurer, crier, souffrir ce que je devais souffrir, attendant juste que la vague passe en me serrant le plus fort possible contre lui pour que je le sente à travers la tempête et sache qu'il était juste là. Que nous traversions cela ensemble... Il avait toujours su comment agir avec moi. Il m'avait toujours connu mieux que personne. Et en cela, il avait toujours été parfait.

Je me détachais de notre baiser, le souffle court, m'affalant sur lui pour enrouler mes bras autour de son cou. Il me demanda soudainement si j'avais besoin de quelque-chose, si j'avais faim ou soif ou besoin de me reposer et je souris, posant un baiser sur cette barbe qu'il détestait tant. « Je me reposerais plus tard. Je ne veux pas dormir. Je ne veux pas te perdre des yeux une seule seconde. Pas pour l'instant », soufflais-je avant de l'embrasser encore et encore. Avais-je faim ? Ou soif ? Je ne me rappelais pas de la dernière fois où j'avais mangé quelque-chose. Je n'avais rien pu avaler dans l'avion. Mon estomac était alors trop noué. Et comme pour répondre à ma propre interrogation, mon ventre se mit à gargouiller, me prenant de court. Après un instant de silence, je me mis à rire, enfouissant mon visage dans son cou pour m'y cacher. « Je voudrais dire que je n'ai faim que de toi, mais... je crois que mon propre corps joue les traîtres... »

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Lun 6 Avr - 0:59
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Les compliments que je lui faisais indirectement par rapport à ses manuscrits eurent un effet immédiat sur elle. Ses yeux devenaient brillants et un petit sourire apparut sur son visage. Et l’instant d’après, elle se jeta sur moi, m’allongeant sur le dos sous le choc de l’impact. Je la serrais dans mes bras alors que nos bouches s’étaient de nouveau retrouvées. Je pensais sincèrement ce que je lui avais dit sur ses manuscrits, ils m’avaient vraiment aidé. Et elle était effectivement devenue mon auteur préféré puisque je ne lisais que ses écrits. Aucun autre. J’y avais d’ailleurs retrouvé un peu de notre histoire à tous les deux et beaucoup d’éléments de sa vie. J’avais fait la même chose l’année dernière. J’avais écrit moi aussi notre histoire. Il m’arrivait de la relire de temps en temps, mais je préférais ses textes à elle. Il y a tellement de choses que j’aimerais lui montrer dans ma chambre, mais ça attendra. On aura bien l’occasion de farfouiller dans ma chambre plus tard. Pour le moment, on est encore tous les deux sous l’effervescence de nos retrouvailles.

Mais je m’inquiétais tout de même de son bien-être, elle venait de faire un très long voyage alors elle avait surement besoin de quelque chose. Même un simple verre d’eau. Je posais simplement mes mains sur ses hanches alors qu’elle était allongée sur moi, bras autour de mon cou. Après ma question, elle sourit simplement et déposa un baiser sur mon immonde pilosité faciale, qui n’existera plus d’ici quelques heures. Je vais même demander à Sio’ qu’elle me coupe les cheveux, depuis le temps qu’elle me harcèle, ça lui fera plaisir. Je suis même certain qu’elle va subtilement me demander si elle peut coiffer Olivia tant qu’elle y sera. Mais pour le moment on a la paix, elle est sortie avec Sid’. Elle voulait se reposer plus tard parce qu’elle ne voulait pas me perdre des yeux une seule seconde ce qui me fit sourire parce que je pensais la même chose. Si elle avait accepté de se reposer, je me serais allongé à côté d’elle pour la regarder dormir. Puis elle m’embrassa de nouveau, encore et encore. Je ne m’en lasserais pas non plus. Pourtant, brisant le silence de la pièce, son ventre se manifesta. Oh. Il semblerait qu’elle ait faim finalement. Je me mis à rire en même temps qu’elle et lorsqu’elle se cacha dans mon cou, je posais une main derrière sa tête. « Je confirme, je ne suis pas comestible au point de calmer ton estomac mon coeur. Cet appétit-là on s’en occupera ce soir. En attendant, on va aller calmer ton autre appétit. Allez viens. » Je ne pouvais pas la laisser mourir de faim, la pauvre. Je me redressais lentement pour lui permettre de se lever elle aussi. Une fois debout, je récupérais mon t-shirt propre par terre et je l’enfilais. Quant à mon pantalon de pyjama, je l’enlevais aussi, me retrouvant en boxer. Je vais tenter de faire un effort vestimentaire. J’ouvris mon armoire pour en sortir en jean que j’enfilais également. Voilà c’est déjà mieux. Je laissais le bas de pyjama par terre, je le mettrai au sale tout à l’heure.

Je me retournais vers elle pour lui attraper la main en souriant. « Prête à faire face à ma famille ? » Allez c’est parti. Le pari de savoir qui a la pire famille est de nouveau ouvert. J’ouvrais la porte pour sortir de ma chambre, on parcourait le couloir puis on descendait les escaliers pour retrouver le bruit du jeu de mes frères à la télé, leurs cris lorsque l’un des deux perdait, mon père qui râlait de temps en temps. Bref, le brouhaha habituel. En quittant les escaliers, je jetais un œil dans le salon, il n’y avait que Killian, Aidan et mon père. Mais pour manger, direction la cuisine où se trouvaient déjà ma mère et Colleen. Une odeur fortement appétissante s’en dégageait. Une assiette de cookies était posée sur la table alors que ma sœur essuyait la vaisselle et que ma mère rangeait les plats. Elle eut un grand sourire en nous voyant tous les deux et s’arrêta dans ce qu’elle faisait. « Oh, Owen sort de sa tanière en plein jour ! C’est un miracle ! » Il est vrai que je sortais rarement de ma chambre en journée d’habitude. Je souriais en levant les yeux au ciel. Mais faisons les présentations dans les règles tout d’abord, même si elles se sont déjà vues. « Maman, Colleen, je vous présente Olivia. » Inutile que je précise qui elle était, tout le monde le savait. « Olivia, voici ma mère Cathleen et ma sœur Colleen, la somnambule. » Ma mère eut un petit rire alors que Colleen poussa un petit cri de protestation. « Owen ! Merci de me mettre la honte. Mais bonjour Olivia. » Ma mère se contenta de sourire en lui adressant un signe de tête, je suppose qu’elles s’étaient déjà présentées. « Je vous l’ai déjà dit, mais je suis vraiment heureuse de vous rencontrer Olivia. » Finalement, c’était plus fort qu’elle, il fallait qu’elle parle. « Vous avez faim ? On a fait des cookies, servez vous surtout. Si vous avez soif, servez-vous également, Owen sait où tout est rangé. Du moins je crois. » Elle lui adressa un clin d’œil. Oui, merci, je sais quand même où tout est rangé. Je vis ici jusqu’à preuve du contraire. « En tout cas, vous avez meilleure mine tous les deux, ça fait plaisir à voir. » Elle ne s’arrête jamais. C’est incroyable.

Mais avant tout, je devais lui annoncer la bonne nouvelle. « Maman, on va se marier. Encore. Mais cette fois c’est vrai. » Je n’eus pas le temps de rajouter quoique ce soit qu’elle s’avança vers moi un grand sourire aux lèvres pour me prendre dans ses bras. « Oh ! Félicitations mon chéri ! C’est super ça ! » Lorsqu’elle s’écarta de moi, elle me lança un regard appuyé. « Tu nous invites cette fois j’espère ? » Je passais une main derrière ma nuque, légèrement honteux de leur avoir caché la première fois. Je crois que c’était ce qu’il m’avait reproché dans toute cette histoire, le fait de ne leur avoir rien dit. « Oui, promis. » Ma mère me lança un regard l’air de dire J’espère bien puis elle me lâcha pour prendre à son tour, Olivia dans ses bras avec un sourire jusqu’aux oreilles. « Félicitations ma chérie ! Et bienvenue officiellement dans la famille ! » Elle s’écarta de nous et nous regarda longuement des pieds à la tête. « Mais pour l’instant, mangez, vous devez vous remplumer un peu. Owen aussi mange. Veillez bien à ce qu’il mange Olivia parce que la grève de la faim c’est fini maintenant. » Elle nous adressait un sourire avant de quitter la cuisine pour rejoindre le salon où elle allait annoncer la nouvelle à mon père. Colleen quitta la pièce également peu de temps après pour nous laisser tranquille. Du salon, j’entendais mon père sauter de joie à l’annonce de notre mariage, il voulait même venir nous voir dans la cuisine mais ma mère l’en empêcha, prétextant qu’on devait manger et donc ne pas être dérangés pendant ce temps.

Je me tournais vers Olivia, grimaçant d’amusement devant la réaction de ma pipelette de mère. « Elle est toujours comme ça, si ça peut te rassurer. Bavarde, trop bavarde. » Une voix me parvenait du salon, celle de ma mère. « Je t’entends choupi tu sais ? » Ah. Ce fameux surnom. Celui qu’elle utilise pour tout le monde quand elle se moque de nous. Je me contentais de lever les yeux au ciel pour toute réponse et je me jurais de parler moins fort la prochaine fois. « Bref, assis-toi et sers-toi. S’il y a des cramés tu les enlèves, mais en général elles les mettent de côté. Enfin, tu veux peut-être manger autre chose ? Tu veux de l’eau ? » Tout en parlant, je la laissais s’installer à la table et je prenais deux verres dans le placard avec une bouteille d’eau. Je crois qu’on a que ça ici. Le moindre soda ou le moindre jus de fruit partent trop vite ici alors ma mère n’en achète que rarement. Je revenais ensuite à la table pour m’asseoir à côté d’elle posant un verre devant elle que je remplissais d’eau. Puis je reprenais le ton de plaisanterie de ma mère. « Allez mange, remplume toi. »

Shawn, mon plus jeune frère débarqua dans la cuisine pour prendre un cookie lui aussi. Il semblait surpris de me voir, vu l’expression de son visage. « Oh ! Un revenant ! Tu as décidé de ne plus vivre comme un vampire ? » Ah, les petites piques sympathiques entre frères. « Oh ! Tu as décidé de t’habiller aujourd’hui ? Tu ne vis plus comme un nudiste ? Tu as peur qu’Olivia voit ton minuscule oiseau ? » Et encore, c’était gentil aujourd’hui. Il pouffa de rire avant de devenir aussi rouge que son t-shirt. Alors que moi, j’affichais un air très sérieux, alors que je ne l’étais pas du tout. S’il veut me moucher, je lui souhaite bien du courage. « N’importe quoi. » Il prit rapidement un gâteau et quitta la pièce aussi vite que possible. Shawn était notre petite victime à tous. On aimait bien le taquiner gentiment. Même Colleen s’y mettait des fois. Mais ce n’était jamais bien méchant.


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Ven 1 Mai - 23:09



GAME OVER.

And I will stumble and fall. I’m still learning to love. Just starting to crawl. Anywhere, I would’ve followed you. And I am feeling so small. It was over my head. I know nothing at all. And I will swallow my pride. You’re the one that I love. And I’m saying goodbye.


J'étais littéralement sur un petit nuage. J'avais retrouvé Owen, j'avais retrouvé l'amour de ma vie. Dieu qu'il m'avait manqué. Il se trouvait horrible, avec sa barbe d'hibernation, ses cheveux délaissés et ses vêtements sans forme, moi je le trouvais magnifique, digne de mes plus beaux souvenirs. C'était sans doute l'euphorie des retrouvailles qui parlait, certes, mais notre vie commune m'avait apprise à découvrir l'homme derrière le costume et les attitudes professionnelles et je préférais de loin l'homme que j'avais sous les yeux à celui que j'avais appris à détester au travail, avant de tomber irrévocablement amoureuse de celui, plus fragile et surtout merveilleux, qui se cachait sous le requin de la maison d'édition. L'homme que j'avais là, face à moi était le véritable Owen. Celui qui avait des sentiments et qui pouvait s'y perdre. Celui qui, dès sa bonne humeur retrouver, s'empressait déjà d'imaginer tout ce qu'il allait faire pour redevenir l'homme à l'apparence irréprochable d'autrefois. Je pouvais voir les rouages de son cerveau fonctionner à plein régime pour tout mettre en place. Raser cette barbe qu'il ne voulait pas me montrer, soigner sa coiffure, me faire l'amour jusqu'à avoir rattraper les deux années d'absence. Je frissonnais de plaisir rien qu'à le voir se changer en organisant tout mentalement pour ce que soir soit parfait. Comment voulait-il sincèrement que je tienne jusqu'à ce soir, quand j'avais juste envie de me déshabiller pour coller ma poitrine nue contre son torse et sentir sa chaleur qui m'avait tant manqué ?

L'irlandais me sortit de mes pensées en m'attrapant la main, me demandant si j'étais prête à faire face à sa famille. Je lui offris mon plus beau sourire en réponse, serrant ses doigts. Tant que j'étais avec lui, j'affronterais même une tempête.

En nous voyant débarquer dans la cuisine, sa mère sortit une petite boutade sur le fait qu'il sortait enfin de sa tanière et je souris doucement, amusé. Ma mère aurait dit exactement la même chose si les rôles avaient été inversé. Owen nous présenta les unes aux autres, précisant que la sœur présente dans la pièce était la fameuse somnambule. « Bonjour », soufflais-je en réponse alors que sa sœur le remerciait d'une telle réputation. Je n'eus pas le temps de dire quoi que ce soit de plus que sa mère réitéra combien elle était heureuse de me rencontrer. Je sentis le feu embraser mes joues alors que je lui souriais doucement. « Je suis heureuse de faire votre connaissance aussi », assurais-je en doute sincérité, d'autant plus que cela signifiait que j'étais réellement chez eux, avec mon amoureux... mon fiancé. Oui, fiancé. Parce que nous l'étions de nouveau et pour de vrai, cette fois.

En bonne mère pleine d'intuition, comprenant que si nous nous trouvions dans la cuisine, ça n'était pas pour faire acte de présence, elle m'incita à manger et boire, à prendre tout ce qui pourrait me sustenter, ne pouvant s'empêcher de lancer une nouvelle petite pique à Owen. Je serrais sa main doucement, n'arrivant pas à m'empêcher de sourire. Fut-ce un autre temps, une autre époque, j'aurais été encore plus vindicative que sa mère, mais ce temps-là était révolue. Aujourd'hui, j'étais du côté d'Owen, comprenant parfaitement son comportement de reclus. J'avais été sans vie sans lui. Je n'avais eu aucune raison d'aller manger avec ma famille autre que les suppliques et les ordres de mes parents. Je n'avais eu aucune raison de sortir de ma chambre hormis celle de trouver une solution pour mettre fin à mon supplice en luttant fermement contre mon pays pour avoir le droit de retrouver l'amour de ma vie. Lui n'avait rien eu de tout cela. Lui avait juste été coincé dans son pays natal, avec sa famille. Une famille qu'il aimait, certes, mais qui ne suffisait pas à combler tous ses souhaits et ses désirs. Même sans parler de moi, toute sa vie à New York était partie en fumée le jour où on l'avait forcé à monter dans cet avion.

Et puis Owen annonça nos fiançailles et je souris de plus belle. J'avais presque oublié ce que cela faisait de se retrouver là, face à sa belle famille, à voir son fiancé annoncer qu'un mariage allait avoir lieu. Je l'avais vécu une fois, il y a longtemps, avec un homme qui m'avait finalement détruite. Avec Owen, je savais que ça ne serait pas du tout la même chose. Le plus dur était derrière nous, l'avenir ne serait que bonheur. Et l'entendre annoncer à sa famille que cette fois-ci, il voulait vraiment que je devienne sa femme était le début de notre vie heureuse. Je me serrais contre Owen l'espace d'une seconde, avant de m'écarter légèrement - sans lâcher sa main - pour laisser l'espace à sa mère pour prendre son fils dans ses bras et le féliciter convenablement. Une nouvelle pique sur les invitations au mariage me firent à nouveau me coller contre son torse, avant qu'elle ne m'attrape à mon tour pour me féliciter et me souhaiter officiellement la bienvenue dans la famille. Je lui souris de tout cœur, hochant la tête. « Merci infiniment. J'aurais compris que vous puissiez avoir des réticences à notre histoire... » Ma famille en avait bien eu après tout, l'espace d'une minute ou deux, le temps de réaliser combien j'étais malheureuse sans mon mari... Elle me coupa presque, nous incitant à manger et je baissais les yeux, un peu honteuse encore. J'avais l'impression de débarquer comme un cheveux sur la soupe dans une famille et de prendre la place de quelqu'un d'autre. Une personne pleinement acceptée par tous. C'était assez perturbant.

Rapidement, les deux femmes nous laissèrent à nouveau seuls et Owen se sentit obligé de se tourner vers moi pour m'assurer qu'elle était toujours comme ça. La voix de sa mère nous parvint du salon, l'interpellant par un petit nom tout à fait charmant. Je me mis à rire en cachant mon visage contre son torse pour ne pas exploser. Ça n'était pas gentil de se moquer, mais c'était tellement mignon. Il m'intima de m'asseoir et de me servir, allant nous chercher des verres. Je hochais la tête à sa question. « De l'eau, c'est très bien », assurais-je alors qu'il revenait tout poser sur la table et s'asseoir à côté de moi. Je me mordis la lèvre alors qu'il imitait sa mère pour me dire de manger et je finis par me laisser aller et me lever de ma chaise pour venir m'asseoir sur ses genoux, posant mes bras sur ses épaules, autour de son cou. « Tu dois aussi manger, rappel toi », dis-je en posant un léger baiser sur ses lèvres. Elles m'avaient trop manqué pendant les trois minutes que j'avais passés sans l'embrasser. « La grève de la faim, c'est terminé ! », répétais-je à mon tour en attrapant un cookie, y croquant un morceau avant de l'approcher de sa bouche à lui.

Deux secondes d'un doux moment à deux et une nouvelle personne débarquait dans la pièce, se moquant de la présence d'Owen dans la cuisine en pleine journée. Le brun répondit du tac au tac à la remarque, faisant fuir son frère - Shawn si je me souvenais bien -. Je ris un peu en posant un baiser dans son cou. « Sois gentil avec ton petit frère, ''Choupi'' », osais-je avec effronterie, mordant dans le cookie que j'avais toujours en main avec des yeux de Chat Potté.

« Je les aime bien », soufflais-je finalement, après un moment de réflexion. « Et ils t'aiment tous. Profondément. » Ça se voyait. Chaque remarque, chaque moquerie. Tout était rempli dans immense respect et d'un amour des plus profond. Il n'avait pas été seul. Il en avait peut-être eu l'impression parfois, mais il n'avait jamais été seul. Ils avaient tous été là pour lui et c'était un soulagement. J'avais eu si peur de découvrir comment il vivait, de savoir ce qu'il était advenu de lui. J'avais perdu tout contact avec lui, avec sa famille, mais j'avais appris que Maddison avait repris le premier avion pour l'Irlande dès qu'elle avait su qu'ils l'avaient renvoyé et j'avais tant craint qu'il ne soit seul ou contraint de l'affronter elle, sans aucun soutien, mais non. Sa famille était là et j'étais certaines qu'ils avaient été là jour et nuit ses deux dernières années. Il n'avait jamais été seul.


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Ça me fait vraiment flipper parce que tu as pris un morceau de moi. Et je t'ai laissé faire... @ ALASKA.
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Mer 13 Mai - 21:54
Game Over

Combien de fois je l’avais imaginé ce moment. Quand j’étais tout jeune, vivant encore chez mes parents, je m’étais imaginé ce jour où je leur présenterais ma future femme. Parce qu’on passe tous par là et que ma mère avait toujours soutenu le fait qu’elle voulait être grand-mère. A l’époque, elle était toute contente quand je fréquentais Maddison, ou quand Ellen était avec Nathan. Puis, elle a certainement dû se faire une raison. Aucun de ses enfants n’était prêt à sauter le pas, en même temps, on était jeunes. J’ai tout quitté pour les Etats-Unis. Par la suite, même si Ellen a suivi Nathan aux là-bas aussi, elle a rompu avec lui également. Même si d’après mes sources, elle le revoit en ce moment. Killian, n’en parlons pas, il est marié à sa console. Aidan fréquente une fille je crois. Il me semble aussi que les jumelles ont un copain ? J’étais tellement en autarcie dans ma chambre pendant deux ans que je ne pourrais pas en être certain. Je n’ai vraiment pas fait attention à tout ce qu’il se passait chez moi, autour de moi. J’étais dans ma bulle. Mais maintenant c’est fini. Et aujourd’hui, je peux enfin présenter la femme de ma vie à ma famille, dans les règles. Ma mère était folle de joie, depuis le temps qu’elle attendait que l’un de ses enfants se marie et fasse des enfants à son tour. Mais n’allons pas trop vite quand même. Le mariage déjà.

Olivia ne devait peut-être pas s’attendre à ce genre de réaction puisqu’elle précisa à ma mère qu’elle aurait pu comprendre si elle avait des réticences vis-à-vis d’elle, étant donné notre histoire. Mais ce n’était pas le cas. Pour toute réponse ma mère balaya cet argument d’un geste de la main, lui souriant de plus belle. Livia était adoptée et ce depuis un certain moment déjà. Quand ma famille a compris à quel point son absence m’était insupportable, ils m’ont soutenu du mieux qu’ils ont pu, même s’ils ont tous une manière différente de le montrer. Olivia faisait partie de moi, de mon histoire alors ils l’ont rapidement adoptée, même sans la connaitre. Mais le rôle de la maman poule reprit vite le dessus et elle nous força presque à nous nourrir, avant de partir dans le salon avec ma soeur.

Après un petit moment gênant où ma mère me qualifia du surnom ridicule de la famille et où Livia se cacha contre son torse pour éviter d’exploser de rire. J’avais ramené tout ce dont on avait besoin pour boire sur la table. Les cookies étant déjà en place. Une fois assis, elle vint rapidement s’asseoir sur mes genoux. La voir aussi collante me faisait plaisir et je ne pouvais pas m’empêcher de sourire en la regardant faire, passant un bras autour de sa taille pour poser ma main sur sa cuisse. J’étais tellement content de la sentir près de moi, de sentir cette chaleur qui m’avait tant manqué. Alors je n’allais certainement pas la repousser. Elle n’avait jamais été autant tactile avec moi. Je ne vais surement pas m’en plaindre. J’amenais mon autre main sur ses cuisses également et descendais jusqu’au genou pour lui caresser la jambe. Elle me rappela que je devais également manger, tout en m’embrassant furtivement. Niveau câlin et embrassades, je crois qu’on est pire que deux adolescents qui découvrent les relations de couple, tellement on est collés l’un à l’autre. Je crois même que je n’étais pas comme ça avec Maddison. Elle m’assura que la grève de la faim était terminée et je ne pus m’empêcher de sourire, encore. « Pour toi aussi mon cœur, il va falloir te remplumer un peu et puis, tu vas devoir faire le plein d’énergie pour ce soir. » Je ne veux pas qu’elle soit déjà épuisée au premier coup d’essai. Elle croqua dans un cookie et l’approcha de mes lèvres pour que je morde dedans à mon tour. Je m’exécutais sans jamais la quitter des yeux. J’avais trop peur qu’elle ne disparaisse de mon champ de vision. Et puis, je trouve ça super sensuel de se partager quelque chose à manger, même si c’est un pauvre cookie.

Mais notre petit moment de complicité fut rapidement interrompu par mon plus jeune frère qui fit aussitôt une réflexion sur le fait de me trouver dans un lieu que toute la famille fréquentait en pleine journée. Etant du genre à avoir du répondant, j’avais répondu au tac au tac, le faisant fuir aussi vite qu’il était entré. Ça avait fait rire Olivia au moins. Elle déposa un baiser dans mon cou, ce qui m’électrisa complètement. God. Je ne vais jamais tenir jusqu’à ce soir. Pourquoi j’ai eu cette idée stupide d’attendre déjà ? Oh, oui, pour être présentable… Super idée encore une fois. Mais j’insiste, il faut que je me rase avant toute chose. Ça va la piquer sinon. Ça ne sera pas forcément très agréable. Je voudrais aussi prendre une douche, mais ça, on peut la partager à deux. Enfin… Est-ce vraiment une bonne idée ? Je doute que la voir nue me laisse de marbre. Ça n’a jamais été le cas, ce n’est pas maintenant que ça va commencer. Elle me demanda d’être gentil avec mon frère, reprenant même le surnom ridicule de ma mère. Je la regardais alors en haussant les sourcils et en souriant. « Ah non, ne t’y mets pas toi non plus, sinon moi aussi je te trouve un surnom stupide. Et je suis gentil avec mon frère. Il a l’habitude, c’est comme ça qu’on communique tous les deux. La preuve, c’est lui qui a commencé. Et inutile de me faire ces yeux là. » Comment ne pas craquer devant ce merveilleux regard ? Je glissais ma main derrière sa nuque pour amener son visage vers le mien et l’embrasser doucement.

Je quittais ses lèvres et me penchais sur la table pour attraper un cookie, parce que je commençais à avoir faim moi aussi. Je mordais dedans alors qu’elle reprit la parole, après un bref moment de silence. Elle les aime bien. De quoi ? Qui ? Les cookies ou ma famille ? En précisant qu’ils m’aimaient également profondément, je n’avais plus de doute concernant le sujet de sa réflexion. Je baissais la tête quelques secondes, regardant mon gâteau que j’avais dans la main. « Je sais. On a toujours été très solidaires les uns envers les autres, chacun à sa manière. Toujours prêts à s’entraider. Je sais que ça a été un déchirement pour ma famille, ma mère notamment, mon père aussi tu me diras, pour Eli et Killi aussi, en fait tous les plus vieux, quand je suis parti non seulement de la maison, mais du pays carrément. J’ai su par la suite qu’Eli l’avait très mal vécu et que ma mère avait pleuré pendant de nombreuses semaines. Le genre de chose qui me fait énormément culpabiliser et la raison pour laquelle je refusais catégoriquement de parler de ma famille. Plus je pensais à eux, plus c’était difficile. » Certes mais ça suffit les mélodrames. Je relevais la tête pour la regarder. « Enfin bon, c’est vieux tout ça. »

Notre maison était disposée de sorte à ce que de la cuisine, là où je me trouvais avec Olivia, on puisse voir qui entrait dans la maison, un peu comme notre maison à Los Angeles. Assis à la table de la cuisine, on n’avait qu’à tourner la tête à droite pour voir l’entrée. Et rapidement, la porte s’ouvrit à la volée, laissant apparaitre les jumelles, visiblement déçues. Sydney se dirigea vers le salon où était réunie toute ma famille clamant haut et fort que Siobhan s’était plantée d’horaire pour leur séance au cinéma. Le film était commencé depuis une heure quand elles sont arrivées là-bas. Sio se contenta de lever les yeux au ciel alors qu’elle remarqua que j’étais avec Livia dans la cuisine. Ça devait faire tilt dans sa tête, parce que soudainement, elle eut des étoiles plein les yeux. Elle entra alors dans la cuisine en s’approchant de nous avec une idée derrière la tête visiblement. « Oh, c’est donc vous Livia ? » Bonne conclusion sœurette. De toute manière il n’y a qu’avec Olivia que je peux être aussi proche. « Olivia, voilà Siobhan, l’autre tornade qui est partie au salon pour se plaindre c’est Sidney. Tu n’auras aucun mal à les différencier… » Parce que Siobhan sera obsédée par ses cheveux. D’ailleurs, elle ne les quittait pas des yeux. « J’adore vos cheveux… Est-ce que vous me laisseriez les coiffer ? » Je le savais. Je l’ai toujours su, depuis le jour où j’ai vu Olivia pour la première fois, j’ai toujours su que ma sœur rêverait de les coiffer. Parce qu’elle a de beaux cheveux mais aussi parce qu’elle est blonde, couleur inconnue à la maison. On est tous bruns. « Voilà pourquoi tu n’auras aucun mal. Sio ne va jamais cesser de te harceler avec ça. » « Chut, toi aussi tu vas y passer. Il faut que je te coupe tes cheveux d’homme de Cro-Magnon. » Je me penchais vers Olivia pour lui chuchoter. « Tu constateras aussi très vite que Sio est la plus chiante de tous, quand elle a une idée en tête, elle ne l’a pas ailleurs. » Mais avant que ma sœur ne puisse se plaindre de mes messes basses, ma mère l’interpella du salon et elle sortit de la cuisine en soupirant. « Tu es foutue mon cœur. » Je lui adressais un petit sourire avant de l’embrasser tendrement, encore une fois.

« Tu as assez mangé ? Tu en veux encore ? » Personnellement, je n’avais mangé qu’un cookie, mais c’était suffisant, je n’avais pas plus faim que ça. Ce que je voulais vraiment là tout de suite – à part faire l’amour à ma merveilleuse fiancée – c’était d’aller me raser. Vraiment, ça urge. Je glissais ma main dans ses cheveux, replaçant une mèche derrière son oreille. « Je vais aller me raser, qu’est-ce que tu veux faire en attendant ? Te faire coiffer par ma sœur ? Ou t’ennuyer dans la salle de bain en attendant que je finisse ? Ou encore m’attendre dans ma chambre ? Ce que tu veux. » Elle avait le choix, je ne la forçais en rien.


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