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FREYA & LEO - Don't let me be misunderstood
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Leo A. Whitely
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Sam 24 Jan - 0:09
FREYA & LEO  


Don't let me be misunderstood


C’est la radio qui me tira d’un sommeil de plomb ce matin-là. J’avais un peu exagéré la veille, c’est vrai, mais d’un certain sens, fallait tout de même que j’écrase cette sensation de merde qui me rongeait, celle-là même qui nous gobe toute notre énergie quand on sait que quelque chose de génial se passe sous notre nez, et qu’on est coincé à des kilomètres sans pouvoir y avoir goût. Le surf, le vrai, celui qui nous faisait boire la tasse, celui qui nous coupait le souffle de longues secondes, celui qu’on voyait à la télé, que les gamins redemandaient, qu’on comprenait vraiment qu’une fois qu’on arrivait à tenir sur sa planche et à voir l’horizon. À glisser. À sentir les vagues se cogner dans notre dos, à même notre visage. Pardonnez la poésie, c’était le joint que j’avais déjà collé à mes lèvres qui me faisait partir dans un délire à la Isla, à donner une âme à un sport que j’avais dans la peau, seulement. Tout ça pour dire que – j’humai l’herbe, me faisant le même effet qu’un double espresso court bu d’un trait –… Hawaii me manquait. Putain que les îles me manquaient. J’avais passé les derniers mois à errer soit à l’hôpital pour causer santé mentale avec un psy, ou à la plage avec les Iver à faire comme si le North Shore m’avait suivi. Merde. Je manquais le pipeline à l’instant, je manquais ce pour quoi j’avais passé des années à m’entraîner, passé des années à me ficher tête première sur la 7ième vague, celle qui vaut vraiment la peine, la seule qu’on attend impatiemment de l’autre coté de la rive. J’étais un casse-cou né, mais j’avais le surf dans le sang et peu importe les conneries que je pouvais faire une fois sur ma planche, j’étais là pour les bonnes raisons. Ça avait pourtant pas suffit à mon coach, qui en avait eu assez de mes sautes d’humeur à la Jackass. J’avais mis ma vie en danger une fois de trop, j’avais mis celle de mes coéquipiers tout autant à risque et toujours à ses dires, j’étais trop vieux pour me casser la gueule au nom de Quicksilver, de Billabong et d’O’Neil. Plein de bonnes intentions – mon cul – il avait cru bon que me renvoyer à la case départ soit bénéfique pour ma carrière, me proposant même de nouveaux sponsorships une fois que mes pieds auraient touché le sol californien. Une nouvelle ère, où je surferais avec de pauvres mecs et des nanas qui n’avaient jamais vraiment connu Hawaii et ses vagues de malade, à défaut de se l’avoir jouer calmos sur la côte ouest en vue de devenir mannequins sportifs ou une connerie du genre. Et même si je voulais, même si j’étais rendu à un point où le mannequinat et la vente de ma gueule au profit de compagnies axées sur le surf étaient des possibilités payantes, j’étais couvert de cicatrices dû à mes 1001 conneries et donc, j’étais pas assurable.

En bref, je me faisais chier.

J’avais l’optimisme facile, pourtant. J’étais un mec joyeux, drôle et sympa quand on me mettait dans mon environnement. Et malgré ma gueule de grognon, c’est à cet instant que je me passai un peu d’eau sur le visage pour accompagner le buzz proactif de la mari qui déjà perdait en effet, je me plaisais bien à être de retour parmi mes potes, ma famille. Mes parents avaient déjà célébré mon retour comme celui de l’enfant prodige, passant à la maison pour la bénir avec leurs cristaux purificateurs et leurs incantations vaudous qui terrorisaient Isla quand elle était gamine. Elle aussi, la p’tite sœur, je l’avais vu débarquer sur mon pallier plus vite que ma propre ombre, celle qui m’avait suivi toute ma vie mais qui avait décidé pour les dix dernières années de me laisser faire ma place dans mon monde alors qu’elle faisait pareil dans le sien. Y’avait eu aussi Deklan, le meilleur pote, celui-là même avec qui le « bros before hoes » avait pris tout son sens de nombreuses fois. Puis Ashleigh, sa sœur, la blonde, la seule fille qui buvait plus que moi et Isla combinés et qui ne perdait pas une once de son charme durant le processus. Y’avait eu mes frères aussi, m’enfin, Miccah seulement, l’autre étant perdu en Afrique ou en Chine à sauver le monde parce que c’était son seul hobby. Le bon jumeau pour sa part avait cru bon de m’informer des divers problèmes avec l’industrie laitière et le système scolaire du coin, croyant encore qu’après 30 ans j’étais du genre à me rallier à ses conneries. Si ce n’était pour avoir accès à des joints facilement durant ses manifestations pacifiques j’y aurais pensé, autrement, j’étais pas si accro que ça non plus.

Le reste avait servi qu’à faire mes marques. Une fois mon dossier confirmant que je n’avais pas de troubles d’autodestruction enfouis, mon ancien coach m’avait fait parvenir de quoi relancer avec aise une nouvelle vie dans le coin. On m’avait fichu une maison de malade entre les mains, avec vue sur les vagues – quelle ironie – pour laquelle j’avais laissé le soin déco aux filles de mon entourage parce que hey, j’m’en fichais au final. Un food truck abandonné sur la croisade m’avait de sitôt fait de l’œil une fois bien installé, et en quelques jours je l’avais renippé pour le transformer en petite perle de cuisine mexicaine, le Leo’s grill, qui ravitaillait surfeurs et autres touristes des meilleurs burritos de la ville & qui les désaltéraient de margaritas bien épicés. Parlant de surfeurs, je m’étais joint à eux en ouvrant une école de surf avec les Iver qui étaient venus mon rejoindre, suivant mon sillage. Sinon, j’avais aussi trouvé un boulot dans une compagnie qui engageaient cascadeurs et pros des effets spéciaux pour se casser la gueule en live, le rêve. J’y bossais parfois, à contrat, quand je m'emmerdais ou que les vagues n’étaient pas particulièrement belles. J’vous le dis depuis le début, je suis pas plus mal, même si ma vie d’avant me manque cruellement.

Il était 8h lorsque je commençai vraiment à m’activer, passant d’abord sous la douche pour laver les vestiges du beach party de la veille, avant de tirer bien haut les rideaux masquant les grandes baies vitrées qui donnaient sur la côte. Le soleil m’éblouit au départ, mais étant habitué de me lever à l’aube ça ne prit que quelques secondes avant que mes yeux se fassent à la lumière. Un café et un reste de pizza sortie tout droit du frigo et j’étais fin prêt pour la suite, à savoir aller rejoindre Freya. Je l’avais retrouvée un après-midi comme un autre, à Venice, alors qu’elle avait suivi l’odeur de la meilleure salsa en ville pour m’y retrouver. Un guacamole maison plus tard et on discutait de tout et de rien, rattrapant le temps perdu, toutes ces années qu’on avait passé l’une et l’autre tout autour du globe. Fallait dire qu’à la base j’étais plutôt doué pour entretenir mes potes et relancer la relation même après des années et des années d’absence.

On avait fini par se recroiser quelques fois sur la promenade, discutant de notre passion commune pour les sports extrêmes, et plus vite que je ne l’avais remarqué on en était venus à se lancer le défi commun de sauter à l’élastique à l’un des seuls endroits possible où le faire à L.A., directement sur Bronson Canyon. Après une ascension de quelques heures, c’était le saut de l’ange qui nous attendait, de quoi passer l’heure du lunch en compagnie d’une bonne dose d’adrénaline. Une p’tite journée au programme donc, que j’entamai bien comme il le fallait en glissant dans mon sac quelques trucs que j’avais cuisinés au resto la veille, qui nous serviraient de repas une fois que notre activité de fous-dingues, comme Isla l’avait appelée, serait derrière nous.

« Prête pour le grand saut, McCarthy? » que j’avançai, le sourire aux lèvres, une fois ma moto garée devant chez elle. Je lui lançai un casque avant de lui faire signe de grimper derrière moi.

Ma moto était l’un des trucs auxquels je tenais le plus, mis à part ma planche bien sûr. Et aux vues de la journée qui se tramait, ce serait encore une fois une partie de plaisir de la conduire à travers les vallées montant le long des collines, sous le soleil plombant de la Californie.


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Jeu 29 Jan - 18:43
FREYA & LEO  


Don't let me be misunderstood


Il était encore très tôt quand Freya avait sauté du lit. D'ordinaire, elle était plutôt bonne dormeuse. Contrairement à beaucoup d'autre, elle avait la chance d'avoir un sommeil léger, dépourvue de cauchemars et sombres pensées. Mais avec la vie qu'elle avait menée, il n'avait pas toujours été facile de dormir des heures durant et dans un lit bien confortable. Depuis son emménagement à LA, un an auparavant, elle avait une vrai chambre, confortable, agréable et largement assez grande pour y entreposer son bordel ambiant. Sa chambre était à son image : vivante, bordélique et mélangé. La maison le serait aussi sans doute si Clyde n'avait pas  eu son mot à dire. Étant son colocataire, ami et frère de cœur, il avait un esprit plus pragmatique qu'elle sur l'entretien d'une maison comme la leur. Alors la blonde se contentait de faire le bronx dans sa chambre uniquement et son bureau, voir la salle de bain commune. Donc ce matin, le réveil affichait 6h quand Freya émergea, une énorme tête poilue à ses côtés. Le chat, parce qu'il n'avait pas encore de nom, avait élu domicile dans la maison autant que dans le lit de Freya. Pour un chat des rues, il était plutôt sociale et peu farouche. Un peu comme sa nouvelle propriétaire. A cette heure-là, le soleil était à peine éclot et une jolie teinte orangée coulait le long de la façade de la maison. Freya s'étira, descendit à la cuisine se servir un grand verre de jus de fruit. Elle lu le petit mot plaqué contre le frigo : rentre dans la soirée, bises, Clyde. La maison était incroyablement silencieuse. Le silence pouvait faire peur à certaines personnes mais Freya le trouvait accueillant, apaisant. En silence, elle mit un leggings lui arrivant aux chevilles, ainsi qu'une brassière mettant en valeur sa petite poitrine. Elle alluma le lecteur CD et y glissa une musique brésilienne chiné sur un marché local de Sao Paulo. Pieds nus sur le tapis du salon, elle entama, lentement, quelques pose de yoga. Contrairement aux apparences, ce n'était pas uniquement un sport pour mamie ou femme enceinte, c'était tout un art que Freya avait connue lors de son séjour en Thaïlande, des années plus tôt.

Freya ouvrit les yeux, sortant de sa transe. Son esprit désabusé avait zappé le rendez-vous. Elle était douée dans beaucoup de chose, mais pas dans celui de retenir les dates ou d'être à l'heure. En vitesse, elle passa sous la douche, ôtant les 50 dernières minutes de relaxation douce que son corps avait apprécié. Elle entendit nettement le son d'une moto se garant dans son allée. Elle se glissa dans un jogging, attrapa une veste légère et sauta dans ses baskets fétiches, sans oublier le petit sac à dos contenant en-cas et boisson, ainsi que son appareil photo qui ne la quittait jamais. Une fois dehors, elle se fit une queue de cheval grossière à l'aide d'un vieil élastique retrouvé par miracle dans le fourbie de la salle de bain. « Prête pour le grand saut, McCarthy? » Freya se contenta d'un large sourire avant d'attraper le casque et de grimper derrière le Whitely. C'était dans des moments comme ça qu'elle se sentait vivante. Rien qu'as l'idée de se dire que dans quelques heures elle serait au sommet du Bronson Canyon  la fit saliver. Freya n'était peut-être pas très grande, mais elle était sportive et avait un corps musclé. Elle avait randonné dans des tas de pays, couru aussi parois quand la situation le demandait et toujours avec la même aisance, la même envie. Quand Léo lui avait proposé cette ascension, elle avait sauté sur l'occasion. Passer une journée au grand air valait tous les plaisirs du monde. La McCarthy n'était pas une femme d'intérieur. Elle s'emmerdait rapidement derrière un bureau ou coincé à la journée dans une baraque vide. Depuis toujours, son besoin de liberté avait prit le dessus sur tout sens logique ou rationnel. C'était plus fort qu'elle, elle devait bouger, vivre à fond, ne rien regretter. Et c'est sans doute ça qui l'avait lié autant à Léo autrefois. Son envie de découvrir le monde, de crapaüter un peu partout, avait ravi Freya qui c'était aussitôt reconnu en lui. Peu de gens avaient ce besoin d'évasion. Des routiniers, des casaniers, qui préféraient leur petit cocon individuel aux merveilles extérieurs. Freya ne les jugeaient pas pour autant, même si elle était en désaccord profond avec cette façon de penser.

Léo démarra et les voilà partis pour l'aventure. Freya se colla à lui, laissant son regard toucher tout ce qu'elle pouvait. Il y aurait pu avoir malaise, mais Freya n'avait pas cette pudeur. Elle avait côtoyé le Whitely dans l'intimité, cette étreinte n'était rien comparé à leur passé commun. Ils roulèrent un moment avec seul le bruit de la moto dans leurs oreilles. Très vite, les klaxons quotidiens de la métropole se turent, laissant place au vent en bourrasque lorsque Léo accéléra à la sortie de la ville. C'était plaisant, revigorant et pourtant ce n'était que le début. Le paysage changea alors et devint plus hostile. Les collines étaient sublimes, baignées par le soleil ravageur de la Californie. Léo freina quelques peu, sentant sûrement que sa passagère était en extase devant ce paysage presque désertique. Bien que Freya avait vagabondé dans un tas de pays exotiques ou lointains, elle était toujours abasourdie de la diversité des paysages des Etats-Unis. Elle appréciait le cadre autant que la balade quant Léo arriva à destination, garant la moto sur un petit parking. Freya sauta à terre, ôtant son casque qui lui avait tenu si chaud durant le trajet. Elle jeta un coup d’œil à l'ascension qui les attendait. Certains auraient prit peur, fait demi-tour, mais pas eux. Eux, ils aimaient ça, ils étaient fait pour ça. Le Whitely descendit de sa bécane, rangea leurs deux casques dans le top-case. Pour immortaliser le moment, Freya dégaina son appareil photo et se colla à Léo. Surprit, il écarquilla les yeux sur le son du déclencheur, sourire aux lèvres malgré tout. « A ajouter à ma collection. », dit-elle simplement en faisant voir le résultat à son ami par le petit écran. Parce que le Whitely la connaissait bien, il savait que la photographie était à la fois son gagne pain et sa passion. Et des photos, elle en avait des tas, des géniales comme des loupées, mais toutes sauvegardées. Après avoir rangé l'appareil, Freya plaqua ses mains sur ses hanches et se tourna vers Léo, rayonnante : « Bon, on s'y colle ? ».



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Dim 22 Fév - 19:48
FREYA & LEO  


Don't let me be misunderstood


Le saut à l’élastique ne me stressait pas en soi. Ça faisait longtemps en fait, que j’avais ressenti de l’anxiété ou de la peur envers quelque chose. Et maintenant que j’y pense, je crois que je n’avais jamais été de ce genre-là. Celui qui a la frousse, celui qui recule, celui qui n’ose pas, celui qui a des regrets. J’étais le premier à me foutre dans la merde depuis plus loin que je me souvenais, et c’était à la base ma plus grande qualité et mon plus grand défaut. Gamin, mes vêtements étaient toujours recouverts de terre et de sang. D’être grimpé dans un arbre, d’avoir sauté en bas d’une colline, de m’être faufilé à même des terrains vagues. J’avais probablement cassé tous les os de mon corps à un moment ou à un autre de ma vie, et parfois même plusieurs fois, et la dernière compagnie d’assurance qui avait eu le plaisir de s’occuper de mon cas me téléphonait presque chaque mois pour valider l’état de ma santé – mentale. Par chance, le fabuleux coach, ahem ahem, qui avait joué le rôle de père chiant avec moi durant les 10 dernières années m’avait refilé le numéro d’un psy que je devais maintenant voir à toutes les semaines et qui mine de rien sauvait ma gueule lorsqu’on me traitait de fou furieux. J’avais pas de problème de violence ou même d’agressivité, j’aimais juste un peu trop l’adrénaline. Ouais, le rush qui nous réchauffe, qui traverse notre corps en entier, qui nous file une décharge des pieds à la tête dès qu’on se lance littéralement dans le vide. Mes dizaines de cicatrices m’avaient prouvé plus d’une fois que j’y étais accro, et la randonnée additionnée d’un saut de l’ange avec Freya était on ne peu plus normal pour moi alors que je savais direct que ce genre d’activité n’était pas pour tout le monde. Mais que voulez-vous, une fois que j’y avais goûté, je ne pouvais pas faire autrement que d’en vouloir encore. Plus. Probablement qu’après ce saut, je resterais sur ma faim. Je voudrais mieux, pire, un truc de dingue. Mais je le réalisais à peine. L’idée de voir Los Angeles de haut me suffisait encore pour le moment.

Parlant de Freya, elle ne mit pas longtemps à me rejoindre, déjà prête à partir à l’aventure. C’était bien ce que j’aimais chez elle, au-delà de ses beaux yeux et de son caractère relax qui me complétait si bien. Cette fille, elle n’avait peur de rien. Je l’avais senti tout de suite, y’avait longtemps déjà, quand on s’était rencontré. C’était probablement ce qui m’avait charmé au début. Ce qui me charmait encore, fallait dire. Aucune frousse dans les yeux, qu’une envie constante de s’amuser. « J’ai des burritos pour une armée, j’dis ça j’dis rien! » que j’ajoutai, tout fier, sachant déjà qu’une fois la randonnée terminée on serait probablement aussi épuisés qu’affamés. Me connaissant, elle aurait bien dû se douter que je ne nous aurais pas laissé mourir de faim sous aucun prétexte. J’avais aussi l’habitude, avec une Isla toujours affamée et un duo de Monaghan qui ne se gênait pas pour ficher leurs nez dans mon frigo, d’être avenant côté bouffe. Déformation professionnelle de propriétaire d’un food truck, ou simplement gourmandise camouflée à travers mes trop nombreuses idées de recettes à tester, je l’ignorais. Mais la cuisine était l’un des quelques trucs pour lequel j’avais du talent, de l’intérêt. Avec le surf. Et la musique. Pour le reste, j’étais complètement nul. Autant miser là-dessus donc, si en plus ça me permettait de combler un besoin essentiel, je gagnais sur toute la ligne.

Le chemin vers les montagnes, je le connaissais par cœur. Habitué aux hikings sur les diverses pistes d’Hawaii, j’avais eu tôt fait de répéter l’expérience ici en trouvant les meilleurs endroits où partir en excursion. Si là-bas on gravait des volcans et des vallées bordées de chutes impressionnantes, à L.A. on était plutôt exposés à des collines aux courbes plutôt mollo, qui représentaient pas vraiment un défi pour ma brune amie que pour moi-même. Mes jambes avaient vu des trucs atypiques et apiques au possible, ce ne serait pas aujourd’hui qu’elles cèderaient. Me stationnant enfin, la balade avait fait un bien fou sous le soleil californien, je détaillai Freya qui sautait de son siège avant d’attraper mon sac à dos et de glisser nos casques dans le coffre de sûreté de la moto. « Une des plus belles vues de la ville. » que je soufflai, admirant Los Angeles qui s’étendait sous nos pieds. « Et c’est complètement crève-cœur de voir qu’on est les seuls à en profiter… » fini-je par rigoler, constatant que le stationnement improvisé était complètement vide. L.A. avait son ratio de touristes, de gens qui venaient ici simplement pour All Star Lanes, pour le Hollywood Sign ou alors pour la plage – beaucoup trop peuplée – et qui passaient à côté des vraies perles de la ville, comme cette piste. Mais je m’en foutais. J’avais mis de côté ma déception de revenir habiter dans une ville tellement aux antipodes du North Shore depuis longtemps, me disant que ça en ferait plus pour moi. Que j’en profiterai pour eux tous si je pouvais. Et rien qu’à voir le regard de Freya, je savais que je n’étais pas le seul à apprécier la nature, la vraie.

Elle était si heureuse d’être là qu’elle dégaina même son appareil-photo, photographe dans l’âme, nous troquant d’un selfie dans les règles de l’art, immortalisant probablement ma tronche d’idiot perdu lorsqu’elle déclencha le tout. Si je recevais un dollar chaque fois que j’avais l’air d’un con sur pellicule, je serais probablement milliardaire… « Tu fais bien de prendre la photo tout de suite. Une fois qu’on aura sauté, j’suis sûr que t’auras pas envie de montrer tes larmes à toute la populace! » J’éclatai de rire, l’agaçant bien évidement, ayant vu par moi-même à quel point elle n’avait peur de rien, littéralement. Cette fille me terrifiait tellement elle me ressemblait, tellement l’adrénaline était tout pour elle, tellement on risquait probablement de mourir ensemble un jour, à se pousser à bout, à en redemander comme les idiots qu’on était. Mais ça, ce serait probablement une belle mort. Alors, rien à craindre de ce côté.

J’emboîtai le pas et la suivit alors qu’elle passait l’entrée de la trail, déjà prête à se lancer. On avait un peu plus d’une heure à marcher avant d’arriver au point du saut, et comme elle l’avait mentionné on n’avait pas le temps de vraiment traîner. Rien qu’à voir le rythme de ses pas, je jugeai qu’elle devait avoir aussi hâte que moi de sauter… ou alors elle se prêtait au jeu du meilleur, du plus fort. Qu’à cela ne tienne, je ne la laisserais pas gagner déjà et pressai le pas pour arriver tout fier, à sa hauteur. Déjà, la piste nous offrait un pseudo mur d’escalade naturel à grimper, mur que je ne pris même pas le temps d’étudier avant de commencer à m’y agripper. « Ça me rappelle la soirée où on avait grimpé sur la clôture du voisin parce qu’il avait une plus grande piscine que celle de mes parents. » que je lâchai, presque nostalgique. « Tu te rends compte? Ça fait presque dix ans qu’on se connaît! »



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