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Blackout - Happy Valentine's Day ! | Olivia
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Owen O'Ceallaigh
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Mar 3 Mar - 21:02
Blackout - Happy Valentine's Day !


Aujourd’hui était une journée des plus banales. Un samedi comme tous les autres. Mais pour moi, comme pour Olivia, un samedi n’était ni synonyme de week-end ni de repos. Quand on bosse pour moi, on bosse sept jours sur sept. Cela ne veut pas dire que je me tourne les pouces, non. Moi aussi je travaille. Je ne vis que pour ça. Alors, comme presque chaque jour de la semaine, j’étais installé dans mon canapé, l’ordinateur sur les genoux, le téléphone portable sur l’accoudoir à droite et en face, la télé allumée. Je ne sais pas ce qu’il se passe aujourd’hui mais ils ne diffusent que des films romantiques à l’eau de rose complètement débiles sur toutes les chaines. C’est quoi ce délire ? Je déteste ce genre de films pour filles. Les mecs de ces films de série B sont tous plus crétins les uns que les autres. J’étais concentré dans la lecture de mes mails, certes, j’avais même un manuscrit à lire, mais ce film qui passait actuellement à la télé me fit grimacer du début à la fin. Pourquoi des mecs se rendent-ils autant malades pour une simple nana ? Une moche qui plus est. Ce genre de connerie me donne envie de vomir. Mais je ne pouvais pas changer de chaine, c’était pire sur les autres. Et il me faut du bruit pour travailler. Je n’aime pas bosser dans le silence.

J’avais passé tout l’après-midi assis dans le canapé, face à la télé, à maudire intérieurement les réalisateurs et les acteurs de ces navets. Comment osent-ils nous passer ces débilités en plein après-midi ? Est-ce qu’il y a vraiment des gens que ça intéresse ? Sérieusement ? An final, j’étais pris dedans. Pourquoi ce sont toujours les trucs débiles qui nous hypnotisent ? J’étais sur le même mail depuis maintenant une heure et demie et je n’avais toujours pas répondu. Le manuscrit était affiché sur mon écran, mais je lisais constamment la même ligne. Bordel, comment font-ils pour autant attirer notre attention avec des films aussi cons ? Surtout celui-là, il en tient une bonne couche. Il y a plein d’histoires différentes en sein d’un même film. Je ne compte même pas le nombre de fois où j’avais levé les yeux au ciel pendant ce film.

Au final, ce n’était pas une journée productive. Les débilités à la télé m’avaient déconcentré. La prochaine fois, je me contenterais de mettre la musique. On arrivait en fin de journée, le film était fini. Et contre toute attente, un autre allait commencer. Ah non ! Ça suffit ! J’attrapais la télécommande que je dirigeais vers la télévision pour l’éteindre. J’allais appuyer sur le bouton power, mais l’écran s’était éteint tout seul. Tout comme la lumière du salon, tous les appareils de la maison et … mon ordinateur… Euh… Je restais un instant immobile, le temps de comprendre. Ah ok, je viens de subir une panne de courant. Une putain de panne de courant ! Bordel mais j’ai du travail ! Je n’ai rien foutu de la journée, ce n’est pas le moment que l’électricité me lâche ! Olivia a dû faire sauter les plombs, c’est pas possible. La nuit était tombée, alors forcément on ne voyait pas grand-chose. Je refermais mon pc portable que je posais sur la table basse et j’attrapais mon téléphone que je gardais allumé pour me faire de la lumière. Batterie faible. Comme par hasard. Je me levais et à peine debout, je me mis à gueuler pour qu’Olivia m’entende.

« Olivia ! Qu’est-ce que tu as foutu ? »

Ça ne pouvait être qu’elle, qui d’autre ? Je n’ai rien fait. Je traversais le salon et me rendais dans la cuisine, portable allumé devant moi pour me rendre au disjoncteur.

« Cherche une lampe ! »

J’ouvris le panneau du disjoncteur et je commençais à chercher sur quels boutons appuyer. J’essayais plein de trucs mais rien ne marchait. C’est quoi ce bordel ? Rien à faire. Le courant ne revenait pas. Génial… Je soupirais fortement et refermais violemment le panneau. Ce que ce genre de détail peut m’énerver. Je me dirigeais vers la fenêtre pour voir si on était les seuls sans courant. Peut-être que les voisins avaient de l’électricité ? Mais à ma grande stupéfaction, la ville était plongée dans le noir…

« Super… »



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Olivia R. O'Ceallaigh
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Mer 4 Mar - 0:23



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


La Saint Valentin. Depuis mon abandon au pied de l'autel, je détestais cette fête plus que toute autre au monde. Je passais généralement la soirée du 14 février chez moi, seule, une bouteille de Tequila et un énorme peau de glace pour compagnie, un monticule de mouchoirs usagers à mes pieds et un film à l'eau de rose à la télévision comme source de mon malheur. Une soirée des plus pathétiques, n'est-ce pas ? Sauf que cette année, je n'allais pas pouvoir vivre ce que j'appelais « ma Saint Vaurien » comme j'en avais l'habitude. Je n'avais malheureusement pas de télévision dans ma chambre et il était hors de question que je poursuive mon rituel habituel dans le salon, aux yeux d'Owen. Oh ça non. Je n'allais assurément pas lui offrir la joie de voir à quel point j'étais pathétique en cette journée pas comme les autres. Ma seule consolation était de réaliser qu'il n'avait aucune idée de ce que 14 février voulait dire pour le commun des mortels. Il n'en avait aucunement parlé durant la semaine et j'avais beau lui rappeler là date plus d'une fois au cours de celle-ci, il m'avait juste envoyé promener en me disant que samedi ou pas samedi, j'allais bosser. Bien. Au moins, j'avais de quoi m'occuper pour ne pas penser aux nombreux appels de ma mère me demandant ce que nous faisions pour la soirée de la St Valentin. Comme si j'allais traîner Owen là-bas en cette occasion spéciale. Non, hors de question ! Pour ma famille, nous allions passer une très agréable soirée en amoureux, avec restaurant, peut-être film et nuit romantique à la clé... Personne n'avait à savoir que j'irais me coucher tôt après une journée de dur labeur, dans le lit de la chambre voisine de celle de mon mari.

Je m'accorderais sans doute un verre, juste pour le moral.

J'étais en train de travailler de mon côté, sagement allongé sur le ventre, sur mon lit, quand tout s'éteignit tout d'un coup. Lumière, batterie d'ordinateur portable, radio réveil,... tout. Trente secondes plus tard, Owen hurlait à mon attention, me demandant ce que j'avais fait. Mais bien sûr, Sherlock ! Toujours moi ! Me levant du lit, je pris la direction de la fenêtre, étrangement noire, elle aussi, pour découvrir qu'aucune source de lumière, hormis la lune, n'était plus présente pour éclairer la ville. Les maisons, les lampadaires, les routes, les panneaux publicitaires... Absolument tout était plongé dans le noir le plus total. Avec un soupir, j'attrapais mon téléphone dans ma poche arrière pour me guider jusqu'à la porte et descendit les escaliers. Je retrouvais Owen dans la cuisine, en train d'appuyer frénétiquement sur tous les boutons qui pouvaient tomber sous sa main. Il grommela avant de se diriger vers la fenêtre, pour faire la même constatation que moi dans ma chambre.

Je le regardais faire un instant, avant de commencer à fouiller dans les tiroirs de la maison. J'ignorais même totalement si nous avions une lampe ou des bougies dans cette maison. Après plusieurs tiroirs, je souris lorsque ma main se posa sur un objet assez semblable à une lampe torche. L'éclairant de mon téléphone pour être certaine, je confirmais ma première pensée et tentait dès lors de l'allumer. Échec. Soupirant, je posais mon portable sur le plan de travail pour ouvrir la lampe au niveau des piles. Rien. Nada. Génial ! « Je suppose que c'est trop beau pour espérer que tu saches où trouver des piles », soupirais-je en repartant en quête de piles - cette fois-ci - dans les tiroirs restant.

Quelques recherches infructueuses de plus et je tombais enfin sur un paquet de piles adaptées pour la lampe. « Bingo ! », m'exclamais-je en m'empressant de les mettre dans le réservoir et d'allumer la lampe, fourrant mon portable dans la poche arrière de mon jean. « Une seule lampe, malheureusement », soulignais-je en me tenant délibérément loin de lui. « J'achèterais des bougies la prochaine fois que j'irais faire des courses », notais-je pour moi-même, plus que pour lui. J'avais hâte que la lumière revienne. Une seule lampe pour deux signifiait forcément une chose que je tentais d'éviter depuis que nous avions passé cette fameuse nuit chez mes parents : une promiscuité prolongée. Non, hors de question. Je gardais la lampe - et donc le contrôle - aussi longtemps que possible et dès qu'il me la prendrait - parce que je savais qu'il finirait par me la prendre de force, ne serais-je que pour récupérer le contrôle, j'irais dans ma chambre. J'irais juste me coucher plus tôt que prévu.

« Sandwichs froids et couché tôt semblent au programme, patron », soupirais-je en allant chercher dans le placard ce qu'on pourrait bien concocter à manger.

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Mer 4 Mar - 1:19
Blackout - Happy Valentine's Day !

Ça ne venait pas de chez nous. Olivia n’y était donc pour rien, incroyable. D’après ce que je constatais en jetant un œil par la fenêtre, toute la ville subissait le même sort que nous, tout le monde était plongé dans le noir à l’heure actuelle. Joyeuse soirée en perspective. Qu’est-ce qu’on va faire ? Qu’est-ce que JE vais faire ? Sans technologie, sans mon ordinateur et sans femme pour me distraire, je suis perdu. Comment je vais m’occuper ? On est carrément coupé du monde là. Je ne peux même pas dire que je vais sortir pour ramener une fille, tous les bars sont dans le noir aussi, je ne veux pas ramener n’importe qui… La loose. Je ne sais pas m’occuper tout seul, enfin… Bref. J’avais tellement de boulot en plus… Avec un peu de chance, le courant reviendra dans quelques minutes, quelques heures tout au plus ? Espérons.

Olivia était descendue, vu que je l’avais appelée. Je m’adossais contre un meuble de la cuisine en croisant les bras et je la regardais fouiller dans les tiroirs de la cuisine. Je regardais aussi autour de moi, ma vision commençait à s’habituer à l’obscurité. Je ne distinguais pas grand-chose, mais au moins je la voyais s’activer. C’est bien, cherche. Est-ce qu’on a une lampe au moins ? Aucune idée. Je lui ai demandé d’en chercher une mais je ne sais même pas si on en a vraiment une ou pas. Je ne connais toujours pas tous les recoins de cette maison. Elle finit par trouver quelque chose. Je continuais de la regarder, sans rien faire, attendant que ça se passe. Son téléphone posé sur le plan de travail éclairait assez bien la pièce et je la voyais ouvrir la lampe. Oui, elle avait bien trouvé une lampe. On a donc une lampe de poche dans cette cuisine. Intéressant. Elle lâcha une phrase à mon attention, moi, savoir où on pouvait trouver des piles ?

« Tu plaisantes, je ne savais même pas qu’on avait une lampe. »

Comment je pourrais savoir où trouver des piles ? Je levais les yeux au ciel en réponse à cette question hautement stupide, alors qu’elle repartait en quête d’un nouvel objet dans les tiroirs. Je ne bougeais toujours pas, attendant qu’elle les trouve, s’il y en a. Inutile de me fatiguer, elle semble bien partie pour retourner la maison.

Et j’avais raison de rester à ma place, apparemment elle les avait trouvées. A en juger par son cri de joie sorti de nulle part. Elle les inséra rapidement dans la lampe et la lumière se fit dans la pièce. Halleluyah. Mais la gaieté et l’effervescence de cette découverte de la plus haute importance fut rapidement entachée par sa réflexion. Une seule lampe. Ce n’est pas grave, elle me la donne, elle a déjà son portable, elle. Le mien n’a presque plus de batterie. Elle continua sur sa lancée en ajoutant qu’elle achètera des bougies quand elle irait en courses. Ouais ok. Si tu veux, mais là ça me fait une belle jambe.

« Si tu veux, mais là pour le moment on n’a pas de bougies, alors donne-moi la lampe. Tu as ton portable pour te servir de lumière. »

Je décidais enfin de bouger de ma place pour me diriger vers elle. Je voulais cette lampe. Elle n’en avait pas besoin. Mais elle m’énonça le repas de ce soir. Sandwichs si tu veux, mais couché tôt ? Pardon ? Attends, ce n’est pas parce qu’il fait noir, que je vais me coucher à l’heure des poules, et puis quoi encore ? Et la voilà qui partait je ne sais où. Avec ma lampe.

« Olivia, la lampe. »

Bordel… J’avançais plus rapidement qu’elle pour la devancer et me poster devant elle, lui barrant la route. Et je lui tendais la main.

« Pour ce qui est de se coucher tôt… Même pas en rêve. Je ne vais certainement pas me coucher à l’heure des poules sous prétexte qu’il n’y a plus de lumière. Ce sera même peut-être revenu d’ici là. »

L’espoir fait vivre. Et si elle refuse de me donner cette fichue lampe, alors autant négocier.

« Si tu veux garder la lampe, tu me donnes ton téléphone pour que je m’en serve comme source de lumière. Le mien n’a plus de batterie. Tu choisis. La lampe ou ton téléphone. »

Je peux même rajouter des arguments convaincants. Je me rapprochais un peu plus d’elle, histoire de briser cette distance agaçante qui s’était glissée entre nous depuis cette fameuse nuit chez ses parents, un sourire aux lèvres.

« En sachant que si tu me donnes ton téléphone, il est probable que je me perde dans les différents menus pour atterrir dans tes messages. Si je m’ennuie, il faut bien que je trouve une occupation. Et je peux te garantir que sans électricité et sans femme dans mon lit, je m’ennuie très vite. »

Simple avertissement. Dans son intérêt, elle me donnera cette lampe.



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Jeu 5 Mar - 0:20



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


Certains jours, je me demandais vraiment pourquoi je prenais encore la peine de parler à cet homme en dehors de nos mises en scènes. Il était insupportable. Toujours plus ordurier... Et dire que j'avais cédé et couché avec lui, il y a plusieurs mois... Si je m'étais abstenue, ça m'aurait sans doute sauvé de bien des situations, parce que je bougre savait en profiter et cette mise forcée dans le noir et dans l'absence de tous les moyens d'évitement que sont la télévision et l'ordinateur, j'allais probablement être son principal défouloir à frustration... Peut-être que j'avais encore une clé de ma chambre cachée quelque part et que je pouvais m'y enfermer jusqu'à demain... Oh comme j'adorerais pouvoir mettre une telle barrière entre nous. Je ne pouvais même pas m'enfuir chez mes parents. C'était la St Valentin et ils allaient automatiquement penser que quelque-chose n'allait pas encore Owen et moi si je débarquais sans lui. Aujourd'hui n'étant pas le jour pour être contrainte de jouer la femme amoureuse, je préférais encore être coincée ici et me débrouiller seule pour l'éviter au maximum. Le plan de se coucher tôt était toujours le meilleur plan, non ?

Bien évidemment, une seule lampe voulait dire début des premières hostilités et la réaction d'Owen ne se fit pas attendre, puisqu'il m'ordonna de lui donner la lampe, arguant le fait que j'avais mon portable et pas lui. Je tentais bien de m'échapper avec le précieux objet, mais apparemment, au jeu du chat et de la souris, monsieur était un expert. Je n'avais malheureusement aucun doute sur le fait que ce devait être un jeu fréquent avec ses conquêtes multiples. Berk ! Je vais vomir ! Je ne voulais pas vraiment jouer à cela non plus. Et surtout, je ne voulais pas prendre le risque qu'il me coince contre un meuble ou je ne sais quoi. Je ne voulais surtout pas me retrouver proche de lui. Alors quand il demanda la lampe à nouveau, je ne pus m'empêcher de me demander, l'espace d'une seconde, si je ne devais pas céder et disparaître au plus vite de cette cuisine.

Changeant momentanément de sujet, il expliqua que pour le « couché tôt », ce n'était pas à l'ordre du jour et à vrai dire, je me fichais un peu de la suite de ses mots. Il pouvait faire ce qu'il voulait, après tout. Moi j'irais au lit tôt. J'avais du sommeil en retard et il n'y avait, de toute manière, rien d'autre à faire. Tant qu'il me fichait la paix, qu'il continue d'espérer dans son coin que l'électricité revienne... Avec sa foutue lampe torche, puisqu'il attaqua de nouveau sur le sujet, m'expliquant que si je ne lui donnais pas la lampe, je devais lui donner mon portable pour qu'il puisse s'éclairer. Je soupirais, m'apprêtant à l'envoyer sur les roses, quand il ajouta que si je lui donnais mon téléphone, je risquais de fortement le regretter. Non mais pensait-il vraiment que c'était une option envisageable ? Il me pensait si conne que ça ? Non ! Je ne préférais même pas savoir, en fait.

Poussant un grognement, je plaquais sans ménagement la lampe torche contre son plexus, me contrefichant de lui faire mal ou pas. « Très bien, patron », grinçais-je en appuyant volontairement sur le dernier mot. Une fois certaine qu'il avait la main dessus, je m'écartais, sortant mon portable de ma poche pour m'éclairer et retournait au placard. J'y trouvais rapidement du pain de mie et prit la direction du réfrigérateur. J'étais certaine qu'il s'y trouvait caché quelque part des tranches de jambons et du fromage. Ça n'allait pas être le repas du siècle, mais au moins, ça aurait le mérite de caler mon ventre pour la soirée. Posant le tout sur le plan de travail, je me fis tant bien que mal à sandwich avec ce que j'avais trouvé, contrainte et forcé de plisser les yeux, malgré la lumière du portable, pour voir ce que je faisais. Je ne cherchais même pas à proposer à Owen de lui en faire un, alors qu'il se tenait de l'autre côté de la cuisine, les yeux probablement rivés sur moi. Vu l'accueil, les menaces sur mon téléphone et ses constantes plaintes que sans femme dans son lit, il allait s'ennuyer comme un rat mort, j'allais le laisser se faire à manger tout seul. Ça l'occuperait pendant quelques minutes. Ça plus le repas, il pouvait se tenir occupé un bon quart d'heure. « Bonne soirée, O'Ceallaigh », soufflais-je en attrapant pour portable, mordant dans mon sandwich en quittant la cuisine pour rejoindre l'escalier et ma chambre.

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Owen O'Ceallaigh
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Mar 10 Mar - 23:09
Blackout - Happy Valentine's Day !

Cette panne de courant tombait plutôt mal. Je n’avais pas avancé sur mon travail cette après-midi, et j’avais envisagé de m’y mettre dans la soirée et une partie de la nuit. Du coup, ça me casse un peu mes plans. Je n’aime pas avoir du retard… il faudrait que la situation se résolve rapidement sinon, il va falloir qu’Olivia enchaine les nuits blanches… Mais ce n’est pas la meilleure solution. Avec le manque de sommeil, elle sera moins productive. Elle risquerait même de faire des boulettes. Après ce serait à moi de corriger ses erreurs… Perte de temps. Bon, on avisera quand le moment sera venu, pour le moment, je ne peux strictement rien faire sans internet et sans pc. Et elle non plus. Alors autant me concentrer sur ce qui est important pour le moment, à savoir la source de lumière. Je n’en ai pas, elle en a deux. Elle doit donc m’en donner une. Lorsque je lui ai demandé de me donner la lampe, elle avait fui dans un premier temps, m’ignorant totalement. D’accord, tu veux jouer à ça ?

La seconde fois, j’ai su me montrer plus persuasif. Tout d’abord, je m’étais approché d’elle, chose qu’elle ne supportait plus apparemment. Est-ce qu’elle pense que je n’ai pas remarqué qu’elle prend de la distance avec moi ? A chaque fois que j’entre dans la même pièce, elle la quitte le plus vite possible. Lorsque je me trouve sur le canapé, elle prend la place la plus éloignée de moi ou elle reste carrément dans sa chambre. Il lui arrive même de sauter des repas, prétextant qu’elle n’a pas faim. Je ne suis pas aveugle ni stupide, j’ai bien remarqué qu’elle évite de se trouver trop proche de moi. Pour quelle raison ? Tout ça, c’est depuis qu’on a couché ensemble. Est-ce qu’elle a honte ? Ou au contraire, maintenant que je l’ai vue nue et qu’elle a pris du plaisir avec moi, ressent-elle une forme de gêne ? Ou alors, c’est parce qu’elle se sent carrément attirée par moi et elle ne saurait pas réfréner son envie de me sauter dessus ? Oh, c’est tout à fait possible, après tout, je suis tellement attirant. Il m’arrive même de jouer avec cette distante qu’elle instaure entre nous, juste pour la faire chier. Quand sa sœur est venue, si je ne la lâchais pas, c’était pour une raison bien précise. Et maintenant, c’est pareil, si je m’approche, elle va finir par céder et ensuite prendre la fuite. Ou alors céder à ses pulsions ? Je suis sûr qu’elle me désire, c’est évident. N’importe qui ressentirait cette attraction pour moi à sa place. Elle ne veut juste pas l’avouer.

La proposition concernant le téléphone ou la lampe n’était pas réellement anodine. Bon, je savais qu’elle choisirait de me donner la lampe, mais d’un autre côté, l’éventualité d’avoir son téléphone était assez tentante. Je n’ai pas menti quand je lui ai dit que je risquais de m’égarer dans ses messages. J’envisageais réellement de le faire. Pas que sa vie privée m’intéresse tant que ça, mais ça me permettrait de voir si elle garde contact avec ce mec de la patinoire. Le blond avec une tronche de surfeur déglingué. C’est quoi son nom déjà ? Michael ? Mike ? Miccah… Ouais voilà. Mais je vais l’appeler Parasite, ça lui va très bien. Je me demande s’ils se parlent encore, s’ils se voient, s’ils se fréquentent ? Ce mec est clairement un obstacle entre moi et mon visa. Je dois le surveiller. Si Olivia décide de tout arrêter pour partir vivre avec lui, j’aurais tout perdu, et ce n’est même pas envisageable. C’est pourquoi je me dois de surveiller ses fréquentations. Imaginez qu’elle veuille partir avec l’un d’eux avant notre divorce ? Non, je ne le tolèrerais pas.

De toute façon, la question de savoir si j’allais pouvoir fouiller dans son portable ne se posait plus. Madame venait de grogner et de plaquer violemment la lampe contre mon torse, me faisant reculer légèrement sous le choc de l’impact. Tiens, il semblerait que Madame je-ne-me-colle-plus-à-mon-patron soit aigrie, agacée voire de mauvaise humeur ? Quoi, elle a ses règles c’est ça ? Je posais une main sur la lampe, par réflexe, pour la récupérer. Je constate par le ton de sa voix que je ne suis pas loin de la vérité. C’est la panne de courant qui la met dans cet état ? Elle stresse pour le boulot ? Oh, relax. Ça ne sert à rien de se prendre la tête maintenant. Je fronce les sourcils en la dévisageant, ne comprenant pas vraiment sa réaction, excessive – encore une fois. Moi aussi je suis agacé par cette perte de temps, mais est-ce que m’énerve et que je suis désagréable pour autant ? Non. Pourtant, j’ai toutes les raisons du monde de péter un câble. Je restais à ma place, m’adossant au mur et la suivant du regard. C’est quoi son problème ? Et soudainement, elle me souhaitait bonne soirée en quittant la pièce… Euh… Attends que je comprenne bien là. Non seulement elle m’envoie chier, elle mange seule dans son coin sans rien me faire mais en plus elle m’abandonne tout seul, dans le noir, sans rien pour m’occuper ? Ah d’accord… Elle est définitivement de mauvaise humeur. Et elle est contagieuse. Je me sens énervé moi aussi maintenant.

« Ouais à demain… »

Pauvre idiote. Non mais sérieusement… Ruminant quelques secondes dans mon coin alors que je la voyais monter les escaliers, je dirigeais la lumière vers le plan de travail qu’elle avait laissé en plan. Bon. Ben je vais me faire à manger aussi. Je me dirigeais donc à l’endroit où elle se trouvait précédemment et je coinçais la lampe dans ma bouche pour pouvoir utiliser mes deux mains. Je pris deux tranches de pain entre lesquelles je disposais une tranche de jambon et du fromage. Super, bon appétit. Je rangeais le tout et je restais adosser contre le meuble, en train de manger, commençant à réfléchir à ce que j’allais bien pouvoir faire de ma soirée. Rien ne me venait en tête. Ce que le temps peut paraitre long quand on ne fait rien, même si en l’occurrence je suis en train de manger. Je jetais des coups d’œil par la fenêtre de temps en temps pour voir si le courant était revenu en ville, mais rien. Continuant de manger mon sandwich, j’entrepris de faire le tour de la maison pour aller verrouiller toutes les portes et les fenêtres. Avec les alarmes désactivées, c’est un coup de bol pour les cambrioleurs. Autant rester prudent. Une fois mon tour de garde terminé et mon sandwich avalé je montais les escaliers pour rejoindre ma chambre. Et si j’essayais de dormir ? Mouais. Je ne suis pas fatigué. Mais peut-être que le sommeil me gagnera petit à petit ?

J’entrais dans ma chambre, en claquant la porte derrière moi, lampe braquée devant moi. Le noir total, ça fait bizarre. En général, il y a toujours les lumières de la rue. Je retirais mon pull que je balançais dans un coin et je me retrouvais torse nu, en jean. J’enlevais ensuite mes chaussures et mes chaussettes avant de m’allonger sur mon lit, sur le dos. Et maintenant ? Je restais là, les yeux grands ouverts. Je n’ai pas envie de dormir. Alors avec la lampe je fis le tour de ma chambre pour tenter de trouver avec quoi je pourrais m’occuper. Rien ne me donnait envie. Je pourrais lire, mais non. Décidément, tout seul sans rien ni personne, je n’arrive pas à m’occuper. Je ne sais pas combien de temps je suis resté à ne rien faire dans ma chambre, je ne sais même pas quelle heure il est mais tant pis. Tout seul, je m’ennuie. Et à ce que je sache, on est deux sous ce toit. Alors je me redresse et je me lève pour quitter ma chambre et entrer sans frapper dans celle d’Olivia. Je me fiche de ce qu’elle fait, mais il est hors de question que je reste tout seul une seconde de plus à me faire chier comme un rat mort. Et si elle ne veut pas de moi, elle aura beau râler autant qu’elle le voudra, je ne partirai pas. En ouvrant sa porte, j’avais toujours la lumière allumée et je décidais d’aller m’allonger sur son lit, qu’elle y soit ou pas.

« Bon, je m’ennuie et ça m’énerve alors je vais rester ici que ça te plaise ou non. »

Non, je ne lui demande pas son avis, c’est moi le patron, elle n’a rien à dire. Je m’allongeais confortablement sur son lit, prenant mes aises et m’allongeant sur le ventre, l’oreiller entre ma tête et mes bras croisés. Bon mettons les choses à plat.

« Pourquoi tu es de mauvaise humeur ? C’est quoi ton problème ? »

Je n’étais pas du tout agressif dans mes paroles. Au contraire je parlais plutôt sur un ton calme, pour essayer de la comprendre. Puis, ça fait la conversation.



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Jeu 12 Mar - 0:35



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


Une fois dans l'intimité de ma chambre, je m'autorisais à souffler et respirer. Qu'est-ce qui me prenait ? D'accord, Owen était insupportable, mais les choses allaient un peu mieux ses derniers temps... Enfin non, c'était pire, particulièrement quand il faisait des allusions tendancieuses ou cherchait à me tripoter, mais il y avait aussi de bons moments, comme quand je l'avais convaincue de venir sur la glace et que nous étions tombés... Grognant, je basculais la tête en arrière, la cognant légèrement contre la porte. Une fois, deux fois, trois fois, me maudissant royalement d'être aussi furieuse contre le monde entier et personne en même temps et d'agir bêtement avec Owen juste parce qu'il était... Et bien Owen. Ce type insupportable, aux mains bien trop baladeuses, aux conquêtes toujours plus agaçante à retrouver au matin dans la salle de bain et à cet extraordinaire pouvoir d'avoir pénétré mon intimité en s'incrustant dans ma vie privée, dans ma famille et dans mon lit.

N'y réfléchissant plus, je contournais mon lit, sans même utiliser mon téléphone pour me guider - je connaissais bien trop la disposition de ma chambre pour avoir ne serait-ce que besoin d'une lueur - et m'asseyait à côté de ma table de nuit, à même le sol, en tailleur. Tirant la porte du petit placard, j'en sortis une bouteille, dévissait le bouchon et m'enfilait, sans hésiter, une longue gorgée. Cela faisait bien longtemps que ma vieille copine Tequila et moi n'avions passés un peu de temps ensemble et même si j'avais, au départ, décidé de ne pas lui céder, j'avais finalement faibli, laissant la belle me conquérir pour mieux me faire souffrir ensuite. Dépité, j'avalais une nouvelle longue goulée et refermait le bouchon avant de ranger la bouteille à sa place, préférant ne pas regretter demain d'avoir été trop intime avec elle. Je restais encore assise un certain temps, essayant de ne pas réfléchir et de simplement laisser mon esprit divaguer dans des contrées moins dangereuses que mes réflexions internes. Peine perdue, dès que je ne faisais rien, mon esprit repartait irrémédiablement vers ses pensées frustrantes qui m'emplissaient de colère et de frustration.

Décidant qu'il valait mieux que j'aille me coucher avant d'en perdre complètement le sommeil, je me relevais, me dirigeant vers mon placard, toujours à l'aveugle, avant de me résoudre à ressortir mon portable pour trouver un pyjama. J'optais pour un pantalon en coton gris clair et un débardeur noir. La porte de ma chambre s'ouvrit alors que j'avais passé le pantalon et que j'étais prête à dégrafer mon soutien gorge. Je suspendis mon geste, surprise de l'intrusion, ne doutant pas de l'identité de mon trouble fête quand la lumière de la lampe le précéda de peu. Il vint s'allonger sur mon lit, prétextant que l'ennui qu'il subissait l'énervait et qu'il n'avait pas l'intention de bouger de là. Et alors ? Vis avec !, manquais-je de répliquer, me mordant la langue pour la peine, avant de soupirer. Bien ! Fait comme tu veux!

Je ne dis rien, le regardant prendre ses aises et s'allonger sur le ventre, un oreiller entre ses bras. Il me demanda alors ce que j'avais et pourquoi j'étais de mauvaise humeur comme cela et je fus étonné de la douceur du ton de sa voix. Pas qu'il montrait une réelle préoccupation à mon état, mais pour la première fois depuis... Et bien depuis toujours, ça n'était pas un reproche ou un sous-entendu que mes états d'âmes allaient ternir mon travail, mais une réelle question intéressée, sans être intrusive et qui attendait la réponse que je voudrais bien lui donner. Je soupirais de nouveau, fermant les yeux, avant d'enfiler mon débardeur, gardant finalement mon soutien gorge... pour le moment.

Je pris encore un peu de temps pour moi, cherchant un élastique sur la table et m'attachant les cheveux en un amas désordonné, avant de venir grimper sur le lit. Gardant une certaine distance, je m'allongeais sur le ventre à mon tour, l'oreiller entre ma poitrine et mes coudes pliés sur le matelas, le menton posé dans mes paumes. « Tu n'as pas réellement envie de savoir. Et c'est une histoire plutôt pathétique alors... Disons simplement qu'aujourd'hui est un mauvais jour et que mon rituel compensateur « film de la St Valentin pourri/glace à la vanille noix de macadamia/montagne de mouchoirs » n'est pas un spectacle que j'avais envie de t'offrir. »

Je pris un instant pour réfléchir et posait mon regard sur lui, me mordant la lèvre inconsciemment. « Je viens de t'avouer un truc complètement guimauve et girly sur moi. Tu me dois une révélation choc ! », dis-je avec un sourire, voulant m'amuser un peu de la situation, mais voulant aussi lui montrer que j'allais digérer la chose comme je le faisais toujours et plus tôt que prévu puisqu'il avait décidé de rester planter là. J'avais réellement envie qu'il me confie un truc à son tour, même si je doutais qu'il se laisse faire et accepte de m'offrir une part de lui. Owen O'Ceallaigh était homme à prendre facilement, particulièrement lorsque c'était des informations qui pouvaient lui servir plus tard pour se moquer ou avoir un moyen de pression, mais il ne se livrait pas, jamais. Plutôt mourir que de paraître faible, que de montrer l'homme sous le costume. Sauf que je savais maintenant qu'il y avait un homme en dessous. Je l'avais entre-aperçu à la patinoire, lorsque j'avais compris qu'il cachait sa peur de tomber sur la glace et son appréhension du ridicule en faisant montre de sa mauvaise humeur et de son sale caractère habituel. J'étais curieuse. Et qui sait, peut-être que ce soir était le bon soir pour en savoir un peu plus sur l'homme qu'était Owen O'Ceallaigh lorsqu'il n'était pas ce requin d'éditeur.

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Jeu 12 Mar - 16:50
Blackout - Happy Valentine's Day !

S’il y a bien une chose que je ne supporte pas dans ce monde, c’est bien l’ennui. Tourner en rond, ne pas savoir quoi faire ça m’exaspère au plus haut point. Je déteste ça. Alors, là plongé dans le noir, sans aucune distraction, ça m’énerve. Je suis incapable de m’occuper tout seul quand je suis coupé du monde. Alors en sachant qu’on est tous les deux dans la même galère et sous le même toit, je n’ai pas réfléchi cent sept ans et j’ai rejoint Olivia dans sa chambre. Je suis sûr qu’elle s’ennuie aussi. C’est pour ça que j’avais déboulé dans sa chambre pour aller squatter son lit. Je ne l’avais pas vue dans un premier temps, mais je savais qu’elle était là parce que je l’entendais bouger et soupirer surtout. Quoi ma présence la dérange ? Et bien tant pis, qu’elle vive avec ! Elle n’a pas le choix que de me supporter parce que l’ennui me rend dingue. A tel point que je pourrais faire n’importe quoi pour m’occuper, allant même jusqu’à lui parler gentiment pour qu’on discute. Parce que parler ça m’occupera. C’est toujours mieux que de ne rien faire. Et puis, elle est bizarre aujourd’hui. Elle n’est pas comme d’habitude. Pas que ça me préoccupe hein, c’est juste que si quelque chose la perturbe, elle sera moins concentrée sur son boulot et donc moins efficace – oui je pense toujours au travail, même sans électricité.

Elle finit par regagner son lit à son tour et s’installa également sur le ventre. Je replaçais pendant ce temps, la lampe allumée entre nous pour qu’on puisse se voir correctement. Bien, est-ce qu’elle va me dire ce qui la dérange, ou est-ce qu’elle va m’envoyer balader ? Il semblerait qu’elle soit décidée à parler. Je l’écoutais donc attentivement – vu que c’était la seule chose que je pouvais faire – sans la stopper dans son récit. Aujourd’hui est un mauvais jour ? Pour quelle raison ? On est quel jour d’ailleurs ? Le quatorze février je crois. Et donc ? C’est un jour ordinaire. Elle m’énuméra ce dont elle avait besoin pour son « rituel », des films, de la glace et des mouchoirs. Apparemment elle a voulu m’épargner ça, c’est donc pour ça qu’elle n’a pas quitté sa chambre de la journée ? Mais… Attends, pourquoi des films de St-Valentin ? Pourquoi est-ce que c’est ce que je me suis tapé à la télé toute la journée aussi ? Attends, le quatorze février…

« La saint-val… » Et soudain le déclic. « Oh putain c’est pour ça ! » Je me redresse pour m’asseoir. « Je comprends mieux pourquoi je me suis tapé ce genre de film toute l’après-midi ! C’est aujourd’hui ? »

Mais je me rallonge aussitôt sur le dos, fier d’avoir élucidé le mystère des films à l’eau de rose du jour.

« Je me demandais aussi pourquoi il y en avait sur toutes les chaines. »

Enfin bref, problème résolu. C’est donc cette soi-disant fête commerciale qui la met dans cet état ? Pourquoi accorder tant d’importance à ce genre d’évènement inutile ? C’est vraiment quelque chose que je ne comprendrais jamais. Je veux dire, qu’on soit le quatorze, le quinze, le douze, le vingt-deux, ça ne change pas grand-chose. La saint-valentin ne veut rien dire. Bon maintenant que j’avais résolu mon mystère de la journée, je tournais la tête dans son sens, laissant une main sur mon ventre et l’autre sur le lit le long de mon corps.

« La question n’est pas de savoir si j’ai envie de savoir ou non, mais plutôt si tu as envie ou besoin d’en parler. On va dire que ce soir, tu oublies que je suis ton patron, ou même ton mari. Et puis, te prends pas la tête pour une fête stupide. Aujourd’hui est un jour comme un autre, qu’on soit le quatorze, le quinze, le vingt, le trente, ça ne change rien. On s’en fiche que ce soit la Saint-Valentin, la Saint-Machin ou la Saint-Je-Ne-Sais-Qui, ça n’a pas d’importance. Ce n’est qu’un mot sur un calendrier. »

Je m’étonnais moi-même de mes propres paroles. Comment est-ce que je pouvais me montrer aussi… attentionné ? Niais ? Je ne sais pas, c’est sans doute parce que je m’ennuie, parce que je n’ai rien à faire et que je me sens détendu. Je ne vois pas d’autre raison qui me pousserait à me comporter de cette manière. Elle se mordit la lèvre ensuite et mon regard fut tout de suite attiré par sa bouche. Seigneur Olivia, ne fais pas ça. Pas devant moi. Pas en étant si proche de moi. Pas en sachant que je n’ai strictement rien pour m’occuper… Mais mon regard se reporta sur le sien lorsqu’elle reprit la parole, me sortant de mes rêveries pas vraiment chastes. Elle voulait une révélation choc ? Juste parce qu’elle vient de me raconter quelque chose de pas très glorieux sur elle ? Hum… Confidence sur l’oreiller ? C’est ce qu’elle veut ? Mouais. Bon.  Puisque je n’ai rien d’autre à faire… Qu’est-ce que je pourrais lui dire ? Déjà, je raye tout ce qui concerne ma vie en Irlande. Je pouvais faire cet effort, pour la faire penser à autre chose qu’à son problème du jour. A mesure que je réfléchissais, une anecdote me revint en tête.

« Bon, ce n’est pas une révélation choc mais disons que j’ai déjà perdu un boulot à cause d’une huître. »

Cette histoire me fait rire maintenant, mais lorsque je l’ai vécu ce n’était pas le cas. Je souris à l’évocation de ce souvenir et je reportais mon attention sur le plafond pour me remémorer tout ça et pour commencer mon récit. Je ne sais pas si ça va l’intéresser mais ça la distraira.

« C’est un secret pour personne, mais quand je suis arrivé ici, en Amérique, je n’avais pas un sou, alors je devais enchainer les petits boulots mal payés. Celui-là, ça devait être le… Hum… Troisième ou quatrième ? Je ne sais plus. Je faisais la plonge dans un restaurant. Ce n’était pas passionnant, je détestais ça mais je n’avais pas le choix. Enfin bon, depuis toujours, j’ai une aversion maladive envers les fruits de mer et notamment les huîtres. »

J’eus un petit rire et je jetais un coup d’œil dans sa direction avant de regarder de nouveau vers le plafond.

« C’est vrai attends, c’est vraiment dégueulasse. C’est visqueux, c’est moche, c’est répugnant, je ne supporte même pas de les voir. »

Je grimaçais tout en faisant ma belle description de ces horreurs de la nature.

« Un jour, on me ramène une assiette où il restait une huître dedans… je n’ai pas voulu y toucher. Plus je la regardais, plus je me sentais mal. Alors, j’ai cherché un moyen de ne pas toucher à l’assiette et de faire disparaitre ce monstre sans toucher à rien. Evidemment, je n’ai rien trouvé. Alors un cuisinier est arrivé, voyant que je ne faisais plus rien. Il a commencé à râler, j’ai répondu, forcément. Et cet abruti a commis l’irréparable. »

Je tournais la tête vers elle, un sourire amusé sur les lèvres.

« Il a attrapé l’assiette et me l’a collée sous le nez, avec l’huître qui bougeait dans l’assiette… Je n’ai rien pu faire, c’est sorti tout seul. Je lui ai vomis dessus. Et ils m’ont viré. »

Je ne supporte pas les huîtres, rien que de les voir me dégoute, alors m’en agiter une sous le nez, mon estomac ne supporte pas. Je ne pourrais pas expliquer pourquoi ça me rend malade, mais c’est comme ça. Enfin voilà, j’en ai enchainé des boulots de merde en arrivant ici avant de tomber sur cette personne qui m’a guidé vers une maison d’édition. J’en ai vécu des galères… Mais je suis fier d’en être arrivé là où j’en suis maintenant. Et elle alors ? Est-ce qu’elle a vécu le même genre de chose ?

« Et toi ? Une anecdote du même style ? Ou même qui n’a rien à voir. Peu importe. »

C’est cool de parler. Puis, on n’a rien d’autre à faire de toute façon.



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Mar 17 Mar - 18:53



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


Je levais un sourcil en le regardant, alors qu'il semblait réaliser le jour que nous étions et la fête qui allait avec. Apparemment, monsieur n'avait pas réagi avant, pas même avec tous les films traitant de ce sujet qu'il avait pu voir aujourd'hui à la télévision. Je hochais simplement la tête lorsqu'il demanda pour la forme si c'était bien aujourd'hui, avant de s'exclamer qu'il avait enfin la réponse à une question qui l'avait taraudé toute la journée : savoir pourquoi ce genre de film était légion aujourd'hui plutôt qu'un autre. J'aurais ri, si je n'avais pas eu si peu le cœur à la fête. C'était bien le genre d'Owen, après tout, de ne pas calculer ce genre de choses. Le Don Juan de ses dames devait assurément se moquer royalement de ce genre de fête, sauf quand cela pouvait l'aider à mettre une fille dans son lit, sans doute. Mais c'était un terrain de questionnement que je ne voulais surtout pas emprunter. J'étais devenue assez douée, depuis que je travaillais pour lui, pour pouvoir faire l'impasse sur certaines zones d'ombres et faire comme si elles n'existaient tout simplement pas.

Il avait changé de position entre temps, s'allongeant sur le dos et j'avais désormais son visage juste là, pas si loin sous le mien, la lampe entre nous éclairant ses traits plus clairement qu'elle ne le faisait quand il était sur le ventre. Il tourna son visage vers moi pour me dire que je devais oublier qu'il était mon patron, ou même mon mari et que si je voulais parler de ce qui me tracassait là-dessous, je pouvais parler librement. Il ajouta que je ne devais pas me prendre la tête, que ça n'était qu'une autre journée sans importance, avec le nom d'un saint sur un calendrier et je soupirais, lui souriant quand même doucement... un peu, mais surtout sincèrement. Je n'étais pas dupe. Owen O'Ceallaigh ne jouait jamais les confidents par pur altruisme et bonté d'âme, mais j'étais tout de même touchée par la douceur du geste. Qu'il le fasse par ennui ou parce qu'il voulait en apprendre plus sur sa mystérieuse assistante le rendait soudainement très ouvert à la discussion et surtout à l'écoute. Si je voulais dire quelque-chose, je pouvais le faire et il m'écouterait. La question était juste de savoir à quel point j'avais envie de me dévoiler à lui. Après tout, il connaissait mon corps, maintenant. Mes pensées et mes souvenirs restaient mon seul domaine privé.

J'éludais donc momentanément la question pour me concentrer sur lui et sur ma demande d'un aveux choc de sa part. Il opta, après un moment de réflexion, pour une histoire pas très glorieuse non plus, au vu du titre : Un travail perdu à cause d'une huître. Je l'écoutais avec attention, alors qu'il me racontait qu'avant d'entrer dans l'édition, il avait travaillé à la plonge d'un restaurant et qu'une affaire d'huître laissée sur une assiette l'avait amené à stopper le travail... et à vomir sur le cuisinier. J'éclatais de rire malgré moi, rien qu'en imaginant la situation. « Mon pauvre amour », dis-je en riant, tellement habituée désormais à lui donner des noms doux qu'il sortait toujours dans ce genre de moments où je me moquais gentiment de lui. Avant, les noms doux étaient pleins de sarcasmes, mais désormais, je me surprenais de plus en plus à ne pas savoir quel sentiment y accoler. Je ne réalisais même pas sur le coup les noms dits. Je ne réalisais qu'après coup, une fois la phrase terminée et son regard sur moi. « C'est vrai que c'est tellement dégoûtant les huîtres. » Je n'avais nul besoin de faire l'effort pour grimacer de dégoût. Je devais avoir autant de réaction épidermique que lui quand une de ses choses était présentée à mes yeux. Dieu que j'avais détestée nombre de rendez-vous professionnel pour cela. Les auteurs, les éditeurs... Tant de ces arrogants friqués aimaient montrer leur amour du luxe en mangeant des huîtres de « haute qualité », du caviar et autres aliments à forte image luxueuse. Berk.

Il me demanda ensuite si j'avais une histoire du genre ou une toute autre en tête et je dus réfléchir un peu pour trouver. Il m'était arrivé tellement de choses au cours de ma vie. Surtout quand on parlait de maladresse ou d’événements un peu fouareux. « Okay, j'ai ! », dis-je pour moi-même en hochant la tête, une fois mon aventure trouvée. « Je devais avoir seize ou dix-sept ans. Miccah et moi on venait à peine de se mettre ensemble et on a décidé d'aller à une manifestation contre un décret que voulait faire passer la ville pour la construction d'un nouveau parking sur un terrain vague servant d'habitat à plusieurs espèces animales de la côte. » Je souris. Amusée, rien qu'en repensant à cette époque. Pas que je sois - surtout maintenant - une grande défenseuse des causes perdues, mais à l'époque, ça avait été ma manière de me différencier des autres membres de la famille. Eux les gars étudiants le droit, moi la hippie, la révolutionnaire, la fille libre, passant ses nuits à danser sur la plage avec ses amis et ses journées à dormir sur la table, en cours d'algèbre pour rattraper les heures de sommeil manquantes. « J'étais en train de crier sur un des promoteurs, je lui disais que les oiseaux avaient besoin d'un endroit pour vivre et que leur retirer leur zone d'habitation pour construire un carré de bitume allait les tuer, qu'ils avaient le droit de choisir l'endroit où ils voulaient vivre et faire leur vie, quand une mouette m'a fait caca dessus. Là », dis-je en montrant le haut de mon crâne, juste au-dessus de ma tempe gauche. « Je me suis figée, je sentais la fiente couler lentement le long de mes cheveux et le promoteur me regardait droit dans l'excrément. Il a souri et m'a dit ''C'est ainsi que vous voyez le droit des oiseaux, mademoiselle blondinette ? C'est sûr, vous savez faire de l'abandon de vous-même au profit des petites bêtes de la nature'' avant de partir en riant. J'étais verte de rage, mais surtout rouge de honte... Je me suis empressé de partir pour aller me nettoyer en laissant les garçons totalement en plan... et j'ai surtout passé les semaines suivantes à surveiller le ciel chaque fois que je voyais ou entendait un oiseau approcher... » J'avais mis longtemps avant d'être capable d'en rire à mon tour, même si mon père, lui, ne s'était pas gêné dès le soir venu pour rire à gorge déployé de mes péripéties.

Posant les yeux sur Owen, je me demandais un moment si je devais lui poser la question qui me brûlait les lèvres en ce jour de St Valentin ou si je devais me taire, mais cédait finalement à ma curiosité. Rougissant légèrement, je mordais ma lèvre un dixième de seconde avant de parler. « Est-ce que... est-ce que quelqu'un a déjà compté pour toi, Owen. Je ne parle pas de ta famille je veux parler de... » J'inspirais fortement, cherchant les mots. « Est-ce que tu as seulement conscience du nombre de filles qui voudraient plus de toi qu'une simple nuit ou une liaison à court terme ? Combien d'entres elles voudraient passer la St Valentin avec toi... Pourquoi tu n'acceptes aucune relation sérieuse ? » Je savais que c'était à double tranchant. Qu'il pouvait très bien me retourner la question et ne plus jamais lâcher l'affaire, mais je pouvais toujours lui dire une semi-vérité dont il saurait se contenter le moment venu, esquiver les détails dérangeant et ne parler que du gros du contexte. Je n'avais jamais vraiment caché qu'on m'avait brisé le cœur par le passé. C'était les détails de cette histoire dont il m'était impossible de parler. Je n'avais même pas encore parlé ni montré à qui que ce soit le dessin à l'encre que j'avais récemment fait graver sous mon sein gauche, coup de folie d'une journée particulièrement difficile...

« Désolé, je... tu n'as pas à répondre. Je suis trop indiscrète. Pardonne-moi... »

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Jeu 19 Mar - 16:33
Blackout - Happy Valentine's Day !

Il semblerait que l’heure soit aux confidences et autres anecdotes du passé. De toute manière, on n’a pas de courant et on n’a rien d’autre à faire pour s’occuper. Oh, bien sûr l’idée de nous envoyer en l’air m’a traversé l’esprit surtout lorsqu’elle se mord la lèvre comme elle le fait si souvent, mais elle a l’air affecté pour je ne sais quelle raison alors ce n’est pas vraiment le moment. Je verrai bien par la suite, comment se déroule la soirée et la nuit à venir. Je lui avais même dit qu’elle fasse abstraction de nos statuts, juste pour quelques heures. Que si elle avait besoin de parler qu’elle le fasse. Et puis, si elle va mal, son travail s’en ressentira, je ne veux pas prendre ce risque. Alors ce soir, on discute gentiment et je peux même tenter de lui remonter le moral, si j’y arrive. C’est d’ailleurs pour cette raison que j’avais choisi cette anecdote ridicule. Je n’aimais tellement pas ce boulot que j’étais bien content de me faire virer. En tout cas, j’avais bien fait parce que mon histoire l’avait fait rire. Je souriais également fier d’avoir réussi à lui redonner le sourire. Mieux, de l’avoir fait rire. Je n’avais même pas réagi à son petit surnom affectueux qu’elle avait balancé malgré elle. Il lui arrivait souvent de laisser échapper ce genre de surnom à mon égard en privé. On en a tellement l’habitude en public, qu’en privé ça devient limite naturel. Alors non, je n’avais pas tilté. Pour moi c’était normal. Enfin, ça devenait habituel. Je n’avais pas fait attention. Elle approuva mon dégout pour ces immondes choses visqueuses que pourtant, beaucoup aiment manger. Bien, elle non plus n’aime pas, il n’y en aura donc jamais à la maison, c’est une bonne chose.

« C’est ignoble oui. »

Mais maintenant que je lui avais raconté une anecdote amusante, je voulais savoir si ce genre de chose lui était déjà arrivé. Je suppose que oui, on subit tous des expériences ridicules ou drôles au moins une fois dans sa vie. Alors je la regardais réfléchir et j’attendais qu’elle en trouve une. Elle trouva quelque chose et commença son récit. A peine commençait-elle à raconter, qu’un mot me fit tiquer. « Miccah ». Bordel, je me fiche de savoir avec qui elle était surtout si c’est avec lui. Et en plus vas-y rajoute bien que c’était le moment où vous sortiez ensemble. Comme si ce genre de détail était important… Par réflexe à l’évocation de ce nom, je m’étais mordu l’intérieur de la joue et je m’étais retenu de soupirer et de lever les yeux au ciel. Bref passons ce détail inutile. Ce qu’il faut retenir c’est qu’elle avait seize ans et qu’elle allait à une manifestation. Euh… Quoi ? Olivia en militante en train de défendre le droit des animaux ? Alors ça, ça m’en bouche un coin. La surprise devait se lire sur mon visage, je ne l’aurais jamais cru. Cependant, je ne voulais pas l’interrompre et je ferais mes commentaires quand elle aura fini son histoire. Elle continua pour me raconter qu’elle avait tout un argumentaire pour défendre ces volatiles et que finalement l’un d’eux lui avait fait dessus, elle me montra même l’endroit sur sa tête. Je ne pus m’empêcher de sourire puis de rire doucement en imaginant la scène. Olivia jeune, avec sans doute un t-shirt pour défendre sa cause, peut-être même un haut-parleur et de la fiente sur le visage. Joli. Tu m’étonnes que le type se soit moqué d’elle ! J’aurais ri aussi.

« Pauvre petite puce, traumatisée par un oiseau. Je ne te pensais pas militante pour défendre les animaux, je ne te voyais pas dans ce trip là. T’étais une sorte de hippie en étant jeune ? »

Peace and love et compagnie ? C’est perturbant de l’imaginer dans ce genre de chose. Moi qui ai l’habitude de la voir si sérieuse. Comme quoi, les gens peuvent toujours nous surprendre, même si on les côtoie depuis des années. Surtout que sa famille n’est composée quasiment que d’avocats. Mais on a tous au moins un marginal dans la famille, quelqu’un qui ne fait pas comme tout le monde. C’est assez étonnant d’apprendre que ça devait très certainement être elle chez les Penrose.

Mais alors qu’on se regardait mutuellement, réfléchissant à la prochaine chose à dire, la prochaine question à poser, je remarquais qu’elle se mit à rougir. La lumière éclairait plutôt bien nos deux visages alors je ne pouvais pas douter de ce que je voyais. Mais je ne comprenais pas ce soudain échauffement de son visage si je puis dire. Elle a chaud ? Et elle posa le genre de question qui ne me plaisait pas. Elle avait l’air d’hésiter pourtant, s’arrêtant en pleine phrase. Elle semblait même un peu gênée d’aborder le sujet ? Elle voulait savoir si quelqu’un avait compté pour moi. Quelqu’un en dehors de ma famille, une femme donc. L’expression de mon visage avait changé. Fini de rire, envolé le sourire. Je reportais mon regard sur le plafond, me mordant les lèvres, puis les joues avant de soupirer. Elle me demanda aussi si j’avais conscience que beaucoup de filles voulaient plus qu’une simple nuit avec moi. Je le sais. Certaines filles avec qui je passe une nuit ma rappellent constamment par la suite pour qu’on se revoit. Une fois ou deux d’accord, mais pas plus. Si elles insistent, je suis obligé de me montrer cruel pour qu’elle me lâche. Je ne veux pas qu’une femme s’attache à moi au point de débuter une relation. Pourquoi je n’accepte pas de relation sérieuse ? Parce qu’une m’a suffit. J’étais jeune et son obsession pour moi m’a littéralement effrayé et dégouté des relations. Je ne veux plus revivre ça, je ne veux plus me sentir oppressé comme je l’ai été avec elle. Il suffit d’une seule mauvaise expérience et c’est fini. Mais je n’aimais pas repenser à elle. Ses derniers mots me revenaient en mémoire, « je te rejoindrai, où que tu sois, je te retrouverai parce que toi et moi c’est pour la vie. ». Il m’arrive certains jours d’avoir une boule au ventre quand on sonne à la porte. Et si c’était elle ? J’avais toujours cette crainte au fond de moi de la voir débarquer ici et de tout foutre en l’air. Je passais une main dans mes cheveux et laissais tomber mon bras au-dessus de ma tête. Olivia avait dû remarquer mon état et s’était empressée de s’excuser. Elle venait de pointer du doigt la corde sensible, le nœud du problème.

« Parce qu’une m’a suffit et que je ne referai plus jamais cette erreur. »

C’est tout ce que je suis disposé à dire. Je tournais de nouveau la tête dans sa direction.

« Mais je n’ai pas envie de parler de ça. »

Je n’ai certainement pas envie d’aborder le sujet avec qui que ce soit. Et surtout pas maintenant. Rien que d’y penser, ça me baisse le moral. Autant changer de sujet. Ou alors, vu que c’est elle qui est partie là-dessus, je peux lui retourner la question, non ? Quoique, elle m’avait dit que sa vie sentimentale était un sujet tabou il me semble. Et je ne veux pas qu’elle me parle de son Miccah.

« Pourquoi tu as accepté de m’épouser ? Je t’ai toujours mené la vie dure pendant les quatre années qui viennent de s’écouler. A chaque fois que je claquais des doigts, tu devais être dans mon bureau dans la seconde, j’étais vraiment un tyran et je sûr que tu devais me détester, c’est peut-être même toujours le cas d’ailleurs. On est tous les deux gagnants à la fin, certes, mais sans doute moi plus que toi. »

Ce poste d’éditrice, elle pourrait l’obtenir, sans moi. Mais je vais bien me garder de lui dire. Ce n’est pas le moment que je lui ouvre les yeux et qu’elle me lâche.

« Enfin, ce que je voudrais savoir, c’est pourquoi tu as accepté de perdre ou gâcher une année de ta vie avec moi alors que tu pourrais trouver quelqu’un d’autre facilement. Ne te voile pas la face, tu es une belle femme Olivia. Ou alors, tu n’es pas du genre à accepter les relations sérieuses toi non plus ? »

Elle m’avait posé la même question, mais je n’ai pas voulu répondre, alors qu’elle ne se sente pas obligée de le faire.

« Si tu ne veux pas répondre, ne le fais pas. »



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love out loud : ou l'art de voir son cœur être piétiné par n'importe qui

Dim 22 Mar - 0:36



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


Parler de Miccah lui faisait toujours perdre son sourire. Je m'étais interrogée, au début, avant de finalement abandonner l'idée de comprendre. Owen O'Ceallaigh était un homme bien trop difficile à comprendre. Et puis j'avais trop peur de découvrir qu'il en voulait à mon Miccah simplement parce qu'il me considérait comme sa chose, sa possession n'ayant aucun droit d'une vie en dehors de ce à quoi j'étais destinée pour son propre bonheur. Je sacrifiais déjà assez de choses pour lui. Je n'allais pas mettre de côté mon histoire et les gens qui comptaient dans ma vie, juste parce que monsieur ne supportait pas que tout ne lui appartienne pas corps et âme. J'allais respecter le deal, j'allais suivre le plan jusqu'à la fin de ce foutu contrat, qu'il me laisse ma liberté pour le reste. Il se tapait bien toutes les pétasses des environs, lui.

Il se montra gentil, néanmoins, une fois mon histoire contée, se moquant gentiment, avec des mots doux, avant d'avouer qu'il ne m'aurait jamais imaginé en militante affirmée, me demandant si j'étais une sorte de hippie. Je souris un peu, haussant les épaules. « Pas forcément des animaux. Pas que du moins. On défendait la nature, les animaux, les droits des citoyens... On avait des rêves pleins la tête et l'envie de faire bouger les choses... Du moins la bande l'avait. Moi j'ai fini par me convaincre que je le voulais aussi, même si j'étais surtout à la recherche de la liberté que mes parents n'offraient pas. » Je soupirais. C'était la première fois que je lui parlais vraiment de moi, de qui j'étais et du pourquoi du comment des liens difficiles avec ma famille. Je n'étais pas certaine de vouloir qu'il le sache, mais en même temps, cela faisait passer le temps, comme il le disait si bien et ça éloignait Dimitri de mes pensées. « Quand on les voit comme ça, on a l'impression que ce sont des gens super ouverts, proches de leurs enfants et tout... Et c'est le cas, mais il y a aussi ce rapport particulier qu'ils ont à la famille. Pour eux, ne pas vivre ensemble, ne pas se parler tous les jours, ne pas se voir tous les jours, c'est comme renier la famille. Mes frères aînés n'ont pas vraiment eu le choix, par exemple. Reprendre l'entreprise familiale est dans l'ordre des choses. Moi j'ai toujours voulu autre chose. Quand j'étais jeune, je voulais juste m'éloigner du modèle familiale, prouver que je pouvais agir par moi-même, sans qu'un vote détermine si oui ou non je devais me lancer dans l'édition et aller à la fac du comté voisin. J'ai commencé en militant, en me fourrant dans les pires ennuis possibles, en les appelant du commissariat pour qu'ils payent la caution... Et puis je suis partie à New York et c'est devenu de pire en pire... » Mais ça bien sûr, je ne pouvais pas en parler. Ça, c'était mon tabou, mon secret. Et il était toujours hors de question qu'il entende parler de ça. Non, je préférais encore jouer sur le terrain glissant de ses propres histoires de cœurs, histoire de détourner l'attention du sujet principal de mes propres problèmes.

Il m'avoua alors qu'il ne voulait pas de relations sérieuses parce qu'il avait déjà donné une fois et qu'il ne referait plus jamais cette erreur et pour la première fois depuis longtemps, je me sentis plus proche de lui. Je comprenais tellement ce qu'il voulait dire par là. J'avais si souvent pensé la même chose avec mes propres histoires. Et tout comme pour moi, il s'avérait qu'il n'avait aucune envie d'en parler plus. Je hochais la tête, compréhensive. Et il partit de lui-même sur un autre sujet de discussion, me demandant pourquoi j'avais accepté de l'épouser. Arguant le fait qu'il avait été un véritable tyran ses quatre dernières années et que je l'avais - sinon encore - probablement fortement détesté. Comment alors avais-je pu accepter un tel deal, avec tous les risques qui y étaient liés ? Il argumenta qu'il était assurément plus gagnant que moi dans l'histoire, probablement parce que j'aurais pu - contrairement à lui - obtenir le poste d'éditrice par d'autres biais et me demanda ensuite comment j'avais pu accepter de perdre une année avec lui, alors que j'étais une belle femme, tout à fait capable de trouver quelqu'un. A moins que je ne le veuille pas, songea-t-il alors, me demandant si, comme lui, je n'étais pas du genre à aller vers une relation sérieuse. Et comme je l'avais fait avant lui, il m'assura que je n'étais pas obligée de répondre. Je soupirais, réfléchissant soigneusement aux mots que j'allais employer.

« Premièrement, ce deal n'a absolument rien à voir avec ma vie... intime. Ça n'est pas parce que je vis avec toi et prétend être follement amoureuse que je ne vais pas voir ailleurs. C'est parce que contrairement à toi, je supporte très bien d'être seule et de n'avoir des rapports qu'occasionnellement. » J'aimais m'envoyer en l'air. Avec un bon amant, j'adorais même ça bien plus qu'il ne pouvait l'imaginer. Mais je savais gérer sans. Je pouvais me débrouiller seule et je pouvais vivre plusieurs mois sans sexe si j'étais assez focalisée sur autre chose. Le tout était de garder l'esprit occupé et de ne pas oublier ce qu'une partie de jambe en l'air irréfléchie pouvait induire. Je m'étais souvent demandé si les meurtrissures que je m'étais infligé, là en bas, une décennie plus tôt et les séquelles que j'en avais gardées, pouvait avoir eu un impact là-dessus. Aurais-je été une sex addict dans son genre si je n'avais pas subi tout cela ? Les soirées auraient sans doute été bien différentes entre nous si ça avait été le cas... et je préférais ne pas y penser. « Et ensuite, il est évident que j'aurais pu avoir cette promotion sans toi. J'ai commencé comme stagiaire au service courrier et je suis aujourd'hui l'assistante personnel d'un des éditeurs les plus prolixes de l'agence. Ne crois pas que tes actions pour m'empêcher d'évoluer sont tout ce qui m'empêche de monter en grade. Je ne suis pas pressée. J'apprends énormément à ton contact. Sur comment travailler, mais aussi sur ce que je ne veux surtout pas devenir... » Était-ce mesquin ? Je n'avais jamais caché mes vrais sentiments à son égard. Je ne lui avais jamais menti. Je restais polie et courtoise parce qu'il était mon patron et que je lui devais automatiquement le respect de ce fait, mais je n'avais jamais été lui lécher les bottes ou prétendre qu'il était superbe. Je lui avais toujours bien fait sentir combien je le trouvais tyrannique et infecte avec moi, mais aussi avec tous les autres. « Oh et pour ta gouverne, tu es toujours tyrannique ! Ça n'est pas quelque-chose qui appartient au passé », dis-je avec un sourire malicieux. Il voulait une conversation à cœur ouvert ? Soit ! Il ne serait pas déçu ! Je lui en donnais pour son grade. « Mais... », continuais-je, sachant que j'avais brûlé mes cartouches avec ma sincérité, mais connaissant assez l'oiseau pour savoir que rien n'était irrattrapable : « Je ne veux pas partir en claquant la porte. On travaille bien ensemble, non ? Je ne peux pas m'empêcher de me dire qu'on serait encore meilleurs si on travaillait sur le même terrain. On aurait tous les meilleurs auteurs pour nous, ça serait le pied. » Oui, j'en étais convaincue. Quand je le voyais travailler, quand je nous voyais plancher tous les deux sur un dossier... On serait si bons en collaboration d'éditeurs. On aurait le monde à nos pieds. « Sauf qu'une telle collaboration ne serait pas possible si je passais dans ton dos et posait ma démission auprès de toi une fois cette promotion acquise. J'ai longtemps cru que j'y serais obligé et que cette collaboration ne serait qu'un rêve... et puis tu m'as proposé ce deal. Et j'ai vu la possibilité d'être promu sans faire de toi mon ennemi. Mieux, je t'obligeais à devenir mon allié et à me soutenir dans ma progression. Je ne pouvais pas cracher dessus, Owen. Même avec tous les risques que j'encours à le faire. »

J'en étais convaincue. J'avais fait le bon choix. Pour ma carrière en tout cas. Le reste n'avait pas d'importance.

Je me mordis la lèvre, observant Owen pendant un instant, avant de lever les yeux au ciel et d'attraper la lampe entre nous. Je la gardais dans une main, faisant attention à n'aveugler aucun de nous, en me tournant pour me coucher sur le côté, collant mon dos à l'homme. Je posais la lampe torche sur ses cuisses et attrapait sa main pour la passer autour de ma taille, avant de fermer les yeux. « Maintenant je suis fatiguée, alors continue de parler si tu veux, mais moi je vais dormir. Et je t'interdis de t'imaginer faire autre chose avec moi que dormir, cette nuit », ajoutais-je, tirant la couette sur nous, avant de reprendre son bras pour le caler convenablement autour de ma taille et entremêler nos doigts sur mon ventre, calant mon oreiller sous ma tête et me préparant à dormir. Je n'allais pas le lui avouer, mais j'étais plutôt contente qu'il ait décidé de venir dans mon lit, ce soir. Je n'avais aucune envie de dormir seule et mon ego en aurait pris un trop grand coup si j'avais due aller le rejoindre dans son lit au milieu de la nuit, quand la solitude aurait été trop forte.

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Ça me fait vraiment flipper parce que tu as pris un morceau de moi. Et je t'ai laissé faire... @ ALASKA.
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Mar 24 Mar - 1:15
Blackout - Happy Valentine's Day !

Cette femme m’étonnera toujours. Je pensais qu’elle n’était pas humaine, qu’elle était programmée pour me servir et faire son travail, comme une sorte d’androïde. Tout ce que je lui demandais de faire, elle le faisait, dans les temps. Tout son travail était toujours excellent et elle anticipait à chaque fois mes décisions. A croire qu’elle lisait dans mes pensées. Elle a toujours été réellement parfaite dans son travail et quand j’ai découvert qu’elle n’était pas que ça, que derrière tout ça se cachait une femme qui était capable de séduire, de se lâcher et même de m’allumer… Ça m’avait déjà hautement surpris. Mais il faut croire que je n’étais pas au bout de mes surprises. Non, encore aujourd’hui, après plus ou moins trois bons mois de vie commune, elle arrive encore à me surprendre. Elle était du genre hippie militante quand elle était jeune. Elle était de ceux qui montaient sur les camions et qui braillaient dans des mégaphones pour la survie de la planète, ou à plus petite échelle pour protéger des piafs. Qui l’aurait cru ? Qui aurait pu deviner que derrière ce masque de femme parfaite dans son travail, extrêmement sérieuse, se cachait une révolutionnaire ? Certainement pas moi.

Olivia Penrose, se battant corps et âme pour des oiseaux, des animaux ou même des arbres j’en suis sûr. J’aurais aimé voir ça. Vraiment. Je suis sûr que ça valait le détour. Elle confirma mes pensées par la suite. Elle ne défendait pas que des animaux, mais plutôt la nature en général et les droits des citoyens même. Personnellement, j’estime que c’est une perte de temps, mais soit. Chacun son délire. Elle avait des rêves plein la tête et une volonté de faire bouger les choses. Du moins, son groupe. Elle finit par avouer qu’elle recherchait surtout autre chose. La liberté. Oh, je connais ça. Je lui adressais un petit sourire compatissant parce que dans ma famille, j’avais un peu le même sentiment. On avait beau être une tribu, s’aimer les uns les autres, j’étouffais. A l’adolescence, on a besoin de s’affirmer, de vivre sa vie, pourtant étant l’aîné je devais constamment aider mes parents à la maison. Ce sentiment de liberté me faisait défaut également alors pour m’évader, je ne militais pas comme elle, non. Mon truc à moi c’était l’écriture, la lecture. Je peux donc tout à fait comprendre ce sentiment d’oppression.

Je ne voulais pas la couper dans son récit, je me contentais de sourire de temps en temps et de la regarder, pour lui montrer que son histoire m’intéressait. Et je ne faisais pas semblant, l’écouter parler d’elle, de son passé m’intéressait réellement. Elle me connait beaucoup mieux que je la connais, alors en apprendre plus sur elle est toujours utile. Un couple est censé se connaitre non ? Ce genre de détails on doit les savoir je suppose. Dans mon cas, elle ne connait pas grand-chose de mon enfance, ni même de ma vie en Irlande, mais elle connait le principal sur moi. Parler de mon enfance, ce n’est pas vraiment difficile, ça me rend juste nostalgique et je n’aime pas ce sentiment. Le sujet à éviter est plutôt tout ce qui concerne mon départ. J’ai passé une enfance normale dans une famille nombreuse, on a dû avoir la même à peu de choses près, alors je ne vois pas l’intérêt de m’étendre là-dessus. Elle me parla ensuite de ses parents, que ce sont des gens ouverts et proches de leurs enfants. Du moins en apparence ? Ils ont un rapport particulier concernant la notion de famille ? Oh, je crois l’avoir remarqué ça. Je n’ai jamais vu des gens aussi soudés, c’est assez étrange. Chez moi on est proches aussi, mais pas de cette façon. Ils ont quelque chose en plus. Un peu comme une secte – bon c’est peut-être exagéré – mais je le ressens comme ça. Je ne saurais pas comment les définir mais leurs liens sont particuliers oui. Je haussais un sourcil lorsqu’elle ajouta que pour eux, ne pas se voir ou se parler chaque jour c’est comme une sorte de rejet… Mon dieu. Heureusement que ce n’est pas comme ça dans ma famille, parce que je serais orphelin. Ses frères ont été forcés de reprendre l’entreprise familiale. Et personne ne s’est jamais rebellé ? Ah ben si. Olivia. Je peux comprendre qu’elle voulait autre chose qu’une vie toute tracée. Oh sans déconner ! Ils font des votes pour décider de l’avenir de l’un d’entre eux ? Je le savais, c’est comme une foutue secte ! Je n’arrive pas à comprendre comment une famille peut fonctionner de cette manière. Je comprends mieux pourquoi elle a voulu se démarquer en militant par exemple. Elle s’est carrément fait arrêter par la police ? Ah ouais quand même. Ça c’est de la rébellion. Puis, elle est allée à New York et la situation s’est empirée. Oui, j’imagine bien. S’ils vivaient tous au même endroit, ne supportant pas de ne pas se voir tous les jours, ça a dû leur faire un choc de la voir partir à l’autre bout du pays. Comment peut-on être aussi fermé ? C’est là que je me rends compte que j’ai la chance d’avoir une famille tolérante quant à mes choix. Mes parents ne m’ont jamais tourné le dos quand j’ai quitté le pays. Bien au contraire. Mais pour le coup, je ne savais pas trop quoi dire. Qu’est-ce que je pouvais dire de toute manière ? Je ne suis pas doué pour réconforter les autres ou pour compatir.

J’avais ensuite abordé la question de notre mariage pour changer de sujet. Sur le coup, j’étais content qu’elle accepte alors je ne m’étais pas posé de question, mais j’aimerais quand même savoir ce qui a bien pu la pousser à accepter une telle proposition. Elle se mit à réfléchir quelques instants avant de tout énoncer point par point. Tout d’abord, ce marché n’avait rien à voir avec sa vie intime. Oh, oui, merci, je me doute bien qu’elle va voir ailleurs, je ne me gêne pas personnellement. Elle commença à m’attaquer sur le fait que contrairement à moi, elle se contentait de rapports occasionnels. Et bien que grand bien t’en fasse. On n’est pas tous faits pareils. Je préfère largement passer la nuit avec une femme que de me faire plaisir tout seul, ça n’a rien à voir. Et puis, en effet, contrairement à elle, j’ai besoin de m’envoyer en l’air souvent parce que j’adore ça. Chacun ses plaisirs.

Elle ajouta qu’elle aurait pu avoir cette promotion sans moi. Certes. Mais étant mon assistante, elle a besoin de mon appui. Si je n’approuve pas, elle ne montera jamais. Elle mit le doigt sur mes agissements en soulignant le fait que je lui mettais des bâtons dans les roues pour monter les échelons. Ce n’est pas non plus un secret. Mais ça ne la gênait pas parce qu’elle voulait prendre son temps. Et bien tant mieux. Elle affirma apprendre beaucoup à mon contact, sur la façon de travailler par exemple. J’aurais pu être fier de ses paroles mais la suite me fit doucement rire. Oh, elle ne veut pas devenir comme moi ? Pourquoi ça ? Parce que je suis impitoyable ? Mais ma petite, ouvre les yeux, tu ne t’en rends pas compte, mais il est trop tard. Ça fait trop longtemps qu’elle travaille avec moi, elle n’en a pas conscience mais elle est déjà comme moi.

« Olivia, tu es déjà comme moi. Ouvre les yeux. »

Je suis toujours tyrannique ? Evidemment. J’en ai pleinement conscience. Je n’ai jamais dit que ce n’était plus le cas. Il faut mener son équipe d’une main de fer pour avoir de bons résultats. Ce n’est pas parce qu’elle a le statut de femme du patron que je vais laisser du leste. Certainement pas. Je lui rendis son sourire malicieux avant de hausser les épaules.

« Oh oui je le sais. Mais au moins, j’ai les résultats que je veux. »

Mais ? Elle commença une phrase qu’elle laissa en suspens. Mais quoi ? Elle ne veut pas partir en claquant la porte ? Encore heureux. Je ne la laisserais pas démissionner de toute manière. On ne laisse pas partir de bons éléments sans rien faire. Oui, en effet on travaille bien ensemble, mais où veut-elle en venir ? Elle m’expliqua alors sa vision des choses, le fait qu’on serait meilleurs en travaillant ensemble sur le même terrain. C'est-à-dire, si elle était éditrice également ? Euh… Je n’y ai jamais réfléchi en fait. Je ne me vois pas trop collaborer avec qui que ce soit sans que j’aie une certaine supériorité hiérarchique. J’ai besoin de tout contrôler. De donner des ordres. Je ne suis pas le genre à demander la permission. Je préfère diriger alors ce genre de collaboration où on serait sur le même pied d’égalité ne me plait pas forcément. Et maintenant, je comprends mieux pourquoi elle a accepté. Si elle avait démissionné d’elle-même, il nous aurait été impossible de collaborer. Alors que si au contraire, je lui donnais mon appui, ce serait plus simple, plus logique… C’est donc uniquement pour cette raison qu’elle a accepté ? Cette seule et unique raison ? C’est… étrange. Je ne sais pas, ça me laisse perplexe.

« D’accord. »

Je ne trouvais rien d’autre à dire. C’était une raison comme une autre après tout. Peut-être qu’à sa place j’aurais fait la même chose… Je ne sais pas, je suis quand même plus du genre individualiste. Je ne travaille pas avec les autres, je les écrase. J’ai trop trimé pour en arriver là où je suis, alors je ne tolérerais pas qu’on me surpasse, qu’on me rabaisse… Non, je dois être le meilleur, point barre. Ce n’est pas pour rien que je n’ai pas de collaborateur.

Je la vis se mordre la lèvre par la suite… Bon sang… Résiste Owen. En plus, elle osait me regarder en faisant ça… Ma respiration s’accéléra légèrement alors que je fixais ses lèvres. Puis, elle leva les yeux au ciel, d’un coup. Ah. Elle attrapa la lampe et je la regardais avec un air perplexe. Qu’est-ce qu’elle fait ? Elle changea de position. Ou plus précisément elle se retournait et se collait à moi. Euh… Elle posait la lampe sur mes cuisses et attrapais ma main pour la placer sur son ventre, m’obligeant à me positionner sur le côté. Avant que je ne puisse dire quoi que ce soit, elle s’expliqua. Elle était fatiguée… Je peux continuer de parler pendant qu’elle dort ? Ah ouais ? Je vais parler dans le vent ? Quel est l’intérêt ? Enfin, elle termina sur le fait qu’il était hors de question que je m’imagine coucher avec elle. Ouais, en gros. Donc si je comprends bien, elle me laisse contre elle, aussi proche, pour dormir. Est-ce qu’elle a conscience que je suis un homme ? Pire que je suis moi ? Je crois que je n’ai jamais dormi dans le même lit qu’une femme sans avoir couché avec elle au préalable. Rien que la voir se mordre les lèvres ça me fait quelque chose, alors rester contre elle… Elle finit par tirer la couette sur nous et entremêla ses doigts aux miens. Bon sang…

Sauf, que j’ai toujours mon jean. Or, cette matière n’est déjà pas agréable la journée alors ce n’est certainement pas pour dormir avec. Et puis, je ne dors jamais avec des fringues, ça me gêne. Je ne garde que mon boxer. Alors après quelques secondes, je récupérais ma main qu’elle s’était accaparée et je me redressais pour m’asseoir.

« Je ne peux pas dormir comme ça. »

Sans un mot de plus, je retirais la couette pour me lever. Je récupérais la lampe, qui était toujours allumée en fait, et je quittais sa chambre en repoussant la porte derrière moi. Je marchais jusque dans la salle de bain et par réflexe j’appuyais sur l’interrupteur. Ah ben oui, toujours pas de courant. Je posais la lampe sur le meuble de la salle de bain à côté du lavabo et je récupérais ma brosse à dent et le dentifrice pour me laver les dents. Elle a peut-être tout fait pour se préparer à dormir mais moi non. Une fois ceci fait, je retirais mon jean pour le laisser sur le panier à linge et mes chaussettes que je mettais dedans. Voilà, juste le boxer pour dormir. Ça ira déjà mieux.

Je récupérais la lampe et je retournais dans sa chambre. Est-ce qu’elle a cru que je préférais dormir seul dans la mienne ? Est-ce qu’elle a cru que je fuyais ? Dans tous les cas, me voilà de retour. Je me glissais de nouveau sous la couverture et revenais contre elle – ou plutôt derrière elle. J’éteignais la lampe que je posais sur la table de chevet et je m’allongeais de nouveau correctement, repassant mon bras autour d’elle pour lui attraper la main. Bon sang, qu’est-ce que je fais ? Et d’ailleurs, pourquoi est-ce qu’elle se montre aussi tactile ? Enfin, je veux dire, ça fait des semaines – voire des mois – qu’elle m’évite, qu’elle ne reste jamais dans la même pièce que moi très longtemps, et là elle veut que je dorme contre elle ? Je ne comprends pas.

« Dis-moi. Je ne suis pas stupide, j’ai très bien remarqué que tu m’évites depuis un bon moment. Quand j’arrive dans une pièce où tu te trouves, tu termines vite ce que tu as à faire pour fuir. Quand je m’approche trop près, tu te raidis, je l’ai encore vu tout à l’heure. Mais là, tu me laisses dormir dans ton lit ? Pire, tu te colles toi-même à moi. Je ne comprends pas ce changement soudain de comportement. »

Je ne lui demande pas forcément qu’elle me réponde, je lui évoque simplement mon constat. Toutes les femmes sont bien pareilles, incompréhensibles… je ne comprends pas. Mais bon c’est comme ça. Je vais devoir lutter très fortement contre moi-même maintenant. J’ai son odeur sous le nez, sa chaleur dans mes bras, contre moi. Je suis bien trop proche pour me tenir tranquille et me contenter de dormir sagement. C’est plus fort que moi… J’avais beau tenté de penser à autre chose, de fermer les yeux, de me mordre l’intérieur des joues, rien n’y faisait. Je finis par me redresser pour me tenir sur mon coude. J’écartais ses cheveux de son cou, de son visage pour avoir un libre accès. Je resserrais mon étreinte autour de sa taille, posant pleinement ma main sur son ventre, à même sa peau en la glissant sous son t-shirt. Je penchais la tête vers son cou que je commençais à embrasser doucement pour remonter jusqu’à son oreille que je me mis à mordiller avant de murmurer.

« Je peux te faire un cadeau de St-Valentin si tu veux. »

Faire quoi ? Lui faire plaisir. Je me souviens parfaitement de son état de pleine satisfaction la première fois qu’on a couché ensemble. Elle serait extrêmement stupide de refuser en sachant le bien que ça lui avait fait. Mais peu importe si sa bouche refuse, son corps lui, ne peut pas me repousser. Alors, c’est lui que je dois convaincre. Je me collais au maximum contre elle pour sentir son dos et ses cheveux contre mon torse alors que je jouais déjà de ma langue sur sa peau, dans son cou. Je suis incorrigible.



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Mer 25 Mar - 23:58



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


Je n'aimais pas parler de ma famille à New York. En fait, je n'aimais pas parler du fonctionnement de notre famille depuis l'adolescence, parce qu'à l'heure où les jeunes cherchent à s'émanciper, à trouver leur voie pour devenir des adultes, nous, nous continuions d'agir comme nous l'avions toujours fait. Notre avis comptait juste plus dans les « tables rondes familiales », parce que nos logiques se développaient et nos arguments devenaient moins facile à contredire par une simple réflexion d'adulte. Mais qui pouvait nous comprendre ? Notre famille fonctionnait très bien comme cela et chaque membre y avait sa place, sa propre individualité, même si elle pouvait sembler sectaire et formatante. Le problème n'était pas de vivre dans la famille. Le problème était de vivre sans la famille. Parce qu'aussi surement que l'individualité de chacun était pris en compte, nous n'étions absolument pas émancipés. Absolument pas conçu pour la vie en solitaire et la prise de décision par nos propres moyens. Je m'en étais durement mordu les doigts depuis le jour où j'avais quitté les miens pour aller vivre ma vie à New York et pourtant, je restais convaincue que c'était le meilleur choix que j'avais pu faire dans ma vie. Oui j'avais souffert. Oui j'étais une femme brisée, cachant des cicatrices mentales et se faisant tatouer sur un coup de tête un soir où la réminiscence de mes actes avait été plus forte que ma rationalité. Mais j'avais besoin de cela. J'avais toujours eu besoin de faire mes propres choix, de sortir du moule familiale. Parfois, j'avais l'impression de ne pas être une Penrose. Et ça faisait presque aussi mal que l'idée que j'aurais réellement raté quelque-chose si je n'avais pas pris cette décision à l'époque.

J'expliquais pourquoi je l'avais suivi dans son étrange marché, essayant au mieux de lui faire comprendre mon point de vue, ajoutant au passage une petite pique sur le fait que je ne voulais pas devenir la personne calculatrice et le requin qu'il était. Mais il contredit vite mes propos, m'assurant que j'étais déjà comme lui. M'intimant d'ouvrir les yeux, ajoutant qu'il savait qu'il était toujours tyrannique, mais qu'au moins, cela lui permettait d'obtenir les résultats qu'il voulait et je serrais les dents. Il avait raison. Il avait déjà commencé à me changer et à me transformer en cette personne que je ne voulais surtout pas devenir. Il avait fait de moi quelqu'un qui apprenait à connaître parfaitement la personne en face d'elle pour savoir comment agir. Quelqu'un qui savait contrer une personne de pouvoir pour obtenir ce qu'elle voulait. Il m'avait transformé en ce que je devais être pour survivre à son contact et autant je pouvais détester cela, autant je savais que je n'avais pas le choix. Si je voulais survivre dans son monde, si je voulais continuer d'être l'assistante parfaite qu'il serait obligé de soutenir quand elle postulerait pour un poste d'éditrice, si je voulais simplement pouvoir le supporter jour après jour, je devais changer, je devais devenir ça. Et je le détestais pour cela, autant que je comprenais. Je n'aurais jamais pu faire un si bon travail depuis quatre ans si j'étais restée la naïve et serviable Olivia Penrose que j'étais à mes débuts. Le monde de l'édition nous rendait comme ça. Obligatoirement. Il n'y avait que comme ça que je pourrais obtenir ce que je voulais.

Il sembla perplexe devant ma façon de penser, malgré la précision de mes choix et de mes actes. Comme s'il n'arrivait pas à croire que c'était là la seule raison de mon acceptation. Qu'est-ce que cela aurait pu être d'autre ? Je n'avais rien d'autre à gagner dans cette histoire de ma promotion, son soutien et une potentielle alliance de connivence par la suite. Il avait beau acquiescer, il ne semblait pas d'accord et je ne pouvais m'empêcher de me dire Tant pis. C'était tout ce que j'avais à lui donner, tout ce à quoi j'avais pensé quand j'avais dit oui. Si ça n'était pas la bonne réponse pour lui, tant pis. Je n'en avais aucune autre à fournir. Aussi stupide soit-elle à ses yeux.

Fatiguée de tout cela, fatiguée de réfléchir, de parler en évitant les sujets fâcheux, d'essayer de lire entre les lignes et dans les expressions de ses traits, je décidais d'aller me coucher, tel que je l'avais prévu à l'origine, changeant de position pour me retrouver confortablement allongée sur le côté et profitant de sa chaleur corporelle pour m'offrir une barrière de plus contre le froid - et les cauchemars qui me prendraient surement en ce 14 février ? -, entremêlant mes doigts aux siens pour m'assurer qu'il resterait, sans le lui demander et sans le lui imposer. Mais bien vite, il se redressa, assurant qu'il ne pouvait dormir comme ça. Je le laissais partir, tendue, ne me retournant même pas pour lui adresser un regard, laissant mon regard aller droit devant moi, regardant le noir à travers la fenêtre de ma chambre. Je détestais dormir les volets ouverts. Le moindre rayon de lumière me réveillait inévitablement et mes heures de sommeils étaient si comptées, ses derniers temps, qu'elles m'étaient plus que précieuse. Mais il n'y avait plus de lampadaires dehors, la nuit était plus noire que jamais sans les lumières de la ville et je n'aurais assurément pas de réveil demain, alors le réveil aux aurores serait assurément le bienvenue. Je ne demandais même pas à Owen ce qu'il en pensait. A vivre avec lui au quotidien, j'avais fini par apprendre qu'en Irlande, les volets n'étaient absolument pas monnaie courante et tous étaient habitués à dormir, tant dans le noir complet qu'avec les mouvements des astres à travers leurs fenêtres.

La lumière de la lampe torche disparue bientôt de la chambre et je fermais simplement les yeux, laissant le noir me prendre toute entière, la boule dans ma gorge se formant peu à peu, à mesure que mon esprit se libérait de sa présence et dérivait sans consentement vers des pensées peu joyeuses. Je venais à peine de me rallonger, après avoir trouvé la force de me redresser pour enlever mon soutien gorge de sous mon débardeur, le laissant tomber aux pieds de mon lit, quand la lumière revint quelques minutes plus tard, alors qu'Owen rouvrait la porte de ma chambre pour entrer. Je ne fis aucun mouvement, le laissant reprendre sa place dans mon dos et attraper ma main sur mon ventre. La peau de mes épaules nues furent directement en contact avec sa peau et je compris qu'il avait simplement été se mettre en boxer, comme il l'avait fait chaque nuit où nous avions dormi ensemble chez mes parents. Il avait juste été se préparer pour la nuit. Cela ne le laissait néanmoins pas moins perplexe de mon attitude. Je pouvais comprendre qu'il n'y comprenne plus rien, lui-même. Il avait raison. J'avais fui encore et encore, l'obligeant à me coincer avec l'excuse de la présence de ma famille pour pouvoir simplement me toucher ou même passer plus de cinq minutes dans une pièce sans me voir la fuir. Il avait toutes les raisons du monde de ne pas comprendre pourquoi je l'incitais moi-même à passer la nuit dans mon lit.

Je ne répondis rien, alors qu'il se redressait, débarrassant mon cou de mes cheveux, glissant sa main sous mon T-shirt. J'haletais doucement au contact si intime, me mordant la lèvre alors qu'il caressait mon cou de sa bouche, titillant ma chair jusqu'à mon lobe d'oreille d'une manière qu'il savait tout à fait me faire de l'effet. Ma peau ne l'y trompa pas, se couvrant de mille frissons de plaisirs. Il me proposa de me faire un cadeau de St Valentin qui ne laissait aucune place au doute et je gémis douloureusement, alors que le souvenir d'une phrase similaire, prononcé dix ans plus tôt, me revenait en mémoire de manière brutale. C'était exactement ce qu'il s'était passé avec Dimitri, la nuit de notre dernière St Valentin ensemble. Il m'avait rejoint au lit tard dans la nuit, après un service prolongé et s'était platement excusé d'avoir complètement oublié le rendez-vous que je nous avais préparé. J'étais en colère contre lui et je n'avais pas bougé, pas répondu, comme s'il n'était pas là. Il m'avait alors embrassé là, dans le cou, juste là où il savait pouvoir facilement m'arracher un gémissement de plaisir et m'avait promis de se faire pardonner avec un merveilleux cadeau de St Valentin : lui-même. J'avais fini par rire, lui céder et nous avions fait l'amour avec passion, puis tendrement et une autre fois au matin, avec ferveur. Ça avait été ma dernière St Valentin heureuse...

« S'il-te-plait, Owen... », gémis-je, surprise moi-même du désespoir dans ma voix et des sanglots qui y étaient si palpable. Je mis une seconde de plus à réaliser qu'une larme coulait sur mon visage, alors que j'étais tendue à l'extrême. Ma peau brûlait à son contact, attisé par le feu du souvenir de notre nuit de corps à corps, mais le moment n'était pas le bon. Le timing était des plus imparfait et si mon corps réagissait sans mal à ses douces attentions, mon esprit, lui, était totalement pris entre les deux feux. Owen et Dimitri, mes St Valentin infernales et ce moment. Bon sang, il avait tellement le don de me rappeler mon amour perdu, tellement le don de me perturber comme aucun autre... « Pas ce soir, je t'en pris... », soufflais-je. Ça n'était même pas un non définitif. Je n'étais pas capable de lui dire 'non, point final'. C'était juste 'pas ce soir'... Ce soir, je ne pouvais pas. Ce soir, j'avais juste besoin qu'il me tienne dans ses bras... « Je suis désolée... Je... » Je lâchais son bras pour lui laisser la possibilité de fuir, de laisser son assistante pleurnicharde et inutile seule dans sa chambre. Je lui laissais la possibilité d'un sommeil tranquille, sans avoir à supporter mes états d'âmes secrets. « Je devrais te laisser te reposer tranquille dans ton propre lit... Je suis même certaines que si tu sortais dans la rue, tu trouverais vite une jolie fille un peu dérouté par la panne électrique ne demandant qu'à jouer dans le noir avec toi... » Étais-je vraiment en train de l'inciter à aller trouver une pouffiasse avec qui coucher ? Étais-je vraiment mal, au point de ne pas râler qu'il ramène quelqu'un trouvé dans la rue, juste pour qu'il ne soit pas contraint de supporter la ruine ambulante que j'étais ?

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Ven 27 Mar - 0:19
Blackout - Happy Valentine's Day !

Olivia Penrose – enfin O’Ceallaigh – est une véritable énigme à elle toute seule. Est-ce qu’un jour j’arriverais à la comprendre ? Un coup c’est noir, un coup c’est blanc. C’est vraiment difficile de la suivre. Est-ce qu’elle se rend compte à quel point elle est lunatique ? C’est à n’y rien comprendre, il faudrait limite un manuel, une sorte de guide pratique pour déchiffrer ce qu’elle a dans la tête. Pendant des semaines, voire des mois elle me fuit comme la peste et voilà que maintenant, elle me laisse me coller à elle ? Pour quelle raison ? Pourquoi ce changement soudain de comportement ? Je ne comprends rien. Est-ce qu’elle se comprend elle-même au moins ? Ça en ferait au moins un sur les deux. Non parce que là… Je sèche. Totalement. Et j’ai beau lui faire la remarque, même si je n’attends pas de réponse, elle ne me répond pas. Est-ce parce qu’elle ne sait pas quoi répondre ? Parce qu’elle n’a plus envie de parler ? Ou parce qu’elle ne sait pas non plus ? Ça ne m’étonnerait même pas. Elle a des réactions un peu bizarres des fois. Le mystère Olivia. Est-ce que j’arriverai à le résoudre un jour ? Est-ce que j’en ai envie ?

Toujours est-il que son contact si proche ne me laissait pas indifférent. Je ne suis pas le genre d’homme à rester sagement installé dans ce genre de situation. Pas moi. J’ai un self-control minable lorsqu’il s’agit de proximité avec une femme. Et là pour le coup, elle ne pouvait pas se trouver plus proche. Est-ce qu’elle y a pensé ? Elle me connait quand même. Est-ce qu’elle s’est imaginé que j’allais rester tranquille ? Elle me l’a demandé pourtant. Mais justement, en soulignant le fait qu’il était inutile que je m’imagine faire autre chose que dormir, n’a-t-elle pas pensé que ça allait justement m’inciter à prendre des initiatives ? C’est comme quand on interdit à un enfant de toucher au gâteau soigneusement préparé pour l’anniversaire du petit frère. C’est plus fort que nous, on se sent obligé de contrer l’autorité. C’est un peu pareil ici. Elle me dit de ne pas toucher, alors qu’est-ce que je fais ? Ben je la touche. Il faut dire aussi que je n’aime pas qu’on me donne des ordres, je me sens obligé de les enfreindre, histoire de bien remettre tout le monde à sa place. C’est  ainsi avec tout le monde, tout le temps. Lorsque je sens qu’on m’oblige à faire quelque chose, directement ou non, il faut que je fasse l’inverse, c’est plus fort que moi. On ne me donne pas d’ordre, pas à moi.

Cependant, je ne la sentais pas comme d’habitude – enfin comme la dernière fois. Il y avait quelque chose de différent, de limite dérangeant en fait. Son gémissement déjà. Il était bizarre. Mais bon, je ne m’arrêtais pas pour autant. Je continuais d’embrasser son cou, son oreille, mais voilà qu’elle me suppliait. S’il te plait quoi ? Le ton de sa voix était alarmant, désespéré, sanglotant, elle s’était raidie. Qu’est-ce qu’il lui prend ? Décidément, je ne vais pas réussir à la comprendre ce soir… Pas ce soir ? Oh, parce qu’elle envisage un autre jour ? Pourquoi me supplie-t-elle d’arrêter ? Ça n’a pas de sens. Je fronçais les sourcils sans comprendre. Je me redressais légèrement et retirais mon bras lorsqu’elle le lâcha. Bon sang. C’est quoi son problème ? Pourquoi parait-elle si troublée ? Pourquoi s’excuse-t-elle ? Tant de questions… Assis sur le lit, je me penchais vers la table de nuit, de mon côté, pour allumer la lampe de chevet.

« Merde. »

Ben oui, on n’a toujours pas de courant alors ça ne risque pas de marcher. Tant pis, j’attrapais la lampe torche que j’allumais tout en me rasseyant. Ah ben voilà, un peu de lumière. J’évitais de lui éclairer le visage alors je posais simplement la lampe sur mon oreiller pour que je puisse voir un minimum clair. Je posais une main sur son épaule pour l’allonger sur le dos, pour que je puisse voir son visage. Elle semblait tellement… vulnérable. Elle avait l’air si tourmentée. Olivia, qu’est-ce qu’il t’arrive ? Est-ce que ça a un rapport avec la date du jour ? La fameuse St-Valentin ? Elle a dit que c’était une mauvaise date et qu’elle passait cette journée devant des films niais et débiles d’amour à pleurer. Je suppose que ça a un rapport. Est-ce à cause d’une peine de cœur ? Elle m’avait dit il y a bien longtemps que le sujet sur sa vie amoureuse était tabou. Voilà donc la raison ? Ça pourrait expliquer son état actuel et pourquoi elle accorde autant d’importance à cette date. Mais alors pourquoi vouloir que je reste ? Je ne comprends pas. Mais d’une certaine manière sa détresse me fait de la peine. Je ne sais pas vraiment pour quelle raison, mais ça me touche. Pourquoi ? Pourquoi est-ce que je ressens de la peine pour elle ? Ce n’est pas logique, ce n’est pas moi. Ça doit être l’effet de la panne de courant, et puis les films pour nanas m’ont monté à la tête, j’en suis sûr. Plus jamais je ne regarderai ce genre de film, ça me ramollit.

« Eh, ça va, calme-toi. »

Je me sentais obligé de la rassurer. Elle doit me laisser me reposer tranquillement dans mon lit ? Lorsqu’elle évoqua le fait que je pouvais me trouver une nana dans la rue pour me tenir compagnie pour la nuit, je haussais les sourcils, surpris d’une telle proposition. Elle qui est pourtant jalouse à chaque fois, elle me pousse carrément au vice là. C’est étonnant. Surprenant. Anormal.

« Qu’est-ce que tu racontes ? Viens par là. »

J’attrapais ses bras et l’attirais vers moi pour qu’elle s’asseye. Immédiatement après je la prenais dans mes bras, la serrant contre moi. L’une de mes mains se perdait dans ses cheveux. Je prenais un ton rassurant, réconfortant, calme pour l’apaiser.

« Je ne vais nulle part. Je ne sais pas ce qui te perturbe mais ok, on va dormir tranquillement, je suis là si tu as besoin de moi. »

Je la gardais un certain temps dans mes bras, caressant ses cheveux. Elle ne veut peut-être pas être toute seule pour ce soir, en ce jour si particulier et douloureux pour elle, alors si elle veut que je reste, je reste. Ça me rappelle quand j’étais petit, à la maison. Quand Ellen ou Killian faisait des cauchemars, c’était toujours dans ma chambre qu’ils venaient en pleurant. A chaque fois, je les prenais dans mes bras, pour les réconforter et je les laissais dormir avec moi. Ça les rassurait. J’ai l’impression de revenir des années en arrière, à jouer le rôle du grand frère protecteur. C’est … bizarre. Je m’écartais légèrement d’elle pour prendre son visage entre mes mains pour le positionner en face du mien.

« Ça va aller, d’accord ? Calme-toi. Tout va bien. Je suis là. »

C’était exactement les paroles que je prononçais quand j’étais petit pour calmer mon frère et ma sœur. On ne perd pas nos vieux réflexes. En parlant de ça, par automatisme, je déposais même un bisou sur son front. Ah les vieilles habitudes… je me rallongeais à ma place sur le dos après avoir déplacé la lampe à côté de moi. Je la regardais toujours et j’écartais l’un de mes bras pour qu’elle puisse venir s’installer contre moi, si elle le souhaitait.

« Viens. »



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Sam 28 Mar - 1:23



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


Surpris par ma supplique, Owen se redressa sur le lit, allumant la lampe en poussant une exclamation et je restais là, immobile, figé, incapable de retenir les larmes qui coulaient silencieusement sur mes joues. Sa main se posa rapidement sur mon épaule, m'obligeant à me mettre sur le dos et je fermais les yeux, mes larmes sur mes joues trahissant tout mon malaise. Il m'assura que ça allait, m'intimant de me calmer, mais je préférais jouer la carte de la fuite, lui dire d'aller voir ailleurs, de se trouver la première fille sexy dans la rue et de prendre du bon temps avec elle. De m'oublier. Me laisser dans ma misère en ce jour si particulier. Me laisser seule avec mes démons et mes fantômes, avec la douleur qui m'enserrait le cœur et me tordait l'estomac.

Owen me demanda ce que je racontais, avant de m'attirer dans ses bras, m'obligeant à m'asseoir. Il me prit dans ses bras avant que je n'ai le temps de réagir, passant une main caressante dans mes cheveux. Il m'assura qu'il n'irait nulle part, qu'il ne savait pas ce qui me perturbait, mais qu'il allait dormir avec moi tranquillement. Qu'il était là, si j'avais besoin de lui. Je m'étais tendu dans les premiers instants, face à cette étreinte si inhabituelle pour nous, parce que réelle et sincère. Il voulait réellement me réconforter. Je le sentais dans le ton de sa voix, dans ses gestes doux et prudents. Il voulait vraiment m'apporter un soutien dont il ignorait la teneur et que j'arrête d'aller mal. Pas seulement pour que j'arrête de pleurer comme une idiote, mais pour que j'arrête juste d'avoir mal.

Puis, doucement, il m'écarta, attrapant mon visage pour me regarder dans les yeux et m'assurer encore une fois que ça allait aller, qu'il était là et que tout allait aller. Il posa même un baiser réconfortant sur mon front, avant de s'allonger. Il écarta les bras, m'invitant par les gestes et par les mots à venir contre lui et j'hésitais un instant, rougissant un peu, les larmes coulants toujours sans que je ne parvienne à les retenir. Puis après quelques secondes, je cédais et m'allongeais contre lui, passant un bras autour de son torse, calant ma tête dans son cou. Je fermais les yeux, laissant sa chaleur m'envahir peu à peu, son odeur prendre le pas sur toutes les autres et le rythme de son cœur, contre ma poitrine, imposer son rythme au mien.

« Tu te souviens de ce film que tu regardais cet après-midi, celui de cette organisatrice de mariage qui tombe amoureuse du fiancé ? », dis-je après un moment de silence. Avais-je envie de lui en parler ? Non. Allais-je tout lui dire ? Assurément pas. Mais il faisait l'effort de rester pour moi, parce que je n'étais pas bien, alors qu'il aurait pu simplement s'en aller et il méritait de comprendre... au moins en partie. Pourquoi l'amour avait été rayé définitivement de ma vie. J'allais peut-être le regretter demain. J'allais sans doute le regretter un jour, quand il s'en servirait pour obtenir ce qu'il voulait de moi, mais il méritait au moins d'avoir une idée de ce qui m'avait brisé au point que je sois si faible en ce jour, malgré sa présence qui avait tendance à me transformer en robot sans émotions. « Tu vois la mariée, lâché au pied de l'autel, le marié disparu avec pour seule explication une lettre d'excuse ? J'ai été cette fille. Sauf qu'il n'est pas parti avec l'organisatrice de mariage, mais tout seul, parce qu'il n'a pas eu besoin qu'une fille lui fasse tourner la tête pour réaliser qu'en fait il n'était pas assez amoureux de moi pour aller jusqu'au bout et formuler les vœux qu'il m'avait lui-même proposé de formuler. Et qu'il n'a pas laissé de lettre, mais juste un appartement vide et aucune explication. J'ai toujours ignoré s'il avait pensé que sa simple fuite suffisait à me faire comprendre pourquoi il était parti ou si je ne comptais juste pas assez pour avoir au moins droit à un pourquoi... »

Je fermais les yeux, pressant fortement mes paupières les unes contre les autres, comme si cela pouvait tout effacer. Comme si cela pouvait annihiler cette soirée, la douleur, le tatouage caché sous mon T-shirt et tout le reste. Caché dans son cou, je me mordis la lèvre, m'en voulant de lui faire ça, de lui imposer cette fille minable que j'étais en ce jour particulier. M'en voulait de lui montrer combien la Olivia Penrose qu'il connaissait n'était qu'une façade et combien la fille cachée toute l'année sous le masque était vulnérable et facile à détruire. J'étais vulnérable et je le lui montrais, lui l'homme contre qui je m'étais battu pendant quatre ans pour qu'il ne découvre jamais comment me mettre à terre... « Je crois que tu méritais de comprendre... Merci de rester... », soufflais-je en serrant un peu mon bras autour de lui sans vraiment le réfléchir. Il n'était vraiment pas obligé de rester, même si mon corps, lui, ne semblait vouloir demander que sa présence et que je n'étais en état de réfléchir pour réfuter cela et lâcher sa peau. Mes doigts se plaisaient trop à sentir le grain de sa peau sous ma pulpe, la pilosité de son torse chatouillant mes bras nues avait trop le don de m'envoûter et de me calmer pour que je ne lutte contre le besoin irrépressible d'avoir cet homme si proche de moi pour la nuit, ce jour où j'avais trop l'habitude d'être seule.

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Sam 4 Avr - 1:26
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La voir dans cet état ne me plaisait pas. Je n’avais pas l’habitude de la voir comme ça et ça me déplaisait. Elle semblait si vulnérable. Où est passée la femme forte et têtue que j’ai l’habitude de côtoyer ? Où est passée la battante qui n’hésite pas à me lancer des piques ? Où est passé mon robot sans cœur et accro à son travail ? C’est comme si je ne la reconnaissais plus et ça me perturbe. J’en perds mes repères. Si mon assistante flanche, son travail va suivre, ainsi que le mien. Je ne peux pas me permettre de la perdre. Combien de temps ça va durer ? Est-ce que c’est juste aujourd’hui parce que c’est la saint-valentin ? Est-ce que ce sera encore le cas demain et les jours à venir ? Je n’espère pas… Déjà qu’on perd du temps avec cette foutue panne de courant.

Je l’avais sentie se raidir lorsque je l’avais attirée vers moi. Bon sang, elle est traumatisée à ce point ? Je ne suis pas un monstre, je ne vais rien lui faire. Mais je ne peux pas réellement juger sa réaction, chaque être humain réagit différemment. Je m’étais allongé par la suite, l’invitant à venir s’installer dans mes bras. Elle voulait que je reste, même si elle ne l’avait pas clairement dit, alors je suppose qu’elle voulait venir contre moi ? Comme elle l’avait fait au départ. J’avais tenté de la rassurer comme je le pouvais. Je ne suis pas très doué dans ce domaine, mais c’était comme ça que je faisais avec mes frères et sœurs et ça fonctionnait à chaque fois. Alors j’avais supposé que ça marcherait sur elle aussi. Elle hésita et avec la lumière de la lampe j’arrivais à distinguer les larmes qui coulaient le long de sa joue – bon, je le savais aussi parce que je tenais son visage quelques secondes avant. J’avais beau être un connard – oui, je le reconnais – je n’aimais pas voir les femmes pleurer. Surtout quand je n’y suis pour rien.

Elle finit par s’allonger contre moi en posant sa tête dans mon cou et passant son bras autour de moi. Je tirais la couette sur nous, posais ma tête contre la sienne et je laissais ma main dans son dos, entremêlant mes doigts dans ses mèches de cheveux de temps à autre. Mon autre bras venait se poser sur le sien et je caressais doucement sa peau avec mon pouce. Si ça peut lui faire du bien, alors on va rester comme ça et même s’endormir comme ça si elle le souhaite. Je dois dire que sa détresse m’a complètement refroidi. Comme l’effet d’une douche froide. Là au moins, elle est sûre que je ne vais pas me jeter sur elle. Pas dans son état.

Elle brisa le silence, me demandant si je me souvenais du film que j’avais vu dans l’après midi. Celui avec une organisatrice de mariage qui tombe amoureuse du marié. Hum oui. Oh, elle l’a regardé aussi ? On était donc sur la même chaine alors. Ouais ben ce film était nul. « Oui, je m’en souviens. » Et ce n’était franchement pas le film de l’année. Mais où est-ce qu’elle veut en venir ? Est-ce qu’elle veut qu’on discute de tous ces films niais qu’elle se force à regarder ? Si elle a subi une déception amoureuse, j’imagine bien que ça lui retourne le moral. Pourquoi s’infliger ça ? Devant des navets pareils qui plus est. Ah les femmes… Elle reprit la parole, commençant à me poser des questions sur le film. Quoi, on va débattre là-dessus ? Je me souviens effectivement comment le mec s’est tiré comme un voleur en laissant sa future femme oui. Un comportement de lâche soit dit en passant. Si tu n’es pas prêt à te marier, tu ne le proposes pas. Les films sont mal foutus quand même. A qui ça arriverait ce genre de truc ? Mais mes pensées s’étaient stoppées net lorsqu’elle avait continué. Oh… Elle l’a vécu… J’en avais même arrêté de caresser son bras sous le choc de cette déclaration surtout que je pensais cela impossible quelques secondes avant. Elle allait se marier mais son futur mari est parti. Seul. Ah. Il l’a abandonné le jour du mariage aussi ? Oh seigneur… Pourquoi lui avoir demandé de l’épouser s’il n’était pas amoureux ? Bon, ok, là-dessus, je n’ai rien à dire, mais je suis allé au bout moi. Il est parti comme un voleur ? Sans laisser de lettre ? Aucune explication… Comment peut-on être aussi lâche et puéril ? Je ne comprends pas. C’est parce qu’il a paniqué au dernier moment ? Mais pourquoi attendre le dernier jour alors ? Oh mon dieu, j’imagine la réaction des invités… De la famille… Et le choc pour Olivia. Et depuis, elle vit avec, ne sachant toujours pas la raison de son abandon. Je comprends un peu mieux sa réaction. Cet enfoiré lui a brisé le cœur parce que je suppose qu’elle était amoureuse, elle. Je ne peux pas comprendre ce comportement moi non plus. Quand on n’est pas prêt, on ne se lance pas. A quoi bon gâcher la vie des autres ? Lorsqu’elle eut terminé, j’amenais la main que j’avais dans son dos pour la poser derrière sa tête et je recommençais à caresser son bras avec mon pouce. « Je suis désolé. Sincèrement. » Je ne voyais pas quoi dire d’autre.

Pour conclure son récit, elle affirma simplement que je méritais de comprendre. Elle n’était pas obligée de me raconter son histoire. Je serais resté de toute manière, en sachant ou non la vérité. Je ne vais pas l’abandonner alors qu’elle se trouve en difficulté, on est une équipe. Son bras se resserra autour de moi et cela ne fit que me conforter dans l’idée qu’elle avait besoin de moi. « Je n’allais pas te laisser toute seule alors que tu ne vas pas bien. On est une équipe, alors je ne vais pas t’abandonner dans les moments difficiles. Et puis, je te l’ai dit, ce soir, je ne suis pas le patron. Alors, je ne sais pas, considère moi comme ce que tu veux. » Je ne pensais pas la voir dans cet état un jour. Moi qui la pensais si forte et indestructible. Il faut croire qu’elle cache bien son jeu. Mais en même temps, on a tous nos faiblesses, certaines beaucoup mieux dissimulées que d’autres. « Tu peux dormir tranquille. » Si elle y arrive. « Je ne vais pas bouger de là. Je te le promets. » Et je suis un homme de parole. Je tiens chacune de mes promesses et elle le sait.



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Sam 4 Avr - 23:02



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


Je me sentais stupide, une véritable idiote, mais en ce jour particulier, tout remontait à la surface très vite. La St Valentin était la seule fête de l'année que j'associais toujours à Dimitri et que je ne parvenais à lui défaire. Noël était dédié à la famille, le jour de l'an n'était qu'un jour annonçant une année de plus. Pâques était pour mes neveux et nièces, les vacances d'été pour la détente loin d'Owen O'Ceallaigh et son esclavagisme constant. L'anniversaire de Dimitri ? Je n'y prêtais plus garde. Notre anniversaire de rencontre ? J'avais effacé la date de ma mémoire, je ne parvenais même plus à me rappeler du mois exact. Le jour supposé de notre mariage ? Maman se faisait un devoir de me donner mille choses à faire pour préparer ma venue à L.A., chaque année. Je savais qu'elle le faisait exprès. Elle m'obligeait à parcourir tous les magasins de jeux pour ramener LE jouet à la mode pour un de ses petits enfants qui - bien évidemment - ne se trouvait plus à L.A. ou à aller faire les boutiques pour trouver LA robe parfaite pour le brunch du dernier week-end d'août pour June ou la dernière tenue à la mode pour les jeunes de l'âge de Carlie... Une année, elle m'avait même envoyée cherché une version originale d'un compte rendu d'une grande affaire, tout à fait semblable à celle que traitait papa. Tout pourvu que je garde l'esprit occupé et que je ne pense pas au jour que nous étions. Je l'en remerciais chaque année en silence et elle comprenait, parce qu'elle était ma mère et qu'elle savait que même après tout ce temps, j'avais cruellement besoin qu'elle continue de le faire. Encore et encore. Mais la Saint Valentin...

Je n'avais jamais été capable de traverser la Saint Valentin sans heurt. Parce qu'il me prenait toujours par surprise. Chaque fois que je pensais être capable de passer au travers, la vérité me revenait en plein visage. Alors, j'avais pris l'habitude d'attendre la nuit tombée, le retour à la maison. Je me concentrais sur le travail au bureau, je restais la parfaite petite assistante qu'Owen avait toujours connu, puis une fois dans la solitude de mon appartement, une fois la journée terminée, je m'enfermais pour pleurer tout ce que j'avais dans le cœur, dans les tripes et dans la tête. Je pleurais jusqu'à ce qu'aucune larme ne coule plus. Je pleurais jusqu'à la déshydratation et je laissais la douleur et la peine m'envahir pleinement, me ravager, me noyer totalement. Je croulais sous tout ce poids, je souffrais un bon coup toute la nuit et le lendemain, plus rien n'y paraissait. Mon rituel se terminait aussi vite qu'il avait commencé et disparaissait dans le silence d'une nuit de 14 février... Sauf que cette année, j'avais un public et j'avais beau avoir tout tenté pour ne rien lui montrer, j'avais finalement cédé. Parce que je ne savais pas gérer ce jour-ci et que tôt ou tard, il m'aurait fallu craquer...

Après le récit de ma pathétique histoire, Owen m'assura qu'il était sincèrement désolé. Je fermais les yeux, consciente que oui, il l'était. Dans un moment comme ça, avec moi, qui avait tant l'habitude de l'entendre me dire qu'il n'en avait rien à faire de mes problèmes et que le travail comptait avant tout, s'il disait être désolé, je n'avais même pas besoin de le regarder dans les yeux pour savoir que c'était vrai. Si ça n'avait pas été le cas, il n'aurait juste rien dit. Il ajouta qu'il n'avait aucunement l'intention de me laisser seule, que nous étions une équipe et qu'il n'allait pas m'abandonner dans un moment difficile et je sentis mon cœur louper un battement. Une équipe ? C'est ce que j'avais toujours voulu que nous soyons. C'est ce qui nous rendait bon dans notre travail. Même si pour beaucoup, notre équipe était étrange, bancale, pleine de conflits... Nous étions réellement une équipe. Deux personnes travaillant parfaitement ensemble. Les câlins dans les moments difficiles ne faisaient pas vraiment parties de notre association, cependant et rien que cela réussissait à me perturber...

Il m'assura que je pouvais dormir tranquillement, qu'il n'allait pas bouger. Il m'en fit même la promesse et une fois de plus, je savais qu'il ne mentait pas. Parce qu'Owen O'Ceallaigh préférait dire la vérité la plus blessante et rendre une transaction plus difficile que de mentir pour le plaisir de qui que ce soit. Alors, pour la première fois depuis longtemps, je me laissais aller. Collée à son corps, la tête enfouie dans son cou, les larmes coulant librement et silencieusement de mes yeux, alors que j'avais cessé de vouloir tenter de les retenir, sachant que je n'y parviendrais pas, de toute façon, je me permis d'être moi, de laisser mon corps agir. Je laissais les spasmes et les hoquets désespérés me prendre, alors que mon esprit était envahi. Non pas par l'absence de cet homme qui m'avait brisé, non pas par cette rencontre fortuite que j'avais eu avec lui quelques semaines plus tôt, quand j'avais découvert qu'après tout ce temps, il n'était qu'à quelques pâtés de maison de ma propre maison, mais pour l'autre vie brisée. Pour cette vie qui n'avait plus que pour preuve sur mon corps le tatouage récemment acquis sous mon sein gauche. Pour cette vie que j'avais détruite, parce que j'étais trop faible pour prendre le risque, pour assumer. Pour cette vie dont je ne pouvais pas parler à Owen, par peur qu'il me déteste ou par peur que s'il le découvrait, alors plus jamais je ne pourrais vivre dans un univers où cela n'avait pas existé. Ma famille me rappelait toujours trop douloureusement ce que j'avais fait par des regards ou des phrases maladroites et mal rattrapées. La Saint Valentin m'y confrontait encore, années après années... Owen, le boulot, mon appartement... c'était des endroits vierges de cela. Des espaces de calmes, loin de la pensée qui pouvait me détruire pour de bon. Je ne voulais pas le voir dans ses yeux ensuite. Je ne voulais pas qu'un jour il s'empêche de dire ''Heureusement que tu n'as pas d'enfants, toi et que je n'ai pas à jouer les pères de substitution'', comme cela lui prenait parfois en voyant les enfants de mes frères et sœurs, parce qu'il réaliserait en le disant que je n'en avais pas parce que j'avais commis l'irréparable. Je ne voulais pas voir cela dans ses yeux.

Lentement, peu à peu, mes larmes finirent par se tarir, sa main dans mes cheveux aidant, son odeur dans mes narines m'apportant un apaisement rare, sa chaleur contre ma poitrine perçant mon cœur, intimant son rythme ainsi que celui de sa respiration. Et lentement, peu à peu, je finis par m'endormir, bercé par les mouvements de sa cage thoracique et le tam-tam de son palpitant.

Je me réveillais bien des heures plus tard, lorsque le soleil baigna d'une douce lumière la chambre que j'avais quittée dans le noir le plus complet. Doucement, je relevais la tête, mettant plusieurs secondes à me rappeler pourquoi j'étais dans les bras d'Owen, l'un des siens autour de ma taille, mes jambes emmêlées aux siennes, la joue sur son cœur. Nous étions le 15 février et je n'avais pas autant et si bien dormi depuis bien longtemps. Depuis une bonne décennie. Bien évidemment, il faudrait me tuer plutôt que je ne l'avoue à Owen, mais je devais avouer qu'après des années à vivre cette soirée tortueuse en solitaire, la passer dans les bras d'un homme avait quelque-chose... d'apaisant ?

Il me fallut quelques minutes supplémentaires pour arriver à focaliser assez mon regard pour voir autre chose qu'une clarté floue. Posant les yeux sur mon radio-réveil, je réalisais que le courant n'était toujours pas revenu. Génial ! On allait prendre un retard monstre, je n'allais pas avoir mon café et j'aurais une chance digne d'une pieuse si j'avais droit à une douche chaude. Et merde !, songeais-je en soufflant doucement. Notre eau chauffait à l'électricité, exactement comme nos lumières, le réfrigérateur, les plaques de cuisson ou même les radiateurs. A tout casser, nous devions avoir une bonbonne d'eau chaude pour deux douches rapides, mais nous n'aurions jamais assez pour plus et je savais très bien que si Owen mettait les pieds dans la salle de bain en premier, j'aurais, quoi qu'il advienne, une douche froide. Qu'importe ce qu'il s'était passé hier soir, la nuit passée, la journée commençant sans électricité, il allait être exécrable et tout faire pour défouler sa mauvaise humeur. Il fallait à tout prix que j'ai une douche chaude, même rapide, pour pouvoir le supporter, si je ne pouvais pas avoir ma dose de café. Il faut que je trouve une gazinière de camping pour pouvoir faire du café !, songeais-je en me disant que je pouvais peut-être en trouver une dans le grenier chez mes parents.

Décidant de me presser avant qu'il ne se réveille à son tour, je glissais doucement une main entre mon corps et son bras, glissant précautionneusement hors du lit en essayant de ne pas le réveiller. Je souris, amusée et fière de moi, quand je fus sur mes pieds et que je contrôlais qu'il dormait toujours du sommeil du juste. Toujours sans faire de bruit - la force de l'habitude dans une maison où vous pouviez à tout moment vous retrouver à réveiller un parfait inconnu dormant sur le canapé du salon - je récupérais de quoi m'habiller et quittait la chambre pour rejoindre la salle de bain. Une fois nue, je glissais précautionneusement une main sous le jet d'eau, m'attendant à la trouver gelée, heureuse de constater que non, elle était chaude. Je glissais donc dans la douche, m'arrosant le plus rapidement possible toute entière avant de couper l'eau le temps de me savonner et de la rallumer avec inquiétude. Un gémissement de plaisir m'échappa lorsque l'eau chaude rinça le savon sur ma peau, délassant mes muscles. Il fallait que je fasse vite, avant de ne plus avoir d'eau chaude du tout...

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Dim 5 Avr - 13:35
Blackout - Happy Valentine's Day !

Je tentais de la rassurer, du mieux que je pouvais. Je ne sais pas réellement si j’avais trouvé les mots justes, parce que je ne suis pas doué pour ça. Je ne savais pas non plus quoi dire d’autre parce que je ne suis pas habitué à faire face à ce genre de situation, et encore moins avec Olivia, elle qui m’a habitué à autre chose. Avec elle, on se bat plutôt à coups de piques ou alors je lui balance des ordres sans retenue. Là, c’était clairement nouveau pour moi. J’espérais avoir agi pour le mieux, pour qu’elle se sente un peu mieux. Je pouvais comprendre son état en ce jour de fête des amoureux à cause de son ex qui l’a plantée le jour de son mariage. Je pensais que le sujet de sa vie amoureuse était un sujet tabou, comme elle me l’avait bien spécifié il y a quelques mois. Pourtant, elle avait franchi le pas et m’avait raconté une partie de son histoire. Je me doutais bien qu’elle m’avait raconté uniquement les grandes lignes, mais je trouvais que c’était déjà pas mal. Je sais qu’elle ne m’apprécie pas énormément alors elle a dû vachement prendre sur elle pour ne serait-ce qu’évoquer le sujet.

Je lui promis que je resterais là toute la nuit, dans son lit et qu’elle pouvait dormir tranquille si elle y arrivait. Je ne pouvais pas la laisser seule dans cet état. Je sentais qu’elle avait besoin de moi même si elle ne voulait pas me le dire clairement. Je sentais bien son bras s’accrocher autour de moi, elle me serrait trop fort, j’en conclus qu’elle avait besoin de moi. De toute façon, je n’avais pas spécialement envie de dormir tout seul, je dors mieux avec quelqu’un. Et puis, je préférais rester près d’elle pour la surveiller également. On ne sait jamais, elle peut faire une connerie. Elle craqua d’un seul coup après que j’eus fini de parler. Je sentais ses larmes couler dans mon cou, je sentais ses tremblements contre mon corps. Elle pleurait, et je ne pouvais rien faire d’autre que faire acte de présence. Je ne savais pas quoi dire. Je ne savais pas quoi faire. Alors, je me contentais de la serrer contre moi et de caresser ses cheveux, espérant que ça lui fasse du bien. Elle avait peut-être besoin de craquer et de se laisser aller pour évacuer toute sa tristesse. Si ce jour la met encore dans cet état-là, c’est que ça doit être récent, non ? Je ne pense pas qu’au bout de dix ans, on ait toujours la même réaction ? Peu importe, je ne voulais pas lui poser de question, alors je vais juste attendre que ça passe.

Elle se calmait peu à peu. Je ne savais pas depuis combien de temps on était comme ça, ni pendant combien de temps elle avait pleuré puisqu’il n’y avait toujours pas de courant. A force de rester dans le noir et allongé, je sentais la fatigue arriver. Je commençais à somnoler quand je sentis qu’elle ne bougeait plus. Ma main s’arrêta de caresser ses cheveux sans que je ne m’en rende compte et finalement je m’endormis à mon tour.

La lumière du jour ne me dérangeait pas pour dormir. Il m’arrivait souvent d’oublier de fermer les volets de ma chambre. J’étais habitué à dormir avec de la lumière, depuis tout petit. Alors ça ne m’empêchait pas de dormir. Je commençais à bouger dans mon lit, gardant les yeux fermés parce que je me sentais encore fatigué. Je me tournais pour m’allonger sur le ventre, étalant mes bras et mes jambes pour m’étirer un peu. J’entendis un bruit d’eau couler. J’ouvris un œil, à moitié dans le gaz et je mis quelques secondes pour réaliser que je n’étais pas dans mon lit, pas dans ma chambre. Je relevais la tête en plissant les yeux et je jetais un œil au réveil. Mais rien. Quoi, toujours pas de courant ? Oh merde. L’eau ne coulait plus. Je me retournais de nouveau sur le dos et me frottais les yeux pour tenter de me réveiller convenablement. La nuit me revenait alors en mémoire. Olivia ne se sentait pas bien alors j’avais passé la nuit avec elle. Voilà pourquoi je me réveille dans son lit et non dans le mien.

L’eau se mit à couler de nouveau. Olivia prend donc sa douche. Je m’étirais encore une fois me demandant bien ce que j’allais pouvoir faire aujourd’hui, espérant sincèrement que le courant allait revenir dans pendant la journée. Et soudainement, je me stoppai dans mes gestes et mes réflexions. Olivia est en train de prendre sa douche. Mais on n’a plus de courant. Donc plus d’électricité égal plus d’eau chaude. Alors pourquoi je ne l’entends pas crier ? Oh bordel ! Il doit rester un peu d’eau chaude ! Elle va tout prendre ! Certainement pas ! Je me levais en quatrième vitesse pour rejoindre la salle de bain. Qu’est-ce que je fais, je rentre directement ? Je l’ai déjà vue nue… « Olivia ! Ne prends pas toute l’eau chaude ! » Je vais déjà être de mauvaise humeur si le courant ne revient pas très vite, mais alors si je commence la journée avec une douche froide, ce sera terrible. Et me connaissant, je vais passer mes nerfs sur tout ce qui m’entoure.

Mais qui sait depuis combien de temps elle est là-dedans ? Je dormais alors je n’ai pas fait attention, mais si elle gaspille toute l’eau ? Ça fait peut-être longtemps qu’elle est sous la douche. Peut-être qu’il ne reste déjà presque plus d’eau chaude ! Oh et puis merde, je ne vais pas attendre qu’elle finisse, je vais me faire avoir. Je l’ai déjà vue nue, on a déjà pris une douche ensemble. Enfin, on ne s’était pas vraiment lavés cette fois-là mais bon ! Peu importe. Je ne vais pas attendre trois plombes qu’elle daigne sortir de là. Alors pour gagner du temps et pour pouvoir sauter dans la douche aussitôt rentré, j’enlevais déjà mon boxer que je laissais par terre. J’ouvrais la porte et je constatais qu'elle n’était pas verrouillée – heureusement pour moi, parce que je n’avais pas pensé à vérifier avant de me déshabiller. J’avançais enfin dans la salle de bain pour me diriger vers la douche.



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Ven 1 Mai - 20:59



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


La nuit avait finalement été bien meilleure de bien des nuits de St Valentin que j'avais vécu depuis l'abandon par Dimitri. Le revoir... affronter ce qui nous avait touchés, ce que j'avais fait par dépit à cause de lui, n'avait fait que rendre cette journée plus difficile, que rendre la crise plus violente et j'avais eu beau me contenir toute la journée, une fois le moment de craquer venue, je n'avais pu retenir la vague, même avec Owen près de moi... Surtout avec Owen près de moi. Pas quand il savait si bien faire réagir mon corps sous l'assaut de ses lèvres et de ses caresses. J'avais beau le prétendre, je n'oubliais pas notre unique nuit ensemble, combien de fois nous avions fait l'amour, combien de fois il m'avait fait perdre la tête. Je n'avais pas ressenti ça depuis dix ans, je n'avais pas été si proche d'un homme, depuis dix ans, alors bien évidemment, me retrouver contre lui à ce moment-là, n'avait fait qu'empirer les choses, me rendant plus vulnérable et plus hystérique. Et pourtant, il avait réagi comme un chef et m'avait permis de me calmer, de me reposer même et j'avais finalement eu le meilleur sommeil de St Valentin que j'avais pu avoir depuis des lustres.

Mais la nuit noire était passée et le matin avait fini par se lever. Owen et moi étions doués pour laisser derrière nous les faiblesses de la veille. Aujourd'hui ne serait pas différent de la nuit où nous avions fait l'amour. Ce matin, tout serait effacé et je ne serais à nouveau que l'assistante caractérielle d'un connard d'éditeur... Et cela commençait dès la réalisation que le courant n'était toujours pas revenu et que nous allions nous retrouver à nous battre le soupçon d'eau chaude qui pourrait permettre une douche.

Bien heureuse que j'étais, je m'étais réveillée la première, sous la lumière de l'aube et avais donc été la première à réaliser que nous n'avions toujours pas d'électricité. Plus heureuse encore, j'avais pu m'extraire du lit sans le réveiller et rallier la salle de bain avant qu'il n'émerge des bras de Morphée. Malheureusement, aussi rapide que soit ma capacité à prendre une douche, j'ignorais totalement combien d'eau chaude il nous restait et très vite, le bruit du jet réveilla Owen qui me cria de ne pas prendre toute l'eau chaude. Ouf ! J'étais parvenue à finir ma douche en un temps records et je pourrais lui laisser volontiers les derniers litres d'eau, mais alors que j'allais fermer les robinets, le chaud disparu, ne laissant plus que l'eau glaciale. Je poussais un cri, entre la surprise et l'inconfort, en quittant au plus vite la douche à reculons. Dans la débâcle, je n'entendis même pas la porte de la salle de bain s'ouvrir et se claquer. Je me retournais vivement, bras collés contre ma poitrine pour me protéger du froid et percutait de plein fouet le torse musclé d'un Owen bien trop pressé de me rejoindre pour profiter d'une eau chaude désormais évaporée.

J'allais pousser un juron quand l'eau sous mes pieds se fit traîtresse, me faisant tomber un peu plus vers l'avant, directement dans les bras d'un Owen OH MON DIEU !!! complètement nu, plutôt que de me pousser vers l'arrière comme j'en avais l'intention. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, nous nous retrouvions par terre, entièrement nue, l'un comme l'eau, moi frigorifié par l'air froid de la maison et les dernières bribes glacées de la douche, lui sans doute furibond de découvrir que je claquais des dents et que nous n'avions donc plus d'eau chaude.

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Ven 1 Mai - 22:55
Blackout - Happy Valentine's Day !

Elle avait beau être en faiblesse cette nuit, ce n’est pas une raison pour qu’elle utilise toute l’eau chaude qu’il reste. Il ne doit plus en rester beaucoup d’ailleurs. Je ne sais même pas depuis combien de temps elle est sous la douche. Et si elle liquide les dernières gouttes ? Je vais me laver comment après moi ? Il est hors de question que je prenne une douche froide, c’est mort. On a eu nos moments de faiblesses respectifs, elle plus que moi, mais c’est fini maintenant. Le passé c’est le passé, on va de l’avant maintenant. Finies les états d’âme. J’espère pour elle que c’est passé parce qu’aujourd’hui avec la panne de courant qui est toujours d’actualité, je ne suis pas d’humeur à subir des pleurs. On va encore perdre un temps fou pour le boulot et prendre un retard considérable. Et rien que ça, ça me fout en rogne. Rajoutons à ça la panne de courant et donc l’ennui qui va me gagner et ce sera le jackpot. Alors si je commence la journée avec une douche glacée, je risque de m’énerver très vite. Je ne suis pas quelqu’un de lunatique, mais lorsque les choses désagréables s’accumulent, ça joue rapidement sur mon humeur. Et là, je dois dire que la journée commence mal.

Alors évidemment quand j’avais entendu l’eau couler et constaté que le courant n’était toujours pas revenu, je m’étais précipité vers la salle de bain pour prévenir – menacer – Olivia de ne pas tout utiliser. Mais comme je n’avais reçu aucune réponse de sa part, j’avais pris les devants en entrant dans la salle de bain à mon tour. Pour gagner du temps et pour pouvoir me glisser rapidement dans la douche, j’avais déjà ôté le seul morceau de tissu qu’il me restait avant de rentrer dans la pièce. Mais à peine entré, Olivia me percuta de plein fouet. Ben quoi elle est déjà sortie ? Je n’eus pas le temps de réfléchir plus longtemps ni même de me demander ce qu’il se passait que je me retrouvais déjà allongé par terre, mon assistante sur moi. Oh. Elle était gelée. Je constatais donc qu’il n’y avait plus d’eau chaude. J’aurais pu m’emporter, m’énerver à cause de ça, parce que je ne pourrais pas prendre de douche chaude. Mais j’avais remarqué quelque chose de plus important, de bien plus intéressant.

J’étais peut-être nu, mais elle aussi. Et ça, ça valait tout l’or du monde. Elle m’évite depuis la dernière et unique fois où on s’est envoyé en l’air. Depuis la dernière fois où je l’ai vue nue. Alors là, la retrouver complètement nue, et allongée sur moi qui plus est, je n’aurais pas pu imaginer meilleur réveil. Oui, oui, je me réveille, et mon corps aussi. Je ressentais une légère douleur au dos suite à ma chute mais je dois dire que ça n’avait pas la moindre importance au vue de la situation actuelle. Après quelques secondes, un sourire apparut sur mon visage et mes bras encerclaient déjà son corps. L’une de mes mains se posait au creux de ses reins, l’autre directement sur ses fesses, tant qu’à faire. « Salut toi. Si tu voulais me sauter dessus, il fallait le dire plus tôt. » Je la taquinais mais en même temps, j’étais sérieux. Si elle voulait remettre le couvert, pourquoi pas. Hier elle n’a pas voulu parce que ce n’était pas le moment, mais peut-être qu’aujourd’hui c’est différent. On ne sait jamais. Je suis toujours partant et là au réveil, je peux carrément dire que je suis prêt. Inutile de me chauffer, je suis déjà dans les starting block. En revanche, elle est plutôt froide. Et je parle de sa peau. Pas forcément de son état d’esprit. Alors je la serrais un peu plus dans mes bras. « Et puis je pourrais te réchauffer comme ça. » Je joignais le geste à la parole en approchant mon visage du sien.



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Lun 4 Mai - 17:57



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


Je n'avais passé que quelques secondes sous l'eau froide, mais ça et l'absence de chauffage depuis la veille, en plein moi de février, suffisait à m'avoir glacé jusqu'aux os. Et puis soudainement, une chaleur que je n'avais que trop peur de bien connaître soulagea un peu ma peau glacée... et vint surtout amortir ma chute. Je m'attendis aux hurlements furibond d'un patron complètement agacé d'un tel début de matinée, mais il n'en fut rien. D'abord, il y eut le choc. Pour lui comme pour moi, mais sans doute pas pour les mêmes raisons. Allongé sur lui, à moitié dans ses bras, mes bras comme unique rempart entre son torse et ma poitrine, je sentais sans mal les effets du matin sur son anatomie masculine contre mon bas ventre. Une sensation des plus intimes, que je n'avais plus sentit depuis notre emménagement dans cette maison, depuis que je ne me réveillais plus chaque matin dans ses bras, parce qu'il était incapable de garder son côté du lit. Vint ensuite la réalisation et l'action... Enfin surtout pour lui, car moi, je restais encore quelques secondes de plus sous le choc, alors qu'il encerclait définitivement mon corps et posait ses mains dans le creux de mes reins et sur mes fesses, d'une manière assez étrange, d'ailleurs. Comme... possessive ? Non, c'était juste le fait que je lui sois tombé dessus et que mon bassin se soit automatiquement collé au sien, très réveillé désormais, dans l'incident. Ses mains ne faisaient qu'accentuer la proximité. Il n'y avait rien de plus.

Owen souriait, désormais, s'exclamant que je n'avais juste qu'à le dire si je voulais lui sauter dessus. Il ne changera donc jamais, songeais-je en me retenant de lever les yeux au ciel, alors que j'essayais de me dégager pour extraire mes bras d'entre nos deux corps et ainsi pouvoir me relever. Malheureusement, il resserra son emprise, ajoutant qu'avec une étreinte du genre, il pourrait me réchauffer qui plus est et je cessais de bouger, plantant mon regard dans le sien alors qu'il approchait son visage du mien. « Hmm », laissais-je s'échapper de ma gorge, posant mon regard sur ses lèvres, comme en pleine réflexion sur la possibilité de le laisser me réchauffer de la sorte. Ramenant mes genoux, je tombais une jambe de chaque côté de son corps, mon entrejambe s'approchant dangereusement de son intimité, alors que je me retrouvais à califourchon sur lui. Je posais mes mains sur son torse pour me redresser un peu, ne quittant jamais sa bouche des yeux, pressant mon bas ventre contre son membre déjà tout prêt pour moi. Un sourire espiègle s'afficha sur mes lèvres, alors que nos visages, si près l'un de l'autre, me permettait de sentir son souffle sur la peau entre ma lèvre et mon nez. « Hmm j'adorerais ça, sincèrement », miaulais-je en effleurant sa bouche de la mienne. « Mais la douche m'a complètement refroidie », achevais-je en me figeant, avant de pousser sur mes bras contre son torse pour me relever. Je me remis debout en un temps records, plaquant rapidement mes bras sur ma poitrine, à nouveau, cherchant plus particulièrement à cacher la fine plume abîmée courant sous mon sein gauche. Je tournais rapidement le dos à Owen, faisant mine de rien, hormis d'aller chercher une serviette pour couvrir mon corps. Si j'avais l'air assez détachée, j'étais convaincue de pouvoir cacher l'encre indélébile de ma peau et de refroidir assez ses ardeurs pour qu'il me laisse tranquille... même en s'énervant. De toute manière, je n'avais prévue aucune affaire de rechange, j'étais donc contrainte de retourner dans ma chambre pour trouver de quoi m'habiller. Je pouvais toujours m'enfuir de la salle de bain s'il ne voulait pas la quitter.

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Mar 5 Mai - 21:55
Blackout - Happy Valentine's Day !

La différence de température entre nos deux corps était assez amusante si je puis dire. Elle était complètement gelée, signe qu’il n’y avait plus d’eau chaude, alors que moi, j’étais chaud bouillant. Dans tous les sens du terme. La voir et la sentir complètement nue sur moi, je peux vous garantir que c’est motivant. Quelques gouttes d’eau froide glissaient sur moi, mais ce n’est pas pour autant que ça me refroidissait. Au contraire, l’eau me rappelait la douche qu’on avait plus ou moins partagé, entre autres choses, la nuit où on avait couché ensemble. Cette nuit où je l’avais trouvée tellement différente… C’est d’ailleurs depuis cette nuit qu’on ne s’est pas retrouvés aussi proches. Dans tous les sens du terme, encore une fois. Ainsi mise à ma disposition, je ne m’étais pas fait prier pour poser mes mains sur elle. Pour profiter de toucher son corps, d’une part, mais également pour l’empêcher de se relever trop vite. La connaissant, ça ne va pas durer longtemps.

Elle m’a déjà stoppé hier, je suis prêt à parier que ce sera la même chose aujourd’hui. Mais qui ne tente rien n’a rien n’est-ce pas ? Alors quitte à essayer, j’avais approché mon visage du sien, mon regard fixant ses lèvres. Elle émit une sorte de gémissement faiblard mais avant que nos lèvres ne puissent s’effleurer, elle se redressa pour s’asseoir à califourchon sur moi. Il est vrai que j’aurais un accès plus facile dans cette position. Elle posa ses mains sur mon torse alors que les miennes avait rejoint ses cuisses. Ah, elle sourit. C’est donc dans la poche ? Nos visages étaient si près l’un de l’autre qu’en un seul petit mouvement de la tête de ma part, nos lèvres se toucheraient. Elle susurra qu’elle adorerait ça. Bien, alors allons-y. Mais la douche l’avait refroidie… « Evidemment… » Cette garce me chauffe encore inutilement… Cela aurait été trop beau.

Je me redressais sur mes coudes le temps qu’elle se relève, ne quittant pas son corps des yeux. Je ne peux pas toucher, j’ai bien le droit de regarder. Mon regard se porta d’abord à ce qui était le plus à mon niveau, à savoir son intimité, puis il remontait le long de son corps. Et voilà qu’elle mettait ses bras devant sa poitrine… « Olivia, inutile de te cacher, je t’ai déjà vue toute… » Je me stoppais dans ma phrase, réalisant un détail sur son corps qui n’était pas là la dernière fois. « … nue. » Je l’avais vue entièrement nue la dernière fois et ce truc noir n’y était pas, j’en mettrais ma main à couper. A peine debout, elle s’était vite retournée, m’offrant une jolie vue sur ses fesses, mais j’avais pu repérer cette marque sombre. Je n’ai pas eu le temps de voir ce que c’était, mais je sais ce que j’ai vu. Ça ne peut pas être une tâche, elle vient de prendre sa douche. Ça ne peut être qu’un tatouage, quoi d’autre ? Je ne savais pas qu’elle était du genre à marquer sa peau de manière indélébile. Ce n’est pas vraiment son genre en fait.

Pendant qu’elle allait chercher une serviette pour se cacher encore plus, je me relevais. Je me dirigeais vers la porte pour la verrouiller et je m’adossais contre. Si elle veut sortir, il faudra qu’elle me passe sur le corps. Le petit amusement passé – et sans résultat probant soit dit en passant – ma mauvaise humeur refit surface. Non seulement il n’y a plus d’eau chaude parce qu’elle a tout pris, mais en plus, elle vient de me mettre un vent. Tout pour commencer une merveilleuse journée… Il ne manquerait plus qu’il n’y ait plus de café et j’envoie valser la cafetière. Mais histoire de me détendre et de ne pas péter un câble à cause de cette foutue panne de courant, on va discuter. « C’est nouveau ça. Je ne savais pas que tu étais une adepte des tatouages. » Surtout que la plupart de ces dessins ont des significations. Le problème c’est que je n’ai pas eu le temps de le voir. J’ai juste vu une masse noire, allongée. « Fais voir ? » Je ne l’imaginais pas trop dans ce genre de délire, mais pourquoi pas. Hier j’ai appris qu’elle était une sorte de hippie étant jeune. Elle me surprendra toujours. « Tu ne veux pas te faire un piercing à la langue aussi ? C’est sympa ça. » Bon, ce n’est pas le piercing le plus joli, mais je dois dire que c’est super utile et très appréciable.



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Ven 8 Mai - 13:18



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


Il soupira un « évidemment » blasé lorsque je me relevais. Il ne savait que trop maintenant combien je pouvais être une allumeuse de tous les diables. Il avait l'habitude que je joue le jeu, pour m'échapper au dernier moment. Et depuis que nous avions couché ensemble, je n'avais plus vraiment de scrupule sur le moment à toucher son sexe avec mon bassin pour mieux le titiller et rendre la douche... et bien encore plus froide quand je reculais. J'avais juste à gérer avec mes propres émotions après, parce que même si j'étais doué pour prétendre que cela ne m'affectais pas, mon corps se couvrait toujours de mille frissons et mon intimité se faisait toujours douloureuse quand je pensais à ce que je me refusais en jouant les allumeuses qui ne va jamais plus loin.

Bien sûr, comme je me levais il en profita pour m'observer sans aucune retenue et c'est pour cette raison que je me vis principalement obligé de cacher mon coup de folie faite quelques jours plus tôt. La St Valentin approchante m'avait inévitablement fait penser à Dimitri. Dimitri que j'avais vu il y a peu de temps. Dimitri qui m'avait demandé ce qu'il était advenu du « foetus ». Le mot avait finalement été plus violent que bébé ou haricot ou « chose grandissant en moi ». L'idée m'était alors soudainement devenue trop insupportable, le manque de cette maternité effacée trop difficile à gérer et j'avais eu besoin de marquer de manière visible cette cicatrice invisible qui me faisait souffrir depuis dix ans. Je n'avais juste pas pensé au fait qu'Owen pourrait la voir. Qu'un jour, il était susceptible de se poser la question de l'origine, du message sous cette plume délabrée... Surtout parce qu'elle était délabrée. J'aurais assurément pu faire passer ça pour un coup de folie, une connerie sans importance, un joli dessin que j'avais voulu avoir, si seulement la plume avait été belle à voir. Là, elle n'était belle que parce qu'elle portait un message lourd. Inutile donc de prétendre qu'il n'y avait rien en dessous et que sa position, sous mon sein, près de mon cœur, n'était qu'anodine.

Il ne vit rien au départ, s'amusant juste du fait que je n'avais aucunement besoin de me cacher parce qu'il m'avait déjà vu nue. Il se coupa en pleine phrase, cependant, ne l'achevant que l'esprit ailleurs, parce qu'il avait, semble-t-il, repéré quelque-chose qui l'avait fait dérailler dans sa phrase. Quelque-chose que je ne voulais pas qu'il voit. Je m'étais empressée d'aller chercher une serviette pour cacher plus amplement mon secret et il en profita pour se relever à son tour et fermer la porte. Le cliquetis du verrou me fit me figer, relevant un sourcil. Qu'allait-il me faire ? Pourquoi verrouiller la porte ? Il n'était quand même pas ce genre de mec ? Si ? Il s'étonna que je sois le genre de fille à me faire tatouer et me demanda à voir, mais je préférais rester sur un tout autre sujet. « Pourquoi verrouiller cette porte ? Pour que je ne m'enfuis pas ? », demandais-je en coinçant la serviette pour qu'elle ne tombe pas, m'assurant juste qu'elle m'arrivait bien presque à mi-cuisse, assez en tout cas pour cacher mes fesses et mon entrejambe et je croisais les bras sur ma poitrine désormais couverte en me retournant vers lui. « Tu sais que marié ou non, si je te dis non, ça sera de l'abus que d'avoir des relations sexuelles... n'est-ce pas ? » J'étais tendue. Pas parce que j'avais peur qu'il tente de me violer, mais parce que j'avais peur de ce qu'il pourrait vouloir me soutirer. Depuis la veille, il semblait disposé à jouer la confidence et pas vraiment la sienne. Oui il m'avait dit des petites choses sur lui, mais il m'avait surtout fait parler moi. De choses dont je ne voulais pas parler. De choses que je ne voulais pas confier à mon patron. Ça... ça c'était encore plus intime que toute autre chose. Ça, c'était à moi. Et il n'avait pas à entrer dedans.

Il me demanda ensuite si je comptais aussi me faire un percing à la langue, assurant que c'était sympa et je fis la moue, peu convaincue. « Ouais, c'est vachement sympa les quinze premiers jours, quand tu zozotes à tout va et que tu dois manger des trucs à la paille et de la purée », raillais-je en soupirant. « Tellement sexy. » Je restais silencieuse quelques secondes, évitant soigneusement son regard, avant de finalement accepter de lui parler. Pas pour lui dire, mais pour lui faire comprendre. « Écoutes Owen je... mon corps et tout ce que je lui fais n'appartient qu'à moi. Pourquoi je le fais, n'appartient qu'à moi. Je n'ai ni envie de te le montrer, ni envie de te dire pourquoi je l'ai fais. J'en ai marre de te donner des choses importantes de ma vie et de mon histoire et n'obtenir que des semi-confidences de ta part. » Il m'avait dit des choses la veille, oui, mais lui comme moi savait que nos confidences n'avaient pas le même poids. Je lui avais parlé de mon ex-fiancé, de notre fin violente. Il n'avait qu'évoquer un job difficile et qu'il avait fait le choix de ne plus tomber amoureux à cause d'une mauvaise expérience. Sur le plan des confidences, j'avais une grande marge d'avance et je ne voulais plus rien donner. « Maintenant laisse-moi sortir, s'il-te-plait, que je puisse aller m'habiller. »


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Sam 9 Mai - 19:32
Blackout - Happy Valentine's Day !

Elle avait pris cette fâcheuse habitude, depuis quelque temps, de m’allumer inutilement. Je la sentais venir à des kilomètres, pourtant, j’avais toujours ce petit espoir au fond de moi, qu’elle finisse par céder. La seule fois où j’ai réussi à l’avoir dans mon lit c’est après l’avoir emmenée au bar. Est-ce que je dois la saouler pour espérer obtenir quelque chose de sa part ? D’un autre côté, je pourrais toujours aller voir ailleurs pour satisfaire mes besoins primaires – ce que je fais évidemment – mais pourquoi ne pas retenter avec elle ? Mine de rien, elle était plutôt douée… Dois-je réellement me rabaisser à la faire boire pour parvenir à mes fins ? Tous les moyens sont bons après tout, non ? Et puis, elle fait mine de me résister, mais je sais qu’au fond d’elle c’est un sacré effort. Personne ne peut me résister. Elle a juste de la chance que je n’insiste pas trop. Sinon elle serait constamment dans mon lit. En général, je la taquine, parce que j’ai bien compris qu’elle refuse systématiquement d’aller plus loin – même si j’espère qu’un jour elle ira jusqu’au bout – c’est devenu une sorte de jeu en fait. Et quand je suis trop frustré, et bien je sors pour trouver une fille et pour évacuer ma frustration. Ce n’est pas Olivia qui en profite, tant pis pour elle. Les autres filles sont bien contentes de me trouver. Et souvent – pour ne pas dire à chaque fois – je fais en sorte qu’on soit les plus bruyants possibles. Ce qui m’amuse également c’est de ramener des femmes qui lui ressemblent à la maison. Une jolie blonde aux yeux clairs. Je vois très bien que ça ne lui plait pas. On se venge comme on peut.

J’ai une excellente mémoire visuelle et lorsque je vois le corps d’une femme, il y a de faibles chances que je l’oublie. Une fois que je l’ai inspecté, je serais capable de reconnaitre les moindres recoins. Et si je suis bien sûr d’une chose, c’est qu’Olivia n’avait pas ce tatouage la première fois que je l’ai vue dans le plus simple appareil. J’en suis certain. C’est récent. Pourquoi a-t-elle décidé de marquer son corps soudainement ? Est-ce qu’elle avait planifié ça depuis longtemps ? Est-ce qu’elle l’a fait sur un coup de tête ? Pas que ça m’intéresse réellement, mais… Je suis curieux. Un tatouage, ce n’est pas n’importe quoi. Toutes les personnes que je connais qui se sont fait tatouées ont toutes une raison particulière. Chaque tatouage a une signification. Pourquoi marquer sa peau sinon ? Personnellement, je ne suis pas trop fan, mais bon, pourquoi pas. Ce n’est pas mon corps après tout. Jamais je ne pourrais ainsi entacher mon corps. On ne met pas d’autocollant sur une Ferrari…

Je ne pense pas qu’elle soit vraiment le genre de femme à se faire tatouer juste pour la beauté du dessin. Elle est beaucoup trop réfléchie pour ça. Alors son dessin a forcément une signification. Malheureusement pour moi, je n’ai pas eu le temps de bien le voir. Alors, je m’étais levé pour m’appuyer contre la porte après l’avoir verrouillée. J’avais abordé le sujet de son tatouage, mais elle dévia totalement, évitant le sujet. Pourquoi ai-je fermé la porte ? Je ne sais pas trop. Pour qu’elle ne prenne pas la fuite trop vite, oui. Dans tous les sens du terme. Egalement parce que j’ai les nerfs à fleur de peau dès le matin, sans courant, sans eau chaude, donc sans café et sans la possibilité de pouvoir bosser. Ça en fait des choses qui mettent de mauvaise humeur, rajoutons à cela son entêtement et ma frustration. Et puis, j’ai également verrouillé la porte parce que je suis de mauvaise humeur et que je veux faire chier le monde. Mais étant donné qu’elle n’avait pas répondu à ma question, je ne voyais pas l’intérêt de répondre à la sienne. Je la sentais tendue et elle ajouta rapidement que mariés ou non, la forcer à faire quoi que ce soit de sexuel serait de l’abus… Mon dieu… Je levais les yeux au ciel devant tant de stupidité… Comment est-ce que ça a pu lui traverser l’esprit que je me mette à la violer ? Non mais sérieusement… C’est super vexant. « Bordel Olivia… Comment une chose pareille peut ne serait-ce que t’effleurer l’esprit ? » Ce genre de réflexion débile a le don de m’énerver. « Pour qui tu me prends ? Je n’ai que des relations consentantes… » Merci, vive l’image qu’elle a de moi… ça fait toujours plaisir à entendre.

Mais bon quitte à transformer son corps, autant faire dans l’utile non ? Un tatouage, ça ne sert à rien, c’est purement décoratif. Alors qu’un piercing à la langue… Autant joindre l’utile à l’agréable. Mais elle n’avait pas l’air convaincu par mon idée de génie. Dommage. Elle dénigra tout de suite mon idée en mettant en avant les points négatifs de la cicatrisation. Oui bon, faut bien souffrir un peu au début. « Jamais contente. » Toujours à se plaindre. Quelle rabat-joie. Et puis le silence. Pas une seule seconde, elle ne me regarda, alors que moi, j’avais les yeux rivés sur elle, analysant son comportement. Elle tenta ensuite de me faire comprendre qu’elle faisait ce qu’elle voulait de son corps et qu’elle n’avait ni envie de me montrer son tatouage, ni envie d’en parler. Enfin, qu’elle en avait assez de se livrer sur son histoire sans rien avoir en retour. Ah si pardon, des semi-confidences. Excuse moi de n’avoir rien à raconter de passionnant sur moi. Ou plutôt de ne pas vouloir en parler. On a tous nos secrets, je le conçois. Mais dans ce cas, inutile de s’exhiber ou de montrer ses faiblesses devant les autres. Elle s’est mise à pleurer hier, je ne l’ai pas forcée à me raconter quoi que ce soit. Maintenant elle voulait sortir de la pièce. Je restais silencieux, immobile, le temps de repenser à ce qu’elle venait de dire. « Parce que ma vie t’intéresse ? Vraiment ? » Je croyais qu’elle me détestait et patati et patata. En quoi ça l’intéresse de connaitre mon histoire ? Moi, son patron si détestable. « Qu’est-ce que tu veux savoir ? Puisque tu y tiens tant. » Si je lui pose la question, c’est uniquement pour tenter de comprendre ce qu’elle veut savoir. Quelle est donc cette partie de ma vie qui l’intéresse tant ? Elle aussi va me faire chier avec la cause de mon départ ? Si elle va sur ce terrain, il est évidemment hors de question que je lui réponde, mais au moins, je saurais ce qui titille tant sa curiosité, elle qui se plaint que je ne me confie pas. De toute manière, quoiqu’elle demande, je ne suis même pas sûr de répondre, aux vues de ma superbe humeur.



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Dim 10 Mai - 0:29



BLACKOUT

Happy Valentine's Day.


J'avais juste envie de partir. Je n'avais pas envie de discuter, je n'avais pas envie de me révéler. J'avais envie de m'enfuir, de m'enfermer dans ma chambre et de ne plus le voir jusqu'à ce que le courant revienne et qu'on puisse se remettre au travail. J'avais toujours quelques manuscrits papiers sur lesquels je pouvais travailler. Il suffisait qu'il me laisse sortir de là et je pourrais le faire. J'avais toujours cela en dernier recours, s'il ne me laissait pas sortir, mais j'avais l'espoir fou que rien qu'en le lui demandant, il me laisserait sortir. Après tout, j'avais parlé d'abus même dans le mariage uniquement pour le faire tiquer. Je savais ce qu'il valait à ce niveau-là. Je le testais personnellement depuis des mois maintenant. Il pouvait se montrer envahissant et trop tactile et trop entreprenant, mais un non était un « non » et il savait l'accepter. J'avais confiance en lui comme je n'avais pas eu confiance en bien des hommes, lorsqu'il s'agissait de rechercher la volonté et l'approbation de la maîtresse du jour.

Il tiqua, cependant, assez fortement, me demandant comment j'avais pu avoir une telle idée, me demandant pour qui je le prenais et ajoutant qu'il n'avait que des relations consentantes. Je baissais les yeux malgré moi, serrant la serviette contre ma poitrine en soupirant. « Je le sais bien, ça », soufflais-je tout bas, n'osant plus lever les yeux alors que je réfutais l'idée du sexy quand il s'agissait du piercing à la langue et il se plaignit que je ne sois jamais contente. Qu'importe, je voulais juste quitter cette pièce et qu'il ne cherche pas à en savoir plus sur ce tatouage qui me creusait le ventre.

J'étais juste fatigué. Fatiguée de me confier à lui, fatiguer de me retrouver à craquer devant lui et à ne rien recevoir en retour... Jamais. Il commença à réellement s'énerver à son tour, me demandant si sa vie m'intéressait vraiment et ce que je pouvais bien vouloir savoir. Il n'allait pas me répondre de toute manière. Quelle que soit la question, si elle était personnelle, il ne me répondrait pas et cela me rendait folle de rage. « Ce que je veux savoir ? Qu'est-ce que je peux bien vouloir savoir ? », criais-je presque, le regardant droit dans les yeux. « Putain Owen, mais je veux juste comprendre tout... ça », poursuivis-je sur le même ton, pointant autour de nous et rien en même temps du bout des doigts. « Pourquoi moi ? Pourquoi tout ça ? Pourquoi t'es un tel connard alors que tu m'as prouvé plusieurs fois et encore plus la nuit dernière que tu pouvais être quelqu'un d'agréable, d'humain. Pourquoi être expulsé te fait si peur ? Pourquoi tu préfères prendre le risque de te retrouver avec des poursuites et une interdiction d'aller sur le sol américain plutôt que d'être renvoyé sans tenter ce foutu deal ? Pourquoi tu continues encore et encore de vouloir coucher avec moi ? » Je ne contrôlais plus rien, ni les mots, ni leur intensité, ni les tremblements dans ma voix. Il y avait juste tous ces « pourquoi » dans ma tête qui n'obtiendraient jamais de réponses et tout sortait en flot continue, sans que je ne puisse rien contrôler. « J'ai déjà couché avec toi, tu m'as eu, tu as gagné... Pourquoi tu ne comprends pas que ça fait mal ? »

Parce que c'était ce que ça faisait. Ces choses que j'avais ressenti avec lui, quand il était en moi, je ne l'avais plus ressentit depuis lui, depuis Dimitri et il était revenu dans ma vie de manière si brutale que tout s'était soudainement mélangé dans ma tête. Lui et Dimitri, ma haine pour l'un et ma rage contre l'autre. Il ne m'avait jamais fait ressentir les choses que Dimitri m'avait fait ressentir, mais il m'avait fait ressentir des choses aussi forte. Après tant d'année à fuir les émotions, pour ne plus souffrir, il avait rouvert les vannes, m'avait remise dans la vie, m'avait permis de retrouver ma famille. Il m'avait rendu mon humanité, alors que je m'étais tant efforcé de devenir ce robot qu'il avait toujours cru que j'étais et ça faisait mal et il me faisait mal, chaque jour. Parce que chaque jour, je ressentais un peu plus les choses. Tout ça par sa faute.

« Alors, tu veux quoi ? Voir ce foutu tatouage ? Très bien », finis-je par souffler, tirant sur la serviette qui couvrait mon corps sans le quitter des yeux. Je jetais le carré en éponge sur le sol et serrait les poings, droite comme un I, complètement nue et à sa merci. « Regarde le bien Owen, regarde-le autant que tu veux et laisse-moi sortir, parce que j'en ai juste marre de lutter. Je veux que ça s'arrête... »


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Lun 11 Mai - 0:22
Blackout - Happy Valentine's Day !

J’étais déjà de très mauvaise humeur pour les diverses raisons que j’ai déjà évoquées. Si le courant ne revenait pas rapidement, la journée allait être difficile, pour tout le monde. Parce que s’il y a bien une chose que je sais, c’est que j’ai une sainte horreur de tourner en rond et de m’ennuyer. Or sans électricité, il n’y a pas grand-chose à faire. Alors si en plus, on me fait chier, je risque d’être d’humeur massacrante. Vous voyez le genre de type qui pique une crise pour tout et n’importe quoi ? Le genre de personne qui balance la cafetière contre un mur ou par la fenêtre par pur énervement ? Et bien c’est moi. La journée commence très mal et je ne vais pas rester patient très longtemps. Actuellement, j’essaye de faire la conversation, de m’intéresser à son tatouage pour tenter d’évacuer ma mauvaise humeur, mais c’est peine perdue, puisque Madame se fait des films en me prenant pour un violeur ! Moi ? Un foutu violeur ? C’est une blague. Alors, non, je n’avais pas vraiment supporté son insinuation. Comment une idée aussi débile avait-elle pu effleurer son esprit ? Comment ! Bien sûr qu’elle baissait les yeux ! Bien sûr qu’elle avoua qu’elle le savait ! Alors pourquoi l’avoir dit ? Ça me dépasse. Non mais sérieusement…

Et Madame commençait à se plaindre que je ne lui racontais jamais rien. Pourquoi faire ? En quoi ma vie l’intéresse ? Jusqu’à preuve du contraire, elle me déteste ! Alors pourquoi elle vient me prendre la tête avec ces confidences que je ne lui dévoile pas. En tant que boss, j’estime avoir le droit de connaitre mes employées. Mais ce n’est pas son cas. Elle n’a pas besoin de connaitre ma vie – surtout si elle est aussi fouineuse que ma sœur – pour faire son boulot. Elle n’a pas besoin de connaitre mon enfance pour faire ce pourquoi je la paye. Hier c’était un moment de faiblesse, rien de plus. Je n’avais pas crié, je n’avais pas spécialement élevé la voix et pourtant, la voilà qui se mettait presque à crier… Sérieusement ? C’est quand même assez surprenant, je pensais être le seul énervé dans cette pièce. Je haussais un sourcil, légèrement surpris de la voir dans cet état alors qu’elle répétait mes mots. Non, je ne sais pas ce que tu veux savoir. Mais dis-moi donc. Je croisais les bras en soutenant son regard. Elle veut comprendre tout ça ? Tout ça quoi ? Elle pense que je vais saisir quoique ce soit avec ce genre de geste aléatoire ? Mais voilà qu’elle débitait un flot de questions hallucinant à la seconde. Pourquoi elle ? Pourquoi tout ça ? Pourquoi je suis un connard ? Je fronçais les sourcils et ma mâchoire se crispa à la question suivante… Pourquoi j’ai tant peur d’être expulsé… Pourquoi j’ai pris le risque de proposer ce mariage… Et … Quoi ? Pardon ? Pourquoi je m’obstine à vouloir coucher avec elle ? N’importe quoi. Putain quel est le rapport avec tout le reste ? Je ne m’obstine pas à coucher avec elle… C’est juste que… Je ne sais pas. Je la vois constamment, tous les jours, alors à force… C’est comme si on agitait vingt-quatre heures sur vingt-quatre de la cocaïne sous le nez d’un camé. Ça revient au même pour moi… ça ne s’explique pas. Elle mentionna le fait que j’avais déjà réussi une fois, que j’avais donc gagné. Gagné quoi ? Ce n’est pas comme si elle était un trophée… Si ? Non ? Oh merde j’en sais rien ! Ça fait mal ? Mais de quoi elle parle encore bordel ? J’en ai marre de devoir utiliser un décodeur pour la comprendre ! Ça devait bien se lire sur mon visage que je ne comprenais pas où elle voulait en venir. Mais peu importe.

C’est bon, je peux en placer une ? Non parce que depuis tout à l’heure, elle me crache au visage, mais j’aimerais réagir moi aussi. Mais elle continua, encore et encore, acceptant finalement de me montrer son foutu tatouage. Oui, ben c’est trop tard, je m’en fous ! Elle retira sa serviette et se trouva elle aussi nue, devant moi. Voir une femme nue ça calme alors la pression retombait légèrement. Elle m’ordonna de bien le regarder avant de la laisser sortir. Je soutenais son regard quelques secondes avant de baisser les yeux vers son tatouage. C’est quoi ce truc ? On dirait une plume carbonisée. Quoi, elle a tué un pigeon et elle est dégoutée ? Je ne vois aucune signification pour une plume de piaf déglinguée. Une plume de colombe ? Sa liberté est grillée depuis qu’on est mariés c’est ça ? Bon merde, j’en sais rien, je suis nul pour les devinettes. Marre de lutter ? De lutter contre quoi ? Que ça s’arrête ? Que quoi s’arrête ? Le mariage ? Elle veut laisser tomber ? Maintenant ?! Il en est hors de question ! Je reportais mon attention sur son visage pour la fixer droit dans les yeux. Elle veut crier ? Ok, mais alors on va être deux ! « Que quoi s’arrête ? De quoi tu parles ? Tu as signé pour un an je te signale ! Ce n’est certainement pas le moment de tout foutre en l’air ! Fallait y penser avant d’accepter ça ! » Je ne vois pas trop de quoi elle pourrait parler à part ça. Je suis énervé, aveuglé par la colère alors forcément, je risque d’être un peu long à la détente. Et pour le moment, ce que je comprends ne me plait pas du tout !

Mais elle m’avait posé tout un tas de questions, non ? Alors, ok, je vais lui répondre. Je décroisais mes bras et décollais mon dos de la porte. « Et je vais y répondre à tes questions. C’était quoi la première déjà ? Ah oui, pourquoi toi ? Mais bordel tu as la mémoire courte ! Je t’ai demandé hier pourquoi tu avais accepté ! Alors qu’est-ce que tu viens me faire chier avec ça ? Pourquoi toi ? Parce qu’on bosse ensemble depuis 4 ans ! Tu es la meilleure assistante que j’ai pu avoir dans toute ma carrière ! Je te voyais comme la candidate idéale parce que tu étais la seule en qui j’avais confiance ! La seule que je voyais parfaitement dans son rôle, tu es parfaite dans tous les rôles que tu tiens, alors je me suis dit, pourquoi pas celui-là ? Est-ce que j’ai eu tort de te faire confiance ? Vas-y dis le moi ! » Mon dieu, ça y est j’étais parti. Question suivante. « Pourquoi tout ça ? Mais tout ça quoi putain ? Exprime toi clairement on n’y comprend rien ! C’est quoi ça ? Ensuite pourquoi je suis un connard ? » J’eus un petit rire nerveux et crispé et je passais une main dans mes cheveux. « Parce que si tu n’es pas un requin dans ce monde de merde, tu n’arrives à rien. Si tu t’attaches trop aux gens, s’ils comptent un minimum pour toi, tu es foutu parce que ça te bouffe. L’éloignement c’est ce qu’il y a de pire, crois-moi et si tu commences à penser aux personnes qui te manquent, tu n’arrives à rien. Être gentil et sympa, ça n’amène rien de bon, juste des faiblesses. Je suis un connard comme tu dis, oui, mais au moins ça m’évite des problèmes émotifs ! » Je sais de quoi je parle… Je pense irrévocablement à ma famille en disant ça. Et ça me fait mal, parce qu’ils me manquent, horriblement. Au moins, les connards n’ont pas d’attache, on ne se lie pas avec un enfoiré. Ça m’évite bien des problèmes. D’ailleurs, repenser à ma vie en Irlande m’amène à sa question suivante. Je ne hurlais plus pour ce sujet, j’étais même plutôt froid. « La raison pour laquelle je refuse de retourner là-bas ne regarde que moi. Elle ne te concerne en rien alors je te prierais d’éviter ce sujet. Je préfère encore croupir en prison oui que de retourner là-bas. » Ce n’est pas ma vie en Irlande qui me pose vraiment problème. Non, ce sont ses habitants, enfin une en particulier. Si j’ai fui mon pays à cause d’elle, ce n’est certainement pas pour y retourner. Il restait encore une question je crois ? Je ne sais plus maintenant… Oh, oui. Pourquoi je veux coucher avec elle ? Et bien, je ne sais pas. Alors, je n’y répondrais pas. Et pour éviter qu’elle ne rebondisse sur tout ce que je viens de dire, je vais partir sur un autre sujet. « Moi ce que je veux savoir, c’est pourquoi tu ne poses pas de questions plus pertinentes ? Pourquoi tu ne me demandes pas quelle est ma couleur préférée ? Quel est mon plat préféré ? Qu’est-ce que je déteste par-dessus tout ? Ce genre de connerie qui pourrait se montrer très utile quand les services de l’immigration décideront un jour à se pointer ici ? Je doute qu’ils te demandent pourquoi ton mari est un connard. » Mon dieu, je crois qu’on n’avait pas autant parlé depuis des lustres. Ça défoule.



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