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Between past and present ◊ Parker
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Benjamin S. Hurley
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Mar 21 Avr - 12:08
Parker ∞ Benjamin
Elle était entrain de ranger des cartons, encore. Un monticule de carton, des cartons qui contenaient un résidu de vie, des empreintes d'un temps passé, des souvenirs entre autre, mais rien le concernant. Benjamin n'était pas le genre à conserver, il préférait être léger en toute circonstance, se contentant d'un sac à dos avec quelques trucs auxquels il tenait. Adossé dans l'encadrement de la porte, il la regardait s'affairer à mettre un peu d'ordre, passant derrière Benjamin avec sa manie de tout laisser traîner. Ils étaient là depuis quelques semaines maintenant, mais Solveig n'était pas satisfaite de leur maison et Benjamin était trop je-m'en-foutiste pour y attacher de l'importance. Quasiment tout était à elle, à une vie qu'elle avait quittée, pour lui. A une histoire qu'elle voulait laisser derrière pour se concentrer sur le présent, sur leur présent. Inconsciemment, Benjamin soupira, attirant son attention. Elle le toisa quelques secondes, hésitant certainement à poser la question mais se rétracta, retournant à ses cartons. Parfois, il avait envie de hurler, de la secouer une bonne fois pour toute, mais il n'avait jamais le courage quand il fixait ses grands yeux noisette. Il sortit, retournant dans sa pièce. Un endroit à lui, où il disposait d'un petit ordinateur portatif, de ses deux instruments de musique et de son attirail de photo, bien que la photo n'était plus qu'un grand vide depuis quelques temps. Les rares trucs qu'il avait emmenés étaient là, entassés dans cette petite pièce, souvenir d'une vie passée. Il n'avait pas tenu à récupérer les affaires de sa mère, préférant laisser ce calvaire à Savannah. Elle gérait mieux, elle avait toujours tout géré mieux que lui. Et puis elle la connaissait bien mieux, elle pouvait faire le tri aisément. Lui, il était comme étranger dans la vie de sa mère, un exilé qui avait fermé les yeux sur l'avenir de sa famille, préférant vagabonder un peu partout sauf auprès des siens. La maison était à son image, une copie d'une ancienne vie, que des choses qui ne lui appartenait pas, des meubles déjà présents, rien qui ne sortait de l'ordinaire.

Soudain, il étouffa. Ses mains se mirent à trembler sans raison et il lui sembla que son coeur c'était brutalement emballé. Il sortit à l'air frais mais rien ne se passa. Il devait partir, il devait fuir. Il aurait pu laisser un mot, mais Solveig c'était accoutumé à ses sorties imprévisibles, comme à tout le reste, malheureusement. Une fois dans la rue, il mit les mains dans les poches, cherchant à retrouver un peu de stabilité. Los Angeles était bien imposante face à Charleston mais tellement étroite comparée au reste du monde. Il avait beau trouver la ville grandiose, elle n'était pas assez atypique à son goût, manquant sûrement d'exotisme, de surprises. Mais il était toujours mieux, arpentant les rues de la ville, plutôt que de s'étouffer dans sa propre maison. Maison, c'était un mot qui continuait de le surprendre. Benjamin avait tellement bourlingué à droite à gauche, que le concepts de chez soit était assez étrange pour lui. Pourtant, c'était bien une maison à son nom qu'il habitait avec sa fiancée. Oui, ça aussi c'était un nouveau concept et sûrement le plus dur des deux. Il tournait un peu en rond ici, sans projet, la tête vide, l'esprit ailleurs. Il serait bien passé voir sa soeur mais elle travaillait à cette heure-ci et il doutait qu'elle serait ravi de le voir. Pas qu'ils ne s'aimaient pas, non, mais leur relation était compliquée, par sa faute à lui surtout. Finalement, il se retrouva à Silverlake, un petit quartier tranquille surtout à cette heure matinale. C'était de loin son quartier favoris dans tout LA, retrouvant sûrement un peu de ses périples dans cette atmosphères bonne vivante. L'odeur de pâtisserie attira son nez gourmand et il ressortit de la boutique un sac plein de dessert sûrement trop sucré. Sur le chemin, il grignota un petit délice du coin, pas mécontent de son achat. Finalement, il se stoppa devant une enseigne discrète où l'on discernait peu de chose sinon des photographies dans le fond. Et dans le coin de la vitrine, un petit nom en lettres noirs. Parker Bernstein. Il ne c'était donc pas trompé d'adresse, mais il ne savait pas si c'était une bonne ou une mauvaise chose. Il n'avait pas été difficile de la dénicher, Google étant très fortiche pour les bonnes adresses. Ça faisait une bonne semaine que Benjamin avait griffonné l'adresse du studio sur un bout de papier, mais jusque là, il n'avait pas eu suffisant de... De quoi ? De courage ? De cran ? Il ne s'agissait pas vraiment de ça. Parker était un ami autrefois, un colocataire, un sacré déconneur, mais tout ça tenait d'une autre vie dont Benjamin avait perdu le fil en même temps que sa propre existence.

Il poussa finalement la porte vitrée et entra. Tout de suite, il aima l'atmosphère qui y régnait. Ce n'était pas immense comme on pouvait le voir dans les illustres galeries de la ville, mais ça avait son charme. Il jeta un coup d'oeil à la première photographie, sobre mais pas dénué de sens. C'était bien loin de ses propres clichés, mais Benjamin appréciait toujours un bon cliché, même si c'était à des années lumières de son propre objectif. Un bruit lui fit lâcher son attention et une tête émergea de derrière un poteau. Benjamin lui souria, reconnaissant le Bernstein, quoi que quelque peu plus vieux maintenant. Si lui avait gardé ses cheveux mi-long, Parker avait une petite barbe qui lui donnait un air de dandy. « Salut l'ancien. », dit-il comme phrase d'entrée. Ils n'étaient pas vieux pourtant, tout deux dans la trentaine, mais ils  étaient bien plus jeunes quand ils c'étaient connus. Des gosses, des merdeux. Parker était sûrement le plus vieil ami du Hurley, avec Solveig, mais c'était une autre histoire qu'il allait s'efforcer de mettre de côté pour le moment. « Un muffin ? ». Finalement, c'était un peu comme faire un saut dans le passé, omettant les mauvais moments, gardant juste à l'esprit les bons.
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Parker H. Bernstein
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Mar 19 Mai - 16:11
Parker ∞ Benjamin

Direction artistique, hein. C'était particulier. Bien, mais étrange, un peu. Depuis dix ans, depuis que je m'étais lancé dans la photographie, j'avais toujours été celui qui s'asseyait de l'autre côté du bureau, qui écoutait les directives et qui s'y pliait - plus ou moins, en tout cas. Maintenant, avec l'arrivée de YOLO, avec l'ambition d'Isla, avec la carte de crédit de Chuck, les rôles s'inversaient et je n'étais plus l'exécutant mais le directeur. Celui qui donnait l'élan, imposait les conditions, validait le tout ou ne validait rien. Ma carrière prenait un tournant auquel je n'avais pas songé, si seulement un jour je m'étais réellement intéressé à la question. Il fallait avouer que je n'avais pas vraiment le profil de l'emploi, non plus, et je le savais bien. Certes, j'avais les qualités d'un leader, l'autorité, l'impulsion, l'avis critique - mais mon penchant à dégueuler sur le travail de tout le monde, que ce soit justifié parce que, ouais, c'était vraiment de la merde, ou que ça ne le soit pas mais que j'aie juste envie de les défaire parce que c'est franchement marrant comme hobby, et ma tendance à me lasser trop vite des gens, des choses, de tout faisaient davantage peser la balance vers une carrière de dictateur nord-coréen que celle du manager cool et sympa à qui on voudra envoyer pendant sa pause de midi le mail avec la vidéo du bébé chat qui joue de la flûte qui a tourné dans tout le service. Et puis, diriger l'aile artistique d'un magazine de mode, si c'était monter en grade, c'était aussi monter en paperasses. Valider des pages, des images, gérer des shootings et des castings, mais ne plus y participer, plus vraiment. Et ça, ça commençait à me démanger, me frustrer, m'ennuyer. Heureusement, j'avais Davis pour me divertir, Davis l'assistant de direction, Davis le nul, Davis le faible, Davis la bonne poire, mais aujourd'hui, c'était avec Isla qu'il bossait. Elle l'avait même réquisitionné dans son bureau, à faire je ne sais quoi - je l'ai vu rire, elle, installée sur sa chaise à fixer un coin de la pièce que je ne pouvais pas voir, planqué derrière la porte entrouverte à les épier, de longues minutes durant. Déçu de manquer quelque chose qui avait l'air vachement marrant, j'ai remonté le couloir la tête basse et je suis allé toquer au bureau de Chuck, mais il n'a pas répondu. J'ai abaissé la poignée de la porte, fait un pas dans l'antre de notre banque sur deux pattes : lumières éteintes, pas de Bill Cosby sur l'écran plat au mur, pas l'ombre d'un fumet délicat de marijuana qui parfume l'air - Chuck n'était pas là. Sur le coup, j'avais presque été tenté d'aller m'asseoir sur le canapé, que dis-je, de m'y rouler en boule et attendre qu'il revienne, là, dans le noir, à fixer le plafond en noyant ma moue attristée dans un de ses coussins qui valaient sûrement autant de fric que toute ma chambre à coucher que je serrerais dans mes bras. Mais je me suis souvenu que je n'avais plus six ans depuis... err, beaucoup trop longtemps, et j'ai redressé l'échine en sortant du bureau du pote qui valait trop de millions en refermant la porte derrière moi.

Et puis, finalement, le tas de papiers aussi bien rangé sur le coin de mon bureau qu'il l'était quand j'étais arrivé ce matin, un post-it griffonné à la va-vite sur celui de Roy, l'âcre réceptionniste, pour prévenir que je m'absentais pendant qu'il s'accordait sa vingt-et-unième pause café de la matinée, j'ai filé des locaux du magazine et dix minutes plus tard, je me garais devant mon studio. J'y avais passé de moins en moins de temps ces derniers mois, j'avais moins à y faire, aussi, mais passer le pallier retrouver ce décor dans lequel j'avais évolué pendant plusieurs années me fit du bien, immédiatement, immanquablement. Je n'avais pas grand chose à y faire, plus qu'à YOLO en tout cas, mais c'était comme si la déco, l'ambiance, la fonction des lieux me correspondaient davantage, et je me sentais plus utile, utile à rien, mais utile tout de même. Peut-être était-ce un simple coup de nostalgie, ou alors c'était mes hormones mâles qui se détraquaient, parce que je côtoyais Isla tous les jours, parce que j'étais dans une relation officielle avec Ash, parce que Sloan créchait toujours chez moi,  et que, bientôt, j'allais me mettre à chialer une semaine par mois, en me goinfrant de glace au bacon devant un match des Clippers et en me mouchant à chaque point marqué et célébration de joie qui me prendraient aux tripes. Notant dans un coin de ma tête qu'il faudrait peut-être que je songe à m'octroyer sous peu une petite cure à base d'huile de moteur dans mon café, de stéroïdes dans mon dîner et de baston avec les plus mecs les plus baraqués que je trouverai dans un bar, je pose mes affaires dans un coin du studio et file flâner dans un autre, laissant le champ libre à l'atmosphère des lieux pour me revigorer.

J'étais en train d'astiquer pour la troisième fois consécutive le même objectif, avachi sur le fauteuil du bureau, lorsque j'ai entendu la porte s'ouvrir dans l'entrée. Surpris, parce que je n'étais pas censé être là et que je n'avais pas précisé où je m'en allais dans le rush de ma fuite de YOLO, je me suis relevé et j'ai rejoint la pièce principale, à la rencontre de l'intrus. À l'instant où mon regard s'est posé sur ce dernier, mon air méfiant s'est vu balayé, direct, par le large sourire qui est venu se dessiner sur mes lèvres. « Salut l'ancien. » Ca devrait me faire tiquer, parce que voilà, mais je ne sourcille pas. Benjamin. Lui, il a le droit. Parce que je le connais depuis trop longtemps, parce qu'on a été jeunes ensemble (une fois, y'a longtemps), parce que, du coup, je sais pertinemment que je pourrais lui renvoyer la remarque dans les dents, si j'en avais envie. Mais ce n'était pas le cas ; je me contente de sourire, encore, de hausser un sourcil, aussi, parce que c'était sûrement le visage que je m'attendais le moins à croiser ici, et de le rejoindre dans l'entrée, à pas plus assurés. « Hurley, le grand reporter... Merde, on est sur le point de se faire bombarder ? » Aux dernières nouvelles, quand le chapitre Brésil vieux de quelques années s'était terminé, il avait filé à l'autre bout du monde et c'était son nom qui apparaissait sous les quelques clichés de guerre qui se glissaient dans les médias, de temps à autre, mais on n'avait pas vraiment gardé le contact, encore une fois, aussi, si je m'étonnais de le voir là, je ne pouvais pas non plus en faire tout un foin. Et puis, ce n'était pas mon genre, non plus - il était là, et il était là avec des muffins. C'était le principal. J'acquiesce avec autant de nonchalance qu'il en a mis dans sa proposition et, l'une des pâtisseries piochée dans son sac en main, je finis par lui tendre l'autre en guise de bonjour, un brin plus conventionnel. « Qu'est-ce que tu fais à Los Angeles ? J'suis sûr que ce n'est pas que pour notre gastronomie, trop de frenchie en toi. » Coup d'oeil appuyé vers le muffin qui luit déjà de mille feux à la lumière du plafond et qui s'annonce vachement sain. « T'es de passage en ville pour ton boulot ? Tu restes longtemps ? » Ok, easy there, je ne suis pas censé être bavard, et j'aligne trop de questions, trop vite - merde, vraiment, fallait que je rebooste ma testostérone asap. Je finis par mordre dans la bombe calorique histoire de me bâillonner, discrètement, et j'invite Hurley à me suivre d'un mouvement de tête quand je prends la direction de la pièce principale.
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Benjamin S. Hurley
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Sam 6 Juin - 17:04
Parker ∞ Benjamin
Ca faisait bizarre, vraiment. Lui, eux, ici. Ils étaient loin de Charleston, loin de la tumulte de la Caroline du sud. Ils étaient plus vieux aussi et bien que Benjamin se voulait resté jeune, il ne pouvait lutter contre le visage vieillit qu'il découvrait chaque matin au saut du lit, ni contre les engagements qu'il avait apprit et qui lui aurait même pas effleuré l'esprit à l'époque. Il ne savait pas ce qu'il en était de son ancien camarade, mais Benjamin avait encore du mal à accepter le drôle de destin qu'il s'était préparé... Se retrouver dans la galerie avait éveillé sa curiosité, animé un désir bien réel de se saisir d'un objectif et de photographier ce qui avait du sens. Du sens, il en avait rarement trouvé sur les scènes de guerre qu'il avait vu de l'autre côté de l'écran. Des blessés de guerre, des tombes improvisées le long des chemins de terre, des enfants sondant le ciel à la recherche d'une aide qui ne viendrait probablement jamais... Des images qui ne le quittaient pas, jamais et qui venaient réveiller ses nuits déjà bien entamées par tout le reste. Mais le sens n'était pas là, il était ailleurs, là où ses clichés pouvaient faire réagir, là où les grosses fortunes pouvaient participer à réparer ce que les bombes et les armes avaient causé. Benjamin n'avait été qu'un messager dans cette grande huilerie de la guerre. Un envoyé ayant pour mission de capturer ces instants, ces moments volés, blessés, dangereux et souvent cruels, de transmettre aux autres, ceux bien au chaud dans leur foyers, des nouvelles d'un autre monde qui souffre.

Mais ce n'était pas le propos, pas ici. Ici, il était invité, il était l'admirateur, il était celui de l'autre côté de l'objectif. Et celui qui prenait la photo, c'était Parker. Parker qui venait justement de surgir de l'autre côté de la pièce. Benjamin souria aussitôt, c'était agréable de revoir un vieil ami, de retrouver un visage connu parmi tous ceux qui n'avaient fait que passer. Et Benjamin avait toujours aimé se retrouver parmi une foule d'inconnu, des inconnus qui ne le restaient jamais vraiment vu sa facilité déconcertante à créer du lien, à s'immiscer parmi les autres sans devenir un nuisible ou un rejeté. Il avait passé plus de temps parmi des gens qu'ils ne connaissaient pas plutôt qu'avec ses amis, ses proches et jusque là, cela avait suffit. Mais Los Angeles avait rameuté avec elle des illusions perdues, des connaissances d'une autre vie et Parker en faisait partie. « Hurley, le grand reporter... Merde, on est sur le point de se faire bombarder ? », lui dit l'autrichien en guise de bonjour. Ils étaient pareils à ce niveau-là, pas besoin de s'épancher ou de se sauter dans les bras, le sourire franc était suffisant pour prouver que leurs retrouvailles n'avaient rien d'une duperie, ils étaient sincèrement heureux de se retrouver après tout ce temps. Benjamin esquissa un sourire. Grand reporter... Il ne trouvait pas que cela était justifié. Il ne faisait plus rien depuis un moment, il n'avait pas fait grand-chose à l'époque si ce n'était rendre public ce qui ne l'était pas. Ce n'était pas seulement par modestie, mais aussi pour une rancoeur envers lui-même de n'avoir pas fait plus, d'avoir arrêté. « Pas de nuages à L.A. C'est bien connu, non ? » Comparé aux pays du tiers monde, les USA renvoyaient à la perfection l'image du rêve américain qui faisait fantasmer tant de citoyen de part le monde. Étrange du point de vu du Hurley qui s'était sentit si bien ailleurs, si loin dans les savanes africaines, si bien parmi les berbères du désert. « J'fais une pause. », ajouta-t-il. Rien ne servait de faire croire qu'il était toujours en poste, qu'il continuait son militantisme. Rien.  « Qu'est-ce que tu fais à Los Angeles ? J'suis sûr que ce n'est pas que pour notre gastronomie, trop de frenchie en toi. », dit-il en prenant une pâtisserie dans le sac en papier. Fallait bien reconnaître que la gastronomie américaine n'était pas comparable aux mets français ni aux plats richement copieux des pays du Magreb. Effectivement, la bouffe n'était pas la raison de sa venue mais il n'en n'avait pas vraiment. Il jeta un regard vers une autre photographie afin de changer de sujet, ce que Parker, sans savoir s'il avait comprit, parut saisir à la volée. Enfin jusqu'à sa prochaine question. « T'es de passage en ville pour ton boulot ? Tu restes longtemps ? ». La question n'avait mit que quelques secondes à émerger, à peine leurs retrouvailles entamées. Mais c'était évident, il allait bien devoir y répondre. Benjamin gagna quelques secondes en suivant le Bernstein jusqu'à une autre pièce, isolée, qui faisait office du bureau à n'en pas douter au vu du mobilier. Parker lui jeta un regard par-dessus son épaule, attendant visiblement que Benjamin retrouve sa langue. « J'vais rester un petit peu je pense, faut bien se fixer à un moment. » Il savait pertinemment qu'il n'était pas totalement sincère, mais comment l'être ? Et en même temps, il ne mentait pas vraiment, se contentait d'esquisser le plus gros noyau du problème. Solveig, comparable à un noyau, elle en avait la complexité, le goût amer mais tant espéré. Benjamin était un homme franc et honnête, Parker le savait, cela suffirait peut-être pour le moment. « Et toi alors ? Tes clichés sont plutôt très bons, tu expose ailleurs ? Tu bosse pour un magasine ? ». Le langage du photographe reprenait tout son sens face à un confrère, face à un ami de longue date. Benjamin dépose son panier de gourmandise, s'adosse nonchalamment au mur le plus proche, le regard de biais face à la fenêtre. Ça fait drôle de se retrouver comme ça, des années après, de parler d'une passion commune comme d'un lointain souvenir. Drôle de se dire qu'ils ont choisi la même voix, qu'ils ont le même goût des clichés bien faits, qu'ils sont tous deux passionnés par la même chose alors que rien ne les avait prédestiné à tout ça. Surtout pas Benjamin, surtout pas lui le gamin passionné d'écriture, le poète, le rêveur, qui avait finalement frôlé le danger, la mort, beaucoup trop de fois, même une fois de trop... Et il était ici, pour ça, pour elle, pour d'autres raisons. Mais pour l'instant, il était là pour lui, pour le voir, pour se souvenir d'un temps où leurs jeux étaient la seule chose qui importé vraiment.
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Ven 24 Juil - 22:45
Parker ∞ Benjamin

La porte du bureau franchie, je me dirige vers le réfrigérateur et y pioche deux bières, parce que, ouais, si l'endroit manque cruellement de greluches aux courbes aussi flatteuses qu'osseuses et d'action, de flashs, de vie, il y a certaines choses qui ne changeront jamais et un frigo à saveur d'éthanol figure en tête de liste. L'info comme quoi il n'est même pas encore midi noyée quelque part dans le flot de souvenirs et d'interrogations qui s'attaque à mes méninges, je lance l'une des bouteilles à Benjamin dès que je le vois poser son sachet sur le bureau - je ne me sentais pas l'âme d'une fée du logis à l'instant, et même si un fumet d'houblon qui s'incruste dans le parquet aurait rendu un peu plus encore sa crédibilité au studio, je préférais éviter l'accident. Benjamin. Ca me renvoie des années en arrière, les bons moments s'enchaînent et se mélangent aux pires, aussi, mais ça n'attaque pas le sourire qui a pris ses aises sur mes traits. Quitter l'Autriche à 15 ans, ça n'avait été une mince affaire. Non pas que j'aie rien qu'un peu été l'exemple parfait du gars attaché à ses racines, sa patrie, à chialer d'émotion quand le soleil se couche sur les Alpes ou qu'un air de Mozart s'élève dans la cour d'un château à la con qu'on retrouve sur toutes les cartes postales, mais le dépaysement, je l'avais bien senti. Troquer les rues pavées de Salzburg, leur calme et leur rigueur pour celles de Charleston, pleines de couleurs et de monde, le climat alpin qui vous dicte de ne jamais sortir sans un pull sous le bras pour la chaleur humide d'un Etat du sud, la musique classique pour le jazz, l'allemand pour l'anglais - j'avais changé de Monde, simplement. Et même si je connaissais la Caroline du Sud parce que mes grands-parents y avaient vécu toute leur vie, même si j'y avais passé presque tous mes étés, même si mes origines étaient aussi ici, j'étais arrivé là comme un étranger, qui n'y connait rien ni personne. Et puis, il y avait eu Benjamin. Le fils des voisins, ceux qui laissaient mes parents perplexes, mon père, surtout, avec leur extravagance qui détonnait de la froideur autrichienne, leur façon de vivre qui ne s'alliaient tellement pas à la nôtre. Mais Benjamin, il était cool. De mon âge, aussi peu enthousiaste d'être là que je l'étais, l'accent peut-être pas aussi fucked up que le mien mais sans les intonations sudistes qui, un temps, m'avaient fait grincer des dents à chaque fois qu'un autochtone élevait la voix dans mon périmètre. On en avait fait, des conneries, tous les deux, parfois avec Derek, parfois avec d'autres, aussi. Quelques ébauches de souvenirs me traversent et ça renforce encore un peu mon sourire, on était con, on était insouciants. Le privilège de la jeunesse, qu'ils diraient. La vie, la mort avait fait que je rechignais aujourd'hui à me replonger dans cette époque-là, mais, pour Ben, nos quatre cents coups et tout ça, je m'y laissais aller, et la sensation n'était pas mauvaise, loin de là. Mais ma binche finit par se décapsuler et une première gorgée de houblon me rappelle à l'instant présent ; mon regard se vrille sur lui et mon attention s'accroche à ses paroles.

« J'vais rester un petit peu je pense, faut bien se fixer à un moment. » Je hausse un sourcil, discret mais obligé. Je m'étais toujours plu à me considérer comme un mec sans attache, sans racine, sans rien qui ne le retenait à un endroit ou à un autre, mais dans les faits, je savais bien que j'étais loin de la réalité. Ca avait été vrai, un temps, celui où je me cherchais encore, celui où je traversais tout le pays sans but ni ambition, mais, avec le temps, l'âge - la raison ? - j'avais fini par m'embourber les pattes, comme tout le monde, et la Cité des Anges s'était révélée mon marécage de prédilection. Je ne l'avouais pas, pas même à moi-même, mais j'avais besoin de pouvoir pointer une carte et de me dire que, ouais, j'habitais là. J'avais besoin de garder un bail à mon nom, d'une bande de potes fixe, de me tenir au jus des résultats sportifs des équipes du coin et de savoir où je pourrais manger exactement ce que je veux quand j'en ai envie sans risquer l'intoxication alimentaire. J'voulais pas le dire, mais j'étais bien à Los Angeles, mieux que n'importe où ailleurs, et la métropole m'appartenait autant que je lui appartenais. Benjamin, lui, c'était différent. Benjamin, le globetrotter, le mec qui allait partout, qui voyait tout, qui vivait tout. Ca m'avait toujours laissé un peu envieux, un sentiment bien vite balayé parce que let's face it mon propre train de vie n'était pas non plus celui qui remporterait la palme d'or de la routine, mais, quand même. Aussi, sa réponse me laisse vaguement confus, et je cherche à comprendre ce qui pouvait bien le motiver à lâcher ce qu'il avait pour se poser, qu'il dit. Mais je garde ça pour moi, pour l'instant - il rebondit sur mon boulot et le cheminement de mes pensées change en une fraction de seconde.  « Et toi alors ? Tes clichés sont plutôt très bons, tu expose ailleurs ? Tu bosse pour un magasine ? » Je lâche un ricanement, un peu mauvais mais pas tant - un rire Bernstein. Un coup d'oeil sur les photos qui traînent autour de nous et mes prunelles reviennent sur le reporter. « J'ai la dégaine d'un gars qui fait des expositions ? » La dégaine, mais le style, surtout ; mes clichés dérangent, ils piquent, ils glorifient le capitalisme et les bas fonds de l'industrie de la mode, mais ils ne sont certainement pas là pour flatter l'art, en tout cas, pas celui qu'on expose. « C'est mon studio, pas une galerie. Les photos derrière la vitrine, elles sont juste là pour qu'il n'y ait plus de connard qui rentre en pensant que c'est le pressing d'en face.  » Sourire sarcastique, pas tant que je le voudrais, pourtant, mais je ne m'attarde pas là dessus. « Et puis, j'suis bien avec les shootings de mode.  » Il avait connu la chose, un peu, du temps où on vivait au Brésil, lui, Leo, Sloan et moi, et qu'il me suivait parfois sur les contrats que j'y dégotais dès que le cash commençait à manquer. C'était à mille lieux de ce qu'il connaissait lui, assurément, mais moi, ça m'allait. Comme un gant. « Je ne bosse plus pour grand monde, par contre, vu qu'avec Isla... » Je marque une pause, juste le temps d'extirper une édition de YOLO qui traîne dans le tas de papier qui encombre le bureau et de la faire glisser devant lui. Je tapote la couverture du magazine avant de me renfoncer dans mon siège, lui laissant le soin de faire le lien de lui-même avec la chute de ma réplique. « ... On a fait l'grand saut, il y a quelques mois. » Mon sourire se ravive - même si j'étais venu me réfugier ici parce que j'étouffais au QG du magazine et dans mes fonctions nouvelles, il y avait, évidemment, pas mal de fierté à présenter la chose à Benjamin. « Parlant d'elle, elle va nous péter une durite quand elle saura que tu es là. T'es libre ce soir ? On pourrait se faire un truc ensemble, sauce Rio. » Je garde pour moi qu'on éviterait les églises, par contre. J'ai l'annulaire gauche qui me démange encore.
 
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Dim 16 Aoû - 19:44
Parker ∞ Benjamin
Il était parfois envieux de la vie des autres. On désirait toujours ce que l'on n'avait pas, ce que les autres possédaient, l'éternel insatisfaction. Benjamin avait une vie décousue, différente des gars de son âge. Il l'avait voulu, il l'avait ardemment désirait ce mode de vie, ce principe de non-attache. Quand les autres étaient derrière des bureaux à longueur de journée, lui voyageait à dos de chameau dans le désert. Quand ils enchaînaient les arrêts maladie parce que leur boulot était à mourir d'ennui, lui photographiait des bancs de requins en pleine mer. C'était différent, c'était autre chose. Et de loin, c'était plus satisfaisant que n'importe quoi d'autre parce que quand il voyageait, il n'avait pas à penser à cette autre vie qu'il avait laissé derrière lui. Mais sa vie à Charleston avait été unique également. Pour la première fois, il avait vécu dans un endroit qui semblait lui appartenir. C'était la-bas qu'il s'était fait des amis pour la première fois. Avant la Caroline, tout avait été une succession de maisons, d'appartements, de trainings, de randonnées, de centaines d'heures sur la route, de millier de kilomètres parcouru à travers le monde. Jusqu'à ses 15 ans, il avait eu l'impression d'être un être à part, un de ces gosses de tarés qu'on remarque à peine, qu'on associe à un dégénéré ou un attardé selon les coutumes. Il détonnait avec ses parents hors-normes, avec son petit frère hyperactif et sa frangine à fleur de peau. Il n'avait pas eu la même enfance que les autres, il n'avait pas connu de vrai foyer, n'avait pas le temps de s'attacher vraiment à un lieu avant que celui-ci ne change pour un autre, pour une autre langue, un nouveau pays. Et puis il y avait eu Charleston. Ce qui ne devait être qu'une étape comme les autres avait fini par devenir un repère, un seul port d'attache où réunir les souvenirs, les bons comme les mauvais. Et les Bernstein avaient eu une place importante dans cette spirale.  Ils avaient été les premiers vrais amis que les Hurley côtoyaient. Deux fratrie de trois se trouvant comme alliés dans des adolescences compliqués. Des destins semblables. Deux frères disparus trop tôt, deux autres décidant de parcourir le monde pour fuir le drame, deux sœurs préférant rester pour recoller les morceaux.

Et quand Benjamin regardait Parker, il se rappelait cette ressemblance dans leurs deux vies. Parker avait connu l'Autriche, lui avait connu le nomadisme, avant que leurs familles respectives se pose à Charleston. D'une certaine façon, ils étaient fait pour se connaître. Mais pas dit que le Bernstein pense que l'union entre sa sœur et lui étaient une nécessité pour conserver une amitié. Se poser. Il n'avait trouvé que cela à dire pour sauver les apparences. Mais comment faire comprendre à Parker que ses nuits étaient hantées par des cadavres, par des tueries, par des deuils qu'il n'arrivait pas à faire ? Et que tout cela freinait son envie de repartir, de reprendre la route. Ça et elle. Et comme à chaque fois qu'il pensait à elle, il sentit son cœur se serrer dans sa poitrine, ses mains se mettre à trembler très légèrement. « J'ai la dégaine d'un gars qui fait des expositions ? » Non. En reconnaissant le rire du Bernstein, il afficha un rictus à son tour. Ni Parker, ni lui, n'avaient jamais été fait pour ça. Ils avaient tous deux tourné leurs arts vers le sombre, un sombre qui avait fini par bouffer Benjamin. Un sombre qui ne finissait pas de marquer sa trace dans son quotidien. Pourtant, des belles choses, ils en avaient vu. Des vues improbables au-delà d'une falaise, des prises incroyables après des heures de marches, des images qui reflétaient le beau, l'espoir.   « C'est mon studio, pas une galerie. Les photos derrière la vitrine, elles sont juste là pour qu'il n'y ait plus de connard qui rentre en pensant que c'est le pressing d'en face.  » . Benjamin acquiesça tout en prenant une gorgée de la bière fraîche que son ami venait de lui tendre. « Et puis, j'suis bien avec les shootings de mode.  » Il n'y avait pas de mauvaises photos, mais seulement des mauvais photographes. Parker était un bon, assurément, Benjamin l'avait toujours su. Certes, le Hurley ne c'était jamais intéressé aux photographies de mode, mais il pouvait apprécier un bon cliché s'il en voyait un. Pendant un temps, il avait même participé, apprenant de Parker comme un apprenti avec son maître. Il avait le truc, il savait y faire. Il avait toujours été à l'aise avec les modèles et Benjamin savait que le charme de Parker comptait beaucoup. Il avait toujours été impressionné par son charisme, lui qui avait choisi l'objectif pour se planquer, pour disparaître. Voilà pourquoi photographier des modèles posant pour lui lui posé problème, parce qu'il n'avait pas l'assurance du Bernstein. Il n'était pas Parker sur beaucoup de point. Il avait du mal avec les regards rivés, avec les figures imposées, il était plus sensible à l'improvisation. « J'ai vu quelques clichés dans les magasines qui traînent à la maison... », il s'arrêta. Il n'était pas du genre à lire des magasines de fille, mais la fille avec qui il vivait, oui. Donc Solveig, donc pas le truc à dire pour justifier la présence des journaux chez lui. « Et t'es bon, t'as toujours été bon mec ! », dit-il en trinquant sa bière contre la sienne. Rien de mieux qu'une amitié virile pour couvrir ses gaffes. « Je ne bosse plus pour grand monde, par contre, vu qu'avec Isla... » Isla, son nom le fit sourire tandis qu'il prenait le magasine entre ses mains. « ... On a fait l'grand saut, il y a quelques mois. » Il fit naviguer son regard entre Parker et YOLO, une pointe de surprise dans les yeux. Il n'y avait jamais pensé, lui, à se lancer dans une aventure comme celle-là. Il avait enchaîné les contrats, il avait voyagé et il se contentait très largement de tout envoyer par mail à son employeur sans revenir au QG. D'ailleurs, il n'était pas certain d'y avoir un jour poser les pieds quand on y songeait... « Pas trop dur d'avoir Isla comme pile électrique dans les mêmes locaux que toi ? », demanda-t-il avec un sourire prononcé. « En tout cas, je suis content pour vous. Tu me feras visiter ? » Il était presque envieux. Ils étaient ensemble, ils avaient un projet. Il se sentait encore plus con qu'as son arrivé. « Parlant d'elle, elle va nous péter une durite quand elle saura que tu es là. T'es libre ce soir ? On pourrait se faire un truc ensemble, sauce Rio. » Nouveau sourire complice par-dessus les bières. Rio, Isla, Parker, Sloan... Toute une époque qui le rappelait à une vie simple, quand il n'avait pas de fiancée renfermée à la maison, pas de cauchemars en tête, pas de camion qu'on se prend en pleine gueule... « Pourquoi pas. Par contre, on évite les mojitos, la dernière fois mon estomac s'en rappelle encore. » Ouais, il était pas Parker sur ce coup-là aussi, il avait jamais été trop porté sur l'alcool et il pouvait aisément deviner que le cocktail avec les médocs finirait par lui faire dire trop de connerie. « Alors LA, tu t'y fais ? ». Parce qu'il avait encore la sensation que sa vie n'était pas ici, qu'il avait encore fuit pour les mauvaises raisons. En l’occurrence, pour la sœur de Parker.    
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