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BENJI & SLOAN - grow up and blow away
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Sloan H. Bernstein
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Jeu 14 Mai - 23:35


BENJI & SLOAN // grow up and blow away


J’avais le mauvais goût de tatoué sur le front. Que ce soit en humour, là où je trouvais drôles des blagues racistes, misogynes, machistes, employant des juifs au bord du brûleur ou autres. Que ce soit en affaires, où je me faufilais toujours dans des boulots pas possibles qui me reléguaient dans des postes reniés par d’autres comme ramasseuse professionnelle de crottes de chien, ou surestimés par certains, comme escorte de yakuza en mission « diplomatique » à L.A. Que ce soit en amour aussi, ou en absence de hen, quand je me laissais aller à tout vent avec des mecs dangereux sur papier, mais qui me faisaient rire en vrai. Ils gueulaient, ils frappaient, ils se droguaient, ils me traitaient peu et surtout pas, mais ils ajoutaient du piment à une vie qui n’en manquait jamais, à ma vie qui partait dans de multiples sens, à ma vie teintée de mauvaises décisions, de mauvais plans, de timing de merde, de fuites, surtout, et de mauvais goût. Sauf en musique. Là, j’assurais. Fallait dire que j’avais grandi avec les écouteurs collés aux oreilles, m’évitant d’entendre ma mère piailler, mon père rentrer au petit matin et gueuler sa rage en allemand sous tous les toits, ma sœur soupirer chaque fois que je méprenais une écharpe pour une jupe, des sous-vêtements pour un chapeau. La musique avait été aussi clichée qu’une échappatoire, une façon de faire entrer les autres dans mon monde le dimanche matin à 5h quand je leur faisais découvrir ce que du crabcore voulait vraiment dire, après avoir passé la nuit à tenter de recréer le même rythme dans ma tête over and over. Alors ouais, la musique, je connaissais. J’avais fait roadie aussi, longtemps, tout de suite après le lycée. Je m’étais barrée avec mon t-shirt des Sex Pistols délavé, un vieux souvenir de Parker, un t-shirt qu’il m’avait piqué chez un disquaire de Salzburg l’une des dernières fois où on habitait l’Europe à deux. Je présumais qu’il était incapable de faire deux choses à la fois – draguer la fille qui s’occupait de vendre des posters de vieux classiques rock & me voler un truc là, dans l’étalage d’à-côté – et il m’avait berné en récoltant le numéro de l’autre rousse, ledit morceau de tissu & un vinyle de Boney M. rien que parce qu’il était con. Et être roadie, c’était bien. C’était le sex, la drogue, le rock n’ roll, en mieux. J’avais appris l’existence de tout ce qui pouvait se rapprocher de près ou de loin à la technique, jouant de mes câbles, mes amplis et mes synthés aussi bien que je branlais les hanches quand je demandais au drummer – ou au guitariste, ou même à l’agent – de satisfaire mes pulsions post ou pre-show. J’avais vu des bands sortir de nulle part, d’autre être méga connus, j’avais tourné sur toutes les scènes du vieux continent ou presque, j’avais même  eu une chanson qui m’avait été dédiée une fois, ou pas je me souviens plus c’était plutôt embrumé, comme tout ce qui me restait de cette époque-là en fait, et voilà quoi, j’avais bon goût en musique.

La salle était plongée dans le noir quand je m’étais pointée sur la scène, les cheveux en bataille, le maquillage étalé, les vêtements éclatés, les yeux aussi. Je pouvais rien y faire, pour bien mixer, j’avais besoin d’une dose, petite ou grande, rien qu’un peu, rien de mal non, juste du bien. J’avais fait claquer mes espadrilles au sol et ma langue sur mes lèvres avant de me faufiler derrière l’autre, celui d’avant, trop lourd sur le dubstep, pas assez sur le scratch. Je lui avais pincé la fesse et renvoyé un clin d’œil avant de danser sur place, presque jusqu’à la table, me laissant séduire par le jeu de lumière en rose et en mauve qui éclairait le plafond, et les paillettes qui y brillaient aussi, prêtes à être lancées une fois la première touche enfoncée. Je faisais DJ par dépendance, pas par envie. Depuis Brisbane, depuis ces semaines où je jouais les faux mannequins le jour et les party animals la nuit, j’en avais soupé de la musique en boîte, recyclée, beige, ennuyante. J’avais besoin de rythme, j’avais besoin de ces notes, qu’elles me rentrent dedans, par tous les pores de ma peau, qu’elles hérissent mes poils, qu’elles fassent dresser mes cheveux, que mes yeux partent en vrille, que mon corps s’ondule. Puis faut dire aussi que stone, si près des colonnes de son, ça en jette. J’avais oublié comment ou pourquoi j’avais commencé, mais je l’avais fait là, tu vois. La musique s’était lancée du bout de mes doigts, crescendo de piano, d’électro, de voix mêlées. J’y avais ajouté la mienne, pour le fun, parce qu’elle sonnait fruitée là, tout de suite, et j’avais laissé la foule se mettre en transe, fixer sans rien voir tout comme moi, la suite des choses. Enclenchement de musiques, plusieurs musiques, différentes, aiguës, graves, qui montent, montent, montent, montent et n’arrêtent plus, et puis un gros boum, un bam bien retentissant qui est accentué par les stroboscopes, par la pluie de toutes les couleurs qui tombe du ciel, par mes éclats de rire qui sonnent encore et encore et encore alors que les micros crachent et que je m’éclate, que je suis à ma place, pour encore 5 minutes ou toute une vie, j’m’en contrefiche.

Et j’avais mauvais goût en cocktails aussi. C’était pour ça que j’y allais avec du simple. Bière, vodka, gin, whisky, tequila. J’y allais all in bien sûr, pour pas gaspiller, pour célébrer, pour oublier je sais plus quoi. Ça marchait bien, n’empêche. Et j’avais mauvais goût aussi en ce qui touche à tout ce qui pouvait être relié de près ou de loin à une bonne conscience, à un karma bien propre, bien léché, bien bon. C’est sûrement pour ça qu’après 4 shots et 3 verres j’avais tout lâché pour le suivre à travers les autres, silhouette connue, un peu trop pour une certaine partie de ma famille, silhouette qui se dessinait parmi les autres et que j’avais vue sous tous les angles, déjà. On s’était brûlé et j’avais en travers de la gorge que ça ne serait pas la dernière fois. Si seulement j’avais de belles valeurs, si seulement j’avais écouté quoi que ce soit chez les nonnes, si seulement j’en avais quelque chose à faire du bros before hoes.

« J’te préfère définitivement à poil. » que je lui lançai, charmante au possible, passant de son dos à son oreille où j’avais lancé mes salutations pour finir bien droite ou presque sous ses yeux.




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Benjamin S. Hurley
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Jeu 28 Mai - 18:50


BENJI & SLOAN // grow up and blow away


Il avait regardé les images à la télé. Il avait tout vu en direct, branché comme un con devant BFM, abrutit par les médias qu'il avait prit en horreur mais qui avaient allégrement engraissé son compte bancaire à l'époque. Il avait fixé l'écran comme un gosse devant un dessin animé, perdant le fil du reste, oubliant l'existence d'une vie en dehors de ces images. Il aurait dû y être, il le savait. C'est la-bas qu'il devrait être plutôt que là, sagement assis sur son canapé vieillis, au calme, confortablement ahuris. Sa place était la-bas, au bout du monde, là où il ferait autre chose que faire la loque, que se regarder le nombril en se demandant pourquoi il avait tout plaquer pour rester enfermer entre quatres mur dans une maison qu'il n'aimait pas avec une femme qui le méprisait tout autant qu'elle l'aimait, à bouffer des sushis alors qu'il trouvait ça dégueulasse, à entretenir le vieux chat du voisin parce que cet abrutis le laissait miauler à la mort toute la sainte journée... Il ne comprenait pas pourquoi il était là à laisser la bière se réchauffer sans lâcher des yeux les horribles images qui défilaient à l'écran. Il aurait aimé faire quelque chose, il aurait dû faire quelque chose, mais pas là, pas depuis cette ville qui était sensée lui fournir un nouveau départ, par depuis son salon en kit que Solveigh se plaisait à décorer un peu plus chaque jour comme si elle, elle était bien ici, comme si elle s'y plaisait autant qu'elle voulait le dire, comme si elle faisait semblant de ne rien voir, ni rien comprendre, comme si elle pouvait pas lui foutre une putain de baffe pour qu'il ouvre les yeux, NON ?! Non. Non, elle faisait tout par automatisme, elle lui souriait pour qu'il se détende, elle ne le blâmait pas alors qu'il le méritait sans doute plus que de raison, elle lui faisait même le regard de femme qui comprend et c'était sans doute ça qui agaçait le plus Benjamin. Elle comprenait. Mais bordel, pourquoi ? On ne comprenait pas, jamais, on faisait semblant à la limite mais c'est tout. Mais Solveig attendait que cela change, que par un foutu miracle tout se règle comme par magie. Mais la magie c'était dans les contes de fée et Benjamin avait cessé d'y croire depuis longtemps.

Il s'en voulait d'avoir arrêté, de s'être enfermé ici, à l'abris, en sécurité comme il pensait dans cette ville immense où les gens se connaissaient si peu... Benjamin ne se retrouvait pas dans cette ville, ni dans aucune autre, parce qu'il n'était nul part chez lui, il était partout à la fois. Sa tête foisonnait d'autres saisons, d'autres pays mais aujourd'hui, il gardait à l'esprit celles du séisme qui avait renversé des familles, des citoyens, tout en peuple. Le militant en lui bouillonnait d'être aussi inutile, de se contenter de regarder ça à la télé à défauts de s'y rendre. Autrefois, il ne lui aurait fallut que quelques minutes pour rassembler ses affaires - un sac à dos fonctionnel, sa guitare, son appareil photo, une trousse de secours, son calepin - et prendre le premier hélico qui pouvait l'emmener la-bas. Mais il avait fait une promesse, il avait promis de changer, de se guérir, de survivre. Alors il se retrouvait comme un con, planté dans son salon, à regretter un temps où il était plus vaillant, un temps où sa passion avait le dessus sur tout le reste. Finalement, il ne pouvait pas faire grand-chose de plus que d'envoyer des mails d'encouragement à ses anciens collègues, qui eux, n'avaient pas perdu la foi.

Et comme si le destin avait sentit qu'il avait besoin d'un petit remontant, Le Satellite avait organisé une soirée rock entre ses murs. Après tout, Benjamin avait grandit dans la musique, sa mère était une mélomane accomplie qui avait éduqué ses enfants comme une vrai mentor. Plutôt que de se morfondre chez lui et parce que la vue de Solveig entrain de chercher une nouvelle table basse lui foutait le cafard, il embarqua sa salle gueule et partit prendre l'air des pétards au Satellite. Benjamin traîna sa carcasse jusqu'à la scène, écoutant avec amertume les Stones façon boys band. Il regarda le groupe enchaîner les morceaux mais s'en s'y reconnaître, c'était encore plus frustrant, il regrettait presque de ne pas avoir apporter sa guitare pour faire une contre soirée quelques rues plus loin dans les vieux Pubs de Silverlake. Penaud, il se traina vers le bar et commanda un whisky coca sans grande conviction. Il avait toujours bu pour le plaisir, jamais par ennui ou déni. Il aimait l'effet euphorisant, pas celui qu'on voyait chez les ivrognes ou les minettes en perte de reconnaissance, celui qui faisait du bien, qui réchauffait, qui déliait les langues et vous promettez une soirée inoubliable. Benjamin n'était pas le buveur morose ou impulsif, il n'avait jamais trouvé d'intérêt à se mettre minable pour ne se souvenir de rien. Tout méritait de se rappeler, même le plus douloureux, même ce qui faisait trop mal. Il but son premier verre et lui trouva un goût amer, signe qu'il n'était pas de bon sens de boire ce soir, mais les nouvelles notes du groupe blessèrent ses oreilles au point qu'il commanda un autre verre dans la foulée. « J'te préfère définitivement à poil. », siffla une voix tout prêt de son oreille. Il tourna la tête pour se retrouver face à Sloan. Sloan Bernstein, tornade blonde, furie des mauvais et/ou des bons jours, diable à salopette sexy, piège ambulant, radar à ennui mortellement désiré. Il ne pouvait pas lui dire la même chose, il ne devait pas le faire sous peine de boire encore et encore et d'aller contre son premier bon principe de la soirée. « Enchanté aussi. » C'était une réponse convenable jugea-t-il en terminant son premier verre tandis que le Bernstein commandait également. La soirée allait être fort mouvementé, il était prêt à le parier.




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Ven 5 Juin - 21:58


BENJI & SLOAN // grow up and blow away


La musique avait changé depuis mon set et je m’étais perdue à travers la foule parce qu’il n’y avait franchement que ça à faire. Parker avec sa greluche, Leo avec la sienne, Isla qui jouait les filles responsables et barbantes, il me restait que les platines et encore pour avoir un minimum de fun. J’étais pas du genre à rameuter toute ma meute de toute façon, j’aimais beaucoup mieux ajouter de nouveaux visages à mon tableau de chasse, peu importe ce que cela signifiait. Le cousin avait pour habitude de dire que je rameutais n’importe qui et n’importe quoi, mais en vérité, y’avait un déclencheur pour tout ce qui se retrouvait à caresser ce que je leur laissais voir, bribes de peau, de chair fraîche, de courbes qu’ils oublieraient au petit matin, que je m’assurerais de leur retirer des mains avec la plus grande agilité, le meilleur des savoir-faire, le doigté travaillé, agile, habitué, blasé. J’avais succombé un peu à tout le monde et à personne, mais c’était parce que j’y croyais, au bonheur pur et dur. Au laisser-aller dans les règles de l’art, à l’éclat de rire qui réchauffe les entrailles, à la pression d’un corps, choisi par envie, par déni, par besoin, rien que pour occuper un peu de mon temps, rien que pour s’ajouter à la longue liste des if only for the story. Je n’avais jamais dit que j’étais une sainte, je n’avais jamais voulue l’être de toute façon, et si ça me permettait de prendre mon pied avant de finir loin direct au fin fond du compost du voisin, je pouvais bien prendre tous les droits qui me revenaient. En vrai, j’aurais même pu mettre mon émancipation sur l’attitude rigide de mes parents, rigide ou absente, your call – mais ç’aurait été trop facile et ça les aurait probablement couvert d’une joie limite à la folie de réaliser que leur éducation m’avait bousillée, ne me laissant aucune autre chance que de devenir une goedkope hoer. Je savais me contenir parfois, je vous jure. Je couchais, je fumais, je buvais, mais c’était simplement parce que j’en avais envie. Y’avait pas une quote de Bouddha qui encourageait ce style de comportement? Si seulement j’avais mon portable près, on pourrait en finir et googler la chose, mais je préférais jouer au classique chat et sa souris, repérant de près une conquête, un pote, une connaissance, un mec bref, ancien coloc, ami d’enfance de mon homologue mâle, reste d’une soirée qui sentait l’erreur à plein nez, et qui rendait ça encore plus intéressant. Il est là à boire avec son air de nostalgie, son visage recroquevillé en milliers d’idées noires et j’ai presque envie de le secouer en lui disant d’en profiter, de la vie, plutôt que de se la jouer chat botté avec son reste de testostérone qui s'y perd, mais je sais déjà que j’entre en mode veuve noire, rien qu’à voir à quel point il sent les ennuis jusqu’ici. Il sent bon les remords, les regrets, la fuite, les disputes, et si je ne m’en foutais pas autant j’aurais presque pu être une oreille attentive. Mais je n’ai pas non plus envie qu’il tue mon buzz.

« Enchanté, aussi. » J’hausse le sourcil, féline, prédateur au possible alors que je balance d’un côté et de l’autre, les guitares grattant en background et dans ma tête, jurant avec les dizaines de synthétiseurs qui rythment le fil de mes pensées, de mes regards, de mes sourires. Il est en plein dans un solo de clavier, une électro sale, sèche, dure, drue, et je lève mes yeux en feux d’artifices vers ce qui lui reste de sourire pour cogner mon verre au sien. J’en ai déjà vu des déprimés, t’es pas le premier sur la liste chaton, et tu seras probablement encore mieux démoli quand j’en aurai fini avec ta mine de gamin gâté déçu. « Si tu joues à l’amnésique, c'est pour ressasser nos derniers souvenirs communs, right? » Il m’emmerde et il me pique, il m’embête et j’en vibre, proche, proche, encore plus près et toujours à moins de centimètres qu’il n’en faudrait. Il avait un air similaire, la dernière fois. Une fille, un poids lourd qui lui pesait trop et toujours, qu’il avait mentionné. J’avais pas retenu le reste parce que je retiens rien de toute façon, encore moins quand ça pourrait être urgent, important, ou me causer des ennuis. J’avais toujours fonctionné ainsi, moins de responsabilités, mieux de gestion de temps, aucune crise à l’horizon, rien que des regards perdus et des sourires imaginés, trafiqués, complètement faux et étudiés. Il avait dit qu’il n’allait pas, j’avais renchérit en disant que moi, ça allait très bien. Il avait parlé du Brésil, j’en avais rêvé encore un peu, beaucoup. Il s’était penché vers moi, j’avais pas traîné. Mes doigts s’étaient immiscés, les siens avaient suivis, avides, inquiets, pesants, distants, chargés, tellement chargés. C’était comme un appel à l’aide qui m’avait arraché un grand, très grand éclat de rire, parce que j’avais rien d’une solution, d’une réponse à une prière, au contraire. Et il le savait. Il le savait et il avait voulu plus, ce que je lui avais donné comme je donne à tout le monde, comme je prends surtout. Les cheveux hirsutes, les cuisses fermes, les yeux qui se perdent, qui se retrouvent, la chaleur de son bas ventre, la froideur de mes gestes une fois qu’il s’était détaché, une fois qu’il avait compris, une fois qu’on avait chacun eu ce qu’on voulait. Il avait une attache ailleurs et ça me convenait mieux que quiconque, je ne voulais de rien de toute façon, je n’avais besoin de rien sauf de Parker et ça avait toujours été comme ça. Toujours. Surtout maintenant.

Le souvenir de ses lèvres sur les miennes me ramène à l’instant et je me demande déjà pourquoi il reste là à jouer au mystérieux quand on la sent tous les deux, l’électricité, le choc, gros, trop gros, trop écrasant aussi. Il me détaille et je ne me gêne pas, cambrant les hanches, avide maintenant de je-ne-sais-plus-quoi mais qu’il peut très bien combler s’il y met un peu du sien. Benjamin qui joue trop au bon gars, à la bonne poire, au mec qui veut parler de la météo et de la situation politique alors qu’il sait très bien que les politesses me répugnent, surtout dans sa bouche à lui. Hypocrite par-dessus le marché, à la recherche d’une salvation, ou d’une expiation tout dépendant d’où on se place sur la balance, sur son pauvre châtiment, peu importe ce qu’il est. « Je te demanderai pas quoi de neuf, tu sais très bien que j’m’en fiche. » J’accentue la phrase d’un sourire, que je lui dédis déjà aux vues de cette suite qu’il appréhende autant qu’il attend. Je le sais, je le sens à voir son poil s’hérisser, sa peau se tendre, sous les décharges d’énergie qui le dardent de plein fouet. Le barman me ressert un verre, j’ignore de quoi, je suis trop occupée à ne pas lâcher Hurley des yeux. Two can play that game, sweetheart.




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Mar 30 Juin - 11:35


BENJI & SLOAN // grow up and blow away


Il ne veut pas s'en rappeler. Il veut oublier, passer à autre chose, faire comme si cela datait d'un autre temps, d'une autre vie. Effacer son visage poupon de son esprit, oublier ses mains baladeuses, son rire cristallin. Il faudrait qu'il le fasse. Il le faut vraiment. Sauf que Sloan est partout semble-t-il. Elle ait là où il l'attend jamais, mais elle surgit, féline, imprévisible, dans son champ de vision et l'embarque dans une connerie si évidente qu'il ne peut l'éviter. Et elle se fout bien de lui rendre service en partant, en faisant mine de l'avoir reconnu, en lui sautant dessus comme un chiot en manque d'affection. Elle s'en fout et elle refuse de l'aider en fuyant, en lui foutant la paix. Sloan aime se frotter au danger, frôler la connerie, plonger dedans avec avidité. Sloan est un monstre. Un monstre diablement sexy, mais un monstre quand même. Elle ne fuit pas parce qu'elle le sent, elle le sait, qu'il recule difficilement, qu'il aime lui aussi, bien malgré lui, ce danger, cette adrénaline quand ils sont ensemble. Sloan n'est pas conne, elle côtoie peut être pas mal de cons, mais elle sait encore comment les appréhender et avec Benjamin, elle sait y faire. A lui aussi, de dire non, de réfuter, de partir, de laisser tomber avant qu'il ne soit trop tard. Mais le Hurley n'est pas toujours fiable, même s'il aimerait l'être d'avantage ces derniers temps. Comment un mec ayant passé plus de temps sur les routes que dans un vrai chez soit pouvait parler de stabilité ? Jusque là, cela lui allait plutôt bien, cette vie de nomade, cette impression d'appartenir à personne et tout le monde à la fois, cette sensation d'être invincible, intouchable. Il avait craint la stabilité, il avait refusé de faire comme les autres, de s'attacher à une vie qui ne lui correspondrait pas. Il avait laissé de côté le bon sens, le faire comme tout le monde et s'était laissé guidé par une vie en mouvement, en constant changement. C'était ça sa vie, avant.   Puis il y avait eut sa mère, Solveig et tout c'était confondu, tout ce qu'il avait choisi d’omettre l'avait brutalement frappé en plein visage.

Et voilà qu'il se retrouvait au Satellite à boire alors qu'il n'est même pas fan de la boisson. Il aurait sans doute préféré un bout de plage, un bon joint et observer les étoiles dans un silence seulement briser par le bruit des vagues s'écrasant sur la jetée. Il aurait cherché une solitude qui était autant son amie que sa complice, un espace à lui loin du visage triste de Solveig, loin de ses nuits fiévreuses à se souvenir d'une vie qui lui manquait cruellement, loin de la douleur de son accident. Mais il était là avec Sloan pour compagnie. La Berstein était à son image, énergique, épuisante, fantasque. A des années lumière de sa cousine, pensa-t-il et cette simple pensée le brûla à l'intérieur. Il s'interdisait de penser à elle alors qu'elle était sans doute la seule à pouvoir le sauver, la seule à rester, à attendre quelque chose de lui, à vouloir qu'il s'en sorte. Au lieu de ça, il délaissait leur maison, leur ébauche de vie à deux pour boire un verre comme un condamné un mort. « Si tu joues à l'amnésique, c'est pour ressasser nos derniers souvenirs communs, right? ». Il la détestait de dire ça, de prononcer ses mots avec son sourire qui se voulait innocent mais qui rayonnait comme un coup de lame dans le bide. Si lui voulait oublier, elle, elle prenait un malin plaisir à lui rappeler, à s'immiscer dans son esprit pour qu'il garde bien en tête ce qu'ils avaient fait. Un flash, une image et le voilà répartit avec elle, des jours plus tôt. Cette chaleur, cette sensation dans son bas ventre, cette avidité dans ces gestes, dans sa poitrine. Son corps à elle, fin et brûlant, soupirant à chaque mouvement. Il ferme brutalement les yeux, trop peut-être, pour chasser cette image. Il aimerait qu'elle ne soit pas plaisante, qu'elle soit si horrible pour l'oublier plus vite mais il ne ressent rien d'autre que de la honte, de la honte et de l'envie.   Une envie de la posséder encore et aussitôt Solveig apparaît derrière ses paupières agitées, simple et souriante, comme au temps de leur rencontre, comme au temps où il était tombé amoureux d'elle. Il ne pouvait peut-être pas jouer l'amnésique, mais il pouvait essayer d'ignorer la pile électrique à côté de lui. « Je te demanderai pas quoi de neuf, tu sais très bien que j'm'en fiche.», dit-elle avec simplicité tout en le bouffant des yeux. Fuck. Il ne comprenait pas pourquoi elle lui faisait cet effet alors qu'elle était réellement insupportable. Elle était immature, enfantine, agaçante. Elle n'était pas Solveig. Nouvelle gorgée du liquide noir et envie de se mettre une claque pour inviter Solveig ici alors qu'elle était sagement chez eux, à l'attendre sûrement. Il devait partir, il le savait. « Tu te fiche de tout Sloan. », dit-il en posant son verre vide sur le comptoir et passant près d'elle pour prendre la sortie. De tout, de lui, des autres hormis Parker sans doute, mais des autres en général. Elle était son opposé, son contraire, elle était nocive, elle était mauvaise. Pour l'ignorance, on repasserai. Elle le suit, le frôle, coule son regard fiévreux sur lui et il se sent craquer, tellement que ça lui donne mal à la tête. La foule autour d'eux le rend nerveux. Il étouffe presque dans ces espaces clos, lui l'exilé des déserts et des plaines à perte de vue. Il sort enfin, prend une grande bouffée d'air très vite prit à la gorge par tous les fumeurs, les drogués. Discrètement, Sloan se rapproche de lui, un joint dans la main, fumant lentement comme pour lui donner envie. Il ne sait pas d'où ça vient, il ne veut même pas savoir, mais elle est là, toujours, chaude, encore. Elle lui tend après avoir fumé une autre latte. Il doit refuser, il doit partir tant que c'est encore possible, mais il crève d'envie de s'enfumer la tête avec elle comme complice. Il accepte l'offrande, la tend à ses lèvres, tire dessus avec avidité et tandis que son cerveau s'enfume, il sent Sloan encore plus proche. 




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Jeu 6 Aoû - 2:39


BENJI & SLOAN // grow up and blow away


Il y avait de ceux qui ravalaient, qui oubliaient, qui niaient, qui regrettaient. Puis il y avait moi, il y avait moi et mes erreurs que je cumulais, que j’affichais, que j’appréhendais, que je répétais. Il y avait moi et le danger, que je flattais du bout des doigts, le danger que je cherchais encore et toujours, qui m’allumait, qui me drivait, qui me poussait plus loin toujours trop loin, et dans ses bras au passage. Ses refus étaient mon bois d’allumage, ses non-dits mes arguments, ses gestes étouffés ma gazoline, mon essence, ma motivation. Il aurait dit oui facilement, il aurait cédé au bout de quelques battements de cils et le jeu aurait été si morne, si beige, si ennuyant que je l’aurais laissé filer. Mais son premier non avait été mon premier oui, insistant, imposant, et tous ces mois où il avait partagé mon quotidien, tous ces jours où j’avais côtoyé sa petite personne me passaient loin, très loin derrière la tête et les idées parce que maintenant, tout de suite, il était à moi. Aisément, si peu aisément, malgré ce qu’il pouvait dire ou faire, si peu aisément et je m’y sentais agile, affable, féline, avec tout l’espace qu’il me laissait et que je me créais, ou l’inverse allez savoir. La chaleur de l’alcool enrobe mes sens et je souris, je souris pleinement, mesquine, alors qu’il babille, qu’il esquive, qu’il tente encore de disparaître, sachant très bien qu’il veut rester. Il reste toujours. Il reste même s’il dépose son verre, il reste même s’il fait mine de quitter le bar, il reste même s’il se dirige vers la sortie, même s’il ne regarde pas derrière, même s’il sait très bien que je ne le lâche pas d’un pas, que ma silhouette chancelante agit comme son ombre, ou qu’il agit comme la mienne. Il reste alors qu’il s’immobilise, la ruelle à ses pieds, le joint à mes lèvres, il reste comme je pars, comme je pars ailleurs dans un délire puis un autre, répondant aux bribes d’électro qui chatouillent encore mes sens, qui les annihilent juste comme j’en ai besoin. Il reste et ses pupilles caressent les miennes de désir et d'autres malices, il reste et le weed qui a empli mes poumons trouve preneur entre ses pouces, doux, si doux, si résignés. Je garde le silence parce que j’admire, j’admire le spectacle qu’il m’offre, les démons qui passent de son crâne à ses iris, de ses membres à sa respiration. J’admire la lutte qu’il entretient contre lui-même, contre moi juste un peu, mais surtout contre lui et ses erreurs, qu’il cumule, qu’il cumule si bien, comme toujours.

Il tire la clope verte au sol et je penche la tête, gâtée par tant d’offices, par ses envies mutées, par les miennes si peu voilées. « Je me fiche pas de ça. » que je souffle, parce qu’il le demande, parce qu’il me supplie, parce que sa proximité s’imbrique dans la mienne. Je dépose mes lèvres embrumées, enfumées sur les siennes. « Ni de ça. » j’en profite pour convoiter ce qu’il représente, sentant encore sa chair s’immiscer à même la mienne, glissant mes doigts libres le long des siens, l’invitant à enlacer ce qui me sert de corps, enveloppe de chair inutile et tellement pratique. Enveloppe qui me sert, enveloppe qui l’englobe, enveloppe qui se veut incitante, agacée, tourmentée. Il ne met pas longtemps à réagir, le front moite, les cheveux ailleurs, les mains qui pressent, qui me pressent contre lui, qui refusent mais qui acceptent, à ma demande, à mes sourires, à mes soupirs. « Et j’me doutais que c’était réciproque. » Mes lèvres le trouvent plus rapidement que je ne l’aurais voulu, coupant ma respiration pour inhaler à travers son haleine, son odeur bien particulière, son parfum qui embaume, qui enivre, qui m’agresse surtout. Il sent lui, il sent Benjamin, il sent les souvenirs, il sent Leo et leurs délires, Parker et ses avertissements, Parker et j’m’en fiche, j’m’en fiche tellement, je fais que ça, m’en ficher. Il a bien raison, au final. Et je me ressaisis, je me ressaisis sous ses caresses, sous mes baisers qui se veulent dévorants, qui lui laissent peu de temps pour respirer, lui qui entre deux expirations s’assure que je ne bouge pas, que je reste là, que je ne le laisse pas à ses fantômes, à ses étourderies, à ses conneries.

Le bitume claque sous mes pas alors qu’il me pousse ou que je le tire, qu’il me tire ou que je le pousse, et je me retrouve bien vite plaquée au mur de briques derrière nous. Il ne lâche pas et je renchéris, il savait très bien ce dans quoi il s’embarquait et mes mains l’empêchent de faire autrement, il savait très bien ce pourquoi il était là et surtout pourquoi il voulait être là, pour qui, et ça me plaisait d’être celle qui porte au vice. Celle qui, du bout de la langue, l’attire encore une fois vers l’abime qu’il s’est lui-même creusée, pour laquelle je lui ai passé la tranchée, bien sûr, mais qu’il retrouve à pieds joints, à bouche levée, me serrant près de lui comme si j’allais m’éclipser, encore, ou pire, qu’il allait s’éclipser lui-même. Beau tableau. « Tu fais dans le spectacle complet aujourd’hui. » je trouve à articuler, alors que nos échanges charnels intriguent les passants, attirent les regards, bousculent les sourires.




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Benjamin S. Hurley
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Emploi : Futurement réalisateur pour le magasine YOLO. Anciennement photo-reporter de guerre, globe-trotter et other.

Mer 26 Aoû - 17:20


BENJI & SLOAN // grow up and blow away


Autrefois, il aurait cédé sans démesure. Il aurait vécu l'instant comme un shoot délectant, comme une dose d'héro tant attendu. Avant, il ne se serait pas posé autant de question, il aurait agit sans en comprendre le sens, juste parce que son instinct le voulait, parce qu'il La voulait... Benjamin n'avait pas toujours réfléchit de la sorte, il avait toujours été habité par un élan presque animal, un instinct de chasseur qui lui avait permis de survivre jusque là. Pendant ses études à New-York, il avait profité de la vie comme jamais, il avait aimé des tas de femmes, le temps d'une nuit, d'un flirt, d'une danse... Si une femme lui plaisait, il fonçait, il n'avait pas peur d'être détourné, de se prendre une rebuffade parce qu'il avait confiance en lui. Pour ça, pour un tas d'autre chose, Benjamin avait confiance en lui. Il avait une assurance peu commune. Sans ça, il n'aurait sans doute pas décroché aussi aisément son premier contrat, ni ses photos prisent en plein shoot dans un moment compliqué. Oui, de l'assurance, il en avait à revendre, tout comme de la bonne humeur, du positivisme, de la paix. Il suffisait qu'il croit en lui, qu'il se fasse confiance pour que ça aille un peu près. Il aimait une femme le temps d'une nuit parce que la simple chaleur de ses bras le rendait euphorique. La tendresse d'une aimante à la nuit tombée avait des vertus incroyables sur la santé, sur l'enthousiasme, sur la gaieté... Oui, difficile à croire que le Benjamin qui tentait de fuir Sloan aurait, dans une autre vie, pressé son corps contre le sien à la seconde où leurs regards se serraient croisé. Mais les choses étaient différentes aujourd'hui. Il n'était plus seul, il n'était plus le Benjamin euphorique qui traversaient les rues de New-York une guitare à la main en chantant la sérénade à la première jolie fille venue. Il avait vu de trop près la détresse humaine, la douleur sentimentale, pour recommencer comme autrefois sans se poser plus de questions.  

Sloan était désirable, oui, mais elle était aussi dangereuse que néfaste et il le savait tous deux. Il n'était plus à New-York, à Paris ou n'importe où ailleurs, il était à Los Angeles, ville où il avait choisi de reconstruire, de tenter de reconstruire quelque chose avec Solveig. Mais elle, Sloan, elle était là, battant des cils, ondulant vers lui comme une tigresse prête à mordre, faisant balancer ses hanches sous ses yeux pour l'exciter un peu plus. « Je me fiche pas de ça. » , susurra-t-elle, diaboliquement sexy en s'approchant encore un peu plus de lui. Il sent ses lèvres sur les siennes. Elles ont un goût amer, âpre au début, elles sentent la trahison, la culpabilité. Il se retire, mais pas vraiment, elle se rapproche, le mord à la lèvre, il revient. Cette fois-ci, elles ont une goût d'extase, de plaisir, de surprise. « Tu pousse là... », dit-il en cherchant à la repousser mais Sloan est sournoise, elle souri sauvagement, elle se colle si près qu'il sent son odeur, son envie qui les bouffe tous les deux.  « Et j'me doutais que c'était réciproque. » , enchaîne t'elle avec avidité. Benjamin l'enserre au niveau des hanches, pose ses mains dans le creux de son dos, enivré. Elle se laisse faire, évidemment et entre dans son jeu favoris. Il la pousse contre le mur, plaque une main contre le granit et l'autre bloque sa hanche. Il cale son visage dans le creux de son coup, pose finalement son front contre son épaule. « Tu fais dans le spectacle complet aujourd'hui. » Elle le sent, elle aussi, qu'il flanche. Il hésite, il recule. Solveig s'impose de nouveau à son esprit et il sent son bas ventre se contracter dangereusement. Il a envie de Sloan, il la désire vraiment, mais il aime Solveig comme il n'as jamais aimé d'autre femme. Toutes deux Bernstein, toutes deux un poison qu'il ne peut se résoudre à guérir.   Et puis il y a Parker, il y l'autre Bernstein, dans l'ombre, qui sera le premier à frapper si il venait à le découvrir. Tout était bien plus simple quand il n'était pas amoureux, pas attaché, quand il vivait à des milliers de kilomètres de là, séparé par une mer et un océan à l'autre bout du monde à chasser les orques. « J'peux pas Sloan, j'peux pas... ». Il est piteux, sûrement pathétique, mais il préfère encore ça à devenir un connard fini, bien qu'il se persuade déjà très bien de l'être. Il met les mains dans les poches arrière de son jean, recule tout en fixant ses pieds. Au moins, comme ça, il n'est pas tenté. Les regards finissent par se détourner, sûrement déçus que le spectacle se termine ainsi. Mais Benjamin n'est pas un acteur, il n'est même pas bon en imitation. C'est juste un pauvre gars qui se demande ce qu'il fout encore là alors que sa copine doit l'attendre sagement chez eux. La seule fille capable de l'aimer encore après tout ça, la seule qui c'est démarqué parmi les autres, elle l'attend à quelques kilomètres de là dans une maison qu'ils ont choisi ensemble. Solveig l'attend, elle l'attend toujours, depuis qu'ils sont gosses, depuis qu'ils se connaissent. Et sans le savoir, sans l'avoir comprit, Benjamin l'attendait aussi cette personne capable de faire la différence. Une femme qui été restée alors même qu'il était devenu irritable, agressif, qu'il fuyait ce cocon qu'elle s'était évertué à battir pour eux. Que ce qu'il fout encore là ? « Ca te fait rien, toi ? Ca te pose pas de problème ce... Ce qu'on fait là ? ». Il a presque crié, il le sent à la décharge dans sa gorge. Sloan avait tenté une approche, il fallait qu'il réagisse. Il ne sait pas pourquoi il demande, il sait qu'il n'aimera pas la réponse. Rien ne peut, ne doit, lui plaire dans cette galère.  




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