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LACHLAN & SLOAN - Elastic Heart
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Sloan H. Bernstein
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Lun 1 Juin - 23:23


LACHLAN & SLOAN // Elastic Heart


Il m’intimidait. Il m’intimidait grave et je ne le connaissais même pas. Il m’intimidait à chaque parole de Leo qui décrivait à la perfection ce qu’il foutait dans une assiette, les couleurs, les arômes, les agencements, des trucs qui ne me dérangent pas, plus, moins, tant que je peux y planter ma fourchette. Qui me dérangeaient maintenant, obviously, parce qu’il en parlait trop, toujours, tellement. Il m’intimidait quand Isla, les yeux brillants, avait sauté du canapé pour décréter qu’il la suivait sur Instagram, qu’il avait même liké une photo de cupcake et qu’il devait se servir de ce geste-là pour l’autoriser à entrer dans son monde, lui faire une place, la valider. Un monde surfait, un monde de casseroles, un monde qui m’intimidait parce que j’en savais rien et que ça m’avait toujours suffit. Parce que la bouffe et moi, ça faisait deux. Parce que Leo s’assurait de me nourrir depuis aussi longuement que je me souvienne, parce que j’adorais plus que tout voir Isla grincer des dents lorsque mes courses au supermarché comptaient l’achat de bonbons qui pétillent, de boissons énergisantes, de biscuits de toutes les couleurs, de bière, surtout. Il m’intimidait avec ses non-dits, avec ses idées, avec son absence, avec sa silhouette qu’on oubliait vite, avec son nom qui se répétait un peu trop souvent à mon goût, un goût âpre, amer, acide. Un goût d’attention, un goût d’approbation, un goût qui ne me revenait pas, que je ne voulais pas voir revenir surtout. La flavor of the week qui se change en flavor of the month, Whitely officialisant son union avec l’autre, l’épicurien, l’amoureux des saveurs, des odeurs, des malaises, quand il finit par nous avouer à demi-mot tellement il doute de mon expression qu’il se recycle en cuistot clandestin. La blague. Le mec qui cuisine au fin fond d’un espace sombre, qui te sert des assiettes sales avec des cheveux dedans, qui improvise un menu avec des restes au frigo, qui… puis j’avais goûté le dit menu. Parce que hey, quand on sort des plats, on vise toujours l’amputée de service qui sait à peine comment faire bouillir de l’eau pour lui faire découvrir la chose. Ceci aidant cela, j’avais abdiqué entre le cake salé de l’un, les ribs de l’autre, entre mes doigts recouverts d’une sauce à base d'une herbe verte qui risquait de prendre lentement mais surement la place de l’autre herbe, la bonne, la vraie – c’est pour vous dire – le visage enfoui dans les sacs de livraison du surfeur pour voir si y’avait autre chose, n’importe quoi, pour calmer ma haine grandissante, mon déni, mais surtout, mon appétit qui grondait plus fort que mon exaspération bouillonnante.

J’étais une gamine. Une gamine complètement conne la plupart du temps, complètement stoned quand il ne le fallait pas. J’étais une enfant en matière de tout ce qui pouvait toucher à tout et à rien. Une fillette qui voulait tout avoir de la part de tout le monde, qui prenait sans calculer, qui monopolisait la place, qui ne redonnait rien, qui en avait toujours plus, toujours trop. Et je perdais la place, la mienne, à les voir tous baver devant l’idée, l’autre, l’intimidateur, le bully de service qui ne daignait même pas se présenter officiellement plutôt que de passer par la voix des autres. Mon effet d’arrivée, mon retour dans leur vie, mes beaux yeux, mon grand sourire, mes idées folles, mon surplus de couleurs passaient inaperçus dans la mesure où Leo avait un nouveau projet, une nouvelle passion, de nouveaux potes, une nouvelle vie. Ouais, sa brune en furie était disparue de la circulation, mais n’empêche que j’étais toujours là, moi. À détailler each and every personnes qui bourdonnaient autour de nous, qui félicitaient le petit blond et le grand brun, qui passaient la porte, qui se glorifiaient d’avoir trouvé l’endroit tellement bien caché oh wow comment vous avez fait pour penser à ça. Je marmonnais dans ma bière, enfant pourrie gâtée de 24 ans qui n’avait pas l’intention de se calmer, de respirer, de regarder les oiseaux voler dehors et de ravaler l’abandon ultime qu’on lui faufilait, non, du tout. J’avais enfilé le masque de la peste, la terreur, celle que je savais si bien jouer pour l’avoir inventée, celle qui cherchait la misère, qui cherchait la merde, la vraie, au-delà des soupirs et des regards désapprobateurs, au-delà d’une punition quelconque, d’un arrêt sur image. Je retenais mes soupirs jusqu’à ce que Leo ou Isla soient dans les parages, et je ne lâchais pas l’autre des yeux, essayant de voir là où il réussissait à être si cool, si intéressant, si brillant, si drôle. Je voyais rien, rien qui puisse lui donner autant de fanbase, de mancrush et de girlcrush tous combinés. Il était blah, trop effilé, trop brouillon, trop souriant, ou pas assez. Il était occupé aussi, et la simple envie de lui prendre ce qu’il avait me trottait en tête, moi, l’égoïste, l’amoureuse des comptes bien rendus, des possibilités coupées sous l’herbe. Il m’avait tellement énervée sans même exister que j’en avais oublié le sachet, celui que je gardais pour l’occasion, celui qui m’aurait donné un minimum de contenance, qui m’aurait fait passer le moindrement une soirée sympa parce que je l’aurais oubliée net, directe. À la place, j’avais le houblon salvateur, et ce n’était pas aussi efficace que ce que j’avais besoin. « J’te jure, je suis sûr que je t’ai déjà vue à quelque part. » Au moins, y’avait l’autre lourd, le Casanova de pacotille, qui bombait le torse, qui flattait dans tous les sens, qui puait la testostérone autant que j’empestais l’envie, la jalousie, la possessivité. Il avait su lire la détresse dans mes yeux en me plaquant contre la machine so fancy d’eau au concombre et l’abdo-destroyer qui détruisait bien ce qui me servait de côtes en pressant, pressant, pressant son haleine de charcuteries maison que Lachlan avait faites y’avait deux semaines, tu aurais dû voir sa liste c’est fou ce qui est passé par sa tête & de bière brune lourde sur la conscience, pas la sienne la mienne of course. Il babille, il sourit de ses larges dents, il étend un bras, il reluque à gauche le bench en disant qu’il connaît pas son poids limite tellement il benche beaucoup, il glousse et il oublie complètement qu’il a perdu tout son charme dès l’instant où il est né. Ou celui où le fameux enfant prodige a montré une faiblesse, Leo le laissant seul pour aller butiner de la chair fraîche ailleurs, aux prises avec une relative de mon propre dude si je me demande. J’incline la tête, je fronce les sourcils, je laisse mon interlocuteur bien comprendre qu’il ne retirera absolument rien de cet échange si ce n’est de pouvoir reluquer encore un brin même si je me sens malpropre rien que de sentir que ce genre-là s’intéresse à mon genre à moi et j’analyse. Je trouve déjà une lacune, puis une autre, puis elles s’enchaînent toutes, ces réticences, ces malaises, son envie de fuir. Et ça me fait rire, comme ça me fait rire. Le pauvre, la victime qui voit des bras s’entourer autour de sa taille, des cils battre, des paroles lascives se glisser un peu trop près de ses oreilles si pures, si fines.

Je connais le stratagème par cœur parce que c’est moi qui le met en scène, la plupart du temps. Sauf que la brune y comprend rien. Qu’elle n’a pas le doigté, qu’elle veut trop mais surtout pas assez. Qu’elle a tout faux et qu’elle lui laisse trop d’air. Quand tu t’incrustes, tu t’incrustes au point qu’il n’y ait rien d’autre que toi, pas de détresse mal placée, pas de toussotements inégaux. Il fait presque pitié dans sa situation et j’ai quasi envie de le laisser souffrir le temps qu’il disparaisse dans un nuage de fumée et que Leo réalise le scam, mais ça serait trop facile de l'entourer par la prise étouffante de l’autre. Et on n’est jamais si bien servie que par soi-même, anyway. J’en profite pour m’éclipser pendant que mon mastodonte cherche sur son iPhone la dernière vidéo de sa compétition de crossfit et je finis par réapparaitre à plus ou moins bonne distance, assez pour remplir mon verre, pour envoyer la main à Isla qui trépigne d’impatience avec l’air le plus exaspéré de l’univers, pour me retrouver dans une bulle commune plutôt qu’une seule. Il cherche les issues et il est à même de se retrouver pris au piège dans un monde pour lequel il n’est pas du tout prêt. Pour lequel il ne sera jamais.

« Hey, la star! » ironique, si ironique. J’affiche le sourire, celui qui annonce la tempête, la vraie, pas juste celle qu’on craint, celle qu’on voit clairement venir claquer notre petit calme morose. « Tout le monde n’arrête pas de mentionner ton nom, c’est presque chiant. » Ah, douce vérité. J’élance le mensonge jusqu’à m’étirer à sa hauteur, effleurant ses lèvres du bout d’un doigt, me retenant de toutes les cellules de mon corps de ne pas éclater en voyant ses pupilles se perdre loin, et si près. « Au moins, je le connais par cœur, ça aide. » Lascive, je reprends mon poste, tendant la main vers la groupie à rabais, fausse maintenant, bien fausse, mais tellement polie. « Sloan, enchantée. Merci de t’être occupée de mon homme, sinon il serait en train de jouer au héros du jour ailleurs que sous les feux de la rampe. Ça serait si dommage. »

Il m’intimidait. Et il m’énervait aussi, surtout. C’est probablement pour ça que je resserrai ma poigne, agrandissant mon sourire, prenant le plus de place et de contrôle possible, dans tout mon énervement. Mon ennui. Au moins, son parfum se rapprochait plus du bacon que du musc synthétique.




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Sam 6 Juin - 16:01


LACHLAN & SLOAN // Elastic Heart

« Par besoin de tempête
La pluie s'emmêle aux vents
Pour ne plus s'en séparer »

J'arque un sourcil incertain à l'apostrophe de la brune qui, quelques instants plutôt, se commandait au bar une pinte de bière de micro-brasserie contrastant tristement avec son look tout droit sorti d'un mauvais remake de Jersey Shore. Elle me remercie pour la soirée, pour l'ambiance, pour la présence du jet-set underground et des numéros de téléphone griffonnés sur le coin d'une table, entre deux verres de vin — tout ce dont je n'étais pas responsable finalement — parce qu'elle voulait devenir actrice, comme toutes les autres. Parce qu'elle croyait avoir quelque chose de plus à offrir, comme toutes les autres. Elle arrive d'une petite ville quelque part près de Chicago, qu'elle me raconte, alors que je voile à peine l'indifférence pesante qui recouvre mon sourire feint, teinté par un verre de vin rouge de trop. La petite brune s'approche trop, elle glisse ses doigts contre mon bras, elle est là pour se faire un réseau qu'elle me confie dans un souffle de fin de soirée. Elle n'a pas goûté à la pieuvre grillée ni à la langue de bœuf religieusement apprêtée, elle n'en voit pas l'intérêt de toute façon. Elle n'est pas là pour ça. Elle m'exaspère profondément ; peut-être parce que je vois aucun intérêt à ce qu'elle dit, ou peut-être tout simplement en fait-elle trop penser à elle. Jane, qui survit dans ses souvenirs, ses sourires volés entre deux disputes, elle est encore là et ça fait mal. C'est le genre douleur qu'on n'apaise jamais réellement, jamais totalement. Et même si je pense à toi à toutes les heures de la journée. Elle m'avait écorché de toutes les façons possibles, j'avais appris à ne pas m'en plaindre, à encaisser, à me rétracter pour lui laisser toute la place, quitte à m'oublier en chemin. Je n'étais pas plus malheureux pour autant. Je m'étais conditionné, persuadé que c'était la seule façon de ne pas perdre l'esprit lorsqu'on s'égare complètement en l'autre. Encore aujourd'hui, je préférais me fondre dans l'ombre plutôt que d'affronter les lumières auxquelles Leo s'était rapidement habitué. Je relève la tête pour me retrouver encore une fois devant ce teint orangé et ce sourire faux. Je cherche d'une œillade discrète à mon nouveau partenaire d'affaire, visiblement contraint à parader devant l'essaim de groupies qui jouait du coude pour se retrouver en tête-à-tête avec le petit blond. Leo quitte sa bande, papillonne vers nous, s'interrompant à quelques endroits afin de serrer quelques mains, les remerciant de leurs présences. Il nous rejoint, il prend toute la place alors que d'instinct, je m'efface pour lui laisser toute l'espace. Durant un bref instant, ils m'oublient presque, je m'en retrouve finalement soulagé. Ma place était dans la cuisine, derrière les fourneaux, à diriger la seule brigade avec laquelle je me sentais en confiance. Je recule d'un pas, disparaissant encore un peu. Un bref instant, Snooki reprend de plus belle : elle me demande si je suis venu accompagner. Un cristallin soubresaut s'échappe de mon sourire maladroit. Aussi subtile que Tinder, elle s'approche de nouveau, cherchant à valider l'envie de glisser la clé de sa chambre d'hôtel dans la poche de mon veston. Elle n'attend pas réellement de réponse à sa question. Elle n'a pas envie de savoir, elle veut s'amuser, s'envirer de bière maison — sachant qu'elle ignorait totalement l'agencement purement divin de la lager allemande avec le second service de la soirée — jusqu'à ce qu'elle oublie son propre nom, ou ses leggings dans la toilette du gym, whatever. Je me sens pris au piège, le regard nerveux qui détaille les silhouettes entassées les unes contre les autres afin de mieux s'entendre sous le poids mélodieux d'un classique des années 80.

J’avais l’habitude de chercher son visage, dans les foules, dans les autres, aussi. De la chercher aux mauvais endroits. Elle me manquait, parfois, souvent ; était-ce simplement l’insupportable idée d’être seul qui érodait le peu de confiance que j’avais réussis à me bâtir depuis son départ. Je m’étais plongé dans les autres, jusqu’à en disparaître complètement ; sombré dans une dépression où mon seul espoir était qu’on me retrouve mort, dévoré par mes 12 chats ; tourner en rond, noyer sous une masse de travail. Je ne savais plus comment l’oublier, je ne l’ai jamais réellement su, au fond. Puis, Leo est entré dans ma vie. Lui et ses idées complètement folles, lui et son charisme nonchalant, lui qui avait vu quelque chose en moi et qui avait décidé d’y aller full speed. Un nouveau projet, une simple idée, développée autour de quelques bières, quelque chose à quoi s’accrocher. Fondations certes précaires, tout pouvait s’effondrer à nouveau, j’en étais conscient, tout était fragile, trop. Je voulais me tricoter une nouvelle vie, sans être en mesure d’assumer qu’elle, elle, n’en faisait plus partie. Je chasse d’un faible geste de la tête cette idée, reportant mon attention sur la brunette, l’actrice, le cliché. Elle reprend de plus belle, m’explique qu’elle vient ici, souvent, qu’elle se passionne pour la santé, qu’elle ne prend pas de créatine parce que, who care, really ? Ses mots se fadent, comme son bronzage à rabais. Elle est pourtant encore là, elle se rapproche, trop, elle m’envahit. Je me recroqueville, d’instinct, courbe les épaules, je cherche une issue. A deer in the headlight. Puis elle apparut, de nulle part et de partout à la fois. Un accident duquel je ne sortais pas indemne. Sa voix disperse les eaux alors qu'elle s'adressait, d'une voix métallique — le genre qui fait taire tout autour d'elle, la preuve : la petite brune sursaute en voyant la petite blonde planter son drapeau, marquer son territoire... Wait what ? Je cherche Leo du regard, ou Isla, ou n'importe qui. Elle s'approche, prend toute la place ; me retrouvant ainsi dans une zone de confort connu, le retrait, le silence. Elle est une fille électrique, elle éclate, de par son sourire, sa tignasse ou son odeur. Son odeur, surtout. Elle s’impose, ensoleille l’espace qui me sépare de la petite brune, devenue désormais encore plus fade qu’elle ne l’était, quelques secondes auparavant. J’angoisse, mon regard s’éparpille d’une fille à l’autre, pour finalement toujours se poser sur elle. Elle me fascine autant qu’elle m’affole. J’ai presqu’envie d’intervenir, mais alors qu’elle effleure subtilement mes lèvres, la seule réaction possible semblait être de figer, de rester là, émerveillé par la mise en scène improvisée devant mes yeux impuissants.

Elle se présente. Cinq lettres, acidulées. Sloan. Un nom évoqué par l’un, par l’autre, une tornade qui s’approche pour laquelle on ne se prépare jamais assez. Elle m’hypnotise, je reste accroché à ses lèvres qui piègent son interlocutrice. Le plan de la brunette s’effondre, son regard change. Elle semble désormais totalement désintéressée par ma frêle carcasse et porte son entière attention sur la blonde, sa soudaine rivale. Je me retrouve à jouer un jeu que je ne maitrise pas, que je ne connais pas. J’effleure la taille de la blonde, d’une main si nerveuse qu’elle en tremble. Mon sourire si faux, mon regard qui fuit, je laisse l’autre mener la danse. « Ton homme est capable de s’occuper de lui-même. Honey. » Je pèse mes mots, soufflés dans un sourire gauche alors que mon regard s’accroche à elle. « Je te cherchais, justement. Il y a quelque chose que je voulais te montrer… En cuisine. » Je suis un très mauvais menteur, je l’ai toujours été. Je bafouille, je rougis, j’en perds mes moyens. Je suis fondamentalement incapable de tricher, de manipuler les autres et les rares fois où je me trouve dans des situations comme celle-ci, je m’enlise. Je remercie évasivement la brune, puis attire l’autre hors de son champ de vision. Je navigue entre les conversations, la blonde accrochée à ma main. J’ai envie d’éclater, de lui cracher au visage qu’on ne fait pas ça. Si je n’étais pas aussi fasciné par elle, si je n’étais un enfant incapable de s’exprimer convenablement, j’vous jure, elle aurait su le fond de ma pensée. J’isole la belle dans la cuisine improvisée, mon havre de paix, le seul endroit où je n’ai pas l’impression d’être accablé par la pression des autres. Je soupire, attrape une bière dans le réfrigérateur. « Je pense que je te dois un verre… Ou douze. » Que je finis par marmonner dans un demi-sourire. Coincé entre les ribs & les frites maisons, une seule question traverse mon esprit : who the fck is she ?



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Lun 8 Juin - 22:36


LACHLAN & SLOAN // Elastic Heart


J’ignorais qu’est-ce qui était plus marrant entre sa gueule perdue, pendante, branlante, qui scannait ce que j’avais à lui offrir, qui détaillait chacun de mes gestes, mes traits, mes expressions, à la recherche d’une réponse, d’une raison, d’un mot au moins, rien qu’un. Ou alors l’autre, la groupie, la foo-die qui babillait sans aucun autre interlocuteur que sa propre voix de crécelle, agressante, stridente, piquante, qui se mélangeait si mal aux arômes de steak et à la musique des bourdonnements des autres, les potes, l’entourage, les médias j’sais plus, mais pas elle. Je pris même la peine d’hocher brièvement de la tête quand elle me susurra son nom, langoureuse, impotente, impertinente, assez pour la regarder 1, 2, 5 secondes, le temps de m’emmerder grave face au cliché qu’elle personnifiait à merveille. Assez pour que j’ai envie de lui laisser le champ libre rien que pour voir à quel point elle craignait sur tous les aspects de sa vie et encore. Le verre bien à la hauteur de mes lèvres, je masquai un rictus mauvais qui se laissa voir, et je ne demandais que ça, mimique qui la darda assez pour qu’elle ravale son attitude assez lentement et réalise que même en situation hypothétique, je la battais sans aucun effort. Mais il était là, brave et tremblant, glissant une main incertaine sur des hanches qui en avaient vu d’autres, qui s’arquèrent à son contact question de rendre la scène encore plus plausible mais surtout plus troublante pour son petit cœur et ses iris qui se vrillèrent aux miennes. « Ton homme est capable de s’occuper de lui-même. Honey. » Oh ouais, ça j’ai bien vu. J’hausse le sourcil, défiante, attentive, prête à me faire démontrer le contraire, à voir le ricochet, à sentir son retour aigre, à être remise à ma place pour avoir limité ses chances de repartir avec une proie facile, effrayante mais mûre à souhait. Sauf qu’évidemment, ce serait trop beau. Et il s’efface, il invente, il en ajoute, il joue faux mais il joue quand même, faut lui donner. C’est seulement que je grince, je griche. Il est si relax, si sympa qu’il ne s’abaisse pas à me démonter en public? Ou alors il a peur, ouais, il tremble dans son skinny trop serré qui lui ravale son alphaisme. « Je te cherchais, justement. Il y a quelque chose que je voulais te montrer… En cuisine. » On m’isole? Le simple fait de gagner contre l’autre aurait pu me satisfaire, vraiment, si je n’avais pas eu l’impression qu’il s’incrustait trop vite et trop profond dans notre vie à grand coup de belles paroles et de sausage fest avec Leo. « Déjà? » je suis mauvaise et j’accompagne ma remarque d’un ton bien enjolivé, bien charmeur, bien acerbe. J’avais mis mes marques, il trépassait malgré ses grands yeux de biche et ses manières agiles avec un couteau. Wait, on dirait que j’parle de moi en fait. Bref. Je termine mon verre, j’esquisse une révérence à la brunette random qui fait la moue de la plus raffinée des façons – jokin – et je le laisse pousser sa chance jusqu’à enlacer ses doigts entre les miens, pressant, moite, agité. J’ignore s’il veut s’enfuir et que je fais partie des dommages collatéraux ou s’il a juste envie de m’arracher le bras au détour en signe de rébellion, mais je m’en fiche pour être honnête. Peu importe ce qu’il ose, je suis incapable de détacher mes yeux d’un plateau de burgers qui vient de passer sous mon nez me faisant oublier tout le reste parce que rien d’autre importe maintenant que je suis juste affamée. Ah ben merci, surtout.

La cuisine, où le semblant de, ne me fait même pas commenter de malice devant les assiettes éparses, les altères graisseux, l’odeur de caoutchouc mêlé à la sauce BBQ et à la sueur qui stinks, qui reste, qui persiste. Je suis juste à la recherche de quelque chose qui pourrait calmer l’estomac assommé de bière que je transporte. Il se la feel distant, maintenant que les lampes tamisées font place aux miroirs dégagés et aux néons qui agressent. Plus aussi facile de se cacher dans la fuite, huh? C’est là où la douche de lumière me vient en aide, j’pense, parce que je m’y habitue si bien, à la vérité pure et dure. Je le pourchasse à distance, le laissant retrouver ses bases, son monde, me demandant pourquoi je suis là déjà, pourquoi je le laisse faire, pourquoi je ne suis pas all over à le traîner encore un peu dans un malaise constant rien que pour exister, mais il finit par parler. « Je pense que je te dois un verre… Ou douze. » Au moins, il connaît mes priorités. J’agite savamment ma chope vide sous ses yeux, signe d’approbation, avant qu’il la prenne de mes mains tout sauf suffisamment rapidement sans que je le rattrape au vol. « Et si tu me disais ce qui fait que t’es si cool, d’abord? ». J’en ai rien à faire, de son égo ou de ses manières puristes, beiges. Je veux simplement savoir ce qu’il fait là. C’est pas si compliqué, c’est presqu’évident. Leo qui a tout lâché pour lui, Isla qui worships ses idées, ses assiettes, et je m’en ficherais, j’m’en fichais, mais le jeu du trouble me plaisait tellement, le jeu du pouvoir où j’avais toutes les cartes et où il fabulait en tentant de s’en sortir me convenait un peu trop pour lâcher prise tout de suite. Conquérir même quand on a oublié le prix de départ reste toujours conquérir, de toute façon. Fair enough for moi. Il s’applique et je dérive, passant de plats en plats, piquant des bouchées alors qu’il a le dos tourné, souriant de toutes mes dents tâchées de persil ou j’sais plus quand un serveur que j’ignore quasi se glisse pour attraper un bol ou un autre. Lui, il finit par me tendre le dit verre promis que j’agrippe non sans percer son regard du mien, facilement, trop facilement. Pourquoi se laisse-t-il faire autant? Quel genre de mec se plie sans même savoir qui, quoi, comment, où? Pourquoi est-ce que c’est si simple, pour une fois, de voir direct à travers? Pas que je le veuille, oh hell no, s’il savait comment j’harponnais tout sauf l’accès à la totalité d’un coup, sans demander, mais quand même, y’avait quelque chose là. Je savais pas quoi, mais assez pour que je ne pique pas la bouteille de tequila dorée que je venais d’eyecatcher à 1 mètre de lui en filant, chantonnant du Rammstein comme une pauvre racaille des bas fonds, mais il est plus rapide. Il est plus rapide parce qu’il se déplace un brin vers la gauche et qu’il me laisse remarquer un plateau de j’sais pas quoi qui sent meilleur encore que tout ce que j’aurais pu m’enfiler côté munchies. Et que ouais, entre le troller encore un peu pour de la nourriture gratuite ou me noyer parmi le petit peuple qui s’extasie sur les tanins, le choix est facile. Trop facile. Encore.

« Wait. Si on fait ça, on le fait bien. »

Agile, je me faufile à côté de lui, m’étirant de tout mon long sans grande délicatesse, finesse aux oubliettes, pour attraper le menu qui trônait sur l’établi de fortune qu’il s’était construit. J’suis pas une barbare non plus, y’a une liste de trucs à servir et y’a de la bière qui vient avec. Who’s dumb now, eh? Je laisse glisser mon index sur ce qui y est listé, je l’arrête là où la description ressemble le plus à ce qu’il a brandit sous mes yeux, et je l’interpelle du menton. « Elle est où la bière qui va avec? » J’avais appris la politesse, je pense, à un moment ou un autre, surement avant qu’on me montre comment déchiffrer une horloge – celle avec les aiguilles, j’suis pas si conne quand même – mais j’en avais pas envie là. Surtout maintenant, ultime test idiot, rien que pour voir où son respect, sa gentillesse si pailletée, sa considération pleine de sens et de bonnes valeurs pour la femme ou autres niaiseries féministes du genre le mènerait lorsque je lui partage mon plus grand sourire, sentant encore les fines herbes qui jazzaient ma dentition jouer leur rôle. Allez, man up.




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