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Guess who's back ?! || Victoria&Erika
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Erika C. Doland
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Ven 26 Juin - 1:04



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L
'immeuble se dresse face à elle, immense, vertigineux. Grande tour de métal et de verre qui s'envole vers le ciel comme pour défier les nuages, les oiseaux et le reste. A ses pieds se presse la foules. Sac Louis Vuitton, chaussure Louboutin, lunette Dolce Gabbana.  Griffé de la tête au pieds. Ça suinte le luxe, le fric, la réussite. Ils ont tous le port altier et la démarche sûr, de ceux qui font partie du monde. Du monde. Celui qui compte. Et elle, Erika, elle regarde ça de l'autre côté de la rue, dans ses baskets blanches et son jean Levis. Elle a pourtant toujours été plutôt élégante avec ses jambes interminables et ses boucles brunes. Toujours eu ce je-ne-sais-quoi qui attirait les autres comme des papillons venant se cramer les ailes sur les ampoules des plafonds. Mais là, face à eux elle le sent bien que ça ne suffira pas. Pour la première fois depuis longtemps, elle a se sentiment étrange de ne pas être à sa place. De faire tâche. Ça la gêne au entournure, comme une légère irritation au creux du dos. Elle n'a pas l'habitude. Faut dire que les endroits comme celui-là, elle n'y a pas souvent foutu les pieds. Elle, elle fait plutôt dans le "princesse des bas quartier". Les bars miteux, les plages au sable chaud, les petits coins de paradis perdus, en friche, qui manquent de classe, de prestance, de savoir-vivre, c'est là qu'elle rayonne. Toute cette propreté, ces corps lisses, superficiels, ça ne l'a jamais intéressé. Et pourtant elle est là. Alors elle passe tout de même une main rapide dans ses cheveux et tire sur son t-shirt blanc. Histoire de. Pour la forme. Parce qu'il faut bien. Elle sent Luka qui la regarde à sa droite et elle se demande s'il est comme elle. Si lui aussi il le ressent se décalage entre eux et les autres. Sûrement que oui. Il est loin d'être con son gosse, parfois même, elle se demande s'il n'est pas trop intelligent pour son propre bien à toujours tout comprendre, trop vite, trop juste. Alors oui, il doit bien le voir qu'ils ne sont pas tout à fait à leur place. Mais peut-être qu'il a l'habitude. Peut-être qu'il se souvient. Est-ce que Victoria lui avait montrer la vie, sa vie, son monde, avant qu'elle ne vienne le reprendre comme une voleuse? Elle n'a jamais demandé. Elle ne compte pas commencer maintenant. Elle se penche vers lui et frotte sa joue du bout du doigt pour en enlever une trace noir, le recoiffe rapidement, le regarde sous toutes les coutures, juste pour être sûr. « T'es sûr qu'on ne ferait pas mieux d'aller la voir chez elle ? Elle travaille, elle ne va pas avoir de temps pour nous là. » Dans le fond elle compte un peu là-dessus Erika. Bonjour, au revoir, on se revoit plus tard. Retarder la confrontation. Elle se doute bien que sa sœur ne va pas lui sauter dans les bras. Cinq ans qu'elle ne la pas vu. Pas eu de nouvelle. Rien. Et elle débarque comme une fleur, la bouche en cœur. Alors elle y compte, sur le manque de temps, les collègues, Luka à son bras, sur la moindre petite astuce pour calmer les excès de colère que sa frangine risquerait d'avoir. Elle a choisi la facilité. Mais le gosse il ne le sait pas ça. « Je te l'ai déjà dit, j'ai pas son adresse, je sais pas où elle habite. » Ce n'est même pas un mensonge. Elle a cherché dans l'annuaire, mais non, il n'y avait rien. Et puis les parents ne savait pas grand chose de plus. L.A., Vogue, c'est tout ce qu'elle a trouvé quand elle a tapé son nom dans google. Rédactrice en chef de la division californienne. Un titre qui en jette. Rien de plus. Elle a décidé de faire avec. « On aurait peut-être pu l'appeler pour la prévenir.... » Elle laisse échapper un soupir. « Qu'est ce que tu comprends pas dans le concept de surprise, p'tit tête ? Arrêtes de te prendre la tête, elle va être ravie de nous voir. » Lui du moins. Mais est-ce vraiment nécessaire de préciser ? « Allez viens ! » Elle lui tend une main qu'il saisi l'air pas franchement plus rassuré mais elle ne lui laisse pas le temps de poser plus de question que déjà elle s'élance, traversant la rue d'un pas vif. Elle laisse derrière elle, la gêne, le trouble et l'angoisse. Elle se drape dans son assurance et se fraie un chemin parmi les gens aux allures de mannequin, comme si de rien n'était. Comme si elle avait parfaitement sa place avec eux. Et Luka suit. Sans vraiment d'autre choix.

Elle n'a peut-être jamais été très douée à l'école Erika, jamais très calée en math ou en histoire, mais elle a appris d'autre chose à l'école de la vie. Passer entre les mailles du filet en fait partie. Être là où on ne l'attend pas, là où elle n'a pas à être, ça elle connaît. Il suffit de quelque sourire, d'un air ingénue, et de beaucoup de bagou. Chacun ses armes comme on dit, et elle maîtrise les siennes à la perfection. Alors une fois le hall de l'immeuble atteint, il ne lui faut que quelque minutes pour obtenir l'étage où travaille sa sœur et se glisser dans un ascenseur le plus naturellement du monde. Elle sent la petite main de Luka qui sert la sienne un peu trop fort. Décide de l'ignorer. Elle ne saurait de toute manière pas quoi dire pour le rassurer. Quand les portes s'ouvrent, elle lui offre juste un clin d’œil comme pour l'encourager et l'entraîne à la suite des autres dans le couloir qui s'offre à eux. Ils avancent tous d'un pas pressé, décidé, volontaire. Sûr de leur direction et de ce qu'ils ont à faire et elle se laisse porter par leur mouvement. Tout droit en sortant de l'ascenseur lui à dit l'agent de sécurité, alors elle avance, observant du coin de l’œil les bureaux qui l'entoure, jusqu'à ce qu'enfin elle l'aperçoive. Victoria. Derrière des porte en verre portant son nom. N. Victoria Doland, rédactrice en chef. Elle a la tête plongé dans des papiers, l'air débordée, absorbée, travailleuse. Pas de doute possible. Sa petite sœur dans toute sa splendeur. Alors tenant toujours Luka par la main, elle se dirige vers ce qui semble être sa secrétaire, barrant le passage, tel un cerbère devant les enfers. « Bonjour, je voudrais voir Victoria Doland s'il vous plait. » la blonde au joue trop creuse relève à peine la tête pour lui jeter un regard. «  Vous avez rendez-vous ? Madame Doland, ne reçoit pas sans rendez-vous. » « Dites-lui juste que sa sœur est là voulez vous ? » Sœur. Voilà un mot qui semble retenir son attention puisqu'elle redresse enfin la tête pour la contempler de bas en haut. Erika se contente de lui sourire sans la lâcher des yeux. Suffisamment longtemps pour qu'elle finisse par se lever et se glisser entre les portes en verres qu'elle laisse se refermer derrière elle, barrant la route au son et à la conversation qui se déroule entre elle et sa supérieur. Erika la voit de dos, se décaler sur le côté pour que Victoria puisse la contempler, la détailler, la reconnaître. Elle et le gamin qui l'accompagne. Les yeux de sa petite sœur se rivent dans les siens et elle lui sourit, agitant la main vers elle. Comme pour la saluer. Comme pour lui dire oui tu ne rêves pas, c'est bien moi. « Fait coucou à ta tante, Luka. »  
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N. Victoria Doland
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Mer 8 Juil - 15:24



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« Comment ça le nouveau numéro n'est pas prêt ? ». Elle ne cherchait pas à cacher sa rage, inutile quand on la connaissait un peu et la personne au bout du fil traitait avec elle presque chaque jour depuis son accession au poste, alors il y avait fort à parier qu'elle avait apprit à capter les humeurs de sa patronne. « J'me fous de vos excuses. Les lecteurs du magasine s'en foutent aussi, à la différente que c'est pas eux qui paient votre salaire mais moi, donc débrouillez-vous comme vous voulez mais terminé moi ce numéro pour ce soir », dit-elle le plus sèchement possible en raccrochant. Dans le couloir, son assistante se figea, comme si l'idée de fuir à toute jambe lui avait traversé l'esprit. Elle sembla hésiter à annoncer ce qu'elle savait à sa patronne, encore plus si cela était une mauvaise nouvelle. Victoria Doland détestait les mauvaises nouvelles, comme tout le monde quand on y songeait, sauf que Victoria n'avait pas le même seuil de tolérance que le commun des mortels et l'assistante ne le savait que trop bien. Redevenue lisse, Victoria prit place derrière son bureau, rejetant en arrière ses longs cheveux brun. Elle leva les yeux vers la jeune femme qui l'assistait, lui demandant sous silence d'intervenir ou de partir, mais pas de rester là, figer, inutile, comme si elle allait se faire manger toute crue. « Heu... L'article avec Christian a été décalé... » commença-t-elle, les yeux rivés vers le sol, encore avec son envie de disparaître aussi vite que possible. « Comment ça décalé ? », siffla sa patronne, obligeant la jeune femme à lui répondre avec une argumentation détaillée. Elle aurait pu se mettre à sa place, elle aussi été passé par là. Elle aussi avait été assistante, elle avait même été bien plus en bas de l'échelle que la jeune femme devant-elle. Elle avait servit le café, fait les photocopies, essuyée les regards salaces des hommes de la boite, les réprobations de ses supérieurs, le salaire misérable... Oui, elle savait tout ça, mais il était hors de question de se mettre à la place de l'assistante, plus maintenant. Aujourd'hui, c'était elle derrière le grand bureau, elle qui prenait les décisions importantes, elle encore qui devait tout gérer, en commençant par écouter les hésitations agaçantes de son assistante. Après une explication compliquée et très lente, Victoria la congédia d'un seul regard et décrocha son téléphone, prête à se faire entendre une nouvelle fois quant à la personne qui avait cru bon de changer un maillon de la chaîne sans l'informer. Et une fois encore, elle n'avait pas envie de faire des concessions ou d'être gentille. Elle n'était pas là, elle n'avait pas autant trimé, pour être gentille. Elle pourrait l'être, dans le fond, si elle mettait de côté son rôle de chef à la tête d'une entreprise telle que Vogue. Elle pourrait être plus patiente, plus compréhensive, moins dans la réprimande, mais elle ne voulait pas. C'est en s'imposant, en osant ouvrir sa bouche, voir même en menaçant, qu'elle avait réussi à atterrir là où elle était, alors pas moyen de jouer la carte de la gentille patronne bienveillante. Absolument hors de question.

La journée continuait sur la même lancée : problème avec la première page, article en retard, impossible de joindre Christian, arrêt maladie d'un mannequin... Bref, cette journée ne semblait pas trouvé de repos. Après avoir avalé un déjeuner sur le pouce, Victoria c'était de nouveau plongé dans la paperasse, dans ce qui constituait une part importante de son travail. Bien qu'elle laissait volontiers le moins croustillant à sa secrétaire, elle ne pouvait tout déléguer au second plan. Et elle fut de nouveau dérangée, alors qu'elle tenait tout juste le moyen de résoudre son épineux problème de première page. « Victoria ? Il y a quelqu'un pour vous », dit la voix fluette de sa secrétaire. Ce qui était sans doute pire que l'hésitation de son assistante, c'était le ton monocorde de sa secrétaire. La jolie blonde avait le minois parfait pour travailler chez Vogue, mais elle avait un caractère invisible et irritant, malgré une capacité impressionnante à rester calme devant les demandes excessifs de Victoria. Elle n'eut pas besoin de demander qui que la blonde enchaîna, visiblement surprise de sa maladresse. « Votre sœur, visiblement ». Elle avait un peu trop insisté sur le dernier mot, ce qui agaça immédiatement la Doland. Soeur. Elle reçut une décharge dans le creux de l'estomac, une décharge désagréable, quelque chose d'étrange qu'elle voulu se cacher. Visiblement. Parce qu'elle avait presque oublié, parce qu'elle n'était pas sur que cela soit vrai, possible. Et parce que la blonde avait insisté, voulant montrer qu'elle n'avait jamais connu cette information, qu'elle même avait des doutes sur la véracité de ses mots.   Victoria se décala légèrement, trouvant de l'autre côté du bureau transparent, un visage qu'elle n'avait pas vu depuis longtemps, un visage qui lui souriait, comme pour lui prouver qu'elle était bien là. Et soudain, un autre visage attira son attention, celui d'un enfant, un enfant qu'elle connaissait très bien, un enfant qu'elle avait élevé... « Que ce que je leur dit ? », insista la secrétaire, visiblement mal à l'aise devant cette réunion de famille improvisée et le silence gênant de sa patronne. « Faites les entrer. Annulez mon rendez-vous de 15 heures et ne me déranger que s'il y a une urgence. » Elle était étonnée de l'assurance de sa voix alors que son cœur semblait vouloir sortir de sa poitrine. Et tandis que le gamin, suivi d'Erika, entrait dans son bureau, elle lutta pour ne pas laisser les larmes lui monter aux yeux.  
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Jeu 27 Aoû - 21:33



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«
 Madame Doland va vous recevoir. » Il y a comme une trace de surprise dans sa voix. Comme si elle n'y croyait pas vraiment. Ne comprenait pas vraiment. Comme si sa patronne, laissant entrer sans plus de formalité une étrangère – qui plus est sans rendez-vous – était la chose la plus improbable qu'il lui ai jamais été donné de voir. Oui, il y a de la surprise dans sa voix et également dans son regard qui ne peut pas s'empêcher de les détailler, tous les deux, une nouvelle fois. Mais tout ce qu'elle voit c'est le sourire, un brin moqueur, un brin méprisant, que lui offre Erika. Sa façon à elle de lui rappeler son accueil, son ton condescendant, et le jugement qu'elle a osé poser sur leur petite personne. Elle ne rajoute rien de plus Erika. Pas un merci. Pas une remarque. Juste son sourire. Et puis elle traîne Luka par la main et franchi les quelques mètres qui la sépare du bureau de sa sœur avec plus d'assurance que le président descendant les marches de la maison blanche. Comme si rien n'était plus naturel. Comme si ça lui était dû. Alors même que rien n'est moins vrai. Elle devrait avancer à pas de souris, se montrer discrète, repentante même. Mais non. Elle ne sait pas faire ça. Elle, elle ne connaît que les grandes enjambées, les regards insolent et l'absence de honte, de remord, de regret. Elle vous dirait que la vie est trop courte pour être discrète. La vérité est qu'elle n'a juste jamais compris comment l'être. Trop débordante d'emphase, de charisme, de fierté, de tout ce qui fait qu'elle est ce qu'elle est pour réussir à le cacher.

Dans leur dos la porte en verre se referme, les isolant dans le bureau, protégés des autres - de leur oreille indiscrètes mais pas de leur regard affamé - livrés à eux-mêmes, prêts à faire resurgir leur vieux démons. Dans sa main elle sent celle plus petite de Luka qui se sert. Il se tient légèrement en retrait. Derrière elle. Lui sait se montrer discret. Elle a beau ne pas connaître son fils aussi bien qu'une mère le devrait, elle sait tout de même reconnaître les signes. Ceux qui montre son malaise, sa gêne. Ceux qui montre que malgré son désire de revoir sa tante, il ne sait plus trop comment se comporter face à elle. Et dans le fond, même si elle n'en laisse rien paraître, elle en ressent une certaine joie Erika. Le soulagement de savoir qu'elles sont deux dans cette galère. Deux à ne pas vraiment être sa mère. S'il lui avait juste couru dans les bras, à peine la porte franchi, peut-être qu'elle ne s'en serait pas vraiment remise. Peut-être qu'elle les aurait juste planté là, renonçant au combat pour l'amour d'un enfant qu'elle n'avait jamais vraiment réussi à gagner. Elle aurait juste tourné les talons. Comme il y a neuf ans, elle aurait pris la fuite. Mais il ne l'a pas fait et à son tour elle exerce une légère pression sur sa main. Aussi bien pour l'en remercier que pour lui donner un peu de courage. Elle ne sait pas si Victoria a conscience de leur échange. Peut-être que oui. Peut-être que non. Difficile à dire. Elle garde juste les yeux fixement planté dans ceux de sa sœur comme si elle espérait y trouver une explication, comme si elle attendait qu'Erika se décide à parler. Et c'est d'ailleurs ce qu'elle fait. Mais les mots, LE mots, qui sort de sa bouche n'est sûrement pas celui qu'elle attendait. « Surprise ! » Qu'elle lui lance. Avec trop d'énergie dans la voix. Avec son sourire plaqué sur le visage. Avec cette gueule qu'on a au anniversaire, quand on s'attend à ce que les autres fasse péter les ballons et les cotillons, surgissant de derrière les meubles. Mais y a personne derrière le bureau, personne derrière les étagères. Il ne sont rien que tous les trois. Et le mot raisonne dans l'air, incongrue, déplacé, malvenue. Mais bien sûr de ça, elle se fout Erika. Faut dire qu'elle se fout de beaucoup de chose. Et qu'il faut bien plus qu'un léger malaise pour la déstabiliser. « Oh come on ! On a l'impression que vous venez de voir un cadavre, souriez un peu les gars ! » ça sort tellement naturellement de sa bouche qu'elle pourrait presque rendre ça normale. Presque parvenir à faire oublier tous les non-dits dans ce silence trop lourd, faire passer ça pour une réunion de famille des plus banale, quand bien même il n'y a rien de banal dans leur situation. D'une légère pression du bras, elle pousse Luka en avant, le faisant passer devant elle et l'approchant ainsi de Victoria. « Allez, vas dire bonjour à ta tante. Je t'assure qu'elle va pas te mordre. » Tout ça ne semble être qu'une vaste blague pour elle, une chose sans réelle importance. Elle a toujours eu un talent fou pour ça, laisser l'indifférence recouvrir ce qui la dérange. Et elle regarde Luka s'avancer vers sa sœur sans rien laisser transparaître de plus. Elle le regarde faire de petits pas incertains vers la femme qui l'a un jour élevé, baisser la tête sans oser la regarde dans les yeux et lâcher sa phrase du bout des lèvres. « Bonjour, tante Victoria. »  
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N. Victoria Doland
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Lun 7 Sep - 17:06



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C'était pas très étonnant de la part de l'assistante de paraître surprise. Même si Victoria s'était avérée être une patronne aimable et bavarde, elle n'aurait sans doute rien lâché sur sa vie privée. Bien que vie privée n'était sûrement pas le mot le plus adapté vu que sa vie intime se résumait à ses séances de yoga, un dîner avec Ellen de temps à autre et des repas forcés chez les parents de Maé. Pour une femme de 31 ans, elle n'avait pas la vie rêvée d'une jeune trentenaire dans la force de l'âge, alliant à la perfection travail, amour et famille. Non, clairement pas. Si son assistante et sa secrétaire allaient écumer les bars à la sortie du travail, Victoria restait encore un temps indéterminé derrière son imposant bureau à retoucher, vérifier, recommencer, travailler jusqu'à ce que la fatigue ou l'usure finisse par la rattraper. Donc la vie privée de Victoria n'était rien, sauf ce qu'elle voulait bien laissé filtrer pour le bien de son image, comme se laisser prendre en photo au bras de Maé Appleby, directeur de la Appleby Compagnie, célèbre production de cinéma. C'est certainement la seule information croustillante que l'on trouvait sur elle sur le net, parce qu'elle avait choisi que cela y apparaisse. Sur sa vie de famille, sur sa scolarité, rien. Seulement la licence de lettre qu'elle avait entamé ici-même à LA et l'ascension à la tête de son poste actuel. Et dans tout ça, pas de trace d'Erika, de ses parents, de sa vie à San Antonio. A vrai dire, elle n'y avait plus songé depuis bien longtemps. Quand on la voyait comme ça, on n'imaginait pas la gosse introvertie qu'elle était, ni l'environnement qu'elle avait côtoyé durant les 18 premières années de sa vie. Et elle tenait à ce que cela reste ainsi.

Sauf que la présence d'Erika dans son bureau venait mettre à mal son secret le mieux garder. Déjà, elle pouvait entendre les autres membres de son équipe murmurer que la sœur et le neveux de Victoria étaient dans les locaux. Que la sœur était une jolie brune aux yeux vert, qu'elle semblait n'avoir pas vue sa frangine depuis des lustres et blablabla... Finalement, le silence se fit. Ils sont désormais seuls tous les trois dans le bureau, comme une image du passé qui refait brutalement surface. Des années en arrière, quand Erika avait débarqué avec un môme dans les bras, la bouche en fleur, comme elle avait toujours eu tendance à le faire. Quand Erika avait foutu le camps et laissé le petit aux bons soins de sa tante, s'enfuyant comme une lâche, sans mots ni explications, ni même un passage de sa trace sinon le petit garçonnet brun encore encore endormis dans un coin du grand lit. Et aujourd'hui, Luka a bien grandit et Erika porte toujours ce grand sourire agaçant sur le visage qui donne envie à Victoria de la frapper. Mais ça c'est pas son truc, elle laisse volontiers cette violence à sa cadette.  « Surprise ! » Victoria sent son cœur faire un looping...de colère. Elle la trouve gonflée, irritante. Après des années sans se voir, la seule chose qu'elle trouve à lui dire lui file la nausée. Et comme si cela ne suffisait pas, Erika renchérit par une remarque digne d'elle-même :  « Oh come on ! On a l'impression que vous venez de voir un cadavre, souriez un peu les gars ! » . Victoria se crispe une nouvelle fois. Encore une fois, Erika ne sait pas doser. Elle tranche dans le vif, elle bouscule, elle agace et rappelle à Victoria tout ce qu'elle n'est pas, toutes les différences qu'elles ont depuis toujours. Et si elle aurait pu s'en accommoder, faire une sœur normale accusant le coup, elle sait aujourd'hui qu'elle n'y arrivera jamais. Parce que sa sœur n'en n'est pas une, qu'elle n'as jamais joué ce rôle auprès de Victoria.   « Allez, vas dire bonjour à ta tante. Je t'assure qu'elle va pas te mordre. » Victoria ose enfin observer le garçon. Elle laisse peu de place à son trouble, elle ne veut rien montrer malgré son cœur s'emballant dans sa poitrine, ose à peine bouger dans sa direction de peur qu'il recule. Elle occulte complètement Erika, profitant de cet instant entre elle et le garçon qu'elle a choyé, aimé, adoré avant qu'on le lui enlève. « Bonjour, tante Victoria. » Malgré le ton un peu formel, Victoria meurs d'envie de le serrer contre elle. Jamais elle n'as aimé une personne aussi fort que lui et elle crève de l'intérieur qu'il le sache. Elle avait beau s'être berné d'illusion en pensant avoir passé le cap, quand elle le regarde, elle sait qu'elle n'as jamais oublié. Et en paradoxe, cet amour débordant qu'elle a pour lui accentue la haine qu'elle éprouve pour celle qui lui a enlevé. Elle s'abaisse, se met à sa hauteur parce qu'elle veut le voir, vraiment. Doucement, elle place sa main sous son menton et relève son minois pour voir la couleur de ses yeux. « Salut mon grand. » Elle ne veut pas pleurer, mais sent ses yeux la picoter. Mais si elle pleure, elle le mettra mal à l'aise et elle refuse, pas maintenant qu'elle l'a enfin retrouvé. Elle se fait violence pour ne pas le prendre dans ses bras sentant bien qu'il résisterait. « Je suis contente de te voir », dit-elle simplement. Se rappelle t'il de leurs moments à deux ? De leur vie ensemble ? Elle voudrait tant lui poser toutes ces questions mais c'est sans compter sur la présence d'Erika.   Victoria se redresse, regarde sa sœur, le regard nettement moins émue et bienveillant qu'avec son fils. « Vous êtes de passage dans le coin ? ». Parce qu'elle peut se demander ce que vient foutre sa sœur ici après tout ce temps. C'est elle qui a eu l'idée de venir la voir ou Luka ? Partiront-ils bientôt ? Parce que Victoria ne se fait pas d'illusion, Erika ne reste jamais très longtemps quelque part, encore un aspect de sa sœur que Victoria ne comprendra jamais.  
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