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(Sloan) ◈ Cocaine Nose and Trendy Clothes
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Teddy Woehl
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Sam 27 Juin - 0:41


Teddy & Sloan // Cocaine Nose and Trendy Clothes

Dire que Teddy déteste son prochain, c’est une énorme exagération. Il n’a rien contre les autres ou contre qui que ce soit en particulier. En tout cas, pas vraiment, pas de manière permanente. Il est souvent agacé par les autres, par ceux qu’il côtoie trop souvent. Jill, par exemple, l’agace au plus haut point très souvent. Si bien que ça devient toujours difficile pour lui de garder son calme et de continuer à faire croire à tout le monde, et à elle aussi, qu’il est amoureux, qu’elle est la femme de sa vie et que grâce à elle, il a vraisemblablement réussi à maîtriser ses troubles mentaux. Alors forcément, il se réjouit toujours de pouvoir partir loin d’elle, que ce soit les nuits ou les journées où il doit la quitter pour se consacrer à sa pseudo-carrière qui n’a lieu d’être que pour son existence, ou quand il décide tout simplement de partir et de revenir plus tard, pour prendre l’air, pour s’éloigner d’elle et se retenir de la frapper ou même de commettre plus grave encore. Ce n’est pas vraiment contre elle qu’il a quelque chose, en fait, c’est plutôt contre sa propre maladie. Elle est beaucoup trop attachée à son goût, elle se colle bien trop et a trop tendance à devenir jalouse d’un rien. Il n’avait jamais eu de petite-amie avant elle, et à force de se rendre compte à quel point l’amour pouvait être collant, il avait fini par se réjouir de toujours avoir été seul. Mais il n’était plus en mesure, maintenant, de faire ça. Il ne pouvait pas la quitter, parce que s’il le faisait il était presque sûr que ça se finirait par lui dans une camisole, à l’écart du reste du monde. Et c’était tellement mieux ainsi, il était tellement mieux libre et capable d’absolument toutes les choses qu’on aurait voulu l’empêcher de faire. Il n’avait pas la moindre limite, pas même Jill. Et pour cela, il lui disait qu’il était mannequin, ce qui n’était pas essentiellement faux, puisqu’on lui demandait parfois de le faire. Mais il n’allait certainement pas lui parler du reste. Teddy était un personnage du monde de la nuit, et il écumait les clubs, les bars et les soirées en tout genre. Avec, était venu la notoriété et l’argent. Et avec cette notoriété il était devenu mannequin, aussi grâce à sa belle gueule, donc techniquement, il n’avait pas menti à Jill, il lui avait fait la prédiction qu’il serait mannequin.

Se faisant, grâce à toutes ces choses-là qui l’avaient rendu populaire et célèbre - pour rien - son nom avait commencé à flotter dans les différents mondes qui faisaient la tendance, aussi bien la mode, que la musique, l’art et la télévision. Pas au point qu’il soit devenu quelqu’un d’indispensable, mais suffisamment pour qu’on puisse vouloir l’avoir présent à son ouverture, vernissage, after-party ou quoi que ce soit d’autre qui avait besoin d’un petit coup de pouce de popularité. D’autant plus qu’il n’était pas essentiellement talentueux en quoique ce soit, il savait juste se montrer, être beau, faire un tant soit peu de spectacle et de bruit autour de lui ; parfois au grand dam de ceux qui devraient passer après lui, ou tout simplement nettoyer après l’insupportable capharnaüm qu’il pouvait laisser. Teddy était quelqu’un qu’on remarquait et qui voulait qu’on le remarque, parce qu’après tout, il avait besoin de ça pour pouvoir continuer à vivre comme bon lui plaisait. Alors, il ferait tout pour dépasser les limites du raisonnables. Et quoi de mieux pour ça que de débarquer en Jet privé à Las Vegas ? Teddy avait vu les choses en grand, il avait reçu une invitation pour l’une de ces choses dont il ignorait tout, mais pour lesquelles il était payé pour être là. Tout ce qu’il avait fait en lisant l’invitation, c’était le nom de ceux qui organisaient la chose, s’ils n’étaient pas déjà incroyablement connus, il leur aurait très gentiment demandé d’aller se faire foutre. Mais ceux-là, oh ce qu’ils pouvaient être célèbres. L’after d’un concert. C’était très loin du genre de choses qu’il pouvait apprécier, mais au final, il s’en fichait bien assez  puisqu’on lui donnait de l’argent juste pour venir et être là. Plus il y avait de noms qu’on pouvait connaître, plus ça vendrait dans les magazines et plus ça rapporterait au final au type dont c’était l’after-party. Teddy, lui, ne le connaissait pas. Il n’avait pas eu l’occasion de découvrir ce type pendant son adolescence, puisqu’il l’avait passé dans un hôpital psychiatrique, et une fois dehors, il avait simplement souvent entendu parler de ce Kanye West, mais n’avait jamais rien entendu de lui, ni même vu son visage en vrai, comme en photo. Mais ça aussi, ça n’avait aucune importance. Puisque de toute façon, il l’aurait oublié ensuite.

On lui avait dit que c’était mieux qu’il ne vienne pas seul. La logique de sa mise en scène de faux couple aurait voulu qu’il emporte Jill avec lui, mais il savait que ce serait bien trop fatigant à supporter, alors il avait rapidement oubliée cette possibilité avant même de la considérer. Et il se retrouva à hésiter pendant un long moment sur qui choisir. Il avait l’embarras du choix, c’était certain. Mais tous n’étaient pas aussi amusants que lui, tous n’allaient pas le rejoindre dans ses délires les plus dangereux et les plus fous. Il fallait quelqu’un qui puisse partager avec lui ce rush d’adrénaline. Et finalement, il se concentra sur Sloan. Peut-être pas autant mentalement atteinte que lui, elle savait tout de même être un véritable ouragan de calamités. Et parce qu’il était de bonne humeur, il l’avait trainée dans toute cette histoire avec un simple message. « Tu sais qui c’est Kanye West ? ‘paraît qu’j’vais à son after-party à Vegas dans, genre, deux heures. Ramène ton booty à l’aéroport, pinky pie Et c’était tout. Il avait réservé un jet privé, gaspillé $5 000  juste pour ça, et ça l’avait presque excité de se confondre dans tant d’extravagance. Lui, il était déjà là. À l’attendre, les bras chargés de peu de choses, un épais sac de sport sous le bras, et une valise dont il se servait comme accoudoir, droit dans le grand hall de l’aéroport. Dans son sac ? Il valait mieux ne pas se poser la question, mais on pouvait apercevoir le bout d’une batte de base-ball. Lui-même ne savait pas pourquoi il avait décidé d’embarquer ça avec lui, mais il s’était dit que ça serait toujours pratique s’il voulait casser quelque chose, ou quelqu’un. Parce qu’il s’était dit qu’il n’aurait pas nécessairement besoin de se défendre, mais peut-être juste de casser la gueule de quelqu’un qui l’aurait un peu trop emmerdé. Et avec Teddy, c’était presque certain que ça se produise. Pour pimenter un peu plus le voyage, il s’était dit qu’emporter de la drogue avec lui serait amusant, mais il y renonça finalement, se disant qu’il était peut-être plus judicieux de s’en écarter pour le moment, il ne voulait pas risquer d’être arrêté, ou d’être interrompu par ces foutus chiens renifleurs. Et puisque sa sortie d’asile était encore très récente, il fallait bien qu’il ait l’air crédible, d’autant plus qu’ils attendaient toujours la visite soudaine de ce médecin qui devait s’assurer du bien-être des deux cinglés aux cheveux roux. Mais pour l’heure, Teddy n’avait qu’une chose en tête, le bordel qui allait régner à Las Vegas dans très peu de temps.




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Sloan H. Bernstein
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Jeu 2 Juil - 0:26


Teddy & Sloan // Cocaine Nose and Trendy Clothes


Et puis, j’étais là. La cigarette au bout des lèvres, le regard absent, toujours, comme d’habitude. La pluie qui martèle la fenêtre, le cliché des lampes à demi scintillantes, des ombres qui caressent, qui jouent, qui pèlent, qui refroidissent. Les volets étirés, les rideaux qui battent, les voix qui se rameutent de l’autre côté de la porte, des toux rauques, des rires, des chaises qui grondent, du verre qui tique. La fumée embrume la pièce, ma vue, ma gorge, mes poumons, mes sens. Tout est doux, rien ne presse, rien ne stresse, rien ne pèse. La nicotine caresse le bout de mes doigts comme il l’a fait déjà, et je soupire, m’abandonnant aux draps, m’y enroulant en sentant ma peau brûlante se refroidir au toucher du tissu froissé. Des mèches roses et blondes bouchent ma vue alors que je fais un tour puis un autre, m’enfouissant au profond, au plus profond, oubliant la clope qui est depuis belle écrasée au fond d’un cendrier de fortune, sentant la brise passer des carreaux à mes neurones, des rues mal famées de L.A. à mes pensées. C’était con, c’était inutile, c’était lourd, c’était lui. J’esquisse une idée puis une autre, agile lorsque j’en viens à m’éviter moi-même, et je garde les paupières closes même lorsque j’entends mon nom, soufflé, barbouillé, retenu, un nom qu’il prononce tout mal, qu’il égratigne, qu’il bouscule, qu’il ne comprend pas. Un nom qui n’a rien à voir avec le sien, qui ne devrait pas frimer là simplement parce qu’il est à des années lumières de s’attendre à tout ce que ça occasionne. Ce que ça signifie, ce qui m’emmerde, ce qui m’est tout sauf familier, ce que je ne veux absolument pas lui apprendre, lui dicter, lui divulguer. Il est encore temps qu’il s’échappe, il est encore temps qu’il fasse marche arrière et je ne serai pas celle qui le retiendra non, pas du moment où il prendra la décision de filer loin, bien loin des problèmes, de ce à quoi il n’arriverait pas à survivre de toute façon. Or would he? Il est trop pur, il est trop propre, il est trop lui pour en vouloir plus. Pour s’attendre à ce que des lèvres qui se cognent, qui s’entrechoquent, qui s’explosent en dizaines d’étincelles qui brûlent, qui piquent, qui dérangent, veulent dire autre chose. Autre chose, que ça. J’ai la peau qui empeste son parfum et le bourbon qui a précédé, ou qui a suivi, je sais plus, et je préfère balancer tout ce qui me reste de souvenirs bien loin, assez longtemps pour rejoindre Parker et j’m’en-fiche-des-autres à la cuisine, pour ouvrir la gueule bien grande lorsqu’il me tend un verre au contenu pratique pour la situation actuelle et que je descends sous ses yeux fiers, son accolade soutenue, rassurante. Il embaume bon le vice et ça, ça remonte comme personne mon moral un peu trop féminin pour qu’on s’y attarde.

J’ignorais l’heure qu’il était, fidèle à moi-même. J’avais la nuit de la veille bien tatouée au creux de la tête, et je préférais nettement mieux éviter quoique ce soit qui y était relié au moins pour les prochaines décennies. Rien que ça. Y’avaient des messages d’un numéro inconnu qui faisaient vibrer mon téléphone, assez pour que je les snobe – personne n’a envie de répondre à ceux qui sont trop polis pour vous faire sentir que vous vous les faites chier, si? – pour que je sache exactement d’où ils viennent, mais qu’ils y restent, bien au chaud, au rayon des ignorés, jusqu’à ce que Teddy s’immisce. Que Teddy éclate comme il devait si bien le faire, dérangeant et dérangé, à proposer une idée, la sienne, un plan, visiblement le sien, et un scénario en accompagnement qui frôle le ridicule, comme j’aime. J’ai assez de temps pour agripper ma veste de cuir – ou celle du cousin, vu l’état c'est peu clair – et un semblant de vêtements pour accompagner le tout avant de filer par la porte non sans envoyer chier la blonde et embrasser goulument Bernstein à distance, mais quand même bien fort. Tout pour sortir, pour laisser la pluie caresser le semblant de peau fraîche qui me reste, pour laisser les gouttes d’eau glacée se frayer un chemin de mon crâne à ma nuque, de mes épaules à mes orteils, chassant les quelques bribes d’esquisses de réaction, de pensée, d’appréhension, d’attentes que j’aurais pu associer à quoi que ce soit qui n’en valait pas la peine, parce que ce n’était rien. Rien du tout, si ce n’est une distraction de plus, un tableau de chasse écourté, un coït franchement bien interrompu, une histoire sans début et surtout sans fin qui goutte un peu trop l’alcool sucré à mon impression. Un taxi passe, je l’attrape, je l’accroche et je m’y faufile, rapide, désespérée, excitée, intense. On me dit de ne pas fumer à l’intérieur mais j’ai déjà le briquet qui craque et qui frime, et mon plus grand sourire s’agence à merveille à la fenêtre automatique qui se baisse de mon index, grinçante, salvatrice. Une clope de plus, une clope de moins, une clope puis une autre et la ville se dessine sous mes yeux. Los Angeles que je sillonne, que je connais peu, de laquelle je me tape un brin mais qui m’a été clémente jusqu’à maintenant, qui m’a donné des jobs, de potiche derrière les platines à grande conne aux connaissances variées des longs caoutchoucs à moteur qui font rougir les quarantenaire, à figure de la mode indie à travers les yeux du seul qui a vraiment le droit de me voir. Je tire une bouffée de plus, le taxi se faufilant dans un stationnement qui m’est commun, connu, depuis la dernière fois et je m’extirpe, chancelante, amusée, disparate.

Y’a mon cavalier d’une nuit, d’une vie qui s’agite un peu plus loin sur une piste qui semble être quasi qu’à nous, à passer son sac à bord, et je me rappelle que j’ai rien de bien tangible avec moi, n’ayant pas réfléchit, ne réfléchissant jamais. Je trottine, je chantonne, je siffle, je tournoie, et j’arrive finalement à sa hauteur, pensive, colorée. « Hey Evil! » je bats des cils et je bats la mesure, le suivant ou le précédant jusqu’à la cabine, c'est toujours un mystère, je suis encore impressionnée par le simple fait qu’on nous fiche tous les deux dans un cockpit qui se propulse dans la ville du péché & de l’immoral sans plus de présentations, mais hey, le karma est parfois exactement là où on a besoin de lui. Nah? « Claaaaasse. » Mes paroles s’appuient d’un regard alors que je détaille les lieux, hochant positivement de la tête, entendant déjà le moteur qui vrombit et le tintement des glaces qui nous attendent un peu plus loin se faire cristallin, acide. « I ain’t saying she's a goldigger… » que je sifflote maintenant, les yeux qui brillent, applaudissant mon mécène de la soirée avec une légèreté qui m'est surtout familière.




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Dim 5 Juil - 22:41


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Elle l’avait salué d’un qualificatif homérique et ça lui avait plu parce qu’Evil, c’était bien ce qu’il était. Il l’avait d’abord toisée du regard, presque immobile tandis qu’elle s’était approchée de lui, et comme s’il avait été mécontent de la voir, il avait froncés les sourcils lorsqu’elle le salua de la sorte ; avant d’ajouter un « Bernstein. » froid et glacé. Et il laissa celui-ci peser au-dessus d’eux pendant quelques secondes avant de se mettre à sourire d’un bout à l’autre du visage, tout compte fait heureux qu’elle soit venue aussi rapidement et aussi promptement que l’avait été sa propre demande. Teddy était impulsif de nature, et beaucoup de ses décisions étaient faites sous le coup de celle-ci ; il ne prenait pas toujours le temps de réfléchir à ce qu’il comptait faire, mais c’était loin d’être monnaie courante pour autant. Alors, il arrivait évidemment que certaines choses soient plus calculées que d’autres — comme sa relation avec Jill — et que certaines ne le soient absolument pas, comme cette escapade à Las Vegas. Et à peine venait-elle d’arriver qu’il ne s’était pas fait attendre pour rejoindre leur nef ; pour le prix que ça lui avait coûté, il n’allait pas passer le reste de la journée à juste le regarder. Il avait déjà laissé le plus gros de ses bagages dans les bras d’un des pauvres pilotes qui s’efforça au départ de protester en disant que ce n’était pas son boulot, mais Teddy ne l’écouta pas et l’intima même d’un simple regard de ne pas le pousser à l’excès. Forcément, il n’était pas si impressionnant que ça, du haut de ses vingt-quatre ans, en face d’un pilote qui en avait le double ; mais il avait l’air suffisamment dangereux pour que ce-dernier n’aille pas plus loin et jette les affaires de Teddy dans les bras de son copilote plus jeune. Qui, lui, les jeta dans les bras de leur hôtesse. Ah, ce que ça pouvait être beau la délégation.

Quoique large, c’était tout de même relativement étroit, et Teddy eut presque l’air frustré de le découvrir. « Et bah on les voit pas les 5 000 $ » râlait-il à voix basse en trainant les pieds pour finalement se laisser tomber dans un des gros sièges rembourrés blanchâtres auquel il tiendrait compagnie le temps du vol ; en tout cas, c’était ce que l’on espèrerait de lui. Levant rapidement ses jambes pour les faire s’écraser sur celui d’en face, Teddy colla son regard sur le cockpit à l’avant et ne s’en détacha pas. Il voyait tous ces cadrans et tous ces boutons et se demandait à quoi ils pouvaient tous servir. Il était curieux, le jeune homme ; mais son attention fut obstruée par l’hôtesse qui s’était empressée de remplir deux coupes de champagne et de les apporter à Teddy et sa compagne de voyage. Un faux sourire planté dans le visage, elle était mal à l’aise dans son uniforme qui ne lui allait pas, il devait être une ou deux taille en dessous, et elle perdit bien des couleurs lorsque le jeune homme la fixa sans cligner tandis qu’elle posait le verre à côté de lui, dans son petit emplacement dédié. « But you ain’t messin with no broke niggas. » termina Teddy en souriant, les yeux se glissant vers Sloan et se pointant des index sur le dernier mot ; dodelinant de la tête d’un air amusé. Car même s’il ne connaissait pas Kanye, il s’était un petit peu forcé à se renseigner sur lui et son art ; histoire de savoir dans quoi il était sur le point de mettre les pieds. Et résultat des courses, en quelques jours à peine il avait écouté et réécouté la quasi-totalité de la discographie du bonhomme.

L’hôtesse qui avait plus tôt apportée leurs coupes de champagne s’était retournée pour dévisager Teddy en l’entendant lâcher cette n-bomb trop calmement et d’une façon si désinvolte que c’était indécent ; et à en croire ses sourcils froncés, elle avait envie de lui casser la gueule. Mais Teddy étant qui il était, d’autant plus qu’elle avait aperçu la batte de base-ball, hors de question de risquer autant pour ça. Le décollage encore bien éloigné, elle décida de s’autoriser à prendre un peu l’air, pour se préparer à la quoique courte, mais assurément éprouvante heure de vol qui les attendait. Affalé sur ses deux sièges, Teddy s’était redressé lorsqu’elle quitta l’appareil pour la regarder fixement au travers de son hublot ; parce qu’il s’était décidé à s’amuser au dépend d’elle. « Hey Sloanie, tu crois qu’on peut la faire tomber en dépression ? » demanda-t-il sans se retourner, d’un ton et d’un air indifférent. « Le surmenage and shit continua-t-il en haussant les épaules, la tête désormais tournée vers le côté, genre on l’éprouve tellement qu’elle finit par chialer comme une p’tite merde et tout ? » Il s’était redressé et s’était complètement retourné vers elle tandis qu’il finissait sa phrase, et le regard presque plein d’étoiles lugubres, il souriait entre ses mots d’un bout à l’autre du visage et semblait prêt à faire le pire pour rendre cette hôtesse folle. « You in ? » Mais il n’eut pas vraiment le temps d’attendre une réponse que son téléphone se mit à vibrer ; et c’était semble-t-il quelqu’un d’important, puisqu’il se dépêcha de le tirer de sa poche de pantalon et de répondre à toute vitesse. « Oh, hi mom. » souffla Teddy reprenant tout d’un coup des airs juvéniles dans sa voix et son allure. Soudainement droit et les jambes resserrées, il avait perdu son air menaçant et terrifiant. Et on aurait presque pu croire qu’il avait perdu quelques années tout d’un coup, comme s’il était redevenu un petit garçon. Toutes traces de mauvaises intentions s’étaient effacées aussitôt de son visage, et il restait silencieux et obéissant. Ce devait être un spectacle très étonnant à regarder d’un œil extérieur, le monstre s’était changé en puppy sans défense. Et il passa de longues secondes à lui réexpliquer plusieurs fois qu’il l’avait déjà prévenue de son passage à Vegas, qu’il lui avait tout dit plusieurs fois. « Évidemment que Jill est avec moi maman, s’était-il mis à mentir, Non elle peut pas te parler là, elle est occupée. »

Posant une main contre son téléphone et regardant Sloan avec de grands yeux, il ajouta rapidement, dans un chuchotement cependant distinct et clair ; « Dis-lui bonjour, juste ça, s’te plaît. Elle panique pour un rien. Et j’ai pas envie de devoir annuler le trip pour aller m’occuper d’elle. Ou pour revoir Jill. » n’attendant même pas de réponse, il avait rapidement continué au téléphone « Elle est là ! j’te la passe, mommy. » pour ensuite le tendre à Sloan et agiter la tête d’un air de dire « S’il te plaît. » et « Je te serai éternellement reconnaissant. » en même temps.





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Mer 19 Aoû - 15:33


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Il grince des dents au vue du prix ou j’sais pas et moi je grince tout court, je grince devant un espace clos qui nous appartient, devant le vol qui s’en vient, devant la raison de ma venue ici – devant tout et n’importe quoi comme à mon habitude, fidèle à moi et à mon esprit dispersé, à mes pensées qui s’égarent entre elles, à la légèreté de mon je m’en foutisme qui s’amplifie plus ma zone de confort est loin. Dans ce cas-ci, y’a des sièges de cuir qui s’y acclimatent. Et ça me rappelle vaguement les derniers tour avec le band, l’adolescence couverte de Converse, de t-shirts déchirés et de cerveau qui l’était aussi, d’abus, d’oublis, de trous noirs, de lèvres qui goûtent le sang et le sel. Mais il n’y avait que Teddy et moi ici, et j’ignorais si c’était si pire, ou si mieux, finalement. J’ai les doigts qui claquent, l’alcool qui se dissipe de mes veines et je fuie mon regard d’une vitre à l’autre, sursautant en entendant sa voix, gommée, lointaine, percutante, qui me relance, qui fredonne, doux, tendre, sec. Je lui souris parce qu’il me fait sourire, je soupire parce qu’il était prévisible, et je roule des yeux en rigolant, dissipée. « Je t’imaginais pas fervent fan de Yeezus quand même. Tu m’étonneras toujours. » Il était bombe et armement, il était drogue et narcotique, il était sale et sombre, troublé et troublant, mais il me calmait. Il me calmait parce qu’il était ailleurs, parce qu’il était au-dessus et en-dessous, parce qu’il savait tout faire et que j’apprenais, parce que je repoussais ses limites et qu’il m’y accompagnait. Il me faisait mal en me faisant du bien, et c’était ce qu’on devrait toujours chercher chez des potes. Sinon, le capital YOLO partait en vrille. Non mais regardez comme on le vivait, le SNAFU au quotidien là. Et après, vous doutez de mes choix? Pfeuh. Evil répond à ma demande précédente et me glisse une flûte de champagne, si fausse, si cristalline, si hautaine que je la porte à mes lèvres sans même respirer. À quoi bon, je suis pas le genre de fille aux bulles, celles bien guindées qui font dans la classe, le doigt relevé, les robes décentes. Les bouteilles de champagne, je les éclate à la gueule des filles qui grimpent sur la table du bar avec moi pour danser. Je les gobe en 4 gorgées entre deux DJ sets. Je les fais exploser du bout d’une machete, en envoyant du verre partout à commencer par moi, mes mains, mon ventre, mes veines. L’impression d’être fille de riche me ravale à la gorge et je finis d’un trait le liquide translucide sans regarder derrière. Le premier souvenir, le champagne du nouvel an, les Bernstein tous bien alignés sous les lumières scintillantes des décorations festives. Les mots dits au même volume, le piano en ambiance qui tique, qui scille, qui m’agresse. Ingrid qui piaille devant ses cadeaux, Solveig qui bat des cils devant les invitées, les deux s’apparentant à des poupées de porcelaine auxquelles j’aurais réservé le traitement des ciseaux à commencer par leurs beaux visages parfaits. Et Parker. Parker qui usurpe la toute nouvelle robe de velours pourpre de sa sœur pour la planquer derrière le canapé et y glisser un rat bien mort au fin fond de sa boîte. Mieux, beaucoup mieux.

La dite hôtesse au centre des paroles de Teddy revient à mes pensées et je m’écrase aux côtés de la terreur, bruyamment, laissant le cuir crisser sous mes fesses alors que je prends un foutu temps à tenter de trouver une position dans laquelle je suis confortable. Je finis par poser mes boots pas particulièrement nickel sur le siège face à moi, souriant comme l’autrichienne bien blasée et toute autant cruelle qu’on m’avait appris à être à la pauvre dame en charge de nos deux beaux culs princiers et retourne mon attention vers le principal intéressé, le principal intéressant. Bien sûr, le doute quoi. « Poser la question, c’est y répondre amour. » Mon expression s’accentue alors que je la vois nerveusement jouer avec un peu tout ce qui lui tombe sous la main, derrière un rideau qui cache trop peu ses gestes maladroits et ses regards fuyants dans notre direction puis ailleurs pour ne pas être déjà satisfaite du boulot. « Le challenge est quand même trop easy, même si on n’y mettait peu d’effort. » La raison était là : elle n’était clairement pas à sa place du moment où on la propulsait avec deux pauvres cons si loin de l’étiquette promise. « Faudrait une récompense solide, un achievement de choix. C’est quoi le truc avec le plus de valeur que t’as sur toi en ce moment? » Je reluque ses bras, sa nuque, ses fringues, son sac, rien ne me semble se détacher du lot. Evil a surement un truc qu’il chérit, un porte-bonheur, une relique, quelques gouttes de sang d’un amour déchu, n’importe quoi qui pourrait upper un peu le pari. Pour ma part, je sais exactement ce que je mettrai en jeu, mais je lui laisse quand même le bénéficie du doute, la premier balle, dans son beau camp bien neuf.

Il reçoit un appel et j’en profite pour sortir mon propre téléphone, entr’apercevant encore des messages du fameux numéro d’ailleurs, de lui, que j’ignore parce que je suis au-dessus de ça, parce que je le serai toujours et qu’il ne sait tout simplement pas ce dans quoi il s’est embarqué. J’ai les écouteurs bien encrés au fond de mes tympans alors que Teddy me remet à ma place, alors que Teddy attire mon attention, alors qu’il éloigne l’électro ciré et déchirant de ma tête embrumée pour me foutre son propre téléphone entre les doigts. Il supplie, je capte que dalle, il se lamente et je roule des épaules, inspirant, sortant ma voix la plus pincée, la plus classique, l’accent allemand que casse au placard pour la tonalité à la Valley Girl.  « Je vais te faire saigner, Evil. » que je le préviens, qu’il lira sur mes lèvres, quelques secondes avant que mon visage s’illumine d’une hypocrisie qui me catégorisait dès qu’on me fichait à travers ma famille ou celle des autres. Merde, j’avais fuis la quasi totalité de la mienne, y’a quand même une raison why, hen.  « Bonjour! » je suis pétillante, forcée, et bubbly, et souriante, et mes iris s’agrandissent d’ironie et de mensonge lorsque j’arrive à personnifier un peu, juste un peu la génétique d’avant du Teddy à travers les bribes de l'autre. Ses origines, là, qui me demande comment vont mes parents, si Dawn a recommencé l’aquarelle, si la famille Appleby est aussi barbante et bourgeoise que Google le dépeint et si j’ai bien consommé mes 5 portions quotidiennes de fruits et de légumes dans la journée. Wow, what a pain. « Bien sûr! » je réponds à tout et n’importe quoi et elle rigole, me dit que j’ai l’air bien, que l’amour me change, et je m’étouffe dans mon ennui et mon éclat de rire pathétique qui menace de frapper de plein fouet lorsqu’elle s’extasie pour nous, pour cette histoire, pour cette idylle qui est faite pour durer, qui durera toujours. Ma pauvre, si tu savais. L’hôtesse repasse à notre hauteur et je m’emmerde tellement sous les supplications de l’autre que j’en oublie mes manières et que je lui pince une fesse, distraite. Elle se retourne, outrée, et mon index lâche pointe dans la direction opposée, en l’occurrence Teddy qui est trop scotché à mes moindres paroles et à ce qu’il entend en reverb de la part de sa mère pour faire attention à quoi que ce soit d’autre. « Je dois vous laisser mommy, Teddy dit que l’avion décolle. » Et la main de l’hôtesse aussi, sur la joue du principal concerné.





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Mar 1 Sep - 11:42


Teddy & Sloan // Cocaine Nose and Trendy Clothes

C’était la merde, non seulement parce que Teddy n’avait rien planifié mais tout autant parce qu’il se retrouvait à devoir mentir à sa mère, et ça le mettait dans une rage intérieure folle, si étonnante que c’était encore surprenant qu’il n’avait pas pété les plombs sur les gens autour de lui, il aurait pu se laisser aller à tous les tabasser sans s’arrêter, parce qu’il fallait bien expulser le mécontentement d’avoir dû mentir à sa mère, et c’était bien la pire de toutes les choses à ses yeux. Sa mère était divine, elle était supérieure au reste, elle avait plus d’importance que quoi que ce soit et voilà qu’il avait tout gâché. Il s’en voudrait infiniment et éternellement, parce que ça n’était pas dans sa nature de faire ça, du moins pas avec elle. Parce qu’elle était trop différente, trop meilleure que les autres. Peut-être était-ce dans l’ivresse de l’adrénaline de tous ce qui se passait autour de lui qu’il avait si facilement cédé au pire, et c’était peut-être pour ça qu’il n’était pas si en colère que ça, alors qu’il savait qu’il devait l’être. Quoiqu’il en soit, il était tout de même loin d’être détendu, parce que toutes ces choses ne le rassuraient pas, et si Jill recevait la visite de ce type ? Et si on découvrait qu’il avait décidé de partir sans prévenir personne, et si jamais sa mère se retrouvait impliquée dans tout ça ? La plus grosse de toutes les tempêtes de merde se préparait pour son retour, il fut très brièvement inquiet, avant de reprendre son calme en se faisant interrompre dans ses pensées par Sloan, qui décida de se prêter volontiers au jeu du mensonge à la mère Woehl. Mensonge intervenu si rapidement, qu’il n’avait pas eu le temps de lui répondre à propos de l’hôtesse qu’il voulait s’amuser à rendre cinglée. Comme quoi, il avait tout de même quelques priorités en tête. Revenant tout de même sur le sujet une fois qu’elle eut terminée de jouer à être Jill, « J’ai rien qui vaille la peine d’être gagné. Rien qui puisse t’convenir. » qu’il disait fièrement, en la regardant au travers de ses grands yeux bleus de cinglé. « Just cash. Lotta cash. » avait-il ajouté, en tirant de la poche intérieure de sa veste une grosse liasse. Frimeur et prétentieux comme il était, ça n’avait rien d’étonnant à dire vrai. Et tandis qu’il la posait devant lui, il souriait bêtement, faussement, et regardait Sloan. « Genre 7 500. La moitié de c’qu’on m’a payé pour venir à leur merde. »

Teddy n’aimait que peu de choses, dont sa mère, alors au final, il n’y avait pas grand-chose d’étonnant à ce que la seule chose de valeur qu’il ait sur lui ait été de l’argent. Et puis, son détachement de tout ne le rendait pas si difficile à combler. Le bonheur, avec lui, c’était relatif à son humeur, sa quantité de drogues ingérées, ou à son taux d’alcool dans le sang. Et parfois tout à la fois. Rien de bien difficile donc ;  part son humeur qu’il fallait savoir dompter. Et ça, personne ne savait le faire. Pas même sa mère, malgré tout. Agitant sa grosse liasse de billet, comme un foutu gangster, comme un roi du crime, comme un personnage caricatural de film de policiers, il la pose finalement devant lui, en tirant violemment l’espèce de plateau amovible qui sert de table, juste en dessous de son hublot. Et puis, l’appel de sa mère. Il répond, obéit puis se met à supplier Sloan, d’un air tout à fait différent. Et une fois son téléphone dans les mains et la voix de Sloan, les traits de Teddy eurent l’air de s’assombrir de nouveau, l’enfant sage avait été enfoui de nouveau au plus profond de lui, il retrouva ses airs de monstres, son visage inquiétant et terrifiant de vide. Son absence totale d’émotions, ses aspects lourds et forts de dominateur. Et tout d’un coup, alors qu’il ne s’en était pas rendu compte, Sloan est déjà en marche dans leur terrible jeu. Et la main de l’hôtesse qui repassait de leur côté se heurte à sa joue, ça brûle, c’est chaud. Mais ça ne fait pas vraiment mal. C’est là, ça tire, ça frotte, ça pique, mais ça n’est rien de particulier. Au mieux, ça lui rappelle ce qu’il aime faire au lit avec ceux qui ne sont pas Jill. Et pendant une fraction de secondes, il se met à sourire. Ne bronchant pas, il avait tout juste relevé les yeux vers elle et incliné très légèrement la tête sur le côté. Ses sourcils immobiles ne formèrent même pas l’once d’un froncement alors qu’il avait l’air mécontent, mais c’était sans doute son expression habituelle. Sa resting bitch face. Lui, il appelait ça sa murder face avec et sans humour, parce qu’il se souvenait de son père quand il en parlait. Il se souvenait de la gorge qu’il avait tranchée — quoique massacrée aurait été plus approprié —, des innombrables coups qui s’étaient répété si longtemps qu’il en avait perdu le compte au bout du vingtième. Et il était loin de le regretter, il continuait de se dire intimement et mentalement qu’il avait eu raison de faire ce qu’il avait fait.

D’un ton pleinement monotone et ancré d’une attitude reposante et reposée mais si plein de mensonges car presque adorable dans sa voix faussement fluette et agréable à l’oreille, « Oh yes, spank me daddy. I’ve been a very very naughty boy. » Il la fixait et elle le regardait avec beaucoup d’appréhension, parce qu’elle avait peur de lui, et c’était tout à fait compréhensible, il était terrifiant de nature. C’en était même à se demander comment Sloan ne pouvait pas elle-même le craindre, mais il suffisait de la regarder quelques instants pour se douter qu’elle était sans doute tout aussi ravagée que lui. Et tandis que l’hôtesse fichait le camp le plus vite possible Teddy se redressa dans son siège, avant de se pencher vers Sloan et de perdre sa droiture. « Faudra plus que ça pour me saigner, Bernstein. » et cette fois, son ton était bien moins joueur, plus provocateur et agressif. Eminemment moins gentillet que celui qu’il avait employé avec l’hôtesse. Toujours penché vers elle, mais ne quittant pas sa place pour autant, il se laissa lentement glisser vers elle, son torse appuyé contre l’accoudoir de son siège ; l’un des pans de sa veste pendant vers l’avant laissait distinguer la silhouette transparente d’un minuscule sachet que Teddy n’avait même pas l’air d’avoir remarqué, jusqu’à ce qu’il se redresse si vite qu’il le fasse tomber devant lui. « Oooh. C’est con, j’pensais que j’avais rien pris. » marmonnait-il en le ramassant, c’était de la cocaïne, et ses yeux eurent l’air de s’enflammer de bonheur, d’excitation ou tout juste de manque, lorsqu’il le découvrit. « Now this is gonna get fun. » Et alors que l’avion commençait à décoller, Teddy qui était encore et toujours sans gêne, ne se priva pas de tracer un rail sur sa petite table et de tout renifler d’une traite, sans attendre et sans se retenir. Usant d’un billet comme d’une paille, dès qu’il eut fini il jeta le sachet sur Sloan, l’incitant – à sa manière – à le rejoindre dans ses conneries.

Et fatalement, lorsque la cocaïne commença enfin à faire effet, Teddy se déchaina bien plus que la plupart des gens lorsqu’ils étaient défoncés. Lui, dès qu’il était lancé, c’était l’apocalypse en petit format. Un ouragan roux qui détruit tout sur son passage, ou bien qui commet des conneries innombrables que tout le monde, sauf lui, regrette très rapidement. Une heure après, les effets étaient partis, et visiblement, Teddy ne se souvenait pas de ce qu’il avait bien pu faire, puisqu’il s’était retrouvée la tête appuyée sur la cuvette des toilettes du jet, avec l’hôtesse étalée sur lui, à moitié nue. Se redressant et la poussant sur le côté sans s’inquiéter qu’il la cogne contre quelque chose, il se passa une main sur le visage – découvrant au passage qu’il portait le soutien-gorge de celle-ci sur la tête – et se redressa maladroitement, en titubant un peu. À en croire la bouteille vide de champagne qui trainait dans les mains de l’hôtesse, il avait bu suffisamment pour en avoir le tournis et ne pas tenir droit. Au moins, il n’avait pas perdu de temps. L’arrachant, plutôt que le retirant, il le jeta sur la pauvre femme qui ne s’était pas encore réveillée, et retrouva Sloan. Ils venaient tout juste d’atterrir.




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