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Isla L. Hamilton -- so young, so sweet, so surprised. you look so young like a daisy, in my lazy eyes.
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Isla L. Hamilton
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Date d'inscription : 13/10/2014
Célébrité : Zooey Deschanel
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Emploi : Rédactrice en chef de YOLO.
love out loud : Soulmates only exist in the Hallmark aisle of Duane Reade Drugs.

Dim 26 Oct - 2:35
Isla
Laureen
Hamilton
Roses are red. Violets are fine. This day sucks balls, I really love wine.
i.  identité
» Nom complet
Isla Laureen Hamilton
» Date de naissance
24 septembre 1985 (29 ans)
» Lieu d'origine
Venice, Los Angeles, Californie, USA, Amérique du Nord, Planète Terre, Voie Lactée
» Profession
blogueuse mode à la base, nouvellement associée dans un projet de magazine mode sans le sous, pâtissière en devenir, voix de Steve, dans SuperSteve autour du monde
» Orientation sexuelle
hétéro, mais curieuse un brin
» Situation amoureuse
amoureuse de Deklan Monaghan, mon crush d’adolescence depuis… toujours? Arf. Sorry Ash.
» Groupe : Los Angeles Stars » Avatar : Zooey Deschanel » Crédit : Kettircken, Tumblr, Shiya, Internet
ii.  personnage
Et t'as des habitudes, des manies ? Bonnes ou mauvaises, on veut tout savoir. Alors déballe ton sac.
Traîner 5 teintes de rouge à lèvres dans mon sac, en tout temps + Acheter tout ce qui peut se faire à saveur de pamplemousse + Connaître les chansons de tous les films qui sont sortis entre 1980 et 1990 par cœur + Téléphoner à Leo du moment où j’ai besoin de me changer les idées + Tirer, tourner, triturer une mèche de cheveux lorsque quelque chose ou quelqu’un s’avère plus stressant que prévu + Hyperventiler du moment où on propose une nouvelle idée, un nouveau projet + Débuter la journée en jetant un coup d’œil à Twitter et à Google Flight, au cas où + Garder une photo d’Ashleigh et moi adolescentes, dans mon portefeuille + Préférer le vin, rouge, comme antidépresseur + Être très, très nulle pour analyser les intentions des gens, qu’elles soient bonnes… mais surtout mauvaises + Raconter ma vie un peu toujours, et ne pas réaliser lorsque certains trucs devraient rester secrets + Oublier des éléments importants – comme payer le loyer – & me rappeler de détails insignifiants, comme la saveur favorite de cupcake de Jaime + Cuisiner du moment où j’ai besoin de réfléchir + Porter jour et nuit une bague offerte par Deklan à nos 16 ans, à mon index droit.
Un rêve ?
Là comme ça tout de suite, je rêve de chocolat. Une fontaine de chocolat, ou un énorme gâteau, le truc bien sucré, bien lourd aussi. Me faites pas l’affront de me passer de l’allégé à la place : je veux le vrai truc, la totale, le calorie full. Mais autrement, quand je n’ai pas de rages de sucre aussi intenses, j’ai des rêves relativement simples, accessibles. Du moins, sarcastiquement parlant. Rêver de retrouver ma meilleure amie d’adolescence, Ashleigh, celle que j’ai trahie plus souvent qu’autrement. Rêver de vivre une relation saine, normale avec Deklan. Rêver de rentrer du boulot le soir et de trouver un message de mon père sur la boîte vocale. Rêver un jour de signer un article, deux, trois, qui changeront la planète de la mode un peu, ou beaucoup. Rêver de donner mon nom à une création de designer. Rêver de revoir tous les potes de voyages que j'ai rencontrés à travers les années, les pays. Rêver de passer une journée, juste une, sans avoir le remord de rendre Jaime diabétique. Rêver de payer toutes mes dettes. Rêver de trouver quelqu’un, une seule personne, qui fera assez confiance à Parker et à moi pour lancer notre projet, notre bébé version magazine, notre YOLO. Oh, et rêver aussi que le facteur ne tombe par
s encore sur moi avec un bad hair day, un masque au cacao sur le visage, mon pyjama de flanelle trop vieux et mon appareil dentaire en fonction la prochaine fois où il sonnera à ma porte.
Une phobie ?
Le gluten, le lactose, les aliments qui ne sont pas bios, ce genre de conneries. Oh. Et perdre Ashleigh, Deklan, Leo… de nouveau. Me retrouver à bosser dans un bureau qui ne me ressemble pas, qui m’empêche de penser, de rêver à un avenir qui me plaît, qui me stimule un brin. Perdre l’inspiration, peu importe sous quelle forme elle se trouve. Mais la perdre, longtemps, pour toujours. Perdre la magie aussi, celle qui fait que mes yeux brillent un peu toujours lorsque je regarde ce qui se passe direct devant moi, dans ma vie, dans celle des autres. Perdre le goût. Parce quand on est aussi gourmande que moi, ça pourrait devenir catastrophique. Perdre l’amour, parce qu’une fois qu’on le retrouve on ne veut plus le voir partir, ou nous voir nous-même s’éloigner pour des raisons connes. Perdre l’amitié, la vraie, celle qui vous crêpe les cheveux en vue de la danse au lycée, celle avec qui on découvre la bière pour la première fois, celle qui nous envoie les répliques pour un remake de Grease ou de Buffy, celle qui, par amour, vous met en garde contre son frère parce qu’elle craint que si vous en tombez amoureuse, tout sera détruit pour toujours. Perdre, tout court. Parce qu’on ne se le cachera pas, je suis une très, très mauvaise perdante. Et une excellente gagnante.
Hey, on est à Hollywood après tout, et puis, ça restera entre nous... C'est qui ton celebrity crush ? Leo DiCaprio, le cliché, le roi du monde, Luke Perry parce que 90210, yo, & Patrick Swayze pour l'ensemble de son oeuvre - dansante.
iii.  IRL
» Pseudo et Prénom : Betty / Cath
» Age : 25 ans
» Localisation : suivez les castors et l'arôme de sirop d'érable
» Comment as-tu découvert STFU ? vous avez un excellent référencement, guys
» Taux de présence : 7/7, j'aime faire dans l'abus.
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Dim 26 Oct - 3:14
iv.  Histoire
I have a constant inner battle about whether to be classy of just to give zero f*ck

« Someone puts their arms around you and they give you a squeeze and all your fear and anxiety come shooting out of your mouth in a big wet wad and you can breathe again. »
L’hôpital. Je n’y avais jamais mis les pieds. C’était hors de question pour mon père d’y emmener sa fille, sûrement un signe moche de faiblesse, une déclaration officielle ne pas être arrivé à la guérir en la réconfortant de câlins, d’oursons, de sirop contre la toux. Une façon pour ma mère d’avoir le beau jeu, puisqu’il se serait avoué faible, incapable de faire la seule chose qui l’avait empêché de devenir fou de tristesse, quand elle était partie. Mais ça y était. Ça avait été simple, rapide, efficace. Il ne pourrait plus être la figure responsable, il ne pourrait plus m’accompagner aux sorties parents-enfants bidon qu’on nous imposait chaque année.

Mes doigts de fillette glacée par l’éclairage au néon s’étaient faufilés entre ceux de Lavender, jeune, fringante, les yeux bouffis. Même à 11 ans j’assimilais assez bien ce qui s’était déroulé devant moi. Ou plutôt, ce qui semblait se faire sans que je n’ai le droit de dire quoique ce soit, comme si tout le monde se chargeait de tout, ignorant même que j’étais dans la pièce. Volontairement, ou non. Perdre son père. Perdre ses parents. Être orpheline. Rosa avait de la difficulté à me quitter du regard, persuadée que j’allais faire une crise de nerfs. Mais le café que j’avais englouti en secret quelques heures plus tôt pour faire comme une grande personne n’avait plus aucun effet sur mes sens de gamine.

« Isaïah Brenson Hamilton, heure du décès : 15h32. » Lavender me bouchait les oreilles, mais je savais très bien lire sur les lèvres.

« You can't just touch somebody's life and be done with it. »
« On pourrait lui dire! » qu’il s’était exclamé, le joint au bout des lèvres.
« Ben voyons! T’as envie de finir émasculé? Tu te félicitais hier d’avoir réussi à me cacher sur la banquette arrière quand Ash était sortie de la maison pour te filer ton portefeuille. »
« Mais, j’ai une super idée. » Une bouffée du joint de plus. « On pourrait lui dire… et attendre de voir sa réaction. Après, on déciderait si on dit qu’on blague, ou si on avoue la vérité. »

J’avais pouffé de rire. Parce que la mari était plutôt forte, parce qu’il avait encore des autocollants d’étoiles fluorescentes collés au plafond de sa chambre, parce que son envie subite d’avouer notre pseudo-relation à sa sœur concordait parfaitement avec une déclaration d’amour bidon que j’avais eue de Daniel, le grand frère de Leo, parce que j’avais étouffé plus tôt dans la matinée l’envie de tout quitter pour partir à la conquête du monde, une bonne fois pour toutes. Deklan était adorable, vraiment. J’avais craqué pour lui comme une vraie dingue et souvent, je rougissais en pensant aux confidences qu’il me faisait entre deux baisers volés, depuis les trois derniers mois.

Être avec lui, c’était le seul et l’unique secret que j’avais caché à ma blonde amie. Le seul non-dit, le seul malaise, la seule chose qui pourrait tout casser si elle l’apprenait. Et même si je m’amusais comme une petite folle avec lui, et qu’on se plaisait comme de vrais idiots dans nos cachoteries, la pression commençait à être un peu trop lourde. Une bête pression d’adolescente, mais une pression difficile à porter tout de même.

« Il va falloir lui dire un jour, en effet. » que j’avais concédé, avant de me blottir au creux de son épaule.

Et le pire, c’était que je ne me souvenais même plus pourquoi on voulait le lui cacher, au final.

« You're on a different road, I'm in the Milky Way. You want me down on earth, but I am up in space. You're so damn hard to please, we gotta kill this switch. »

L’université m’avait ramené direct là où je ne voulais pas être : planifier un avenir, planifier une vie bien rangée, rendre mes tantes fières, me découvrir, bâtir une vie solide alors que tout basculait actuellement dans la mienne.

« Pile ou face? Nope, on fait un deux de trois! »

La bal de graduation avait été le début de la fin, un fiasco à la con qui m’avait propulsé à l’opposé de la gamine que j’avais été durant les dernières années. Une dispute avec Deklan, une grosse, du genre où on crie, où on pleure – je – et surtout, où on arrête tout. Un mensonge de plus à Ashleigh, un gros, un final, avant de passer le reste de la soirée avec une sensation amère, dure, acide, au fond de la gorge. Un diplôme affiché fièrement entre les différentes photos que Lavender et Rosa avaient accumulées de moi au fil des années. Isla la cheerleader, Isla la groupie rock, Isla la demie-sœur Whitely, Isla et sa nouvelle bagnole, Isla et les Monaghan, Isla et sa lettre d'acceptation à l'UCLA, Isla et la famille qu’elle s’était construite au fil des ans pour remplacer la sienne qui était partie en fumée trop tôt. Un père décédé, une mère disparue dans la brume, ça écorche une fillette même si elle ne l’avoue pas de suite. Je peux vous le confirmer, parce que c’est ce qui m’est arrivé.

« T'as la frousse de juste arriver là et payer, hen? Trouillaaaaaaaard! »

Ça, et la découverte des bars. Là où Leo et moi avions succombé à quelques soirées en début de session, lui crashant les fêtes de fraternités même s’il n’était listé nul part, moi trouvant les Long Island Iced Tea plus amusants que de snobber les textos de Deklan, ou de rester évasive à ceux d’Ashleigh. On s’était tous perdus de vue si ce n’était le Whitely qui me traînait partout parce qu’il avait ce dont j’avais besoin. La même envie que moi de s’éloigner pour un temps de la nécessité de faire des choix. Et on levait le coude en cœur, beaucoup, de nombreuses fois. On s’endormait dans ma bagnole et j’en oubliais les examens et les devoirs qui s’empilaient et que j’ignorais allègrement. Et on recommençait, encore, et toujours, et on se découvrait l’envie de devenir les piliers des tavernes de la ville, les unes après les autres juste parce que ça faisait un bien fou de laisser la vie couler sans rien forcer. De suivre le flot. Jusqu’à ce que l’envie de bouger soit trop forte, et que les fourmis dans nos jambes nous amènent à faire un choix, à prendre une décision, une seule.

« Ouais, ouais. Un billet d’avion pour la prochaine destination. »
« L’aller, pas le retour. »  

« We'll break the rules a lot. We'll be damn fools a lot. But then why should we not. »

« Repère les plumes roses. »

Benjamin s’avérait presque convaincu, haussant les sourcils, la caméra braquée sur moi et sur mon roulement d’yeux alors que j’éclate de rire et que je lui fais signe de regarder autour de nous. Les plumes roses, right. On était entourés de plumes, de paillettes, d’oiseaux de toutes les couleurs, de corps bronzés, taillés au couteau, se trémoussant sur les derniers rythmes latins en vogue. Alors pour trouver du rose, c’était facile. Sure. Ça débordait de tous les sens, y’avait que ça et dans le genre chercher une aiguille dans une botte de foin, il avait fait fort. « On lui tombera surement dessus à un moment ou à un autre! » que je rigole, attrapant sa main, l’attirant vers moi, l’entraînant avec le mouvement qui me poussait dans le dos depuis qu’on s’était immobilisé pour regarder autour de nous, à tenter de retrouver Leo qui nous avait donné rendez-vous à quelque part sur la rue, après avoir passé la journée à surfer avec des potes qu’on s’était faits en posant le pied hors de l’aéroport. Ben titube dans ma direction, en profite pour faire un tour de passepasse avec sa lentille pour aller zoomer sur les visages maquillés en sueur qui nous contournent et presse le pas. On esquisse même un pas de danse, moi plus que lui, et bien sûr il s’assure de capturer le tout, même lorsque je pile sur la couronne de plumes bien saillantes de mon voisin de mascarade, et que pour seule réaction il se retourne vers moi en me traitant de courge avec son bel accent portugais. Les insultes, ça j’ai appris vite. Le reste est encore sinueux dans mon esprit.

On est jeunes et cons. Benjamin nous est tombé dessus en Thaïlande alors qu’on partait en expédition sur la rivière à travers les grottes désertes. Et on s’est pas lâché depuis, prétextant bosser sur un projet de vidéo de voyage qui s’est vite transformé en amalgame de nos conneries qu’on enregistre du moment où Ben juge que la lumière est bonne. Il passe son bras autour de ma taille et me fait signe de regarder à notre droite, le couple qui est grimpé sur les colonnes de son et qui domine la parade, jonglant avec des bâtons en feu et alternant avec des shots que les passants leur offre à chaque nouveau service des barmans en mouvement. « Je savais qu’on aurait dû aller à l’école de cirque au Pérou! 50% de rabais, c’était ça le signe pour la réorientation de carrière. » Il rit, je pique une bouteille de rhum à même la glacière d’une barmaid distraite et on se fond encore plus dans la foule, ne manquant rien des douches de couleurs qui nous bousculent de tous les sens. Je pense à tout ce que je pourrais écrire sur les costumes que Rio nous fout sous les yeux depuis qu’on est passés sur la rue et je regrette presque de m’être fiée sur Ben pour accumuler des images de ce soir et de ne pas avoir traîné mon appareil photo à la place. Les lecteurs de mon blogue risquent d’adorer voir ce que le carnaval a dans le ventre côté lookbook et outfit of the day. Je sens la poigne de mon pote se resserrer avant d’entendre la voix de Leo derrière nous et je fais volte-face, accueillant le blondinet avec un grand sourire – résultat des quelques joints et des bières que Ben et moi avons partagés sur la plage avant de passer en mode festif.

« Z’avez vu le gars qui a un masque en rubis? 10 millions qu’ils disent. C’est insane! » Leo contemple le truc, pensant lui-même à changer de carrière et à passer de guide en montagne à collectionneur de pierres précieuses avant qu’une nouvelle poussée nous sépare de plus belle. « Parker!!! » Benjamin éclate de rire et semble connaître un grand brun qu’il ramène à lui avant de le prendre dans ses bras. « Man, really?! » Je m’approche d’eux, curieuse de voir qui empêche mon pote de jeter le dévolu de sa caméra sur l’autre dude qui avale des cimeterres à deux mètres de nous pour finalement remarquer l’accoutrement du dit Parker. Un pagne constitué de plumes noires et rouges. Et un string bien apparent en garniture. D’où Ben le connaît hen? Ça, ça promet d’être marrant.  « Cherche pas, c’est un pari que j’ai perdu avec Sloan. » Il se déhanche, Benjamin rigole, la supposée Sloan débarque parmi nous et Leo se présente de suite. Moi, je suis occupée à replacer mes ailes dorées et mon costume de chat mixé avec un bikini tissé qui ont la vie dure depuis qu’on se stoppe aux quinze minutes.

« Rhum? » que je propose à Parker, lui tendant la bouteille. Benji venait tout juste de me le présenter vite fait, avant de partir en mission tacos.

« You love secrets. You want to marry secrets and have little half-secret, half-human babies.»

Deklan. De sentir ses yeux sur moi, ses mains sur mes hanches, ses lèvres sur les miennes, c’était devenu une nécessité. J’ignorais si c’était parce que l’alcool me montait à la tête, parce que je l’imaginais encore prisonnier au milieu des poitrines généreuses de ses nouvelles groupies attitrées, parce que le gars du son m’avait semblé être le pire dragueur du monde et que je me surprenais à ne plus voir l’intérêt d’aller flirter ailleurs ou juste parce qu’après notre discussion sur la plage il y avait déjà trop longtemps, j’avais presque cru le perdre. À nouveau. Je savais que la première fois, ça avait été ma faute du début à la fin. Ça c’était ok, j’avais pigé, j’assumais. Mais depuis Noël, j’avais tellement tout fait pour ne pas retomber que maintenant, je voyais l’étendue de la gaffe. J’étais amoureuse de lui. Profondément. Et pas juste comme on l’est, comme on le reste toujours un peu de son premier crush d’adolescente, non. J’étais folle de lui de toutes les façons possibles, assez pour recommencer à mentir à sa sœur, assez pour mettre des efforts surhumains pour le faire entrer dans ma vie et l’y garder malgré les secrets, malgré les doutes, malgré ma peur. Ça me rendait instable. Craintive. Et dangereusement attirée par lui. Plus encore que je ne l’avais jamais été. Si au moins ça pouvait arrêter d’être compliqué, si on pouvait enfin commencer à penser à un avenir, tous les deux, et pas juste secret et aléatoire selon nos dispos, probablement que je reprendrais un souffle normal en sa présence. Ou en celle d’Ash. Mais fallait pas trop en demander de toute façon. Ce soir, c’était sa soirée. Sa célébration. Sa victoire. Et il en faisait ce qu’il voulait, parce que merde, il l’avait vraiment méritée. Pas pour rien qu’on nous avait coupé lorsque ça commençait à être sérieux. Y’avait quelqu’un au-dessus de nous qui savait qu’on aurait besoin de toutes nos forces et de toute notre tête pour entamer la discussion qui allait suivre. Celle qui allait tout confirmer, ou alors, tout arrêter. « Really ? Tu me chantes VOTRE chanson ? » J’haussai le sourcil, amusée par le ton faussement irrité du gallois. C’était pas comme s’il l’entendait pour la première fois. « À défaut d’avoir trouvé ma Monaghan préférée je fais avec ce que j’ai. Tu es gentil, tu lui passeras le message? » Pleine de sarcasme, je laissai son visage se blottir dans mon cou, caressant ses cheveux du bout des doigts. Je me demandai s’il remarquerait que mon t-shirt empestait la bière pour en avoir renversé sur moi plus tôt dans ma plus grande maladresse, ou s’il passerait. Aucun commentaire, bien. Mon taux d’alcoolémie était presque inaperçu si on ne remarquait pas la couleur de mes joues. Je mettrais ça sur l’effet qu’il me faisait, au pire. Au mieux. « Et si on faisait encore un brin d'effort de sociabilité avant de les lâcher ? De foutre le camp ? Juste toi et moi. » J’ignore s’il sentit que je me détendais de suite, que je souriais aussi. Beaucoup. Tellement, que j’eus envie de lui demander si par sociabilité il entendait séance d’autographes, mais je me retins. « Deal. On a une heure pour parler au plus de gens possible. Et après, on file. J’te paie le premier round de tacos. » Son front appuyé contre le mien, j’effleurai ses lèvres, rêvant déjà à notre moment à deux. Demain, on parlerait des choses sérieuses. Ou maintenant, à l’entendre. « Il me semble qu'on n'a pas terminé notre conversation...Tu sais... LA conversation. Nous deux, tout ça... » Mince. Il lisait dans les pensées maintenant? Ou tout comme moi, il en avait marre qu’on tourne autour du pot et il voulait qu’on statut, de suite? J’étais soulagée, effrayée un brin, mais contente qu’on ne joue plus aux gamins apeurés et qu’on ait le moindrement assez de respect l’un pour l’autre pour se lancer. « Je demande que ça… » que je soufflai, les bras autour de sa nuque. Il se pencha pour m’embrasser et je répondis avec envie, me pressant contre lui, me disant qu’au final ça s’arrangerait. Tout s’arrangerait. Qu’on s’aimait assez pour que ça vaille la peine, et pour que ça se termine bien. Justement. « Deklan… je… je t’aime. » première fois que je prononçais ces mots-là depuis notre second départ. Et j’avais fait attention d’y aller dans la douceur, entre les baisers passionnés qu’il me donnait et mon envie de lancer ça à froid, comme je le sentais. Il s’immobilisa un instant, je remarquai même un bref sourire se dessiner sur ses lèvres. Si seulement…

Ashleigh. Be careful what you wish for. Y’a 10 minutes à peine je rêvassais d’un jour où je n’aurais pas à choisir entre les deux Monaghan. Où Ashleigh serait au courant de ce qui se tramait avec Deklan, et aurait miraculeusement bien digéré la chose. La moitié de ma demande venait de se réaliser directement sous mes yeux – à savoir que la blonde venait de tout découvrir – mais pour ce qui était de la suite, ça me semblait tout du moins très loin de l’idéal rose à paillettes que je m’imaginais depuis mes 15 ans. « HOLY SHIT ! » Je me figeai, ma vision embuée par l’alcool se clarifiant net et mes pommettes rosies prenant maintenant une couleur bien blanche. Ash détailla Deklan avec rage, avant de tourner la tête dans ma direction. Et ce que je vis me scia en deux. Elle me fixait avec un mélange de haine et de déception. Je l’avais trahie. « Vous vous foutez de ma gueule, là, non ?! » J'étais incapable de dire un mot, interdite. Je vis Deklan s’avancer, tenter de calmer la donne, et je savais que j’étais plus que nulle de le laisser faire tout le sale boulot. Je voulais aider, je voulais prendre le blâme aussi, je voulais pas le laisser seul là-dedans, mais Ashleigh était dans un état que je n’avais encore jamais vu et pour être franche, j’étais terrorisée. Terrifiée à l’idée que là, je la perdrais de nouveau. Par ma faute, encore. « Ash… » ma voix enrouée reprenait du service, et j’ignorai la main de Deklan qui me repoussait loin de sa sœur pour éviter le pire alors que j’esquissais un pas dans leur direction. « On va… je vais t’expliquer. Je suis désolée… » Mes excuses sonnaient faux, tellement faux. Je m’excusais pour quoi au final? Pour être tombée amoureuse de son grand frère? Pour lui avoir menti toute ces années? Pour qu’elle nous ait surpris plus tôt que j’ai mis mes couilles de service et lui ait moi-même dévoilé la vérité? Deklan semblait vraiment tenir au fait que je ne m’approche pas de la galloise, mais la bière ingérée me donnait des forces quasi inespérées, qui me permirent de retirer quelques centimètres supplémentaires entre elle et moi. J’allais le faire. J’allais tout lui dire.

« Orpheus melted the heart of Persephone, but I never had yours. I followed you back to the end of the path, but I never found the door. »
Je venais encore de recevoir un panier-cadeau de vernis à ongles à tester. Un truc de dingue, rempli à rebord, avec un dossier de presse m’informant des vertus oh-so étonnantes de ces petits tubes de couleurs. Rien qu’à voir ce qu’on y avait écrit, on aurait pu croire que ces dits vernis suffiraient à eux seuls à construire des navettes spatiales et à faire le tour du globe en 90 secondes.

« Va rejoindre tes potes. » que j’avais dit au panier-cadeau, amusée, en le glissant dans ma vanité à côté de 10 échantillons du même savon pour la douche, de 14 boîtes de teinture blonde de tous les camaïeux qui me narguaient par tant de choix  & d’une variété impressionnante de masques pour le visage, pour le corps, pour les cheveux, pour les pieds, pour les jambes, pour les orteils… tous des trucs que j’avais reçus la veille.

Le facteur connaissait mon adresse par cœur, pour y livrer plusieurs fois par jour produits de beauté, vêtements et accessoires mode desquels on me gavait depuis les 5 dernières années. Je n’avais absolument rien à me plaindre, au final, puisque tout ce qui se trouvait dans mon placard et dans ma salle de bain m’avait été gracieusement donné. Ouais, il fallait que j’en fasse mention à un moment ou un autre à travers les mille et un articles que je rédigeais à chaque semaine, mais je ne connaissait pas une fille dans mon entourage, sauf peut-être Ash, qui n’aurait pas rêvé recevoir cosmétiques et robes de soirée par la poste, toutes dépenses payées.

L’ironie là-dedans, c’était que j’arrivais à peine à mettre autre chose qu’un vieux pot de moutarde et une salade défraichie dans notre frigo, à Jaime et moi. Je passais le plus clair de mon temps aux meilleurs sièges des fashion weeks, je lunchais dans des restos hors de prix pour assister à des lancements haute couture et je prenais l’avion plusieurs fois par année pour aller rejoindre d’autres blogueuses à des événements mode impossiblement VIP. Mais mon paiement d’appart était toujours en retard, je payais encore mes dettes de voyage et d’université, et ma voiture inventait de nouveaux bruits douteux à chaque semaine. À l’aube de mes trente ans, je cumulais les boulots et les passe-temps pour oublier que ma carte de crédit chauffait un peu plus chaque jour.

La mode, un monde d’apparences qu’ils disent.

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