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(Charlie) ◈ The Snake's Venom
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Alan R. Wzyciski
Alan R. Wzyciski
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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyMer 4 Fév - 18:14

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Depuis le nouvel an, les choses s’étaient toutes écroulées comme le plus fragile de tous les châteaux de cartes autour d’Alan. Ce qui n’aurait dû être vécu et perçu, autant que compris, comme la plus simple de toutes les choses devint la plus grande des péripéties dramatiquement théâtrales ; il avait refusé de comprendre, refusé d’accepter ou même de concevoir que ce fut possible. Le plus simple des refus avait pris la forme d’un spectre menaçant et au fur et à mesure de cette agitation silencieuse, il avait été brisé. Fragilisé depuis six ans par la perte d’Alex, il ne s’en était jamais remis, malgré toutes ces apparences de bonheur et de bien-être qu’il se donnait depuis si longtemps. Il vivait au travers d’un mensonge honteux, et il n’en pouvait plus ; il était fatigué. Epuisé. Et à force de tout cacher et de tout enfouir en lui, il finirait par craquer. Mais il ne s’imaginait certainement pas que ce serait aussi rapide. Et comme la plus fragile de toutes les brindilles, il céda sous le poids de sa tristesse et de son infini désespoir. Lui qui avait si longtemps prétendu être libre et débarrassé de tout ça. Il aurait en vérité tout donné pour être solide ; pour ne pas pouvoir se laisser abattre par ce passé trop lourd et trop douloureux. Comme ses proches ; comme Charlie, il aurait voulu ne garder aucune séquelle de ces mauvais souvenirs et comme Sawyer il aurait voulu être solide et résistant. Mais il n’était ni l’un ni l’autre, il était Alan. Et cet Alan, peu importe le masque qu’il décidait de porter, était le même. Un jeune homme trop aimant, trop sensible et trop fragile. Un esclave de ses sentiments, à la merci d’un chagrin inconsolable et éternel. Fragilisé, il s’était répété le même schéma accusateur de la culpabilité qu’il connaissait si bien, et il avait décrété être seul fautif de sa peine, seul responsable de l’acharnement de son souvenir douloureux. Seul responsable de l’écho d’Alex qui continuait de hanter ses pensées après tant d’années. Il n’était à l’abri de rien, et tout avait perdu sa valeur et son sens à ses yeux.

Il n’avait trouvé aucune solution, ni le moindre moyen pour calmer ses cauchemars et ces interminables horribles sensations. Depuis ce jour-là, il avait l’impression d’avoir tout échoué, et il ne trouvait pas de moyens de s’assurer du contraire, c’était chaque fois si difficile qu’il ne parvenait qu’à voir le mauvais côté des choses, il ne voyait plus rien d’autre que la terrible noirceur de la réalité. Cet aspect trop terne, fade et sans saveur, tout était pareil. Il n’y avait rien qui valait vraiment la peine de se forcer à continuer, à persévérer. Il avait beau vouloir s’en sortir et ne pas sombrer une nouvelle fois dans les méandres les plus bas avec lesquelles il avait déjà flirté pour finalement se retrouver avec un bras emplâtré, mais depuis le nouvel an, tout s’était écroulé. Les jours et les nuits se répétaient sans cesse, toujours avec la même interminable lenteur, et comme s’il n’y avait plus rien d’intéressant dans tout ce qui l’avait autrefois intéressé. Il avait arrêté de maintenir une présence raisonnable à l’université, de la même façon que sa vie sociale s’était retrouvée réduite au strict minimum. Il était devenu un fantôme, et personne ne semblait s’y intéresser plus que ça. Il était seul, et s’en rendait compte finalement. Même Charlie semblait plus distant que d’habitude, dans le peu de conversations qu’ils arrivaient parfois à avoir ces quelques jours, mais Alan était fautif. Du moins, c’est ce qu’il se répétait à tout va. C’était sa faute si ses amis ne lui parlaient plus, c’était sa faute s’il était désormais seul. Et c’était sa faute si le monde tout entier s’était ligué contre lui. Enfermé de plus en plus dans sa vieille chambre, chez ses parents, il sombrait un peu plus à chaque fois, mimant le confort et le bonheur d’être en sécurité auprès d’eux ; il était devenu maître dans le mensonge et se murait dans celui-ci un peu plus à chaque fois. Sortant aux heures les plus farfelues, devenu presque noctambule. Et parfois, il ne rentrait pas. Prétextant rester chez quelqu’un d’autre, ce qui n’était techniquement pas faux ; mais c’était tout sauf agréable. Il se murait dans la déviance.

Si agréable et si nocive à la fois, il se noyait dans la fumée et l’alcool autant que dans d’horribles substances malsaines, c’était devenu une routine tant ça n’avait plus rien que le statut d’anecdote dans ses journées ; souvent inhalé, quelques fois injecté, il était encore suffisamment maître de lui-même pour ne pas sombrer dans un état immonde de loque, mais pas assez pour s’en détacher et il frôlait de plus en plus cette limite qui deviendrait bientôt un mur infranchissable derrière lequel il serait prisonnier. Il avait pourtant réussi, depuis le début de la semaine, à ne pas en reprendre, mais le manque était trop important, il lui rongeait les entrailles et il fut plusieurs fois sur le point de craquer et d’assouvir son envie. Alors, il avait eu besoin de trouver un objet de substitution. Tabac et alcool ne suffisaient pas ; et le manque s’installait de plus en plus, comme un fardeau insupportable et horrible, il pliait Alan et le fit considérer quelque chose qu’il n’avait jamais imaginé possible. Plus depuis qu’il avait retrouvé Sawyer. Il s’était enfermé dans ce désir unique, et n’avait jamais cherché à convoiter quelqu’un d’autre depuis. Naïvement persuadé que c’était nécessaire, et sûrement que Sawyer faisait de même, peu importe si c’était vrai ou non. Il se sentait déjà suffisamment coupable pour ne pas aggraver les choses une fois de plus, ce qu’il était persuadé de faire constamment. Mais ses principes n’avaient plus de valeur, il avait besoin de trouver quelque chose qui pallierait à ce manque insoutenable qui lui rongeait l’intérieur, comme la plus vorace de toutes les bêtes. Il s’était donc convaincu de vadrouiller charnellement, autant qu’il avait accentué ses vices depuis le nouvel an. Ce n’était plus la première fois, ce soir, qu’il errait d’un bar à l’autre pour trouver quelqu’un avec qui ses nécessités seraient accomplies, pas plus que ce n’était la première fois ce soir qu’il finirait sûrement plus ivre que jamais et qu’il s’endormirait dans une flaque immonde de son propre vomi, c’était devenu une habitude. Il sortait, buvait, souvent à outrance et recommençait la même chose le jour suivant. Plus rien n’avait d’intérêt et plus rien ne semblait avoir de sens, il voulait faire taire le regret et le désespoir qui s’étaient emparés de lui.

Alors, sans vraiment y prêter attention, il avait retrouvé ce soir le chemin de l’Hinano où ses chagrins avaient pris forme et l’avaient forcé à s’enfermer dans ce marasme inconscient de terreur et d’erreurs. Encore largement présentable, on ne distinguait que d’horribles cernes sous ses yeux et un visage plus pâle que jamais, il n’avait pas encore atteint un stade de déchéance tel qu’on n’aurait plus été capable de le reconnaître, mais le laisser-aller était clair et de plus en plus visible, il dormait moins, tremblait presque trop et avait l’air de grelotter à tout instant. Il était recroquevillé à une table, dans un coin, presque penché devant son verre, comme s’il cherchait à se cacher derrière, la mine blafarde et l’air absent. Il rêvassait éveillé, sous ce vacarme ambiant. La tête ailleurs, il fouilla brièvement dans ses poches à la recherche de quelque chose qui semblait incroyablement important, il avait emporté avec lui un minuscule sachet en plastique couvert de traces de doigts et au contenu douteux, des restes minuscules aux allures de cailloux brunâtres. Tremblant, Alan avait regardé le sachet d’héroïne avec beaucoup d’envie, si bien qu’il s’en était mordu la lèvre et l’avait ouvert avec discrétion, dans son coin où personne ne pouvait le voir pour en laisser tomber les minuscules morceaux sur sa table. D’un geste trop rapide de la main, il fit glisser l’un des fins morceaux sur le côté et ne se rendit compte qu’il avait disparu par terre que beaucoup trop tard, ce qui entraîna une panique muette dans laquelle il s’était mis à respirer avec intensité tandis qu’il fouillait tout autour de lui, dans ses poches et partout sur la table. Il ne retrouvait pas son précieux morceau de drogue, si bien qu’il commença à sangloter, la tête prise dans les mains, les doigts serrés entre ses cheveux, si fort qu’il aurait presque eut l’air d’être sur le point de se les arracher de rage, ou de chagrin. Incapable de retrouver son calme, il sifflait des injures et des plaintes terribles en tremblant de peur contre sa table et son verre à moitié vide, pour seule et insuffisante consolation ce morceau minuscule d’héroïne qui trainait encore sur sa table. La respiration haletante, il desserra ses mains de son crâne et l’attrapa avec faiblesse, désespoir et tout un tumulte d’horribles émotions qu’il n’appréciait pas, qu’il voulait faire taire à tout prix. Tandis que dans son crâne il entendait les mots d’Alex, de Sawyer et de tous ceux qui lui avaient promis qu’ils seraient toujours là pour lui, il écrasa le morceau d’héroïne friable et sale en une fine poudre qu’il inhala avec rapidité et un besoin insatiable, le temps de calmer son envie, le temps de trouver quelque chose qui assouvirait ce manque d’une meilleure façon. Le temps d’oublier cette nouvelle dépendance. Et aussi solitaire et isolé qu’il croyait être dans son coin, il n’était pas si seul que ça.


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Charlie B.-Taylor
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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyMer 4 Fév - 22:18

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Je ris, mon corps se cambre légèrement, puis me repositionne pour mieux me pencher sur mon camarade qui m'a servi la blague douteuse, mais ça m'a fait rire. Je réponds finement à la plaisanterie, saisit d'une poigne convaincue le minuscule verre rempli de vodka qui traine devant moi parmi les autres qui sont vides. J'ai envie de rire parce que c'est bon pour la santé, même si j'ai presque le sentiment que je vais me rompre le cou s'il tente de m'amuser à nouveau. Je connais le type depuis ce soir seulement et déjà, je l'aime bien. Il faut dire qu'à cette heure, un jour de semaine merdique après une journée encore plus chieuse, je ne suis pas bien difficile. Je ne supporte pas la solitude, j'en ai eu mon lot plus jeune et maintenant, je rattrape la merde que j'ai vécu par de l'explosif pure pointe à toute seconde du jour et de la nuit. Encore faut-il que je satisfasse le besoins primaires, dormir inclus, sinon je serais toujours en train de déconner à droite et à gauche. L'alcool accentue la frénésie d'ailleurs, ce verre-là mais les trois quatre précédents aussi. Il est bien heureux que je le tienne si aisément, mais j'aurais préféré faire partie de cette catégorie de mecs à qui l'alcool ne va pas et donc, qui ne dépense pas une fortune rien que pour éprouver la douce folie de l'ivresse. Bon point pour moi, tout de même, je ne suis jamais malade et je n'ai jamais pris de honte dramatique à vomir sur tout et tout le monde, j'ai quand même plus d'orgueil que ça. En quelque sorte, j'ai conscience de mes limites et je n'ai pas de plaisir à les dépasser, seulement à flirter avec elles et à les soumettre à mes désirs de toute sorte. C'est comme faire du sport, je flotte sur un nuage d'adrénaline et je parle trop fort quoi que c'est bien la seule façon de se faire entendre en ce genre d'endroit à cette heure, avec cette foule éparpillée dans tous les recoins. Ce genre d'endroit permet d'exorciser toute la merde accumulée à l'intérieur de soi. Quand on jette un oeil, on se rend bien compte que tout le monde exagère d'une manière ou d'une autre. Il y a ceux qui dansent comme des arriérés malgré le peu d'espace destiné à cette fin ou encore malgré un partenaire qui n'en a pas une miette d'envie, il y a ceux qui ont trop bu et qui sont sur le point de nécessiter l'ambulance, ceux qui sont en chaleur et qui feront des pieds et des mains pour ne pas quitter seul... Puis tous les autres, c'est seulement que la soirée est encore trop jeune, personne n'est ici par hasard. Il y a les cafés ou les restaurants pour les gens qui vont bien et il y a le Hinano pour les autres. À moins d'être comme moi, de ne pas aller spécialement mal, mais de m'emmerder royalement et d'avoir cette espèce de rage au ventre perpétuelle à canaliser quelque part. Sortir seul ne me dérange pas le moindre du monde, je finis toujours par me trouver des copains d'occasion. La ville est grande et suffisamment peuplée pour satisfaire les insatiables animaux sociaux tel que moi.

Alors que mon ami du jour se lance dans la narration d'une nouvelle épopée comique, mon attention se détache légèrement pour vaguer à l'observation du reste du monde présent dans le bar. Lorsque j'aperçois sa tête, et c'est une sale tête qu'il a ce soir, je reste figé et songeur, laissant les paroles de mon vis-à-vis couler dans le vide en hochant la tête frénétiquement à la fois au ryrhme de ses propos devenus incohérents maintenant que je ne les reçois plus au vol, à la fois à celui de la musique trop forte. J'ai toujours cette espèce d'obsession de regarder autour de moi, histoire de voir si je ne rencontrerais pas des têtes connues avec lesquelles j'aurais plus envie de partager la soirée ou alors, avec qui me prendre la tête. On m'a cherché avec les poings une fois en ces lieux et s'il fallait que je croise sa tête d'enfoiré, j'aurais envie d'aller lui rendre la monnaie de sa pièce en un temps, trois mouvements. Mais ce n'est pas Sawyer qui apparait au milieu de tout ce beau monde, c'est Alan en personne. Je ne quitte mon siège au comptoir, je le suis simplement du regard et remarque qu'il s'isole dans un coin où je ne peux le voir qu'à moitié. Que fiche-t-il, enfin ? Alan a ces passes, ces moments de déprimes plus noir que le trou du cul du monde, mais ce n'est pas son style de rester seul, encore moins dans un bar. Je me souviens combien je suis fâché contre lui pour ce qu'il n'a pas fait, et pire encore pour tout ce qu'il me fait ressentir malgré moi. Je plisse les yeux, embêté de ne pas voir ce qu'il fabrique, et me sens soudainement bien emmerdé par la musique qui hurle dans les hauts-parleurs, songeant que ma vue se voit limitée par mon ouïe qui est complètement grillée. Tout est lié dans la vie, on n'y échappe pas.

Je me tourne vers le type qui attend vraisemblablement une réaction de ma part et je lui sers un large sourire, suivi d'une tape amicale sur l'épaule avec deux trois mots sur le pourquoi du comment je dois aller faire un truc. Tant pis pour lui pour le manque de précision, ce n'est pas vraiment un copain de toute façon, il saura se remettre du fait que je n'ai pas ri du dernier truc qu'il a raconté avec bien de l'effort. Je me fraye donc un chemin au travers des gens et des tables pour aller rejoindre Alan sans détour. Une fois à sa hauteur, je reste à le regarder. Merde, qu'est-ce qu'il peut être con. Faire ça, ici, devant tout le monde. J'ai envie de lui crier après, de le cingler de reproches méchants parce que... je suis en colère contre lui. Pourtant je n'en fais rien, réalisant que ça lui prend deux, trois éternités pour se rendre compte de ma présence. Je pince les lèvres, je bouille de l'intérieur et je cherche surtout à comprendre dans quel état il est.

« Alan ! Ma voix déchire le chaos sonore déjà présent, le tirant de sa bulle parce que franchement, je vais pas rester trois planques debout comme ça à attendre qu'il me regarde. « Tu fous quoi, là ? » Mes yeux parlent à ma place et durement. Je suis saoul, mais ça passe encore, je sais me contrôler, on dirait même que l'ivresse s'est envolée net quand je me suis rendu compte qu'il était dramatiquement temps de faire intervention auprès d'Alan. Je m'étais dit que je ne lui parlerais pas à moins d'y être obligé, que je n'allais pas jouer au petit chien pour l'éternité même s'il m'a chicoté de lui dire les trente vérités ces derniers temps. Je me suis occupé à autre chose, songeant que j'aurais bien le loisir de discuter avec Alan quand je serais plus calme. Après tout, je n'aime pas engueuler les autres et encore moins me disputer. Je suis doué pour le faire, mais ça ne me plait pas. Je me rends compte, à le regarder comme s'il était en train d'enterrer un cadavre, que je ressens surtout de l'inquiétude. Les cernes sous ses yeux, puis la brillance dans ceux-ci qui n'indiquent rien de bon, le teint dramatiquement trop pâle... Rien ne va, on dirait. J'attends tout de même des explications, un signe au moins de sa part qu'il a bien vu que j'étais là. Je baisse les yeux sur la poudre qui reste sur la table, par terre. Je soupire profondément et bruyamment. Je n'aime pas cette cochonnerie, pas du tout. Je ne suis pas vraiment du genre paternaliste, je me conduis à peine en adulte moi-même, mais il y a de fichues limites. « Merde, on dirait que tu t'es fait passé dessus par un camion au moins vingt huit fois aujourd'hui, tu devrais être chez toi et dormir ! »


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Alan R. Wzyciski
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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyJeu 5 Fév - 15:28

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Inspirant bruyamment comme si sa vie en dépendait, il n’en avait pourtant pas assez pour ressentir la moindre différence ou les moindres effets apparaître, il en avait tellement besoin. C’était devenu la chose la plus importante dans sa vie, il n’y avait plus que ça qui comptait. Et il savait que s’il n’arrivait pas à trouver quelque chose qui accentuerait tout cela ou qui servirait de substitut il allait faire une idiotie. Il n’y en avait pas assez, il avait besoin de retrouver l’autre morceau, de récupérer tout ce qu’il pouvait pour que ça puisse servir à quelque chose, mais c’était trop tard. Il s’était alors contenté de récupérer ce qui restait sur la table, et de l’accueillir dans le creux de sa main, ça serait suffisant ; ça devait l’être. Mais tandis qu’il entassait la poudre brunâtre dans sa paume, il fut arraché à son exercice malsain et à son illusion de solitude par une voix qui l’appela. En temps normal, il l’aurait reconnue, cette voix, mais il était trop dépendant, trop à moitié ivre et trop concentré dans son vice pour avoir conscience de tout cela, il commençait à avoir froid, plus froid qu’avant, et l’héroïne ne suffisait pas. Mais en plissant les yeux, il parvint tout de même à reconnaître Charlie. Ses sourcils se haussèrent d’étonnement, suffisamment pour qu’il entrouvre la bouche, comme s’il était choqué de le revoir. « Charlie… » Avait-il laissé échapper dans un souffle presque murmuré. Bien sûr, il était heureux de le voir, mais la situation n’était pas propice au bonheur. Et naïvement, il s’était imaginé qu’il n’avait rien vu et avait donc rapidement fait disparaître les restes de poudre de la table d’un geste de la main qu’il regretterait plus tard. Qu’il regrettait déjà, puisqu’il jetait des regards pathétiques et quémandeurs vers le sol sale. Il n’avait plus de décence et s’il s’était retrouvé bien seul, il n’aurait pas hésité à se jeter par terre pour en lécher les morceaux de drogues écrasées qui parsemaient maintenant un petit espace. Sans gêne, sans honte et sans la moindre idée de quoi répondre, il se redressa sur son siège puis haussa un instant les épaules avant de poser son regard cerné sur Charlie et lui répondit « Bah… Comme toi… Je, euh, je viens m’détendre, m’amuser… Tout ça quoi. » Sifflait-il dans le moins crédible de tous les mensonges qui ait pu exister.

Se rongeant les ongles pour essayer de garder son calme et de ne pas céder à la tentation qui lui hurle de se jeter par terre et de récupérer tout ce qu’il vient de perdre, il lançait de brefs regards sur les côtés, ailleurs, devant lui, se détachant souvent de Charlie, comme s’il cherchait quelqu’un du regard, peut-être un dealer, peut-être quelqu’un qui en possèderait aussi et à qui il pourrait la voler. Mais rien, et reposant maladroitement ce visage blanchâtre et cerné sur le garçon, il marmonna dans un bégaiement avant de réussir à le dire correctement « Et-et toi, qu’est-ce que tu fais là ? » Essayant d’avoir l’air en bonne santé, de bonne humeur ou même d’aller bien. Il ne voulait pas qu’on s’inquiète pour lui, il voulait gérer tout cela tout seul, sans personne pour lui dire à quel point c’était dangereux, il en avait pleinement conscience, mais ce n’était pas par plaisir qu’il avait décidé de faire tout ça, c’était par nécessité. Pour faire taire ses cauchemars, pour aller bien, pour oublier un peu toutes les horreurs qui s’étaient enchainées dans sa tête depuis tant de temps. Puis, la remarque de Charlie vint se heurter sur ce corps devenu frêle et fragile, il plissa un instant les yeux, avant de baisser la tête vers son torse, comme s’il avait pris la remarque littéralement. Les effets devaient sans doute commencer à apparaître, avant de poser un coude sur la table et d’y appuyer sa tête, la main contre la joue. « Moi ? Non ! Non, tout va bien… Pourquoi tu dis ça ? Je vais bien. » Disait-il en détournant le regard, pour cacher son mensonge évident, même si ça ne changeait rien. « Je suis pas fatigué du tout. J’ai pas besoin de dormir, t’inquiètes pas pour moi. » Avait-il ensuite continué, en se redressant et en attrapant son verre pour en boire une autre gorgée. Il fallait qu’il trouve quelque chose, il commençait à manquer d’idées et rien ne semblait suffire pour faire taire ce manque qui faisait gronder son estomac bruyamment.

Une inspiration gênante, puis une autre, et un silence assez embarrassant s’était installé, Alan mentait c’était évident. Et qui plus est à son meilleur ami, celui avec qui il était le plus proche de tous. Personne d’autre que Charlie n’avait ce statut dans les cercles sociaux du jeune homme et pourtant, à cause de ces saloperies qui s’accumulaient dans sa vie, il lui parlait comme à un une simple connaissance, il lui mentait comme si c’était ordinaire, comme si c’était naturel. Et au fond, il s’en rendait compte, mais l’envie l’avait surpassé, il ne pouvait plus se contrôler et il voulait garder secret ses vices, comme s’il était persuadé qu’il devrait les partager si jamais il en parlait. Une chaleur maladroite s’était installée dans le creux de ses reins, et il avait l’impression qu’on lui perçait la tempe avec un clou, il avait mal au crâne, le bruit qui les entourait était rapidement devenu trop insupportable, il était nocif, violent et virulent. Pendant un instant, Alan serra les poings sous la table, et la mâchoire comme pour supporter la violence sonore qui l’entourait. Il peinait de plus en plus à garder son calme et à ne pas céder, alors, il fallait bien qu’il trouve quelque chose. Et puisque Charlie était là, il fallait qu’il le lui dise. « Tu m’as manqué. » Avait-il soufflé avant de sourire maladroitement, il parlait cette fois-ci beaucoup plus sincèrement. « J’suis désolé pour la dernière fois… Avec Sawyer. » Baissant la tête pour fuir un regard qui allait sûrement se vouloir mauvais, colérique ou quelque chose du genre, il continua ensuite « C’est de ma faute, il est… C’est… Compliqué. En tout cas, j’aurai pas dû le laisser faire. Il avait aucun droit de te frapper. » Reprenant un centième de courage, il avait osé relever la tête et observer Charlie. La gorge serrée et l’estomac noué, il ne se sentait pas bien, acculé par le poids de la culpabilité et du chagrin et de cette nouvelle dépendance, il était en mauvaise posture pour admettre ses torts ou pour se battre avec qui que ce soit, verbalement ou physiquement. Il ne voulait pas subir la colère de Charlie et espérait juste qu’il accepterait ces rapides et minables excuses qui n’en valaient pas la peine.



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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyVen 6 Fév - 19:52

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Toute la merde qui sort de la bouche d'Alan me laisse vraiment perplexe. De coutume, me faire mentir aussi allégrement m'aurait immédiatement sorti de mes gonds parce que je ne supporte pas de me faire prendre pour un parfait imbécile, mais sur ce coup, je n'ai ni envie de lui hurler par la tête ni de le brasser dans tous les sens jusqu'à ce qu'il réalise l'injure qu'il me fait à ne pas avoir la décence de l'honnêteté. Je le regarde bafouiller, jeter au sol d'un revers de main les restes de sa cochonnerie, et j'ai le visage soudainement moins dur. Je suis exaspéré, voilà, non plus en colère. Il n'y a personne qui s'amuse ce soir, en tout cas moi j'ai perdu toute envie de le faire à présent. Je le laisse parler sans l'interrompre, je ne me donne même pas la peine de répondre aux questions qu'il pose parce qu'elles n'en sont pas vraiment, la preuve il continue de s'enfoncer dans ses mensonges sans attendre mes réponses, sans chercher à les obtenir non plus. Je n'ai besoin de rien faire pour qu'il se sente coupable, ainsi viennent les excuses. Quand il dit que je lui ai manqué, mon corps se détend instantanément. Il m'a manqué aussi, il ne peut pas même savoir à quel point. Je prends donc place enfin à la table en face de lui, en ayant marre de cette position d'autorité que le fait d'être debout, en plus de mes reproches sur son état, semblait être. Je m'affale sur la chaise, l'observant en train de poursuivre. Il n'y a vraisemblablement pas que ça qu'il aurait dû faire autrement. J'ai bien l'impression qu'Alan a fait l’entièreté des mauvais choix possibles ces derniers temps. Si nous nous étions croisés en d'autres circonstances, j'aurais volontiers abordé le sujet de l'autre imbécile qui s'est permis de m'en mettre une, et l'inertie dont Alan a fait preuve vis-à-vis de cela, mais ce n'est pas ce qui m'intéresse le plus en ce moment. Je ne sais pas exactement ce qui me motive, ce pourrait être l'inquiétude de voir l'état pitoyable d'Alan ou la colère de la façon qu'il a d'agir avec moi. Ces dernières semaines à s'ignorer ne m'ont pas seulement mis en rogne contre lui, elles m'ont fait du mal. Je suis un type fier, mais j'ai des émotions comme tout le monde. Il sait trop bien ce que je ressens à son égard, alors la façon dont il s'en fout commence à m'irriter jusqu'au plus profond.

Sans réfléchir, je le regarde d'un air bourré de défi. « T'en a d'autre, on se fait une ligne ? », je demande mi-sarcastique, mi-sérieux. J'ai du mal à contenir mes émotions et celles-ci se donnent en un incroyable feu d'artifice intérieur. J'ai bien vu l'héroïne, rien au monde de ce qu'il pourra dire ne me convaincra que mes yeux m'ont trompé. J'ai bien l'intention de lui faire comprendre qu'il ne peut tout simplement pas me mener en bateau comme il vient tout juste d'essayer de le faire. J'ai beau ne pas aimer consommer, en matière de drogues, je ne vais pas le laisser se faire du tort tout seul dans son coin. Je suis là pour lui, qu'est-ce qu'il n'a pas compris là-dedans ? Tout compte fait, je crois que je suis vraiment vexé qu'il soit venu ici sans même penser m'avertir. C'est un endroit où nous avons passé tellement de temps ensemble. Je lui en veux, je ne peux pas effacer complètement cela, mais je me rends bien compte qu'il n'est pas en contrôle de sa propre personne. Je ne suis pas particulièrement doué pour m'occuper des gens qui sont au plus bas, ça m'effraie. « Alan, tu m'as manqué aussi. » J'appuie sur chacun des mots involontairement, parce que c'est exactement ce que je ressens et ce manque, je le vis depuis des jours en faisant des pieds et des mains pour ne pas rétablir le contact avec lui. Je me sens froid et mal à l'aise, cela se transmet assurément jusqu'à lui. C'est pour cette raison que je n'ai pas envie de rester silencieux, qu'il me faut absolument parler maintenant que lui a cessé de le faire. « Laisse tomber ces conneries, j'ai pas envie de parler de ton connard de copain. » J'ai beau vouloir être gentil, avoir sincèrement de la considération pour lui et l'envie profonde de l'aider comme je peux, je ne supporterai pas qu'il braille au sujet de Sawyer. Ça me rend jaloux, ça me déchire de l'intérieur et je ne veux pas ressentir ces choses. D'ailleurs, il me faut tout un effort pour répondre cela, pour ne pas commencer à m'énerver et à l'envahir de question au sujet de l'autre. Est-il vraiment seulement son ami ? Quand je l'ai vu, j'ai bien remarqué combien il s'intéressait à Alan et pas d'une façon très amicale. « Aussi, tu devrais apprendre à ne pas mentir, ça ne te va pas du tout et t'es carrément nul en la matière. »

Je l'avais quitté des yeux quelques secondes, parce que ces retrouvailles n'ont finalement rien d'agréable. Je suis déjà fatigué de lutter entre mon désir égoïste de lui faire savoir que ses agissements m'ont déplu et mon inquiétude réelle due au fait que je tiens à lui... plus qu'à n'importe qui d'autre. J'ai beau savoir que le passé d'Alan n'est pas reluisant, que tout un tas de choses menacent de le faire imploser à tout instant, je ne peux pas m'empêcher de ne pas comprendre exactement. J'étais sans doute trop jeune pour me souvenir de toutes les merdes que j'ai vécues étant jeune. J'en ai un souvenir confus, juste de quoi me rappeler que j'ai bien de la chance d'avoir eu autre chose, mais je ne me souviens plus de façon détaillée quel effet cela fait de perdre sa famille, sa maison, sa stabilité... quelqu'un. Ce n'est pas un sujet que nous abordons souvent parce qu'au fond de moi, je sais qu'il reste des parcelles bien sombres. J'arrive à les mettre de côté, mon existence se porte bien, mais dans de telles situations, confronté à autant de noirceur, je ne sais pas trop comment réagir. « S'il-te-plait, dis-moi ce qui se passe réellement. » Ce n'est pas trop demandé, si ? Un serveur s'approche de nous pour voir si nous désirons autre chose. Je lui lance un de ces regards qui veut tout dire, le jeune homme tourne les talons sans un mot de plus. Je soupire en reportant à nouveau mon regard vers Alan. Il n'est pas question qu'il prenne quoi que ce soit d'autre, il va finir par se rendre à l'hôpital, et cela n'arrivera pas en ma présence.



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Alan R. Wzyciski
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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyDim 8 Fév - 18:42

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charlie & alan

Charlie avait cette étonnante faculté de réveiller ce qu’il y avait de bien et de bon en Alan. Et quand bien même ils ne s’étaient plus que vu un minimum depuis le nouvel an, les choses entre eux étaient toujours les mêmes malgré la froideur qui s’était installée par-dessus leurs vies ces derniers temps. Mais quand bien même Alan était persuadé que Charlie pouvait bien comprendre tout cela. Bien entendu, c’était inquiétant et relativement consternant qu’il n’ait rien voulu dire mais après tout, c’était bien dans la nature d’Alan ce genre de comportement et de réaction. Il était peu partageur, peu ouvert sur ses propres problèmes, même avec Charlie. Volontairement autant qu’inconsciemment, il s’était éloigné de lui pour ne pas le contaminer de ses propres horreurs, il ne voulait pas que quelqu’un d’autre se mettre à souffrir à cause de lui, peu importe à quel degré. Et même si ceux auxquels Alan tenaient était bien rares, Charlie en faisait partie, et le jeune homme ne se serait jamais pardonné s’il l’avait entrainé avec lui dans ces vices et ces horreurs-là. Pourtant, l’air interloqué autant qu’indifférent, il avait été surpris de l’entendre lui demander une chose pareille. Les subtilités du langage lui avaient échappées et lui étaient devenues étrangères depuis qu’il avait commencé à s’isoler. Et son esprit confus et déjà troublé par toutes ces choses qui lui faisaient tourner la tête ne fut pas en mesure de déceler le vrai du faux de cette question. Incapable de deviner si elle était rhétorique, ironique, sarcastique ou légitime. Mais quoiqu’elle eut été, la réponse d’Alan aurait été la même peu importe les circonstances. Il n’avait plus rien. Et puis même s’il en avait encore, il aurait tout fait pour la conserver et ne rien partager avec qui que ce soit, y compris Charlie malgré cette étrange et inconditionnelle amitié amoureuse qu’ils partageaient. Les mensonges n’étaient pas commun entre eux, ils se disaient souvent tout ce qui leur passait par la tête, du plus trivial au plus philosophique, alors nécessairement qu’Alan lui ait menti et caché des choses devait être à la fois blessant et énervant. D’un hochement nerveux de tête suivi d’un marmonnement tremblant il avait répondu « Non. Non, j’ai plus rien… » Qui n’avait probablement pas été assez fort pour être entendu.

Malgré tout, il se noya dans des excuses et des idioties infinies, rien de ce qu’il disait n’était crédible ou n’avait de sens, il cherchait à tout prix à faire bonne figure pour rien. Il n’aurait même pas eu à s’inquiéter de ça, après tout. Charlie n’était pas quelqu’un qui viendrait le juger, non pas lui. Ils étaient trop proches et s’appréciaient beaucoup trop pour qu’une si simple banalité brise leur relation. Elle était beaucoup trop solide pour ça, beaucoup trop unique, et beaucoup trop complexe pour être si fragile. Et puis, finalement, il avait laissé son cœur parler à sa place, ses véritables sensations s’étaient confondues dans une courte phrase où il avait finalement avoué que sa présence lui avait manqué. Presque un peu trop, c’était presque devenu malsain. Alan était autant dépendant en de nombreux vices qu’il l’était de la présence de certaines personnes ; et malheureusement pour lui, Charlie en faisait partie. Le cœur du jeune homme s’était mis à violemment battre contre sa poitrine quand il avait fini de le lui dire et il eut bien l’impression d’attendre des heures une réaction de Charlie, qui finalement était du même avis. Et en l’entendant, Alan eut presque l’air de laisser échapper un soupir rassuré et ravi d’entendre cela. Mais le ton se mit rapidement à changer, puisqu’Alan vint à mentionner Sawyer et les évènements qui les avaient fait se rencontrer l’un et l’autre. La réaction de Charlie fut bien moins agréable, puisqu’il ne l’aimait décidemment pas, celui-là. Un fin sourire amusé vint se dessiner sur le visage d’Alan, Charlie était mignon lorsqu’il était jaloux de cette façon, il ne pouvait pas se mentir il le trouvait charmant. Mais il ravala ce sourire pour répondre assez vite à la dernière remarque. « Non ! C’est-C’est pas mon copain… Tellement pas. Et probablement jamais. » D’un air embarrassé et gêné. Il ne savait même pas ce qu’était le nom qu’on pourrait donner à sa relation avec Sawyer, mais ce n’était certainement pas ça, ils étaient proches, parfois beaucoup trop. Mais ça n’avait rien à voir avec ça. C’était compliqué, trop compliqué. « Et même si je voulais, ça serait pas avec lui. Trop violent, trop compliqué. Longue histoire et tout le bordel c’est tout. On se connait depuis longtemps, c’est tout. » Techniquement, il ne mentait pas. Il ne faisait qu’omettre certains détails, que Charlie n’aurait pas eu envie d’entendre de toute façon. Alors à quoi bon les lui imposer, il ne voulait pas parler de lui, alors ils n’en parleraient pas.

D’autant qu’il avait véritablement surgi de nulle part, Alan n’avait rien dit à personne quand il était retombé sur lui, pas à Charlie, pas à personne d’autre. Il avait gardé ces retrouvailles pour lui seul, et n’avait jamais parlé à qui que ce soit de leur première rencontre ou de ce qu’il s’était passé ensuite entre lui et Sawyer. C’était resté secret, son secret. Alors évidemment, quand il était arrivé tout d’un coup d’un air trop possessif à propos d’Alan en face d’eux, ça n’avait eu aucun sens, ni aucune logique. La colère et la jalousie de Charlie étaient tout à fait légitime, les deux garçons se connaissaient depuis longtemps, ils étaient plus proches que tout depuis quelques années, suffisamment pour qu’ils puissent se considérer l’un comme l’autre comme des meilleurs amis, qu’Alan puisse avoir en lui une confiance aveugle et que Charlie puisse éprouver ce qu’il éprouvait pour lui. Et tout d’un coup, un autre avait surgit et s’était mis à agir comme s’il était là depuis le début, comme s’il était le seul qui avait le droit de bénéficier du confort et de la présence d’Alan, comme s’il était à lui et personne d’autre. C’était bancal. C’était même presque insultant. Sawyer était arrivé en un éclair et toutes les chances de Charlie s’étaient sans doute volatilisées à ce moment-là, sa colère était compréhensible. Et Alan l’avait bien compris. Il se sentait bien évidemment coupable et avait longuement culpabilisé sur la situation, c’était en grande partie de sa faute si les choses étaient ainsi, il n’avait pas fait d’effort pour les changer ou en faire quelque chose de plus sain autour d’eux. Mais il s’était contenté d’apprécier cette attention qu’on lui accordait, parce qu’au final, il aimait qu’on s’intéresse tant à lui. C’était différent, c’était agréable. Même si ça ne lui inspirait pas grand-chose d’autre au final qu’un peu de quoi faire gonfler son égo. « Je sais mentir - Si si, j’te jure. - C’est juste que je sais pas te mentir à toi, faut croire... » Avait-il finalement répondu en laissant un sourire en coin se former sur son visage, que Charlie ne put pas voir puisqu’il avait tourné le regard.

Il s’était passé bien des choses dans la vie de l’un comme de l’autre, ils avaient tous les deux traversé de très grandes épreuves, certaines dont il n’était pas certain qu’ils aient pu en sortir sans quelques séquelles, pourtant ils étaient toujours parvenus à garder la tête haute dans leurs horreurs. La vie de Charlie n’avait pas été rose, ni celle d’Alan après la disparition de son premier amour. Ils avaient toujours vécu avec ce genre de souvenirs douloureux et difficiles à porter, mais tous les deux s’étaient trouvés comme un genre de stabilité avec l’autre, un pilier indestructible qui permettrait de les soutenir et de ne jamais baisser les bras. Alors, quand Alan vint fuir le monde et s’enfermer dans ses peines, il avait déstabilisé ce pilier et fragilisé l’édifice qui les gardait sereins. Il aurait dû s’approcher de lui et lui demander de l’aide, il aurait dû espérer avec d’autre plutôt que de se noyer dans le chagrin encore un peu plus à chaque fois. Mais il était naïf et stupide, il avait choisi la facilité et l’idiotie. Se plongeant dans les vices les plus noirs et se noyant dans un chemin qui n’avait rien de sain et d’enviable. Il se mit à trembler et baissa la tête lorsque Charlie vint lui demander de ne plus mentir, de lui dire ce qu’il se passait réellement. Et se serrant une main dans l’autre, pour garder son calme et ne pas fondre en larmes il avait redressé la tête après le départ rapide de ce serveur qui était passé ; « Qu’est-ce que tu veux qu’j’te dise ? C’est le bordel. » Avait-il d’abord dit d’un air dépité, les yeux incapables de faire face à ceux de Charlie. « Tout va mal, tout s’effondre. J’ai plus envie de rien. J’arrive plus à rien… » Cet air dépité avait commencé à s’effacer sous celui d’un visage beaucoup plus expressif, ses pupilles commençaient à se fondre de larmes qui baignaient encore et ne coulèrent pas. La lèvre inférieure mordue, il avait tourné la tête un instant, avant de reposer son regard sur lui. « J’suis pathétique. »


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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyMer 11 Fév - 4:18

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« J'suis pathétique » qu'il a dit. En tout cas, si l'idée qu'il se fait d'être pathétique c'est d'aller dans un bar bien rempli qu'il a l'habitude de fréquenter avec ses potes et de se retrouver dans un coin isolé pour se renifler des lignes d'une substance merdique, d'avoir bu beaucoup trop de verres si bien que ses yeux ont pris la couleur de l'alcool doublés de rougeurs et de gonflements en plus des immenses cernes en dessous, de porter des vêtements à peine soignés, d'avoir les cheveux en brousse comme s'il venait de se faire un safari carrément sauvage pour le coup, de mentir éhontément à un meilleur ami à qui on doit plutôt de sacré bonnes excuses pour ne plus rien lui avoir dit après qu'un autre clown lui ait mis la baffe du siècle par la faute d'un égo surdimensionné... Certes, je pense aussi qu'il est pathétique comme pas un. À observer son état physique, qui n'est sans doute que l'infime reflet de son état psychologique pour aligner autant de conneries en un si court laps de temps, je fronce les sourcils jusqu'à avoir tous les traits du visage particulièrement tirés. Foutue connerie. Mon nez me pique, j'ai les yeux qui démangent, difficile de dire pourquoi, mais toute cette histoire pue. Je prend une grande inspiration, juste avant de me passer une main sur le visage pour reprendre un peu mes esprits. J'aimerais que ça me fasse l'effet d'une claque, je veux être entièrement présent et sain d'esprit devant lui. Il faut bien qu'un de nous deux le soit. Nul n'est tenu à l'impossible, mais je dois faire toute une prouesse émotive ; il me faut chasser la colère, la rancoeur, la jalousie qui me tiraille, les reproches que j'ai encore envie d'adresser à Alan, mon affection trop intense pour lui, mes envies de proximité physique et puis l'alcool en trop que j'ai moi-même ingéré ce soir...  En fait, tout ceci devient d'une futilité trop grande pour même être discutée. C'est le propre de l'être humain de s'aimer lui-même plus qu'autrui, mais pour l'heure j'aime assez Alan pour le faire passer en premier sur mes petits besoins personnels. Cela reste un peu embêtant, car nous n'avons jamais réellement parler d'Alex ensemble. Je sais ce qui s'est passé, je connais toute l'histoire, mais je n'ai jamais entendu Alan s'exprimer là-dessus du fond du coeur. Je peux assez aisément m'imaginer. Je ne peux pas le vivre avec lui toutefois ni même le comprendre aussi profondément que je le voudrais. J'ignore s'il ne m'en dit pas plus parce qu'il devine trop bien les sentiments que j'ai à son égard, et qu'il préfère éviter de s'apitoyer sur un sujet qui pourrait être sensible, ou s'il n'en parle à personne. Il est vrai que j'aime Alan et que je n'aimerais pas qu'il soit avec quelqu'un d'autre aujourd'hui. Je préfère ne pas penser à Alex moi-même, car cela est trop douloureux. Je me sens égoïste, même si je suis loin d'éprouver de la joie à l'idée de la mort tragique de cet homme que je n'ai pas même connu. Tout ce que je sais, c'est que j'ai une place dans la vie d'Alan parce que cet homme n'est plus. Cela me place dans une posture plus que délicate, je ne veux pas en parler. Mais je veux qu'Alan se sente à l'aise de parler malgré tout.

Pendant que je réfléchis un peu trop fort, l'air probablement de faire griller mes neurones dans cet effort d'être on ne peut plus sérieux, j'entends en écho les autres mots qu'il a prononcés. Quel égoïste, je fais, putain ! Mais je les entend encore et encore. "C'est pas mon copain". Quel velours à mon oreille. "Ce serait pas avec lui". Cela réchauffe même un peu mon coeur, mais ce n'est pas le temps de penser de la sorte, sans compter que je vois la même inefficacité à mentir dans les yeux d'Alan que plus tôt, mais cette fois je refuse catégoriquement de le remarquer vraiment. Je veux croire à ce qu'il me raconte, même s'il le fait assurément pour me clouer le bec. Oh Alan, je voudrais bien taire mes désirs, mes sentiments, mes folies, mes délires, mais je suis vivant et c'est une des façons que j'ai de le rester bien comme il faut. Je voudrais tant que toi aussi, tu te sentes un peu vivant, je pourrais t'aider si seulement.

« Tu es pathétique de te détruire tout seul dans ton coin, pas de ressentir ce que tu ressens, ok ? » Qu'est-ce que j'en sais, bordel ? Je n'ai aucun droit de prétendre connaitre son fort intérieur, mais au diable. Je suis de nous deux ce qui se rapproche le plus de la raison parce que je ne suis pas sur le point de m'écrouler, mon organisme tolère bien mieux la quantité d'alcool que j'ai consommée que c'est son sac avec... tout ce qu'il a pris, et merde, je ne sais même pas tout ce qu'il a pu faire avant d’atterrir à cette table. Je n'ai eu droit qu'à un bref aperçu de sa bêtise. « T'sais, je sais bien que y'a rien que je te dirai qui te fera vraiment sentir mieux. » Ça me fait chier de le dire, mais je sais bien que c'est la seule vérité possible à l'heure actuelle. « Mais j'aimerais bien que tu m'accompagnes dehors, marcher un peu. » Si t'es en état de le faire, merde. « C'est pas le genre d'endroit qui te fera du bien, je te jure. » Je n'ai aucun mépris envers cet endroit, c'est un chouette endroit. Mais ce ne l'est pas quand ça va mal, ce l'est simplement quand ça va bien. C'est pareil pour la drogue ou l'alcool, même si je ne suis pas consommateur de la première. Ces choses vous jouent dans le cerveau d'une bien étrange façon. Si vous êtes déjà sur un high, ça accentuera votre délire de joie de vivre, votre envie de faire des conneries et de vous exprimer. En revanche, si vous allez déjà mal, vous n'aurez qu'encore plus envie de vous flinguer sans plus comprendre une miette de votre malheur. Alan court droit à la catastrophe et je ne vais pas le laisser faire. C'est déjà le mieux que je puisse faire. En cet instant, c'est drôle, je sens bien que je n'ai aucune réelle incidence sur l'état d'Alan, sur sa vie, sur son coeur. Je me rends bien compte que je suis aussi étranger à son malheur qu'un pauvre touriste qui ne dit pas un mot en la langue parlée du coin où il se trouve malencontreusement à essayer de trouver son chemin. Je me sens perdu, ça m'énerve, je veux aider, je peux pas, et je ne sais pas comment m'en sortir. J'ai toujours aimé les mots, les mots m'ont toujours aimé, mais avec Alan tout est toujours plus compliqué que ça.



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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyVen 13 Fév - 3:35

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Au détour de quelques regards et regrets vagabonds, Alan avait finalement oublié le manque pour laisser son véritable lui prendre la parole. Avouant ses faiblesses et prenant en mains la situation. Armé de ce qu’il pouvait bien lui rester de courage il avait écrasé sa fierté stupide et s’était finalement laissé aller au gré de la vérité. Laissant en arrière mensonges et faux-semblants idiots et mensongers, il avait raconté ce qu’il ressentait. Y mettant enfin des mots, leur donnant enfin une véritable forme alors que depuis quelques jours ils n’étaient qu’un spectre informe autour de lui, cette fois-ci ils étaient clairs, concrets et concis. Il avait tout gardé pour lui et si peu partagé dans sa vie que c’était bien difficile de s’ouvrir maintenant sans honteusement se mettre dans une position de faiblesse qu’il détestait tant. Maladroitement orgueilleux, il détestait se montrer sous son véritable jour, apparaître comme il était véritablement était une torture, un fardeau, un poids insupportable de honte. Il était faible, il était petit et pathétique. Un enfant qu’on plaignait trop. Il n’y avait rien de particulier en lui, en vérité, juste des mensonges et des mauvais souvenirs, et chaque fois qu’il l’avouait en faisant tomber ce masque menteur, il redevenait lui-même. Il redevenait ce jeune et fragile garçon de seize ans qui avait tout perdu en si peu de temps, alors qu’il avait tout ce qui lui plaisait. Il avait eu tant de possibilités et tant d’avenir autrefois, et voilà qu’il avait décidé de tout gâcher sur un coup de tête, abandonnant ses désirs de grandeurs et de bonheur pour se laisser tomber dans la plus pathétique des addictions ; lui qui voulait devenir quelqu’un, lui qui voulait trouver à nouveau le plaisir qu’apportait la joie de vivre, ce sentiment devenu si rare depuis le départ d’Alex, toujours inexpliqué, toujours sans la moindre logique derrière. Il était parti immédiatement, sans rien dire, sans rien expliquer. Sans rien ne laisser à personne que le terrible souvenir de sa présence. Devenu dépendant à ce souvenir, il ne se passait plus une journée sans qu’il soit écrasé et mis à genoux par une image, ou même un rappel de la vie qu’il aurait pu continuer à avoir avec lui, de toutes ces choses qui auraient pu être siennes. De cette relation qui n’avait jamais pris fin. Il s’était mis à penser que si Alex avait rompu avec lui quelques jours plus tôt, il aurait peut-être pu oublier et tourner la page. Mais ça n’était pas arrivé. Ils ne s’étaient pas quittés, leur relation n’avait jamais pris fin. Et comme une ancre à sa chaîne, Alan ne s’en était jamais détaché, malgré la rouille et la pourriture qui s’étaient installées sur ce lien devenu horrible qui les unissaient, même après six ans de séparation morbide.

L’esprit embué par l’alcool et les minables petits restes d’héroïne qu’il avait réussi à conserver assez longtemps pour s’en faire un minuscule rail qu’il n’avait pas eu le temps d’entièrement prendre à cause de l’arrivée soudaine de Charlie, Alan commençait à sentir les effets de la drogue sur son organisme. Il se sentait perdre pieds, mais pas assez pour être détendu, au mieux, il était ramolli par les effets de la dose, presque fatigué, presque endormi. Mais pas assez pour vraiment en avoir l’air, ses pupilles déjà dilatées ne pouvaient pas s’écarter plus de toute façon. Il se sentait partiellement mieux, moins lourd et moins écrasé par le poids de cette infinie culpabilité qui ne voulait plus le quitter depuis six ans. Peinant à garder un contact visuel avec Charlie, Alan clignait des yeux avec un peu plus d'insistance qu’avant, sa vision était devenue un peu plus floue qu’il y a quelques instants et l’héroïne faisait un peu plus effet au fur et à mesure que les minutes passaient entre eux. Il avait pourtant l’air de garder son calme et de rester maître de lui-même, malgré la sueur qui venait de naître sur ses tempes, en même temps que la drogue avait commencée à faire effet. Mais tandis qu’il s’efforçait de rester serein et de ne pas avoir l’air de commencer à entamer ce tortueux chemin de montées et de descentes infernales. L’alcool semblait être totalement inefficace en comparaison à ce qu’il se passait à l’intérieur, il avait l’impression de bouillir, mais ce n’était pas désagréable, c’était presque rassurant. La culpabilité s’était faîte écraser et dissimuler sous des montagnes de détente. Il allait mieux, beaucoup mieux ; si bien qu’il eut presque envie de se mettre à sourire, content d’avoir Charlie auprès de lui. Mais ce n’était pas le moment, il aurait pu mal interpréter cela. Pourtant, Alan était vraiment réconforté par cette présence, heureux de l’avoir avec lui après ce silence trop long et trop difficile à maintenir. Leur relation à tous les deux était compliquée, elle avait plusieurs facettes et différents visages et tous étaient impossibles à facilement comprendre pour quelqu’un d’autre que l’un d’entre eux. Ils étaient les seuls à vraiment savoir ce qu’il se passait entre eux, et encore, c’était parfois bien compliqué de tout comprendre. Il y avait cette facilité à se rapprocher, cette si simple habitude du contact. C’était si volatile et pourtant si éloquent à la fois.

« Ouais, peut-être bien… » Avait rétorqué Alan en se redressant, les épaules légèrement haussée d’un geste, « Mais j’aimerai bien ne pas ressentir ce que je ressens, justement, tu vois ce que je veux dire ? Je suis pas tombé là-dedans juste pour le plaisir de me mettre à paniquer dès que j’ai plus rien. » continuait-il d’un air détaché, sans vraiment prêter lui-même attention à ce qu’il disait, c’était inutile ce genre de plaintes, il n’avait pas à parler de ça, il n’avait aucun besoin d’en faire part à Charlie, ça ne l’intéressait d’ailleurs sans doute pas, et pourtant, voilà qu’il retrouvait cette facilité à s’exprimer sur tout et rien avec lui. En quelques sortes, c’était une bonne chose, mais une autre situation aurait été plus agréable pour ce genre de retour aux sources. Alan était étrangement lucide pour quelqu’un chez qui le mélange d’alcool et de drogues faisait finalement effet, mais après tout, il n’en avait pris qu’une minuscule quantité, de quoi ne pas perdre la raison et de quoi rester suffisamment calme pour ne pas se transformer en cette loque qu’il finirait bien par devenir un jour à force d’en prendre et d’en reprendre. Si Charlie n’avait pas été là, ç’aurait été bien pire, il se serait rapidement retrouvé à laper le sol à la recherche de ces morceaux qu’il avait fait tomber plus tôt, il lui était silencieusement reconnaissant et ne pourrait pas le remercier suffisamment. Une partie de sa fierté venait d’être réparée. « Je veux pas t’emmerder avec mes problèmes, tu sais. J’ai pas envie d’être un poids, j’veux pas que tu passes tes journées à t’inquiéter pour ma foutue gueule d’égoïste. » Et pour être égoïste, il l’avait été. Plus que tout, à couper les ponts du jour au lendemain. « Mais bon. C’était stupide, c’était idiot. Mais on change pas une équipe qui gagne, c’est comme ça que je suis après tout ; un sale petit con. » À l’écouter, on aurait pu avoir l’impression qu’il cherchait à s’apitoyer sur son sort, et par défaut à faire en sorte que Charlie s’apitoie à son tour lui aussi, mais il n’en était rien. Alan n’était pas du genre à faire ça, il ne faisait qu’énoncer des faits, sous la lunette déformée de son mal-être actuel cela dit.

« Pas sûr que je tienne debout ! » S’était-il exclamé en souriant bêtement, histoire d’essayer de détendre l’atmosphère, il voulait vraiment qu’on oublie ses idioties, il voulait profiter de cette rencontre hasardeuse et maladroite. Il voulait oublier toutes ses conneries et profiter un peu de cette présence qui lui manquait tant, finalement. Il n’aurait pas dû l’ignorer pendant si longtemps, il n’aurait même pas dû y penser, et pourtant il avait fait tout ce qu’il n’aurait pas dû faire. Bêtement et orgueilleusement. « Tu me porteras, ou bien je m’accrocherai à toi, au pire. » reprenait Alan en se laissant aller au gré de l’influence de l’alcool et de la drogue qui profitaient finalement de lui. « Comme une espèce de prince charmant. » Avait-il marmonné avant de pouffer de rire en se redressant et en se relevant. Il tenait debout, avec un semblant de difficulté, mais tenait debout. « Là où tu veux aller, j’te suis. » Commençait-il, l’air ailleurs, « Mais ce s’rait mieux qu’on marche ensembles, histoire que je me casse pas la gueule. » Terminait Alan en s’approchant de lui et en tendant une main, attendant qu’il la lui prenne. Tout sourire. Comme si tout allait bien, comme s'il était heureux. Comme s'il avait retrouvé ce besoin de contact avec lui, et personne d'autre.


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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptySam 14 Fév - 5:36

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Il y a une chose à retenir tout de suite avant que ça ne dérape : tout ce que dit ou fait Alan n'a pas la même valeur qu'à l'habitude parce qu'il est complètement largué dans sa tête et dû à l'alcool et à la drogue. Cela me place dans une drôle de posture à ne plus savoir comment me tenir, entre le besoin et l'envie d'être parfaitement sincère avec lui et cette impression qu'il ne se souviendra de rien demain de toute façon. J'ai appris il y a longtemps qu'on ne s'en sortirait plus si on ne faisait plus que les choses vraiment utiles. Or, il faut parfois avancer même si on ne perçoit pas l'importance de le faire. Ce n'est pas que je ne veux pas être présent pour lui ce soir, c'est plutôt que je crois qu'il a véritablement besoin d'aller se coucher au chaud dans son lit, quoi qu'il dise. Ainsi, il y a Alan qui se montre plutôt loquace pour quelqu'un qui a consommé suffisamment pour s'effondrer et nécessiter les secours d'une ambulance dans un coin et moi, dans l'autre, qui témoigne de symptômes de bipolarité bien que je ne le sois pas. Belle paire. Je soupire pour une inième fois tout en me rendant compte que j'ai de la difficulté à me concentrer sur ce qu'il dit parce qu'il a tant de bruit autour de nous et que j'ai tant de pensées qui s'entrechoquent dans la tête. Cette réaction que j'ai, à ne pas tenir compte de tout ce qu'il dit puisque ses mots sont teintés de son état pathétique, me rappelle ma mère. Ma vraie mère, je veux dire. Dans les vagues souvenirs qui me restent d'elle, j'ai toujours eu cette impression de ne jamais avoir porté de sérieux à ce qu'elle pouvait raconter. J'étais gosse à cette époque, c'est bien vrai, mais je comprenais déjà qu'il ne fallait pas tout écouter, question d'intuition. Ce n'est pas pareil avec Alan, je crois que j'aurai toujours de l'intérêt pour ce qu'il dit, mais enfin. Je le laisserais parler autant qu'il le souhaite si je sentais que ça pouvait lui faire du bien. J'ai plutôt l'impression que cela ne fait que nous mettre mal à l'aise tous les deux. Il lui faudra un jour bel et bien exorciser son passé avec Alex sans quoi il ne pourra que s'enfoncer un peu plus tous les jours, mais je ne suis pas certain de savoir comment l'aider avec ça. La vérité, c'est que sa tristesse me dépasse. Autant je voudrais le voir réellement heureux, autant cela ne fait qu'accentuer le sentiment de culpabilité qui me ronge de ne pas être fin psychologue dans les situations si critiques.

J'ai beau ne pas l'encourager à se traiter de pathétique ou de sale petit con, il est vrai qu'il arrive à m'irriter comme il faut, de mal en pire. Je porte sur lui un regard réprobateur lorsqu'il me tend la main, mais je me ravise et la saisit pour l'aider à se tenir debout. Ce qu'il a dit n'est pas faux, il ne lui en faudrait pas beaucoup pour que son visage d'ange aille rejoindre le plancher sale du bar, juste un pas de trop. Son équilibre n'est vraiment pas au top. Je serre sa main dans la mienne plus instinctivement qu'autre chose, parce que le contact me fait du bien tout simplement. Égoïstement. Et c'est Alan qui dit l'être ! Assurément, on l'est tous à notre façon. Je lui tiens la main donc, et je l'entraine avec moi en gardant un oeil attentif à ses moindres mouvements pour être bien certain que je n'essaie pas d'aller trop vite ou qu'il n'a pas un haut le coeur, qu'il ne va pas gerber sur ses chaussures ou les miennes. Le contact de nos mains ne m'est pas seulement agréable, il me gonfle de ce sentiment protecteur envers lui. Il ne faudrait pas que quelqu'un apparaisse et essaie de me l'arracher en ce moment, je pourrais cracher le feu. L'air extérieur fait du bien, en tout cas à lui. Le calme aussi, le sentiment d'être un peu plus seul avec Alan. Nous avançons doucement, j'ai les yeux rivés sur ses pieds, guettant le premier faux pas qui se manifestera. Je me rends rapidement compte que ce ne sera pas de sa marche que la catastrophe proviendra. Je lève les yeux vers lui, les lèvres pincées. Je me sens de nouveau en colère contre lui, mais je m'efforce de garder en tête cette résolution que j'ai pris tout à l'heure de ne pas tenir compte réellement de ce qu'il dit... Du moins, d'arriver à faire la part des choses entre ce qui est réel et ce qui est dit par la faute de l'alcool et de la drogue. Cela commence à être confus, même pour moi. Sommes-nous une équipe ? L'avons-nous déjà été ? Je ne remet pas en question le fait qu'Alan et moi soyons potes, seulement certaines amitiés se basent justement sur autre chose que des sentiments purement amicaux. Ça n'a pas forcément été le cas tout de suite entre lui et moi, mais ce l'est devenu rapidement. La présence d'Alan dans ma vie a changé bien des choses, cela m'a fait faire des choix différents de ceux que j'aurais fait si je ne l'avais pas rencontré et si je n'étais pas tombé amoureux de lui aussi vite. Hasta la vista, la copine que j'avais. Sans dire bon débarras, parce que c'était une bien chouette fille, je ne peux pas non plus dire que je regrette cette décision. C'est seulement que depuis, j'ai cette fichue impression de me faire mener en bateau à la moindre occasion. Rien n'est jamais simple avec Alan. Je ne lui en veux pas pour ça, mais c'est dans ma nature de m'énerver facilement.

« Prince charmant, hm ? » Si Alan peut dire n'importe quoi, si je n'en tiendrai pas vraiment compte à cause de son état, la logique veut que je puisse dire n'importe quoi moi aussi sans que cela ait vraiment de l'importance. Ma consommation d'alcool de la soirée ne me permet pas une inhibition aussi grande que la sienne, mais ma nature profonde se veut sincère et directe. Je ne changerai pas. « Ne me place pas trop haut en estime, je pourrais aussi te mener dans un coin et faire ce que je veux de toi. J'suis même pas certain que tu t'en rendrais compte ou t'en rappelerais », dis-je en ironisant sur un ton faussement détaché, faussement plaisantin. Cela relève de la plaisanterie, oui, car je n'ai pas ce qu'il faut en méchanceté pour abuser de qui que ce soit, mais il fait exprès. Il fait toujours exprès, même dans cet état ! « Surtout si t'arrêtes pas. » De faire ça. Ça, ces yeux-là, cette posture, cette séduction. Bordel, c'est pas possible qu'il me fasse ça alors que j'essaie d'être digne d'un ami, juste d'un ami. Ce n'est pas moi qui me vais me plaindre s'il doit s'accrocher à moi ou si je pouvais vraiment l'amener là où je veux, mais c'est tout sauf le moment. Je serais bien en colère s'il me demandait ce que je veux dire. Forcément, il sait. Même maintenant, ainsi, il sait qu'il passe son temps à m'encourager en termes de proximité physique avec lui. Il sait trop bien quels sont mes sentiments. Ce n'est pas le moment d'avoir ce débat houleux, d'ailleurs je n'ai jamais envie de me prendre la tête avec Alan ce n'est pas seulement une question du fait qu'il va particulièrement mal ce soir, mais je suis comme un gosse sur certaines choses. On me pique, je réagis. C'est instantané, je ne sais pas me retenir ou me taire. J'étais de ces gosses à me battre à chaque idiotie et plus tard, quand on m'a enfin appris les bonnes manières et le respect d'autrui, de ceux à être constamment collé parce que je ne pouvais pas me la fermer. Les mots sont de précieux alliés. Avec Alan, je les ravale souvent, en tout cas ceux qui exprimeraient le fond de ma véritable pensée. Ça ne veut pas dire que je ne suis pas honnête avec lui, mais pas sur tout.

Mais alors, je songe que je vois encore les choses sous ma perspective propre. Alan hante mes pensées. Ça n'a rien à voir avec le genre de fantôme que lui porte, celui de son ex qui s'est enlevé la vie et tout, mais ça m'obsède tant en un sens que je ne peux même pas mettre ça de côté et être sympa avec lui sans devenir irritable pour rien. Est-ce que j'exagère à interpréter son attitude ? N'est-ce pas seulement sa façon de s'excuser pour ces longs jours sans nouvelle ? Je n'en sais rien et c'est pourquoi, avec ma tronche bien sérieuse, je m'arrête une seconde à observer autour de nous s'il n'y aurait pas un taxi dans les environs. Et hop, sous peu je le ramenerai chez lui et l'obligerai à dormir peu importe ce qu'il me dira. Je suis plus mature que ça, je ne vais pas jouer les offusqués parce qu'il m'allume même en étant au fond du baril, merde.


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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyDim 15 Fév - 5:35

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Le contact, aussi frêle et fragile, aussi faible et minuscule était incroyable. Comme un puissant déversement de sensations tant attendues, Alan était ravi de retrouver la chaleur de Charlie. Même au travers d’une simple main serrée. C’était devenu trop éloigné, trop rare, ça lui avait beaucoup trop manqué. Aussi bien voulait-il avoir pris des distances pour mieux aller et ne pas partager ses peines avec les autres, il avait oublié à quel point la chaleur de l’autre était agréable, à quel point c’était rassurant de se sentir proche de lui et de le savoir à ses côtés, aussi proche et aussi présent. Ce n’était qu’une main prise dans l’autre, mais ça valait absolument tout. Il y avait un sentiment silencieux et jamais expliqué, jamais parlé, jamais mis en forme à travers la parole dans ces habitudes à double-sens qu’ils avaient. Se tenir, se serrer, être l’un contre l’autre, tout cela était si important. Il n’y avait qu’avec Charlie que ça fonctionnait, et ce n’était qu’avec lui qu’il pouvait se permettre une telle facilité au contact. Il était d’ordinaire très froid et distant avec les autres, jamais silencieux ou gêné, mais c’était quelque chose de différent. Comme un genre de besoin dissimulé, comme une nécessité inaltérable. Le contact était essentiel. Il n’aurait pas pu imaginer son amitié avec lui sans ces instants précieux de proximité. Ils valaient tant aux yeux d’Alan et beaucoup plus aux yeux de Charlie, le brun savait tous des sentiments qu’éprouvait celui-ci à son égard, mais ça ne changeait rien. C’était devenu indispensable. Il se disait même que ça devait convenir, que ça servait. Que ça mimait la proximité de deux amants. Il espérait en tout cas que ça suffisait pour rassurer Charlie, pour lui faire comprendre la valeur qu’il avait aux yeux du jeune homme. Il était important, très important. Les yeux pleins de jugements de Charlie s’étaient heurté contre le garçon, qui s’était alors mis à afficher une moue capricieuse, joueuse, presque un peu trop ; il avait vraiment voulu retrouver cette agréable chaleur. La tendresse et la protection qui brillaient de Charlie restèrent cependant effacés de l’attention d’Alan, qui ne voyait pas toutes ces choses-là, il se contentait de le suivre, presque aveuglément, jusque l’extérieur, avec un tant soit peu de difficulté, l’alcool et la drogue lui faisaient tourner la tête. Aligner un pied devant l’autre était devenu un effort plus compliqué qu’en temps normal.

Mais il ne trébucha pas une seule fois, grâce à cette précaution que Charlie lui faisait prendre, ne marchant pas trop vite. Alan fixait ses propres pieds, de la même façon que Charlie les lui observait, pour s’assurer qu’il ne vienne pas à s’écraser la tête la première au sol. Alan était concentré, incroyablement concentré sur ses pas. Il n’avait pas pensé être aussi infecté par ces viles substances qui l’avaient tant contaminé. Il plissait les yeux pour distinguer ses propres jambes, lorsqu’ils arrivèrent finalement à l’extérieur, l’air frais vint lui caresser le visage avec tant de rapidité qu’il fut pris d’un frisson qu’il eut bien du mal à faire disparaître. Il avait redressé maladroitement les épaules et serrée la mâchoire mécaniquement au rythme de ce grelot temporaire. Avant de hocher brièvement la tête sur les côtés, troublé et déstabilisé par l’air plus froid que plus tôt. Il n’avait pas vraiment de vêtements chauds, il ne portait pas grand-chose de bien épais, et ils n’étaient plus exactement en parfait état de toute façon. Il avait souvent côtoyé le sol et à force d’en faire la connaissance des morceaux s’étaient arrachés et des trous s’étaient percés. Il s’était d’ailleurs rapproché de Charlie pour profiter de sa chaleur, de sa présence, pour se réchauffer ; dans ce même frisson. Avant d’ajouter d’un air faussement vexé « Me fais pas me répéter, j’aime pas ça. » à la réaction du jeune homme. Puis il s’était mis à plaisanter sur les illusions du brun, prétendant qu’il n’avait rien d’un prince, ni rien de charmant. Qu’il pouvait tout à fait profiter de sa détresse et de son état assez mal en point pour son propre plaisir. Et il n’avait pas tellement tort. Dans l’état dans lequel il était, Alan était à la merci de tout et n’importe quoi. Mais aussi de n’importe qui. Fragile et très facilement maitrisable dans cet état, il était des plus vulnérables. Mais les mots de Charlie ne vinrent provoquer qu’un rire soufflé et étouffé entre les lèvres du garçon. Passant une main à l’arrière de sa tête, il n’avait pas cessé de sourire depuis la remarque et avait ensuite répondu, d’un ton amusé et aguicheur, « Qui dit que ça me dérangerai ? », il avait laissé sa tête glisser contre l’épaule du garçon, qui bien que plus grand que lui ne le dépassait pas de plusieurs têtes. Une sorte de hauteur presque parfaite pour s’écraser contre lui. Mais ce ne fut que d’une très courte durée puisqu’il se redressa rapidement pour ajouter, les yeux posés sur lui, « Et puis j’arrêterai pas. Non, non. Parce que je sais que t’adores ça. »

S’il n’y avait eu derrière ce comportement que l’influence de ce dangereux mélange qu’il avait ingéré, cela aurait été largement compréhensible, mais Alan était un garçon incroyablement compliqué. Dépendant à l’attention, au contact et à l’amour qu’on pouvait lui porter, il aimait qu’on s’intéresse à lui. Et généralement, le simple fait d’être intéressé pouvait susciter son propre désir. Charlie lui tournait autour depuis tant de temps, que c’était étonnant qu’il n’ait pas encore réussi à craquer. Bien sûr, avec l’arrivée de Sawyer, tout avait basculé et tout était devenu encore plus compliqué qu’avant. C’était agaçant, toute cette complexité dans des choses tout à fait ordinaires. Et quand bien même il ne pouvait rien y faire, ça l’agaçait plus que tout. Alors peut-être que finalement, être si désinhibé par l’alcool et l’héroïne était le seul moyen de lui permettre de trouver un peu plus de simplicité dans sa vie trop entortillée de choses difficiles et tortueuses, alors ça conviendrait. Il y avait des tas de choses qui s’entremêlaient dans ses émotions et ses sentiments ; pleins d’idées, d’espoirs, d’envies et d’autres fantaisies. Charlie, sans s’en douter, en faisait partie. Et il ne s’en serait peut-être jamais aperçu si Alan n’avait pas entrepris cette horrible descente aux enfers. Maintenant qu’il était ailleurs, dans sa petite bulle qui lui retirait tous les tabous du monde, il n’avait plus peur des conséquences, il était prêt à tout faire et à tout oser. Sa main dans celle de Charlie, il s’était mis à lui caresser du bout du pouce l’extrémité de la paume d’un air nonchalant. « D’autant que je vois pas ce qui me pousserait vraiment à arrêter. » S’était-il mis à marmonner tandis qu’il ne détachait plus son regard de Charlie. Les pupilles dilatées d’Alan lui donnaient un air attendrissant autant que chargé de tristesse. On voulait presque pouvoir se jeter contre lui et le serrer fort jusqu’à ce que son chagrin disparaisse pour toujours. Il y avait une étrange impression de nécessité qui se dégageait de ce que faisait Alan à cet instant précis ; comme le besoin volontairement enfoui d’être proche de quelqu’un, comme la volonté de toujours être accompagné. Le manque laissé par Alex n’avait vraisemblablement jamais été comblé. Cependant, Alan n’était plus assez sain d’esprit pour s’en rendre compte. Il était trop préoccupé par ses pensées immédiates, ne pas tomber, marcher droit, et surtout ne pas se mettre à vomir. Il se sentait bien au contact de Charlie, tellement bien. Peut-être même un peu trop.

Si bien, en fait, qu’il s’était surpris à espérer que cela puisse durer plus longtemps, plus souvent. Et en d’autres termes que ceux-là. La proximité qu’ils partageaient à cet instant n’avait rien de très jovial, elle était plutôt animée par une volonté de protection de la part du jeune homme pour Alan et c’était peut-être là la seule différence à leurs habitudes farfelues. « J’ai beau faire des tas de conneries, au final y aura toujours quelqu’un ou quelque chose pour me rattraper. Avait-il commencé à marmonner tandis qu’il retirait sa main de celle de Charlie pour passer son bras sous le sien et presque s’y accrocher. J’préfère quand même quand c’est quelqu’un. » Ce qu’il disait n’avait probablement que très peu de sens, mais il ne s’écoutait même pas parler de toute façon, il était noyé dans des pensées obscènes et malsaines, qui surgissaient depuis quelques instants. Il les laissait couler sur son esprit presque fasciné par celles-ci, avant de finalement sortir de ses pensées pour poser son regard une nouvelle fois sur Charlie. L’air ailleurs, détendu. Il avait esquissé un sourire vite dissimulé avant de lui dire d’une voix rêveuse « J’t’aime bien toi, tu sais ? » Évidemment qu’il le savait, et bien entendu c’était la question la plus stupide qu’il ait jamais pu lui poser, alors qu’il savait très bien ce que Charlie ressentait à son égard, pourtant il l’avait tout de même fait, sans mauvaises intentions évidentes, il n’avait pas eu l’air d’avoir quelque chose en tête. Mais ce fut rapidement interrompu, ivre de stupidité, il s’était jeté contre les lèvres de Charlie pour les lui embrasser avec une rapidité maladroite. Manquant de tomber vers l’avant, contre lui. Les émotions, l’alcool et la drogue ne font pas bon ménage.


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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyJeu 19 Fév - 7:13

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charlie & alan

Certaines personnes vivent constamment dans le passé, Alan en fait peut-être bien partie d'ailleurs à force de se laisser briser par les souvenirs de son ancien amour parti de façon tragique. Elles ne savent plus voir ce qui passe ni faire des plans pour améliorer leur sort. Elles sont coincées quelque part et cela devient néant, rien ni personne ne peut les en tirer vraiment. Il faudrait pour cela qu'elles le désirent ou qu'elles y voient une raison. D'autres encore vivent uniquement dans le futur et dans une constante panique de l'organiser parfaitement pour que rien ne soit en mesure d'aller de travers. Ces gens ont le don de m'agacer profondément, mais je leur pardonne puisqu'il est vrai que l'existence est quelque chose d'angoissant en général. Les gens qui vivent dans le moment présent ne sont que pure théorie, je n'en connais pas. Il n'y a que les ivrognes qui ne pensent plus à demain et qui oublient suffisamment hier pour ne pas trop s'en faire. Si j'étais dans le même état qu'Alan en ce moment, je serais surement tout aussi insouciant et moqueur. C'est bien étrange de penser qu'il est de nous deux celui qui parait le plus heureux et pourtant, c'est en raison de son malheur viscéral qu'il est dans cet état. Moi, j'ai plutôt tendance à vivre quelque part entre les trois, toujours les deux pieds ancrés dans l'instant que je vis pour ne pas en perdre une minute, toujours la tête dans les nuages à me servir du passé pour améliorer mon futur. Je suppose que cela est le meilleur des mondes, mais il reste qu'il y a de ces moments où je ne sais plus du tout. Comme je l'avais prédit, Alan fait tout ce qui est en son pouvoir pour m'irriter. Ce n'est pas ainsi qu'il considère la chose, apparemment, convaincu que ça me plait qu'il agisse de la sorte, mais c'est pourtant le cas. Je ne me sens pas d'humeur joueuse parce que je me sens responsable de lui et de sa sécurité, tout ça. Je veux le ramener chez lui, le mettre au lit, m'assurer qu'il ne va pas faire quelque chose d'autre de stupide. Cela compte plus que tout, plus que mes sentiments, plus que la frustration que j'ai accumulée au cours des dernières semaines à l'égard de son attitude, plus même que le fait qu'il fait exprès et qu'en temps normal, je lui aurais bien fichu une claque pour qu'il arrête. Ou alors, j'aurais tout simplement entrer dans le jeu et j'aurais profité de la proximité offerte. À défaut de ne pas me déranger, comme il dit, c'est vrai que je ne m'en plains pas souvent. Notre relation a toujours été fondée sur une certaine intimité, même si ça n'a jamais dépassé la ligne de l'amitié au fond.

Est-ce qu'Alan aime fondamentalement me torturer de la sorte ? Parce que je ne suis pas certain de croire que c'est seulement la faute de l'alcool ou de la drogue. Il y a bel et bien Andrea qui s'acharne toujours à me mettre ce qu'il appelle la vérité sous les nez, qu'Alan n'en a tout compte fait rien à faire de mes sentiments ou de ce que j'espère qui se passera entre nous, qu'il ne joue que l'agace pour profiter de l'attention que je lui porte tout comme de l'affection. Une partie de moi sait qu'une partie de cela est vrai. C'est seulement que c'est trop chiant à accepter comme idée, que je ne peux pas m'empêcher de me dire que ça changera, qu'Alan a seulement de la difficulté à se laisser aller vraiment parce qu'il n'est pas prêt. Il le sera, c'est ce que j'espère constamment. Cette assurance sonne faux. Il ne s'agit pas seulement de «conneries» ordinaires, il met sa santé et sa vie en danger. Je soupire bruyamment en levant à peine les yeux vers lui, lui signifiant par le fait même mon agacement profond face à toute cette situation. Apparemment, ce n'est pas assez pour qu'il comprenne. Je me tourne vers lui, sur le point de me mettre à nouveau en colère, quand il m'agrippe et m'embrasse. Le monde s'arrête brutalement de tourner, je deviens aussi étourdi que semble l'être Alan. Le baiser est maladroit, bref... trop bref. Je le regarde avec de grands yeux interdits, la bouche qui s'ouvre pour dire quelque chose et rien qui ne vient. Je reste là, comme ça comme un imbécile durant de trop longues secondes. Puis, je me jette à nouveau sur lui en prenant soin de le retenir. Oh Alan, si tu me laissais te montrer que la vie peut être belle... Je te ferais l'amour doucement, ou alors pas si doucement, mais ce serait suprêmement salvateur. Enfin, il n'y a rien de calculé. J'y ai goûté, j'ai besoin d'en avoir davantage. J'ignore si ce moment se représentera, je ne le laisserai pas filer. J'embrasse Alan comme si ma vie en dépendant, je le serre contre moi, je prends délicatement sa tête entre mes mains... Je veux qu'il me suive, qu'il soit bercé par mon désir trop fort, trop grand, trop intense. Mon coeur bat à tout rompre, je ne suis plus d'aucune rationalité. Je suis un peu trop stimulé, c'est d'ailleurs lorsque je me rends compte qu'Alan finira bien vite par savoir à quel point, à m'avoir collé contre lui ainsi que la bosse dans mon pantalon, que je le lâche tout aussi brusquement que j'ai commencé. Tu es un joli monstre, un foutu cas désespéré, Alan. Pendant quelques secondes, j'éprouve au moins autant de haine que je lui porte d'affection. Je suis furieux contre lui de m'infliger cela. De m'offrir ce que je désire trop fort jusqu'à me faire mal dans le pire des moments, au moment où je n'en veux pas avec ma tête. Ce serait mal, ce serait tout simplement de la merde.

Il faut que je me détache de l'emprise qu'il a sur moi, de l'effet carrément magnétique qu'il me fait. Il le faut parce que ce qui vient de se passer ne vaut strictement rien, ce n'est rien du tout. Ce n'est qu'une façon de déconner, de faire les conneries dont il parle et il faut croire que c'est moi le quelqu'un qui est là pour le rattraper. Sobre, il ne m'aurait jamais embrassé « Je t'appelle un putain de taxi. » je lâche, sortant du coup mon téléphone de ma poche et commençant à pianoter sur ce dernier avec des gestes nerveux. « Tu vis où, chez tes vieux ? » J'ai beau avoir manqué une partie de sa vie ces derniers temps, nous avons le même entourage et les nouvelles vont vite. Je sais qu'il ne vit plus à son appartement en ce moment. Je tremble, c'est emmerdant pour s'occuper de composer le numéro de téléphone même si je le connais par coeur pour être un grand consommateur de taxi à Los Angeles. Je tremble de colère, de déception, de désir, de confusion. Si seulement les choses pouvaient être différentes, ce serait un merveilleux moment plutôt qu'un cauchemar. Je réalise peu à peu que j'ai mal à la tête.

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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptySam 21 Fév - 2:14

The Snake's Venom.
charlie & alan

Ça c’était fait trop rapidement, très soudainement, sans qu’il n’y ait d’abord pensé. Il ne s’était rendu compte de ce qu’il venait de faire qu’une fois ses lèvres perturbées par la présence agréables de celles de Charlie, il avait rapidement été pris comme d’une décharge qui lui avait fait ouvrir les yeux en toute hâte, presque trop vite, presque soudainement, comme s’il émergeait d’une torpeur infinie. Comme si l’espace d’un instant, il était retombé sur terre et avait quitté son monde plein d’illusions recouvertes d’un parfum piquant et violent, presque désagréable au nez. Le rappel de son état. Mais cette sensation fut très rapidement balayée par la continuation agréable de ce baiser maladroit et surtout sans aucune saveur. Il était endormi par l’alcool, endormi par l’héroïne, mais il fut rapidement réveillé par la chaleur de Charlie. Par sa chair et sa présence. Si bien qu’un désir vint à le prendre aux tripes et lui serra la gorge si fort qu’il eut du mal à respirer. Ne cherchant pas à se détacher de lui, cherchant à conserver ce contact, aussi soudain et désagréable pouvait-il être pour l’un ou l’autre. Non, ça n’avait plus d’importance. Son confort était désuet, celui de Charlie ne l’intéressait pas. Ce qu’il voulait c’était simplement cela, faire durer cet instant, et ne pas le faire cesser. Il savait ce qu’il venait de faire, maintenant qu’il s’était détaché de lui, maintenant qu’il avait reculé un instant, la tête baissée et le regard planté sur le sol, le bout de ses doigts pressés contre ses lèvres, la bouche entrouverte, comme s’il s’était choqué lui-même. Relevant lentement son visage vers Charlie, il avait voulu dire quelque chose, s’excuser peut-être ; s’agenouiller et implorer son pardon, il n’aurait pas dû faire ça, et encore moins dans cet état. Il venait peut-être même de tout saboter, il sentait déjà le malaise lui ronger l’estomac, comme quelque chose de viscéral et d’affamé. Comme si toute leur amitié s’était écroulée en si peu de temps, mais il ne parvint pas à laisser le moindre mot s’échapper de lui. Il se sentait idiot, ridicule et incroyablement pathétique.

Et puis, tout d’un coup, comme la plus puissante de toutes les gifles, comme un coup de poing porté à son propre cœur, il se fit sauter dessus à son tour, de la même façon que lui venait de le faire. Mais Charlie était plus maître de son corps, plus capable de contrôler ses faits et gestes, et quand bien même ça semblait aussi soudain et aussi maladroit, c’était plus assumé. Plus contrôlé, plus attendu même. Après tout, rien n’avait de secret entre eux. Les émotions que l’un partageait pour l’autre n’étaient pas dissimulées. Quand bien même c’était finalement peut-être une mauvaise idée de vivre dans ce genre d’amitié, c’était ainsi que la leur était faite. Et sentant l’impulsion de Charlie, ce baiser tant passionné, tant attendu, Alan ne savait que trop faire, alors il le laissa. Il le laissa continuer, il le fit même se prolonger quelques instants. Ce n’était pas si désagréable, pas si mauvais. C’était même finalement très agréable. Comme un plaisir qu’il ne se serait jamais imaginé ressentir, certainement pas avec lui. Non, c’était différent de ce qu’il s’était imaginé. Charlie ne faisait pas comme Alan s’était toujours persuadé qu’il faisait. Et ce désir enflammé qui continuait d’animer ces mouvements étaient tellement surprenants, tellement différent de ce à quoi le brun s’était habitué maintenant. C’était nouveau, c’était tellement étonnant que ça débordait de bonheur et de plaisir. Il se sentit presque perdre pieds dans cette longue étreinte, les mains brûlantes du garçon posées contre ses joues, c’était si agréable. Il ne se rendit même pas compte qu’il avait laissé ses mains se glisser à leur tour contre celles de Charlie, presque posées par-dessus, effleurant sa peau du bout des doigts et ne cherchant même pas à l’arrêter. Appuyé contre Charlie, leurs corps ne feraient presque plus qu’un, et malgré l’air glacé qui continuait de lui caresser la nuque, Alan se sentait brûler. Il sentait tout ce qui l’entourait, ce qui se passait l’avait presque sorti de sa transe psychédélique. Il ne voulait plus qu’une chose maintenant. Ses mains avaient glissés de celles de Charlie pour se refermer contre sa taille et lui empoigner les côtés. Le laissant s’appuyer contre lui, Alan n’avait aucune objection. Il était libéré, il était ouvert à toutes les idioties qui pouvaient passer par la tête de Charlie comme de la sienne. La désinhibition grandissante, il aurait été prêt à profiter du témoignage physique de Charlie qu’il sentait contre son bassin. Malgré l’environnement qui les entourait. Et tout comme Charlie, le propre corps d’Alan s’était retourné contre lui, marquant le même sentiment, indiquant la même envie.

Mais aussi rapidement que ça avait bien pu commencer, Charlie s’était finalement décidé à fuir ce long discours charnel. Brusquement, faisant tout cesser, faisant s’arrêter ce baiser qui aurait pu durer bien plus longtemps s’il n’avait pas été envahi par ce qui devait sans doute être la voix de sa conscience, ce qui le poussait à ne pas vouloir profiter de lui, à ne pas lui imposer quelque chose qu’il aurait pu ne pas désirer au final ; quelque chose qu’il n’aurait jamais voulu faire, et qu’il n’aurait sans doute jamais pu pardonner malgré cette proximité habituelle qui les caractérisait à l’ordinaire. C’était agréable, mais ça n’avait rien de véritablement sain. Alan n’était pas dans son état normal, et finalement, Charlie avait peut-être eu raison de se reculer et de ne pas vouloir continuer cette lancée qui aurait très rapidement pu mal finir. Sans compter pour autant le fait qu’ils n’étaient pas exactement quelque part de propice à tout cela. Non, tout ce qu’il venait de se passer ne présageait rien de bon si on les laissait continuer ainsi. Observant Charlie quelques instants, Alan ne comprenait pas ce soudain changement d’humeur de sa part, persuadé qu’il allait finalement faire ce dont il rêvait tant, le brun était prêt à le laisser faire. Il n’avait pas trouvé ce contact désagréable. Un sourcil plus haut que l’autre il le regardait d’un air béat, la bouche presque en cercle et l’implorant presque du regard de revenir contre lui. De prolonger ce qu’il venait de faire, de continuer et de ne plus s’arrêter. Bien qu’aucunes larmes – pour une fois – ne perlaient sur son doux visage devenu rude et torturé par de longues cernes, on devinait qu’une espèce d’étrange chagrin le traversait. Un chagrin égoïste et égocentrique. Un caprice narcissique qui ne valait strictement rien d’autre que cela. Il n’y avait que son égo et ce nouveau brûlant désir qui parlaient pour lui. Il n’avait plus rien à dire, plus rien de concret à faire. Il venait d’assister à la naissance de cette nouvelle lubie qui ne réussirait à partir qu’une fois accomplie. Qu’une fois consommée. Il le désirait. C’était devenu aussi simple que cela. Entendant Charlie grincer quelques mots et une vulgarité, Alan avait rapidement froncé les sourcils, la bouche toujours ouvertes, le visage traversé d’une moue confuse et presque colérique. Peut-être déçue. « Non ! S’te plaît, non. J’veux pas qu’tu partes ! » Avait-il décidé de geindre en s’approchant d’un pas. Ses yeux quittant le visage de Charlie pour se glisser sur ses bras, puis ses mains. Et finalement sur son téléphone.

S’il avait été dans un meilleur état, il aurait essayé de le lui arracher des mains, mais il ne pouvait pas se le permettre, il voyait fou et l’image de ce téléphone le rendait inconfortable, il avait presque l’impression de le voir tourbillonner devant lui dans de grands élans désagréables. « C’était bien, s’il te plaît. » S’était-il presque mis à implorer en regardant le jeune homme appuyer nerveusement sur les touches de l’appareil. Il ne voulait pas que ça cesse, plus maintenant, plsu depuis qu’il venait de sentir ce désir naître en lui. Il en avait finalement oublié le refus de Sawyer, et voulait tout oublier, tout changer. Il voulait profiter de ce lien qui l’unissait à Charlie, cette proximité, ce plaisir nouveau. Tout cela était tellement agréable et tellement surprenant que ça ne pouvait pas être mauvais. Il était envahi d’idées horribles et malsaines, et il voulait toutes les réaliser. Une par une, sans jamais s’arrêter. Ce désir était devenu la seule chose qui vivait dans ses pensées. Il n’était même plus question de trouver quelque chose pour compenser le manque d’héroïne, non, il voulait une toute autre dose. « Charlie, s’il te plaît. On s’en fout de mes parents. On s’en fout de tout ça. S’il te plaît. J’veux pas rentrer. J’veux pas qu’on se quitte déjà. » Soufflait-il, en le regardant d’un air des plus pathétiques. Cherchant à lui attraper la main, à le resserrer contre lui, à l’embrasser une nouvelle fois. Mais il ne voyait plus suffisamment clair pour y parvenir, sa main balançait dans l’air et il n’arrivait pas à attraper celle du jeune homme. Il n’y avait plus rien d’autre qui comptait, Charlie était la seule chose qui occupait son esprit à cet instant, rien d’autre et personne d’autre. « J-J’te-J’veux rester avec toi, longtemps avec toi. J’veux rester. » Avait-il fini par marmonner en baissant les bras, persuadé que tout ce qu’il pouvait trouver à dire n’aurait finalement aucun effet sur le bon sens et la conscience du garçon, c’était trop tard. Tu viens de tout gâcher, Alan. J’espère que t’es fier de toi. Lui marmonna une voix dans sa tête qu’il fit taire d’un brusque geste de la tête sur le côté, appuyant et serrant sa main contre l’une de ses tempes.



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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyMer 25 Fév - 6:03

The Snake's Venom.
charlie & alan

Brutalement, je me souviens pourquoi je déteste l'amour autant sinon plus encore que j'adore ce sentiment. Je hais tout particulièrement me sentir attaché à quelque chose ou quelqu'un, je préfère de loin toute forme de liberté que ce soit. Je suis un électron libre, je veux pouvoir aller où bon me semble et voguer à tout désir comme celui-ci me vient. J'ai haï l'amour quand il m'a coupé de cette liberté et que j'ai eu l'impression que mes relations ont été des prisons. Je ne peux pas même formuler de reproches à l'égard de mes partenaires passé pour la plupart, je n'ai jamais eu la malchance terrible de tomber sur une petite amie dont la jalousie maladive m'a empoisonné la vie ni encore sur un amant trop envahissant. J'ai connu de belles personnes, des gens vachement intéressants et stimulants. J'ai pourtant toujours fini par me choisir par-dessus eux, c'est-à-dire que j'ai préféré continuer mon chemin comme bon me semble plutôt que de faire des compromis pour permettre à une relation de rester en place dans le temps. Je me suis mis à regarder les couples avec un petit dédain, croyant au fond de moi qu'ils n'ont pas compris parce qu'avant quarante ans - et encore..-, il n'y a aucune raison de se ligoter à une autre personne quand on peut en rencontrer tout un tas d'aussi intéressantes et en bénéficier même davantage. Toutefois, je hais encore plus l'amour quand il s'agit de quelque chose d'inaccessible. Je crois dire sans me tromper qu'Alan est ma seule expérience dans le genre. Ce n'est pas qu'on ne m'a jamais dit non, mais quelqu'un que je voulais vraiment ne m'a jamais dit non ou alors, je m'en remettais si rapidement que je me rendais compte ne pas être si amoureux au bout du compte. Avec Alan, c'est différent. Avec Alan, ça me fait chier grave à tous les coups. Je m'en veux de toujours en faire tout un plat alors que je devrais m'en moquer gentiment, jouer les confidents et essayer de voir ce qui ne va pas. Ce n'est pas que j'en suis complètement incapable ou que ça ne m'intéresse pas, c'est ce que c'est trop difficile et frustrant d'essayer. D'ailleurs, je suis particulièrement de mauvaise humeur ce soir et ce, depuis avant même de croiser Alan. J'ai deux principales façons de l'exprimer : soit je me met à déconner comme si j'avais deux ans d'âge mental, soit je fais la gueule et me met à assener n'importe qui de mes piques ou de mes reproches typiques. Depuis que je suis avec Alan, je tangue entre les deux. J'essaie d'être sympa, puis je me renfrogne. Même s'il est l'une des personnes avec qui je passe normalement le plus de temps, je ne crois pas que j'aie déjà eu ce genre de comportement instable en sa présence. De coutume, être avec lui me rend heureux exclusivement.

Je ne peux rester de glace devant ses supplications. Je lève d'abord simplement les yeux vers lui mais ne bouge pas d'un poil, gardant bien en mains mon téléphone portable telle une menace. Mais le menacer de quoi, pourquoi surtout ? Parce qu'il n'a pas vraiment envie de moi ? Pour lui faire payer d'avoir fait semblant ? J'ai l'esprit embrouillé parce que je ne sais pas à quel point le Alan que j'ai en face de moi est capable de comprendre ce que je dis ou ce que je fais, ce que lui-même dit ou fait. Mais rapidement, il m'atteint au coeur et je baisse mon téléphone. Je n'ai pas le courage ou la force de lui faire du mal. En tout cas, c'est bien ce qu'il arrive à me faire croire, que je lui ferai du mal si je l'oblige à aller chez lui maintenant et si vite. Je soupire. Je termine tout de même de composer le numéro et je porte le téléphone à mon oreille, ne quittant pas Alan des yeux pendant ce temps. La personne qui me répond d'un ton morne, ce que je justifie intérieurement par l'heure qu'il est, me demande à quel endroit je souhaite aller une fois que je lui indique là où je me trouve. Je lui donne le nom de ma rue en clignant doucement des yeux, dans une drôle d'incertitude qui devient presque angoissante. Je me dépêche de terminer la conversation téléphonique pour revenir à celle que je devrais avoir avec Alan. Je suis plein de bonnes intentions, mais le regarder ainsi appelle une impulsivité qui est reine chez moi. Je m'approche de lui à nouveau dans un élan qui se veut amical, parce que j'ai irrésistiblement besoin de le serrer contre moi pour le rassurer et le protéger. J'aimerais en être capable. Mais quand je l'ai contre moi, tout devient si crispé, si difficile. Je sais que poser ce geste maintenant est tout ce qu'il y a de plus malsain, mais une partie de moi se ment malgré tout de façon carrément obscène juste pour m'autoriser à le toucher à nouveau.

« D'accord, alors viens chez moi. » je dis doucement, continuant à me répéter que je propose cela rien que parce que je refuse de voir encore trop de tristesse dans ses beaux yeux. « Mais il faut que t'arrêtes de me faire ça... » Le ton de ma voix est bizarre; je le sais et je le sens. C'est un peu comme si je disputais un enfant qui a poussé trop loin les limites. Je ne veux pas le brusquer, mais j'essaie d'être ferme avec un succès plus ou moins médiocre. « J'essaie de me contrôler, mais toutes les choses que je te ferais... » Je deviens anxieux. Je ne devrais pas dire des choses pareilles, voilà que les reproches paternels se transforment en quelque chose de drôlement étrange, de mauvais. J'ai le nez enfoui dans son cou parce que je ne veux plus bouger de là, parce que je ne veux surtout pas qu'il arrête d'avoir sur moi cette emprise monstre et pourtant, je sais que je dois y mettre un terme sans quoi je vais devenir fou. La perspective de savoir que je pourrais peut-être obtenir quelque chose ce soir si seulement je m'autorisais à dépasser la ligne malgré son état me glace le sang parce que je veux pas. Et en même temps, je ne peux pas concevoir de ne pas saisir la chance et cela joue non seulement avec ma morale, mais je me questionne plus qu'à l'habitude sur les réels désirs qui habitent Alan. Notre baiser de tout à l'heure n'a pas semblé lui déplaire tant que ça. Est-il donc si bon acteur qu'il peut me laisser croire avoir partagé le même plaisir que moi ?


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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyVen 27 Fév - 22:18

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Fatalement, le contrôle qu’avait Alan sur ses gestes comme sur ses mots était indubitablement limité en comparaison à la presque sobriété et l’incroyable confiance qui se dégageait de Charlie. Il était d’ailleurs étrangement devenu plus stable dans la vision troublée et floue d’Alan, il était plus agréable à regarder, comme si ses traits s’étaient lissés et qu’il avait gagné une jeunesse étrange. Il était moins flou que le reste, son visage était agréable. C’était devenu déstabilisant, il n’osait plus vraiment le regarder mais ses yeux refusaient de se détacher de ce si beau faciès. Les pensées du jeune homme étaient dérangées, devenues trop bordéliques ; beaucoup trop difficiles à suivre, il n’arrivait pas à penser. Et encore moins à réfléchir, alors il avait tout de suite laissé ces quelques phrases s’échapper sans chercher à les calculer, sans essayer d’en comprendre le sens ou même d’hésiter quelques instants avant de les prononcer. Elles étaient toutes sorties les unes après les autres, sans qu’il n’ait pu se dire quoi que ce soit en lui-même. Il avait exprimé des choses qu’il ne se serait jamais permis de prononcer dans son état normal. Et même s’il était étonné et un tantinet agacé par ce manque de contrôle, il eut l’étrange impression de bien se sentir après que ces mots furent prononcés. Il n’y avait aucun mensonge dans chacune de ses phrases, elles parlaient toutes sans faux-semblants ou sans la moindre altération, il avait véritablement dit ce qu’il pensait sans rien modifier ou omettre. Et aussi ordinaire que ça pouvait paraître, c’était peut-être bien une première. Du moins avec Charlie. Il y avait toujours eu cette étrange ambigüité dans leur amitié, on n’était jamais vraiment sûr de ce que ressentait Alan face à ce pauvre garçon qui l’aimait tant. Il n’avait jamais vraiment été très ouvert à ce sujet de toute façon, Alan n’aimait pas en parler. C’était son truc, son truc qu’il partageait avec Charlie. Et avec personne d’autre, de toute façon personne ne pouvait comprendre. Ce n’était pas juste une amitié qui s’efforçait d’être très proche, peut-être même un peu trop, non, c’était plus que tout cela. Ça partait de bonnes intentions, il savait pertinemment ce que Charlie pouvait éprouver et il ne voulait pas mimer ce qu’il aurait détesté vivre. Alors, il s’était laissé faire à transformer cette amitié en quelque chose de plus différent. Charlie y trouverait le confort du contact. Il y trouverait le réconfort de pouvoir partager autant avec Alan, sans pour autant condamner le garçon à admettre qu’il était ou qu’il y avait quelque chose de véritable entre eux.

C’était bénéfique dans les deux sens. Charlie pouvait profiter de ce qu’il voulait, dans la mesure du raisonnable, Alan le laissait faire. Et lui, en retour, retrouvait ce contact qu’il appréciait tant, la chaleur d’un autre près de lui. Comblant en quelques sortes le vide laissé par Alex après son suicide, et puis quelques temps ensuite, après ses retrouvailles avec Sawyer, ça lui permettait de profiter de ce que Sawyer n’était pas prêt à faire ni à confier. C’était réconfortant, et Alan n’avait jamais pensé de tout cela que c’était mauvais, il se disait que c’était un bon compromis, que c’était même une bonne idée. Il ne voulait pas profiter de Charlie, mais n’avait pas vraiment réfléchi ; alors, évidemment il se retrouvait en quelques sortes dans une position délicate, à profiter sans vraiment s’en rendre compte des émotions du jeune homme. Mais ce n’était pas ce qu’il avait en tête. Il voulait seulement se montrer bienveillant, il n’y avait rien de mal derrière tout ça. Pas consciemment, pas volontairement. Et puis, au final, il ne s’était pas rendu compte qu’il avait commencé à trop apprécier ça. Il se sentait différent quand il n’était plus auprès de lui. Presque comme s’il manquait une partie de lui-même lorsque Charlie n’était plus là. Mais tout cela, il l’avait refoulé, il ne voulait pas y croire. Ça ne pouvait pas être vrai, Alex était le seul qui avait pu lui faire ressentir ce genre de choses. Mais là encore, c’était une espèce d’étrange mensonge à moitié assumé. Sawyer lui faisait penser la même chose, le contact était devenu plus important que tout le reste. Et peut-être qu’au final il n’éprouvait pas vraiment quelque chose pour l’un ou pour l’autre, peut-être qu’il avait juste ce besoin d’être réconforté. Besoin de se dire qu’Alex était toujours là. Qu’il était toujours suffisamment présent. Les deux jeunes hommes étaient devenus des sortes de rappels de ce disparu. Et c’était devenu malsain. C’était rapidement devenu mauvais. Il savait que ça ne pouvait pas continuer comme ça, il fallait faire taire ces souvenirs et ces pensées qui continuaient de l’envahir un peu plus chaque jour et chaque nuit. Il n’y avait plus eu d’autres solutions pour calmer son esprit que de tomber dans la dépendance à d’horribles substances. Et grâce à elles, il venait de comprendre plus simplement et beaucoup plus rapidement ce qu’il refusait d’admettre. Il y avait quelque part, au fond de lui, une place pour Charlie. Autant qu’il y en avait une pour Sawyer. Et autrefois, ces deux parties avaient été occupées par Alex. Tout était si différent, c’était déstabilisant. Et face à cette soudaine introspection, il ne savait plus quoi penser.

Regardant Charlie faire, il n’avait plus rien dit ensuite, immobilisé par ses pensées et cette rapide découverte au creux de lui-même. Il ne savait plus vraiment quoi faire, et ce qu’il venait de dire ne semblait pas avoir eu le moindre effet auprès du garçon, du moins c’est ce qu’il pensait du bout de ses sens brouillés et embrumés par l’alcool et la drogue. Les sons s’étaient assoupis, comme s’ils avaient tous été engloutis par un mur insonorisé et invisible autour d’Alan, les quelques mots qui se dégagèrent de la conversation téléphonique furent bourdonnés, grondés, trop inaudibles pour être compris par le jeune homme qui ne voyait plus clair. Les sourcils presque froncés parce qu’il essayait inlassablement de comprendre ce que Charlie pouvait bien dire ou faire, ce qu’il faisait au bout de cet appel, il espérait que ce ne serait pas pour le quitter, que ce ne serait pas pour appeler un taxi pour renvoyer Alan chez lui et qu’ils s’en aillent ensuite chacun de leur côté pour ne se revoir qu’une fois plus tard, beaucoup plus tard. Beaucoup trop tard ? Non, il voulait rester là auprès de lui, il ne voulait pas le quitter. Plus maintenant, pas maintenant. Il voulait rester avec lui. Et tant qu’à faire, il était même prêt à rester là, sur le trottoir glacé avec Charlie tant qu’il ne le quitterait pas. Il était désespéré et déterminé. Dans un écho d’incompréhension et de confusion, sa bouche était restée très faiblement entrouverte, comme s’il avait voulu parler mais qu’il n’avait pu trouver le courage de dire quoi que ce soit, les yeux vissés sur la silhouette du jeune homme qui vint finalement s’approcher de lui. Il n’avait plus vraiment conscience de ce qu’il se passait autour de lui, il était presque absent en étant toujours là. La tête ailleurs, les yeux fixés sur Charlie, mais les pensées dirigées ailleurs, il n’arrivait pas à se concentrer sur lui. Mais le contact de ce dernier vint le rappeler à terre. Émergeant de ses propres pensées bancales et maladroites, pour apprécier le contact de cette nouvelle étreinte, sans trop rien faire d’autre. Immobile et les bras endormis, il ne savait même plus comment réagir à une chose d’aussi simple que tout cela. Il entendit la proposition de Charlie mais ne fut pas capable de réagir avant quelques instants d’immobilisme. Abandonné dans ces sensations, la chaleur de celui-ci contre lui-même avait détourné son attention, il ne voyait plus que ça. Hochant d’abord faiblement la tête, il finit par réussir à marmonner un « D’accord… » d’une voix distante, fluette ; mais surtout déconcentrée.

Il hocha la tête une seconde fois, à la deuxième remarque, pour murmurer un même « D’accord… » sur un ton tout aussi effacé, tout aussi ailleurs. Incapable de véritablement se rendre compte de ce qu’il se passait autour de lui. Bien sûr, il savait ce qu’il se passait, mais il n’avait pas vraiment l’impression d’y assister, ça n’avait pas vraiment l’air réel, comme si c’était un souvenir qu’il ressassait ou un évènement que son esprit venait d’inventer. Il n’était pas entièrement sûr que tout cela soit bien réel, et ça commençait à l’effrayer horriblement. Si bien qu’il se serra un peu plus contre Charlie, levant les bras et faisant le tour de son torse, suffisamment fort pour savoir que ce n’était pas une invention. Que tout avait bien eu lieu et qu’il ne rêvait pas. Il s’essaya à marmonner quelque chose, mais n’y parvint pas, et préféra appuyer son visage contre l’épaule du jeune homme. Pour y trouver de quoi faire disparaître cette frayeur soudaine. Tout était réel, tout allait bien se passer. Les presque réprimandes de Charlie se transformèrent en une sorte d’avertissement qui n’en avait pas vraiment l’air, une sorte de demande fantasmée. Le genre de choses clairement choquantes à entendre, le genre de choses que même Alan aurait eu du mal à accepter qu’on lui dise, mais il comprenait. Même dans cet état il comprenait. Et il ne lui en voulait pas, il ne lui en voudrait jamais. « C’est pas de ta faute. Commença-t-il à marmonner, la tête appuyée contre lui, sans le regarder. C’est moi. C’est toujours moi. J’fais le con et puis j’oublie les gens qui comptent. Les-les gens importants. ». Posant l’une de ses mains contre les cheveux de Charlie, il se laissa les lui effleurer du bout des doigts sans rien dire de plus. Pour profiter de ce moment, s’autorisant à sourire. Et se laissant aller dans ses idioties, il recula un instant, pour pouvoir voir son visage. Après un mince instant à simplement le regarder, en souriant faiblement, il l’embrassa de nouveau, ses mains se hissant jusqu’à son visage, pour lentement s’y poser et s’y reposer avec douceur. « T’as rien à te reprocher. » Avait-il chuchoté une fois ses lèvres libérées, le front contre celui de Charlie, les yeux clos et les sourcils froncés nerveusement, sans pour autant qu’il ne soit en colère. Non, au contraire, il était heureux.


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Charlie B.-Taylor
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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyLun 2 Mar - 0:13

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Exactement, Alan, c'est entièrement de ta faute et de la tienne seule si tu es ce que tu es et si cela me fait cet effet. Mais je serais bien le dernier des cons de t'en vouloir pour ça. En fait, il arrive à m'arracher un bref sourire. Je m'accroche désespérément à ce moment un peu plus léger, tout comme je le fais sans me rendre compte à lui, que j'étreins toujours un peu trop fort. Nous avons toujours été si tactiles l'un envers l'autre, si ce n'était de ce qui vient de se passer quelques minutes avant, le geste pourrait sembler banal. En me disant que ce n'est pas de ma faute, mais la sienne, il m'autorise à continuer de profiter de l'instant avec une sorte de candeur qui est habituellement mienne, mais que j'étais en train de perdre dans le drame de l'instant. Je ferme les yeux. Il fait un peu froid, alors sa présence est d'autant plus agréable à mon corps qu'elle l'est à mon coeur. Il est si difficile de trouver quelque chose de brillant à dire en un pareil moment que je me plonge dans un silence religieux et je profite un peu égoïstement du fait que je me sens particulièrement bien avec lui, ainsi. J'ignore à quel point ma présence à moi lui apporte du réconfort, mais j'ai vu bien de la sincérité dans ses yeux quand il m'a demandé de ne pas partir maintenant. Le fait de me sentir utile auprès de lui me fait du bien, trop de bien. Être parmi les gens importants de sa vie me satisfait sur l'instant. Ses paroles me touchent en plein coeur, mais sans doute ne réalise-t-il pas comme tout ceci peut devenir un poison lent, une drogue terriblement efficace sur mon être tout entier. Avec la meilleure des drogues vient la pire des addictions, Alan n'a certainement pas besoin que je le lui apprennes pourtant ! Toutes les drogues ne sont pas comme celle qu'il a jetée par terre plus tôt au bar pour éviter - vainement - que je me rende compte de ce qui se tramait sous mon nez. Il faut un long moment avant que le taxi que j'ai appelé arrive, mais ça me parait quand même trop court. Je me détache de lui douloureusement, l'impression d'être soudainement laissé nu quelque part parce qu'il fait froid sans lui dans mes bras, mais je garde la face et affiche un sourire. Je glisse ma main dans la sienne et l'entraine avec moi jusqu'à la portière que j'ouvre pour lui, le temps qu'il prenne place dans notre carrosse de la soirée.

Je donne quelques indications au chauffeur pour qu'il nous conduise chez moi, je prends les choses en mains. Je veux continuer dans cette lancée de faire les bonnes choses. Le silence a tant pris de place lorsque nous attendions dehors tous les deux que je ne sais plus trop comment le briser. Heureusement, ou malheureusement pour nous, le chauffeur semble avoir grand besoin de faire la conversation et c'est moi qui se colle à la tâche pour laisser Alan souffler un peu. Mais malgré tout, je ne le lâche pas. Ni sa main dans la mienne ni son corps qui tangue un peu et qui a fini par prendre place contre le mien sur cette banquette arrière. Je suis du genre complètement franc, mais pas avec un type comme ça dont je n'ai rien à faire au final. Mon esprit est bien plus occupé par la présence d'Alan. Je réponds donc des banalités à ses questions toutes aussi banales. Oui, la soirée s'est bien déroulée. Oui, nos études se portent bien. Oui, nous avons écouté la dernière cérémonie des Oscars... En tout cas, c'est mon cas. J'éprouve un certain soulagement lorsque le taxi tourne enfin le coin de la rue où je vis, sachant que je pourrai me retrouver seul et tranquille avec Alan sous peu. Je dois le repousser légèrement le temps de fouiller mes poches et d'en sortir mon portefeuille pour payer le trajet. Aussitôt cela fait, je reprends contrôle sur la situation et pousse un peu Alan pour qu'il sorte devant moi. Je remercie le chauffeur et prend une grande inspiration. L'air froid qui me fouette le visage me fait du bien à présent. Je me rends également compte qu'une certaine peur se met à gronder dans mon ventre, celle de ne pas savoir comment gérer le reste de la soirée à venir. Après tout, j'ai sans doute pris la bonne décision en ne le laissant pas seul, mais je ne suis pas devenu moine entre temps. La simple idée de résister aux envies qui me tiraillent avec violence me donne envie de gerber. J'entraine donc Alan avec moi, interrompant ma propre série de questionnements existentiels pour me mettre en mouvement. Ça vaut mieux, je ne voudrais pas passer la soirée ainsi et qu'on attrape froid. Je serais forcé de le réchauffer... Eh merde, ces idées me collent à la peau.

Heureusement ou malheureusement encore, il n'y a personne à la maison. Mon coloc doit être sorti. Cela accentue légèrement mon malaise, mais tout va bien jusqu'à ce qu'on atterrisse dans ma chambre, juste après avoir déposé ses quelques affaires. « Tu peux prendre mon lit. » Je ne lui lâche pas la main, mais je devrais pourtant le faire, histoire de signifier que je ne compte pas lui sauter dessus, que je ne suis pas un espèce de profiteur qui n'attend que de fermer la lumière pour satisfaire mes envies les plus folles. Bien sûr, c'est exactement ce que j'attends depuis un millénaire, mais... Enfin, il n'y a pas réellement de mais, mais quand même. Je le regarde doucement, me rappelant étrangement ce qui s'est passé tout à l'heure, ces baisers échangés. « Est-ce que t'as besoin de quelque chose ? » Question stupide s'il en est, il pourrait bien vouloir un comprimé pour le mal de crâne qu'il a peut-être, un verre d'eau, un truc à manger... Ou alors, il pourrait avoir besoin de mon aide pour le déshabiller, souhaiter prendre une douche chaude ou... Putain, je délire encore. Cette fois, je lâche délicatement sa main, sans pour autant détacher mes prunelles des siennes. Il le faut bien.
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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyMar 3 Mar - 22:45

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Dans ce silence imposé, tout allait bien. La saveur et le parfum chaleureux de Charlie étaient agréables. Moins bestiaux que ceux auxquels il s’était habitué, cette sauvagerie parfois autant physique qu’elle était métaphorique lui avait habité les narines si longtemps qu’il ne s’en était pas rendu compte à ce premier échange. Trop surpris par le baiser en lui-même, il n’avait pas eu le temps d’être étonné par le reste ; ces sensations n’avaient pourtant rien d’extraordinaire ou d’hors du commun pour le garçon si volage qu’Alan était devenu. Il connaissait la diversité des autres, mais tous les autres avaient été fades et sans saveur. Ils n’avaient été que trois à ainsi éveiller ses sens. Charlie, le troisième. Son bon sens endormi par le mélange de plus tôt, il aurait pu se rendre compte de ce qu’il venait de faire, si celui-ci avait été éveillé. Il s’était lui-même livré à la tentation de retrouver ce bref et rapide contact ; qu’il avait cette fois-ci initié. Ces sensations nouvelles ne lui rappelèrent rien qu’il eut connu auparavant, aucun des deux autres ne semblait être là, dans ses pensées. Et ni l’un, ni l’autre n’aurait pu être en mesure de produire ces effets là en particulier. Tout était différent de ce qu’il avait déjà connu, se mélangeaient une étrange impression animale, sauvage et impulsive, à une sensation de confort et de protection ; une sensation très imposante de bienveillance et de grande bonté. Alan ne s’était jamais sentit si heureux qu’à ce moment précis. Mais il n’était pas dans un état suffisamment stable pour s’en rendre véritablement compte, il ne s’agissait plus que d’une euphorie passagère à ses yeux, et malgré l’absence de bon sens, il était encore assez lucide pour se dire que c’était sûrement causé par le peu qu’il avait pu ingérer plus tôt encore. Il n’était pas assez conscient pour se dire qu’au final, peut-être, ça n’avait rien à voir avec tout ça. Que c’était juste comme ça qu’il se sentait avec Charlie. Il découvrait de nouvelles impressions qu’il aurait dû ressentir dès lors que son amitié était devenue aussi tactile avec le jeune homme, mais ça n’avait été qu’un bruit de fond qu’il s’était obligé d’ignorer, trop hanté par cet infini et incessant souvenir monstrueux qui ne le quittait plus. Malgré le peu de chaleur environnante, Alan ne frissonnait plus, réchauffé par sa simple présence, par ce simple contact devenu agréablement trop long.

Pourtant, il eut l’impression d’être jeté dans un blizzard sans rien pour le couvrir lorsque Charlie se détacha finalement de lui, alors que le taxi qu’il avait appelé arriva. Et pendant un très court moment, Alan eut l’impression d’avoir été trahi. Comme si tout venait de s’effondrer le plus rapidement possible. Il n’avait pas réalisé que Charlie avait continué l’appel, il n’avait pas réalisé qu’ils n’allaient pas rester sur place, sur ce trottoir que la soirée commençait à rendre glacé. Un sourcil haussé plus que l’autre, sans s’en rendre compte – il était trop ailleurs –, Alan manqua de s’énerver et de se mettre à hurler son mécontentement. Il s’était persuadé, l’espace de ces quelques secondes, que Charlie venait de le trahir et qu’il allait ignorer ses demandes et le ramener chez lui. Il ne se souvenait même plus qu’il avait accepté quelques minutes à peine de le suivre jusque chez lui. Son esprit était trop désordonné, trop embrouillé pour penser de manière linéaire. Ses accusations qui naissaient dans le creux de son esprit maladroitement torturé et désaxé furent rapidement réduites au silence lorsqu’il retrouva le contact de Charlie contre lui, sa main prise dans la sienne, il retrouva à toute vitesse son calme. La respiration plus calme, les traits apaisés et détendus. Nonchalamment tiré vers lui, puis vers la porte du véhicule ; Alan se mit à sourire et manqua même de rire lorsque son ami la lui ouvrit, et il s’y laissa glisser, accentuant cette impression de tournis qui lui sifflait dans le crâne. Glissant le long du siège, il alla presque s’écraser contre l’autre côté, ou du moins s’y appuya, comme pour garder un genre de stabilité. Avant que Charlie n’entre à son tour dans le véhicule et ne se mette à indiquer la destination. Leurs mains s’étaient brièvement séparées pour se retrouver aussitôt qu’il avait finalement pris place à ses côtés. Le silence continuait de s’imposer entre eux, mais fut rapidement brisé par le chauffeur qui ne se pria pas de commenter l’état dans lequel Alan avait l’air de se trouver, « On a abusé d’la bouteille, pas vrai ? Ah… Ces jeunes. » Sur un ton plaisantin, sans les moindres reproches dissimulés dans ces quelques mots. Alan ne répondit pas, la tête ailleurs, pour changer. Et il ne chercha pas à aller plus loin, et entama une autre discussion avec Charlie. Alan n’écoutait pas, d’abord penché vers la portière de l’autre côté, les yeux rivés vers l’extérieur, puis tourné sur leurs mains jointes. Il s’était redressé au même moment que la voiture s’était mise en marche mais n’avait pas tenu dans cette position, se laissant lentement glisser vers Charlie, involontairement. La tête posée contre son épaule, adorant cette main dans la sienne du bout du pouce. Il s’était même surpris à s’assoupir un instant, fermant les yeux, avant d’être réveillé par les vibrations des cordes vocales du jeune homme et la voix forte du chauffeur.

Ce qui n’avait été que quelques secondes à fermer les yeux avait été en vérité un véritable somme, fatigué et excédé, son corps n’en pouvait plus et commençait à manquer de force. Ou bien était-ce un contre-courant de l’alcool et de la drogue unifiée dans son métabolisme. Quoique ce fût, c’était suffisant pour l’avoir vidé de ses forces. Il s’était endormi le long du trajet, sans vraiment s’en rendre compte et n’avait plus bougé ni même lâché la main du jeune homme. Non, il était resté silencieux et s’était endormi sans rien ajouter, sans même le savoir ; il avait laissé l’épuisement prendre le pouvoir sur sa volonté et s’était laissé tomber contre Charlie. Les quelques minutes du trajet furent reposantes, tranquilles et presque revigorantes, puisqu’il lorsqu’il ouvrit finalement les yeux, après s’être légèrement fait pousser vers l’arrière par Charlie. Se redressant, il eut du mal à voir clair et dû se passer une main sur le visage, se frottant les paupières, pour finalement faire disparaître ce flou qui lui embrumait les yeux. Sortant du taxi, se laissant conduire et piloter par le jeune homme, Alan baillait presque. Il n’avait plus dormi depuis longtemps et ça se voyait. Il était épuisé, et marchait lentement. Peut-être trop lentement puisque Charlie lui fit presser le pas, pour fuir ce froid qui commençait encore une fois à s’installer maintenant qu’ils avaient quittés la réconfortante température de cette voiture. Et malgré tout, il y avait toujours cette intrigante impression de bien-être qui lui envahissait à nouveau les pensées. Ce n’était pas pareil à l’habitude, et ça n’était définitivement pas quelque chose lié à ce qu’il avait pris. Non, il commençait à penser que c’était tout autre chose, il fallait qu’il l’admettre finalement. Tout était différent, et tout semblait bien se diriger vers quelque chose qu’il n’avait pas osé penser. Charlie était responsable de ces sensations, c’était lui et seulement lui qui lui faisait ressentir cette impression de bonheur. C’était étonnamment agréable. Cela dit, il se sentait mal à l’aise, les circonstances étaient étranges, les évènements d’à peine quelques minutes lui occupaient encore l’esprit et il ne savait quoi penser et encore moins quoi dire ou quoi faire. Alors il se contenta de suivre les pas de Charlie et de le rejoindre à l’intérieur, pour ensuite le suivre jusque sa chambre. « T’es sûr ? J’veux pas… J’veux pas m’imposer ou te forcer à quoi qu’ce soit. » Commença-t-il à marmonner, l’air incertain, le regard posé sur lui, quelques instants avant de reposer les yeux sur le lit. « Et puis si moi j’le prends, tu vas dormir où toi ? Dans un canapé ? Non, c’est chez toi. Pas chez moi. T’as pas à faire tout ça juste pour moi, j’en vaux pas la peine. »

Il avait reposé une nouvelle fois ses yeux vers lui, d’un rapide mouvement de tête, presque choqué qu’il le laisse prendre son lit, comme si c’était quelque chose de si important et honorifique dont il n’était pas digne de profiter. Il était encore sacrément affecté par les substances ingérées et devait sans doute exagérer dans sa perception des choses, ce n’était qu’un lit après tout. Mais il resta tout de même catégorique là-dessus. « J’vois pas pourquoi je devrais en profiter comme ça, non, c’est pas juste pour toi. J’veux pas t’imposer ma présence. » Continuait-il d’expliquer. Haussant ensuite les épaules, il se heurta à une interrogation que lui-même ne s’était pas posé. « Honnêtement, je sais pas. J’te dirai bien de la compagnie, histoire que je fasse pas plus de conneries que j’en ai déjà fait avant qu’on s’voit. Et puis bon, j’ai pas trop envie d’être tout seul quand ça arrêtera d’faire effet. » Il ne s’imaginait pas lui demander de rester avec lui aussi simplement, il ne voulait plus le quitter, il aimait bien sa présence, ça le rassurait. Et trop idiot qu’il était, il n’allait certainement pas le lui dire directement, cette bêtise suffirait. Un mensonge sans vraiment que c’en soit un. Et c’était bien le cas, il ne voulait pas rester tout seul, plus maintenant. Non, il voulait rester avec lui.


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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyMar 10 Mar - 5:13

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Je souris à l'idée qu'Alan ne veut pas s'imposer. C'est à cet instant seulement que je réalise pleinement qu'il n'a jamais eu conscience de lui-même, de la façon qu'il se présente aux autres et de l'effet qu'il peut faire. Alan est un petit con, comme nous tous, qui se moque de tout et de rien la plupart du temps, mais véritablement il ne comprend pas. Cela n'a rien à voir avec le trop d'alcool et de drogue qu'il a pris ce soir. Je ne suis pas certain que ce soit réellement de la modestie non plus, mais il ne sait pas. Mon lit est loin d'être ce que j'ai de plus précieux ou le gage de quoi que ce soit. Combien de fois j'ai ouvert ou prêté mon lit à des gens qui n'en valaient strictement pas la peine ?! Ce n'est absolument rien pour moi. Je regrette parfois que le sexe ait dans ma vie pris une signification presque nulle, c'est-à-dire que c'est un passe-temps comme d'autres vont au cinéma ou jouent au carte. C'est certes un passe-temps plus stimulant et plus engageant, mais je reste avec l'idée que lui offrir mon lit ne veut rien dire de si spécial. Je ne comprends pas pourquoi il en fait une histoire de cette ampleur, cela finit même par m'impatienter un peu. J'ai au moins compris aussi qu'il ne fait pas exprès, contrairement à ce que je m'imaginais un peu plus tôt. Alan ne se rend pas compte de l'effet qu'il fait, il ne se rend donc pas compte non plus que refuser d'accepter de dormir tout simplement dans mon lit, et que moi je dorme ailleurs, ne fait que souffler sur les braises de mon désir et l'éveiller à nouveau. J'aurais préféré qu'il me demande de rester avec lui. Ce n'est pas ce qu'il fait pas ni ce qu'il sous-entend, encore moins ce qu'il désire. C'est tout de même une des options qui se présente à nous maintenant que nous allons discuter de cette ô combien grande injustice que je n'y dorme pas. Alan, pourquoi ne peux-tu donc pas te la fermer pour une fois. Je ne sais plus exactement la nature des sentiments qui me traversent, je suis amusé par les moues qu'il fait et les mots qu'il enligne comme j'enligne parfois les shots de vodka, mais je suis vraiment exaspéré de sa lenteur à saisir la posture dans laquelle il me met encore. Je commence à être légèrement las de continuellement me disputer avec lui depuis que je l'ai croisé au bar, même si ce n'est rien de bien agressif. Bordel, la façon qu'il a en horreur l'idée que j'aille dormir sur le canapé en est presque drôle.

« Tu sais, mon canapé, il est vraiment super... » dis-je, un peu grognon, tout en m'affairant à tirer les draps de mon lit pour l'inciter à s'y glisser. Ce n'est pas réellement le coeur du débat, à savoir s'il est suffisamment confortable pour que quelqu'un y passe la nuit ou non, mais qu'il se le tienne pour dit. Mes mots ne suffisent pas à faire taire Alan, je commence même à me demander si quelque chose y parviendrait vu toute la volonté qu'il a à s'opposer à cette décision de ma part avec le ton d'un gosse qui veut vraiment obtenir un truc que ses parents lui refusent. « Ok, ok... » Je lève instinctivement les deux mains, histoire de lui signifier de se calmer et aussi en guise de proposition de paix. C'est bon, Alan, tu gagnes. « Comme tu veux, j'y dormirai aussi. » Étrangement, ce n'est pas forcément du plaisir qui se cache dans le ton de ma voix, c'est plus que tout de l'agacement. Dormir avec Alan, ce n'est pas que c'est si différent de ce qu'on a pu faire par le passé, mais ce sera bel et bien la première fois que ça se produira dans ce genre de circonstances, c'est-à-dire avec personne autour. Je crois bien avoir déjà dormi avec lui une partie de nuit, mais c'était chez un pote commun à nous deux et c'était à la suite d'une soirée bien arrosée. Ça n'avait absolument rien à voir avec l'enfer que cette nuit s'annonce pour être. Mené par un instinct légèrement provocateur, parce que je déteste me faire tordre le bras et le meilleur moyen de le faire est en discutant des heures de temps jusqu'à ce que je sois tellement fatigué de le faire que je renonce à mon idée première, je me dirige vers la salle de bains et je me brosse les dents. J'ai sans doute une haleine d'alcool épouvantable moi-même. Je me regarde brièvement dans le miroir avec cette drôle de sensation d'être à la fois encore saoul, mais d'avoir une ultra conscience de la situation présente. Mon image dans le miroir, cette tête avec les traits un peu trop tirés et les yeux trop agités, me fait un drôle d'effet. Je termine et revient dans la chambre où Alan est toujours allongé. Je suis étonné qu'il ne se soit pas déjà endormi, à croire que la sieste dans le taxi lui a apporté une énergie toute nouvelle. Je retire mon chandail et mon jeans, sans la moindre arrière-pensée qui aurait l'intention de se concrétiser dans l'immédiat, tout simplement parce que je ne vais pas dormir tout habillé rien que pour éviter que ce soit étrange. Ce serait encore bien pire, j'aurais l'air de trop penser à ce qui pourrait se passer. Ce que j'ai terriblement envie qu'il se passe !

J'éteins la lumière dans le même élan où je me glisse sous les couvertures à ses côtés. Je ne dors jamais sur le dos, déjà c'est peu naturel de rester ainsi couché comme si j'étais dans mon cercueil. Rapidement, cette situation bizarre me fait penser à quand j'étais adolescent. Les premières fois à se retrouver avec une fille dans un lit sont vraiment parmi les moments les plus étranges. Après quelques secondes, je tourne la tête vers lui et ma main va se glisser dans la sienne, là où elle trouve son chemin si naturellement. La chaleur de ce contact m'apaise un peu, je souffle un : « Je t'aime, Alan, il faut que tu dormes maintenant. » Deux choses qui ont finalement peu de lien ensemble, mais qu'importe. Lui dire que je l'aime est à la fois très naturel, car vu le type d'amitié que nous entretenons, nous ne sommes pas avares de mots affectueux, et très étrange à cet instant. Cela porte une toute autre signification. Je m'approche un peu de lui, poussé par un instinct à la fois protecteur, à la fois amical et dangereusement séducteur, et je pose un baiser sur son épaule au commencement de sa clavicule. C'est léger, doux, simple. Je repose ma tête sur l'oreiller, fermant les yeux et soupirant profondément.



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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptySam 14 Mar - 4:36

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Quand Alan se braquait sur une décision, il était très difficile de le faire changer d’avis ; aussi bien en temps normal que lorsqu’il n’était plus dans son assiette ou qu’il n’avait pas les yeux en face des trous. À la limite, lorsqu’il était sobre, on pouvait espérer un peu de bon sens et d’arguments derrière ses choix, mais il ne l’était hélas plus. Et les seules explications auxquelles Charlie aurait droit allaient être des élucubrations idiotes et illogiques qu’Alan préféra taire, se contentant juste de répéter qu’il ne voulait pas, que ce n’était pas juste pour lui, et qu’il ne méritait pas toute cette attention que le jeune homme lui portait malgré lui. Peinant presque à garder son calme tant il avait quasiment l’air de paniquer à l’idée d’être si privilégié avec si peu de choses. Mais tout autant que cela le gênait, il espérait vraiment pouvoir le faire rester auprès de lui, il n’avait pas vraiment manigancé cette excuse ridicule au début, mais il avait fini par se dire que ça ne ferait de mal à personne. Il aimait bien trop cette chaleur contre lui. Charlie était spécial. Et quoi que ce fût qui le rendait si spécial, Alan ne voulait pas le perdre. Pas ce soir, il voulait rester près de lui et pouvoir en profiter aussi. C’était rassurant, agréable, et tellement bon. Bon, voilà ce que c’était ; c’était comme une pluie abondante qui lui tombait dessus mais qui au lieu de l’importuner, lui donnait chaud et le faisait se sentir en sécurité. Il avait tant besoin de ça depuis quelques temps, l’impression d’être protégé. Bien sûr c’était de sa faute s’il se sentait mal et s’il était en aussi mauvais état, mais il n’avait pas pensé que tout serait devenu si difficile aussi rapidement, alors peut-être bien qu’il fallait qu’on vienne l’aider. Qu’on le soulève et qu’on l’aide à marcher vers un endroit meilleur. Peut-être que c’était de ça qu’il avait vraiment besoin. Même s’il refusait coûte que coûte de l’admettre, préférant se complaire dans ses petits échecs et ses minuscules victoires, qui devenaient de plus en plus rares. Et aussi bien pouvait-il se sentir auprès de Charlie en cet instant, il savait que ça ne durerait pas, que ça prendrait plus vite fin qu’il ne pouvait se l’imaginer. Et la perspective de perdre cette simple présence le terrifiait. Tout était si intense à cause de cette maudite héroïne qu’il regrettait plus que tout d’être tombé dedans, mais il ne pouvait plus s’en défaire, plus maintenant. Pas tout de suite, il avait encore besoin de s’y cacher, d’y trouver du courage. Le courage malsain de continuer à vivre.

Pourtant, il aurait pu faire preuve d’un semblant de bon sens, maintenant que les effets de tout ce qu’il avait consommé commençaient finalement à se dissiper ; et essayer d’agir avec raison et contenance. Mais il n’y arrivait pas, il voulait rester enfermé dans ces restes de sensations qui lui faisaient encore tourner la tête. Il avait conscience que tout allait rapidement redevenir aussi sombre que ça l’était d’ordinaire, alors il s’était accroché à ce qui restait encore. Se convainquant que c’était la meilleure solution plutôt que de se mettre à paniquer parce que le manque allait rapidement revenir à lui. Il avait encore assez de volonté pour finalement réussir à mieux se contrôler qu’avant, rassuré par la présence et l’attention que Charlie avait eu à son égard. Ces petites choses-là avaient tout changé, et en mieux. Il allait mieux l’espace de cette soirée, et se sentait beaucoup moins écrasé par l’indécente culpabilité qui lui rongeait les entrailles dans une désagréable sensation. Un mince sourire vint se dessiner sur son visage quand Charlie céda finalement à ses offuscations ridicules, les deux bras en l’air, avouant sa défaite dans ce combat idiot. « Merci… » Chuchota Alan presque si bas qu’on eut l’impression qu’il ne fit que remuer les lèvres quelques secondes. Il aurait pu se confondre en exclamations et en bruits de joie et de bonheur exprimés, mais ça n’aurait pas été profitable, ni pour l’un ni pour l’autre. Et puis de toute façon, il n’avait pas la tête à cela. Il était heureux, rassuré de savoir qu’il n’allait pas finir tout seul. Et quand bien même il n’avait pas d’idées en particulier derrière la tête, il se mit à penser à quelque chose qui n’avait pas vraiment sa place dans son esprit mais qui était animé par les idioties de plus tôt. De tous ces effluves soudaines et inattendues qui surgirent entre eux, l’espace de quelques baisers. Et toutes ces choses qui s’étaient ensuite enchaînées aussitôt. S’asseyant d’abord sur ce lit, il le regarda s’éloigner quelques instants, sans détacher son regard de lui, comme s’il cherchait à l’accompagner sans bouger. Avant de finalement tourner la tête pour regarder quelques secondes autour de lui, comme s’il voulait retenir ce qui composait la chambre de Charlie, comme s’il voulait savoir un peu plus sur cette intimité qu’était la sienne, cette vie privée tant dissimulée alors qu’il en connaissait presque tous les détails. Les quelques secondes devinrent quelques courtes minutes durant lesquelles il s’était relevé pour observer un peu tout ce qui l’entourait, presque fasciné par le moindre détail, avant de se décider à laisser la fatigue qui lui tirait sur les paupières remporter la victoire. Retirant les plus encombrants de ses vêtements, il alla se glisser dans ce fameux lit. Et resta assis quelques instants, en tailleur, sans vraiment faire quoique ce soit, comme s’il était de nouveau victime d’une espèce d’absence. Quelques instants qui eurent l’air d’une éternité dans sa tête passèrent et il se passa les mains sur le visage, pour se réveiller. Il allait mieux qu’avant et était beaucoup moins défoncé, mais les effets étaient encore là. Et leurs inconvénients aussi.

C’est finalement qu’il se décida à s’allonger, parce qu’il fallait bien dormir de toute façon. Mais il resta de longs moments les bras croisés, sur le dos, à fixer le plafond les yeux grands ouverts. Levant parfois un bras comme pour chercher à le toucher, avant de sourire bêtement et de froncer les sourcils comme s’il était en face de la plus complexe de toutes les équations, la bouche fermée, une moue pensive gravée par-dessus son visage. Il avait la tête ailleurs, mais pas seulement. Il était obnubilé par des pensées vagabondes qui venaient çà-et-là lui perturber l’esprit, il entendait Charlie de l’autre côté, et s’imaginait des choses sans queue ni tête. Avant de finalement secouer la tête et se concentrer une nouvelle fois sur le plafond. Il fut enfin rejoint par Charlie et ne le remarqua pas d’abord, trop occupé à fixer ce qu’il fixait, comme si c’était la chose la plus passionnante qu’il ait jamais vu. Enfermé dans ses pensées, avant d’être finalement surpris par ses mouvements. Dans un minuscule sursaut il avait tourné la tête vers lui et l’avait regardé un instant avant de détourner le regard en le voyant retirer ses propres vêtements. Presque gêné, les joues rougies, il reposa néanmoins son regard sur lui, intéressé ; après quelques secondes à lui tourner le dos, qui, lui, était marqué de bleus minuscules, mais nombreux, au niveau de ses omoplates ; bleus qu’il avait lui-même probablement oublié depuis longtemps. Se retournant donc parce qu’il était intéressé et d’humeur à être bêtement taquin, il le regarda faire quelques instants sans rien dire avant d’ajouter sur un ton amusé « C’est plutôt sympa comme numéro. » qui fut rapidement interrompu par l’extinction des feux, laquelle fut accompagnée par un « Roooh. » déçu et faussement attristé. Puis se taisant et reprenant un air plus sérieux dès qu’il eut senti Charlie lui prendre la main il ferma les yeux. Pensif et apaisé. Ne réagissant pas d’abord à ce que Charlie venait de lui dire, on aurait pu penser qu’il ne l’avait pas entendu, ou qu’il n’y avait pas prêté la moindre attention. Mais il pris finalement une grande inspiration et répondit la voix très douce, très calme, « Moi aussi. » Alors qu’il sentait se déposer ce léger baiser contre lui. Le souffle un instant arrêté à ce contact, il desserra un instant sa main de celle de Charlie, visiblement troublé. Il manqua même de reculer un instant, hanté par un souvenir qui n’avait rien à faire là, celui de Sawyer. Avant de replonger sa main dans celle du garçon et de la hisser vers lui, pour l’embrasser. Il ne voulait pas se risquer à avancer dans le noir vers lui.

Pourtant, il n’écouta plus – pour changer – sa raison et approcha un instant quand même, avant de reculer, nerveux. Puis il souffla, d’un ton qu’on aurait presque pu croire agacé, « Je suis pas fatigué… » Mais tout aussi heureux de ne pas l’être. Au départ, la tête simplement tournée dans sa direction, il vint finalement à se redresser en s’appuyant sur son bras libre. D’abord silencieux, pour finalement briser ce calme et lui demander simplement, « Pourquoi tu m’as laissé faire tout à l’heure ? » Il n’attendit pas la moindre réponse et vint rétorquer aussitôt, surtout pour lui-même. « Nan, en fait, je m’en fous. T’as bien fait. » Il osa enfin s’approcher de nouveau de Charlie et vint lui déposer un baiser dans le cou. Il s’y perdit un instant, avant de réussir à retrouver un fil de pensée approximatif « Je sais pas pourquoi j’ai attendu si longtemps avant d’oser, tu sais. » Se détachant de la main de Charlie il vint lui caresser le visage du bout des doigts, fasciné par les traits du jeune homme. « T’es vraiment génial. » S’était-il mis à souffler, faute d’un meilleur vocabulaire, avant de se mettre à sourire bêtement. Heureux, plus heureux que jamais. Ses pensées sombres et noires l’avaient abandonné au profit d’un bonheur naissant, d’un bonheur plus que rassurant. « J’espère que tu m’en veux pas… Commença-t-il en fermant les yeux, il avait peur, et il espérait tant. Quand bien même il ne se serait jamais permis d’oser tout cela dans un état normal. D’avoir été si lent j’veux dire. J’ai du mal avec ces choses-là tu sais. » Instinctivement, son corps l’avait fait se rapprocher encore un peu plus de Charlie, et pour prouver sa bonne foi dans tout ce qu’il disait, il alla prendre la main du garçon entre les siennes, la chérissant comme si elle était d’une valeur inestimable, et y déposa un autre baiser.


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Charlie B.-Taylor
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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyMer 18 Mar - 4:52

The Snake's Venom.
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Ça m'a toujours fasciné de voir qu'une seule et même personne, avec tout ce que sa personnalité a de propre, peut agir si différemment selon les circonstances ou encore les personnes avec qui elle se trouve. Ça m'a toujours fasciné de réaliser à quel point moi-même je peux être un caméléon capable du meilleur et du pire. Tantôt emmerdeur professionnel à qui on veut mettre la baffe - parce que je sais être lourd quand je m'en donne la peine, spécialement lors de soirées arrosées où je déconne avec les potes -, tantôt artiste sensible désireux de solitude pour m'enfermer jusqu'au plus profond de mes pensées afin de trouver l'inspiration. Avec les gens surtout, je peux être le nord ou le sud. Il y a ceux que je respecte profondément et à qui je témoigne une affection toujours toute particulière. En général, cette catégorie englobe la plupart des gens parce qu'on m'a appris à être respectueux et bon. Mais il y a aussi ceux que je ne peux blairer, il ne faut pas chercher loin pour penser à un exemple, et ces gens-là, je pourrais leur faire subir tous les calvaires que mon imagination est capable de mettre sur pieds. En amour, l'effet girouette dont je suis capable comme presque toute l'humanité m'apparait encore plus claire. Il y a ceux et celles qui me plaisent, avec qui je passe un temps ou deux sans plus. Avec eux c'est souvent bien, même très bien, mais ce n'est pas autre chose, ça ne va pas au-delà. Il y a les aventures qui ont une durée dans le temps bien qu'elles ne demandent pas d'implication émotive trop poussée, celles-là font grandir un peu et m’apprennent surtout sur moi-même, ce qui me plait ou pas, ce que je veux ou non. Il y a les petites amies, celles dont je garde des souvenirs plus assombris par les ruptures qui les ont éloignées, mais qui m'ont ouvert sur la possibilité de partager quelque chose à deux sur le long terme. Cette idée ne me déplait pas, à l'exception faite que je n'ai jamais vraiment été avec la bonne personne pour souhaiter me projeter trop longtemps et pour accepter de faire tous les compromis nécessaires à la bonne réalisation de ce projet. Plus, quelque chose en moi a toujours éprouvé l'irrésistible envie des hommes, de leur force, de leur égo, de leur coeur tantôt tendre tantôt aguerri contre les sentiments trop doux. Tout cela au final pour dire que j'ai été différent avec chacune des personnes qui a partagé une parcelle de mon coeur, que ça ait compté beaucoup, peu ou même très peu. Et que même à côté de toute cette palette de différentes attitudes, je me sens auprès d'Alan comme un tout autre homme. Il arrive même à me faire sentir différemment une seconde et sa suivante, pour le meilleur comme le pire, jusque dans les extrêmes les plus affolants.

Je ne lui faisais pas un numéro, mais j'aimerais bien, et sa remarque m'avait tirée un sourire avant que je ne m'installe sous les draps avec la tête bien trop pleine pour trouver le sommeil aussi rapidement que je le devrais. L'avoir près de moi ainsi au milieu de la nuit m'apaise autant que cela éveille dans ma tête et dans mon coeur une multitude de petites étincelles difficiles à éteindre à présent. Mais je fixe le plafond sans vraiment le regard puisqu'il fait noir de toute façon, et je tiens sa main dans la mienne avec la grande conviction d'avoir fait le bon choix; celui d'agir tel le meilleur ami que je suis sensé être pour lui. Ce n'est que lorsqu'il me répond que lui aussi que je ferme les yeux, ses mots étant une forme ô combien douce de permission de m'apaiser. Je m'apaise parce que je sais que c'est vraiment vrai. Certes, cela ne veut sans doute pas dire exactement la même chose que c'est le cas lorsque je le dis moi-même, mais je sais bien que je compte pour Alan. Heureusement alors, car c'est ce à quoi je m'accroche à chacune des fois, quand je me met à trop douter ou à être en colère. Je me souviens que la vie est une emmerdeuse bien plus grande que moi ou Alan, ou même les deux réunis, et que ce lien qui nous unit en est un véritablement fort. Cela vaut la peine d'être ressenti, je ne renierai certainement pas mes sentiments à son égard quoi que ceux-ci aient comme conclusion au final. Je préfère encore aimer dans le vide que courir dans tous les sens et ne rien ressentir. C'est le petit côté dramaturge en moi, mais ça me fait me sentir si vivant tout compte fait. C'est à ces pensées que j'arrive à garder les yeux fermés, à ne pas insister, à ne pas réclamer plus et seulement à apprécier. Tant de mots qui ne sont pas prononcés tout haut, tant de choses qui ne sont pas faites alors que des milliards d'idées naissent dans ma tête, mais c'est ainsi et c'est tout. Ou du moins, ça aurait été tout si la suite des choses n'avait dépendu que de ma seule volonté. Parce que je sais être raisonnable, on me l'a appris ça aussi, et j'aime bien l'être de temps en temps. S'il n'y avait pas ce baiser dans le cou qui me tire un immense frisson d'à partir du bas du dos jusque dans le cuir chevelu, j'aurais pu rester ainsi bien sagement. S'il n'y avait pas ces mots qu'il ajoute encore et encore, qui arrivent à me chavirer doucement le coeur et à me faire ouvrir à nouveau les yeux pour le regarder...

Lui en vouloir ? Aurais-je donc une raison de le faire ? Si j'étais en meilleure possession de mes moyens, je pourrais peut-être lui reprocher à nouveau de jouer dans ma tête et avec mes désirs avec une habileté véritablement dérangeante. Ce n'est pas le cas, je n'ai aucune emprise sur la façon dont je me sens, pas la moindre ! « Alan... » Mince protestation. Je n'ai pas envie de protester. Embrasse-moi, putain de merde, Alan, qu'est-ce que tu fabriques... Il est lent, qu'il dit. Et moi, je bouille du besoin de son corps contre le mien, je le dévore des yeux bien trop directement. S'en rend-il compte ? Ses mots laissent y croire, mais s'en rend-il vraiment compte ? Je le laisse faire quelque temps, n'opposant pas de résistance à la proximité qu'il instaure entre nous ni rien. Mais je n'en peux plus de ne rien faire ou de ne rien dire. « Dis-moi... » Je vais chercher son regard du mien, cette fois en me redressant et en me positionnant au dessus de lui légèrement. Il ne me faut pas exercer une grande force pour le dominer ainsi, Alan n'a aucun moyen sinon que la parole de vraiment se refuser. « Si tu veux que j'arrête... » Je lève une main doucement, caresse sa joue du bout des doigts tout en profitant du fait que mes yeux s'habituent lentement à l'obscurité pour admirer son visage. Peu importe qu'il soit dans un sale état, il reste incroyablement beau. Encore plus beau même parce qu'il est là, tout près, à une proximité qui rendrait n'importe qui complètement débile. Mais je préfère ne pas avoir ce genre de pensée parce que je ne veux pas que qui que ce soit d'autre ait envie d'Alan autant que j'ai envie de lui en ce moment. Je n'ai pas tellement l'habitude d'être un être possessif, mais je voudrais croire que ce moment en est un tout singulier. Je voudrais sentir que j'accède vraiment à lui, qu'il est entièrement là avec moi. Difficile de ne pas se laisser berner à la façon qu'il a de me regarder, de sourire légèrement. Difficile de ne pas être complètement mené en bateau par les mots qu'il a dit juste un peu plus tôt. Si c'est de la frime, je suis prêt à prendre le risque. Je ne réponds plus vraiment de mes actes de toute façon et je viens une fois de plus de lui présenter sur un plateau d'argent une possibilité de me dire qu'il ne ressent pas la même chose que moi. Je n'oserais en aucune occasion poser la question à la positive, à savoir s'il le veut, s'il m'aime, si... Je ne veux pas savoir en fait. Je veux y croire, là, tout de suite, maintenant.

Alors je l'embrasse passionnément, avec plus de facilité à m'abandonner dans le geste que plus tôt sur la rue lorsqu'il m'a complètement surpris. C'est tellement naturel, c'est tellement rassurant. Je suis du genre à me poser à l'infinité des temps mille et une questions sur à peu près tout, mais pas en ce moment. Aucune question ne vaut la peine d'interrompre l'instant précieux. Et Alan sait qu'il peut encore me repousser gentiment, me dire qu'il est fatigué en fin de compte. Sauf que moi, je ne saurais plus dormir tranquillement à ses côtés sans rien dire, sans rien faire.


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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyJeu 19 Mar - 4:56

The Snake's Venom.
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Noyé quelques instants dans la chaleur, le confort, le réconfort et la chair de Charlie ; Alan s’y était perdu. Contre lui, son train de pensées s’était écrasé au même rythme qu’il avait appliqué contre la peau brûlante de ce cou son doux baiser devenu le gage de son affection profonde. Échoué contre lui, ses lèvres eurent bien du mal à l’abandonner, le pauvre s’y était déjà habitué. Y parvenant après des secondes qui lui eurent l’air bien trop courtes, Alan se laissa enivrer et aveugler par les passions sulfureuses qui l’habitaient et les odeurs agréables qui se dégageaient de Charlie. Ce parfum d’alcool qui planait semblait même s’être dissipé et s’être fait remplacer et surpasser par l’agréable parfum de Charlie, cette odeur naturelle qui le caractérisait bien mieux que tous ces nombreux verres enfilés. Enfermé dans les narines d’Alan qui ne pouvait plus s’en débarrasser, l’odeur était relaxante. Il ne pouvait plus la faire disparaître et ne voulait pas même s’en séparer. Et aussi peu important que ça aurait pu avoir eu l’air, Alan aurait voulu rester un peu plus longtemps contre la gorge du jeune homme, s’y noyer un peu plus longtemps, y sombrer, s’y écraser et ne plus en sortir, comme un large et incessant fleuve qui ne cessait jamais sa course peu importe les choses qui s’y jetaient ou qui s’y écrasaient. Il aurait voulu sentir la chaleur de la peau du jeune garçon contre lui un peu plus longtemps, et instinctivement, pour essayer d’être touché par celle-là, pour ressentir ce corps vivant à côté de lui, il avait donc rapproché son être de lui, sans véritablement s’en rendre compte, comme s’il s’était agi d’un mécanisme de survie. Parce qu’au final, s’il survivait, c’était bien grâce à ces gens avec lesquels il était proche. Ils n’étaient pas nombreux, mais chacun d’entre eux avaient une place incroyablement importante et immuable dans les pensées d’Alan. Mais pour l’heure, il n’y en avait qu’un seul qui lui occupait désormais l’esprit. Et c’était Charlie et nul autre que lui. Minaudant quelques paroles sincères qu’il n’aurait jamais osé laisser s’échapper de ses pensées, Alan lui avait pris la main pour l’embrasser et s’enivrer un peu plus de ces sensations et de ses parfums rassurants.

Ne pensant à plus grand-chose en particulier, il s’était vidé l’esprit de ces simples baisers, savourant l’instant et se noyant dans ce moment précis. Il n’était pas bien certain de ce qu’il pouvait ressentir, mais il savait que c’était agréable, et c’était bien tout ce qui comptait. Les yeux noyés dans le noir il avait tout de même l’impression de voir clairement, il avait l’impression de sentir les formes de Charlie se dessiner en face de lui, et elles étaient agréables. Elles étaient belles. Il s’y abandonna quelques instants, à essayer d’y voir mieux, à le comprendre et mieux l’apercevoir dans ce berceau d’obscurité qui lui donnait l’impression d’être enfermé dans un cocon, ou dans une sorte de caisson à l’écart de tous l’univers. Il n’y avait plus que lui et Charlie. Rien d’autre qu’eux deux et leurs sensations partagées. Il écoutait avec beaucoup d’attention les murmures silencieux qui se dégagèrent des lèvres de Charlie et se laissa faire lorsque celui-ci décida de s’approcher à son tour, se pressant contre lui et se redressant par-dessus sa silhouette. L’esprit enchanté par le mouvement produit par ce déplacement, il avait l’impression d’être séparé de lui-même, comme si son esprit s’était détaché et qu’il ne pouvait plus penser à rien d’autre que ce qui avait directement lieu en face de lui – contre lui. L’obscurité n’avait même plus l’air d’être une contrainte, la proximité de leurs deux corps agissait comme une étoile incroyablement faible, suffisamment pour qu’il puisse voir nettement le garçon de près. L’entendant murmurer, et ne disant rien, il le laissa approcher de sa main son visage, et ferma les yeux dans un frisson lorsque son visage fut frôlé. Rouvrant les yeux assez rapidement, Alan l’avait regardé, laissant un sourire sincère et discret, plein de timidité, se dessiner sur son visage. « Tout va bien, t’inquiètes pas. » Avait-il simplement murmuré à voix très basse, tout en passant sa main sur celle de Charlie, la lui prenant sans la retirer de son visage. Le laissant continuer. Quelques moments de douce compassion durant lesquels Alan se noya une nouvelle fois dans la présence imposante de Charlie, à l’observer silencieusement, se satisfaisant de la simplicité de cette main contre son visage. Retirant sa main de par-dessus celle de Charlie lorsqu’il le vit lentement approcher de son visage, il la laissa retomber sur le côté, tandis que la passion du jeune homme vint se libérer entre les lèvres d’Alan.

Silencieux du moindre refus, il se laissa faire et laissa Charlie déverser toute cette impatience dans ce geste-là, Alan avait bien conscience de tout ce qu’il pouvait avoir fait ressentir au jeune homme plus tôt, il n’était pas surpris. D’ailleurs plutôt rassuré. Le souffle bruyant tout du long, il resta d’abord immobile, avant de finalement faire glisser ses bras le long des côtes de Charlie le serrant contre lui pour faire durer ces passions qu’ils partageaient. Une main restée ensuite contre le torse de Charlie, mais pas pour le repousser, il fit glisser l’autre jusque la nuque du jeune homme, qu’il vint serrer avec passion tandis que le baiser continuait et qu’il le faisait lui-même durer un peu plus longtemps. Se redressant une fois ce long échange terminé, il parvint finalement à retrouver la gorge de Charlie que ses lèvres saluèrent de nouveau de nombreux baisers tandis que ses mains gardaient contact avec les fines cuisses du jeune homme. Presque carnassier dans ces baisers, il avait presque l’air de mordiller la peau du cou de Charlie, plutôt que de la lui embrasser. S’arrêtant un instant pour le regarder, Alan avait les joues rouges et on pouvait presque distinguer de la transpiration contre ses tempes. Sa respiration n’était pas calme, son souffle presque rauque était bruyant et irrégulier. Il essaya quelques instants de parler, mais ne sut pas quoi dire. Il n’avait jamais été vraiment très loquace dans ce genre de moment-là. Alors il se contenta de ne rien dire et d’enlacer Charlie quelques instants, la tête contre son épaule, les mains contre ses omoplates. Leurs deux corps serrés l’un contre l’autre ne pouvaient pas être indifférents, et Alan fut sûrement le premier des deux à réagir, mais il ne se détacha pourtant pas de cette étreinte et y resta même quelques instants sans rien faire ou attendre d’autre, trouvant simplement du réconfort dans les bras du jeune homme. Il voulait lui dire tant de choses mais ne parvenait pas à formuler quoique ce soit, trop fatigué, trop ailleurs. Ce n’était de toute façon pas grave, il le savait, sa relation avec Charlie lui permettait de rester silencieux sans que ce soit gênant, l’un comme l’autre se comprenaient tout aussi bien dans le silence que dans de longues et fatigantes discussions. Mais bien que réconforté, la position commençait à devenir insupportablement inconfortable, et se détachant donc de cette étreinte, il retrouva sa position à demie-allongée, tirant Charlie avec lui, l’embrassant dans le cou puis sur les lèvres.

Ce qu’Alan savait, c’était bien que Charlie espérait que cela se produise depuis longtemps, il n’était ni dupe ni aveugle, et malgré son manque de lucidité vis-à-vis de ce qu’il pouvait bien renvoyer ou de ce qui pouvait plaire en lui aux autres, il savait reconnaître de l’amour et savait reconnaître le désir. Ce qu’il était incapable de faire avec lui-même. Depuis la disparition d’Alex il n’avait jamais plus été capable d’être certain de ses propres sensations et émotions. Il n’avait plus jamais réussi à se dire s’il était simplement intéressé, curieux, ou véritablement amoureux de qui que ce soit. Tout était devenu si identique et si indéfinissable à ses yeux, qu’il ne savait plus faire la différence. C’était la même chose avec Charlie, et tandis qu’il le gardait par-dessus lui, une jambe sur le côté, le genou plié ; il se surprit à penser qu’il l’aimait peut-être. Il n’était pas préoccupé par ces pensées-là, ni même inquiété, simplement interloqué. Au fil d’un autre baiser, il pensa ne pas l’être et de simplement le désirer avec la même passion qui l’animait dans son désir pour Sawyer. Mais il se heurta à une réalisation, il aimait Sawyer. Bien sûr que oui, mais il éprouvait la même chose pour Charlie. Doutant quelques instants, il manqua de s’arracher à la chaleur de Charlie quand finalement ses pensées furent interrompues par ses propres réactions charnelles. Passant une main dans la nuque du garçon, jusqu’au travers de ses cheveux, il le regardait avec désir et plaisir. Offrant un autre baiser chargé de passion, il fit vagabonder sa main libre le long du torse de Charlie avant de s’y arrêter bien bas. Il était décidé.


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Charlie B.-Taylor
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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyDim 29 Mar - 4:26

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Tout va bien... Il n'aurait pas pu mieux choisir ses mots pour m'apaiser. Quoi que, ce n'est peut-être pas la meilleure façon d'exprimer les choses, car si mon esprit est rassuré d'entendre que 'tout va bien' pour Alan en ce moment, tout le reste de mon corps s'active. Je suis guidé par une force mystique, quelque chose d'encore plus intense que le désir. Si ce qui se passe entre nous n'est qu'un mensonge, alors quel beau mensonge c'est. Je ne sais décoder toutes les nuances qui se glissent dans son regard que je ne quitte que le temps de lui prendre un baiser ou deux, que pour découvrir un peu plus son corps et m'enivrer de lui. Une partie de moi aimerait si ardemment qu'il me parle, qu'il me dise comment il se sent et ce qu'il pense de tout ça; quelles sont les raisons qui le poussent à accepter mes avances on ne peut plus explicites et même mes caresses. Mais tout est si doux, si invitant, et Alan se montre lui-même suffisamment entreprenant pour faire complètement taire mes réserves à me laisser aller à tout ça sans retenue. L'unique chose qui m'importe à présent, c'est de me sentir plus près de lui que jamais, et d'avoir l'impression d'être le seul pour lui et qu'il est également le seul pour moi. Je ne suis pas un type si possessif, voire pas du tout en temps normal, mais rien n'est jamais normal avec Alan, tout est toujours plus intense, plus grand et plus beau. Ce n'est certainement pas ce soir que cela va s'arrêter, bien au contraire. Je le dévorerai de toute la passion qui m'habite depuis si longtemps à présent, et lui procurerai je l'espère autant de sensations fortes qu'il m'en donne sans relâche, de sa simple présence. J'aime Alan, et je l'ai à disposition, c'est presque trop beau. Toutes les idées florissent dans ma tête ne demandent qu'à être mise à exécution dans la réalité, dans notre réalité à nous deux seuls.

* * * * *

J'ai les yeux rivés au plafond, l'esprit rêveur et surtout pas près de me laisser prendre dans les bras de Morphée. Il y a Alan dans les miens, que je serre tout doucement parce qu'il est mine de rien dans cet instant précis ce que j'ai de plus précieux dans le monde tout entier. C'est aussi ma façon de ne pas laisser s'échapper le moment, bien que cela fasse au moins une heure ou deux que le garçon s'est assoupi. En ce qui me concerne, je n'ai pas sommeil. Je ne veux pas perdre le contact avec le souvenir bien précis de cette douce nuit, je n'ai pas besoin de dormir pour le moment de toute façon, j'ai toute la vie pour le faire. Je ne m'en étais plus rendu compte, trop omnibulé par lui, mais je crois que la fatigue le tenaillait depuis trop longtemps et que je l'ai tenu éveillé un peu trop longtemps. Un mince sourire vient tirer les traits de mon visage, sourire imperceptible dans cette obscurité où je suis de toute façon bien seul à veiller sur son sommeil. S'il était à ce point fatigué, cela n'a pas vraiment paru en tout cas. Je n'ai pas l'impression d'avoir dormi moi-même, bien que le temps ait passé, que l'aube se laisse entrevoir, toute délicate, à travers la toile dans la fenêtre de ma chambre. Je me concentre à ne plus bouger, pas d'un centimètre, parce que je suis tout simplement heureux de le savoir paisible pour le moment. Je pense à tout, et à rien en particulier à la fois, et cet instant en est un rare où je ne me soucie de rien. Ni les cours ni ce qu'il y a à faire en cette nouvelle journée qui commence ni la famine dans le monde ne me préoccupent vraiment. Pas plus la complexité que pourrait maintenant avoir notre relation, je me contente de m'accrocher aux sensations qui se font encore si présentes que je crois les ressentir sur ma peau. Un frisson me parcoure, débutant dans le bas de mon dos, et maintenant en place ce sourire qui est apparu quelques secondes auparavant. Je flotte littéralement sur un petit nuage et pour rien au monde je ne souhaite en descendre. Tant pis pour la réalité.

Sans vraiment l'avoir calculé, l'une de mes mains a quitté le creux de ses reins où elle s'était nichée pour retrouver ses cheveux que je caresse doucement. Je tourne un peu la tête pour voir son visage endormi, ses airs un peu juvéniles de ce point de vue. Alan est d'une beauté rare. Je l'aime en toutes circonstances, qu'il joue au voyou sarcastique à qui rien ne fait un pli ou qu'il soit complètement abattu par ses démons. Bien sûr, je préfère lire sur son visage un semblant du bien-être et c'est ce que j'ai l'impression qui est le cas en ce moment. Je ferme les yeux doucement, toujours souriant, toujours plus qu'heureux, et sans m'en rendre compte, je finis par m'endormir moi-même et contre ma volonté, ma main cessant bientôt de caresser ses cheveux mais y restant mollement. Puis, au bout d'un moment qu'il m'est impossible de calculer, je m'éveille en sursaut. En fait, c'est Alan qui m'y pousse. Je mets de longues secondes à situer le tout et à me rendre compte de ce qui se passe, mais je le sens complètement agité, se détachant de moi à une vitesse qui m'est presque douloureuse. Je cligne des yeux dans la pénombre de la pièce, me redressant moi-même pour reprendre mes esprits. Je suis d'abord incapable de prononcer un mot, la réalité venant me frapper en plein visage, mais incapable de comprendre tout à fait. Je réalise après un moment qu'Alan a fait un mauvais rêve, que c'est ce qui l'a réveillé avec cette brutalité étrange. Je devrais le rassurer, je devrais lui souffler à l'oreille quelques mots ou lui poser une pluie de baiser sur le corps, mais je reste figé. On dirait qu'il fait plus froid, pas seulement parce qu'il n'est plus tout lové contre moi, mais aussi parce que je me rends compte qu'il y a comme une étincelle d'horreur dans ses yeux. Je tire le drap sur moi instinctivement, parce que je suis encore nu et lui aussi, et je continue de le regarder sans rien dire un long moment. Le temps se fige, mais pas dans la même ivresse que cette nuit ou ce matin à l'aube. Tout est différent. J'ai un peu la nausée.

« Ça va ? » je demande alors, d'une voix un peu rauque parce que je n'ai pas parlé depuis un moment et que j'ai l'impression de forcer le silence et ma voix par le fait même, comme si nous aurions dû être encore endormis à profiter de la chaleur l'un de l'autre. Je suis inquiet, comment ne pas l'être ?, je ne sais pas ce qui se passe dans sa tête et à présent, cela m'est vraiment désagréable et problématique. Je soupire lentement, soupir imperceptible, je glisse une main dans mes cheveux en espérant reprendre mes esprits. Je n'en ai pas envie, je ne veux pas quitter ni mon lit ni cet instant si spécial entre nous, mais la réalité me rattrape. Je savais qu'Alan n'était pas exactement dans son état normal, que ce ne serait en aucun cas simple de ne pas freiner mes pulsions et les siennes. L'aurais-je dû ? Étant le plus sobre de nous deux, était-ce ma responsabilité ? Tant pis pour la morale. Les sentiments, la passion, la spontanéité d'un moment trop beaux ont parlé plus fort.


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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyLun 30 Mar - 1:53

The Snake's Venom.
charlie & alan

Un océan. Il y eut un océan d’impressions et de sensations vagabondes qui vinrent l’envahir en toute hâte tandis qu’ils s’unissaient. Et lui, déjà ailleurs, déjà perdu, ne s’en souviendrait pas. Alors que Charlie en aurait le droit. Les pensées d’Alan, trop vagabondes et trop volatiles pour le moment ne lui permettraient même pas de se souvenir et de savourer ce qui venait de se produire à peine quelques heures plus tôt. Il était épuisé, mais avait su rester éveillé, il avait réussi à supporter l’épuisement pour finalement se laisser tomber dans les bras solides et robustes de Morphée, qui devinrent ensuite ceux de son jeune ami. Il dormait. Mais pas vraiment, plutôt effondré par la fatigue et le manque de sommeil qui s’accumulait depuis plusieurs jours, il était écrasé contre le garçon. Fatigué et éreinté. Il n’avait plus dormi autant depuis si longtemps que cela même il ne s’en souvenait plus, dormir. C’était si naturel et pourtant devenu si rare et difficile pour lui, être assez calme pour réussir à fermer l’œil et ne plus se noyer dans les remords et les regrets. Il allait bien, cette fois, il était heureux. Mais il n’en avait même pas conscience, affalé contre le torse de Charlie, à s’émerveiller dans des songes qu’il n’avait plus côtoyé depuis longtemps, trop occupé à tuer ses pensées et sa cervelle à petit feu. Il fallait bien le faire, se convainquait-il, c’était le seul moyen de faire taire Alex et son horrible présence qui se faisait de plus en plus présente en ses esprits et ses murmures. Il ne voyait quasiment plus que lui, son visage blafard, blême et ensanglanté, son visage pâle et ses yeux tâchés de cernes brûlants. Il n’arrivait plus à se défaire de l’image qui revenait sans arrêt. Ce suicide l’avait traumatisé si tôt qu’il ne s’en était pas remis. Orgueilleux comme il était, se faire aider était hors de question. Il valait mieux que ça, il n’était pas comme les autres, il n’était pas comme ces fous qu’on enferme. Il n’avait pas besoin d’aide. Tout allait bien, se convainquait-il. Mais ça n’était pas suffisant, il avait beau finir par croire en ses propres mensonges, ce n’était que très loin d’être suffisant, rien ne fonctionnait ; ni le silence, ni le pardon, ni la simple acceptation qu’il n’y était pour rien. Il continuait de le hanter, ce monstrueux spectre d’Alex. Il ne s’y était pas habitué, jamais. Depuis ces retrouvailles et ces nouvelles relations auprès de Sawyer, Alan vivait dans l’horreur de ces visions qui refaisaient surface après tant de temps sans jamais plus les cauchemarder. Tout avait basculé. Et tout d’un coup, les terribles souvenirs de son adolescence l’avaient envahi de nouveau, le jetant dans une tourmente destructrice. Plus rien n’allait.

Emmuré dans des rêves devenus rares, il ne se souviendrait pas au réveil de ce qu’il voyait et imaginait. Pas plus qu’il ne se souviendrait du reste de la nuit et même de ce qu’il faisait là, blottit contre Charlie, à apprécier sa présence dans les moindres détails et les plus infimes et intimes moments. Quand bien même il dormait, il y avait une étrange impression, parce qu’il allait sans doute se réveiller très rapidement, d’être conscient. Cette sensation intrigante et assez étrange qu’on savait que l’on rêvait. Il savait qu’il rêvait, et il savait qu’il était ailleurs ; il ressentait la chaleur de ce torse contre son visage, mais n’était pas capable de s’en détacher, comme si son rêve le retenait encore un peu trop. Il n’était pas vraiment sûr de ce qu’il se passait, mais il pensa que tout ceci était lié à son songe et rien d’autre. Il n’était pas à proprement parlé éveillé, mais il n’était plus vraiment endormi de toute façon. Il voyait encore ces choses de ses rêves, mais ne s’était pas encore rendu compte qu’il ne s’agissait que des bribes de souvenirs de ce qu'il avait pu imaginer dans son sommeil, quelques minutes plus tôt. La tête encore embrumée, les inventions de son esprit défilaient à toute vitesse devant ses paupières fermées, des morceaux incomplets de baisers et d’embrassades, de rapides images d’un visage qu’il n’arrivait pas à détailler suffisamment longtemps pour voir de qui il s’agissait, des mains jointes les unes dans les autres, puis d’autres choses, tant de choses qu’il ne pouvait pas toutes les voir. Il y avait comme une espèce de torpeur dans ses pensées, alors même qu’il commençait à se réveiller, mais toujours trop effacé dans ses songes pour vraiment bouger, il restait là, avachi dans la silhouette de Charlie, à sourire bêtement, parce qu’il rêvait encore un peu et que ses pensées étaient heureuses. Malgré son visage tiré par les cernes et la fatigue devenue habituelle, il avait l’air beaucoup plus reposé qu’avant, beaucoup plus calme et beaucoup plus serein que la soirée dernière. Il n’était pas recroquevillé contre lui-même, mais presque étalé contre le côté de Charlie, à rêvasser et à trainer. Il ne savait plus trop s’il rêvait ou s’il était éveillé. Et sans vraiment s’en assurer, il avait décidé de considérer que cette chaleur ne venait que de ses pensées. Les yeux toujours clos, il commençait à s’éveiller finalement jusqu’à ce que le mouvement répété et apaisant de la main du garçon dans ses cheveux ne vienne renforcer la fatigue et le faire sombrer une nouvelle fois dans un plus long sommeil. Un léger frisson de détente lui avait fait dresser les poils dans la nuque et l’avait fait se resserrer machinalement contre le corps du jeune homme. Endormi et tout à fait détendu, incapable de lutter contre la nouvelle vague qui vint le faire chavirer de plus belle dans le royaume de ses songes.

Il n’avait plus vraiment conscience de ce qu’il venait de se passer, puisque tout avait eu lieu entre ses rêves et ses rares moments d’éveils dans le sommeil, et tout s’était enfoncé dans le plus profond de ses pensées, lui faisant tout considérer comme des parties de son long et interminable rêve, qu’il oublierait quelques minutes à peine après avoir ouvert les yeux. Et tout cela, n’aurait finalement eu pas la moindre importance, il aurait rêvé de tout et aurait même revécu ce qu’il s’était passé dans sa tête avant qu’il ne soit la victime de son propre éreintement, puis il aurait tout oublié, ravagé par les restes d’alcool et d’héroïne qui lui offrirait le plus violent de tous les maux de têtes. Lesquels étaient devenus monnaie courante, comme ce manque de sommeil réparateur dont il aurait tant eu besoin. Ou cette compassion dont faisait preuve Charlie à son égard, ça aussi il en aurait terriblement eu besoin, mais idiot comme il était, il ne pourrait pas s’en souvenir, puisqu’il aurait tout oublié de la nuit qui précéda tout ceci. Son sommeil était rapidement devenu moins linéaire que plus tôt, s’échelonnant entre des moments de rêve complet, et des instants où ses yeux s’entrouvraient l’espace de seulement quelques secondes, avant de se refermer, toujours envahi par la fatigue. Quelques minutes à peine  et ça recommençait de plus belle. C’est seulement après une demi-heure de cette routine que ça s’arrêta finalement, et il se laissa tomber une nouvelle fois dans une rapide somnolence, l’héroïne continuait de s’amuser avec son métabolisme, bien qu’aucun autre effet n’eut tendance à venir pointer le bout de son nez. Et finalement, il parvint enfin à ouvrir les yeux plus longtemps, pour retrouver ses esprits, ayant d’abord du mal à s’habituer à la clarté très faible, comme si elle était aveuglante, et à ce corps si près du sien. Il n’avait pas véritablement émergé de ses songes et n’avait donc pas encore réalisé ce qui se passait réellement, il resta un court instant à observer ce qu’il pouvait apercevoir dans ce peu de lumière qui se glissait au travers des fenêtres. Distinguant maladroitement un visage, mais trop endormi pour réussir à mieux le détailler dans cette aube naissante. Il s’était redressé un instant, l’observant avec des paupières à demi-fermées, la bouche entrouverte de confusion. Et puis, reposant son visage contre ce torse, il y resta un instant, une main posée dessus comme pour y ressentir la chaleur et s’assurer qu’il était éveillé, parce qu’il n’en était pas encore sûr. Mais il était bel et bien réveillé, se redressant une nouvelle fois, il vint s’approcher lentement de ce visage endormi qu’il avait encore du mal à détailler, la vision en partie floue par cette fatigue qui continuait de l’habiter. « Charlie… ? » S’échappa de ses lèvres dans un murmure étouffé, les sourcils haussés et les yeux écarquillés.

Et au nom du jeune homme, il y eut comme d’innombrables visions soudaines et brutales ; mais violente d’animosité et de passion. Il ne se souvenait pas de ce qu’il s’était passé, mais son esprit venait de lui rappeler dans des pensées rapides et bruyantes quelques bribes étonnantes de ce qui avait bien pu se passer pendant la nuit. Et dans un sursaut confus et incroyablement surpris, il recula en hâte, si rapidement et si brusquement qu’il poussa le corps du garçon sans véritablement le vouloir. Glissant sur le côté à toute vitesse, et s’éloignant du lit le plus vite possible, sans se rendre compte de prime abord de sa propre nudité avant d’apercevoir le sursaut du réveil du garçon qui vint se couvrir tout aussi rapidement. La quiétude de ses rêves et de ce sommeil retrouvé fut si rapidement troublé et réduite à néant qu’il avait eu du mal à comprendre ce qu’il se passait réellement, levé bien trop rapidement sa vision s’était troublée et un tournis insurmontable lui frappa l’esprit, lui donnant l’impression qu’il allait s’écrouler par terre. Tout était rapidement devenu si sombre qu’il ne distinguait plus rien, serrant la mâchoire et fermant les paupières avec rapidité, il avait levé une main le temps de quelques instants, comme pour dire d’attendre, se massant le bas du front de l’autre main le temps que tout reprenne forme. Secouant la tête, avant de reposer ses yeux vers ce garçon maladroitement recouvert d’un drap, Alan avait les sourcils froncés et les yeux vagabonds, il n’osait même pas le regarder en face et se contentait de faire vadrouiller son regard autour de lui, cherchant des repères à retrouver. Mais il ne connaissait pas cet endroit, il ne savait ni où il était, ni ce qu’il y avait fait. Il était si effrayé qu’il n’avait même pas réalisé qu’il était si nu qu’on pouvait deviner en quel dieu il croyait. Dans un sursaut de sérendipité, quoiqu’on puisse douter de la nature accidentelle de cette nudité, il se jeta vers un oreiller et le plaqua contre son bas-ventre, pour cacher ce qui devait l’être. Bégayant des choses incompréhensibles, pris de panique, il n’arrivait plus à articuler la moindre phrase, la voix tremblante et le regard concerné par des sourcils fendus vers le bas. Il avait peur et ne comprenait plus rien. Il voulait lui répondre qu’il allait bien, mais qu’il était plus que surpris de se retrouver ainsi (peu) vêtu si près de lui, qu’il avait de rapides images qui lui venaient à l’esprit mais qu’il ne pouvait pas y donner sens, ni même les comprendre, parce qu’elles étaient trop intenses et trop rapides. Il voulait lui dire de le serrer contre lui pour le rassurer et lui assurer que tout allait bien et qu’il n’avait pas besoin d’avoir peur de quoique ce soit, parce qu’au final il voulait en être certain, qu’il était en sécurité avec lui, mais tout ce qui s’échappait de sa bouche étaient des morceaux de mots et de phrases entrechoqués par des bégaiements incompréhensibles et une maladresse imprononçable. Il avait besoin qu’on lui vienne en aide et qu’on le rassure.


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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptySam 4 Avr - 17:35

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Déboussolant est le mot qui convient le plus. D'abord, parce que je me suis réveillé dans le plus grand des sursauts et surtout parce qu'Alan s'est arraché à moi à une vitesse telle que ça ne peut qu'être douloureux. Je continue de le regarder, je continue de ne pas savoir quoi lui répondre. J'essaie tout simplement de demeurer calme parce que c'est presque toujours ainsi avec Alan, ces derniers temps en tout cas, je ne m'autorise pas à ne pas avoir l'air en plein contrôle. Je ne veux pas qu'il s'inquiète davantage parce que je suis tout aussi largué que lui, alors je fais de mon mieux pour le cacher le plus profondément possible. Aurait-il préféré se retrouver autre part, avec quelqu'un d'autre ? Est-ce qu'apercevoir le visage d'un parfait inconnu lui aurait été moins horrible, ou bien alors aurait-il voulu se trouver dans le lit de Sawyer plutôt que le mien ? Ces pensées font naitre en moi une jalousie certaine, même si Alan n'est coupable de rien de tout ça pour le moment, mais je ne suis pas un saint, et je ne sais pas me raisonner toujours à la vitesse de l'éclair. J'éprouve une déception déchirante, ce réveil est de loin le pire que je n'ai jamais eu à vivre de toute ma vie, j'ai envie de gerber presque. J'ai envie de lui dire que se cacher ainsi ne change rien, que j'ai déjà vu et toucher, et embrasser, tout de lui. Je soupire doucement, parce que nous avons ouvert quelque chose cette nuit, une nouvelle façon d'être ensemble, de se considérer, de se voir, et que tout se referme aussi brutalement. J'avais moi-même tiré le drap sur moi, par réflexe, pour ne pas le brusquer sans doute, mais je le laisse tomber à présent, toujours assis dans mon lit avec cet air las et étrangement agacé. En fait, vexé. J'ai bien l'impression de constamment me mettre en colère contre lui, cette pensée en elle-même ne me fait pas plaisir du tout, mais je réalise que je suis peut-être celui qui fait toujours tout de travers, de sorte que l'on se retrouve inévitablement dans ces drôles de postures. Je suis mal à l'aise et je déteste ça, je ne devrais pas l'être après cette nuit où tout était permis entre nous. Qu'Alan l'ait oublié est un fait, mais hier soir, il en avait envie tout autant que moi. Je me sens stupide quand même d'avoir cru à ses réponses d'avances, à ses initiatives, à chacune de ses caresses ou à ses baisers. À quelque part, me voilà humilié par la tournure des choses, mais je n'en dirai pas mot. Je suis pris d'une colère et d'une déception si vives que je voudrais m'en aller d'ici, le laisser en plan et me trouver quelqu'un d'autre pour réchauffer mes nuits et me consoler de cette peine immense qu'il me fait sans s'en rendre compte bien probablement. Non Alan, je t'assure que ça n'a pas été si pire que tu le laisses croire en t'agitant de la sorte. Bon dieu, veux-tu te calmer, tu commences à être foutrement vexant !

Je porte une main à ma bouche, me rongeant un ongle durant de longues secondes sans trop savoir ce qui va sortir comme paroles en premier. Ça pourrait être tellement de choses et à la fois, j'ai l'intime sentiment qu'il n'y a strictement rien que je puisse dire qui serait une bonne réponse à la panique qui s'est installée chez lui et qui le tient debout, oreiller comme cache-sexe, à s'éloigner le plus possible de moi. Je détourne les yeux quelques temps, juste pour essayer de réfléchir, pour faire s'activer mon cerveau qui lui, n'a pas encore eu le temps de complètement s'éveiller et de prendre en compte tous les éléments qui se montrent à lui. Je finis par hausser les épaules en reportant mes yeux sur lui tout en levant les mains légèrement en signe d'aveu : oui, je suis largué, Alan. Et une fois de plus, comme à toutes les fois devrais-je dire, apercevoir son visage terrifié et confus me fait me calmer. Il n'y a bien qu'avec lui que je ne laisse pas aller à m'énerver à tout bout de champ bien que ce soit la sensation que j'aie. Je suis souvent en colère, mais n'agit pas comme tel avec lui. « Dis-moi ce que tu veux que je te dise... » je murmure doucement. Après tout, voilà. Je ne peux pas empêcher ce qui s'est passé, ça s'est déjà passé. Contrairement à lui, dans ma mémoire tout est extrêmement frais et précis, je pourrais lui en faire le récit détaillé s'il le voulait. Et puis, peu importe son niveau de confusion, il est évident qu'il a déjà deviné toute la scène. Je détourne à nouveau les yeux en songeant qu'il doit se dire que je suis un obsédé, parce qu'il est vrai que je désirais cela depuis tellement longtemps qu'il serait sans doute légitime pour lui de m'en vouloir d'avoir profiter de son moment de faiblesse. Mais la pensée qu'il l'a voulu autant que moi me rattrape, je m'y accroche de toutes mes forces pour ne pas céder à autre chose, que ce soit colère ou désarroi intense. À vrai dire, ma question pourrait être tournée autrement, ce pourrait aussi être "dis moi ce que tu ne veux pas savoir". Parce que dans l'instant, j'ignore complètement si je me dois de lui rafraichir la mémoire ou s'il veut être rassuré. Dans tous les cas, je ne sais pas comment je pourrais faire pour me montrer digne de 'l'ami' parce que j'ai fait bien autre chose qu'être seulement son 'ami' cette nuit.

« Tes vêtements sont là, si tu veux. » Je lui fais un signe de tête vers le pied de mon lit où traine encore un t-shirt emmêlé avec les draps. Le reste doit bien être sur le sol quelque part, je n'ai pas vraiment pris le temps de remarquer pour tout dire, mais je songe qu'il sera sans doute plus à l'aise une fois que nous ne serons plus dans cette position étrange comme si nous étions des ennemis devant se méfier l'un de l'autre. Je m'étire alors, détachant mes yeux de lui et lui donnant la fenêtre nécessaire pour aller récupérer ses choses, pour trouver ce qui m'appartient. Je n'étais déjà pas énormément couvert lorsque je me suis couché hier soir, mais ce sera mieux que rien ou que le drap. J'attrape d'une main le bout de tissu et l'enfile rapidement, avant de me lever du lit et d'aller vers l'armoire pour récupérer un t-shirt. Alors, voilà, nous serons convenables pour discuter... Si c'est ce dont il a envie. En ce qui me concerne, je ne sais pas. Je ne sais plus. Je lui laisse le temps d'enfiler ses vêtements sans l'harceler du regard, puis je viens me poser sur le lit à nouveau. « Viens, Alan. Il est trop tôt pour se poser des questions existentielles... » Je l'invite par le fait même à venir s'asseoir à mes côtés, à dormir plus s'il le souhaite, peu importe. Quand il me rejoint enfin, je le regarde à nouveau. J'aurais envie de le serrer contre moi, oui, mais je ne sais pas si cette envie est partagée. J'ai le cul entre deux chaises, comme on dit, je ne sais plus du tout sur quel pied danser. « Tu ne te rappelles pas du tout ? » Je demande, avec une visible déception dans le voix. J'essaie de lui sourire, ça a l'air tout à fait faux.


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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyLun 6 Avr - 1:18

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Tremblant de peur et d’incompréhension, ses mots comme ses gestes avaient tous perdu de leur sens. Il s’agitait sur place, sans savoir parler, sans savoir se comporter. Et ridiculement caché dans une pudeur tout à fait nouvelle, parce qu’on le connaissait bien pour ce penchant qui allait presque vers l’exhibitionnisme en temps normaux, mais ce n’était pas pareil à ce moment-là. Il n’était ni en public ni auprès de quelqu’un dont il n’avait rien à faire. Il était en face de Charlie qui, lui, quand bien même il se refusait de l’admettre plus que de raison, était bien plus important que les autres personnes qui pouvaient croiser la route et le chemin du jeune homme. Alan avait beaucoup d’amitié comme d’amour – un amour très particulier qui n’était pas véritablement romantique – pour lui. Et se savoir aussi visible, aussi peu couvert, sans la moindre carapace artificielle derrière laquelle se dissimuler le mettait bien trop mal à l’aise, il avait honte. Les joues rougies d’embarras, les sourcils froncés puis défroncés au fil des secondes qui passaient, il n’arrivait pas à garder une expression distincte. Cette fois-ci toujours changeante, comme ce qu’il essayait de comprendre de cette toute nouvelle situation, parce que c’était bien la première fois de toute sa vie qu’il se réveillait en un pareil état. Les gueules de bois, il avait souvent connu ça, c’était monnaie courante pour la jeunesse de son âge. Les réveils compliqués sans souvenirs, c’était aussi devenu très commun depuis sa découverte de l’héroïne et de ses bienfaits comme de ses méfaits. Mais ouvrir les yeux dans les bras d’un garçon qu’il connaissait si bien, et sans rien sur lui – ou sur l’autre – c’était nouveau. Tant neuf qu’il en avait eu peur. Il ne savait pas ce qu’il s’était passé plus tôt, malgré les bribes d’images qui lui sautaient à l’esprit, malgré les restes de sensations qu’il avait l’impression de retrouver dans ses narines, sa gorge, ses joues ou le creux de ses reins. Malgré tout cela, il continuait de baigner dans le noir le plus complet. Dans l’incompréhension la plus totale. Il ne savait plus rien, il ne comprenait plus rien. Il n’était même pas sûr de savoir où il pouvait bien être, alors que c’était pourtant évident. Mais plus rien ne semblait faire montre de raison dans sa tête, il était bien trop occupé à essayer de décoder ces images qui continuaient de lui embrumer l’esprit. Lui qui ne comprenait plus rien.

Il ne se souvenait même pas d’avoir quitté l’Hinano, il se souvenait avoir trainé sa carcasse lamentable et pathétique là-bas. Puis s’être caché à une table à l’écart du reste pour réussir à calmer le terrible manque qui lui rongeait l’estomac, et puis Charlie. Finalement. Plus rien d’autre, il se souvenait de vagues moments, qu’il avait marché. Il ne savait plus combien de temps, il se souvenait d’avoir partagé un long moment de silence et de tendresse avec lui, contre lui. Mais rien qui avait été en mesure de le faire se réveiller dans un lit, nu, avec lui. Il se creusait l’esprit du mieux qu’il pouvait, mais rien ne semblait refaire surface. Ses larges cernes lui brûlaient les yeux, il avait l’horrible impression d’être en feu, du visage comme du reste. Il se sentait si mal qu’il ne savait vraiment plus où donner de la tête. S’efforçant de chercher à parler dans des gémissements et des marmonnements incompréhensibles, il était incapable d’articuler. Comme si son corps refusait de lui accorder le moindre moment de répit. Entre le manque grouillant dans ses entrailles, la fatigue, et maintenant ça, il s’étonnait d’être toujours sur pieds. Dodelinant de la tête au doux murmure qui s’échappa des lèvres de Charlie, Alan resta d’abord immobile, à réfléchir bêtement et silencieusement sans vraiment savoir quoi dire, ni quoi même demander. Il s’était passé quelque chose avant qu’il ne se réveille, mais il était incapable de se souvenir quoi, il n’osait pas non plus dire ce qui lui passait immédiatement par l’esprit, craignant d’aller bien trop loin. Peut-être qu’il ne s’agissait que d’un fantasme que toutes ces images violentes qui lui passaient par la tête, ou bien était-ce véritablement quelque chose qui avait eu lieu ? Si c’était bien le cas, si tout ce qu’il s’imaginait – ou se souvenait – avait eu lieu, il était incroyablement gêné de ne pas s’en souvenir. Il ne savait pas quoi dire, devait-il s’excuser ? C’était trop confus dans sa tête pour qu’il puisse y faire sens. Alors il ne demanda rien. Avant de s’approcher d’un pas tremblant, il avait confiance en Charlie c’était indéniable. S’il devait mettre sa vie entre les mains de quelqu’un, ç’aurait été entre les siennes. Alors, faisant un autre pas dans sa direction, il resta un instant silencieux, avant de briser cette agaçante gêne installée depuis trop longtemps. « Est-ce que… Est-ce que j’ai été raisonnable ? » Avait-il bégayé avec difficulté. Il n’était pas précis dans ce qu’il disait, mais il n’arrivait plus à l’être. Trop confus, trop désorienté. Il ne savait même pas de quoi il parlait, lui-même, mais il avait besoin d’être rassuré. Peu importe au final ce que Charlie pouvait bien lui répondre, le son de sa voix suffirait à le rassurer.

La maladresse et le malaise d’Alan étaient tels qu’il n’avait remarqué que sa propre condition, ses yeux n’avaient pas osé regarder Charlie, si bien qu’il avait eu l’impression de le voir encore tout habillé. D’être le seul sans rien pour se couvrir. Alors forcément, il y avait de quoi se sentir mal à l’aise, c’était comme l’un de ces horribles cauchemars répétés de lycéen. Ceux si souvent illustrés à la télévision qu’ils en devenaient d’immondes clichés. Sobre et désormais sain de toute substance, il n’en demeurait pourtant pas moins qu’Alan avait encore l’impression de flotter dans une espèce d’autre dimension, un plan à part où ses craintes et ses effrois le regardaient de haut et s’amusaient à le torturer. Comme à cet instant présent. Il ne savait plus trop quoi penser. « Ils sont où mes v— » Commençait-il à demander avant d’être interrompu par le signe de tête et la voix de Charlie. Évidemment qu’il voulait, il n’allait pas rester comme ça ! Il avait beau être à l’aise dans sa tenue d’Adam, il ne l’était pas en face de lui. Il le connaissait beaucoup trop pour se dire que ce n’était rien. Alors en toute hâte il avait récupéré son t-shirt et l’avait enfilé sans se retourner, parce qu’il n’y avait tout simplement pas pensé. Faisant tomber l’oreiller à ses pieds, avant de partir à la recherche d’un sous-vêtement, ou d’un pantalon. Il n’allait définitivement pas rester comme ça…

S’il avait des doutes sur ce qu’il s’était passé, la façon dont leurs affaires étaient éparpillées dans tous les coins vint très clairement éclairer sa lanterne, et même s’il refusait encore un peu de l’admettre, il était bien obligé de se faire à l’évidence, ce qui avait eu lieu avait eu lieu. Sa fierté vint évidemment en prendre un sacré coup, parce qu’il s’était toujours souvenu de ses propres expériences, autant qu’il s’était toujours souvenus des autres et de leurs impacts avec lui. Mais là, le noir complet. Le néant le plus total pour ce qui était quelque chose qu’il ne doutait pas avoir été plus qu’agréable, c’était Charlie après tout. Ça ne pouvait pas être mauvais, pas après tout ce qui s’était créé entre eux depuis si longtemps. Dans tous les cas, de ceci, il en était persuadé. Même s’il n’avait plus le moindre souvenir réel de ce qui avait pu se passer, il gardait naïvement l’espoir que tout ce qui avait eu lieu fut remarquablement agréable. Son égo était une bête difficile à vaincre. Et de nouveau dans un état en quelque sorte normal, Alan allait certainement en déborder. Ramassant son caleçon, du moins c’était sans doute le sien, par terre il l’enfila en vitesse. Il voulait être décent. En tout cas essayer de l’être après tout ça. Et une fois maladroitement enfilé, ce caleçon lui rendit toute sa confiance. Il était bien plus à l’aise, bien moins déboussolé et avait retrouvé son calme très rapidement. Retrouvant une posture plus droite et plus convaincante, il avait regardé Charlie se détacher du lit pour se faufiler vers son armoire et trouver quelque chose de plus à porter. Le suivant du regard tandis qu’il se rasseyait sur son lit. Sans vraiment hésiter, il avait hoché la tête et l’avait rejoint sur son lit, se hissant sur celui-ci et s’y asseyant les jambes croisées, en tailleur. Parce qu’il s’agissait de Charlie et de personne d’autre, il s’était approché de lui, si proche qu’il était capable de l’enlacer contre lui, s’il l’aurait voulu, mais il ne le fit pas, parce qu’il n’en avait pas nécessairement envie. Il avait beau mieux se sentir maintenant qu’il était couvert, il était encore désorienté dans tout cela. Cependant qu’il décida de ne pas le serrer contre lui, Alan vint tout de même lui prendre la main entre les siennes, caressant du bout des doigts le dos de celle-ci. Parce que c’était ainsi qu’Alan et Charlie étaient l’un avec l’autre.

Baissant la tête, il se sentait mal d’être le résultat de cette déception dans le ton du jeune homme. Grimaçant une moue quelque peu triste, il redressa le regard vers lui et répondit calmement, « Désolé… J’ai beau essayer, j’arrive pas à me souvenir en détails. Tout ce que j’ai en tête c’est des images brèves, rien d’bien précis… J’suis désolé, j’aimerai te dire que je me souviens de tout, mais ce serait un mensonge, t’as bien vu. C’est pas contre toi ou quoi – j’espère vraiment que tu le sais et que tu me crois –, c’est juste que ça m’a surpris. J’me souviens même pas d’être sorti de l’Hinano. Dans ma tête, ça s’est arrêté là, Hinano, tu m’as aidé à me lever de j’sais plus quoi, et puis tout d’un coup j’me réveille complètement à poils contre toi. » Disait-il sans s’arrêter de calmement caresser le dos de cette douce et agréable main. Retirant l’une des siennes de celle de Charlie, il la serra contre sa nuque et continua. « Ça m’énerve. J’suis désolé… Mais c’est de ma faute, j’ai pas à me plaindre, c’est de ma faute si je suis pas foutu de penser droit depuis un moment. » Il regrettait ses idioties, il regrettait évidemment d’être un abruti dépendant à toutes ces choses-là, il le regrettait tellement. Mais il ne pouvait rien y faire tout seul, plus depuis si longtemps. C’était trop tard, il n’était plus en mesure de s’aider lui-même. « J’essaie vraiment de me souvenir. J’ai que des morceaux, j’arrive pas à m’rappeler tout seul. » Concluait-il finalement, baissant une nouvelle fois la tête, le dos presque voûté tant il avait honte, tant il se concentrait simplement sur cette fine main. Le serrer contre lui aurait été trop, l’embrasser bien trop, alors il s’était rabattu sur la plus petite des tendresses, celle-ci. « J’aurai jamais dû commencer… Cette putain d’héroïne. J’aurais pas dû... J’aurais jamais dû. » Se répétait-il en reposant ses yeux sur ceux de Charlie. Il y avait tant de tendresse dans les yeux d’Alan, tant de sympathie, de passion et d’amour autant platonique que romantique. Ils brillaient d’un amour sincère et puissant, mais ils témoignaient de la même façon de l’infinie détresse qui gisait dans les entrailles d’Alan, si forte et si bruyante. Il n’était pas sur le point de pleurer, il ne pleurait que rarement dans son état normal, pas lorsqu’on ne l’y poussait pas. Il aurait voulu ajouter quelque chose de plus, mais n’y parvint pas, trop honteux de ses actes, trop juvénile, trop fragile. Beaucoup trop désespéré.

« Faut qu'tu m'aides, Charlie... J'y arriverai pas tout seul. »

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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyMar 14 Avr - 4:37

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Un froid immense emplit mon coeur, me glace le sang tout entier, la tête, tout. Je ne me sens plus de continuer, je voudrais être seul. Il est rare que la présence d'Alan me soit un fardeau, mais elle l'est véritablement en cet instant. Je suis d'ailleurs un peu trop confus pour même éprouver des regrets par rapport à ce qui s'est passé entre nous. C'est trop récent, mais même dans cent ans, je ne saurais y avoir l'esprit clair. Pour moi, c'était un moment merveilleux, au-delà de toute espérance. Pour lui, c'est désormais le néant. Le pire, c'est de revoir dans mon souvenir son visage, chacune de ses expressions, et me rappeler combien j'y ai vraiment cru. À aucun moment, je ne me suis réellement posé la question. J'ai douté avant, mais pas pendant. Ma confiance en mes sentiments était telle que j'en suis venu à mélanger les siens. J'aurais dû savoir qu'il n'était pas là, pas vraiment là. Sinon, il se serait montré plus raisonnable... Raisonnable... Pourquoi diable est-ce la première question qui lui vient ? Et puis, qu'est-ce que ça veut dire très exactement ? Je me sens repoussé, dégoûté de moi-même parce que je ne peux m'empêcher de songer qu'entre les lignes, il ne dit nulle autre chose que cela : il regrette. S'il en est à regretter ce dont il ne se souvient même pas, c'est vraiment une catastrophe. Je me sens agité même si mon corps est parfaitement immobile et que mon regard se veut paisible. J'essaie de l'être, j'essaie avec tout ce que j'ai. Il n'est pas question que je sois lâche au point de ne penser qu'à moi en cet instant où il me demande exactement le contraire, mais à force de trop vouloir être le bon copain, je finis par devenir tout simplement fou. Ce n'est pas un rôle dont je veux, ça m'apparait à présent tout à fait clair et net. Avec lui, tout a toujours été motivé par l'espoir de plus et maintenant que j'ai obtenu plus, je ne peux qu'être déçu que ça n'ait pas été à la hauteur des attentes. Bien entendu ça l'a été dans le concret de l'affaire, c'était même mieux que tout parce que c'était réel, mais au final, ça n'avait rien de réel. Si vous êtes perdus, c'est ce que vous arrivez précisément à capter comment je peux me sentir en ce moment. Mal, très mal. C'est le moins qu'on puisse dire. Raisonnable... Et sa façon de s'excuser de ne pas se souvenir. C'est ce qu'il dit, mais ce n'est pas ce que j'entends encore une fois. Il n'a pas besoin de faire des pieds et des mains pour que je comprenne avec on ne peut plus de clarté qu'il aurait bien préféré que rien de tout cela ne se produise. Ça aurait sans doute été moins pire pour Alan de se retrouver dans le lit d'un inconnu. J'en viens à me demander ce que je n'ai pas. Puis, ma conscience me crie de cesser de me montrer aussi égoïste. Le problème n'est pas de mon côté. Le problème, il est en Alan. Tant et aussi longtemps qu'il n'aura pas pu se défaire de ses démons du passé, rien ni personne ne pourra quoi que ce soit pour lui sur un plan amoureux. Personne ne sera jamais à la hauteur pour lui. Même si je sais bien que c'est la vérité, ça ne me réconforte pas un brin. J'aurais voulu faire la différence, l'amener à se sentir libéré. Je voudrais l'aider, mais ce n'est pas de moi qu'il a besoin, c'est d'un psychologue. De temps, encore, même si ça fait déjà pas mal de temps qu'il se laisse pourrir de l'intérieur par la faute de tout cela. Je voudrais qu'il puisse aller mieux. Sans doute que j'aurais mieux contribuer à cela sans une histoire de sexe. Parce que c'est ce que c'est, du sexe, pas de l'amour. Ça ne peut pas en être tant que ce n'est pas dans les deux sens.

Résigné, déprimé, je le regarde. Oui, il devrait arrêter la drogue. Je pourrais acquiescer ou le formuler tout haut, lui confirmer en effet que ce n'est pas forcément beau à voir les effets de cette merde sur lui, mais je ne suis pas médecin. Je n'y connais rien à la drogue, je n'en prends pas. Les seules fois où j'ai essayé, j'ai trouvé ça foutrement désagréable. Je ne sais rien de l'addiction. Par conséquent, je n'ai strictement rien à dire de très brillant sur la question si ce n'est que je voudrais de tout mon coeur que ce soit différent et qu'il aille mieux. Ce serait au moins tout à fait sincère comme discours, mais ce serait une perte de temps affreuse. Je ne peux pas nier que ça me touche de l'entendre me dire qu'il a besoin de moi. C'est ce que je veux depuis si longtemps, ce que je m'efforce d'entretenir sans arrêt. Si un jour se présente où il n'a plus besoin de moi, je me sentirais... complètement au dépourvu ! Il reste que j'en viens encore et toujours à la même conclusion : ce n'est pas réellement de moi dont il a besoin, c'est d'une aide plus appropriée à la gravité de la situation. C'est sans doute aussi la première fois que je réalise à quel point ses soucis sont énormes. J'ai toujours prétendu pouvoir le comprendre de par le passé que j'ai moi-même vécu, mais c'est faux. Je n'ai gardé aucun traumatisme de mon enfance. J'en ai des souvenirs étonnamment assez précis, mais je vais bien. Je ne peux rien pour lui.

« Alan, tu n'as pas besoin de moi, tu as besoin d'aide... Je veux dire, de la vraie aide. Pour l'héro', et pour tout ce qui ne va pas depuis trop longtemps. » Pitié, enfermez-moi. Faites que je ne sois pas en train de dire cela comme un moralisateur de bas étage, mais que puis-je donc faire de plus ? C'est vraisemblablement la chose la plus intelligente à exprimer en ce moment. « T'es brillant, tu sais très bien ce qui s'est passé, et j'ai envie de disparaitre sous le plancher tant je suis mal à l'aise... » Mais pas de te voir nu ni même que tu aies pu me voir moi, je m'en fiche bien. J'étais assez sobre pour que ce soit consentant de ma part, pleinement. « Je suis mal à l'aise parce que t'étais pas vraiment là, et que pour moi c'était le plus beau moment de loin... » Je soupire. Encore. « Je vais aller prendre une douce, ok ? » Parce que je ne peux pas rester là plus longtemps comme ça. Parce que je déteste admettre la faiblesse, mais que je suis complètement largué. J'ai beau vouloir être fort pour lui, je ne suis pas superman et je ne me sens pas bien du tout.


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(Charlie) ◈ The Snake's Venom EmptyLun 20 Avr - 3:03

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charlie & alan

Tout était allé si vite dans cet infini capharnaüm d’émotions qu’il ne savait plus quoi penser. Ce qu’il avait tenté d’expliquer dans des excuses maladroites n’était pas efficace, et il s’en voulait de plus belle, il se haïssait tant. C’était si insoutenable qu’il avait l’impression de se nouer lui-même l’estomac et de se tordre le cou lentement. Il détestait cette horrible sensation, sa gorge nouée et serrée, il regardait Charlie sans oser véritablement se perdre dans ses yeux, il avait honte. Une telle honte qu’il aurait voulu disparaître sur le champ, se faire oublier, voire même disparaître à tout jamais. Il aurait tout donné pour être capable de remonter le temps, de tout annuler et de se souvenir de tout. Mais il n’arrivait à percevoir que de rapides images qui étaient trop floues pour être compréhensibles, il aurait même voulu s’empêcher de parler et simplement offrir quelques mots réconfortants et agréables à l’oreille du jeune homme, il aurait voulu ne jamais se lever en sursaut de cette façon, ni s’étonner de se réveiller auprès de lui. Il aurait voulu tant de choses… Il détestait ses faiblesses et trouvait ses démons repoussants, pourtant, dans sa fragilité et son impuissance, il leur avait succombé. Incapable et sans-défense. Il aurait tout fait pour se souvenir autrement de lui, d’Alex, parce que c’était bien ça, au final, qui l’avait fait tomber du plus haut de tous les sommets pour atteindre le plus profond de tous les gouffres. Et, dans sa chute interminable il avait emporté avec lui les autres. Ses attaches. Les gens en qui il avait le plus confiance ; il les avait indirectement forcés à le suivre dans ses échecs et à le regarder s’écraser. Dans la plus lente de toutes les morts, celle de l’amour.

C’était la route vers un deuil qu’il ne voulait jamais faire, et malgré les nombreux obstacles qu’il s’efforçait lui-même de placer sur sa route, il allait bien finir un jour par arriver au bout de sa course, mais c’était suffisant - dans ses efforts idiots et ridicules de se nuire - pour le ralentir afin qu’il puisse reporter l’acceptation de ces évènements devenus si anciens depuis le temps. Alan était un garçon têtu, et ça tout le monde le savait. Il fallait être déterminé à se répéter si on voulait le faire changer d’avis. Et c’était même de toute façon très rare que ce soit efficace. Il en fallait beaucoup pour vraiment réussir à le faire changer d’avis. Et malheureusement, c’était bien difficile à supporter. C’était sûrement pour ça que très peu de personnes s’essayaient à lui faire comprendre les choses. Pourtant, quand bien même il essayait lui-même de se convaincre un peu plus chaque fois qu’il était lucide, c’était bien loin d’être suffisant. Alors, il fallait qu’il ose admettre ses faiblesses et sa difficulté. Mais son égo trop grand et son orgueil gigantesque l’en empêchaient très souvent. Sauf cette fois. En face de Charlie, dans la plus grande simplicité, il avait finalement réussi à le dire. A l’admettre. Il était désespéré et avait besoin d’aide. C’était bien peu de choses en comparaison à ce qu’il se passait au plus profond de lui, il souffrait terriblement, et depuis si longtemps que c’en était devenu, en vérité, une habitude. Dans ses excuses et ses doutes, Alan avait finalement réussi à accepter sa condition. Il était pathétique et le reconnaissait enfin. Il n’aurait pu le faire et ne l’être devant personne d’autre. Ailleurs, il se serait dissimulé derrière des apparences peu crédibles de bonheur indéniable. Mais cela même il ne savait plus à quoi ça ressemblait. Alors, il se serait confondu dans des pirouettes lui donnant cet air arrogant qui lui collait si bien. Alors, il aurait continué en silence à se noyer dans des idioties inutiles qui n’auraient servies qu’à détourner l’attention des autres et surtout la sienne ; pour chercher à ne plus penser à ses troubles. Sans jamais les oublier véritablement.

Son entêtement était admirable, mais il allait finir par s’avérer pire que tout. Peut-être même fatal. Il aurait pu s’adonner à la douce et indolore substance abstraite qu’était le déni, mais aussi grandiloquent qu’il était, il avait évidemment décidé de prendre la pente la plus violente et la plus virulente. La plus théâtrale, et surtout la plus dangereuse. Dans un sens, il le savait bien avant de commencer, mais dans sa naïveté habituelle il s’était persuadé que le pire ne pourrait pas lui arriver. Et il s’était bien sûr trompé. Enchaînant les périodes les plus horribles il avait de plus en plus sombré dans toutes ces agréables saloperies auxquelles il ne pouvait désormais plus résister. Et il était faible, si faible. Il détestait cela, et ne trouvait aucun réconfort au final dans ces choses-là, mais maintenant qu’il avait goûté à ces sensations, il n’arrivait plus à s’en détacher suffisamment longtemps pour ne plus en avoir besoin. Et même si en vérité il n’en avait pas réellement besoin, c’était ce dont son corps le persuadait. Ses entrailles criaient toujours qu’elles en voulaient plus, qu’il en voulait plus. Son cerveau s’était amusé à considérer que tout cela était normal et que ça devait être là, auprès de lui, en lui. S’il n’en prenait plus, de cette diabolique héroïne, il avait presque l’impression qu’il en mourrait. Et même s’il savait qu’il risquait d’en mourir s’il en prenait plus, ça n’avait finalement plus beaucoup d’importance, il voulait vivre, mais pas supporter les souvenirs. Alors l’héroïne suffirait pour les oublier le temps de quelques instants à chaque fois, chaque jour. Et tandis que Charlie lui confirmait qu’il avait bien besoin d’aide, il confirmait par la même occasion les craintes d’Alan, qui tremblait de peur à l’idée de savoir qu’il avait besoin de quelqu’un. « Bien sûr que si, j’ai besoin de toi. De quelqu’un d’qualifié pour la drogue, mais de toi aussi en général. Parce que t’es la seule personne qui puisse m’aider. T’es mon meilleur ami, Charlie, t'es le plus important. » Avait-il soufflé avec beaucoup de conviction, ce que c’était agréable d’être lucide, il l’avait presque oublié ces derniers temps. Et parler en sachant parfaitement ce qu’il disait le rassurait encore plus que cette simple présence du jeune homme à ses côtés, même si celui-ci était déjà d’un énorme réconfort.

« C’est moi qui devrait être mal à l’aise. C’est moi qui d’vrait avoir honte. Il retrouva rapidement son sens de l’humour, trop rapidement, Genre on peut t’oublier comme ça. » Il marqua une pause, parce qu’il fut mis mal à l’aise par sa propre remarque amusante, souriant nerveusement pour essayer de se faire oublier. Et se taisant quelques instants, il avait laissé Charlie reprendre la parole, l’écoutant avec beaucoup d’attention et beaucoup de sympathie, une sympathie qui transparaissait de ses yeux, posés sur le visage du jeune homme. Laissant son soupir traverser l’air, il voulut répondre pour le rassurer mais n’y parvint pas. Il avait honte de lui avoir tout gâché ainsi, la bouche tordue d’une grimace désolée, il ne savait plus où se mettre et hocha simplement la tête lorsqu’il lui faussa compagnie pour se doucher. Alan était loin d’être idiot, ce n’était pas un désir de propreté qui animait vraiment ce besoin si soudain, il aurait très bien pu attendre un peu et faire cela plus tard. Mais le jeune homme comprenait. Il avait bien vu le mal-être et l’inconfort engendré par tout ça et par ce manque de souvenirs en particulier. Il aurait tant voulu s’en souvenir… Mais rien ne lui revenait. Alors il s’était résolu, encore une fois, à faire avec. Et pendant les quelques minutes de solitude qui lui furent accordées il décida de rester assis et de réfléchir à ses propres idioties. Ces dernières semaines, il en avait cumulées, des idioties. Certaines plus graves et plus horribles que les autres, mais il ne voulait pas en parler ou s’en souvenir. Se redressant avec un semblant de difficulté, parce que ses jambes étaient engourdies, il fit quelques pas autour de lui ; pensif.

Et prenant une très grande inspiration, il se rua vers la salle de bain qu’occupait maintenant Charlie. Et parlant fort, pour se faire entendre, il se confia. « Charlie. Je sais que je suis pas le meilleur de tous les amis, et encore moins le plus supportable. Surtout avec ces conneries que j’enchaîne. Mais je crois vraiment que t’es l’une des seules personnes qui peut m’aider à tenir. Au départ, j’voulais pas t’emporter avec moi dans cette merde, c’est pour ça que j’avais préféré ne plus parler à personne. Mais j’réalise à quel point c’était idiot et égoïste de ma part. Aussi, j’voudrais pas que tu te sentes obligé d’être clément avec moi parce que l’héroïne et tout ça, t’as pas besoin d’faire preuve de gentillesse, t’en as vraiment pas besoin. J’sais que t’es quelqu’un d’bien, mais j’veux pas que tu t’forces pour moi. » Se taisant un court instant, pour reprendre son souffle et repenser à ses mots, parce que même s’il savait ce qu’il disait, il avait peur de bafouer des choses qui auraient pu être mal interprétées. « J’ai beau pas m’souvenir de ce qu’il s’est passé cette nuit, ça n’veut pas dire que ce qui s’est passé ne voulait rien dire. Crois-moi. Je sais pas ce que j’ai fait, et j’m’en veux parce que justement j’arrive pas à m’en souvenir. Mais si j’avais été sobre, tu peux me croire, tout aurait quand même eut lieu. Parce qu’au final, c’est comme ça. Toi et moi. On est comme ça. Et même si ça peut paraître faux venant de moi, j’suis sûr que tu sais que je pense ce que je dis. Que j’ai pensé chaque chose que j’ai pu faire avec toi cette nuit, que j’étais sincère du début à la fin.

Mais je t’en voudrais pas si tu m’crois pas. J’pourrais jamais t’en vouloir de toute façon. »


electric bird.


Spoiler:
 

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Face stained in the ceiling. Why does it keep saying : "I don't have to see you right now" ? Digging like you can bury something that cannot die, or we could wash the dirt off our hands now ; keep it from living underground. Lazy summer goddess, you can tell our whole empire : "I don't have to see you right now"
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